L’importance de démolir le mythe de la divinité de Jésus

par Avr 18, 2016Articles de fond, Athéisme, Christianisme, Québec humaniste, Religions0 commentaires

Normand Rousseau

Normand Rousseau

Membre de l’Association humaniste du Québec. Romancier, nouvelliste et biographe, Il a une maîtrise en Sciences bibliques et une maîtrise en lettres de l’université d’Ottawa.

L’ auteur de ce texte a publié une trilogie sur la Bible: La Bible immorale, La Bible démasquée et Le Procès sur la Bible.

Depuis des siècles, les auteurs se sont répartis en trois groupes en ce qui concerne l’historicité et la divinité de Jésus. Le premier groupe, celui des croyants, considère Jésus comme un homme qui a existé vraiment et comme un homme-dieu. Le deuxième groupe tient Jésus comme un homme qui a existé et sur lequel on a construit un mythe qu’il faut démolir. On retrouve dans ce groupe des auteurs comme Ernest Renan, Richard Dawkins et Gérald Messadié. Le troisième groupe nie son existence terrestre et le considère comme un mythe forgé de toutes pièces. Michel Onfray et Michel Morin en font partie. Peu importe le groupe, il faut démolir le mythe, car il y a mythe dans les trois options.

Je me situe dans le deuxième groupe parce que je considère que tous les mythes ou presque ont un fondement réel. Par exemple, un homme très fort a sans doute donné naissance au mythe d’Hercule. Le mythe du Père Noël repose sur l’évêque saint Nicolas qui a existé vraiment.

Je crois donc qu’il a existé un petit prophète intolérant, fanatique et violent, nommé Jésus, que j’appelle le Jésus noir. Ce Jésus noir est très présent dans les évangiles et il a inspiré tout le côté sombre du christianisme : tortures, bûchers, index, excommunications, etc. Sur ce petit prophète, Paul le Tarsiote a construit le mythe du Christ. Ce qui équivaut plus au moins au Jésus blanc que l’Église prêche à ses fidèles pour assurer leur soumission. C’est ce mythe que je démolis dans Monsieur Jésus. Je ne me range donc pas parmi les croyants.

 

Autre raison de croire à l’historicité de Jésus, c’est que si on avait inventé de toutes pièces un mythe sans fondement historique, on n’aurait pas inventé un messie mourant sur une croix. Le vrai messie n’aurait pu finir sur un tel échec. Ça ne s’invente pas. De plus, Jésus prononce un certain nombre de phrases qui ne s’inventent pas non plus : « On enlèvera à ceux qui n’ont pas. » Phrase absurde.

Ce genre de phrase a été vraiment prononcé par le petit prophète. Ça ne s’invente pas. Mais peu importe, que Jésus ait existé ou non, il a été pendant deux mille ans, non pas une fiction, mais une réalité aux yeux des chrétiens qui ont torturé, brûlé et tué en son nom. Je ne crois pas qu’il est sans intérêt de dénoncer une telle fiction, une telle fabulation

J’ai remis la divinisation de Jésus dans le contexte de toutes les divinisations de l’histoire avant Jésus et après Jésus : les empereurs, les fondateurs de religion, les papes, les rois et les cultes de la personnalité de notre époque. Toutes ces divinisations ont causé des millions de morts, ont justifié l’esclavage et la torture, et surtout les génocides commis par les chrétiens : Amérindiens, Aborigènes d’Australie, de Tasmanie, les Congolais, etc. Les Américains ont forcé le soi-disant empereur-dieu Hirohito à renoncer à sa divinité

parce que les Japonais avaient exterminé des millions d’humains sur son ordre et au nom de sa soi-disant divinité. Les kamikazes offraient leur vie à leur dieu-empereur,  d’authentiques martyrs selon cette croyance. Encore ici,80 millions de Japonais y croyaient et les Américains n’ont pas trouvé sans intérêt d’obliger Hirohito à renoncer à sa soi-disant divinité. Une fiction devient réelle aux yeux des
croyants et elle peut devenir sanglante.

Malheureusement, les Américains, protestants ou catholiques, croient toujours en la divinité d’un homme, Jésus, et cette divinité a causé également des millions de morts : croisades, Inquisition, chasses aux sorcières, guerres de religion, etc., et au nom de cette soi-disant divinité, l’Église catholique commet encore des crimes: protection des prêtres pédophiles, interdiction du condom et de la contraception qui font des milliers de morts parmi les enfants surtout et les femmes aussi. Ne serait-ce que pour les crimes actuels commis par l’Église, il est urgent de dénoncer le mythe de la divinité de Jésus. Tous les cultes de la personnalité ont disparu et c’est tant mieux. On a exterminé des millions d’humains au nom d’Hitler, de Mussolini, de Staline et de Mao. Contrairement à ce que prétend Richard Rousseau, la dénonciation de la divinité de Jésus n’est pas sans intérêt, au contraire elle est essentielle et même urgente. 

DEUX MILLIARDS DE CHRÉTIENS CROIENT ENCORE À CE MYTHE ET POUR EUX CE N’EST PAS UNE FICTION. LES FICTIONS RELIGIEUSES
REPRÉSENTENT DES DANGERS MORTELS POUR L’HUMANITÉ.

Je ne comprends pas la logique de Richard Rousseau lorsqu’il m’accuse de faire le jeu des croyants. Si je démolissais le mythe du Père Noël, ce serait donc que je croirais au Père Noël? En démolissant le mythe de Jésus, je croirais donc en sa divinité. Quelle logique! 

Richard Rousseau me reproche de fonder ma démonstration sur des textes fictifs. D’abord, on est incapable de démontrer le côté fictif de ces textes. Plusieurs références historiques et géographiques sont exactes. Renan surtout s’est appliqué à remettre Jésus dans son contexte géographique. En outre, il est impossible de démêler les phrases prononcées par Jésus de celles qu’on lui a prêtées. Le Seminar américain s’y est appliqué avec plus ou moins de succès. Je relève le plus souvent possible les ajouts les plus visibles. C’est pourquoi j’ai basé ma démonstration sur les quatre évangiles canonisés officiellement par le christianisme. De la même façon qu’on peut démolir les mythes grecs en se basant sur leur mythologie. Des thèses de doctorat sont défendues sur des textes de romanciers, donc des textes entièrement fictifs. Alors est-ce qu’il faudrait invalider toutes ces thèses parce qu’elles reposent sur des textes fictifs? Ce qu’il faut comprendre quand on parle de fiction, c’est qu’aussitôt  qu’un certain nombre de personnes y croient, elle devient réelle pour eux et ils sont prêts à torturer, à tuer, à réduire en esclavage au nom de cette fiction.

Pour revenir aux groupes d’auteurs, Richard Rousseau cite le livre de Michel Morin. Il est exact que cet auteur nie l’historicité de Jésus, mais il consacre par la suite 258 pages à démolir, tout comme moi, le mythe de Jésus. Est-ce que Richard Rousseau a seulement lu ces  258 pages? Si  on compare les deux textes, on constatera rapidement que je vais plus loin que cet auteur, plus en profondeur et avec  plus d’audace. Mes 450 grandes pages consacrées à Jésus équivalent à 900 petites pages de Morin. Et puis Richard Rousseau oublie que Morin fait également sa démonstration sur des textes fictifs. 

Par ailleurs, Michel Onfray nie également l’historicité de Jésus, mais il consacre tout de même 16 pages à déconstruire ce mythe ce qui est nettement insuffisant. Richard Dawkins considère Jésus comme historique et il y consacre 14 pages. Dans L’homme qui devint dieu, Messadié y consacre 1000 pages, mais il s’attache surtout à imaginer la vie cachée de Jésus. Là on pourrait accuser justement cet auteur de fabulation. Non seulement il se base sur des textes fictifs, mais il écrit une sorte de roman sur la vie cachée de Jésus. Donc il ajoute une fiction à une autre fiction. Pourtant de l’aveu même de Richard Rousseau, il a adoré ce livre. Ernest Renan considère que Jésus est le plus grand humain qui soit passé sur la terre et il y consacre tout un livre, mais il se garde bien de parler des miracles et de la morale immorale de Jésus ce que je fais largement dans mon livre. 

On pourrait allonger cette liste de centaines de noms ce qui prouve qu’il n’est pas sans intérêt de démontrer que Jésus n’était pas Dieu, tout au contraire, c’est urgent. Le mythe de Jésus a tellement d’intérêt que le nombre de livres qui lui ont été consacrés surpasse le
nombre de livres portant sur n’importe quel autre personnage historique. Il se publie en moyenne mille livres sur Jésus par année dans toutes les langues. 

EN TOUTE MODESTIE, JE PEUX AFFIRMER QUE MONSIEUR JÉSUS EST LE PREMIER ET LE SEUL LIVRE QUI PROUVE EN DIX ARGUMENTS
QUE JÉSUS N’EST PAS DIEU.  

Enfin, Richard Rousseau m’accuse de « partir de bouts de phrases choisis par-ci par-là dans les Évangiles ».  D’abord de son aveu même, Richard n’a pas lu les 450 pages que je consacre à la divinisation de Jésus. Il n’a fait que les survoler, que lire les titres. Ce n’est vraiment pas sérieux, mon ami. On ne peut juger un livre qu’on n’a pas lu entièrement et attentivement tout comme on ne peut juger un film qu’on n’a pas vu. Et comment peut-on parler de « bout de phrases » quand il y en a pour 450 pages? Bien loin d’être des « bouts
de phrases », toutes mes citations ont leur référence dans les évangiles et je les soumets à un sérieux examen critique. 

Pour revenir aux groupes d’auteurs, Richard Rousseau cite le livre de Michel Morin. Il est exact que cet auteur nie l’historicité de Jésus, mais il consacre par la suite 258 pages à démolir, tout comme moi, le mythe de Jésus. Est-ce que Richard Rousseau a seulement lu ces 258 pages? Si on compare les deux textes, on constatera rapidement que je vais plus loin que cet auteur, plus en profondeur et avec
plus d’audace. Mes 450 grandes pages consacrées à Jésus équivalent à 900 petites pages de Morin. Et puis Richard Rousseau oublie que Morin fait également sa démonstration sur des textes fictifs.

Dans ma démonstration je tiens compte de tous les aspects de la vie de Jésus. Par exemple,  c’était peut-être un simple zélote qui préparait la libération du peuple juif de la domination des Romains. Certaines paroles de l’évangile ne peuvent être comprises qu’en retenant cette hypothèse. Des auteurs ont consacré des livres entiers au Jésus zélote, à un messie politique qui aurait tenté de libérer son peuple. Je tiens compte aussi de toutes les références aux  mythologies égyptiennes, grecques et romaines en ce qui touche à la vie de Jésus. Jamais, à ma connaissance, et j’en ai lu des livres sur Jésus et de toutes les sortes, on a fouillé autant les évangiles et on a poussé l’audace d’accuser Jésus de mensonges, de vols, de miracles maléfiques, d’avoir prêché dans ses paraboles la torture, l’Inquisition, l’égorgement, l’esclavage et le meurtre. J’y ai consacré deux années de travail.

J’AI ÉCRIT CE LIVRE PARCE QUE JE TROUVAIS QU’AUCUN AUTRE AUTEUR N’ALLAIT AUSSI LOIN DANS LA DÉCONSTRUCTION DU MYTHE DE LA SOIDISANT DIVINITÉ DE JÉSUS.

Richard Rousseau pousse sa logique jusqu’à affirmer que toutes les divinisations de l’homme ne présentent aucun intérêt. Il semble ignorer que des dieux du culte de la personnalité comme Hitler sont responsables de 50 millions de morts, que le dieu Mao a exterminé 50 millions de Chinois et que le dieu Staline a fait tuer 30 millions de Russes. Ce n’est pas assez ? Au contraire, il faut démasquer
ces divinisations de l’homme pour qu’elles ne reviennent plus jamais nous hanter.

Je termine mon livre par une exhortation qui nous appelle tous à ne plus croire à tous ces mythes. Actuellement notre cynisme envers les politiciens pourrait nous réserver de sinistres surprises. Les dictateurs-dieux ont bâti leur culte sur le mépris de la démocratie. Espérons que nos démocraties ne deviendront jamais assez faibles pour laisser place à des dictateurs qui se prendraient pour des dieux.
Il ne faut jamais plus croire en ces mythes meurtriers. Je voudrais bien voir Richard Rousseau vivre sous un culte de la personnalité, son humanisme volerait en éclats : plus de démocratie, plus de droits de l’homme. Tel que je le connais, il combattrait farouchement ces divinisations de l’homme et ce serait tout à son honneur. Alors pourquoi me reproche-t-il de le faire? Les pays actuels qui ne vivent pas la démocratie sont des dangers potentiels.

Malheureusement, les humains ont tendance à diviniser l’homme. Encore aujourd’hui, nous avons nos « idoles » de la chanson, nos « dieux » du stade, nos « monstres » du cinéma, nos « divas » et nos temples de la renommée engorgés de reliques des grandes vedettes du sport. On accuse même les scientifiques de se prendre pour des dieux et la science de jouer à être Dieu. Il faut être très attentifs à toutes ces fabulations. Les dieux du culte de la personnalité ne se sont pas annoncés comme des divinités au départ, mais ils le sont
devenus et il était trop tard pour arrêter les hécatombes, les génocides, les goulags et les camps de concentration tout comme on fut incapable d’arrêter la divinisation de Jésus par Constantin qui l’a imposée à tout l’Empire romain, incapables d’arrêter les croisades, l’Inquisition et les chasses aux sorcières. Pourquoi ? Parce que des millions d’humains ont cru à ces fictions et les ont appuyées.

C’EST POUR TOUTES CES RAISONS QUE J’AI ÉCRIT MONSIEUR JÉSUS, UN LIVRE NON SEULEMENT ESSENTIEL ET UNIQUE, MAIS AUDACIEUX ET URGENT.

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