Le premier principe de l’Association humaniste du Québec

par Jan 15, 2012À propos de l'AHQ, Articles de fond, Mot du président, Québec humaniste0 commentaires

MICHEL PION

MICHEL PION

Vice-Président et trésorier (président de 2010 à 2013)

Michel Pion est membre de l’AHQ depuis 2006, informaticien de profession il est membre du CA du l’AHQ depuis 2007 et a été l’instigateur principal de la campagne des « Autobus Athées » en 2009 et est à l’origine de la création du bulletin Québec humaniste.

Si vous êtes déjà membre de l’AHQ vous devez sans doute être familier avec les huit principes directeurs de votre association. Le premier de ces principes et non le moindre, se lit comme suit :

« Le premier principe de la pensée humaniste est le rejet de croyances basées uniquement sur des dogmes, sur des révélations divines, sur la mystique ou ayant recours au surnaturel, sans évidences vérifiables.»

Il est important de bien comprendre que l’athéisme des humanistes ne trouve pas sa source dans une attitude revancharde envers l’autorité théocratique religieuse, quel que soit sa forme, ni dans une rébellion envers une norme sociétale établie. Ce n’est ni par esprit de contradiction ni même parce que nous désirons suivre une mode, rien de tout cela. Évidemment il y aurait beaucoup à raconter sur les effets toxiques des religions sur les humains que nous sommes. Je suis persuadé que vous n’auriez pas à chercher bien loin pour en trouver des exemples. Mais, je le répète, notre athéisme ne découle pas de ce qui précède. En fait la clé de voute de cette position philosophique tient toute entière dans les trois derniers mots du premier principe « sans évidences vérifiables ».

Si on prend comme exemple les trois monothéismes abrahamiques, on nous demande d’accepter de croire que notre existence est le résultat de la volonté d’un être suprême, omniscient et omniprésent, qui peut lire nos pensées en tout temps et qui est maître absolu et géniteur de l’univers. Cette Entité aurait le pouvoir de nous récompenser si on suit ses diktats, qui varient grandement selon à qui on s’adresse, ou alors de nous condamner à une souffrance éternelle, qu’importe le fait que nous nous comportions malgré tout avec décence envers nos proches et les gens qui nous entourent et que nous menions une vie morale et éthique. Si nous avons l’impudence de l’ignorer, allez hop! Nous sommes bons pour la fournaise!

À chaque fois que j’ai une conversation avec un croyant qui cherche à me convaincre du bien-fondé de ses arguments, la première question que je lui pose est « comment savez-vous ça? ». La réponse varie grandement selon mon interlocuteur, mais invariablement on en arrive à une forme ou une autre de raisonnement circulaire (comment savez-vous que le (insérez ici votre livre saint préféré) est la parole de Dieu, réponse : parce que c’est écrit dans le livre!) ou alors de ce que Richard Dawkins appelle « l’argument d’incrédulité personnelle », aussi appelé argument d’ignorance qui va comme suit, voici un phénomène ou un évènement quelconque que je suis incapable de comprendre ou d’expliquer, donc, c’est Dieu!

Un humaniste qui se respecte ne peut se satisfaire de ces explications car elles soulèvent bien plus de questions qu’elles n’offrent de réponses. Peut-être Dieu existe-t-il? Après-tout il est impossible de prouver hors de tout doute qu’il n’existe pas. Pour citer Dawkins une fois de plus « l’important n’est pas de savoir si l’existence de Dieu est réfutable, elle ne l’est pas, mais bien si son existence est probable ». En attendant des preuves plus convaincantes, un humaniste va rejeter ces croyances comme étant des fables, au mieux innocentes, aux pires dommageables et venimeuses pour la race humaine. En ce qui me concerne je vis ma vie comme si Dieu n’existait pas et je ne m’en porte pas plus mal. Mais, je le réitère en terminant, le critère principal pour un humaniste sur lequel accepter ou rejeter ces croyances demeure l’absence d’« évidences vérifiables » de l’existence de Dieu.

Encore une fois je tiens à souligner l’énorme travail accompli par l’éditeur du Québec humaniste, Claude Braun auquel nous devons cette excellente publication qui se veut le reflet de nos membres ainsi que tous ceux faisant partie de la grande communauté humaniste. Je vous encourage de nouveau à faire connaitre le QH à vos amis et connaissances.

Je remercie également en mon nom personnel et au nom de l’Association humaniste du Québec tous nos collaborateurs qui ont pris le temps de nous soumettre des textes. Si vous souhaitez soumettre un texte ou envoyer un commentaire vous pouvez le faire à l’adresse suivante: info@assohum.org 

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