Compte rendu d’auteur : Croire en Dieu est désormais inutile

par Août 25, 2014Athéisme, Livres, Québec humaniste0 commentaires

Marco Derossi

Marco Derossi

Père de trois enfants, Marco DeRossi détient un baccalauréat Ès Science de l’université de Montréal, ainsi qu’un diplôme de 2e cycle en Gestion et développement durable de HEC Montréal. En 1993, il a fondé la marque de produits sans gluten GLUTINO. Il a passé l’essentiel de sa carrière dans le commerce de l’alimentation et la consultation mais depuis quelques années, il s’est tourné vers le monde de l’éducation. Il est membre de l’organisme Les Sceptiques du Québec et aussi de l’Association humaniste du Québec.

Le titre soutient qu’il est désormais inutile de croire. De tous les temps, la prédisposition à croire a servi la cohésion de groupes, essentielle à l’évolution des sociétés humaines. Paradoxalement, la propension à croire est née simultanément avec l’émergence de l’intelligence car les humains devaient trouver des réponses simples à leurs multiples questions existentielles. L’auteur nous amène ainsi à comprendre qu’aujourd’hui, avec le réservoir de connaissances organisées et appuyées par des outils théoriques et observationnels dont nous disposons, souscrire un tant soit peu au domaine des croyances est désormais intellectuellement insoutenable.

Première partie

Dans sa première partie, le livre explore l’ample variété des croyances cosmogoniques (origine des origines). Il soulève leur incohérence ainsi que le rôle dérisoire que l’on y réserve aux femmes. L’auteur pointe le lourd héritage de plusieurs religions. Il aborde, entre autres, le monothéisme véhiculé dans les religions juive, chrétienne et musulmane et démontre combien cette famille idéologique constitue un fléau qui afflige l’émancipation d’une large part de la population.

On apprendra que la disposition à croire est naturelle chez l’enfant, car ce dernier n’a pas encore développé son libre arbitre. Croire lui apparaît alors comme une stratégie de survie consistant à suivre les enseignements reçus avec confiance, jusqu’à ce qu’il se forme son propre système de référence à l’âge de raison. Le cerveau de l’enfant est perméable. Il ne peut malheureusement faire la différence entre « l’ivraie et le vrai ». Un enfant plongé dans un univers insolite aura toutes les difficultés à s’extirper des mensonges appris dans son enfance et perpétuera ces inepties tout au long de sa vie.

Comme le laisse entendre l’auteur, toutes les croyances, même celles issues des pseudosciences et du paranormal sont analogues et fonctionnent sans fondements. C’est pourquoi l’ouvrage aborde également plusieurs autres croyances.

Deuxième partie

La deuxième partie du livre définit ce qu’est la réalité et voit à en faire l’éloge. L’auteur nous amène à comprendre que le monde ne comporte qu’une seule « nature ». Il explique que les croyances proposent de nombreuses façons pour la décrire à leur manière, mais qu’elles font toutes fausse route. À l’aide d’une pyramide de la plausibilité, il décrit les différences qui opposent les théories et les croyances, et démontre comment les théories se retrouvent au sommet, alors que le domaine des croyances n’accède tout simplement pas aux paliers supérieurs.

On y apprend que les croyances ont réponse à tout mais qu’en fait, elles n’expliquent rien. Elles sont en défaut de produire un cadre théorique sur lequel elles devraient s’appuyer ainsi qu’à apporter des preuves concluantes de leurs avancées. En contrepartie, les théories sont chargées de crédibilité car elles s’appuient sur un édifice raisonné, ainsi que sur des données empiriques vérifiables, reproductibles et qui font un large consensus. L’auteur nous convie alors à réaliser que si une preuve existait vis-à-vis des croyances, celles-ci cesseraient immédiatement d’être… des croyances. Il explique que le mécanisme fondateur des croyances qu’est la foi, correspond véritablement à une conviction irrationnelle. Par définition, la foi tend à prouver que les croyances sont en défaut de produire des preuves. Si une preuve existait, la foi serait, par conséquent, inutile.

Les croyances rongent nos sociétés. Le fait de croire semble être une drogue qui empêche d’affronter la réalité avec lucidité. Les croyants se jettent sur la substance immatérielle et en redemandent. On ne peut croire et douter en même temps car pour croire, il est nécessaire d’éluder tout processus de doute, pourtant essentiel en science. Le fait de croire apparaît comme une conviction statique s’opposant à la raison. C’est pourquoi croire est désormais inutile, voire même nuisible, conclut l’auteur.

 

UN GRAND HUMANISTE QUÉBÉCOIS EST MORT FRÉDÉRIC BACH (1924-2013)

“L’exploitation et la conquête de la richesse ne doivent pas se faire sans s’occuper de la qualité de vie et de la survie de tout ce qui est nécessaire pour la survie.” 

Frédéric Bach

http://www.youtube.com/watch?v=YbNo6MX0Tdk

L’artiste aux nombreux talents (peintre, illustrateur, muraliste), gagnant de deux Oscars, a été un des plus grands cinéastes d’animation de l’histoire. Amoureux de la nature, il militait depuis plusieurs années pour sa protection.

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