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	<title>Association humaniste du Québec&#187; humanisme</title>
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	<description>Développer la pensée critique et répandre la philosophie humaniste au Québec</description>
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		<title>Un credo post religieux</title>
		<link>http://assohum.org/2011/06/le-credo-dun-athee/</link>
		<comments>http://assohum.org/2011/06/le-credo-dun-athee/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 28 Jun 2011 21:56:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[athéisme]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Le credo d’un athée « Je crois que c’est notre devoir de chercher la vérité, et si nous ne la pouvons trouver, d’adhérer à celle qui nous semble la plus juste et la plus difficile à réfuter, et de s’y accrocher comme à un radeau sur les eaux agitées de la vie. » Platon (428-348 av. n. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2011/06/credo.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3408" style="margin: 10px;" title="credo" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2011/06/credo.jpg" alt="" width="226" height="223" /></a>Le credo d’un athée</em></p>
<p>« Je crois que c’est notre devoir de chercher la vérité, et si nous ne la pouvons trouver, d’adhérer à celle qui nous semble la plus juste et la plus difficile à réfuter, et de s’y accrocher comme à un radeau sur les eaux agitées de la vie. »</p>
<p><strong>Platon</strong> (428-348 av. n. e.)</p>
<p><span id="more-109"></span>« Le mot « Dieu » n&#8217;est pour moi rien de plus que l&#8217;expression et le produit de l’humaine faiblesse, et la Bible un recueil de légendes, certes honorables, mais primitives, et néanmoins très puériles. »</p>
<p><strong>Albert Einstein</strong> (1879-1955)</p>
<p>« La recherche de la vérité est la plus noble occupation de l’homme; la diffuser est un devoir. »</p>
<p><strong>Anne Louise Germaine de Staël</strong> (1766-1817)</p>
<p>« Les masses n’ont jamais eut soif de la vérité. Quiconque peut leur apporter des illusions est facilement leur maître; quiconque tente de détruire leurs illusions est toujours leur victime. »</p>
<p><strong>Gustave Le Bon</strong> (1841-1931) La psychologie des foules (1895)</p>
<p>« Ce ne sont pas les rayons du soleil ni les traits lumineux du jour</p>
<p>qu’il faut pour dissiper cette terreur et ces ténèbres de l’âme,</p>
<p>mais l’étude de la nature et son explication raisonnée.</p>
<p>Le principe dont nous nous servirons comme point de départ,</p>
<p>c’est que rien ne peut être engendré de rien</p>
<p>par une intervention divine.</p>
<p>Si la crainte subjugue tous les mortels,</p>
<p>c’est que sur la terre et dans le ciel ils voient beaucoup de choses</p>
<p>dont ils ne peuvent en aucune façon apercevoir les causes</p>
<p>et ils pensent que cela arrive par une puissance divine.</p>
<p>C’est pourquoi, quand nous aurons vu que rien ne naît de rien,</p>
<p>alors nous verrons plus facilement ce que nous cherchons :</p>
<p>d’où provient chaque chose et comment toutes choses se forment,</p>
<p>sans l’aide des dieux. »</p>
<p>Lucrèce, De rerum natura, I, 146-158</p>
<p>Mes croyances ne sont pas absolues, mais relatives et évolutives;</p>
<p>on peut les étudier, les remettre en question et les changer.</p>
<p>Ce que je crois n’est pas basé sur des textes dits révélés,</p>
<p>sur la fantaisie, le rêve ou une vaine espérance,</p>
<p>mais sur la réalité,</p>
<p>quelque obscure et problématique elle puisse être,</p>
<p>une réalité que nous devons étudier, connaître et accepter,</p>
<p>quelles que soient les conclusions auxquelles nous arrivons</p>
<p>et quel que soit l’Univers qui nous est ainsi révélé.</p>
<p>Je ne peux pas prouver tout ce que je crois,</p>
<p>mais du plus profond de mon être</p>
<p>je ne peux pas croire autrement.</p>
<p>Je crois qu’il est souhaitable et possible</p>
<p>de connaître les « lois » (1) simples</p>
<p>qui gouvernent l’ensemble de l’univers</p>
<p>et qui président à son évolution inexorable ;</p>
<p>que ces « lois », ces régularités observées,</p>
<p>sont éternelles comme lui, objectives, extérieures à nous, « invariables », universelles, et vérifiables.</p>
<p>Je crois que ces « lois » de l’Univers</p>
<p>sont progressivement connues des humains,</p>
<p>qu’elles ne sont pas de pures inventions de leur cerveau, (2)</p>
<p>et qu’elles ne sont pas la propriété de l’un ou de l’autre sexe,</p>
<p>ou de quelques cultures particulières. (3)</p>
<p>Je crois que tous les humains peuvent y avoir accès (4) et que,</p>
<p>si d’aventure il y a d’autres roseaux pensants dans l’univers,</p>
<p>ils découvriront les mêmes « lois de la nature » que nous,</p>
<p>et expliqueront de la même manière</p>
<p>la naissance et la mort des étoiles,</p>
<p>l’explosion des supernovas,</p>
<p>la formation des trous que l’on dit noirs,</p>
<p>et la structure des protons, des atomes ou de l’ADN.</p>
<p>Je crois que notre destin est de ce monde (5),</p>
<p>où nous pourrions être seuls (6),</p>
<p>et où nous avons fait irruption par la plus grande des chances</p>
<p>et le plus incroyable des hasards. (7)</p>
<p>Je pense comme Aristote que « ce qui est engendré par hasard</p>
<p>n’est pas engendré en vue d’un but » ; (8)</p>
<p>je crois comme Leucippe que « rien n’arrive pour rien</p>
<p>mais tout pour une raison et par nécessité ; »</p>
<p>qu’il ne faut pas pour autant croire à la stricte et universelle nécessité;</p>
<p>car je considère comme Stephen Jay Gould</p>
<p>que les humains sur cette planète ne sont que de simples possibles</p>
<p>et non pas le but recherché et nécessaire de l’Univers,</p>
<p>semblables en cela aux abeilles, aux dinosaures,</p>
<p>aux roses et aux nénuphars,</p>
<p>aussi bien, hélas, qu’aux rats, à la mouche tsé-tsé,</p>
<p>à la peste, à la variole et aux plantes vénéneuses.</p>
<p>Je crois comme Héraclite et le Bouddha,</p>
<p>Parménide et Épicure, Aristote et Lucrèce,</p>
<p>que l’Univers est incréé et éternel,</p>
<p>j’opine comme Martin Rees, Andrei Linde et Lisa Randall</p>
<p>qu’un Multivers est possible, (9)</p>
<p>et je conclus comme Bertrand Russell</p>
<p>qu’il est sans compagnon divin inutile.</p>
<p>Je crois comme Lao-Tseu, Aristote et Newton qu’il y a un infini (10)</p>
<p>et que nous ignorerons toujours la raison d’être de son existence ;</p>
<p>je crois qu’il n’y a pas de début absolu à l’Univers,</p>
<p>que le Big Bang dont on parle n’est qu’un moment,</p>
<p>qu’un épisode dans l’infini déploiement des choses,</p>
<p>dans l’éternité du monde ;</p>
<p>et je crois comme la Bible qu’il ne faut pas</p>
<p>invoquer le nom de dieu en vain ;</p>
<p>je veux dire, ici, qu’il est, en effet, vain et inutile</p>
<p>de se référer à un dieu pour expliquer le monde.</p>
<p>Je crois que la planète Terre et la vie qu’elle abrite</p>
<p>sont pour nous ce qu’il y a de plus précieux dans l’Univers,</p>
<p>que notre lot, notre devoir, notre souci, ou même notre mission,</p>
<p>est de prêter vie, notre vie, si l’on peut, à cet Univers</p>
<p>pour le temps qu’il durera dans le Multivers ;</p>
<p>que c’est là la plus sacrée de nos tâches de Terriens,</p>
<p>notre joie, notre passion et notre dramatique aventure.</p>
<p>Je crois que ce qui subsistera de nous après notre mort</p>
<p>seront les descendants et les souvenirs</p>
<p>que nous laisserons après nous,</p>
<p>et les atomes dont nous étions faits</p>
<p>et qui seront recyclés dans l’Univers ;</p>
<p>je crois que nous serons éternellement anéantis,</p>
<p>quoi qu’en pensait Pascal et espérait Socrate, (11)</p>
<p>et, comme Chouang-Tseu, Épictète et Marc-Aurèle, je crois</p>
<p>qu’il faut accepter notre destin sans se plaindre … comme Job,</p>
<p>et sans trop gémir comme Cioran. (12)</p>
<p>Je suis d’avis que nous devons nous reconnaître</p>
<p>pour ce que nous sommes, des êtres finis et mortels</p>
<p>qui participons tous de l’infirmité commune :</p>
<p>jamais rien ne pourra totalement nous satisfaire,</p>
<p>et nous serons probablement toujours irrémédiablement ignorants</p>
<p>du secret ultime des choses.</p>
<p>Nobliau ou grand seigneur de l’Univers,</p>
<p>« notre destin est fait de joies et de peines terrestres passagères,</p>
<p>et de connaissances limitées. Évitons les peines, si l’on peut,</p>
<p>et combattons notre ignorance. » (Voltaire)</p>
<p>Sachons nous contenter de notre condition ;</p>
<p>sortis de l’Univers, connaissons l’Univers.</p>
<p>Là est notre tâche et notre destin,</p>
<p>là est la sagesse humaine, là, le bonheur des Terriens.</p>
<p>Je crois que nous ne savons pas pourquoi il en est ainsi.</p>
<p>Mais je crois qu’il en est ainsi.</p>
<p>Voilà mon credo.</p>
<p>Je ne crois pas en un dieu qui aurait créé le Ciel et la Terre ; (13)</p>
<p>on sait assez comment la Terre a été formée</p>
<p>et les cieux étoilés ont été allumés au-dessus de nos têtes.</p>
<p>Et nous n’avons pas besoin de “cette hypothèse”</p>
<p>pour expliquer le Big Bang. (14)</p>
<p>Je crois qu’il faut résolument écarter de nos esprits</p>
<p>tous les dieux de la terre</p>
<p>et ne plier jamais genoux devant de fictive divinité</p>
<p>ni devant aucune humaine autorité.</p>
<p>Je ne crois pas à la fable du dénommé Jésus-Christ,</p>
<p>fils unique de ce que l’on appelle le Père Éternel,</p>
<p>qu’il ait été conçu d’un Saint-Esprit,</p>
<p>et soit né d’une vierge de Palestine, il y a 2000 ans,</p>
<p>pour le salut du genre humain. (15)</p>
<p>Je peux admettre, à la rigueur, qu’un Galiléen</p>
<p>ait souffert sous Ponce-Pilate, ou sous un autre,</p>
<p>qu’il ait été crucifié, qu’il soit mort et ait été enseveli ;</p>
<p>ce sont là des choses que l’on peut vérifier,</p>
<p>qui peuvent donc être vraies ou fausses,</p>
<p>et qui arrivent lorsque l’on n’est pas raisonnable</p>
<p>et que l’on se prend pour le fils de Dieu et le Roi des Juifs.</p>
<p>Il est absurde de dire que ce crucifié soit descendu aux enfers,</p>
<p>qu’il soit ressuscité, et qu’il ait monté au ciel. (16)</p>
<p>Il est extravagant d’affirmer qu’un faux prophète (17) de Palestine soit assis à la droite d’un Être éternel,</p>
<p>et qu’il viendra juger les vivants et les morts. (18)</p>
<p>Il est inutile et également absurde de croire en un Saint-Esprit, troisième personne d’un dieu trin. (19)</p>
<p>Il est indigne de proposer à la croyance des Terriens</p>
<p>cette histoire d’un dieu qui, courroucé</p>
<p>par une prétendue faute originelle</p>
<p>d’un supposé premier couple d’humains,</p>
<p>damne l’humanité entière aux feux éternels d’un enfer absurde ;</p>
<p>et il est risible de penser que cette humanité</p>
<p>ne puisse être sauvée de la damnation éternelle,</p>
<p>édictée par un Être Suprême,</p>
<p>que par l’envoi sur terre de son fils unique,</p>
<p>qui devra expier par sa mort sur une croix</p>
<p>la faute autrement irréparable.</p>
<p>Je n’estime guère l’Église catholique</p>
<p>qui se qualifie elle-même de sainte,</p>
<p>et je lis son histoire avec tristesse, horreur, colère et indignation.</p>
<p>J’admire sans réserve les croyants en une divinité</p>
<p>qui vouent leur vie au soulagement des maux</p>
<p>qui affligent les Terriens,</p>
<p>mais il me semble tout à fait inutile de faire accompagner</p>
<p>ce dévouement admirable de dogmes absurdes ;</p>
<p>j’ai en sainte horreur les fables, les censures, les mensonges,</p>
<p>les fabrications de faux, les inquisitions et les excommunications ;</p>
<p>et je n’ai que faire d’un dieu</p>
<p>qui nous menace des feux de l’enfer (voir les Évangiles)</p>
<p>tout en disant nous aimer. (20)</p>
<p>Je trouve inutile de croire en la communion des saints</p>
<p>mais absolument nécessaire de promouvoir</p>
<p>la solidarité de tous les humains sur Terre ;</p>
<p><em>« de reconnaître les bienfaits par des bienfaits,</em></p>
<p><em>et ne se venger jamais des injures ;</em></p>
<p>de faire aux autres comme à soi-même, » (Confucius)</p>
<p>comme le recommandent tous les codes moraux de la terre.</p>
<p>Quant à la rémission des péchés, nous avons les tribunaux pour les crimes contre l´humanité, les vols, les viols  et les évasions fiscales; nous invitons les humains à se corriger de leurs défauts et à se repentir de leurs fautes ; nous faisons ce que nous pouvons pour faire progresser l´humanité et lui enlever de l´esprit de fausses et d´inutiles croyances, et nous travaillons avec acharnement et quelque succès à neutraliser les papes qui déraisonnent au Vatican,  les cardinaux, les archevêques, les évêques et les prêtres qui pontifient et qui fabulent dans les églises et les cathédrales, les rabbins qui font de même dans les synagogues, les bonzes qui marmonnent dans les pagodes, et les imans et les mollahs qui prient et crient dans les mosquées.</p>
<p>Il est inadmissible, me semble-t-il, d’affirmer sans preuve</p>
<p>que l’individu survit à la mort de son corps,</p>
<p>qu’il y ait une vie éternelle, (21)</p>
<p>et je crois comme Chouang-Tseu et Albert Einstein</p>
<p>« qu’il n’y a que des âmes faibles qui entretiennent une telle pensée</p>
<p>par peur ou par un égotisme ridicule. » (22)</p>
<p>Enfin, je crois que notre vie serait plus belle et plus riche,</p>
<p>plus vite nous réaliserions que la mort est un terme,</p>
<p>une fin, et non un commencement,</p>
<p>que « le ciel est sous nos pas et non au-dessus de nos têtes,</p>
<p>que le seul Dieu que nous devons vénérer</p>
<p>est notre frère et sœur en humanité » ; (Vivekananda) (23)</p>
<p>qu’il n’y a pas de Providence qui nous guide et nous protège,</p>
<p>pas de Christ qui nous aime et qui nous sauve,</p>
<p>pas de résurrection des corps ni de transmigration des âmes,</p>
<p>qu’il n’y aura pas de Paradis pour nous accueillir</p>
<p>et nous procurer un bonheur éternel,</p>
<p>(ni d’enfer pour nous rôtir éternellement),</p>
<p>que la vie que nous vivons est la seule qui nous sera donnée.</p>
<p>Dura lex, sed lex.</p>
<p>Dures vérités, mais vérités tout de même.</p>
<p>Abandonnons ces mysticismes débilitants</p>
<p>qui troublent les cœurs et qui égarent les esprits,</p>
<p>ces dogmes et ces dévotions inutiles</p>
<p>qui distraient les humains de la vérité la plus haute :</p>
<p>l’Univers est comme un temple et la vie est sacrée ;</p>
<p>il n’y a pas d’autre dieu à chercher ;</p>
<p>seul est véritablement religieux</p>
<p>qui étudie les mystères du monde</p>
<p>et qui sert, qui respecte et qui sauve les vivants.</p>
<p>Je ne vois pas ce que l’affirmation gratuite</p>
<p>d’un dieu caché, silencieux, muet et sourd,</p>
<p>donc à toutes fins utiles inexistant,</p>
<p>vient ajouter de lumières à ce monde ténébrescent</p>
<p>que nous devons illuminer,</p>
<p>ombres noctiluques que nous sommes,</p>
<p>de nos désirs et de nos amours,</p>
<p>de nos rêves et de nos chants,</p>
<p>de nos connaissances et de nos créations.</p>
<p>Allons, du courage,</p>
<p>la vérité nous libérera,</p>
<p>de dogmes extravagants,</p>
<p>de craintes inutiles</p>
<p>et de vaines espérances.</p>
<p>Il nous revient de chérir et de célébrer la vie,</p>
<p>De prendre soin de la terre,</p>
<p>De compatir aux souffrances de nos semblables,</p>
<p>de s’étonner du Silence cosmique,</p>
<p>de l’inexistence d’un dieu,</p>
<p>de s’extasier devant l’infinie puissance</p>
<p>et créativité de l’Univers,</p>
<p>et, réparateurs obscurs des lacunes de Dieu (V. Hugo),</p>
<p>de palier à ses manques,</p>
<p>d’exalter la présence de l’Homme,</p>
<p>de chanter malgré tout les beautés éphémères du monde</p>
<p>pendant le peu de temps qu’on y passe.</p>
<p>Voilà nos seules jubilations,</p>
<p>nos seules obligations,</p>
<p>nos seules adorations,</p>
<p>voilà nos seules prières.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Notes</span></strong></p>
<p align="justify">;1. J’ai mis le mot « lois » entre parenthèse pour indiquer l’ambiguïté du mot dans l’expression  « lois de la nature », et le problème qui est soulevé quand on parle des lois de la nature, car immédiatement on pense à un législateur suprême; Voltaire ne savait trop que répondre à l’objection de l’existence des êtres organisés et des lois qui gouvernent le mouvement des étoiles et des planètes: « je ne puis concevoir une horloge sans un horloger » ; une meilleure compréhension de la mécanique céleste que Laplace a mise au point en 1796, la théorie de l’évolution de Darwin publiée en 1859 et la physique moderne vont lever définitivement l’impasse dans laquelle se trouvait Voltaire qui a combattu l’athéisme toute sa vie; voir entre beaucoup d’autres textes : L’histoire de Jenni ou le sage et l’athée, ainsi que sa Première Homélie sur l’athéisme et le chapitre un des Éléments de la philosophie de Newton ; le Baron d’Holbach, le prince des athées, avait pourtant publié son Système de la nature en 1770 &#8230; J’emploi l’expression « régularités observées » immédiatement après l’expression « lois de la nature. » Ces régularités observées sont certainement objectives, extérieures à nous, universelles, mais sont-elles invariables, et éternelles? Voir J. Webb <span style="text-decoration: underline;">« Are the Laws of Nature Changing with Time?</span> » in Physics World, Vol.16, Part 4, pages 33-38, avril 2003; aussi Scientific American, juillet 2005, l’article <span style="text-decoration: underline;">« Inconstant Constants »;</span> aussi <span style="text-decoration: underline;">« Dreams of a Final Theory, the Search for the Fundamental Laws of Nature »</span>, du prix Nobel de Physique, Steven Weinberg, Pantheon Books, 1993; encore, de Roger Penrose <span style="text-decoration: underline;">« The Road to Reality, a Complete Guide to the Laws of the Universe »,</span> Alfred A. Knopf, 2005 (2004); encore, du prix Nobel de physique Richard Feynman <span style="text-decoration: underline;">« La nature de la physique »</span>, Seuil, sciences, 1980; voir l’incontournable <span style="text-decoration: underline;">The Comprehensible Cosmos, Where Do the Laws of Physics Come From</span>, de Victor J. Stenger, Promotheus Books, 2007, toute son œuvre est à lire ; le dernier livre de Paul Davies <span style="text-decoration: underline;">The Cosmic Jackpot, why our Universe is just right for life</span><span style="text-decoration: underline;">,</span> chez Houghton Mifflin, (2007)donne un point de vue tout à fait opposé à celui de Stenger. C’est le Grand Débat… Enfin, lire The Grand Design de Stephen Hawking et Leonard Mlodinow, Bantam Books, 2010.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">2…comme l’affirment certains tenants du postmodernisme : « Les lois de la gravitation n’existaient pas avant Newton »! disent certains philosophes des sciences. Bien évidemment qu’elles n’existaient pas telles que formulées par Newton, mais la gravitation existait belle et bien. Nos connaissances scientifiques, qui s’expriment dans des théories et des lois, ne reflètent que partiellement et progressivement la réalité;  certains postmodernes disent qu’elles ne la reflètent pas du tout, qu’elles ne sont que de pures créations de nos cerveaux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">3. Elles ne seraient que de mythologiques narrations de mâles blancs d’Occident, prétend tout un mouvement de pensée qui sévit principalement sur les campus américains et qui réunit des féministes et des philosophes postmodernes; la science, pour eux et elles, est une narration comme une autre, un mythe parmi d’autres mythes qui jalonnent l’histoire des mythes et des religions. C’est l’extrême où est tombé le postmodernisme; livres à lire : <span style="text-decoration: underline;">« Impostures intellectuelles »,</span> des professeurs Jean Bricmont et Alan Sokal, chez Odile Jacob, 1997, et <span style="text-decoration: underline;">« Higher Superstition, the Academc Left and its Quarrels with Science »</span> des professeurs Paul R. Gross et Norman Levitt, Johns Hopkins UP, 1998 (1994). On peut consulter l’œuvre abondante du philosophe de McGill, Mario Bunge, pour une critique dévastatrice des thèses postmodernistes : <span style="text-decoration: underline;">Social Science under Debate</span>, University of Toronto Press, 1998, <span style="text-decoration: underline;">Finding Philosophy in Social Science,</span> Yale University Press, 1996, et <span style="text-decoration: underline;">The Sociology-Philosophy Connection,</span> (1999) Transactions Publishers, USA.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">4. Quelque difficiles que soient devenues les sciences à la fin de ce millénaire, et particulièrement difficiles d’accès au commun des mortels, je pose qu’en théorie tous les humains peuvent y avoir accès, si on y met les efforts et le temps voulus, contrairement aux dogmes des religions qui nous seront à jamais incompréhensibles, et inutiles dans notre tâche d’expliquer le monde.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">5. Il n’y a pas d’autre monde, de paradis ou d’enfer; si l’enfer n’est plus de mise aujourd’hui, il doit en être de même du paradis; nous sommes un merveilleux et étonnant épiphénomène temporaire de l’univers.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">6. Le livre à lire est <span style="text-decoration: underline;">« Rare Earth »,</span> Copernicus (1999), des professeurs Peter D. Ward et Donald Brownlee, sur la probable rareté sinon la probable unicité de l’espèce humaine dans l’univers; c’est un grand débat scientifique; seule l’observation déterminera l’exactitude de la thèse ici rappelée; les faits semblent nous diriger vers cette conclusion, malgré les découvertes récentes de nombreuses planètes dans d’autres systèmes solaires; il faut cependant attendre la fin de l’histoire, c’est-à-dire des recherches en cours; à lire aussi : <span style="text-decoration: underline;">Destiny or Chance, our solar system and its place in the cosmos,</span> du grand astronome australien Stuart Ross Taylor, (1998) Cambridge University Press; à lire aussi <span style="text-decoration: underline;">« A Glorious Accident, Understanding Our Place in the Cosmic Puzzle »</span> (1997) sous la direction de Wim Kayser; une série d’entretiens avec Oliver Sacks, S. J. Gould, Stephen Toulmin, Freeman Dyson, Daniel C. Dennett et l’impayable et désolant Rupert Sheldrake.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">7. « Le hasard est le chemin que Dieu emprunte quand il veut voyager incognito, » disait Einstein. Or, comme le mot dieu pour Einstein est un autre mot pour Univers… Il n’y a pas de dieu personnel pour Einstein. Consulter <span style="text-decoration: underline;">« Destiny or Chance, our solar system and its place in the Cosmos »</span> de l’astronome australien, spécialiste des planètes, Stuart Ross Taylor, paru chez CUP en 1998; l’histoire du système solaire (la position de la terre par rapport au soleil, l’existence accidentelle de la lune, sa grosseur et le moment de son impact, l’existence de Jupiter, etc.), et de la vie sur terre (la disparition accidentelle des dinosaures grâce à un météorite il y a 65 millions d’années) sont des preuves suffisantes du caractère hasardeux de l’existence de l’espèce humaine sur terre et dans l’Univers; nous aurions pu ne pas être; nous ne sommes pas une nécessité, encore moins le but de l’univers. C’est ce que semble nous indiquer nos connaissances actuelles ; donc jusqu’à nouvel ordre, je crois que nous sommes autorisés à conclure que l’humanité n’est qu’un simple possible, comme tous les autres êtres vivants qui existent, qui ont existé ou qui existeront un jour sur terre. Il n’y a pas pur hasard ni entière nécessité. Tout est le fruit étonnant du hasard (si on définit hasard : la rencontre de deux lignes causales indépendantes) et de la nécessité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">8. Finalisme, thèse qui veut que l’univers existe en vue d’un but; dans l’opuscule <span style="text-decoration: underline;">« Invitation à la philosophie »</span>, Éditions mille et une nuits, 1998, page 14, Aristote a cette petite phrase : « or aucune chose engendrée par hasard n’est engendrée en vue d’un but, et il n’y a pas pour elle d’accomplissement. » Darwin disait que Cuvier et Linné étaient des nains à côté d’Aristote. Une apparente finalité, la téléonomie, existe  dans les formes vivantes. Mais la grande question est de savoir si l’être humain est le but de la vie sur terre, le but de l’évolution des formes vivantes sur cette planète, et si Dieu est le but de l’univers dans son ensemble. Livres à lire : <span style="text-decoration: underline;">l’Origine des espèces</span> de Darwin (1859), <span style="text-decoration: underline;">Évolution, the triumph of an idea</span>, (2001) sous la direction de Carl Zimmer, HarperCollin; aussi : <span style="text-decoration: underline;">« Book of Life »</span> sous la direction de Stephen J. Gould, W.W. Norton &amp; Company, 2001.  <span style="text-decoration: underline;">« The Fith Miracle, the Search for the Origin and Meaning of Life, »</span> Simon &amp; Schuster (1999) de Paul Davies défend âprement la thèse de la finalité de toutes choses, de la vie et de l’intelligence réflexive, de la conscience humaine, inévitable résultat des lois de la nature ; de Jean Staune, <span style="text-decoration: underline;">Notre existence a-t-elle un sens, une enquête scientifique et philosophique,</span> préface de Trinh Xuan Thuan (2007) Presses de la Renaissance, Paris, 538 pages; dans la veine de Paul Davies; l’auteur répond par l’affirmative : l’univers nous indique qu’il y a un sens; il interprète les données de la science moderne dans un sens spiritualiste. Une somme impressionnante, mais à mon sens fautive. Lire plutôt <span style="text-decoration: underline;">Challenging Nature, The Clash of Science and Spirituality at the frontiers of life</span> (2006), Lee M. Silver, HarperCollins Publishers, 444 pages; voir aussi: <span style="text-decoration: underline;">Human, the science behind what makes us unique,</span> (2008), Michael S. Gazzaniga, Ecco, HarperCollins Publishers, ou encore <span style="text-decoration: underline;">The Structure of Evolutionary Theory,</span> Stephen Jay Gould (2002) Belknap Press of Harvard University Press (en 1433 petites pages!). Je recommande la lecture du livre riche et dense de Robert Bernier L’Enfant, le lion, le chameau, une pensée pour l’homme sans Dieu, 2010, chez l’auteur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<ol>
<ol>&lt;</ol>
</ol>
<p align="justify">9. Voir Andrei Linde, <span style="text-decoration: underline;">« An Eternally Inflationary Self-Replicating Universe »,</span> Scientific American, 1999; et de Martin Rees <span style="text-decoration: underline;">« Our Cosmic Habitat »,</span> Princeton University Press, 2001, et <span style="text-decoration: underline;">Just Six Numbers, the deep forces that shape the Universe</span>, Basic Books, 2000 (1999), et surtout <span style="text-decoration: underline;">Before the Beginning, Our Universe and Others,</span> (1997), AddisonWesley, Foreword by Stephen Hawking ; aussi de Lisa Randall, <span style="text-decoration: underline;">Warped passages: unravelling the mysteries of the universe’s hidden dimensions</span> (2006) Ecco HarperCollins, New-York, 499 pages.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">10. Certains pourront m’accuser ici de contradiction flagrante : si on admet   un infini, on admet un Être distinct du monde, etc., on admet alors Dieu, le Dieu des théologiens et des philosophes spiritualistes. J’ai   volontairement employé le mot infini pour illustrer l’infini mystère des origines, qui ne nous indique pas pour autant l’existence d’un Dieu personnel, créateur de l’Univers; nous ne savons pas! Ce que nous savons de l’Univers, par contre, ne nous indique aucunement l’existence d’un dieu personnel. On ne doit pas invoquer le nom de Dieu en vain! Et je ne peux accepter le dieu inutile de Spinoza et d’Einstein. Il y a l’Univers. Natura!</p>
<p>11. Platon, le <span style="text-decoration: underline;">Phédon. </span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>12. Cioran, <span style="text-decoration: underline;">Œuvres</span>, Quarto, Gallimard, Paris, 1995, 1818 pages.</p>
<p>13. Je suis ici le credo officiel de l’Église contenu dans le <span style="text-decoration: underline;">Compendium du   catéchisme de l’Église catholique</span>, (2005) et je le nie point par point.</p>
<p>14. <span style="text-decoration: underline;">The first Three Minutes of the Universe</span>, Steven Weinberg, 1977.</p>
<p>15. Alvar Ellegard, <span style="text-decoration: underline;">Jesus, One Hundred Years Before Christ, A Study in </span> <span style="text-decoration: underline;">Creative mythology,</span> 1999, The Overlook Press, Woodstock, New-York ; la conclusion de son étude se démarque totalement de toutes les autres sur le sujet, il conclut que a) Jésus n’a pas existé physiquement tel que rapporté dans les Évangiles, ses disciples et ses prétendus contemporains</p>
<p>ne l’ont jamais vu que dans des visions; c’est de toute évidence le cas de</p>
<p>Paul, des disciples d’Emmaüs et des Apôtres réunis après « sa mort et sa</p>
<p>résurrection » et sur qui tombaient des langues de feu ; b) le Jésus des</p>
<p>Évangiles est une invention du 2<sup>e</sup> siècle de notre ère, comme solution à</p>
<p>des conflits internes d’une Église en rapide expansion ; c) le Jésus réel a</p>
<p>existé en 100 av. J.C. et il a été le fondateur du mouvement réformateur</p>
<p>des Esséniens.</p>
<p>16. Les Chrétiens ont emprunté cette croyance aux croyances « païennes »</p>
<p>de l’Antiquité gréco-romaine : « descendre dans l’Hadès ».</p>
<p>17. Les prophéties affirmées par le Jésus des Évangiles et qui sont       manifestement fausses.</p>
<p>18. Il en est de même du jugement dernier, présent dans toutes les mythologies du bassin méditerranéen.</p>
<p>19. Hans Küng, <span style="text-decoration: underline;">Dieu existe-t-il?</span> Seuil, 1980, p. 808.</p>
<p>20. Il est amusant de voir les théologiens en particulier et les croyants en   général minimiser les passages franchement extravagants, scandaleux ou carrément absurdes des Évangiles, du Nouveau et de l’Ancien  Testament, qui sont censés avoir été inspirés par Dieu et écrits sous sa  dictée. L’excuse qu’ils donnent est aussi extravagante que leurs croyances : Dieu devait se conformer à l’esprit des hommes auxquels Il parlait. L’absurde n’a jamais fait reculer les croyants, bien au contraire. Ils  croient ce qui est absurde et, pour certains, parce que c’est absurde.  S’abaisser à des explications naturelles n’est pas leur fait. Douter? Vous n’y pensez pas! Se servir de sa raison? Quelle absurdité!</p>
<p>21. La croyance en la vie éternelle est à la base des grandes religions, et il   semble bien qu’une grande partie de l’humanité ne puisse se passer de cette croyance. Gibbon en fait l’une des cinq causes de la victoire finale de la religion chrétienne sur ses concurrentes, le mithraïsme et le gnosticisme entre autres, … quoique le glaive de Constantin et de bien d’autres empereurs chrétiens aient eu quelque part à cette victoire …; voir son <span style="text-decoration: underline;">The History of the Decline</span> <span style="text-decoration: underline;">and Fall of the Roman</span> <span style="text-decoration: underline;">Empire</span>, chapter XV.</p>
<p>22. <span style="text-decoration: underline;">Living Philosophies, a series of intimate credos,</span> World Publishing Company, chapter one : Albert Einstein, p. 6, 1943 (1930).</p>
<p>23. Will Durant, <span style="text-decoration: underline;">Story of Civilization,</span> Simon &amp; Schuster, <span style="text-decoration: underline;">vol. 1</span>, <span style="text-decoration: underline;">Our Oriental</span> <span style="text-decoration: underline;">Heritage,</span> 1963, (1935), chapter 22, and p. 618. &lt;<br />
<em>Roger Léger</em></p>
<p><em>2003-2011</em></p>
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		<title>Laïcité #2 &#8211; Entrevue de Michel Virard</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 17:07:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[HUMANISME  et  LAICITÉ La Laïcité au Québec – Seconde d’une série d&#8217;entrevues sur la laïcité parues dans le journal Unité ouvrière et réalisées par Jocelyn Parent Bonjour Michel Virard. L’Association humaniste du Québec (AHQ) existe depuis 2005. Vous en êtes le président et l’avez fondé avec Bernard Cloutier et Normand Baillargeon. L’humanisme est, si nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/05/laicite-point-barre.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3389 margin-right: 17px;" style="margin: 10px;" title="laicite-point-barre" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/05/laicite-point-barre.jpg" alt="" width="244" height="239" /></a>HUMANISME  et  LAICITÉ</strong></p>
<p>La Laïcité au Québec – Seconde d’une série d&#8217;entrevues sur la laïcité parues dans le journal Unité ouvrière et réalisées par <strong>Jocelyn Parent</strong></p>
<p><strong>Bonjour Michel Virard.</strong></p>
<p><strong>L’<em>Association humaniste du Québec </em>(AHQ) existe depuis 2005. Vous en êtes le président et l’avez fondé avec Bernard Cloutier et Normand Baillargeon. L’humanisme est, si nous pouvons dire, le terme d’usage positif pour désigner les athées, qui est perçu comme un terme négatif. Vous exercer aussi le métier de d’ingénieur conseil en Recherche et Développement. Avez-vous écrit des textes et livres que nous pourrions suggérer aux lecteurs?</strong></p>
<p><span id="more-1767"></span>Je n’ai pas la prétention d’avoir inventé l’humanisme moderne et les textes que j’ai écrits sont souvent périphériques aux concepts centraux de l’humanisme athée que nous pratiquons. Pour la définition de l’humanisme moderne je préfère renvoyer vos lecteurs à deux textes importants pour nous. D’abord <span style="text-decoration: underline;">L’humanisme moderne, une définition</span> de Pat Duffy Hutcheon, paru en 1995. Il s’agit d’un texte court par une personne, sociologue de son état, qui fut <em>Humanist of the Year</em> au Canada en 2000. Ce texte est actuellement sur notre site web à : <a href="http://assohum.org/2008/11/lhumanisme-moderne-selon-pat-duffy-hutcheon/">http://assohum.org/2008/11/lhumanisme-moderne-selon-pat-duffy-hutcheon/</a></p>
<p>L’autre texte a été produit par Matt Cherry, un humaniste américain qui s’est donné la peine de produire une sorte de cours <em>Humaniste 101</em>, cours que nous avons entrepris de traduire. Mon collègue Michel Pion a fait la traduction des deux premiers chapitres et ceux-ci seront sur le site internet (<a href="http://www.assohum.org">www.assohum.org</a>) à partir de janvier 2010.</p>
<p>Pour ceux qui s’intéressent à l’aspect « spirituel » de l’humanisme, j’ai écrit un article qui a été publié par une revue catholique « Les cahiers de spiritualité ignacienne », en 2009. Il est maintenant en ligne ici :</p>
<p><a href="http://assohum.org/2009/12/que-signifie-la-spiritualite-pour-un-humaniste-athee/">http://assohum.org/2009/12/que-signifie-la-spiritualite-pour-un-humaniste-athee/</a></p>
<p><strong>L’humanisme est une éthique de la responsabilité liée à la socialité des humains. Pouvez-vous nous résumer ce que l’humanisme apporte au genre humain, tant d’un point de vue individuel que collectif?</strong></p>
<p>L’humanisme comprend effectivement une telle éthique. Il y a d’ailleurs plusieurs associations humanistes américaines qui se définissent d’abord comme « ethical » et aussi la fédération internationale à laquelle nous sommes associés : l’<em>International Humanist and Ethical Union</em> (IHEU), basée en Grande-Bretagne. Toutefois l’humanisme englobe non seulement une éthique mais aussi une cosmologie, ce qui, en passant, est le dénominateur commun des religions : elles ont toutes à la fois une « explication du monde », c’est-à-dire une narration sur le monde et une morale liée en tout ou en partie à cette cosmologie. On appelle cela une vision du monde (en anglais « worldview ») et la nôtre a ceci de particulier que cette vision du monde est définie par ce que nous appelons aujourd’hui la Science de la Nature et ne laisse aucune place à des croyances au surnaturel. Cela signifie qu’il n’y a pas de divinité ni de survie après la mort. Une autre conséquence est l’abandon de la dualité matière-esprit. Pour nous l’esprit, ou l’âme pour reprendre un terme religieux, est un processus complexe exécuté sur un organe matériel, le cerveau humain. Sans ce support matériel, le processus disparaît. Ce que nous appelons « conscience » est une propriété émergente des réseaux neuroniques complexes tels que notre cerveau.</p>
<p>Ce que je viens d’énoncer défini l’athéisme mais il ne définit par l’humanisme, lequel va plus loin en ce sens qu’il est une philosophie de l’action basée sur la conviction que notre situation humaine est unique dans le monde vivant et que nous serions bien fous de ne pas en tirer le meilleur parti, d’abord pour nous même et ceux qui nous sont chers, mais aussi pour tous les membres de notre espèce puisque c’est avec eux que nous devrons composer une société planétaire qui ne soit pas une menace ou un enfer pour qui que ce soit. Il s’agit moins de créer une société nouvelle que d’utiliser nos outils scientifiques et éthiques pour améliorer de façon continue les conditions de vie de tous et chacun. À partir des années 1940, les humanistes ont plus ou moins cessé de considérer l’action politique directe comme leur responsabilité première et les mouvements humanistes actuels, sauf peut-être en Inde, se démarquent généralement des partis politiques auxquels ils préfèrent donner de l’inspiration plutôt qu’un chèque en blanc. L’expérience nous a montré qu’aucun parti politique ne peut espérer représenter pleinement le courant humaniste, avec sa diversité d’intérêts et d’opinions.</p>
<p><strong>Au niveau du lien entre l’humanisme et la laïcité, comment l’AHQ articule-t-elle cette liberté individuelle dans la responsabilité sociale de ses membres à l’égard de la collectivité, tant de la ville jusqu’au niveau plus large qui est celui de la planète?</strong></p>
<p>L’AHQ est bien sûr un pilier fidèle de la laïcité des institutions et de l’espace public, cependant, pour des raisons stratégiques liées à notre statut d’œuvre de charité, nous préférons que cette action se fasse au travers d’autres organismes, en particulier le <em>Mouvement laïque québécois</em> (MLQ) que nous soutenons indirectement en achetant de la publicité dans sa revue, <span style="text-decoration: underline;">Cité laïque</span>. Nous encourageons systématiquement nos membres à devenir membres du MLQ. Plus récemment nous avons donné notre soutien au <em>Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité</em> (CCIEL) qui a un projet de charte de la laïcité pour le Québec.</p>
<p>Au-delà des frontières du Québec, nous soutenons l’humanisme par des campagnes de lettres aux autorités pour rappeler à l’ordre des États qui se prétendent plus ou moins laïques mais qui, par laxisme ou par opportunisme électoral, continuent de violer allègrement leur propre constitution. Ce fut le cas en Italie avec l’affaire Tosti où nous avons écrit, de concert avec des humanistes d’autres pays, au Conseil de la Magistrature pour les convaincre de laisser tomber leur<del cite="mailto:Michel%20Virard" datetime="2010-01-31T11:28">s</del> accusation contre le juge Tosti qui refusait de juger sous un crucifix. De même nous avons été très actifs durant la campagne contre la charia en Ontario. Nous sommes heureux que dans ces deux cas, la voix de la raison ait finalement prévalu.</p>
<p><strong>En quoi la laïcité est-elle si importante pour une société? Dit autrement, pourquoi la religion doit être une affaire personnelle, tant qu’elle n’enfreint pas les lois, cela dit?</strong></p>
<p>Le contraire de la laïcité c’est lorsque une ou un petit nombre de religions sont officiellement reconnues par l’État. Dès cet instant, l’État se trouve contraint à devoir définir ce qui constitue une religion et aussi les devoirs et obligations de chaque partie. Dès le départ, c’est un exercice périlleux si l’on veut maintenir un semblant d’égalité entre les différentes religions, or cette égalité est une exigence de la démocratie et est largement réclamée dans les pays occidentaux. C’est, par exemple, le cas de la Belgique et de la Grande-Bretagne, obligées à de remarquables contorsions constitutionnelles pour ménager la chèvre et le chou. Cela a conduit la Belgique à créer et payer pour des Maisons de la laïcité afin de ne pas paraître pénaliser les non-croyants par rapport aux cultes reconnus.</p>
<p>Si l’État a une population stable, cette reconnaissance des cultes semble acceptable à bien des citoyens qui y trouvent leur compte. Toutefois, s’il s’agit d’un État dont la population subit des changements importants de composition ethno-religieuse sur des périodes relativement courtes, comme une génération ou deux, alors survient une kyrielle de problèmes parce que, qu’il le veuille au non, l’État démocratique non laïque est forcé de s’occuper de religion. Il doit, par exemple, légiférer pour permettre aux administrations de distinguer ce qui constitue véritablement une religion d’une association sans mérite religieux. Cela peut conduire à d’étranges décisions. Par exemple, l’Église de scientologie est reconnue comme religion aux États-Unis mais pas en France, deux pays où la séparation des Églises et de l’État est pourtant inscrite dans la constitution, mais où les régimes fiscaux continuent d’accorder des privilèges indus aux églises reconnues. De fait, aussi bien les États-Unis que la France trahissent l’esprit et la lettre de leur constitution. Il est nécessaire de distinguer les œuvres de bienfaisances (charités) sous la tutelle des églises, des lieux de culte eux-mêmes. C’est-à-dire que, indépendamment de la présence où de l’absence d’œuvres de charité, les lieux de cultes sont exemptés des taxes normalement imposées sur des locaux et sur le personnel. Or ces lieux sont en fait similaires à ceux employés, par exemple, par des compagnies de croissance personnelle ou une bibliothèque, telle que c’est le cas avec la <em>Bibliothèque humaniste du Québec</em> (BHQ). Pour reprendre le jargon religieux, dans tous ces cas, l’organisme tente d’apporter une  aide aux « âmes de ses clients », cependant seules les églises reconnues bénéficient de cet avantage fiscal qui s’accumule évidemment d’année en année. On le voit très bien à Montréal! Il y est inscrit dans la pierre.</p>
<p>En pratique, aucun État actuel, même très démocratique, n’arrive à traiter équitablement les différentes religions pratiquées sur son territoire. Il en résulte de graves distorsions dans la répartition du fardeau fiscal et des aides. Toutefois, le pire se situe sur un autre plan. L’inégalité des religions se traduit aussi au plan politique et il suffit de voir la hargne avec laquelle les religions qui étaient religions d’État jusqu’à récemment s’accrochent à un pouvoir politique qui commencent à leur échapper aussi bien dans les institutions judiciaires (cas du Juge Tosti) que dans les institutions d’enseignement (cas de l’Ontario avec ses écoles publiques catholiques).</p>
<p>La conclusion sans équivoque de ces observations est que l’État est un bien mauvais juge de ce qui constitue une religion et si même cela fait partie de ses attributions. L’État conserve une fonction fondamentale d’arbitre. Si en plus l’État se veut démocratique, il ne peut faire autrement que de se déclarer arbitre incompétent en matière religieuse et donc il se doit de renvoyer toutes les religions à la sphère privée et de ne favoriser ni subventionner directement ou indirectement aucun culte.</p>
<p><strong>Au printemps 2009, il y a eu la campagne des autobus de la STCUM avec vos annonces « Dieu n’existe probablement pas. Alors cessez de vous inquiétez et profitez de la vie. » Comment les gens y ont réagi? Qu’en a-t-il résulté pour l’AHQ et les humanistes au Québec?</strong></p>
<p>La campagne des autobus athées avaient réellement deux buts distincts. D’abord affirmer publiquement que les athées, non seulement existent, mais qu’ils revendiquent leur droit à la parole. On peut dire qu’il s’agissait alors pour beaucoup d’athées d’une sortie de placard.</p>
<p>L’autre but était évidemment de rejoindre les athées, dont certains sont très isolés, et de leur dire : « Vous n’êtes pas seuls et non, vous n’êtes pas forcement anormaux ou immoraux parce que vous ne croyez pas en des divinités. »</p>
<p>Nous pensons avoir atteint nos deux buts : nous sommes passés de 170 membres à 290 dans les mois qui ont suivi la campagne et nous avons reçu des dons comme jamais dans les quatre années précédentes. De plus les médias savent maintenant que nous existons puisque nous avons fait beaucoup d’entrevues en mars à cause de cette campagne. Par exemple, nous sommes passés à <em>Second regard</em>, émission sur les religions, ce qui a, de fait, mis notre organisation sur un pied d’égalité avec les églises.</p>
<p><strong>Que pensez-vous du cours <em>Éthique et culture religieuse</em> (ECR)? Quels seraient les bienfaits pour la relève québécoise de lui enseigner l’humanisme?</strong></p>
<p>Dans sa forme actuelle, le cours d’ECR est une insulte aux humanistes athées pour deux raisons majeures. D’abord le cours ne fait pratiquement aucune mention des spiritualités non-religieuses, le ministère considérant le terme « athée » comme trop négatif. Il est cependant possible que les éducateurs et les auteurs de livres scolaires ne suivent pas le ministère sur ce terrain et réinsèrent les philosophies athées. Nous avons eu une requête en ce sens d’un éditeur québécois.</p>
<p>Ensuite, la volonté de mélanger Éthique et Religions dans un même cours lance un message pernicieux laissant croire qu’il ne saurait y avoir d’éthique en dehors d’un contexte religieux. Cela nous offense d’autant plus que l’éthique représente pour nous une alternative à la morale religieuse et non un de ses composants.</p>
<p>La mission très officielle de l’AHQ est le développement de la pensée critique dans la population, nous pensons donc qu’il est crucial pour l’avenir de notre société que les jeunes soit entraînés, dès qu’ils en ont l’âge, à la fois aux mécanismes indispensables de défense intellectuelle à un citoyen et aux raisonnements éthiques indispensables à la construction de son identité. De plus nous pensons qu’ils devraient être exposés aux valeurs humanistes, lesquelles sont, en pratique, largement partagées par une partie de plus en plus grande des populations occidentales, y compris par une large majorité de ceux qui se réclament d’une religion. Ce que nous appelons aujourd’hui « droits de la personnes » ont d’abord été des valeurs proposées par ceux que nous considérons comme nos précurseurs puisqu’ils s’occupaient en priorité d’humains et non de divinités. Je pense que cet héritage mérite d’être connu de nos jeunes au moins autant que les exploits de Vishnou, de Mahomet ou de St-François d’Assise.</p>
<p><strong>Donc, si l’athéisme et l’humanisme étaient enseignés aux jeunes, ils seraient plus en mesure d’avoir un jugement critique et seraient mieux outillés pour donner sens à leur existence sans le support religieux? Mais faut-il tout de même enseigner la religion, et surtout de quelle manière? En comprenant qu’enseigner n’est certes pas « endoctriner »…</strong></p>
<p>C’est la différence entre donner un sens à sa vie et se faire donner un sens à sa vie! Les humanistes préfèrent la première option mais ils acceptent que d’autres individus peuvent, après mure réflexion, choisir de se débarrasser de cette tâche difficile en s’en remettant à des personnes, des organismes en qui ils ont confiance. Nous pensons que cette confiance est souvent mal placée mais nous acceptons que chaque individu soit libre de décider en autant qu’on lui ait donné un minimum d’outils pour distinguer sinon le vrai du faux, du moins le probable de l’improbable. C’est cela la pensée critique. Donner un sens à sa vie c’est construire son identité, ce n’est jamais facile et jamais complété sinon le jour de sa mort.</p>
<p>Personnellement je pense que l’enseignement de la religion ne devrait se faire que dans l’optique de l’enseignement des courants de pensée et de l’histoire mais d’autres humanistes pourraient défendre d’autres idées sur cette question.</p>
<p>Il est peut-être présomptueux de ne vouloir jamais « endoctriner » des enfants. De fait, les plus jeunes sont forcément « endoctrinés » à ne pas taper sur leur voisin, à respecter leur parents, leurs professeurs, à faire leur devoirs et apprendre leurs leçons. Sans cette douce dictature des parents sur les enfants, il n’y aurait même pas de possibilité de passer à la phase suivante, qui est un passage de comportements imposés à des comportements autonomes socialement acceptables. C’est seulement à l’adolescence que les questions métaphysiques peuvent être abordées de façon intelligente et qu’alors le développement de la pensée critique prend tout son sens.</p>
<p><strong>Que pensez-vous de la position de la Fédération des Femmes du Québec, adoptée au printemps 2009, concernant le voile et l’intégration des femmes (immigrantes)?</strong></p>
<p>L’AHQ soutient la position la position du CCIEL qui s’oppose avec véhémence à ce que la FFQ accepte de bafouer deux principes qui nous sont chers, la laïcité des institutions et l’égalité des sexes, en vue de faciliter l’intégration des femmes immigrantes. De plus, nous pensons que les résultats seront exactement contraires aux objectifs déclarés.</p>
<p><strong>De part le monde, il existe divers modèles de laïcité dans les États ‒explicitement affirmés ou non. Pour s’en rendre compte, il y n’a qu’à regarder des pays comme les États-Unis, la France, la Turquie et le Canada. Quel serait le modèle qu’apprécierait voir au Québec l’AHQ?</strong></p>
<p>Il n’y a pas actuellement de modèle spécifique prôné par l’AHQ sinon qu’il devra rendre compte des spécificités du Québec et de sa situation de province dans une fédération officiellement déiste et dont le chef d’État, la Reine de Grande-Bretagne, est constitutionnellement chef de l’église anglicane.</p>
<p><strong>Cette laïcité, lorsqu’elle est encadrée par les droits philosophiques que sont ceux de nos chartes, permet une relation critique aux religions et aux traditions. De la sorte, l’État et ses institutions fournissent et remplissent des fonctions émancipatrices. Qu’y rajouteriez-vous?</strong></p>
<p>La laïcité de l’État ne garantie pas en soi que les citoyens vont acquérir automatiquement une forme de pensée critique, mais c’est vrai que le refus de l’État d’entériner une ou des religions a des conséquences sur la crédibilité des religions. La majesté de l’État, expression de la volonté populaire de l’ensemble des citoyens, ne peut plus être détournée au profit d’une religion pratiquée par une fraction de cette population. Il devient possible de critiquer une religion, même puissante, sans pour autant attenter à la sûreté de l’État, ce qui n’est pas un mince progrès. Et inversement, critiquer l’État cesse d’être blasphématoire, ce qui est une liberté nouvelle pour le citoyen.</p>
<p><strong>La laïcité qu’un État adopte, faut-il la réduire à la neutralité face à la religion, ou doit-elle être comprise comme une affirmation de la raison dans l’enseignement et dans l’espace public, notamment la sphère des institutions étatiques?</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Comme je l’ai signalé plus haut, la laïcité de l’État est une déclaration d’incompétence en matière religieuse, il ne reste donc pour guider les actions de l’État, que ce soit en matière d’enseignement <del cite="mailto:Michel%20Virard" datetime="2010-01-31T11:35">‒</del><ins cite="mailto:Michel%20Virard" datetime="2010-01-31T11:35">(</ins>ou tout autre domaine de sa responsabilité<ins cite="mailto:Michel%20Virard" datetime="2010-01-31T11:35">)</ins><del cite="mailto:Michel%20Virard" datetime="2010-01-31T11:35">‒</del> que deux outils acceptables aux yeux d’une majorité de citoyens : la science, autrement dit une vision du monde fondée sur l’observation et la raison, et la philosophie éthique. Bien sûr, l’État doit toujours s’appuyer sur les meilleurs praticiens de ces deux domaines car il s’agit dans les deux cas d’aventures humaines. Bien sûr nous avons parlé de l’État et non du gouvernement, car ce dernier subit une contrainte supplémentaire : il ne peut ignorer l’opinion publique, mais lorsque cette dernière semble contredire la science ou l’éthique, le gouvernement a le devoir d’expliquer clairement et honnêtement pourquoi sa position est celle du vrai ou pourquoi elle est celle du bien. Un cas concret s’est présenté le mois dernier avec la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1).</p>
<p><strong>Le gouvernement du Québec finance-t-il des religions et la réfection de certains de leurs bâtiments? Qu’en pensez-vous?</strong></p>
<p>À dire vrai, le Québec est actuellement moins généreux vis-à-vis des religions que la très laïque France qui paye 100% des salaires des profs des établissements scolaires religieux qui enseignent le curriculum officiel. Bien sûr, ce n’est pas une excuse mais disons que cela relativise un peu nos doléances. Je ne connais pas de pays occidental qui ne subventionne pas en partie l’enseignement religieux, pas nécessairement parce qu’il est « religieux » mais surtout parce qu’il est « privé », une nuance importante. Lorsque le gouvernement socialiste majoritaire de la France a voulu couper les vivres aux écoles privées (écoles catholiques à 95%), il s’est fait rabrouer publiquement par deux millions de Français qui ont défilé à Paris ; la plus grande manifestation jamais organisée en France. Il y a de quoi y penser à deux fois. Pourquoi cette opposition farouche sachant que les Français ont un taux de pratique religieuse extrêmement bas? Les Français ont vu dans le geste du gouvernement une tentative de créer un nouveau monopole d’éducation, cette fois-ci en faveur de l’école publique laïque. Mais l’idéal démocratique s’accommode mal d’une source unique de sagesse en matière d’éducation et les Français, même athées, qui ont défilé en faveur des écoles privées ont pu considérer que l’aiguillon de la concurrence et la pluralité des méthodes étaient peut-être trop importants pour être abandonnés, même si cela faisait l’affaire d’un clergé qu’ils ne portent pas tous dans leur cœur.</p>
<p>Les humanistes sont d’ailleurs partagés sur cette question. Je crois personnellement qu’en distinguant bien le « privé » du « religieux » on y verra plus clair. Plutôt que d’assécher le privé,  il s’agit d’avantage de s’assurer que les deniers publics ne sont pas détournés au profit des enseignements véritablement religieux et encore moins au prosélytisme religieux. On peut discuter sans fin sur le taux  de subvention de l’État au privé, qui, rappelons-le quand même, évite une dépense substantielle à l’État. Le taux de couverture actuel de 60% des frais de scolarisation pour le curriculum commun à tous est peut-être un insupportable compromis pour les puristes des deux bords mais il est quand même très inférieur à ce qu’on voit ailleurs, à commencer par nos voisins de l’Ontario qui subventionnent totalement un réseau complet d’écoles catholiques publiques.</p>
<p>En résumé, l’État n’a évidemment pas à financer les religions et il doit être vigilant à ce que les subventions légitimes aux organismes qui le décharge d’une tâche légitime, telle que l’enseignement régulier, ne soit pas détournées à d’autre fins, dont le prosélytisme.</p>
<p><strong>Avec un État qui reconnaît le droit individuel d’adhésion à une religion chez l’individu, soit de pouvoir faire une place à la religion pour l’affirmation de son identité, y a-t-il un risque que l’État fasse en même temps une place à un renouveau religieux, dont les accommodements raisonnables pourraient en être la partie évidente?</strong></p>
<p>Je ne crois pas que l’État fasse actuellement consciemment une place à un renouveau religieux, ce serait prêter beaucoup de clairvoyance à nos politiciens. La sécularisation de l’État québécois n’a jamais été faite au grand jour comme une laïcisation voulue mais très souvent par petits bouts, par une succession de changements qui ont paru inévitable dans leur contexte d’époque. Le fil conducteur de ces changements n’a jamais été un désir de sécularisation comme tel mais un désir de plus de liberté, de plus d’autonomie, ce qui n’est pas exactement la même chose, même si un des effets de cette recherche de liberté a été de jeter à la poubelle le carcan imposé par le clergé catholique. Dans cette opération de rejet je suis persuadé que les acteurs qu’on y trouve comprennent certainement encore plus de catholiques tannés du clergé que de véritables mécréants. On peut donc difficilement parler d’un « retour en arrière » vu qu’on n’est jamais allé très loin en avant! Je parlerais plutôt de piétinement sur place. Après tout le crucifix à l’Assemblée Nationale était déjà là, personne ne l’a installé récemment. On n’a pas avancé, mais on n’a pas reculé non plus, sauf peut-être au niveau de l’enseignement religieux dans le réseau publique anglophone qui, avec le nouveau cours d’ECR, se retrouve maintenant avec un supplément d’enseignants de la religion, un domaine qu’il avait pratiquement abandonné il y a longtemps.</p>
<p>La nécessité d’accommodements religieux, puisque c’est de cela qu’il s’agit, et non pas des accommodements raisonnables qui couvrent bien d’autres choses, ne va pas disparaître par un coup de baguette magique. Ce qu’il nous manque c’est une façon juste et simple de régler ces cas. En l’absence d’un charte claire sur ce que devraient être les principes directeurs gérant la séparation des églises de l’État, la neutralité des institutions publiques et le partage des espaces publics, les décisions sont prises au coup par coup, sans garantie de cohérence. Il en résulte de nombreux cas d’appel puisque la jurisprudence est douteuse et laisse à chaque plaignant l’espoir que l’instance supérieure penchera de son coté. En faisant table rase de cette jurisprudence douteuse, une charte de la laïcité réduirait considérablement les cas litigieux, ce qui est certainement un avantage pour une société qui aspire à mieux vivre ensemble malgré les divergences religieuses.</p>
<p><strong>Pensez-vous qu’il soit pertinent et primordial que les élus et autres dirigeants de la société québécoise s’affirment et agissent sur des bases humanistes? Des mots pour les convaincre…</strong></p>
<p>Je doute que la majorité de nos élites soit consciente que les droits humains dont ils se gargarisent assez facilement sont très directement le produit d’idées proposées par des penseurs  qui ont tourné le dos aux religions, parce qu’ils étaient athées ou encore déistes, une position parfaitement défendable avant Darwin. C’est le résultat d’une formation biaisée de nos élites qui ont été privées pendant fort longtemps (et même encore aujourd’hui) du contact avec les penseurs humanistes des <em>Lumières</em> et des siècles suivants. Combien ont lu d’Holbach, Voltaire, Thomas Paine, Condorcet, Constant, Robert, Ingersoll, Bertrand Russell? La <em>Bibliothèque Humaniste du Québec </em>que la Fondation et l’<em>Association humaniste du Québec </em>ont mis en place tente de combler ce vide immense dont bien peu de Québécois sont conscients. J’invite nos dirigeants de la région de Montréal à s’inscrire à la BHQ. Les prêts sont gratuits!</p>
<p><strong>Les humanistes ont leurs moments de festivités laïques, les agapes humanistes, à chacun des solstices et équinoxes de l’année. Quels pourraient être les fêtes et/ou congés laïques dont pourraient bénéficier l’ensemble de la société?</strong></p>
<p>Nos collègues humanistes anglophones ont déjà proposé l’anniversaire de naissance de Charles Darwin, le 12 février, étant donné l’importance de son livre, <span style="text-decoration: underline;">L’Origine des espèces</span>, lequel nous a libéré du besoin d’avoir un Grand horloger pour expliquer la diversité du vivant, incluant l’homme. Comme nous ne sommes pas riches en congés légaux entre janvier et mars, pourquoi pas!</p>
<p><strong>À ce propos, il y a beaucoup de cérémonies et de rituels qu’il faudrait laïciser. Pensons à l’Ontario qui s’est doté d’</strong><strong>« officiants » et qui peut maintenant participer avec ses humanistes à des cérémonies remplies de sens tout en étant dégagées de dogmes et de liens avec le surnaturel…</strong></p>
<p>Oui, nous savons qu’une partie de la population non-croyante est intéressée par des cérémonies non religieuses mais plus attrayantes que les cérémonies civiles déjà disponibles. Nous y travaillons actuellement et il y aura des « célébrants » humanistes, puisque c’est comme cela que le Ministère de la justice les appelle, à partir du mois de mai 2010. Les célébrants humanistes seront licenciés par l’<em>Association humaniste du Québec </em>selon des modalités comparables à ce qui se fait actuellement en Ontario et pourrons faire des mariages.</p>
<p>Merci, Michel Virard. Ce fut un entretien intéressant qui nous parle des valeurs sociales et collectives dont notre société a pourtant bien besoin.</p>
<p>Merci Jocelyn, et au plaisir de la prochaine entrevue.</p>
<p><em>Avec la permission du <strong>Journal Unité Ouvrière</strong> en appui à la laïcité<br />
Les Éditions Sociales<br />
C.P. 65 064, Longueuil, Québec, J4K 5J4<br />
uniteouvriere@hotmail.com</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Que signifie la spiritualité pour un humaniste athée ?</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 17:06:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[(Le texte suivant est paru dans &#8220;Les cahiers de spiritualité ignacienne&#8221; du printemps 2009) S&#8217;il existe de nombreuses façons de vivre sa foi dans le surnaturel, il existe également de nombreuses façons de vivre sans référence au surnaturel. Je m’identifie moi-même comme humaniste athée après un long parcours qui commença par une foi en un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>(Le texte suivant est paru dans &#8220;Les cahiers de spiritualité ignacienne&#8221; du printemps 2009) <strong><span style="font-size: 14pt; line-height: 200%;" lang="FR-CA"><br />
</span></strong></em></p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2009/12/MichelVirard-r.JPG"><img class="alignleft size-medium wp-image-1690" title="MichelVirard-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2009/12/MichelVirard-r-237x300.jpg" alt="MichelVirard-r" width="209" height="264" /></a>S&#8217;il existe de nombreuses façons de vivre sa foi dans le surnaturel, il existe également de nombreuses façons de vivre sans référence au surnaturel. Je m’identifie moi-même comme humaniste athée après un long parcours qui commença par une foi en un Dieu personnel instillée par une éducation catholique classique (de 1947 à 1954). J’ajouterai aussi que je n’ai jamais eu à souffrir de quelconques abus ou mauvais traitements de la part du clergé ou des croyants  assignés à mon éducation. La perte de la foi ne fut pas particulièrement douloureuse et se situe vers l’âge de quatorze ans. Ce fut un processus entièrement dicté par la découverte progressive de contradictions (réelles ou perçues comme telles) à la fois entre les différentes parties du discours chrétien, et aussi entre ce discours et ma connaissance progressive des faits scientifiques établis. A aucun moment je n’ai eu l’impression de « choisir » l’athéisme : il s’est imposé à moi avec une clarté de plus en plus évidente. J’ai continué et je continue d’approfondir ce sujet auprès des meilleurs auteurs scientifiques et même religieux et cette conviction s’est renforcées au cours des années : l’idée d&#8217;un Dieu à la fois personnel et omnipotent a, pour moi, complètement disparu des « possibles » envisageables, n’en déplaise à Blaise Pascal.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;"><span id="more-1604"></span>Pendant longtemps, j’ai cependant dû composer avec une famille officiellement catholique et avec les relations significatives de mes parents avec les milieux catholiques de la petite ville où j’étais né. J’ai donc accepté le mariage catholique, accepté le baptême catholique de mes enfants, tout cela au nom de la paix sociale. J’ai attendu le décès de mes parents avant de prendre publiquement le parti d’aider d’autres malheureux agnostiques et athées pris dans ce genre de contradiction. C’est donc seulement à partir de 2004 que j’ai décidé de co-fonder plusieurs organismes humanistes athées : je n’aurais pas eu le courage de le faire du vivant de mes parents.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;"><strong>Vous avez dit spiritualité ?</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Le terme <em>spiritualité</em> renvoie à plusieurs définitions qui, de façon générale, font explicitement référence à une distinction tranchée entre matériel et spirituel. J&#8217;entends montrer que, pour les humanistes athées, ce que nous appelons habituellement le domaine spirituel ne requière pas forcément une explication surnaturelle ni un lien avec une divinité, mais est une propriété émergente de la forme d&#8217;intelligence que l&#8217;évolution nous a donné. Or cette spiritualité est elle-même issue de notre matérialité et qu&#8217;il est donc possible de parler de spiritualité même chez les humanistes athées. Je précise que ce que couple matériel-spirituel ne coïncide pas avec celui de réel-imaginaire car, pour nous, l&#8217;activité cérébrale constituant la spiritualité chez les humains n&#8217;est pas moins réelle que les autres activités biologiques.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Le cerveau humain est doté d&#8217;une faculté remarquable de simulation. Pour des raisons d&#8217;efficacité dans sa lutte pour sa propre survie, notre espèce s&#8217;est trouvée à bénéficier d&#8217;un cerveau capable de représentation symbolique, de langage, de sentiments sophistiqués, etc. Un des effets de ce développement a été cette capacité surprenante que nous avons à imaginer ce que les autres agents de notre environnement pensent, qu&#8217;ils soient de nature animale ou humaine. Notre capacité à deviner les intentions des prédateurs, des proies et surtout des autres humains avec qui nous sommes constamment en contact s&#8217;est révélée une clé du succès d&#8217;<em>homo sapiens sapiens </em> en tant qu&#8217;espèce dominante sur notre planète. Cette activité de simulation chez l’être humain est réalisée par des réseaux à double usage: ces réseaux peuvent fonctionner selon un mode d&#8217;action réelle, lorsque nous exécutons nous-mêmes une action ou que nous ressentons quelque chose, ou bien suivant ce mode de simulation. Avec ce dernier mode nous sommes capable, par exemple, de répéter dans notre tête un mouvement tel l&#8217;exécution sur un instrument d&#8217;une pièce musicale sans pour autant bouger un doigt. De la même façon, nous sommes capables d&#8217;empathie vis-à-vis un tiers ressentant une douleur; les mêmes circuits neuronaux réagissant dans une douleur en une personne sont mis à contribution en une autre, pour lui permettre de ressentir la douleur d&#8217;autrui. Cette faculté de simulation opère à des degrés variables d’un individu à l’autre de sorte que l&#8217;empathie, comme les muscles, a besoin d&#8217;exercice pour se développer. Dans un premier temps, cette faculté d&#8217;empathie exige la stimulation directe des sens : la douleur de l&#8217;autre doit être perçue avant de pouvoir être partagée. Sans cette perception directe, généralement par la vue et l&#8217;ouïe, il demeure difficile, pour beaucoup, de faire preuve d&#8217;empathie. Tous les organismes de bienfaisance le savent. Toutefois, par l&#8217;éducation et aussi par l&#8217;effet de la maturité, il devient possible d&#8217;avoir de l&#8217;empathie simplement avec le souvenir de la douleur de l&#8217;autre : nos circuits neuronaux ont appris à souffrir juste avec l&#8217;idée de la souffrance de l&#8217;autre. Cela n&#8217;est pas sans conséquence.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Comme beaucoup d&#8217;autres avancées dans l&#8217;évolution des espèces, cette capacité de simulation a elle-même créé des opportunités de stratégies nouvelles, complètement inédites. À partir du moment où je suis capable de me représenter – même approximativement – ce qui se passe mentalement dans le cerveau d&#8217;un autre humain, je peux me poser une question dont les conséquences sont extraordinairement raffinées : que pense-t-il de moi ? Mais encore, par un jeu de miroirs fascinant: que croit-il que je pense de lui ? Ma conception de la spiritualité est d’abord et avant tout liée à cette « intelligence sociale » qu’on mesure à la capacité plus ou moins grande de deviner, avec précision, les états mentaux des personnes côtoyées. Toutes nos relations sociales sont basées sur cette faculté de simulation grâce à laquelle nous pensons connaître l’autre un tant soit peu.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Revenons à ce jeu de miroirs. Une partie des simulations dont nous sommes mentalement le lieu se réalisent à travers des dialogues intérieurs. Très tôt après l&#8217;acquisition du langage parlé, les enfants parlent, ouvertement ou dans leur tête, à des personnages imaginaires. Ils s&#8217;entraînent à imaginer ce que l&#8217;autre pense et se conditionnent à simuler les autres. Toute cette activité est cruciale pour leur avenir social et, à moins d&#8217;accident cérébral ou de maladie grave, cette capacité ne disparaît jamais. Qui n&#8217;a jamais parlé « dans sa tête » à une personne qui lui est chère, à un être disparu ou à quelqu&#8217;un qu’il compte convaincre. Le fil de notre conscience est bien souvent constitué d&#8217;étranges monologues dans lesquels nous jouons forcément deux rôles: celui qui énonce et celui qui écoute. Nous pouvons très bien nous mettre nous-mêmes en scène dans nos dialogues intérieurs et devenir notre propre interlocuteur, c’est-à-dire à la fois celui qui énonce et celui qui répond.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Beaucoup d&#8217;humanistes athées pensent que cette capacité à dialoguer non seulement avec des personnes réelles mais avec des personnages construits par notre imagination est un phénomène clé dans l&#8217;émergence des religions. Sans cette capacité au dialogue intérieur, on imagine mal les révélations dont l’histoire humaine est tissée; on imagine mal la facilité avec laquelle un enfant pense s&#8217;adresser à Dieu. Ayant élevé dans une famille catholique, je me souviens encore très bien de ma (défunte) conviction selon laquelle il est possible de parler à Dieu en y pensant fortement. Mon interprétation personnelle, aujourd&#8217;hui, à la lumière de ce je sais maintenant, est plutôt que je faisais usage de cette imagination, si utile dans d&#8217;autres circonstances, pour construire un personnage fictif, une figure paternelle, conforme à l&#8217;image projetée par mes éducateurs.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Toutes ces activités de dialogue ou de monologues intérieurs constituent, pour moi, une « spiritualité » de base. Y correspond une activité cérébrale dont les effets – ces dialogues intérieurs et, par le fait même, ces simulations – sont habituellement invisibles des autres agents (ceci est en train de changer : il est maintenant possible de détecter, non pas des dialogues internes, mais au moins certaines « intentions » du sujet grâce aux techniques d&#8217;imagerie médicale). Les athées ne sont donc pas dépourvus de ce type de « spiritualité » puisque eux aussi peuvent vivre d&#8217;intenses dialogues intérieurs; toutefois, ces dialogues ne font pas intervenir d&#8217;entités surnaturelles car c’est l’activité cérébrale qui génère, qui est à l’origine de ces simulations à caractère psychospirituel.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;"><strong>La tension spirituelle</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Le terme <em>spiritualité</em> a d&#8217;autres dimensions. Il peut désigner une élévation qualitative par rapport à ce qui est considéré comme du domaine de la matière, présumé inférieur. Cette perception du « matériel » a une longue histoire et elle est indissociable de nos conditions de vie primitive. Plusieurs facteurs peuvent avoir contribué à construire cette perception de la matérialité comme fondamentalement inférieure. J&#8217;en vois principalement quatre: les fonctions d&#8217;excrétions du corps humain, les pulsions sexuelles, la dégradation des corps due au vieillissement et, enfin, la décomposition même du corps humain à la mort.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Chacun de ces facteurs a longtemps été perçu comme une sorte de malédiction liée à la « matérialité » du corps humain, par opposition à la perfection du monde interne, subjectif, que représente la vie spirituelle vécue. Dans l&#8217;imaginaire d&#8217;un enfant, l&#8217;empreinte de l&#8217;image de la mère reste gravée jusqu&#8217;à la mort. Or il s&#8217;agit nécessairement de l&#8217;image d&#8217;une femme en âge de procréer et donc généralement jeune et en santé. La comparaison entre cette image et celle, des années plus tard, de la vielle femme ou du corps inerte de cette mère décédée ne peut jamais être à l&#8217;avantage du « matériel » sur le «spirituel ». On tend ainsi à associer la notion du bien à cette présumée perfection du « spirituel » plutôt qu’aux aléas du monde matériel.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Puisque la notion de perfection est issue de notre vie interne et qu’elle demeure généralement inaccessible dans le monde objectif ou matériel, il n&#8217;est pas surprenant que le « spirituel » ait fini par bénéficier d&#8217;une suprématie quasi-totale – jusqu&#8217;à l&#8217;ère moderne du moins. Les cultures humaines ont ceci en commun qu&#8217;elles proposent un univers spirituel comprenant généralement des formes parfaites. Les tensions générées entre un tel univers spirituel trop parfait et un monde matériel trop médiocre sont à l&#8217;origine de bien de choses : que l&#8217;on pense au Parthénon, aux cathédrales, à la perfection mathématique de certaines lois physiques, aux tentatives pour obtenir des croyants parfaits, une race parfaite, un homme nouveau, etc. Or, tout cela a d&#8217;abord pris forme en tant qu&#8217;idée (au sens de Platon) avant d&#8217;être un succès, ou une catastrophe, dans le monde matériel. Il faut croire que, quel qu&#8217;en soit le résultat, la perfection nous fascine.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">La dichotomie matériel-spirituel n’a plus rien d’une évidence avec l’âge moderne. À la lumière des connaissances scientifiques modernes et, essentiellement, des découvertes sur le fonctionnement du cerveau, les humanistes athées estiment que le spirituel a cessé d&#8217;appartenir à un autre ordre et est constitué par une activité cérébrale qui le rend semblable à d&#8217;autres activités biologiques. Un changement de paradigme s&#8217;est produit, qui permet de considérer le spirituel comme le résultat de l&#8217;activité bien matérielle du cerveau humain, et la fonction ou la raison d’être du « spirituel » doit alors être cherchée du côté d’une contribution à la survie de notre espèce. C’est pourquoi on ne peut plus parler d&#8217;une rivalité, d&#8217;une lutte à finir, entre deux domaines bien tranchés, le « matériel » et le « spirituel », mais plutôt d&#8217;un continuum de fonctions allant de mécanismes élémentaires partagés par de nombreux êtres vivants à des ensembles symboliques extrêmement sophistiqués, et propres aux seuls êtres humains. Il est vrai que l&#8217;évolution nous ainsi fait un cadeau sublime, que nous pouvons choisir d&#8217;apprécier ou non. Cette capacité symbolique, clef de notre succès en tant qu&#8217;espèce, nous a donné entre autres l&#8217;éthique et la politique, mais a aussi ouvert un espace fascinant sur des activités que nous apprécions indépendamment de tout autre bénéfice : l&#8217;émotion esthétique, le plaisir de connaître, l&#8217;extase de la découverte. En ce sens, la spiritualité, même intégrée à ce continuum matériel-spirituel, reste ce qui nous distingue clairement de nos plus proches cousins du monde animal. Les humanistes athées ne sont pas moins susceptibles que les croyants de contribuer à l&#8217;édification de la cathédrale sémantique que nous partageons tous et de ressentir les émotions profondes qui donnent un sens à la vie. Cependant, pour André Comte-Sponville, penseur athée notoire, il existe des différences importantes entre spiritualité athée et spiritualité théiste : il conçoit la spiritualité des athées comme une spiritualité de la fidélité plutôt que de la foi, de l&#8217;action plutôt que l&#8217;espérance et enfin de l&#8217;amour plutôt que la crainte et la soumission<a name="_ftnref1" href="#_ftn1"></a><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[1]</span></span><!--[endif]--></span>. Pour Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins sans frontière, « être athée représente aussi un fardeau : il y a d&#8217;avantage d&#8217;obligations de résultat chez ceux qui ne croient pas que chez ceux qui croient »<a name="_ftnref2" href="#_ftn2"></a><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[2]</span></span><!--[endif]--></span> ce qui rejoint Compte-Sponville sur l&#8217;importance de l&#8217;action. Le même Kouchner ressent vivement la trahison et déclare « j&#8217;aime les gens fidèles à leurs principes, à leurs amitiés, à leur morale. »<a name="_ftnref3" href="#_ftn3"></a><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[3]</span></span><!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;"><strong>L&#8217;expérience dite mystique</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">L&#8217;expérience mystique, a longtemps été une source d&#8217;étonnement pour les athées. Non pas que la réalité physique de l&#8217;expérience mystique ait été mise en doute par les athées mais, en l&#8217;absence d&#8217;un mécanisme plausible pour l&#8217;expliquer, la croyance à quelque chose de surnaturel, même chez des gens sans affiliation religieuse précise, est demeurée très forte jusqu&#8217;à récemment.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Toutefois, les expériences contrôlées et réalisées en laboratoire dans les dernières décennies permettent maintenant d&#8217;avoir une idée plus précise de ces phénomènes dits « mystiques ». Contrairement à ce que l&#8217;on pourrait penser, les athées n’y échappent pas, mais ils interprètent différemment ce genre d’expériences. Je préfère utiliser le terme « d&#8217;état modifié de la conscience » (<em>altered state of consciousness</em>) qui est désormais l&#8217;expression consacrée. Le Dr Michael Persinger, professeur de neuropsychologie à l&#8217;université Laurentienne<a name="_ftnref4" href="#_ftn4"></a><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[4]</span></span><!--[endif]--></span>, a conduit des expériences d&#8217;excitation du lobe temporal grâce à un champ magnétique focalisé et obtenu des « expériences mystiques » en créant les conditions d&#8217;une épilepsie (TLE, <em>Temporal Lobe Epilepsy</em>) chez plusieurs sujets participants à ses investigations. Ceux-ci ont parlé d’un « sentiment de ne pas être seul ». L&#8217;usage de drogues psychotropes a donné également des résultats similaires. De plus, toujours d&#8217;après Persinger, plusieurs drogues donnent des « expériences religieuses » chez un grand nombre de sujets. Même si ce sentiment n&#8217;est pas généralisable à tous les individus, il s&#8217;agit d&#8217;expériences répétables. Enfin, ces états modifiés de conscience semblent bien apparaître également, spontanément, chez un petit nombre d&#8217;individus et dans certaines circonstances, indépendamment de leurs croyances. La réalité objective de ces états modifiés de conscience est donc un fait bien établi. Toutefois cela ne nous renseigne que partiellement sur l&#8217;expérience vue du sujet. Nous savons que les sujets croyants décrivent généralement leurs expériences en termes se rapportant à leurs croyances particulières. Mais qu&#8217;en est-il des athées ?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Michel Hulin<a name="_ftnref5" href="#_ftn5"></a><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[5]</span></span><!--[endif]--></span> , professeur de philosophie indienne à la Sorbonne, a bien décrit la perplexité de Sigmund Freud lorsque Romain Rolland lui a décrit la « sensation océanique », de fusion avec un grand tout, qu&#8217;il éprouvait assez souvent. Il précise aussi que cette « sensation religieuse » n&#8217;était liée à aucun espoir de survie et qu&#8217;il n&#8217;espérait pas autre chose après la mort que le repos éternel<a name="_ftnref6" href="#_ftn6"></a><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[6]</span></span><!--[endif]--></span>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">André Comte-Sponville relate, dans <em>L&#8217;esprit de l&#8217;athéisme,</em> comment il a lui-même eu une expérience quasi-mystique, du type « sentiment océanique »; il admet « n&#8217;avoir jamais vécu depuis rien de plus fort, ni de plus délectable, ni de plus bouleversant, ni de plus apaisant<a name="_ftnref7" href="#_ftn7"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[7]</span></span><!--[endif]--></span> ».</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">J&#8217;en conclu que, même si je n&#8217;ai pas moi-même vécu cette forme de spiritualité, les athées n&#8217;en sont pas exclus, quelque soit la signification qu&#8217;on voudra donner à ce phénomène.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;"><strong>Le rapport à autrui</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">« Si Dieu n’existait pas, alors tout serait permis<a name="_ftnref8" href="#_ftn8"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[8]</span></span><!--[endif]--></span>. » Cette phrase célèbre a fait plus de mal aux humanistes athées que toute autre calomnie à leur endroit. Pourtant, rien ne permet d&#8217;affirmer que les athées soient plus susceptibles que d’autres de « sauter sur leur voisin » pour en abuser. Ce serait plutôt le contraire car, selon l&#8217;étude de Paul Gregory, les sociétés occidentales modernes caractérisées par une moindre religiosité ont généralement moins de problèmes sociaux graves que les sociétés ayant un degré de religiosité plus élevé<a name="_ftnref9" href="#_ftn9"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[9]</span></span><!--[endif]--></span>. Quoiqu’il en soit, la plupart des athées ne se conduisent pas comme des êtres égoïstes et éhontés, comme beaucoup on craint qu&#8217;ils doivent théoriquement être. Pourquoi ?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Dans <em>Passions Within Reason, </em>l&#8217;économiste Robert H. Frank propose une explication de l&#8217;altruisme « irrationnel », qui va donc au-delà de l&#8217;altruisme réciproque et de l&#8217;altruisme de parentèle<a name="_ftnref10" href="#_ftn10"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[10]</span></span><!--[endif]--></span>. Dans les sociétés saines (où les profiteurs restent une minorité), la pratique des valeurs altruistes procurent des avantages (de survie et de reproduction) qui dépassent le coût des efforts encourus. Il y a certes un avantage à construire une réputation d&#8217;intégrité, de générosité, de respect de la parole donnée. Frank démontre, en outre, que de tels avantages sont maximisés par l&#8217;intériorisation complète de ces valeurs. Ainsi, la personne qui est devenue « inconsciente » de sa générosité, de son empathie (etc.) n&#8217;a pas à se préoccuper de sa réputation. Il est exact que cette explication vaut aussi bien pour les croyants que pour les athées mais elle contredit Dostoïevski: pour vivre une bonne vie, en société, mieux vaut ne pas s&#8217;imaginer que tout est permis.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Dans un tout autre genre, Tzvetan Todorov, un historien des idées, commence son ouvrage <em>Le</em> <em>Jardin imparfait</em> avec une fable. Le Diable proposa à l&#8217;Homme de la Renaissance un pacte faustien mais avec la variante que voici: « Cette fois-ci, ce que le diable offrit, ce n&#8217;était plus le pouvoir, ni le savoir mais le vouloir. L&#8217;Homme moderne aurait la possibilité de vouloir librement, d&#8217;acquérir la maîtrise de sa propre volonté, et de mener sa vie à sa guise<a name="_ftnref11" href="#_ftn11"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><em><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><strong><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[11]</span></strong></span><!--[endif]--></em></span>. » Le Diable décida par ailleurs de cacher le plus longtemps possible le prix à payer pour cette situation afin que l&#8217;Homme prenne goût à cette liberté nouvelle et qu&#8217;il se retrouve effectivement dans l&#8217;obligation de payer sa dette. Plus tard, à la fin des Lumières, le Diable commença à réclamer son dû: l&#8217;homme devra se séparer de son Dieu, puis de son prochain, puis de lui-même.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Todorov se sert de cette fable pour constater que les réponses possibles à ce genre de pacte permettent de définir quatre courants de pensée majeurs dans l’histoire de la pensée occidentale. En premier lieu, la réponse des conservateurs s’énonce comme suit: si le prix à payer est Dieu, la société et le moi, alors ce prix est trop élevé et il vaut mieux renoncer à la liberté. Par contre, les scientistes, les individualistes et les humanistes acceptent le marché du Diable mais y réagissent fort différemment. Ainsi les scientistes pensent que le Diable repartira les mains vides car ils sont persuadés de n&#8217;avoir rien à perdre; la seule liberté est celle du savoir et ce que les hommes prennent pour la liberté et ses conditions est simplement le fruit de leur ignorance. Pour les individualistes, on se porte fort bien sans Dieu, sans valeurs communes, sans moi stable et cohérent de sorte que le prix à payer est finalement dérisoire; il n’y a pas de perte mais plutôt une libération supplémentaire de l’être humain. Enfin, les humanistes pensent que la liberté existe et qu&#8217;elle est précieuse, mais ils apprécient aussi les valeurs partagées avec d&#8217;autres humains et postulent un moi responsable de ses actes; ils veulent la liberté sans avoir à en payer le prix et prétendent qu’aucun pacte n&#8217;a jamais été signé!</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Todorov évalue ensuite les résultats tangibles de ces différents pactes. Pour lui, les scientistes ont fait le lit aux totalitarismes<a name="_ftnref12" href="#_ftn12"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[12]</span></span><!--[endif]--></span>; on reconnaît donc maintenant qu&#8217;il y avait bien un prix à payer pour l’existence humaine, comme quoi le Diable n&#8217;est pas reparti les mains vides. De leur côté, les individualistes forcenés &#8211; pensons à Sade<a name="_ftnref13" href="#_ftn13"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[13]</span></span><!--[endif]--></span> &#8211; n&#8217;ont pas produit des foules de descendants mais notre société de consommation est tout de même traversée et marquée par l’hédonisme ; en ce qui concerne le prix à payer pour une existence purement centrée sur soi-même, il n&#8217;a pas été aussi dérisoire que prévu puisque nier continuellement la nature profondément sociale de son être conduit à une solitude pénible tandis que laisser son moi en friche ne mène nulle part. Reste les humanistes. Prétendre que le pacte n&#8217;a jamais été signé oblige à une vigilance de tous les instants: le Diable n&#8217;est jamais très loin pour réclamer son dû et la méfiance est de rigueur. L’établissement de valeurs communes, sans guide divin, demande un effort considérable et continu, tout autant que le développement de son moi d’ailleurs.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Les quatre courants identifiés par Todorov continuent d&#8217;irriguer nos sociétés modernes. Chacun a contribué, avec des fortunes variables, à ce que nous sommes aujourd&#8217;hui. Si le courant humaniste est ancien, l&#8217;humanisme véritablement athée est relativement récent et, n&#8217;étant ni dogmatique ni dissolu, reste une oeuvre dont chaque élément, quel qu&#8217;il soit, est susceptible d&#8217;être remise en cause en tout temps par les humanistes eux-mêmes. Les humanistes n&#8217;ont pas toujours toutes les réponses et se posent des questions, en particulier sur le devenir de notre espèce. Ils acceptent cependant de vivre sans certitudes absolues même si cela n&#8217;est pas très populaire. J&#8217;avoue pencher pour l&#8217;attitude de Bernard Kouchner dans le chapitre « L&#8217;amour n&#8217;est pas aimé » du livre cité précédemment :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">« Je crois le mal absolu, permanent, constant, ce qui me permet d&#8217;aménager des plages de soleil de temps en temps à l&#8217;intérieur de cette noirceur. Une éclaircie, la bonté, ce que nous recherchons. Je m&#8217;attends au pire. Ainsi je suis sûr de ne pas être déçu&#8230;Ce pessimisme actif est indispensable à ma survie. Sinon je serais mort d&#8217;infarctus depuis longtemps. Je ne compte pas sur la rencontre du bien. Si je le trouve sur ma route, tant mieux, je suis heureux. Mais je vis et agis sans certitude. »<a name="_ftnref14" href="#_ftn14"></a><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[14]</span></span><!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">
<table class="MsoNormalTable" style="margin-left: -1pt; border-collapse: collapse;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr style="height: 27.95pt;">
<td style="border: 1pt solid black; padding: 0in 5.4pt; width: 514pt; height: 27.95pt;" valign="top" width="685">
<p class="MsoNormal">Michel Virard</p>
<p class="MsoNormal">©2009 Version 5,  Déc. 2009</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Michel Virard est ingénieur de formation (électronique &amp; cybernétique). Sa première implication communautaire a été la création d’un centre de la petite enfance sans but lucratif dans les années 80. Il fut administrateur des Sceptiques du Québec dans les années 90 et a co-fondé l’Association humaniste du Québec en 2005.</p>
</td>
<td style="height: 27.95pt;" width="0" height="37"></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<div>
<hr size="1" />
<p><!--[endif]-->&nbsp;</p>
<div id="ftn1">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn1" href="#_ftnref1"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[1]</span></span><!--[endif]--></span> André Comte-Sponville, <em>L’esprit de l’athéisme : introduction à une spiritualité sans dieu</em>, Paris, Albin Michel, 2006, p. 152</p>
</div>
<div id="ftn2">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn2" href="#_ftnref2"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[2]</span></span><!--[endif]--></span> Abbé Pierre et Bernard Kouchner &#8211; <em>Dieu et les hommes</em>, Paris, Robert Laffont 1993, p. 18</p>
</div>
<div id="ftn3">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn3" href="#_ftnref3"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[3]</span></span><!--[endif]--></span> Idem – p. 145-146</p>
</div>
<div id="ftn4">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn4" href="#_ftnref4"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[4]</span></span><!--[endif]--></span> Micheal Persinger : <em>Neuropsychological Base of God Beliefs</em> (1987) et une conférence remarquable visible à http://video.google.com/videoplay?docid=4292093832329014323</p>
</div>
<div id="ftn5">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn5" href="#_ftnref5"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[5]</span></span><!--[endif]--></span> Michel Hulin,<em> La mystique sauvage : aux antipodes de l&#8217;esprit,</em> Quadrige PUF, édition de 2008, pages 29 à 44</p>
</div>
<div id="ftn6">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn6" href="#_ftnref6"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[6]</span></span><!--[endif]--></span> Idem – p. 35</p>
</div>
<div id="ftn7">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn7" href="#_ftnref7"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[7]</span></span><!--[endif]--></span> André Comte-Sponville, <em>L’esprit de l’athéisme : introduction à une spiritualité sans dieu</em>, Paris, Albin Michel, 2006, p. 166</p>
</div>
<div id="ftn8">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn8" href="#_ftnref8"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[8]</span></span><!--[endif]--></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:07">Fyodor </ins></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:05">Dosto</ins></span>ï<span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:05">evski, <em>Les frères Karamazov</em></ins></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:07">, </ins></span>Gallimard 1952 &#8211; NRF de la Pléiade<span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:08">.</ins></span> En fait, d<span style="font-family: Palatino;" lang="FR-CA">ans cette édition (p. 88), le texte est : &#8216; Pas d&#8217;immortalité de l&#8217;âme, donc pas de vertu, ce qui veut dire que tout est permis. &#8217; Le thème revient tout au long du livre (p. 67, 73-74, 88, 144, 249, 339, 431, 617, 621, 633, 653, 661, 679, 723-726).</span></p>
</div>
<div id="ftn9">
<p class="MsoNormal"><a name="_ftn9" href="#_ftnref9"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[9]</span></span><!--[endif]--></span><span style="font-size: 10pt;" lang="FR-CA"><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:26">Paul S. Gregory, <em>Cross-National Correlations of Quantifiable Societal Health with Popular Religiosity and Secularism in the Prosperous Democracies</em>,</ins></span> 10ème article dans le Volume 7 (2005) du <em>Journal of Religion and Society</em> &#8211; ISSN: 1522-5658 &#8211; http://moses.creighton.edu/JRS/toc/2005.html</span></p>
</div>
<div id="ftn10">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn10" href="#_ftnref10"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[10]</span></span><!--[endif]--></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:43"> Robert H. Frank, <em>Passions within reason. The </em></ins></span><em>S<span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:43">trategic </ins></span>R<span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:43">ole </ins></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:44">of the </ins></span>E<span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:44">motions</ins></span></em><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:44">, </ins></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:46">New York, </ins></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:45">W. W. </ins></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:44">Norton </ins></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:45">&amp; Company Inc, </ins></span>1988<span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:45">.</ins></span> &#8211; Chapitres 3 et 4.</p>
</div>
<div id="ftn11">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn11" href="#_ftnref11"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[11]</span></span><!--[endif]--></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:57"> Tzvetan Todorov, <em>Le jardin imparfait : la pensée humaniste en France</em>, Paris, G. Grasset, </ins></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:58">1998</ins></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T14:59">, page </ins></span>8<span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T15:00">.</ins></span></p>
</div>
<div id="ftn12">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn12" href="#_ftnref12"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[12]</span></span><!--[endif]--></span> Lire <span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T15:43">Ernest Renan</ins></span><span class="msoIns"><ins cite="mailto:Proprietaire" datetime="2009-01-12T15:44">,</ins></span> <em>Dialogues philosophiques – Œuvres complètes </em>– p.622-624 – 3ème dialogue.</p>
</div>
<div id="ftn13">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn13" href="#_ftnref13"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[13]</span></span><!--[endif]--></span>Sade – <em>La philosophie dans le boudoir </em>III p.57, 61,66,68, 77 et 123, V p173 et 178.</p>
</div>
<div id="ftn14">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn14" href="#_ftnref14"></a><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman';" lang="FR-CA">[14]</span></span><!--[endif]--></span> Abbé Pierre et Bernard Kouchner &#8211; <em>Dieu et les hommes</em>, Paris, Robert Laffont 1993, p. 41</p>
</div>
</div>
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		<title>Le code pour une éthique globale</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Jun 2009 18:20:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[«Le monde a besoin d’un nouveau code humaniste d’éthique globale. Rodrigue Tremblay défend avec éloquence cette forme d’humanisme rationnel. Nous devons travailler ensemble, recommande-t-il, si nous voulons contribuer à l’amélioration des conditions de vie sur la planète. Il met en avant dix principes fondamentaux dans le cadre d’un code global d’éthique pour nous y guider.»<br />
(Paul Kurtz)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-1251" title="rodtremblay1" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2009/06/rodtremblay1-193x300.jpg" alt="rodtremblay1" width="193" height="300" /></p>
<p><strong>Aperçu</strong></p>
<p>«Cet ouvrage propose un code universel de droits et de responsabilités devant s’appliquer à tous les individus, qu’ils soient simples citoyens ou dirigeants de pays, de sociétés et d’organisations religieuses. Un tel code repose sur les principes de l’humanisme rationnel dans un monde caractérisé par un rétrécissement géographique et par une plus grande interdépendance politique et économique. On y trouvera aussi, en parallèle, une critique des codes moraux fondés sur des religions sectaires, qui n’ont pas été à la hauteur des attentes de l’humanité dans le passé. Pour nous, l’humanisme repose sur des notions d’idéalisme, de compassion et de tolérance, selon une vision vraiment humaine. Nous espérons apporter ainsi une contribution à cette entreprise toujours à recommencer de construire un meilleur monde pour l’humanité.»<br />
 (Rodrigue Tremblay)</p>
<p>«Le monde a besoin d’un nouveau code humaniste d’éthique globale. Rodrigue Tremblay défend avec éloquence cette forme d’humanisme rationnel. Nous devons travailler ensemble, recommande-t-il, si nous voulons contribuer à l’amélioration des conditions de vie sur la planète. Il met en avant dix principes fondamentaux dans le cadre d’un code global d’éthique pour nous y guider.»<br />
 (Paul Kurtz)</p>
<p>Table des matières<br />
 Chapitre 1   Dignité et égalité<br />
 Chapitre 2   Respect<br />
 Chapitre 3  Tolérance<br />
 Chapitre 4   Partage<br />
 Chapitre 5  Antiexploitation et antidomination<br />
 Chapitre 6   Raison<br />
 Chapitre 7   Environnement<br />
 Chapitre 8  Violence, guerre et paix<br />
 Chapitre 9   Démocratie<br />
 Chapitre 10   Éducation<br />
 Chapitre 11   La moralité dans le vécu de tous les jours<br />
 Conclusion   Pour un monde meilleur et plus moral<br />
 Annexe   Trois séries de commandements</p>
<p>L&#8217;ouvrage est accompagné d&#8217;une bibliographie et d&#8217;un index.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr />
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-1258" title="rodriguetremblayn-b300" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2009/06/rodriguetremblayn-b300-287x300.jpg" alt="rodriguetremblayn-b300" width="287" height="300" /></p>
<p><strong>Auteur</strong> : Rodrigue Tremblay</p>
<p>Économiste, homme politique et humaniste, Rodrigue Tremblay est professeur émérite de l’université de Montréal où il enseigne l’économie depuis 1967. Au cours d’une carrière très active, il a notamment été ministre de l’Industrie et du Commerce dans le gouvernement du Québec, président de la North American Economics and Finance Association, aviseur à la Banque du Canada et président de la Société canadienne d’économique. Spécialiste de macroéconomique, de finances publiques et de finances internationales, il est l’auteur prolifique de nombreux ouvrages d’économie et de politique.</p>
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 </a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Nuit de la Philo &#8211; L&#8217;humanisme moderne</title>
		<link>http://assohum.org/2009/03/nuit-de-la-philo-humanisme-moderne/</link>
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		<pubDate>Sat, 21 Mar 2009 21:19:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[activités]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>
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		<description><![CDATA[CONFÉRENCE DU 21 MARS 2009 NUIT DE LA PHILO Le terme &#8220;humaniste&#8221; est utilisé de façon récurrente à propos de tout et de rien. D&#8217;ou vient-il ? A quoi correspond-t-il en terme de vision du monde ? En nous basant sur les textes récents les plus significatifs, nous tenterons d&#8217;identifier les racines de l&#8217;humanisme moderne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>CONFÉRENCE DU 21 MARS 2009</strong></p>
<p align="center"><strong>NUIT DE LA PHILO</strong></p>
<p align="center">Le terme &#8220;humaniste&#8221; est utilisé de façon récurrente à propos de tout et de rien. D&#8217;ou vient-il ? A quoi correspond-t-il en terme de vision du monde ? En nous basant sur les textes récents les plus significatifs, nous tenterons d&#8217;identifier les racines de l&#8217;humanisme moderne et aussi ses relations avec les principaux courants de pensée actuels.</p>
<p><strong>I &#8211; De quoi allons-nous parler ?</strong></p>
<p>Frederick Edwords, directeur exécutif de l&#8217;Association humaniste américaine, ne distingue pas moins de six ou sept formes différentes d&#8217;humanisme, et c&#8217;est sans compter les utilisations abusives qui en ont  été faites à toutes les époques. Peut-être que pour y voir plus clair, il serait bon que nous fassions le tri maintenant des formes « classiques »:</p>
<p>Nous verrons plus loin que, parce nous sommes des francophones intégrés à un monde anglophone, notre perception de ce qui est « attaché » à l&#8217;humanisme est parfois sensiblement différente de celle de nos amis libres-penseurs du continent européen.</p>
<p><strong>L&#8217;humanisme littéraire</strong> &#8211; C&#8217;est tout simplement une dévotion à la culture littéraire ou « humanités ». A l&#8217;origine, il s&#8217;agissait de l&#8217;étude des auteurs grecs et latins.</p>
<p><strong>L&#8217;humanisme de la Renaissance</strong> &#8211;  L&#8217;expression décrit un état d&#8217;esprit lié justement à la redécouverte des auteurs grecs et latins de l&#8217;antiquité à la fin du Moyen-Age et qui se distingue des études antérieures par une confiance nouvelle dans les capacité de l&#8217;être humain a distinguer le vrai du faux par lui-même, indépendamment des textes sacrés.</p>
<p><strong>L&#8217;humanisme culturel</strong> &#8211; L&#8217;expression décrit un courant qui part de l&#8217;Antiquité gréco-latine, évolue au cours de l&#8217;histoire européenne et constitue maintenant la façon occidentale d&#8217;envisager les sciences, les théories politiques, l&#8217;éthique et le droit.</p>
<p><strong>L&#8217;humanisme philosophique</strong> regroupe toutes les visions du monde qui sont centrées sur les besoins des humains et sur leurs intérêts. Deux sous-catégories importantes prétendent à l&#8217;humanisme philosophique:</p>
<p><strong>- L&#8217;humanisme chrétien</strong> se défini lui-même comme une philosophie de l&#8217;accomplissement humain à l&#8217;intérieur du cadre des principes chrétiens.</p>
<p><strong>- L&#8217;humanisme moderne </strong>qui est aussi appelé / l&#8217;humanisme naturaliste / l&#8217;humanisme scientifique ou encore l&#8217;humanisme démocratique. Peut-être que son meilleur avocat a été Corliss Lamont qui la définie comme « une philosophie naturelle qui rejette tout recours au surnaturel et se base principalement sur la science et la raison, la démocratie et la compassion ». Elle constitue une catégorie assez vaste qui regroupe actuellement deux sous-catégories importantes:</p>
<ul>
<li> l&#8217;<strong>humanisme 		religieux</strong> qui a 		émergé de la Culture Éthique, de l&#8217;Unitarianisme et de 		l&#8217;Universalisme propres aux pays anglophones. Aujourd&#8217;hui les 		congrégations des UU (<em>Unitarian-Universalist</em>) 		et les <em>Ethical 		Cultural societies </em>se 		décrivent elles-mêmes comme humanistes dans le sens moderne du 		terme quoiqu&#8217;ils se réunissent régulièrement dans une église 		(dans le cas des UU)</li>
</ul>
<ul>
<li> <strong>l&#8217;humanisme 		laïque (</strong><em>secular 		humanism</em><strong>)</strong> qui demeure dans le prolongement direct des Lumières du 18e siècle 		et des Libres penseurs du 19e siècle. C&#8217;est de celui-ci que nous 		allons parler puisque c&#8217;est de celui-ci que les principes de 		l&#8217;Association humaniste du Québec se réclament.</li>
</ul>
<p>Il est intéressant de rappeler que ces deux dernières formes d&#8217;humanisme ne diffèrent guère que par la signification qu&#8217;on attribue au mot « religion ». En effet les deux groupes ont signé les documents fondateurs que sont les Manifestes humanistes de 1933 et de 1973.</p>
<p>En bref, je dirais que la différence principale est la volonté des humanistes religieux d&#8217;adresser ce qu&#8217;ils perçoivent comme un besoin essentiel chez les humains: appartenir à une communauté clairement définie, communauté qui propose une base pour des valeurs morales, des idéaux et des méthodes pour aider les membres à faire face aux dures réalités de la vie et même aussi donner un sens à la vie.</p>
<p>A l&#8217;inverse, les humanistes laïques montrent généralement une profonde méfiance à ce qui peut ressembler à une tentative d&#8217;embrigadement similaire à ce que les cultes théistes dominants ont imposé il n&#8217;y a pas si longtemps. Pour plusieurs de ces humanistes, une simple cérémonie laïque peut prendre la couleur d&#8217;une contrainte inacceptable car trop chargée de réminiscences cléricales.</p>
<p>Ceci dit, les contacts entre les deux groupes sont assez fréquents pour que des conférenciers issus d&#8217;un groupe se présente régulièrement devant une audience constituée de membres de l&#8217;autre groupe.</p>
<p><strong>II &#8211; D&#8217;ou venons nous ?</strong></p>
<p>Pat Duffy Hutcheon, sociologue canadienne, élue Humaniste de l&#8217;année en 2000, a exploré les racines de l&#8217;humanisme moderne :</p>
<p>« Nous devons comprendre que l&#8217;humanisme moderne est le produit d&#8217;au moins vingt six siècles d&#8217;évolution culturelle: c&#8217;est à dire du développement cumulatif et de l&#8217;adaptation d&#8217;un courant de pensée particulier. Il a trouvé ses racines dans les idées de personnes comme Bouddha et Confucius en Asie, et dans les théories d&#8217;un groupe de penseurs Ioniens, appelés l&#8217;École des atomistes de Milet, et qui vécurent 500 avant JC. Ces germes ont été nourris par des philosophes grecs plus récents, les plus remarquables d&#8217;entre eux pourraient fort bien avoir été Protagoras, Démocrite et Épicure. Ces graines furent préservées pendant les siècles sombres et hostiles par des Grecs hellénistiques qui déménagèrent à Rome, par des poètes romains tels que Lucrèce et Lucain, et éventuellement, par les descendants d&#8217;Asie centrale hellénisés présents dans les empires byzantin et musulman à leurs débuts. Enfin les graines de l&#8217;humanisme ont été répandues par les Maures à Cordoba, en Espagne, et de là, par des juifs itinérants vers les monastères chrétiens éloignés où des moines ont travaillé à conserver et transmettre un message dont ils ne comprirent que bien vaguement la signification. Un qui avait probablement compris, et qui a donné un nouveau souffle à l&#8217;idée d&#8217;humanisme, fut Érasme; mais il n&#8217;osa pas en prononcer le nom. Il laissa aux pionniers de la pensée des Lumières, tels que Montaigne, Hobbes, Hume et Voltaire, le soin de définir, en termes modernes, la nature de l&#8217;intuition qui propulsait la perspective humaniste. Finalement, Charles Darwin lui a fourni son ultime base philosophique, bien que les implications de cette percée pour la culture et la conduite humaine restent bien peu comprises. »</p>
<p><strong>III &#8211; Les deux prémisses fondamentales</strong></p>
<p>Nous avons vu que l&#8217;humanisme ne se défini pas comme un mouvement particulier fixé dans le temps et dans l&#8217;espace mais plutôt comme un courant qui irrigue les sociétés à des degrés divers. Quelque soit l&#8217;époque et le lieu, on peut l&#8217;identifier parce qu&#8217;il implique au moins les deux prémisses suivantes: le naturalisme et le caractère distinct de l&#8217;humanité.</p>
<p><strong>3.1 Le 		naturalisme</strong></p>
<ol>
<li>
<ol> </ol>
</li>
</ol>
<p>La prémisse fondamentale, primordiale, incontournable c&#8217;est le naturalisme. Elle affirme que les humains sont une partie intégrale de la matière de l&#8217;univers, pas moins naturelle que toute autre partie. Ce qui implique qu&#8217;aucun composant spirituel mystérieux n&#8217;a été injecté à aucun moment durant le processus de notre émergence, et que nous n&#8217;avons aucun accès mystérieux à une conscience au delà de celle créée par l&#8217;accumulation de notre commune expérience de la nature. C&#8217;est la prémisse philosophique du naturalisme bien qu&#8217;elle ait reçu différents noms à différentes époques (monisme, matérialisme, ou naturalisme par opposition à surnaturalisme). À toutes les époques cette conception de base a  été la même et a toujours défié la sagesse conventionnelle de l&#8217;époque. À toutes les époques cette conception a non seulement été combattue par les différents pouvoirs religieux comme l&#8217;hérésie suprême mais les penseurs soutenant cette conception ont été régulièrement persécutés, y compris aujourd&#8217;hui même dans de nombreux pays</p>
<p><strong>3.2 Le 		caractère distinct de l&#8217;humanité</strong></p>
<p>La seconde prémisse c&#8217;est le caractère distinct de l&#8217;humanité. La première prémisse nous impose de considérer notre origine animale comme une donnée. Cela a permis aux pionniers de ce point de vue minoritaire de se focaliser sur une seconde prémisse : jusqu&#8217;à présent, le seul et unique animal ayant développé une conscience critique et une culture, c&#8217;est l&#8217;homme. C&#8217;est la source et la justification de l&#8217;importance donnée par l&#8217;humanisme à la signification de l&#8217;animal humain dans le grand schéma des choses. De ce changement de plan découle trois rôles hors de portée des autres animaux : ceux de Connaisseur, d&#8217;Artiste et d&#8217;Évaluateur moral.</p>
<p><strong>IV &#8211; Trois rôles</strong></p>
<p><strong>4.1 -L&#8217;outil de la connaissance : la science</strong></p>
<p>Le premier rôle, celui de Connaisseur s&#8217;appuie sur un outil remarquable, la science. Nous constituons la seule espèce à ce jour à avoir développé une méthode pour créer des connaissances fiables sur notre environnement et sur nous-mêmes. A la place de révélations d&#8217;en haut et de mystérieux messages issus de forces inconnaissables, nous avons choisi l&#8217;utilisation d&#8217;instruments évolués pour observer et expliquer nos expériences: des instruments tels que la raison, le langage, les sens. C&#8217;est uniquement par ces moyens que les humains ont pu se construire des connaissances permettant des prédications fiables et par conséquent, permettant d&#8217;influencer le cours des évènements. Tout le contraire de l&#8217;arrogance qu&#8217;on lui prête volontiers, la méthode scientifique est l&#8217;école de l&#8217;humilité par excellence puisque toute connaissance validée, même acquise depuis des siècles, est susceptible d&#8217;être remise en cause par un fait nouveau. Cette capacité d&#8217;autocorrection est cruciale et la science est la meilleure méthode découverte à ce jour pour construire un véritable savoir et valider sa fiabilité. C&#8217;est pourquoi les humanistes insistent sur l&#8217;unité, l&#8217;universalité de l&#8217;approche scientifique comme moyen d&#8217;identifier les relations de cause et d&#8217;effet, que ce soit dans les conduites personnelles ou dans les sociétés humaines, et cela au même titre que dans les formes d&#8217;existences organiques et inorganiques. L&#8217;approche scientifique n&#8217;est donc pas une simple affaire de goût pour les humanistes, pouvant être appliquée ou ignorée à discrétion. Elle est, au contraire, intégrale à l&#8217;humanisme, car elle découle nécessairement des prémisses qui nous gouvernent : le naturalisme et le caractère distinct de l&#8217;être humain.</p>
<p>Par le passé les fondations de l&#8217;humanisme ont été attaquées de l&#8217;intérieur par des penseurs attirés par les sirènes du romantisme et du subjectivisme. Des penseurs humanistes auto-déclarés tels que Henry Bergson, Jean-Paul Sartre et même Érich Fromm ont commencé comme philosophes naturalistes mais ont fini par s&#8217;éloigner de l&#8217;approche scientifique, séduit par des entités autonomes « intuitive » ou « vitale ». Nous constatons que le besoin de croire en un cœur « mystérieux, spirituel » de l&#8217;homme reste  très fort. Plus récemment, la même mission subversive a été reprise par divers penseurs « post-modernes » et même « nouvel âge » qui se réclament de l&#8217;humanisme pour des raisons sociales et politiques ou simplement parce qu&#8217;ils se réclament de la même passion pour la justice. Cependant leurs croyances sur la nature, sur le savoir sont très différentes de celles à la racine de l&#8217;humanisme et cette différence est cruciale.</p>
<p><strong>4.2 &#8211; La créativité </strong></p>
<p>Nous croyons que l&#8217;évolution a donné à l&#8217;espèce humaine une imagination qui nous permet d&#8217;envisager des possibilités au delà de notre expérience passée ou courante. La nature nous a offert le rôle de créateur et donc d&#8217;Artiste, notre second rôle. Nous célébrons la créativité de notre espèce en attribuant une valeur importante aux productions artistiques de toute nature. Nous chérissons ces magnifiques créations de nos artistes non pas parce qu&#8217;elles ont été inspirées par un quelconque « esprit transcendant » mais parce qu&#8217;elles sont le produit de notre remarquable imagination humaine. Si elles méritent notre estime, c&#8217;est précisément à cause de leur nature humaine et des limites de cette dernière.</p>
<p><strong>4.3</strong> <strong>L&#8217;éthique</strong></p>
<p>Le troisième rôle, celui d&#8217;Évaluateur moral, est particulièrement important pour les humanistes. Il concerne ce trait distinctif de notre espèce : notre capacité morale, qui soit dit en passant, est bien antérieure à toute forme de religion organisée. Qu&#8217;entendons-nous par capacité morale ? Nous voulons dire notre propension à acquérir des valeurs, de créer des idéaux et de faire des choix qui dirigent et forme le caractère individuel aussi bien que la culture qui en est à l&#8217;origine.</p>
<p>Bien que notre souci d&#8217;éthique et de moralité soit partagé par tous les systèmes théologiques et philosophiques, nous différons de tous les autres par notre conviction que la source et la justification des valeurs, des principes moraux et des lois sont enracinées dans la totalité de l&#8217;expérience de notre espèce. Nous ne reconnaissons aucune autre source. Notre justification de la moralité est le test de l&#8217;expérience et cela sur la plus longue période possible et sur le plus vaste territoire possible qui sera touché par les vagues des conséquences issues de nos actions. Pour un choix particulier, notre critère ultime est le degré d&#8217;accomplissement personnel atteint ou la qualité de vie sur la période considérée. Cela vaut pour les individus et pour les groupes sociaux dont ils font partie intégrale. Il en découle un rôle central pour les comportements justes, pour la gentillesse, pour le pacifisme dans les affaires humaines.</p>
<p>Nous ne voyons aucun conflit inhérent, insoluble, entre le bien-être du groupe et celui de l&#8217;individu. Par exemple, aucune pratique sociale ou économique conduisant à un dommage à long terme au pool génétique de l&#8217;humanité ne peut être considérée comme « bonne » pour l&#8217;organisme individuel condamné à porter ces gènes endommagés. Similairement, la destruction des éléments d&#8217;une culture a des effets sur les individus qui participent de cette culture, or les identités individuelles s&#8217;appuient, se nourrissent, de la culture et se construisent à partir d&#8217;interactions sociales aussi nécessaires que peuvent l&#8217;être l&#8217;échange de patrimoine génétique au succès reproductif des organismes sexués. Il s&#8217;ensuit que la liberté individuelle, aussi désirable soit-elle au plan individuel, ne peut jamais être le critère ultime, ni même principal, pour juger de la moralité. Personne ne peut prétendre à la liberté de mettre en péril l&#8217;évolution future de notre espèce par négligence ou agression de notre environnement physique au sens large ou encore par la destruction ou l&#8217;affaiblissement de dispositifs culturels que nous savons indispensables à notre épanouissement individuel et collectif, tels que des systèmes de justice impartiaux et des systèmes politiques démocratiques.</p>
<p><strong>V &#8211; </strong><strong>Le rapport à autrui</strong></p>
<p>« Si Dieu n&#8217;existait pas, alors tout serait permis<sup><a name="sdfootnote1anc" href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a></sup>. » Cette phrase célèbre a fait plus de mal aux humanistes athées que toute autre calomnie à leur endroit. Pourtant, rien ne permet d&#8217;affirmer que les athées soient plus susceptibles que d&#8217;autres de « sauter sur leur voisin » pour en abuser. Ce serait plutôt le contraire car, selon l&#8217;étude de Paul Gregory, les sociétés occidentales modernes caractérisées par une moindre religiosité ont généralement moins de problèmes sociaux graves que les sociétés ayant un degré de religiosité plus élevé<sup><a name="sdfootnote2anc" href="#sdfootnote2sym"><sup>2</sup></a></sup>. Quoiqu&#8217;il en soit, la plupart des athées ne se conduisent pas comme des êtres égoïstes et éhontés, comme beaucoup on craint qu&#8217;ils devraient théoriquement se comporter. Pourquoi ?  Il y a plusieurs réponses à cette question. Ma préférée est la suivante et n&#8217;exclue pas les autres puisqu&#8217;elles peuvent se renforcer les unes les autres.</p>
<p>Dans <em>Passions Within Reason, </em>l&#8217;économiste Robert H. Frank propose une explication de l&#8217;altruisme présumé « irrationnel », celui qui va bien au-delà de l&#8217;altruisme réciproque et de l&#8217;altruisme de parentèle<sup><a name="sdfootnote3anc" href="#sdfootnote3sym"><sup>3</sup></a></sup>. Dans les sociétés saines (où les profiteurs restent une minorité), la pratique des valeurs altruistes procurent des avantages (de survie et de reproduction) qui dépassent le coût des efforts encourus. Il y a certes un avantage à construire une réputation d&#8217;intégrité, de générosité, de respect de la parole donnée. Frank démontre, en outre, que de tels avantages sont maximisés par l&#8217;intériorisation complète de ces valeurs. Ainsi, la personne qui est devenue « inconsciente » de sa générosité, de son empathie et d&#8217;autres traits reconnus généralement comme des vertus, n&#8217;a pas à se préoccuper de sa réputation. Il est exact que cette explication vaut aussi bien pour les croyants que pour les athées mais elle contredit Dostoïevski: pour vivre une bonne vie, en société, mieux vaut ne pas s&#8217;imaginer que tout est permis. En cela les humanistes athées ne sont pas fondamentalement différents du reste de l&#8217;humanité. Juste un peu plus lucide sur la nature de nos comportements.</p>
<p><strong>VI &#8211; Terre des hommes</strong></p>
<p>Pour terminer, j&#8217;aimerai situer l&#8217;humanisme moderne que nous pratiquons par rapport aux autres courants contemporains. Tzvetan Todorov, un historien des idées, commence son ouvrage <em>Le</em> <em>Jardin imparfait</em> avec une fable. Le Diable proposa à l&#8217;Homme de la Renaissance un pacte faustien mais avec la variante que voici: « Cette fois-ci, ce que le diable offrit, ce n&#8217;était plus le pouvoir, ni le savoir mais le vouloir. L&#8217;Homme moderne aurait la possibilité de vouloir librement, d&#8217;acquérir la maîtrise de sa propre volonté, et de mener sa vie à sa guise<sup><em><a name="sdfootnote4anc" href="#sdfootnote4sym"><sup>4</sup></a></em></sup>. » Le Diable décida par ailleurs de cacher le plus longtemps possible le prix à payer pour cette situation afin que l&#8217;Homme prenne goût à cette liberté nouvelle et qu&#8217;il se retrouve effectivement dans l&#8217;obligation de payer sa dette. Plus tard, à la fin des Lumières, le Diable commença à réclamer son dû: l&#8217;homme devra se séparer de son Dieu, puis de son prochain, puis de lui-même.</p>
<p>Todorov se sert de cette fable pour constater que les réponses possibles à ce genre de pacte permettent de définir quatre courants de pensée majeurs dans l&#8217;histoire de la pensée occidentale. En premier lieu, la réponse des conservateurs s&#8217;énonce comme suit: si le prix à payer est Dieu, la société et le moi, alors ce prix est trop élevé et il vaut mieux renoncer à la liberté. Par contre, les scientistes, les individualistes et les humanistes acceptent le marché du Diable mais y réagissent fort différemment. Ainsi les scientistes pensent que le Diable repartira les mains vides car ils sont persuadés de n&#8217;avoir rien à perdre; la seule liberté est celle du savoir et ce que les hommes prennent pour la liberté et ses conditions est simplement le fruit de leur ignorance.  Pour les individualistes, on se porte fort bien sans Dieu, sans valeurs communes, sans moi stable et cohérent de sorte que le prix à payer est finalement dérisoire; il n&#8217;y a pas de perte mais plutôt une libération supplémentaire de l&#8217;être humain. Enfin, les humanistes pensent que la liberté existe et qu&#8217;elle est précieuse, mais ils apprécient aussi les valeurs partagées avec d&#8217;autres humains et postulent un moi responsable de ses actes; ils veulent la liberté sans avoir à en payer le prix et prétendent qu&#8217;aucun pacte n&#8217;a jamais été signé!</p>
<p>Todorov évalue ensuite les résultats tangibles de ces différents pactes. Pour lui, les scientistes ont fait le lit aux totalitarismes<sup><a name="sdfootnote5anc" href="#sdfootnote5sym"><sup>5</sup></a></sup>; on reconnaît donc maintenant qu&#8217;il y avait bien un prix à payer pour l&#8217;existence humaine, comme quoi le Diable n&#8217;est pas reparti les mains vides. De leur côté, les individualistes forcenés &#8211; pensons à Sade<sup><a name="sdfootnote6anc" href="#sdfootnote6sym"><sup>6</sup></a></sup> &#8211; n&#8217;ont pas produit des foules de descendants mais notre société de consommation est tout de même traversée et marquée par l&#8217;hédonisme ; en ce qui concerne le prix à payer pour une existence purement centrée sur soi-même, il n&#8217;a pas été aussi dérisoire que prévu puisque nier continuellement la nature profondément sociale de son être conduit à une solitude pénible tandis que laisser son moi en friche ne mène à aucune grande satisfaction. Reste les humanistes. Prétendre que le pacte n&#8217;a jamais été signé les oblige à une vigilance de tous les instants: le Diable n&#8217;est jamais très loin pour réclamer son dû et la méfiance est de rigueur.  L&#8217;établissement de valeurs communes, sans guide divin, demande un effort considérable et continu, tout autant que le développement de son moi d&#8217;ailleurs.</p>
<p>Les quatre courants identifiés par Todorov continuent d&#8217;irriguer nos sociétés modernes. Chacun a contribué, avec des fortunes variables, à ce que nous sommes aujourd&#8217;hui. Si le courant humaniste est ancien, l&#8217;humanisme véritablement athée est relativement récent et, n&#8217;étant ni dogmatique ni dissolu, reste une oeuvre dont chaque élément, quel qu&#8217;il soit, est susceptible d&#8217;être remise en cause en tout temps par les humanistes eux-mêmes. Les humanistes n&#8217;ont pas toujours toutes les réponses et se pose des questions, en particulier sur le devenir de notre espèce. Ils acceptent cependant de vivre sans certitudes absolues même si cela n&#8217;est pas très populaire.  L&#8217;attitude de Bernard Kouchner, dans le chapitre « L&#8217;amour n&#8217;est pas aimé » de son livre avec l&#8217;abbé Pierre, représente le versant pessimiste de l&#8217;humanisme moderne:</p>
<p>« Je crois le mal absolu, permanent, constant, ce qui me permet d&#8217;aménager des plages de soleil de temps en temps à l&#8217;intérieur de cette noirceur. Une éclaircie, la bonté, ce que nous recherchons. Je m&#8217;attends au pire. Ainsi je suis sûr de ne pas être déçu&#8230;Ce pessimisme actif est indispensable à ma survie. Sinon je serais mort d&#8217;infarctus depuis longtemps. Je ne compte pas sur la rencontre du bien. Si je le trouve sur ma route, tant mieux, je suis heureux. Mais je vis et agis sans certitude. »<sup><a name="sdfootnote7anc" href="#sdfootnote7sym"><sup>7</sup></a></sup></p>
<p>Mais rien ne nous empêche d&#8217;opter pour le versant optimiste : faire en sorte que nous rencontrions le bien plus souvent. C&#8217;est tout à fait possible et cela ne nous oblige aucunement à abaisser notre garde.</p>
<p><strong>Michel Virard</strong></p>
<p><strong>Mars 2009 </strong></p>
<p><a name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc">1</a> Fyodor Dostoïevski, <em>Les frères Karamazov</em>, Gallimard 1952 &#8211; 	NRF de la Pléiade. En fait, dans cette 	édition (p. 88), le texte est : &#8216; Pas d&#8217;immortalité de 	l&#8217;âme, donc pas de vertu, ce qui veut dire que tout est permis. &#8217; 	Le thème revient tout au long du livre (p. 67, 73-74, 88, 144, 249, 	339, 431, 617, 621, 633, 653, 661, 679, 723-726).</p>
<p><a name="sdfootnote2sym" href="#sdfootnote2anc">2</a> Paul S. Gregory, <em>Cross-National 	Correlations of Quantifiable Societal Health with Popular 	Religiosity and Secularism in the Prosperous Democracies</em>, 	10ème article dans le Volume 7 (2005) du <em>Journal 	of Religion and Society</em> &#8211; ISSN: 1522-5658 &#8211; 	http://moses.creighton.edu/JRS/toc/2005.html</p>
<p><a name="sdfootnote3sym" href="#sdfootnote3anc">3</a> Robert H. Frank, <em>Passions within reason. The Strategic Role of 	the Emotions</em>, New York, W. W. Norton &amp; Company Inc, 1988. &#8211; 	Chapitres 3 et 4.</p>
<p><a name="sdfootnote4sym" href="#sdfootnote4anc">4</a>Tzvetan 	Todorov, <em>Le jardin imparfait : la pensée humaniste en 	France</em>, Paris, G. Grasset, 1998, page 8.</p>
<p><a name="sdfootnote5sym" href="#sdfootnote5anc">5</a> Lire Ernest Renan, <em>Dialogues philosophiques &#8211; Œuvres complètes </em>- p.622-624 &#8211; 3ème dialogue.</p>
<p><a name="sdfootnote6sym" href="#sdfootnote6anc">6</a> Sade &#8211; <em>La philosophie dans le boudoir </em>III p.57, 61,66,68, 	77 et 123, V p173 et 178.</p>
<p><a name="sdfootnote7sym" href="#sdfootnote7anc">7</a>Abbé 	Pierre et Bernard Kouchner &#8211; <em>Dieu et les hommes</em>, Paris, 	Robert Laffont 1993, p. 41</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La Suisse bouge : des autobus athées helvètes depuis le 16 février !</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Mar 2009 13:56:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Autobus athées]]></category>
		<category><![CDATA[ahq]]></category>
		<category><![CDATA[athéisme]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Similaire à la campagne britannique, une campagne suisse est menée par l’Association Suisse des Libres Penseurs (Freidenker-Vereinigung der Schweiz, Associazione Svizzera dei Liberi Pensatori)  qui récolte des fonds destinés à mettre sur pieds une campagne de publicité dans les bus ou par affiches en Confédération Helvétique avec le slogan &#8220;Dieu n&#8217;existe probablement pas. Cesse de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Similaire à la campagne britannique, une campagne suisse est menée par l’Association Suisse des Libres Penseurs (Freidenker-Vereinigung der Schweiz, Associazione Svizzera dei Liberi Pensatori)  qui récolte des fonds destinés à mettre sur pieds une campagne de publicité dans les bus ou par affiches en Confédération Helvétique avec le slogan &#8220;Dieu n&#8217;existe probablement pas. Cesse de t&#8217;en faire, profite de la vie et fais le bien.&#8221; (et l&#8217;équivalent dans les autres langues des états confédérés). La campagne porte le nom de &#8220;Publicité pour le désarmement religieux&#8221;</p>
<p>La campagne a commencé le 16 février 2009. L&#8217;objectif est de recueillir 100.000 Francs Suisses . Des sites pour récolter des fonds ont été créés.( www.profite-de-la-vie.ch , www.geniess-das-leben.ch , www.goditi-la-vita.ch )</p>
<p>Source :<a href="http://www.freidenker.ch" target="_blank"> http://www.freidenker.ch/</a></p>
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		<title>Bibliographie humaniste</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Nov 2008 00:52:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[bibliographie]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Que savons-nous sur cet « être humain » que les humanistes disent placer avant toute croyance ou idéologie? Depuis la nuit des temps, du premier chamane au pape, aux ayatollahs, aux brahmanes et autres gourous d’aujourd’hui, les religions et sectes prétendent détenir la vérité absolue sur la nature de l’homme, son origine et son destin grâce à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Que savons-nous sur cet « être humain » que les humanistes disent placer avant toute croyance ou idéologie? Depuis la nuit des temps, du premier chamane au pape, aux ayatollahs, aux brahmanes et autres gourous d’aujourd’hui, les religions et sectes prétendent détenir la vérité absolue sur la nature de l’homme, son origine et son destin grâce à leurs communications avec des « dieux » qui se cachent dans un monde surnaturel imperceptible aux communs des mortels.</p>
<p>Nous les humanistes n&#8217;avons pas de telles prétentions. Nous faisons partie des mortels ordinaires auxquels il n’a pas été donné de communiquer avec les « dieux » et sommes donc réduits à découvrir qui nous sommes par l’application de la raison aux indices que nos sens peuvent nous fournir au sujet de l’univers qui nous entoure et au sujet  de nos interactions avec lui et avec d’autres êtres humains.</p>
<p>Heureusement, cette méthode, que nous appelons maintenant la méthode scientifique, nous a  fourni des résultats vérifiables d’une telle qualité qu’elle a maintenant complètement remplacé les révélations religieuses comme source de connaissances sur la réalité matérielle qui nous entoure pour la quasi-totalité des humains.</p>
<p>À bien y penser, on se rend compte que d’être privé de révélations est un énorme avantage car :</p>
<p>a) nous pouvons toujours améliorer et enrichir les connaissances acquises par la méthode scientifique, ce qui n’est pas le cas des révélations;</p>
<p>b) la méthode scientifique crée des emplois pour des scientifiques qui développent au maximum leurs capacités intellectuelles humaines, alors que les révélations ne créent que des perroquets qui doivent finir par s’ennuyer de raconter les mêmes choses sans les comprendre;</p>
<p>c) ne pas prétendre détenir la vérité absolue évite de sérieux embarras lorsque des vérités révélées sont démontrées fausses comme dans le cas du géocentrisme de l’univers au sujet duquel Galilée fut persécuté et Giordano Bruno brûlé au bûcher.</p>
<p>Trêve de plaisanteries, voici donc, regroupés en catégories approximatives commodes, des références à quelques ouvrages susceptibles de vous intéresser ou au moins de stimuler votre réflexion. Tous ces ouvrages sont disponibles à la bibliothèque humaniste située au 380 St-Denis Est. Il va sans dire que nous ne sommes pas d’accord avec tous ces auteurs et qu’aucun ne détient la vérité absolue.</p>
<ul>
<li><a href="#physique">L&#8217;univers physique</a></li>
<li><a href="#evolution">L&#8217;évolution</a></li>
<li><a href="#social">L&#8217;homme social</a></li>
<li><a href="#conscient">L&#8217;homme conscient</a></li>
<li><a href="#futur">L&#8217;homme du futur</a></li>
<li><a href="#moribond">L&#8217;homme moribond</a></li>
<li><a href="#memes">Les mèmes</a></li>
<li><a href="#cedia">Les médias et la politique</a></li>
<li><a href="#foi">Foi et crédulité</a></li>
<li><a href="#philo">Philosophie</a></li>
</ul>
<h3 id="physique">L&#8217;univers physique</h3>
<p>Les astronomes babyloniens observèrent les cieux presque deux millénaires avant notre ère pour définir un calendrier. Un peu plus d’un millénaire plus tard, des philosophes grecs eurent aussi recours à l’observation mais cette fois pour décrire l’univers visible et chercher à le comprendre. Plusieurs écoles se disputaient alors la validité de leurs interprétations de la réalité.</p>
<p>Ce modeste début de la méthode scientifique fut malheureusement étouffé dans l’œuf par la conjonction du pouvoir civil avec le pouvoir religieux sous Constantin et par le concile de Nicée chargé de définir la Vérité en 325.  Tout écart avec la doctrine était alors qualifié d’hérésie et violemment persécuté, en particulier par Saint-Augustin qui prétendait avoir produit l’ultime synthèse des connaissances observées et révélées au tournant des années 400.</p>
<p>La plus noble faculté de l’homme, celle de réfléchir et chercher à comprendre, fut alors stérilisée pendant bien plus d’un millénaire, période caractérisée par les excès de pouvoir des théocraties et par l’abjecte misère du peuple soumis à l’esclavage du féodalisme. Ce fut l’« âge des ténèbres »</p>
<p>Après avoir perdu plus d’un millénaire, l’homme reprend donc cet effort de comprendre avec Galilée que l’on persécute en 1633 et avec Giordano Bruno que l’on brûle vif au bûcher en février 1600.</p>
<p>Après ce bref rappel historique, nous sommes plus en mesure d’apprécier l’importance des contributions des géants tels que Isaac Newton (1643 – 1727), Pierre-Simon Laplace (1749-1827), Charles Darwin (1809-1882), James Clerk Maxwell (1831-1879), Albert Einstein (1870-1955), Niels Bohr (1885-1962) et les autres, devenus trop nombreux pour les énumérer.</p>
<p>Nous devrions surtout apprécier le fait qu’aujourd’hui la plupart des chercheurs se donnent la peine d’écrire des ouvrages de vulgarisation scientifique à la portée de tout le monde alors que précédemment leurs découvertes n’étaient dévoilées qu’à leurs pairs dans un jargon mathématique que vous et moi aurions de la difficulté à comprendre.</p>
<p>La plupart de ces ouvrages sont en anglais pour la simple raison que les frontières de la connaissance sont surtout peuplées de chercheurs publiant en anglais mais aussi parce que c’est surtout dans le marché anglophone que les livres de vulgarisation scientifique trouvent preneur. </p>
<p>Voici donc quelques ouvrages à travers lesquels vous pourrez suivre l’extraordinaire épopée de la découverte de notre univers physique. Ça se lit comme des romans policiers, avec le suspense des découvertes et le côté humain de la vie des chercheurs qui les ont réalisées.</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>Cromer Alan</td>
<td><em>Uncommon Sense</em>, Oxford University Press. NY, 1993</td>
</tr>
<tr>
<td>Davies Paul</td>
<td><em>Other Worlds</em>, Penguin Books, 1990<br />
				<em>The Mind of God</em>, Simon &#038; Schuster, New York, 1992</td>
</tr>
<tr>
<td>Deutsch David</td>
<td><em>The Fabric of Reality</em>, Penguin Books, New York, 1997</td>
</tr>
<tr>
<td>Feynman R. P.</td>
<td><em>QED Theory of Light and Matter</em>, Princeton P., 1988<br />
				<em>Six Easy Pieces</em>, Perseus Books, 1994<br />
				<em>Six Not so Easy Pieces</em>, Perseus Books, 1997<br />
				<em>The Character of Physical Law</em>, Modern Library, 1994</td>
</tr>
<tr>
<td>Gell-Mann Murray</td>
<td><em>The Quark and the Jaguar</em>, W.Freeman &#038; Co. NY, 1994</td>
</tr>
<tr>
<td>Gleick James</td>
<td><em>Chaos, Making a New Science</em>, Penguin Books, 1997</td>
</tr>
<tr>
<td>Greene Brian</td>
<td><em>The Elegant Universe</em>, Random House Inc, NY, 1999<br />
				<em>The Fabric of the Cosmos</em>, Random House NY, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Gribbin John</td>
<td><em>is for Quantum</em>, Simon &#038; Shuster, New York, 1998<br />
      			<em>Deep Simplicity</em>, Random House Inc, New York, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Guth Alan H.</td>
<td><em>The Inflationary Universe</em>, Perseus Books, 1997.</td>
</tr>
<tr>
<td>Hawking Stephen-A</td>
<td><em>Brief History of Time</em>, Bantam  1988<br />
				<em>The Universe in a Nutshell</em>, Bantam Books, NY, 2001</td>
</tr>
<tr>
<td>Kaku Michio</td>
<td><em>Einstein&#8217;s Cosmos</em>, Norton &#038; Co.,  2004<br />
				<em>Hyperspace</em>, Anchor Books, Doubleday, 1994<br />
				<em>Visions</em>, Anchor Books, Doubleday, 1997</td>
</tr>
<tr>
<td>Kauffman Stuart</td>
<td><em>At Home in the Universe</em>, Oxford Univ. Press 1995.<br />
				<em>Investigations</em>, Oxford University Press, New York, 2000</td>
</tr>
<tr>
<td>Maddox John</td>
<td><em>What Remains to be Discovered</em>, Simon &#038; S., 1999</td>
</tr>
<tr>
<td>Overbye Dennis</td>
<td><em>Lonely Hearts of the Cosmos</em>, Harper Collins, NY, 1991</td>
</tr>
<tr>
<td>Penrose Roger</td>
<td><em>The Large, the Small and the Human Mind</em>, 1997</td>
</tr>
<tr>
<td>Ronan Colin A.</td>
<td><em>Natural History of the Universe</em>, Macmillan, NY, 1991</td>
</tr>
<tr>
<td>Sagan Carl</td>
<td><em>Cosmos</em>, Ballantine Books, 1985</td>
</tr>
<tr>
<td>Smolin Lee</td>
<td><em>Three Roads to Quantum Gravity</em>, Perseus, 2001.</td>
</tr>
<tr>
<td>Thorne Kip S.</td>
<td><em>Black Holes &#038; Time Warps</em>, Norton &#038; Co., 1994.</td>
</tr>
<tr>
<td>Verschuur Gerrit</td>
<td><em>Interstellar Matters</em>, Springer-Verlag, 1989</td>
</tr>
<tr>
<td>Weinberg Steven</td>
<td><em>The First Three Minutes</em>, Perseus Books, NY 1988<br />
				<em>Dreams of a Final Theory</em>, Random House NY, 1992</td>
</tr>
<tr>
<td>Wheeler J. A.</td>
<td><em>Geons, Black Holes &#038; Quantum Foam</em>, Norton, 1998</td>
</tr>
<tr>
<td>Zeilik &#038; Gregory</td>
<td><em>Introductory Astronomy &#038; Astrophysics</em>, 1992</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3 id="evolution">L&#8217;évolution</h3>
<p>La physique et la cosmologie nous informent donc que notre univers aurait quelque quatorze milliards d’années et que le système solaire dont fait partie la terre se serait formé il y a quatre milliards et demi d’années à partir de poussières éjectées lors de l’explosion terminale d’étoiles plus anciennes où les éléments lourds auraient été créés par la fusion d’éléments plus légers. Quelle histoire extraordinaire! C’est bien plus captivant que tous les romans d’Agatha Christie!</p>
<p>Et ce n’est pas tout, on raconte que la terre se serait suffisamment refroidie pour que se forment des océans. Des molécules simples auraient commencé à s’assembler pour en former des complexes, il y aurait quatre milliards d’années; lesquelles se seraient à leur tour réorganisées ensemble pour former des entités microscopiques unicellulaires capables de se reproduire, il y aurait de ça quelque trois milliards d’années. Cette première forme de vie sur terre aurait continué d’évoluer et de se répandre encore deux milliards d’années avant de former des êtres vivants multicellulaires dont les descendants sont responsables de la floraison de fossiles survenue depuis 500 millions d’années. Encore une autre histoire fascinante qui vaut bien les mythes les plus fabuleux.</p>
<p>Les quelques ouvrages qui suivent examinent de près l’évolution de la vie sur terre depuis qu’elle a commencé à laisser des traces fossiles jusqu’à nos jours. On y découvre comment, il y a cinq millions d’années, les primates Australopithecus Afarensis, avec un cerveau de 300 cm3, commencèrent leur évolution vers les Australopithecus Africanus dont le cerveau mesurait 400 cm3 et dont les restes fossiles datent de trois millions d’années. Comment aussi ces deux ancêtres lointains furent suivis par Homo Habilis, cerveau de 600 à 750 cm3, il y a deux millions d’années; par Homo Erectus, cerveau de 800 à 900 cm3, il y a 1 700 000 ans et enfin par Homo Sapiens avec son cerveau de 1200 cm3 presque aussi volumineux que le nôtre, il y a 400 000 ans.</p>
<p>Ces découvertes concernant l’univers et l’homme rencontrèrent une forte résistance des églises chrétiennes qui virent disparaître leur rôle de dispensateurs des connaissances. Elles démontrèrent éventuellement la supériorité de la méthode scientifique en ce qui concerne la connaissance de l’univers physique et de l’évolution de la vie sur terre (exception faite d’une minorité de créationnistes qui s’acharnent à prétendre que l’univers n’a que 6 000 ans parce que c’est écrit dans la bible).</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>Darwin Charles</td>
<td><em>The Origin of Species</em>, Gramercy Books, 1979.</td>
</tr>
<tr>
<td>Dawkins Richard</td>
<td><em>The Blind Watchmaker</em>, Norton &#038; Co., New York, 1996<br />
				<em>The Selfish Gene</em>, Oxford University Press, 1989<br />
				<em>Unweaving the Rainbow</em>, Mariner Books, 1998<br />
				<em>The Extended Phenotype</em>, Oxford University  1999<br />
				<em>The Ancestor&#8217;s Tale</em>, Houghton Mifflin Co., NY, 2004<br />
				<em>A Devil&#8217;s Chaplain</em>, Houghton Mifflin Co., New York, 2003</td>
</tr>
<tr>
<td>Dennett Daniel C.</td>
<td><em>Darwin&#8217;s Dangerous Idea</em>, Simon &#038; Shuster, NY, 1995<br />
				<em>Freedom Evolves</em>, Penguin, New York, 2003</td>
</tr>
<tr>
<td>Diamond Jared</td>
<td><em>The Third Chimpanzee</em>, Harper Collins, New York, 1993</td>
</tr>
<tr>
<td>Eldredge Niles</td>
<td><em>The Triumph of Evolution</em>, Freeman &#038; Co., 2000.</td>
</tr>
<tr>
<td>Gould S. J.</td>
<td><em>The Flamingo&#8217;s Smile</em>, Norton &#038; Co., 1985</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3 id="conscient">L&#8217;homme conscient</h3>
<p>Si les religions concèdent leur incompétence dans la connaissance du monde matériel, elles n’abandonnent pas leur emprise sur les crédules qui leur attribuent encore une expertise dans le domaine, qu’elles ont jadis inventé, du surnaturel, où habitent les anges, les démons, les dieux et surtout, les âmes des défunts.</p>
<p>Surtout les âmes des défunts car c’est par la promesse des béatitudes célestes et la menace des tourments de l’enfer pour leurs âmes que les curés, les rabbins et les mollahs font marcher le troupeau de leurs fidèles. C’est aussi grâce au concept de l’âme immatérielle que la caste dominante des brahmanes (les prêtres) maintient ses privilèges en Inde et il en est de même pour les moines, dispensateurs de « mérites » dans les pays bouddhistes, surtout au Tibet lamaïste.</p>
<p>Le concept d’une âme immatérielle qui anime l’être humain (le « je » de Descartes, « je pense donc j’existe ») est profondément ancré dans notre imaginaire parce que c’est flatteur pour l’homme de croire qu’une partie de son être est éternelle. C’était aussi flatteur de croire que la terre était naturellement le centre de l’univers  et que celui-ci avait été créé pour recevoir l’homme.</p>
<p>Les trois religions de tradition hébraïque soutiennent que leur dieu crée une nouvelle âme éternelle pour chaque nouvel être humain alors que celles issues des védas prétendent que les hommes s’accommodent d’âmes de seconde main qui traînent avec elles les péchés et les vertus de leurs vies passées. Pour les uns comme pour les autres, ce serait ces âmes immatérielles qui nous distingueraient des animaux et nous conféreraient notre faculté d&#8217;être conscients de notre propre existence et de pouvoir la situer dans le temps et dans l&#8217;espace par rapport à l&#8217;univers qui nous entoure.</p>
<p>Or, il advient que, la biologie conduisant à la neurologie, les scientifiques se sont mêlés de chercher à comprendre le fonctionnement du système nerveux et du cerveau. Selon eux, le soi conscient des humains ne serait que la pointe de l’iceberg qui émerge des multiples et complexes processus neurologiques de notre cerveau matériel dont nous n’avons pas conscience mais dont les mécanismes commencent à être révélés au grand public depuis deux décennies par les auteurs de cette section.</p>
<p>Pour le moment, les scientifiques se gardent bien de traiter de l’interaction âme-corps qu’ils qualifient de « hard problem » mais, comme disent les pronostiqueurs politiques, « si la tendance se maintient », ils ne pourront pas éviter de le faire si / lorsque le poids de l’évidence les forcera à déclarer que l’hypothèse de l’âme n’est pas requise pour expliquer ce qui anime l’être humain. (Charles Darwin a retardé de 20 ans la publication de son livre « On the Origins of the Species » à cause de son contexte social, mais il s’y est bien résolu en 1858 devant la menace que son concurrent Alfred R. Wallace publie  avant lui.)</p>
<p>Quel suspense! Il semble maintenant que la prochaine manche entre les religions et la science pourrait se jouer autour de l’âme. Ça, c’est du sport qui dépasse de loin les plus belles parties de hockey ou les plus palpitants matchs de soccer! Si ça vous excite, vous pourrez emprunter les ouvrages suivants à la Bibliothèque humaniste au 380 St-Joseph Est, Montréal</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>Ainslie George</td>
<td><em>Breakdown of Will</em>, Cambridge University, NY, 2001</td>
</tr>
<tr>
<td>Allman John Morgan</td>
<td><em>Evolving Brains</em>, Scientific American Library,  1998</td>
</tr>
<tr>
<td>Baker Robert A.</td>
<td><em>Hidden Memories</em>, Prometheus Books, Buffalo 1992</td>
</tr>
<tr>
<td>Becker Ernest</td>
<td><em>Denial of Death</em>, Simon &#038; Shuster, New York, 1973</td>
</tr>
<tr>
<td>Butler John Alfred V</td>
<td><em>The Life Process</em>, Basic Books, New York, 1971</td>
</tr>
<tr>
<td>Carter Rita</td>
<td><em>Mapping the Mind</em>, UCLA Press, Los Angeles, 1998</td>
</tr>
<tr>
<td>Crick Francis</td>
<td><em>The Astonishing Hypothesis</em>, C. Scribner Sons, 1994</td>
</tr>
<tr>
<td>Damasio Antonio</td>
<td><em>Looking for Spinoza</em>, Hartcourt Inc. Orlando 2003<br />
				<em>Le sentiment même de soi</em>, 2000</td>
</tr>
<tr>
<td>Deacon Terrence W.</td>
<td><em>The Symbolic Species</em>, Norton &#038; Co., 1997</td>
</tr>
<tr>
<td>Dennett Daniel C.</td>
<td><em>Consciousness Explained</em>, Little, Brown &#038; Co. 1991</td>
</tr>
<tr>
<td>De Waal Franz</td>
<td><em>Our Inner Ape</em>, Penguin Group New York, 2005</td>
</tr>
<tr>
<td>Edelman &#038; Tononi G</td>
<td><em>A Universe of Consciousness</em>, Basic Book 2000</td>
</tr>
<tr>
<td>Gazzaniga Michael</td>
<td><em>The Ethical Brain</em>, Dana Press, New York, 2005</td>
</tr>
<tr>
<td>Gervais Karen G.</td>
<td><em>Redefining Death</em>, Yale University, New Haven, 1986</td>
</tr>
<tr>
<td>Hawkins &#038; Blakeslee</td>
<td><em>On Intelligence</em>, Henry Holt &#038; Co. New York, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Hofstadter D Dennett D</td>
<td><em>The Mind&#8217;s I</em>, Bantam Books, 1988</td>
</tr>
<tr>
<td>Keenan, Julian P.</td>
<td><em>The Face in the Mirror</em>, Harper Collins, NY,2003</td>
</tr>
<tr>
<td>Laborit Henri</td>
<td><em>La Nouvelle Grille</em>, Robert Lafont, Paris, 1974</td>
</tr>
<tr>
<td>LeDoux Joseph</td>
<td><em>Synaptic Self</em>, Penguin Books,New York, 2002</td>
</tr>
<tr>
<td>McKinney L. O.</td>
<td><em>Neuro Theology</em>, Am. Inst. for Mindfulness 1994</td>
</tr>
<tr>
<td>Minsky Marvin</td>
<td><em>The Society of Mind</em>, Simon &#038; Schuster, NY, 1985</td>
</tr>
<tr>
<td>Norretranders Tor</td>
<td><em>The User Illusion</em>, Penguin Books, 1998</td>
</tr>
<tr>
<td>Pinker Steven</td>
<td><em>How the Mind Works</em>, Norton &#038; Co., New York, 1999<br />
				<em>The Blank Slate</em>, Penguin, London, 2002</td>
</tr>
<tr>
<td>Ramachandran V.S.</td>
<td><em>A Brief Tour of Human Consciousness</em>, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>&#8221; &#8221;  &#038; Blakeslee S.</td>
<td><em>Phantoms in the brain</em>, Harper Collins, NY, 1998</td>
</tr>
<tr>
<td>Restak Richard</td>
<td><em>The brain has a Mind of its Own</em>, Crown P., 1991</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3 id="social">L&#8217;homme social</h3>
<p>L&#8217;espèce humaine est essentiellement grégaire.</p>
<p>Selon les anthropologues, le développement poussé de cette caractéristique (dont le langage n&#8217;est qu&#8217;un aspect), est étroitement lié au triplement du volume de notre cerveau par rapport à nos ancêtres hominidés. Ils avancent même que c&#8217;est notre comportement social qui explique la survie de notre espèce et son expansion dans tous les recoins de la planète.</p>
<p>Les neurologues ont maintenant démontré que le cerveau des primates, (dont nous les humains), comprend des &#8220;neurones miroir&#8221; qui, à la vue d&#8217;un geste d&#8217;un membre de leur espèce, s&#8217;activent comme si c&#8217;était eux-mêmes qui agissaient. L&#8217;empathie (la capacité de se mettre à la place de l&#8217;autre) est donc essentiellement naturelle; même les singes l&#8217;éprouvent jusqu&#8217;à un certain point.</p>
<p>Les chrétiens prétendent avoir innové avec la directive d&#8217;aimer son prochain après les égarements du tribalisme hébreux de la loi du talion mais la soi disant vertu de &#8220;charité chrétienne&#8221;  trouve ses véritables racines au même endroit que l&#8217;humanisme, dans une très lointaine préhistoire, </p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>Bloom Howard</td>
<td><em>The Lucifer Principle</em>, Atlantic Monthly, NY 1995<br />
				<em>Global Brain</em>, John Wiley &#038; Sons, New York 2000</td>
</tr>
<tr>
<td>Canetti Elias</td>
<td><em>Crowds and Power</em>, Noonday Press, New York,1984</td>
</tr>
<tr>
<td>Diamond Jared</td>
<td><em>Guns, Germs and Steel</em>, Norton &#038; Co., 1997<br />
				<em>Collapse</em>, Penguin Books, New York, 2005</td>
</tr>
<tr>
<td>Herrnstein &#038; Murray</td>
<td><em>The Bell Curve</em>, Simon &#038; Shuster NY, 1994</td>
</tr>
<tr>
<td>Johnson Steven</td>
<td><em>Emergence</em>, Touchstone Books, New York, 2002</td>
</tr>
<tr>
<td>Wright Robert</td>
<td><em>The Moral Animal</em>, Random House, New York, 1995</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3 id="moribond">L&#8217;homme moribond</h3>
<p>La mort est un moment de vérité que nous devons tous affronter un jour mais le faire est bien moins stressant pour un humaniste qui n’attend rien que pour un croyant désireux des béatitudes célestes et terrifié par les tourments de l’enfer.  Pour un croyant, c’est un quitte ou double dramatique, c’est parier tout son avoir sur un lancer des dés au casino alors que, pour l’humaniste, c’est banal, ce n’est que l’aboutissement normal de la vie.</p>
<p>L’option de mourir dans la dignité avec l’aide de son médecin est terriblement tentante pour l’humaniste alors qu’elle est interdite au croyant qui serait privé de l’entrée au paradis. Malgré cette terrible interdiction, les sondages, partout où il y en a eu, indiquent que deux répondants sur trois souhaiteraient disposer de cette option s’ils se trouvaient en phase terminale. L’influence des églises et la pression des activistes pro-vie sur nos gouvernements ont néanmoins  réussi à faire en sorte que le suicide assisté soit interdit presque partout (exceptions : Suisse, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Oregon).</p>
<p>Les quelques livres qui suivent devraient stimuler votre réflexion sur cette problématique qui interpelle tous les humanistes. Vous pouvez suivre l’actualité à ce sujet à http://www.aqdmd.qc.ca et http://www.euthanewsia.ca/.</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>Gervais Karen G.</td>
<td><em>Redefining Death</em>, Yale University Press, NH,1986</td>
</tr>
<tr>
<td>Humphry Derek</td>
<td><em>Final Exit</em>, Random House, New York, 2002<br />
				<em>The Good Euthanasia Guide</em>, Norris Lane, OR. 2005</td>
</tr>
<tr>
<td>Hillyard D. Dombrink J.</td>
<td><em>Dying Right</em>, Routledge, London 2001</td>
</tr>
<tr>
<td>Jamison Kay R</td>
<td><em>Night Falls Fast</em>, Random House, New York, 1999</td>
</tr>
<tr>
<td>Kevorkian Jack</td>
<td><em>Prescription: Medicide</em>, Prometheus B. N.Y., 1991</td>
</tr>
<tr>
<td>Quill Timothy E.</td>
<td><em>Death and Dignity</em>, Norton &#038; Co. New York, 1993</td>
</tr>
<tr>
<td>Weenolsen Patricia</td>
<td><em>The Art of Dying</em>, St-Martin&#8217;s Griffin, New York, 1996</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3 id="memmes">Les mèmes</h3>
<p>Tout ce que nous savons, toutes nos pensées et tous nos souvenirs peuvent être décomposés en parties que l&#8217;on peut appeler idées, concepts ou &#8220;unités de culture&#8221;. Toute forme de communication implique le transfert de ces idées, concepts ou &#8220;unités de culture&#8221; d&#8217;un cerveau à un autre. Or, les mécanismes qui régentent la circulation des idées, concepts et &#8220;unités de culture&#8221; sont très similaires à ceux qui gouvernent la diffusion des gènes (mutation, sélection naturelle, héritage).</p>
<p>Le terme &#8220;mème&#8221; a été créé par Richard Dawkins pour refléter cette analogie parce qu&#8217;elle nous donne une nouvelle perception de la façon dont nous recevons et transmettons des idées. Tout ce que l&#8217;on dit ou entend est fait de mèmes. Les langues que nous parlons, la musique que nous aimons sont constituées de mèmes. La publicité dont on nous nourrit par la télévision, la radio et les panneaux-réclames sont des mèmes. La mode, c&#8217;est un mème. Tous les petits détails qui font que les cultures japonaise, norvégienne et espagnole soient différentes, sont des mèmes.</p>
<p>Les valeurs et les théories évoluent parce que des individus créatifs ont introduit des variantes dans le bassin de nos mèmes communs. Certains d&#8217;entre eux se répliquent tellement efficacement qu&#8217;ils deviennent la « sagesse conventionnelle ». La réplication efficace n&#8217;est toutefois pas une garantie de validité. Les mèmes de &#8220;vœux pieux&#8221; tendent à se répliquer plus facilement que ceux de la brutale réalité parce qu&#8217;ils plaisent à ceux qui les émettent comme à ceux qui les reçoivent. Par exemple, l&#8217;idée que &#8220;tous les hommes sont nés égaux&#8221; est devenue tellement à la mode qu&#8217;il n&#8217;est pas &#8220;politiquement correct&#8221; de la contredire alors que tout le monde sait que cela n&#8217;est pas vrai. Maintenant plus que jamais, la validité de la « sagesse conventionnelle » à la mode a besoin d&#8217;être réexaminée constamment au fur et à mesure que les mèmes évoluent et que les circonstances changent de plus en plus rapidement.</p>
<p>La civilisation a fait de grands pas lorsque la science a remplacé les dogmes comme première source de connaissances sur l&#8217;homme et l&#8217;univers. De nouveaux progrès ont été enregistrés au cours des dernières décennies alors que nous avons assisté au transfert de l&#8217;influence sur le choix des mèmes du bien ou du mal depuis les Églises vers les médias. Cela semble bien présager pour le développement d&#8217;une société humaniste et libre mais il ne faut pas se réjouir prématurément.</p>
<p>Les médias manipulent l&#8217;opinion publique tout comme le font les Églises, chacun pour la poursuite de ses propres objectifs. Les médias ne peuvent pas faire valoir l&#8217;autorité divine, mais ils ont l&#8217;avantage de pouvoir reproduire sélectivement seulement les mèmes qui attirent et retiennent l&#8217;attention du plus grand nombre de spectateurs. Les deux cherchent à dissuader l&#8217;individu d&#8217;exercer la plus précieuse des facultés humaines, celle d&#8217;évaluer lui-même l&#8217;à-propos de tout ce qu&#8217;il pense et fait.</p>
<p>La disponibilité universelle de toute l&#8217;information, tout le temps et partout, offre une certaine protection contre le viol des cerveaux derrière des portes closes qui était la norme dans les écoles religieuses, mais maintenant l&#8217;absence de censure  laisse tout le monde vulnérable à une infection fortuite par des rumeurs et des mythes urbains sans fondements, charriés par des mèmes efficaces à se répliquer.</p>
<p>Il est important pour des humanistes qui aspirent à être les artisans de leur vie, en commençant par l’être de ce qu’ils pensent, d’être familiers avec les mécanismes de reproduction des mèmes pour être à l’affût des indices qui peuvent les avertir qu’un effort conscient de pensée critique s’impose face à une nouvelle idée. Voici quelques ouvrages qui traitent de ces mécanismes :</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>Aunger Robert</td>
<td><em>The Electric Meme</em></td>
</tr>
<tr>
<td>Blackmore Susan</td>
<td><em>The Meme Machine</em>, Oxford Univ. Press, Oxford, 1999</td>
</tr>
<tr>
<td>Brodie Richard</td>
<td><em>Virus of the Mind</em>, Integral Press, Seattle 1996</td>
</tr>
<tr>
<td>Lynch Aaron</td>
<td><em>Thought Contagion</em>, Perseus Books, New York, 1996</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3 id="medias">Les médias et la politique</h3>
<p>En Amérique, les journalistes des principaux médias ont été endoctrinés à croire qu&#8217;ils peuvent rapporter des événements sans laisser leurs convictions personnelles influencer ce qu&#8217;ils écrivent. Ils prétendent être capables &#8220;d&#8217;objectivité journalistique&#8221;. Il semblerait que, soit ils n&#8217;ont pas de convictions personnelles, soit ils ont décidé de se conformer à la vérité conventionnelle couramment acceptable par leurs pairs immédiats. Pour eux, la &#8220;vérité&#8221; dans un reportage signifie &#8220;tout ce qui est politiquement correct à ce moment-là&#8221;. Les médias se font concurrence pour être les premiers à sortir la nouvelle mais une fois que celle-ci est sortie, ils la présentent tous avec le même parti pris.</p>
<p>Dans les trois ou quatre années suivant le 11 septembre 2001, la presse américaine était aussi unanime à soutenir le président Bush qu’elle l’est maintenant (2008) à lui reprocher de les avoir impliqués dans une guerre sans issue. </p>
<p>Les mèmes dont nous avons évoqué les mécanismes ci-devant y sont pour quelque chose, mais la sinistre réalité, c’est que la liberté d’expression garantie par le premier amendement à la constitution américaine, est contrainte par les lois du marché de la publicité qui ont pour effet de censurer tout qui pourrait déplaire aux consommateurs.</p>
<p>Les ouvrages suivants exposent les médias qui manipulent l’opinion publique politique :</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>Chomsky Noam</td>
<td><em>Necessary Illusions</em>, South End Press, Boston, 1989<br />
				<em>The Fateful Triangle</em>, South End Press, Boston, 1999<br />
				<em>Rogue States</em>, South End Press, Boston, 2000<br />
				<em>Propaganda and the Public Mind</em>, South E. P. 2001</td>
</tr>
<tr>
<td>Chomsky &#038;  Herman.</td>
<td><em>Manufacturing Consent</em>, Random House, 1988</td>
</tr>
<tr>
<td>Franken Al</td>
<td><em>Lies and the Lying Liars Who Tell Them</em>, Penguin</td>
</tr>
<tr>
<td>Friedman T. L.</td>
<td><em>Longitudes and Latitudes</em>, Anchor Books, NY 2002</td>
</tr>
<tr>
<td>Hoffman Bruce</td>
<td><em>Inside Terrorism</em>, Columbia University Press, 1998</td>
</tr>
<tr>
<td>Kurtz Howard</td>
<td><em>Spin Cycle</em>, Touchstone Books, New York, 1998</td>
</tr>
<tr>
<td>Miller J., Engelberg</td>
<td><em>Germs, Biological Weapons</em>, Simon &#038;Schuster, 2001</td>
</tr>
<tr>
<td>Press Bill</td>
<td><em>Spin This</em>, Simon &#038; Shuster, New York, 2002</td>
</tr>
<tr>
<td>Rushkoff Douglas</td>
<td><em>Media Virus</em>, Ballantine, New York, 1996</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3 id="foi">Foi et crédulité</h3>
<p>C’est la publicité qui fait vivre les médias, qu’il s’agisse de presse écrite, de radio ou de télévision. Depuis bientôt un siècle, l’industrie de la publicité et les médias exercent une influence déterminante sur ce que les gens consomment  et pour qui ils votent dans les pays dits développés.</p>
<p>Cela représente un pouvoir énorme, mais ce n’est rien de comparable au pouvoir de manipulation que les églises ont exercé depuis toujours. Voici quelques ouvrages qui en traitent:</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>Alper Matthew</td>
<td><em>The &#8220;God&#8221; Part of the Brain</em>, Rogue Press, 1996</td>
</tr>
<tr>
<td>Atran Scott</td>
<td><em>In Gods we Trust</em>, Oxford Univ. Press, NY, 2002</td>
</tr>
<tr>
<td>Baillargeon N.</td>
<td><em>Petit cours d&#8217;autodéfense intellectuelle Lux</em>, 2005</td>
</tr>
<tr>
<td>Boyer Pascal</td>
<td><em>Religion Explained</em>, Basic Books, New York, 2001</td>
</tr>
<tr>
<td>Cowan James</td>
<td><em>Mysteries of the Dreaming</em>, Brandl &#038; Schesinger, 2001</td>
</tr>
<tr>
<td>Dawkins Richard</td>
<td><em>A Devil&#8217;s Chaplain</em>, Mariner Books, New York, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Dennett Daniel C.</td>
<td><em>Breaking the Spell</em>, Penguin Group, New York, 2006</td>
</tr>
<tr>
<td>Eliade Mircea</td>
<td><em>The Sacred and the Profane</em>, Harcourt, London, 1957</td>
</tr>
<tr>
<td>Gardner Martin</td>
<td><em>Fads &#038; Fallacies in the Name of Science</em>, Dover, 1952</td>
</tr>
<tr>
<td>Gordon Henry</td>
<td><em>Extrasensory Deception</em>, Macmillan, Toronto, 1988</td>
</tr>
<tr>
<td>Giovannoli Joseph</td>
<td><em>The Biology of Belief</em>, Rosetta Press, 2000</td>
</tr>
<tr>
<td>Harris Sam</td>
<td><em>The End of Faith</em>, Norton &#038; Co., New York, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Jacoby Susan</td>
<td><em>Freethinkers</em>, Henry Holt Co., New York, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>James William</td>
<td><em>The Varieties of Religious Experience</em>, Simon &#038; S</td>
</tr>
<tr>
<td>Kropfeld Mike</td>
<td><em>Le phénomène des sectes</em>, Info-Secte, Montréal, 2003</td>
</tr>
<tr>
<td>Krupp E.C.</td>
<td><em>Skywatchers</em>, Shamans &#038; Kings, John Wiley, 1997</td>
</tr>
<tr>
<td>Kurtz Paul</td>
<td><em>Living Without Religion</em>, Prometheus, Amherst, 1994</td>
</tr>
<tr>
<td>Miller Russell</td>
<td><em>Bare-Faced Messiah</em>, Penguin Group, New York, 1987</td>
</tr>
<tr>
<td>Morris Dennis</td>
<td><em>Seed of our Ancestors Primitive Superstition</em>, 2006</td>
</tr>
<tr>
<td>Newberg &#038; D&#8217;Aquili</td>
<td><em>Why God Won&#8217;t Go Away</em>, Ballantine Books, NY, 2001</td>
</tr>
<tr>
<td>Randi James</td>
<td><em>Flim Flam</em>, Prometheus, Amherst, 1982</td>
</tr>
<tr>
<td>Raymo Chet</td>
<td><em>Skeptics &#038; True Believers</em>, Walker Co. NY, 1998</td>
</tr>
<tr>
<td>Sagan Carl</td>
<td><em>The Demon Haunted World</em>, Ballantine Books, 1996</td>
</tr>
<tr>
<td>Schumaker John</td>
<td><em>Wings of Illusion</em>, Prometheus Books, N.Y. 1990</td>
</tr>
<tr>
<td>Shermer Michael</td>
<td><em>Why People Believe Weird Things</em>, Freeman., 1997<br />
				<em>The Science of Good and Evil</em>, H. Holt Co., NY, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Stern Jessica</td>
<td><em>Terror in the Name of God</em>, HarperCollins, NY, 2002</td>
</tr>
<tr>
<td>Wilson David S.</td>
<td><em>Darwin&#8217;s Cathedral</em>, U. of Chicago Press, 2002</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3 id="philosophie">Philosophie</h3>
<p>La philosophie constitue un excellent exercice intellectuel. Mais tant que les philosophes pourront dire n’importe quoi, pourvu qu’ils le disent de façon cohérente, sans exposer leurs théories à être falsifiées par l’observation expérimentale comme doivent le faire les scientifiques, la philo ne sera rien de plus que cela, une bonne gymnastique intellectuelle.</p>
<p>Ceci étant dit, la gymnastique intellectuelle ce n’est pas mauvais et de nombreux philosophes méritent d’être lus par les humanistes. En voici quelques exemples :</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>Feyerabend Paul</td>
<td><em>Against Method</em>, New Left Books, London, 1975</td>
</tr>
<tr>
<td>Kuhn Thomas</td>
<td><em>The Structure of Scientific Revolutions</em>, U. Chi.1996</td>
</tr>
<tr>
<td>Lamont Corliss</td>
<td><em>The Philosophy of Humanism</em>, Humanist. Press, 1996</td>
</tr>
<tr>
<td>Popper Karl</td>
<td><em>The Logic of Scientific Discovery</em>, Routledge, 2002</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3 id="future">L&#8217;homme du futur</h3>
<p>L’Association humaniste n’est pas une chapelle rassemblée autour de quelques maîtres à penser. Elle accueille tous ceux dont l’univers ne comprend pas de surnaturel, aussi bizarre que soit leur vision du monde. Nous n’avons pas de comité de l’orthodoxie ni d’examen d’admission.  C’est à chaque candidat de déclarer s’il s’est libéré de l’hypothèse surnaturelle ou pas.</p>
<p>Dans l’esprit de notre devise « Empathie et tolérance » nous avons admis un raëlien dont les Élohim sont selon lui, matériels et mortels comme nous mais plus avancés. Nous avons aussi eu comme membre un adepte du transhumanisme, cette école de futuristes qui techniquement se qualifient comme humanistes étant donné qu’ils ne croient pas au surnaturel.</p>
<p>La bibliothèque humaniste dispose de quelques ouvrages transhumanistes que la plupart de nos membres considèrent farfelus mais qui se lisent agréablement comme de la science-fiction.</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>Alexander Brian</td>
<td><em>Rapture</em>, Perseus Books, New York, 2003</td>
</tr>
<tr>
<td>Brooks Rodney</td>
<td><em>Flesh and Machines</em>, Pantheon Books, NY, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Buchanan A. et al.</td>
<td><em>From Chance to Choice</em>, Cambridge U. Press, 2000</td>
</tr>
<tr>
<td>Drexler Eric K.</td>
<td><em>Engines of Creation</em>, Random House, New York, 1986</td>
</tr>
<tr>
<td>Fukuyama Francis</td>
<td><em>Our Posthuman Future</em>, Picador, New York, 2002</td>
</tr>
<tr>
<td>Garreau Joel</td>
<td><em>Radical Evolution</em>, Random House, New York, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Gershenfeld Neil</td>
<td><em>When Things Start to Think</em>, Henry Holt &#038; Co.,1999</td>
</tr>
<tr>
<td>Hawkins &#038; Blakeslee</td>
<td><em>On Intelligence</em>, Henry Holt Co., NY, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Hughes James</td>
<td><em>Citizen Cyborg</em>, Westview Press, Cambridge MA, 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Immortality Institut</td>
<td><em>The Scientific Conquest of Death</em>, Libros, BA. 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Johnson Steven</td>
<td><em>Emergence</em>, Touchstone Books, New York, 2002</td>
</tr>
<tr>
<td>Kurzweil Ray</td>
<td><em>The Age of Spiritual Machines</em>, Penguin, NY, 1999<br />
				<em>The Singularity is Near</em>, Penguin Books, NY, 2005</td>
</tr>
<tr>
<td>Moravec Hans</td>
<td><em>Robot: Machine to Transcendent Mind</em>, Oxford, 1999</td>
</tr>
<tr>
<td>Naam Ramez</td>
<td><em>More than Human</em>, Random House, New York, 2005</td>
</tr>
<tr>
<td>Perkowitz Sydney</td>
<td><em>Digital People</em>, Joseph Henry Press, Wash. 2004</td>
</tr>
<tr>
<td>Reinking Greg F.</td>
<td><em>Cosmic Legacy</em>, Vantage Press, New York, 2003</td>
</tr>
<tr>
<td>Stock Gregory</td>
<td><em>Redesigning Humans</em>, Houghton Mifflin Co., 2002</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h2>Webographie</h2>
<p>Vous pouvez vous renseigner sur à peu près n’importe quoi en effectuant une recherche Google sur Internet, mais nous avons voulu vous faciliter la tâche en vous suggérant ces quelques liens comme pistes à suivre dans votre étude du phénomène humaniste.</p>
<ol>
<li>En premier lieu, une liste des sites de groupes et associations qui cherchent à sensibiliser leurs milieux divers à l’importance de la pensée critique comme protection contre les manipulations et arnaques de tous genres.</li>
<li>Ensuite, quelques sites de groupes qui rassemblent des humanistes dans plusieurs pays. Le site en gras, IHEU est une fédération réunissant plus de 100 associations nationales dans le monde dont les coordonnées Internet sont disponibles.</li>
<li>Aussi d’un grand intérêt pour les humanistes, viennent quelques sites expliquant comment les mèmes s’infiltrent dans la sphère de nos connaissances sans passer le crible de notre jugement critique.</li>
<li>Enfin, quelques sites intéressants sur divers mythes de création et sur le phénomène des cultes et sectes (groupes qui n’ont pas réussi à devenir des religions).</li>
</ol>
<h3>Pensée critique</h3>
<ul>
<li><a href="http://www.skeptics.com.au/" rel="external">Australian Skeptics</a></li>
<li><a href="http://www.comitepara.be/" rel="external">Comité Belge pour l&#8217;Investigation Scientifique</a></li>
<li><a href="http://www.skeptics.ca/" rel="external">Can. ON, Ontario Skeptics</a></li>
<li><a href="http://www.sceptiques.qc.ca/" rel="external">Can, QC, Sceptiques du Québec</a></li>
<li><a href="http://www.arp-sapc.org/" rel="external">Espagne, Sociedad para el Avance del Pensamiento Crítico</a></li>
<li><a href="http://www.unice.fr/zetetique/" rel="external">France, Labo de Zététique</a></li>
<li><a href="http://www.cicap.org/" rel="external">Italie, Comitado Italiano CAP</a></li>
<li><a href="http://www.skeptics.org.nz/" rel="external">New Zeland Skeptics</a></li>
<li><a href="http://www.baskeptics.org/" rel="external">USA,CA, Bay Area Skeptics</a></li>
<li><a href="http://sdari.org/" rel="external">USA, CA, San Diego Ass. For Rational Inquiry</a></li>
<li><a href="http://www.theness.com/" rel="external">USA, CT, New England Skeptical Soc.</a></li>
<li><a href="http://www.ncas.org/" rel="external">USA, DC, National Capital Area Skeptics</a></li>
<li><a href="http://www.tampabayskeptics.org/" rel="external">USA, Fl, Tampa Bay Skeptics</a></li>
<li><a href="http://www.nycskeptics.org/" rel="external">USA, NY, New York City Skeptics</a></li>
<li><a href="http://www.wfu.edu/~ecarlson/tasc/" rel="external">USA, NC, Tried Area Skeptics Club</a></li>
<li><a href="http://www.cincinnatiskeptics.org/" rel="external">USA, OH, Association for Rational Thought</a></li>
<li><a href="http://www.ntskeptics.org/" rel="external">USA, TX, North Texas Skeptics</a></li>
<li><a href="http://www.seattleskeptics.org/" rel="external">USA, WA, Society for Sensible Explanations</a></li>
</ul>
<h3>Humanisme</h3>
<ul>
<li><a href="http://www.aeu.org/" rel="external">American Ethical Union</a></li>
<li><a href="http://humanist.net/" rel="external">American Humanist Association</a></li>
<li><a href="http://www.au.org/" rel="external">Americans United for Separation of Church and State</a></li>
<li><a href="http://www.atheistalliance.org/" rel="external">Atheist Alliance</a></li>
<li><a href="http://users.drew.edu/~jlenz/brs.html" rel="external">Bertrand Russell Society</a></li>
<li><a href="http://membres.lycos.fr/pierreyvesmorvan/" rel="external">Big bang et évolution (Pierre Yves Morvan)</a></li>
<li><a href="http://www.the-brights.net/" rel="external">Brights Network</a></li>
<li><a href="http://brightsquebec.org/" rel="external">Brights Québec</a></li>
<li><a href="http://www.communityofreason.org/" rel="external">Council for the Community of Reason</a></li>
<li><a href="http://www.edge.org/" rel="external">Edge</a></li>
<li><a href="http://pages.infinit.net/pclou200/" rel="external">Évolution ou création (Pierre Cloutier)</a></li>
<li><a href="http://www.ffrf.org/" rel="external">Freedom From Religion Foundation</a></li>
<li><a href="http://canada.humanists.net/" rel="external">Humanist Association of Canada</a></li>
<li><a href="http://www.secularislam.org/" rel="external">Institute for the Secularisation of Islamic Society</a></li>
<li><a href="http://www.iheu.org/" rel="external">International Humanistic &#038; Ethical Union</a></li>
<li><a href="http://www.memo.qc.ca/" rel="external">Mouvement pour une École Moderne et Ouverte</a></li>
<li><a href="http://www.mlq.qc.ca/" rel="external">Mouvement Laïque du Québec</a></li>
<li><a href="http://ncseweb.org/" rel="external">National Center for Science Education</a></li>
<li><a href="http://www.naturalism.org/" rel="external">Naturalism</a></li>
<li><a href="http://www.infidels.org/" rel="external">Secular Web</a></li>
<li><a href="http://www.shj.org/" rel="external">Society for Humanistic Judaism</a></li>
<li><a href="http://www.thehumanist.org/" rel="external">The Humanist Magazine</a></li>
<li><a href="http://www.athee.net/" rel="external">Vivre sans religion (David Rand)</a></li>
</ul>
<h3>Mèmes</h3>
<ul>
<li><a href="http://members.tripod.com/~Drahcir/memes/memes_about.html" rel="external">All About Memes</a></li>
<li><a href="http://virus.lucifer.com/" rel="external">Church of Virus</a></li>
<li><a href="http://jom-emit.cfpm.org/" rel="external">Journal of Memetics</a></li>
<li><a href="http://www.memecentral.com/" rel="external">Meme Central</a></li>
<li><a href="http://www.kbuxton.com/memes.html" rel="external">Meme Links</a></li>
<li><a href="http://www.mwillett.org/" rel="external">Meme Machine</a></li>
<li><a href="http://memex.org/meme.html" rel="external">Meme Newsletter</a></li>
<li><a href="http://www.memes.org/" rel="external">Memes, Viruses of the Mind</a></li>
<li><a href="http://users.lycaeum.org/~sputnik/memetics/" rel="external">Links on Memes</a></li>
<li><a href="http://www.memetique.org/" rel="external">Société francophone de Mimétique</a></li>
<li><a href="http://cscs.umich.edu/~crshalizi/Dawkins/viruses-of-the-mind.html" rel="external">Viruses of the Mind</a></li>
</ul>
<h3>Mythes de Création</h3>
<ul>
<li><a href="http://users.erols.com/bcccsbs/hum207.htm" rel="external">Cosmogonic Myths (J.A.Andersen)</a></li>
<li><a href="http://www.dreamscape.com/morgana/uranus.htm" rel="external">Creation Myths (Morgana)</a></li>
<li><a href="http://www.crystalinks.com/creation.html" rel="external">Crystalinks &#8211; Creation</a></li>
<li><a href="http://www.pantheon.org/" rel="external">Encyclopedia Mythica</a></li>
<li><a href="http://www.mircea-eliade.com/from-primitives-to-zen/index.html" rel="external">From Primitives to Zen (M. Eliade)</a></li>
<li><a href="http://www.bbc.co.uk/religion/" rel="external">Mainstream Religions</a></li>
<li><a href="http://www.mythinglinks.org/home.html" rel="external">Mything Links (K. Jenks PhD)</a></li>
<li><a href="http://www.myths.com/pub/myths/myth.html" rel="external">Myths &#038; Legends (C.B.Siren)</a></li>
</ul>
<h3>Sectes et cultes</h3>
<ul>
<li><a href="http://www.csj.org/studyindex/studyIDX.htm" rel="external">AFF Cultic Studies</a></li>
<li><a href="http://www.cultsandsociety.com/" rel="external">Cults and Society</a></li>
<li><a href="http://www.stelling.nl/simpos/esotericism.htm" rel="external">Occult Tendencies A to Z</a></li>
<li><a href="http://www.religioustolerance.org/" rel="external">Ontario Consultants on Religious Tolerance</a></li>
</ul>
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		<title>Affirmations humanistes</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Nov 2008 03:08:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>
		<category><![CDATA[principes]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous nous engageons à privilégier le recours à la raison et à la science pour comprendre l’univers et pour résoudre les problèmes qui confrontent les humains. Nous déplorons les efforts ayant pour objectif de dénigrer l’intelligence humaine, d’expliquer le monde en termes surnaturels, et de chercher le salut en dehors de la nature. Nous croyons [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<ul>
<li>Nous nous engageons à privilégier le recours à la raison et à la science pour comprendre l’univers et pour résoudre les problèmes qui confrontent les humains.</li>
<li>Nous déplorons les efforts ayant pour objectif de dénigrer l’intelligence humaine, d’expliquer le monde en termes surnaturels, et de  chercher le salut en dehors de la nature.</li>
<li>Nous croyons que les découvertes scientifiques et la technologie peuvent contribuer à améliorer le sort des humains.</li>
<li>Nous croyons en une société ouverte et plurielle et que la démocratie est la meilleure garantie de protection des droits humains contre les élites autoritaires et les majorités répressives.</li>
<li>Nous sommes engagés à défendre le principe de la séparation de l’Église et de l’État.</li>
<li>Nous cultivons les arts de la négociation et du compromis comme moyens pour résoudre les différences et atteindre une entente commune.</li>
<li>Nous voulons que la société soit  juste et équitable et que la discrimination et l’intolérance y soient éliminées.</li>
<li>Nous croyons que nous devons porter secours aux désavantagés et aux handicapés de sorte qu’il soient à même de s’aider eux-mêmes.</li>
<li>Nous faisons l’effort de dépasser l’esprit de clocher et les tendances tribales fondées sur la race, la religion, le sexe, la nationalité, la foi, la classe sociale, l’orientation sexuelle, et l’ethnie et nous cherchons à travailler ensemble pour le bien commun de l’humanité.</li>
<li>Nous voulons protéger et améliorer la Terre, la préserver pour les générations futures, et éviter d’infliger des souffrances inutiles aux autres espèces.</li>
<li>Nous croyons que nous devons jouir de la vie sur  la Terre et dans le présent (ici et maintenant) et que nous devons développer nos talents créatifs à leurs plus haut point.</li>
<li>Nous croyons que nous devons cultiver l’excellence morale.</li>
<li>Nous respectons le droit à la vie privée. Tout adulte doit pouvoir réaliser ses aspirations,  exprimer ses préférences sexuelles, exercer son droit de reproduction, avoir accès à des soins de santé complets et bien documentés, et enfin, avoir le droit de mourir avec dignité.</li>
<li>Nous croyons dans les convenances morales communes : l’altruisme, l’intégrité, l’honnêteté, la sincérité, la responsabilité. L’éthique humaniste est sujette à l’examen critique et raisonnable.  Il y a des standards normatifs que nous découvrons ensemble. Les principes moraux sont soumis à l’épreuve de leurs conséquences.</li>
<li>Nous sommes profondément concernés par l’éducation morale de nos enfants. Nous voulons nourrir la raison et la compassion.</li>
<li>Nous sommes engagés à promouvoir les arts autant que les sciences.</li>
<li>Nous sommes des citoyens de l’univers et excités à l’idée des découvertes à venir dans le cosmos.</li>
<li>Nous sommes sceptiques vis à vis les prétentions de connaissances non vérifiées et ouvert à de nouvelles idées et nous cherchons des nouvelles pistes et des nouveaux départs dans la pensée.</li>
<li>Nous affirmons que l’humanisme est une alternative aux théologies du désespoir et aux idéologies de la violence et est une source  riche de sens personnel et de satisfaction authentique au service des autres.</li>
<li>Nous croyons dans l’optimisme plutôt qu’au pessimisme, à l’espoir plutôt qu’au désespoir, à la connaissance plutôt qu’au dogme, à la joie plutôt qu’à la culpabilité et au péché, à la tolérance à la place de la peur, à l’amour plutôt qu’à la haine, à la compassion plutôt qu’à l’égoïsme, à la beauté plutôt qu’à la laideur, et à la raison plutôt qu’à la foi aveugle et irrationnelle.</li>
<li>Nous croyons dans la réalisation de tout ce qu’il y a de bien et de plus noble dans l’être humain.</li>
</ul>
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		<title>Empathie et tolérance</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Nov 2008 00:07:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[empathie]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>
		<category><![CDATA[tolérance]]></category>

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		<description><![CDATA[Pourquoi adopter une devise La promotion de la pensée critique et l’objectif de permettre aux brights et autres libres-penseurs d’occuper la place qui leur revient dans la société ont été les principales motivations qui ont conduit à la création de la Fondation et de l’Association humanistes. Or, il est apparu que la pensée critique pouvait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Pourquoi adopter une devise</h3>
<p>La promotion de la pensée critique et l’objectif de permettre aux brights et autres libres-penseurs d’occuper la place qui leur revient dans la société ont été les principales motivations qui ont conduit à la création de la Fondation et de l’Association humanistes.</p>
<p>Or, il est apparu que la pensée critique pouvait facilement conduire à un tribalisme intellectuel du genre «&nbsp;nous-qui-avons-raison&nbsp;» contre «&nbsp;tous-les-autres-qui-ont-tort&nbsp;», si elle n’est pas accompagnée d’un effort conscient pour s’ouvrir aux autres comme nous voudrions qu’ils s’ouvrent à nous.</p>
<p>La devise «&nbsp;empathie et tolérance&nbsp;» résume le fond de la pensée humaniste et peut nous mettre en garde contre ce tribalisme intellectuel si nous nous donnons la peine de nous le rappeler souvent. Dans cette devise, empathie veut dire prendre la peine de s’imaginer dans les souliers de l’autre, il s’agit simplement d’un mouvement naturel envers les autres membres de notre espèce. Tolérance ne signifie pas assentiment ni respect, mais seulement non-agression envers ceux qui ne pensent pas comme nous.</p>
<h3>Le tribalisme</h3>
<p>Il est naturel et sain que des groupes sociaux se forment spontanément sur la base de ce que ses membres ont en commun, qu’il s’agisse de facteurs d’âge, d’activités, de culture, d’intérêts etc. Selon le dicton, «&nbsp;qui se ressemble, s’assemble&nbsp;». Chaque membre du groupe se sent rassuré d’être «&nbsp;correct&nbsp;» par la présence des autres qui sont comme lui. Ce procédé conduit à des situations «&nbsp;gagne-gagne&nbsp;» où tous les participants bénéficient de leur collaboration mutuelle.</p>
<p>La formation de clans liés par le sang est inscrite dans les gènes de notre espèce car cela favorisait la survie de notre lointain ancêtre homo sapiens. Depuis lors, les clans se sont agglutinés en tribus, les tribus en nations et les nations en alliances pour le plus grand bien de tous alors que les conditions de vie de l’homme ont évolué pour devenir ce qu’elles sont aujourd’hui. Cette adaptation à la vie moderne se poursuit de façon positive par le renforcement librement consenti des liens unissant les pays de l’Union européenne.</p>
<p>Le tribalisme qui jadis était bon pour notre espèce est maintenant un obstacle à son adaptation à la vie moderne. Ceci est illustré de façon brutale par la tentative de domination mondiale dans laquelle sont engagés les États-Unis dans leur rôle d’apôtres de la démocratie. Le tribalisme est aussi un <a href="http://berclo.net/page95/95fr-impressions.html">obstacle au développement en Afrique</a> où le passé colonial a divisé le continent sans tenir compte des réalités ethniques et culturelles. Trop souvent, la politique consiste à s’assurer que sa tribu soit au pouvoir plutôt que de déterminer des objectifs nationaux sur lesquels une majorité de citoyens peuvent s’entendre. Ceci est typique du tribalisme du genre «&nbsp;nous-les-bons&nbsp;» contre «&nbsp;eux-les-pas-bons&nbsp;» où la cohésion du groupe dépend plus de ce qui l’oppose aux autres que des similarités à l’intérieur du groupe. En Afrique, ce tribalisme conduit directement au népotisme et à la corruption structurelle qui sont fatals au développement économique et culturel.</p>
<p>Nous ne viendrons pas à bout de sitôt de la mentalité négative «&nbsp;nous-les-bons&nbsp;» contre «&nbsp;eux-les-pas-bons&nbsp;» qui a été et est encore puissamment encouragée par les grandes religions. Pensez à l’expansion de l’Islam au 7e siècle, aux croisades au moyen âge, aux guerres de religion en Europe, à l’évangélisation forcée des indigènes durant l’époque coloniale, aux récentes <a href="http://berclo.net/page99/99fr-balk-notes.html">guerres de religion aux Balkans</a> et à l&#8217;actuelle montée de l&#8217;islamisme radical partout sur la planète.</p>
<p>C’est précisément à cause de cette mentalité, soutenue par la montée de la droite religieuse aux États-Unis et au Canada, qu’il est impensable de faire élire à aucun poste public un athée qui l’avoue dans ces pays. Il serait tentant de suivre leur exemple en prenant la position adverse, «&nbsp;nous-les-athées-qui-sommes-bons&nbsp;» contre «&nbsp;eux-les-croyants-qui-ne-sont-pas-bons&nbsp;», mais cela ne servirait qu’à nous faire paraître fanatiques et à nous marginaliser encore plus.</p>
<p>C’est pourquoi je pense que nous, les membres de l’Association humaniste du Québec, aurions intérêt à éviter le piège d’un tribalisme dépassé en concentrant notre attention sur ce qui nous rapproche à l’intérieur de notre groupe plutôt que sur ce qui nous distingue des autres.</p>
<h3>Ce qui nous rapproche</h3>
<p>Formellement, les principes portés à la page 7 de ce recueil et auxquels nous avons tous déclaré adhérer en devenant membres de l’Association humaniste du Québec sont ce qui nous unit dans la poursuite de nos objectifs communs.</p>
<p>Nous avons adopté les sept principes de la Déclaration d’Amsterdam rendue publique par L’Union Internationale Humaniste et Éthique en 2002 et nous y avons ajouté un premier qui précise sans ambiguïté notre rejet de l’hypothèse surnaturelle. En langage télégraphique, le premier déclare notre athéisme, le second affirme notre ouverture envers tous les membres de l’espèce humaine, le troisième base nos orientations dans la science, le quatrième prend position en faveur de la démocratie, le cinquième associe la responsabilité sociale à la liberté de conscience, le sixième rejette les religions dogmatiques et autoritaires, le septième affirme l’importance des arts et de la culture et le huitième résume les précédents en déclarant que l’humanisme vise le développement intégral de tous les membres de notre espèce.</p>
<p>Au moins aussi important que ces principes partagés, ce qui va assurer la cohésion et la croissance de notre groupe en pratique, c’est la multiplication d’activités conjointes qui correspondent à nos divers intérêts et qui attirent la participation de tous nos membres d’une façon ou d’une autre. Ainsi, chacun et chacune se sentiront «&nbsp;OK&nbsp;», acceptés, aimés et en sécurité dans le plaisir d’être ensemble</p>
<p>La substance de ce qui précède est bien exprimée par la devise «&nbsp;empathie et tolérance&nbsp;» qui veut dire chercher à se mettre à la place de chacun des membres de l’espèce humaine quelle que soit sa couleur, son origine ou ses croyances et faire un effort pour éviter d’agresser ceux dont les opinions diffèrent des nôtres.</p>
<h3>Un programme</h3>
<p>Souvent, les croyants qui pensent détenir la vérité absolue viennent à s’identifier à leurs croyances à tel point qu’ils se sentent menacés personnellement lorsqu’ils sont confrontés à des opinions contraires. La crainte d’être dans l’erreur, ce qui équivaudrait à une destruction personnelle, devient alors cause de conflits religieux et de guerres. L’infidèle ou l’hérétique doit être tué pour éliminer cette menace et pour s’assurer d’être reconnu par la divinité adorée, quelle qu’elle soit.</p>
<p>Comme humanistes, nous cherchons à élaborer nos valeurs et orienter nos vies selon la science plutôt que selon des dogmes. Cette approche ne permet pas le fanatisme. Nous ne prétendons pas détenir la vérité absolue et nous ne nous sentons donc pas menacés dans notre essence par des opinions contraires aux nôtres. Nous pouvons bien nous engager dans des débats vigoureux pour gagner des points pour notre ego et même entretenir de profondes rancœurs suite à des désaccords, mais jamais les humanistes qui ne prétendent pas détenir la vérité absolue ne seraient-ils tentés de tuer un adversaire pour valider sa perception de l’univers.</p>
<p>Prendre le temps de penser au sens de la devise «&nbsp;empathie et tolérance&nbsp;» peut nous aider à résister à la tentation de nous laisser aller à un tribalisme intellectuel qui fausserait l’orientation de notre mouvement. Nous devons puiser notre force non pas en contestant les autres, mais à l’intérieur de notre propre groupe en nous appuyant les uns les autres et en tolérant toutes les diverses façons de percevoir un univers sans éléments surnaturels. Voici quelques suggestions dans ce sens.</p>
<p>a) Évitons de critiquer les fondements des croyances des autres. Ce que les autres croient est leur responsabilité et ne devrait pas affecter ce que nous pensons nous-mêmes. Tenter de changer les croyances des autres est généralement futile, cela nuit au dialogue et conduit souvent à diverses formes d’antagonisme indésirable.</p>
<p>b) Au contraire, ne nous gênons pas pour critiquer les organisations religieuses mais limitons nos critiques à leur comportement social et politique. Chacun a le droit de croire à ce qu’il veut tant que ses croyances ne servent pas à réclamer des privilèges refusés aux autres.</p>
<p>Faisons un effort conscient de nous rappeler constamment que la position d’esprit étroit, «&nbsp;nous-qui-avons-raison&nbsp;» contre «&nbsp;les-croyants-qui-ont-tort&nbsp;» nous ferait paraître fanatiques, nous isolerait encore plus de la société et nuirait ainsi au mouvement humaniste.</p>
<p>Si la tolérance à l’égard des étrangers à notre groupe est essentielle pour éviter l’isolement et gagner la place dans la société que nous devrions occuper en fonction de notre nombre, la tolérance à l’intérieur du groupe est une condition nécessaire à l’objectif de rassembler une proportion assez grande des libres-penseurs pour pouvoir légitimement prétendre les représenter. Dénigrer des membres qui ne pensent pas exactement comme nous risque de détruire notre association en causant son éclatement.</p>
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