Doit-on abolir l’industrie des plastiques ?

par Juil 9, 2018actualités, Écologie, Québec humaniste, Réflexions, sciences0 commentaires

CLAUDE BRAUN

CLAUDE BRAUN

Administrateur et éditeur en chef du "Québec humaniste"

Claude Braun a été professeur de neurosciences cognitives à l'UQAM de nombreuses années. Retraité depuis peu, Il a publié nombres de documents de recherches sur le sujet. Il a été également éditeur du "Québec laïque"  et est depuis quelques années l'éditeur en chef  de notre revue "Québec humaniste" Il a également publié "Québec Athée" en 2010. Téléchargeable gratuitement en utilisant ce lien avec  les compliments de l'auteur.

Selon la fondation Plastic Oceans, une fois dans l’océan, les détritus en plastique affectent la sécurité du transport maritime, de la pêche, du tourisme et des loisirs. Lorsqu’il est brisé en minuscules morceaux, le plastique  libère au fil des décennies des produits chimiques
toxiques provenant de l’industrie et l’agriculture, dont la concentration augmente à mesure qu’ils montent dans la chaîne alimentaire.

Il a été suggéré que l’exposition à ces produits chimiques contribue à certains cancers et à l’infertilité, ainsi qu’à des troubles immunitaires, métaboliques, cognitifs et comportementaux. L’entrée de morceaux de plastique dans notre chaîne alimentaire est préoccupante pour la
santé humaine.

« Je pense parfois qu’il y a une force maligne lâchée dans l’univers qui est l’équivalent social du cancer, et c’est le plastique. Il infiltre tout. C’est une métastase. Il pénètre dans tous les pores de la vie productive. » Norman Mailer, 1983.

En 2017, notre célèbre compatriote, et récipiendaire d’un prix d’humaniste de l’année, Margaret Atwood, a déclaré que le plastique est devenu sa principale préoccupation, sa première source d’inquiétude pour le monde.

Le 16 janvier 2018, la Commission européenne a publié une communication présentant une stratégie pour les plastiques dans une économie circulaire. La stratégie identifie les principaux défis, notamment les faibles taux de réutilisation et de recyclage des déchets plastiques, les émissions de gaz à effet de serre associées à la production et à l’incinération des plastiques et la présence de déchets plastiques (y compris les microplastiques) dans  les océans. La Commission présente sa « vision pour la nouvelle économie européenne des plastiques », où, entre autres choses, tous les emballages en plastique devraient être conçus pour être recyclables ou réutilisables d’ici
2030.

Pour aller vers cette vision, la stratégie a présenté un large éventail de mesures axées sur quatre domaines:

-améliorer l’économie et la qualité du recyclage des plastiques, par exemple en améliorant la conception des produits, en augmentant le contenu recyclé (notamment par des normes de qualité et une campagne de promesses de dons) et en améliorant la collecte sélective des déchets plastiques ;

-limiter les déchets plastiques et les déchets, par exemple en réduisant les plastiques à usage unique, en s’attaquant aux sources
de déchets marins en mer, en limitant l’utilisation de plastiques oxy-dégradables et en limitant la pollution par les micro-plastiques ;
-stimuler l’investissement et l’innovation dans la chaîne de valeur des plastiques ; et

-entreprendre des actions mondiales en particulier en ce qui concerne le commerce international, les initiatives multilatérales dans le domaine des plastiques, les initiatives liées à certaines régions du monde et les relations bilatérales avec les pays tiers.

Étant donné que le Québec n’est pas un producteur pétrolier, etqu’il ne produit donc pas du plastique (il ne fait que le transformer), ne serait-il pas opportun que le Québec se fasse meneur dans le développement d’industries de rechange s’appuyant sur des ressources renouvelables ?

Claude Braun

 

 

 

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