Où en sont les vecteurs objectifs et mesurables, en 2019, d’effondrement écologique mondial ?

par Mai 11, 2019Écologie, Québec humaniste0 commentaires

CLAUDE BRAUN

CLAUDE BRAUN

Administrateur et éditeur en chef du "Québec humaniste"

Claude Braun a été professeur de neurosciences cognitives à l'UQAM de nombreuses années. Retraité depuis peu, Il a publié nombres de documents de recherches sur le sujet. Il a été également éditeur du "Québec laïque"  et est depuis quelques années l'éditeur en chef  de notre revue "Québec humaniste" Il a également publié "Québec Athée" en 2010. Téléchargeable gratuitement en utilisant ce lien avec  les compliments de l'auteur.

Les scientifiques spécialisés dans l’écologie globale et le bien-être humain planétaire sont de plus en plus nombreux à prédire un effondrement écologique mondial entre 2040 et 2050. Parmi les spécialistes qui semblent compétents et formés pour en juger, je n’en ai trouvé aucun qui pense que la situation écologique globale va s’améliorer. Au moment où ces lignes s’écrivent, inspirés par Greta Turnberg, des millions d’écoliers à travers le monde sèchent l’école pour protester contre ce qu’ils perçoivent comme l’absence d’un avenir. Des centaines de milliers d’adultes britanniques oublient la psychose du Brexit pour protester contre l’action insuffisante, à leur avis, de leur gouvernement sur la menace environnementale. Ce mouvement, qui paralysait récemment les transports partout en Angleterre, se nomme « extinction rebellion », libellé qui exagère sciemment, mais à peine, la menace d’effondrement écologique. Faisons notre propre idée en jaugeant l’état des mesures quantitatives objectives pertinentes, à l’échelle mondiale, en 2019. Les statistiques en question sont compilées par des organismes internationaux comme l’ONU, le GIEC, la NASA, la Banque Mondiale, National Geographic, Forum Économique Mondial, World Wildlife Fund, etc. Les ajustements en cours par les compagnies internationales d’assurance et les grandes banques sont aussi très révélateurs. Les statistiques parlent d’elles-mêmes… 

L’écolière Greta Turnberg a entamé une protestation solitaire au parlement suédois contre l’inaction de son gouvernement sur l’effondrement écologique qu’elle juge imminent.

-Les cours d’eau sont de plus en plus pollués par les engrais agro-industriels qu’on utilise de plus en plus, et les déjections d’animaux d’élevage, favorisant, entre autres, l’invasion algique des cours d’eau ce qui en fait des zones mortes

-Les trous d’ozone ont rétréci quelque peu et ont maintenant recommencé à croitre lentement. On a découvert, depuis le protocole de Montréal, d’autres polluants qui attaquent la couche d’ozone, dont le méthane. Le trou d’ozone au-dessus de l’Antarctique, qui est causé par l’activité humaine, fait trois fois la surface des États-Unis. La perte d’ozone atmosphérique cause le cancer

-Les pluies acides continuent à augmenter à l’échelle mondiale, une nuisance croissante à tout ce qui vit. -À l’échelle planétaire, l’eau de mer s’acidifie constamment tandis que la concentration d’oxygène de l’eau de mer est en baisse

-Présentement, à l’échelle mondiale, 80% des eaux usées sont rejetées dans l’environnement sans aucun traitement, et le niveau brut de la pollution aquatique est en augmentation, et une proportion importante de ces déjections se rend aux océans

-Les « zones mortes » dans les océans (N = > 400 en 2019), où rien ne peut vivre, croissent exponentiellement

-La production de gaz à effet de serre augmente constamment ce qui réchauffe la planète à un point tel (déjà un degré Celsius depuis la révolution industrielle) que des zones autrefois habitables deviennent inhabitables juste à cause de la température

-Les tempêtes climatiques extrêmes ont fait en sorte que les versements des compagnies d’assurance ont été multipliés par cinq en 30 ans ou, dit autrement, des millions de gens ont été ruinés par les tempêtes de plus en plus fréquentes et de plus en plus extrêmes

-Les cours d’eau et le reste de l’environnement sont davantage pollués par les perturbateurs endocriniens industriels (ex.: pesticides), qu’on utilise de plus en plus

-La biomasse sauvage comestible des océans est en déclin à l’échelle mondiale (surpêche, acidification, plastiques, autres polluants)

-La biomasse animale sauvage comestible est en déclin à l’échelle planétaire (surtout par pression écologique provenant de l’activité humaine)

-Les cours d’eau, les surfaces terrestres, et l’air respiré sont davantage pollués par des « externalités » industrielles de plus en plus nombreuses et de plus en plus toxiques. En particulier, on a découvert récemment que la pollution de l’air porte atteinte non seulement au système respiratoire humain mais aussi au cerveau

-Le smog réduit considérablement l’espérance de vie, et cela de plus en plus, là où se trouvent les plus grandes concentrations humaines

-Au-delà du smog et l’incluant, la pollution globale cause 16% des décès à l’échelle planétaire -Les cours d’eau s’assèchent à l’échelle planétaire (ex.: 28,000 rivières disparues, juste en Chine) -Les nappes phréatiques s’amoindrissent là où l’agriculture intensive ou des villes l’exploitent (le cycle de reconstitution des nappes est 50,000 ans)

-L’écosystème corallien continue à rapidement rétrécir à l’échelle mondiale -Les cimes glacées ou neigeuses des montagnes fournissent de moins en moins d’eau à cause de la fonte accélérée des neiges et glaces en cours

-Les aliments certifiés bio sont moins injectés de polluants que les non bio, mais ils sont néanmoins de plus en plus aspergés de polluants environnementaux qu’aucun agriculteur ne peut contrôler (l’utilisation de l’eau distillée, de la terre dépolluée et de l’air purifié en serre sous vide engendrerait des coûts prohibitifs)

-La surface arable de la planète rétrécit constamment au profit des déserts à l’échelle planétaire tandis que les pays les plus pauvres sont davantage affectés. Il n’y a plus de zones « développables pour l’agriculture, sauf les forets dont la destruction a un effet écologique globalement catastrophique

-L’épaisseur de la terre arable diminue (perte de la moitié des terres arables en 150 ans) à cause de la monoculture et les grands champs (non-remplacement de la matière organique, compaction, érosion) et la moitié des terres arables de la planète ont été perdues de cette façon en 150 ans (au rythme actuel il n’y aura plus de terre arable au Québec dans 50 ans)

-La canopée forestière rétrécit constamment pour l’usage humain (3 millions de km2 perdus entre 2001 et 2015) alors que la forêt est le principal créateur d’oxygène, éliminateur de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre de la planète (la dilapidation de 50% de la canopée forestière à Bornéo et en Haïti, de 90% aux Philippines, représente déjà un effondrement écologique de ces pays)

-Les insectes pollinisateurs sont de plus en plus décimés ce qui affecte même l’agro-industrie -Une proportion extrême et croissante d’espèces vivantes s’éteint, ce qui produit un stress écologique, particulièrement sur les forêts

-Les champs cultivés sans agro-industrie sont de plus en plus ruinés par des semences biotoxiques (pesticides aspergés sur les semences et aussi intégrés génétiquement) de l’agro-industrie qui sont transportées par le vent, l’eau, et les transporteurs vivants

-Il y a de plus en plus de migration spontanée de masse de populations humaines -Il y a de plus en plus de pandémies bactériennes mondiales, entre autres à cause de la surutilisation d’antibiotiques qui contribuent à l’émergence de super-bactéries qu’on ne peut contenir

-À l’échelle mondiale, le pourcentage de la population vaccinée a cessé de progresser en 2010 (85 %) ce qui signifie que, compte tenu de la progression fulgurante de la population mondiale, il y a des centaines de millions de personnes non vaccinées de plus sur la planète chaque année et la situation empire -Les pandémies virales et bactériennes augmentent aussi à cause des maladies provenant des animaux d’élevage maltraités, de la pauvreté et l’entassement extrême des humains, du mouvement anti-vaccination, et des déplacements quotidiens et rapides de millions de personnes sur de grandes distances etc. (explosion mondiale de rougeole, retour de la tuberculose, flambées croissantes d’Ebola, Jacob-Creutzfeld, etc.). Ces pandémies renversent depuis peu, à l’échelle mondiale, les gains en protection infectieuse naguère obtenus grâce à la vaccination

-Plusieurs centaines de particules de microplastique tombent du ciel par mètre carré qutidiennement, partout au monde, poussés par les vents et les pluies

-Des microplastiques remontent la chaine alimentaire jusqu’à l’humain (incluant son cerveau) via l’eau, l’atmosphère et l’alimentation, ceci partout au monde

-La mortalité causée par les feux de forêt augmente à l’échelle mondiale -La mortalité causée par les inondations augmente à l’échelle mondiale

-De plus en plus de zones côtières se font

Extinction rebellion est un mouvement international d’action directe, lancé en Angleterre en 2018 visant à forcer les gouvernements à adopter des mesures prévenant l’effondrement écologique

engloutir sous la mer qui monte constamment (8 pouces depuis un siècle). Les villes de Miami, Osaka, Alexandrie et beaucoup d’autres seront englouties, selon les experts.

-Les réserves mondiales de pétrole s’épuisent mais pas le gaz naturel (la fin projetée du pétrole est 2050) -L’inégalité d’accès aux ressources entre humains (indexe GINI) augmente constamment à l’intérieur des pays

-La production /consommation de viande augmente exponentiellement : cette industrie génère à elle seule 23% des gaz à effet de serre -L’écart entre pays de l’empreinte carbone augmente rapidement

-L’armement nucléaire a baissé (en têtes explosives) dans les pays qui le possèdent déjà mais s’installe tranquillement dans plus de pays (huit en 2019). Une seule attaque nucléaire déclenchera inévitablement une riposte suivie d’une apocalypse post-nucléaire.

-La guerre (ou assassinat, selon votre point de vue) est de plus en plus menée par des machines qui sont de plus en plus mortifères

-La qualité nutritive des aliments livrés par l’agro-industrie continue à baisser à l’échelle mondiale (augmentation des proportions de sucre, gras, sel, toxines, et substances non alimentaires, réduction de protéines de qualité, de fibres et de vitamines)

-La biomasse alimentaire des océans est en déclin

-L’accès pour les humains à de l’eau potable est en déclin à l’échelle mondiale

-La production mondiale de charbon, extrêmement polluant et gros contributeur de gaz à effet de serre, est à son maximum historique à l’échelle mondiale et sa production est en croissance exponentielle, de même que le pétrole et le gaz naturel

-La libération dans l’atmosphère de méthane, un gaz à effet de serre particulièrement néfaste, est à son maximum historique

-L’infertilité absolue touche une proportion croissante de l’humanité à cause de la libération de perturbateurs endocriniens dans l’environnement, mais la population mondiale continue néanmoins à croitre exponentiellement

-L’espérance de vie baisse depuis peu à l’échelle mondiale mais pas assez, pour le moment, pour infléchir la population mondiale

-Le quotient intellectuel mondial baisse depuis peu : une partie de cet effet provient de la pollution, une partie provient de l’internet et une autre partie provient de la natalité différentielle des pays.

-Dans les pays où les élections sont « libres » de plus en plus de gouvernements populistes autoritaristes se font élire sur une plateforme militariste, pro-business et anti-écologique (ex.: États-Unis, Brésil, Inde, Israël, Hongrie, Italie, Australie, Turquie, etc.)

-Les pays populistes se désaffilient graduellement des institutions internationales de régulation (cour internationale, ONU, accords écologiques internationaux, etc.)

-Aucun pays ne poursuit présentement une politique de régulation des naissances visant la stabilisation ou la réduction de sa population (la Chine a abandonné sa politique d’un enfant par couple)

-Aucune organisation ne préconise une baisse de la population mondiale, sauf des organisations scientifiques ou humanistes

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