Semer la pertinence d’une déclaration internationale de l’humanisme.

par Mar 15, 2010humanisme, Laïcité, Québec humaniste, Réflexions0 commentaires

Jocelyn Parent

Jocelyn Parent

Membre de l'association humaniste

Jocelyn est l’auteur également des livres Histoire de la laïcité au Québec; Avancées et reculs » et aussi « Qu’est-ce que la laïcité? Le Quévec laÏque a-t-il fait le choix ce la laïcité ouverte?

Ces deux volumes sont disponible dans notre boutique humaniste.

Dans le précédent article que j’avais écrit pour le Bulletin des Humanistes du Québec, je le terminais en rappelant que le libéralisme avait fait naître la première séparation intellectuelle de l’État de l’Église, et qu’il devait aujourd’hui accepter de se dépasser en mettant fin à l’atomisation de la société causée par l’individualisme qui le caractérise actuellement. Cette même atomisation nuit à et empêche de nombreuses personnes à faire sens dans leur existence, et nombreuses d’entre-elles recourent à la religion pour y arriver.

L’une des façons de freiner l’individualisme qui séparent les humains les uns des autres, tout en voulant solidifier les liens sociaux qu’ils éprouvent dans une même collectivité, mais aussi et bien sûr avec leurs semblables partout sur le globe terrestre, c’est de reconnaître qu’il y a des valeurs qui peuvent être communes dans le genre humain. L’humanisme peut bien sûr remplir cette fonction, pourvu qu’on lui accorde une présence à titre d’événement mondial.

À cet effet, une organisation internationale des humanistes existe (IHEU) et elle a adopté une déclaration mondiale (1952) qu’elle a modernisée il y a quelques années (2002). C’est la Déclaration d’Amsterdam. Ces sept principes sont ceux de l’Association humaniste du Québec, qui l’a bonifié d’un article supplémentaire. Rappelons-les. Le premier principe de la pensée humaniste est le rejet de croyances basées sur le surnaturel sans évidences vérifiables ;

L’humanisme affirme la valeur, la dignité et l’autonomie des individus et le droit de chaque être humain à la plus grande liberté possible qui soit compatible avec les droits des autres ;

Il cherche à utiliser la science de façon créative et non de manière destructrice, tout en reconnaissant que la science doit être tempérée par des valeurs humaines et aussi respectueuses ;

L’humanisme supporte la démocratie et les droits de l’homme ;

À cela se rajoute le fait qu’il insiste pour que la liberté personnelle soit associée à la responsabilité sociale, tout en étant une réponse à la demande largement répandue d’une alternative à la religion dogmatique ;

L’humanisme aussi prise la créativité artistique et l’imagination, et reconnaît le pouvoir de transformation de l’art, et, pour conclure, il est une orientation de vie visant la réalisation maximale possible à travers le développement d’une vie morale et créative, et offre un moyen éthique et rationnel pour affronter les défis de notre époque.

Quant à moi, l’environnement n’étant pas mentionné explicitement, il peut être oublié alors qu’il revêt un aspect fondamental à toute vie, notamment pour l’humanisme et ses effets bénéfiques dans les sociétés humaines, lesquelles dépendent toutes et toujours d’un environnement. Ainsi, j’y rajouterai un neuvième article, explicitement lié au respect de l’environnement et à la nécessité de la biodiversité. Être humaniste, c’est bien plus qu’être humain : c’est être dans une relation positive avec son habitat. Cela dit, je reviens à raison d’être de cet article : faire la promotion de l’humanisme à l’ensemble de l’humanité. La déclaration a été adoptée, oui, mais ensuite?

Depuis quelques décennies, la majorité des citoyens des États de ce monde ne définissent plus leur identité avec un élément religieux. Au Québec, par exemple, nous sommes passés des «Canadiens français» que nous étions, où la religion catholique était l’un des éléments participant à cette identité, à celle de Québécois. Malgré quelques heurts politiques et constitutionnels canadiens, l’identité québécoise se porte bien, et c’est une identité collective solidement établie avec ses propres valeurs.

Pour asseoir socialement et mondialement l’humanisme comme partie prenante de l’identité moderne de tous les humains, sans avoir à faire de références nationalistes ou religieuses, il serait intéressant d’établir un rituel humaniste qui nous permettrait de commémorer annuellement la Déclaration d’Amsterdam.

Cette commémoration pourrait être accomplie simultanément en de nombreux endroits sur la planète et elle enverrait un message limpide et clair que le souci du vivant et toutes ses implications sont des priorités des humanistes. Tous les humains sont le fruit de l’évolution, et de se souvenir de cela à la valeur d’établir une mémoire collective qui se soucie affectueusement de toutes les formes de vie. S’il y a bien quelque chose que les humains ont appris ces dernières années, c’est que les changements climatiques ne se formalisent pas du tout des frontières politiques, et qu’un environnement en santé est au cœur de la continuité de la vie. Prenons cela en considération.

Que de faire une telle commémoration aurait pour fonction d’interpeler publiquement tous les dirigeants d’État, tous les patrons d’entreprise, tous les employés, bref tout le genre humain. Il n’y aurait pas que les humanistes, les libres-penseurs, les athées et les personnes en faveur de la laïcité qui se reconnaîtraient partie prenante d’une telle démarche.

Ce moment annuel servirait donc à rappeler nos principes philosophiques, mais aussi les valeurs qui en découlent, les actions à poser pour les années à venir, tout autant que les personnes de par le monde qui ont participé à son développement et son rayonnement. Cela participerait autant à créer une mémoire collective planétaire pour le bien-être et le respect du semblable mais aussi du différent.

Jocelyn Parent, libre-penseur, est Auteur des ouvrages suivantes :

-La Loi Constitutionnelle de l’État des Québécois(es)

-Somme Athéologique (essai)

-De la Loi, de la Justice et de la Peine de Mort (essai) -Écrits Politiques 2007

– 2008 : Essais et Articles dans la politique (recueil d’articles)

 

 

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