Jean Tremblay, notre Dalai Lhama à nous. Regard sur l’oeuvre écrite de l’ex-maire de Saguenay

par Juil 15, 2017actualités, Québec humaniste0 commentaires

Michel Morin

Michel Morin

Michel Morin est l’auteur de « Ne dites pas à ma mère que je suis athée… » et a été membre du Conseil d’Administration de l’Association humaniste du Québec.

Jean Tremblay, l’ex-maire de la ville de Saguenay, fait partie du Top 10 des individus qui me font le plus rire. Je précise ici qu’il est le seul de ma liste des personnes « que je juge spectaculairement drôles » qui n’est pas comédien ou humoriste professionnel. On ne le dit pas assez, mais ce phénomène médiatique est un formidable spécimen à observer quand on veut étudier les effets d’une foi débridée sur le cerveau humain. Les déclarations à caractère « spirituel » de Tremblay donnent parfois dans le surréalisme. Entre autres moments forts au chapitre de ses « super liners », Jean Tremblay s’est déjà exprimé à la radio de Radio-Canada sur la question du sexe et, en particulier sur la notion de « pénétration » qu’il réussit à comparer à… l’eucharistie ! Googlez « jean tremblay pénétration » et vous pourrez l’entendre. Mais, bon, ne reculant devant aucun effort, nous vous retranscrivons ici le verbatim (lisez en imaginant la voix lancinante de l’ex-maire…) :

« C’est merveilleux l’acte sexuel, que deux êtres humains qui se pénètrent… le mot, la pénétration, c’est tellement significatif. R’garde quand on mange par exemple, tu vas prendre une pomme. Plus est belle, plus tu veux la manger… plus c’est beau, plus tu veux la manger. C’est la même chose pour l’eucharistie, tu veux mettre Dieu dans toi, c’est ça, l’air faut qu’à pénètre… si y’a rien qui pénètre dans toi, tu meurs. » 

Tellement bien dit. De la poésie théologique. Saint-Augustin peut aller se rhabiller. Étonnamment, entre deux séances du conseil et trois visites au tribunal dans des procédures autour du droit à la prière, le bon maire a eu le temps d’écrire un livre. Ce bouquin, qui se veut une espèce de guide de vie chrétien, s’intitule « Croire, ça change tout ». Il fut publié aux Éditions des Oliviers, un éditeur dont on devine aisément qu’il ne faisait pas partie de la liste des prospects de l’auteure de 50 shades of Grey. Nous avons accompli pour vous l’extraordinaire effort de feuilleter et lire plusieurs passages de cet ouvrage dont l’auteur dit en dos de couverture :

« Le bonheur que nous recherchons se manifeste par la faculté de sourire, et c’est ce que vous allez faire en refermant ce livre. »

 

Mission accomplie, monsieur Tremblay : votre livre nous a fait beaucoup sourire. Les grandes leçons de vie étant surabondantes dans le livre, nous avons dû faire un choix difficile parmi celles que nous jugeons les plus porteuses. Voici la liste des extraits les plus édifiants que nous avons retenus et auxquels nous nous permettons d’ajouter nos commentaires personnels…

LES 10 PLUS BEAUX ENSEIGNEMENTS TIRÉS DE « CROIRE, ÇA CHANGE TOUT »

SUR LES CADEAUX : « Avez-vous déjà remarqué qu’un cadeau n’a pas la même valeur lorsqu’il nous est offert par une personne qui nous aime? Un jour, j’ai trouvé une bague et j’ai appris qu’elle avait une grande valeur, mais je n’ai jamais été capable de m’y habituer… » (p. 22) 

(Personnellement, il m’est arrivé une fois de trouver un billet de vingt dollars. Pas capable de m’y habituer, je l’ai aussitôt dépensé. S’il était venu de quelqu’un qui m’aime, je l’aurais sûrement conservé…)

SUR LES INÉGALITÉS : « Dieu a donné à certaines personnes des capacités hors du commun dans des domaines aussi variés que les sports, les arts, l’intelligence, etc. Ces talents sont toutefois distribués d’une façon inégale et cela nous permet de mieux apprécier les nôtres. » (p. 35)

(C’est donc vrai. Et c’est de toute évidence en vertu de ce principe que, devant des aspirants chanteurs poches à La voix, Marc Dupré apprécie tellement son propre talent…)

PREUVE DE L’EXISTENCE DU PARADIS : « Personne n’a obtenu tout ce qu’il désirait sur la terre, c’est le signe que ce n’est qu’au ciel que nous serons comblés. » (p. 53)

(Ce que j’ai le plus désiré sans l’obtenir jusqu’à présent, c’est une nuit dans les bras de Gwineth Paltrow. Et moi qui ne m’étais jamais douté que je tenais là la preuve de l’existence du Royaume de Dieu!)

SUR LE BIEN ET LE MAL : « Le vie est un combat perpétuel entre le bien et le mal. Comment trouver la force de se priver de tous ces plaisirs qui nous semblent si attrayants? Le mal est plus attrayant que le bien mais, admettons-le, dans les effets à long terme, c’est complètement le contraire. » (p. 55)

(Cette théorie voulant que les effets du mal soient négatifs à long terme se vérifie absolument quand on parle du démon du jeu. Il est bien prouvé en effet que plus on joue longtemps à une machine à sous, plus on est certains de perdre.)

SUR LE VENT : « La feuille d’un arbre est attachée à une branche, elle forme une partie essentielle d’un tout et elle apprécie son lien avec l’arbre. Les jours de tempête, certaines feuilles s’envolent, ce sont les plus faibles, elles se détachent de l’arbre et le vent les conduit où il veut, il n’y a rien de moins fiable que le vent. » (p. 87)

(Rien de moins fiable que le vent? Et nos gouvernements qui gaspillent des millions dans ces parcs d’éolienne? Qu’attend-on pour descendre dans les rues?)

LA FAMILLE : « Ceux qui n’ont pas bénéficié d’une famille normale ont plus de difficultés à s’intégrer à la société. » (p. 88)

(Pas d’accord. Je trouve que Véronique Cloutier s’intègre admirablement bien.)

SUR LE BONHEUR DE LA SOUFFRANCE : « Prenons l’exemple, peut-être un peu extrême, des personnes qui ont survécu à l’Holocauste au cours de la dernière guerre mondiale. (…) Nous sommes envahis par l’émotion lorsque nous les entendons, et cela nous fait du bien d’écouter le récit de leurs histoires. » (p. 93)

(C’est sûr que dans la liste des choses « qui font du bien », après un week-end dans un SPA ou un repas à l’Atelier Joel Robuchon, on peut insérer « anecdotes de survivants d’Auschwitz »…)

SUR LA DICHOTOMIE CORPS/ESPRIT : « Physiquement, nous ne pouvons pas échapper au phénomène de l’attraction terrestre, mais notre esprit, qui est aussi fortement attiré par les choses de la terre, peut s’en détacher. Ainsi, notre corps ne peut pas voler de lui-même, mais notre esprit le peut et il a la faculté de s’envoler pour atteindre le ciel. » (p. 122)

(Il m’a perdu à « attraction terrestre »…)

LA MÉTAPHORE DU SOLEIL : « Aucun être humain n’a vécu sur la terre sans profiter des bienfaits du soleil et pourtant personne n’a pu le contempler avec ses propres yeux. Nous le peignons, nous pouvons même le photographier, mais il demeure impossible de le regarder directement avec nos yeux. (…) Tout comme il est impossible de regarder le soleil directement avec nos yeux, Dieu nous demande d’attendre avant de pouvoir le contempler. » (p. 139)

(Essayez avec une boîte à chaussures trouée. Je sais que c’est bon pour le soleil. Pour Dieu? Hmm, faudrait vérifier…)

SUR LA CONCEPTION : « Pour qu’émerge une vie nouvelle, il faut qu’un être en pénètre un autre jusque dans son corps physique. (…) C’est dans cet instant céleste, appelé relation sexuelle, que s’unissent deux vies pour en créer une autre. (….) C’est par un geste semblable que les personnes de religion catholique s’unissent au Christ lors de l’Eucharistie. » (p. 3)

(Et dire qu’on se trouvait osés avec les messes à gogo dans les années 70..!)

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