L’Univers, origine de toute forme de vie

par Mar 15, 2011Articles de fond, Québec humaniste, Réflexions, sciences0 commentaires

Richard Rousseau

Richard Rousseau

Chercheur scientifique spécialisé en physique des rayons X, à la retraite, ayant travaillé plus de 36 ans au laboratoire d’analyse par fluorescence des rayons X (FRX) de la Commission géologique du Canada, à Ottawa. Il y a développé une méthode d’analyse FRX et un logiciel d’application. Il est membre à vie de l’Association humaniste du Québec.

Les philosophes aiment discuter de questions existentielles, par exemple : Dieu existe-t-il ? Peut-on se passer de religion ? Pourquoi l’humain existe-t-il ? Y a-t-il une autre vie après la mort ? Les athées sont-ils condamnés à vivre sans spiritualité ? Je ne crois pas que ce soit les bonnes questions à se poser. La grande question est plutôt la suivante: « Pourquoi l’Univers existe-t-il plutôt que le néant ? » Cette question est plus fondamentale que toutes les autres puisqu’elle les inclut toutes. Répondre à cette dernière, c’est répondre à toutes les autres. Malheureusement, cette question reste sans réponse pour le moment et le restera probablement toujours.

L’humoriste Yvon Deschamps répond admirablement bien à la question du pourquoi de l’Univers : « c’est parce que Dieu était tanné d’être nulle part. ». Et moi de rajouter : « alors Il s’est créé un immense terrain de jeux, avec des lois physiques très strictes, pour se distraire. » Voilà une réponse simple à une grave question existentielle. Cette réponse humoristique est probablement la meilleure réponse pour le moment à la question. Mais puisque nous ne pouvons pas y répondre, cela nous ramène aux questions existentielles du début.

Il me semble que la meilleure façon de répondre aux interrogations des philosophes est d’expliquer dans un premier temps, à la lumière des connaissances scientifiques d’aujourd’hui, l’origine de l’humain, d’expliquer comment l’être humain est apparu sur cette planète. Puis, sans doute qu’il sera alors plus facile de comprendre le comportement humain, de comprendre la divine comédie que l’humain aime jouer devant les dieux pour s’accorder de l’importance. C’est comme lorsqu’on veut expliquer les troubles de personnalité de certains individus. Souvent, il suffit de connaître tous les sévices endurés dans leur enfance pour comprendre leur comportement d’adulte. Nous allons faire de même avec l’être humain. Tenter de comprendre son passé, nous permettra sans doute de mieux comprendre son comportement actuel.

Nous allons donc tenter de répondre à ces questions en expliquant l’origine de l’univers, de la planète Terre, de la vie sur cette planète et finalement de l’être humain. Commençons par l’origine de l’univers. Dans un premier temps, disons-le tout de suite, nous réfutons toute croyance à la création de l’univers et de l’humanité par un Dieu tout puissant en six jours. Cette approche est farfelue, car elle repose sur l’ignorance et des affirmations gratuites non vérifiables. Nous croyons plutôt à la théorie du Big Bang qui a été confirmée par de nombreuses données expérimentales. Il est possible que les scientifiques se trompent, mais pour le moment c’est la théorie la plus plausible.

Supposons donc qu’un univers de dimension nulle, extrêmement dense et chaud commence son expansion lors d’une explosion gigantesque, le Big Bang. Cette explosion se produisit il y a environ 13,7 milliards d’années. Qu’est-ce qu’il y avait avant cette explosion? Nous ne le savons pas. La matière et le temps commencent avec le Big Bang ; avant c’est le mystère. Cependant, ce n’est pas parce que l’humain est incapable d’expliquer ce qu’il y avait avant le Big Bang qu’il faut supposer automatiquement un Dieu tout puissant comme étant le créateur de tout. Reconnaître Dieu comme étant la réponse à ce mystère, c’est se rassurer à bon compte. Je refuse d’accepter cette réponse trop facile. Je refuse de supposer une puissance divine comme étant le créateur de cet univers. Je préfère croire plutôt que le cerveau humain a ses limites. Nous ne savons pas pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien. Nous ne savons pas pourquoi les lois de la nature sont ce qu’elles sont. Il est vraisemblable que nous ne pourrons jamais répondre à ces questions. Et alors ? Cela m’importe peu et c’est très bien ainsi. Il me suffit de savoir que l’humanité existe et que nous sommes conscients de notre existence. Ce que je sais par contre est que l’être humain actuel est le fruit d’un hasard incroyable, d’une extraordinaire évolution par sélection naturelle qui a duré 3,4 milliards d’années. Regardons ça de plus près.

Revenons donc au Big Bang. Immédiatement après l’explosion, des particules libres commencent à se former, entre autres des protons et des électrons. Ceci découle du fait qu’il y a équivalence entre énergie et masse d’après l’équation d’Einstein E = mc2 (où E est l’énergie, m la masse et c la vitesse de la lumière). À ce moment, l’Univers se dilate à très haute vitesse et sa température est de l’ordre de milliers de millions de degrés. Puis, avec le temps, sous l’effet de la température très élevée, ces particules se combinèrent pour former les premiers atomes d’hydrogène, constitué d’un proton, le noyau, et d’un électron tournant autour. À cause de leur gravité, propriété inhérente à la matière, ces atomes ont tendance à se regrouper en amas, qui deviennent de plus en plus gros, chaque amas attirant par gravité de plus en plus d’atomes libres. Avec le temps, ces amas deviennent des étoiles. Ces étoiles se regroupent à leur tour en galaxies. Après un certain temps, nous voilà donc en présence des deux principales composantes de l’univers : étoiles et galaxies. Et en très grande quantité. Disons que dans l’univers il y a des milliards de milliards de galaxies et dans chaque galaxie, il y a des milliards de milliards d’étoiles. Ça fait beaucoup de matière…

Revenons aux étoiles. Avec la gravité, ces amas d’atomes deviennent de plus en plus gros. En grossissant, les atomes du dessus exercent de plus en plus de pression sur les atomes du dessous, ce qui a pour effet d’augmenter la température, et de provoquer en fin de compte la fusion nucléaire, la fusion de deux noyaux d’hydrogène pour former un nouvel atome, soit l’hélium. Ce dernier est composé entre autres de deux protons et de deux électrons. Chaque fusion s’accompagne d’un dégagement d’énergie sous forme de chaleur et de lumière dont la température est de l’ordre de celle atteinte lors de l’explosion d’une bombe H. C’est énorme. C’est pourquoi les lointaines étoiles brillent la nuit. Avec la pression et la température très élevée, chaque atome se fusionne avec un autre atome pour former un nouvel atome. Ainsi, apparaissent entre autres les atomes de carbone et d’oxygène, les éléments les plus abondants de la nature avec l’hydrogène et qui serviront plus tard de matière première à la vie. En fait, on peut dire que les étoiles sont des usines à produire des atomes, ou éléments, 92 en tout, tous différents, dont le dernier est l’uranium.

Ici, il est important de noter que tous les atomes de notre corps, principalement l’hydrogène, le carbone et l’oxygène, proviennent d’une étoile. La combinaison de ces éléments, en respectant des lois chimiques très strictes, et dans des conditions très spécifiques, devient de la matière organique, qui est la matière première de notre corps. Je ne sais pas si les croyants réalisent jusqu’à quel point nous sommes constitués d’atomes provenant de réactions nucléaires à l’intérieur de lointaines étoiles, que nous sommes en définitive de la poussière d’étoiles, comme le dit si bien Hubert Reeve?

Après que l’étoile a brûlé tout son carburant, après que l’hydrogène s’est transformé en éléments plus lourds, la pression au cœur de l’étoile devient si grande, qu’elle finit par exploser! C’est ce que nous appelons une supernova. L’étoile se désagrège en mille et un morceaux qui se répandent dans tout l’Univers. Certains de ces morceaux, constitués d’éléments lourds, peuvent entrer en collision avec d’autres, peuvent s’agglutiner pour former de plus gros morceaux, de très gros corps célestes qui deviendront des débris de l’espace. Ils peuvent errer ainsi pendant des milliards d’années, parcourir des milliards d’années-lumière (la distance parcourue par la lumière pendant un an, soit 9.5 × 1012 km) pour finir par être attirés, à cause de l’attraction gravitationnelle, par une autre étoile. À ce moment, ces morceaux peuvent carrément entrer en collision avec l’étoile, qui les absorbe, ou passer à côté sans s’arrêter ou se mettre en orbite autour de celle-ci, dépendant de leur vitesse, masse et trajectoire. C’est ce qui arriva à la planète Terre. Elle se mit en orbite autour d’une étoile, le Soleil. Encore une fois, tout ce processus de formation de la Terre n’implique aucune intervention divine. Il y a de quoi à faire douter de sa foi le croyant le plus convaincu…

Au début, il y a 4,55 milliards d’années, la Terre était très chaude et dépourvue d’atmosphère. Puis, très lentement, pendant des millions d’années, sa surface se refroidit pour former une croute d’à peine 100 km d’épaisseur, un peu comme la pelure d’une orange. Sous cette croute, bouillonne une énorme quantité de roche en fusion, principalement du fer et du nickel. Il y a aussi une énorme quantité de gaz sous pression. Lorsque la pression devient trop grande, la croute se fissure, des volcans se forment et laissent échapper un peu de gaz, principalement de la vapeur d’eau, du gaz carbonique et de l’hydrogène sulfuré. La Terre acquiert ainsi une certaine atmosphère primitive due aux émissions gazeuses des volcans.

La suite de son évolution est constituée d’une série d’évènements qui ont permis à la vie de faire irruption sur cette petite planète par la plus grande des chances et le plus incroyable des hasards. En effet, il a fallu au préalable réunir cinq conditions essentielles pour que la vie puisse apparaître sur notre planète.

  • D’abord il a fallu de l’eau, beaucoup d’eau. Au début de sa formation, la Terre a dû être heurtée par une immense comète constituée principalement d’eau glacée et de gaz carbonique (CO2 ). En refroidissant, l’écorce terrestre forma des volcans qui crachèrent toute cette eau sous forme de vapeur. Le CO2 fut craché également par l’activité volcanique et provoqua l’effet de serre, mais cette fois-ci, bénéfique à la planète. Cette enveloppe retint la vapeur d’eau qui se condensa et retomba en pluie pour former les océans.
  • Mais cette eau doit rester à l’état liquide, ce qui veut dire que la planète doit tourner autour d’une étoile à la bonne distance. Trop près, c’est trop chaud, comme Vénus par exemple (462°C). L’eau s’évapore. Trop loin, c’est trop froid, comme la planète Mars (-63°C). L’eau se transforme en glace. Comme par un heureux hasard, la Terre est juste à la bonne distance pour que l’eau soit liquide à sa surface (15°C).
  • Puis, il faut que la planète ne soit ni trop grosse (Jupiter), ni trop petite (la Lune) pour que la force gravitationnelle puisse retenir l’eau et l’air. Au début, la Terre nouvellement formée et un planétoïde de la taille de Mars, appelé Théia, tournaient autour du Soleil sur la même trajectoire, mais à des vitesses différentes. Puis, ils se sont heurtés. Encore le hasard. Cette collision tangentielle a transmis à la Terre une rotation sur elle-même (un tour complet en 24 heures), ce qui permet de réchauffer également toutes les faces de la planète. Cette collision a également donné une légère inclinaison de l’axe de rotation de la Terre (23,4°) par rapport au plan de la trajectoire autour du Soleil. Cette légère inclinaison crée les saisons, qui sont tellement utiles à la vie.
  • Suite à la collision de la Terre avec le planétoïde, une partie de cet objet se serait agglomérée à la Terre, tandis qu’une autre portion, mêlée à quelques débris provenant de la Terre, aurait été éjectée dans l’espace et se serait mise à tourner autour de la Terre, pour former la Lune, celle que l’on voit aujourd’hui. Cette Lune provoque des marées, ce qui régularise les saisons. Encore là, le hasard.
  • Une autre planète très utile à la Terre est Jupiter. À cause de sa grosseur, elle attire beaucoup de météorites qui autrement tomberaient sur la Terre. Il suffit de regarder la Lune pour réaliser jusqu’à quel point elle est criblée de cratères causés par l’impact de météorites. Si ces météorites tombaient sur la Terre, ils viendraient perturber l’équilibre fragile nécessaire à la vie, tout comme il y a 65 millions d’années, une météorite détruisit les dinosaures.

Voilà donc les cinq heureux hasards qui donnèrent naissance à la vie sur Terre. En réunissant ces cinq conditions favorables : chaleur, air, eau, nourriture et force gravitationnelle appropriée, sur une planète donnée, certaines réactions chimiques se produisent automatiquement et pas d’autres. Par exemple, le carbone, l’un des éléments le plus abondant sur notre planète, existe dans la nature sous plusieurs formes. Il est l’élément essentiel du charbon et du gaz carbonique; il se combine aussi avec l’hydrogène et l’oxygène pour former les tissus animaux ou végétaux. Et souvent, toute cette matière organique se transforme finalement en pétrole…

Les toutes premières formes de vie primitive qui apparaissent dans les eaux chaudes et peu profondes des mers tropicales sont les stromatolites. Ils rejettent de l’oxygène qui remonte à la surface et vient oxygéner l’atmosphère terrestre, laquelle se modifia peu à peu jusqu’à sa composition actuelle. Voilà, le terrain était préparé pour donner naissance à la vie. Ça aura pris 1,1 milliard d’années avant que les conditions essentielles à la vie puissent être mises en place. Puis, lentement mais sûrement, la longue création de la vie s’est mise en marche. Ça prendra un autre 3 milliards d’années avant que la terre ferme accueille la vie. Ce n’est pas un processus facile. La vie n’est qu’une longue histoire d’évolution, d’adaptation et de transformation.

Pendant ces 3 milliards d’années, ou à peu près, seules des bactéries existaient. Ces bactéries sont des êtres vivants primitifs, composés d’une seule cellule, sans noyau individualisé dont il existe des formes très variées. L’une de ses caractéristiques primordiales est sa capacité de se reproduire. La molécule ADN, en forme de doubles hélices, cet as de la réplication, renferme le code génétique de toute cellule. Au cours de ces 3 milliards d’années, le lent processus d’évolution biologique débuta, lequel conduisit au développement d’organismes de plus en plus complexes et autoreproducteurs.

Puis pendant les 600 derniers millions d’années (Ma), la vie multicellulaire apparut et la diversité biologique a littéralement explosé; il y aura une sorte d’accélération dans le développement de la vie. Elle apparaît sous une multitude de formes. Un formidable mode de reproduction qui se développe à cette époque est la sexualité. Elle favorise la reproduction d’animaux ayant le même code génétique, ce qui évite la diversité et oriente la formation d’espèces. Elle permet également la sélection naturelle en favorisant l’accouplement des animaux les plus forts et les mieux adaptés à l’environnement. On assiste d’abord au passage du poisson (-420 Ma) à l’amphibien (-370 Ma) puis aux reptiles (-350 Ma).

C’est au cours de cette époque qu’apparaissent les premiers vertébrés, les ancêtres de toute vie sur cette Terre. Il faut se rendre à l’évidence qu’on se doit de faire une place primordiale au hasard dans l’évolution de la vie. C’est le hasard qui a fait que Pikaia, un pauvre petit vertébré, le premier ancêtre connu de tous les vertébrés, y compris les humains, a échappé à la disparition comme tant d’autres. C’est le hasard qui a fait que les gros dinosaures ont été terrassés par la chute d’une météorite il y a 65 millions d’années et que les petits mammifères ont pu profiter de cette disparition pour se développer et… que finalement la race humaine est apparue. Quant à l’humain, c’est un animal de dernière minute, étant apparu il y a moins de 1 Ma. Il y a des milliards de planètes dans l’Univers et il est fortement improbable que la vie puisse apparaître sur l’une d’entre elles. Elle est rarissime tellement les conditions essentielles pour qu’elle puisse apparaître sont multiples. Pourtant, ce qui est extraordinaire, c’est que cette vie très complexe et très évoluée est apparue malgré tout, par « accident » sur une planète, la nôtre, la Terre. La preuve, c’est que nous sommes là à vaquer à nos activités quotidiennes.

Par ailleurs, une fois que les conditions propices à la vie sont réunies, la nature aime expérimenter et elle devient très prolifique. Elle est capable de créer une multitude de combinaisons génétiques, entre autres les poissons, les mammifères, les reptiles, les oiseaux, les insectes, les plantes, les forêts, etc., qui sont tous des exemples de combinaisons génétiques différentes. Elle est même capable de créer des mammifères qui vivent dans l’eau (les baleines) et des oiseaux qui ne volent pas (les pingouins). Seuls survivent ceux qui sont le plus adaptés à leur environnement. L’une de ces combinaisons génétiques gagnantes fut l’homo sapiens, l’homme moderne qui apparut il y a environ 300 000 ans. Il faut réaliser que cet « accident » de parcours est dû uniquement au hasard, simplement le hasard.

Parmi les multiples combinaisons génétiques possibles, il faut savoir que l’animal humain et le chimpanzé ont un ancêtre commun. L’homme partage plus de 98% de ses gènes avec le chimpanzé. Il y a eu ramification à un moment donné, il y a environ 7 millions d’années. Pourquoi n’est-il pas resté un chimpanzé plutôt que d’évoluer? Pourquoi le poids de son cerveau est-il passé de 800 g à 1300 g? Cette évolution anatomique spectaculaire est uniquement le fruit du hasard. Rien de plus. Il n’y a pas de quoi pavoiser. Par contre, tous ces neurones supplémentaires ont permis de nous distinguer du chimpanzé par le langage, l’écriture, l’utilisation d’outils et l’agriculture; ils ont permis à l’homme de prendre conscience de son existence, de se poser toutes les questions existentielles des philosophes et d’être doté d’une très grande capacité de fabuler. Voilà pour les causes de l’origine de la vie et de sa forme la plus évoluée sur Terre, l’homme. Quand est-il maintenant de l’origine du divin?

Les pages précédentes nous ont montré qu’en étudiant l’infiniment grand, l’univers, et l’infiniment petit, l’atome, on découvre une grande beauté, une évolution extraordinaire depuis le Big Bang jusqu’à l’homme d’aujourd’hui, mais rien de divin. Tout n’est qu’évolution, tout s’explique, sauf que ça prend du temps, beaucoup de temps. En fait, 13,7 milliards d’années. C’est long, très long. Avez-vous une idée de la durée de 13,7 milliards d’années? Si Dieu existe, on peut dire qu’il a pris son temps, qu’il n’est pas tellement efficace! On est bien loin de la création du monde en six jours…

Avec la montée des connaissances scientifiques, la raison d’être de Dieu diminue constamment. À l’origine des religions, Dieu expliquait tout, était l’auteur de tout. Aujourd’hui Dieu n’explique plus rien et n’intervient plus. Pour qu’Il puisse survivre, nous sommes obligés de L’imaginer comme un concept vaporeux, immatériel, de plus en plus difficile à définir, à saisir, à cerner. Nous sommes donc passés, en parlant de Dieu, d’une hypothèse essentielle à une hypothèse inutile… Toutes les croyances religieuses fictives sont en train de tomber à l’eau, les unes après les autres. Par exemple, j’ai beaucoup de difficultés à croire à l’eucharistie, l’Immaculée Conception, la résurrection, l’assomption, le ciel et l’enfer, le péché, les anges, la vie après la mort, l’infaillibilité du pape, etc.

Pour ma part, je n’ai pas besoin de cette “Hypothèse” pour expliquer le Big Bang. Je ne crois pas en un Dieu qui aurait créé le Ciel et la Terre. Aujourd’hui nous savons assez bien comment la Terre a été formée et comment les cieux étoilés au-dessus de nos têtes ont été allumés. Même l’origine de la vie peut maintenant se passer de Dieu. Et je préfère croire à l’évolution par sélection naturelle plutôt qu’au créationnisme. De nos jours donc, toute croyance au divin devient superflue.

Avec les théories du Big Bang et de l’évolution, la science d’aujourd’hui répond donc de mieux en mieux au comment l’être humain est apparu sans l’aide d’une intervention divine. Cependant, la science ne peut répondre au pourquoi. En effet, il est très difficile, sinon impossible, d’expliquer pourquoi un phénomène résultant de circonstances aléatoires s’est produit. Nous aurions pu simplement ne pas exister ou apparaître sur cette terre sous une tout autre forme. Mais voilà, nous sommes là, sous la forme d’homo sapiens et nous ne pouvons rien y faire. Voilà tout. Nous sommes la conséquence d’un « accident » de parcours. Le pourquoi ne peut avoir sa raison d’être. Mais d’où provient malgré toute la croyance au divin alors qu’il est assez facile de démontrer qu’elle est essentiellement fictive, d’où provient ce besoin obsessif de croire au surnaturel, lequel existe chez toutes les populations, à toutes les époques?

D’abord, disons-le tout de suite, la croyance au divin repose avant tout sur l’ignorance, sur les méconnaissances d’il y a plusieurs milliers d’années, plutôt que sur les connaissances actuelles de notre monde. Depuis le début de l’humanité, lorsqu’on ne peut comprendre un phénomène naturel ou autre, il est facile d’inventer, faute de connaissances, des explications surnaturelles qui finalement sont bien utiles pour tout expliquer. Par exemple, le tonnerre est l’expression de la colère des dieux, une explosion volcanique est l’ouverture des portes de l’enfer. On va même jusqu’à imaginer la création spontanée du monde et de l’humanité par des puissances divines. Peu importe l’époque, peu importe le lieu, l’humain invente des mythes c.-à-d. des récits imaginaires pour expliquer l’origine du monde. Ces mythologies très variées, souvent complexes et d’une grande beauté, se ressemblent souvent par leurs conclusions, mais elles restent avant tout très spéculatives. Toutes ces croyances plus que millénaires, tous ces mythes, toutes ces superstitions ne sont que de petites « histoires » fictives invraisemblables, de la fabulation qui a toujours été de tout temps l’une des grandes capacités du cerveau humain : son imagination! Puis, avec le temps, les sciences apporteront des réponses beaucoup plus vraisemblables et tout aussi belles, provenant également de l’imaginaire humain.

L’humain, ce chef-d’œuvre de beauté et d’architecture, est aussi très complexe et par conséquent très fragile et très éphémère; il peut survivre à peine une centaine d’années. À l’échelle de l’univers, ce n’est rien! La vie n’est qu’une très courte étape dans l’évolution de la planète Terre. La mort de toute vie est aussi une étape dans le processus d’évolution. Malheureusement, l’humain accepte difficilement l’idée de sa propre disparition. Il s’invente alors une autre forme de vie après la mort pour meubler son au-delà éternel. Comme on ne peut rien prouver, ou rien nier, il est facile d’évoquer n’importe quoi, le Ciel et l’Enfer, tout étant encore une fois qu’imaginaire.

En plus, l’humain, ce fruit du hasard si fragile est aussi capable de forces et de faiblesses. Il est capable de solidarité et d’amour, mais aussi de haine, de vengeance, de violence, de guerres, de génocides, d’injustice, de méchanceté ; il doit endurer de multiples souffrances, entre autres, la maladie, la faim, la soif, la pauvreté ; les cataclysmes naturels le déciment par millions depuis toujours, partout sur la planète. Pour toutes ces raisons, la vie de l’humain, en plus d’être brève, n’est vraiment pas facile. Dans ce cas, comment réagit-il, à quoi rêve-t-il ? À nouveau, il crée de toutes pièces des puissances divines pour se protéger. Il rêve que ces divinités lui apporteront le triomphe définitif de la paix sur la guerre, de la vie sur la mort, un paradis éternel de bonheurs infinis. On ne peut rêver mieux. Les divinités sont donc des croyances dérivées des désirs humains pour se consoler de toute la souffrance qui l’entoure ici-bas, n’est rien de plus qu’une illusion pour créer l’espoir en des jours meilleurs.

Il faut bien réaliser que toute religion, qui est l’expression concrète de tous ces espoirs, tente de nous convaincre, même s’il faut nier la réalité, qu’un Dieu tout puissant ayant créé l’univers, la vie et l’humanité par amour veille sur nous de notre vivant et nous accueillera dans son paradis après notre mort, tout au moins ceux qui le méritent. Il n’y a aucune preuve de l’intervention d’un Dieu tout puissant dans le long processus de création de l’univers, de la vie sur terre et de l’être humain. La souffrance est présente partout ici-bas. Il n’y a aucune preuve d’une autre forme de vie après la mort. On n’a donc aucune preuve de l’existence de Dieu. Pour faire face à cette impasse, les religions inventent un stratagème très astucieux : la foi ! Tu crois ou tu ne crois pas. Mais si tu crois, on n’a plus besoin de preuves. C’est une solution facile à un problème impossible à résoudre. Cependant, la situation est moins embarrassante pour l’athée que pour le croyant. Le fardeau de la preuve incombe à celui qui affirme. C’est au croyant que revient la tâche de prouver ses convictions. L’athée n’a rien à prouver. Il se contente de ne pas croire au divin et d’adhérer à une spiritualité essentiellement humaniste. De toute façon l’athée est incapable de prouver quoi que ce soit. Essayez par exemple de prouver que des personnages imaginaires comme le Père Noël, les anges, les fantômes, les fées, les loups-garous, etc., n’existent pas et vous n’y parviendrez pas. Ce n’est pas parce qu’il est très facile d’imaginer des personnages fictifs, qu’il faut croire, suite à un acte de foi, qu’ils existent réellement. Qu’on n’ait jamais pu prouver leur existence est en revanche une bonne raison pour refuser d’y prêter foi.

De plus, tout le mysticisme propagé par les religions ne mène nulle part, ne peut apporter que déception. En cas de besoin, la croyance à une aide divine « magique » risque d’en décevoir plus d’un. L’aide demandée se fera toujours attendre, ne sera jamais au rendez-vous, car implorer une divinité n’est rien d’autre qu’une chimère, une fiction, une illusion, basée sur une superstition. C’est une distraction qui empêche d’avoir recours à de vraies solutions. La véritable force vient de l’intérieur et non de l’extérieur, ne repose pas sur la croyance en un être surnaturel fictif. La force intérieure de chacun est beaucoup plus efficace, car après un long apprentissage de la méditation, elle est toujours là, prête à nous aider instantanément.

Que conclure de tout cela ? On ne peut prouver l’existence de Dieu, mais il y a plusieurs évidences qu’il n’existe pas. Entre autres comment expliquer le mal, comment expliquer que la nature soit ce vaste champ de violence où chacun dévore l’autre ? Comment expliquer les catastrophes naturelles, les maladies, les infirmités, les méchancetés humaines comme les guerres, les massacres, les génocides, etc.? Serait-ce que Dieu, dans sa sagesse et sa bonté infinies, aime faire souffrir les humains qu’Il a créés ? Ce supposé Dieu tout puissant, infiniment bon et juste, tout plein d’amour et de miséricorde, correspond tellement bien à nos désirs qu’il y a tout lieu de penser qu’il a été inventé pour les satisfaire. Ici, il y a une contradiction flagrante entre l’affirmation des croyants et le monde dans lequel nous vivons. Cette évidence nous amène à conclure que Dieu n’est qu’une fiction et tout ce qui en découle, entre autres les religions, n’est qu’une pure invention de l’humain, le fruit de son imagination, relève de la fabulation, et conséquemment ne répond à aucun questionnement.

Absence de preuves, donc. Une très bonne raison de ne pas croire. Si Dieu existait, cela devrait se savoir ou se sentir davantage. Il suffirait d’ouvrir les yeux. Les croyants se donnent beaucoup de mal pour nous convaincre que Dieu existe. C’est bien aimable à eux. Mais enfin il serait plus simple, et plus efficace que Dieu consente à se montrer! Si j’étais croyant, je trouverais intrigant son silence.

Abandonnons donc tout ce mysticisme inquiétant qui trouble les cœurs et égare les esprits, ces dogmes et ces dévotions inutiles qui distraient les humains de la plus belle des vérités: l´univers est comme un temple où la vie est sacrée. La vie, celle des hommes, des animaux, des plantes, est un chef-d’œuvre d’évolution, est admirable d’adaptation. Il n´y a pas d´autre dieu à chercher; seul est véritablement religieux, celui ou celle qui sert, qui respecte et qui aide véritablement ses frères, les humains. 

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