<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Association humaniste du Québec</title>
	<atom:link href="http://assohum.org/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://assohum.org</link>
	<description>Développer la pensée critique</description>
	<lastBuildDate>Tue, 15 Jun 2010 18:34:31 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.8.6</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>Québec humaniste volume 5</title>
		<link>http://assohum.org/2010/06/quebec-humaniste-volume-5/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/06/quebec-humaniste-volume-5/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 04:03:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Pion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://assohum.org/?p=1990</guid>
		<description><![CDATA[Le dernier numéro du Québec humaniste est maintenant disponible. Ce bulletin, déjà notre cinquième, marque une étape importante car c&#8217;est le premier produit par les bons soins de Claude Braun qui apporte au bulletin sa vaste expérience acquise pendant ses années à &#8220;Cité laïque&#8221;.
Vous n&#8217;avez qu&#8217;à cliquer sur la couverture ci-dessous pour ouvrir le bulletin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le dernier numéro du Québec humaniste est maintenant disponible. Ce bulletin, déjà notre cinquième, marque une étape importante car c&#8217;est le premier produit par les bons soins de Claude Braun qui apporte au bulletin sa vaste expérience acquise pendant ses années à &#8220;Cité laïque&#8221;.</p>
<p>Vous n&#8217;avez qu&#8217;à cliquer sur la couverture ci-dessous pour ouvrir le bulletin en format PDF.</p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/06/QH2010Vol5Nu2-R3.pdf "target="_blank"> <img title="Page couverture du Québec humaniste" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/06/QH-P1-RŽduite.jpg" alt="Page couverture du Québec humaniste" height="587" /></a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Dans ce numéro;</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Mot du nouveau président  p. 1</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Nouvelle grille tarifaire de l¹AHQ   p . 3</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Femmes et néolibéralisme  p. 5</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Consensus humaniste sur l¹avortement  p. 6</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Marc Ouellet critiqué  p. 7</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Fascisme ³made in Quebec²  p. 9</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Soirée musicale  p. 11</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Bible immorale  p. 12</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Débaptisez-moi !  p. 15</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Shlomo et les falushah  p. 16</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Actualité humaniste internationale  p. 17</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Activités futures de l¹AHQ  p. 18</div>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 612px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">-Congrès Montréalais de l¹Alliance Internationale des Athées  p. 19</div>
<p><br class="spacer_" /></p>
<ul>
<li>-Mot du nouveau président  p. 1</li>
<li>-Nouvelle grille tarifaire de l&#8217;AHQ   p . 3</li>
<li>-Femmes et néolibéralisme  p. 5</li>
<li>-Consensus humaniste sur l¹avortement  p. 6</li>
<li>-Marc Ouellet critiqué  p. 7</li>
<li>-Fascisme ³made in Quebec²  p. 9</li>
<li>-Soirée musicale  p. 11</li>
<li>-Bible immorale  p. 12</li>
<li>-Débaptisez-moi !  p. 15</li>
<li>-Shlomo et les falushah  p. 16</li>
<li>-Actualité humaniste internationale  p. 17</li>
<li>-Activités futures de l¹AHQ  p. 18</li>
<li>-Congrès Montréalais de l&#8217;Alliance Internationale des Athées  p. 19</li>
</ul>
<h1>Bonne lecture!</h1>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://assohum.org/2010/06/quebec-humaniste-volume-5/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Conférence La Bible immorale de Normand Rousseau</title>
		<link>http://assohum.org/2010/06/conference-la-bible-immorale-de-normand-rousseau/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/06/conference-la-bible-immorale-de-normand-rousseau/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 01:51:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes de conférences]]></category>
		<category><![CDATA[activités]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://assohum.org/?p=1983</guid>
		<description><![CDATA[Résumé de la conférence de Normand Rousseau, 
auteur de “ La Bible immorale », le 16 avril 2010 au Centre humaniste de Montréal
A la différence du cardinal Marc Ouellet (voir article de mai 2010 sur assohum.org) et de bien d’autres membres du clergé, Normand Rousseau s’est donné la peine de lire et d’annoter la Bible en entier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Résumé de la conférence de Normand Rousseau, </strong></p>
<p><strong>auteur de “ La Bible immorale », le 16 avril 2010 au Centre humaniste de Montréal</strong></p>
<p>A la différence du cardinal Marc Ouellet (voir article de mai 2010 sur assohum.org) et de bien d’autres membres du clergé, Normand Rousseau s’est donné la peine de lire et d’annoter la Bible en entier et plusieurs fois. Il a obtenu une maitrise en Sciences religieuses et il a produit trois livres sur ce sujet dont “ La Bible immorale » publié en 2006 chez Louise Courteau, éditrice.</p>
<p>Normand Rousseau nous explique son cheminement personnel. Ayant côtoyé pendant treize ans les Frères des écoles chrétiennes, ayant lui-même été un frère de cet ordre, il connaît bien les arguments habituels avancés par le clergé catholique.  Cependant c’est seulement à l’université qu’il y a eu l’occasion d’approfondir la Bible en commençant par le livre de Josué. Or la conquête de la Terre Promise ne comprend pas moins de trente et un génocides, ce qui a commencé à ébranler sa foi. Il mentionne aussi comme source d’information la traduction moderne de la Bible de l’hébreu au français réalisée par André Chouraki (les Dix commandements de Dieu). Il a vécu au Maroc cinq ans et s’est donné comme devoir d’étudier aussi a fond le Coran et la “ Vie de Mahomet » texte où le prophète y est décrit, en fait, comme un brigand attaquant des caravanes. Il a essayé de publier un article décrivant Mahomet comme un criminel, mais il n’a jamais été publié par aucun journal.</p>
<p>C’est à partir de la Bible de Jérusalem qu’il entend démontrer l’immoralité de la Bible. La grille de lecture de N. Rousseau comprend quatre parties :</p>
<p>-        les sacrifices humains</p>
<p>-        l’esclavage</p>
<p>-        l’infériorisation de la femme</p>
<p>-        la violence (massacres, meurtres religieux)</p>
<p>Toutefois avant de continuer il convient d’éliminer les objections les plus communes avancées par les théistes pour désamorcer les critiques de la Bible :</p>
<ul>
<li><strong>La Bible n’est pas      l’enseignement de l’Église catholique!</strong> </li>
</ul>
<p>En effet, c’est le Catéchisme officiel qui contient l’enseignement de cette église. L’ennui c’est que ce même catéchisme affirme l’origine divine de la Bible. L’omniprésence du “ Saint-Esprit » et de “ Marie » dans le catéchisme n’est pas justifiée par aucune intervention de l’un ou de l’autre. Impossible de relier le Saint-Esprit à aucune inspiration moralement supérieure, comme par exemple, inspirer un concile pour arrêter l’Inquisition ou les Croisades. Pour la “ Vierge Marie », ses quelques 500 interventions répertoriées ont été à 99% pour se faire construire une église. De plus elle n’apparaît, curieusement, qu’aux seuls catholiques. Que d’occasions ratées de faire des conversions!</p>
<ul>
<li><strong>Le type de lecture</strong></li>
</ul>
<p>Il existe différentes lectures de la Bible : littérale, littérale sauf des petits bouts, symbolique. Cependant aucune lecture ne permet pas d’évacuer l’immoralité du texte, qu’il soit pris littéralement ou symboliquement. Selon le catéchisme officiel, il n’y a qu’une seule lecture, littérale – sauf pour des petits bouts ! L’arrêt du Soleil par Josué a créé un premier malaise lorsque l&#8217;on a mieux compris les conséquences de l’idée de Copernic et de Galilée. Mais là aussi N. Rousseau rappelle que c’est le texte de la Bible, tel qu’il a été écrit, qui a été canonisé.</p>
<ul>
<li><strong>Historicité ou      fiction ?</strong></li>
</ul>
<p>A partir du 19ème siècle, le récit Biblique cesse d’être considéré comme strictement historique. On pourrait croire que cela a de l’importance. Plus récemment “ La Bible dévoilée », fait par des archéologues professionnels, fait l’inventaire de ce que nous connaissons. De fait, l’archéologie moderne a réduit les prétentions historiques de la Bible à peu de choses et, quand bien même serait-elle entièrement une fiction, cela n’empêche pas l’Église de l’utiliser comme exemple édifiant puisqu’elle a canonisé la “ sainte Bible ». Mais pour N. Rousseau, qu’il y ait peu ou prou d’histoire véritable dans la Bible le laisse indifférent : l’immoralité du texte canonisé reste la même, indépendamment de son historicité. Fiction ou pas, l’immoralité de la Bible reste donc condamnable.</p>
<ul>
<li><strong>Le contexte      historique</strong></li>
</ul>
<p>Pour dédouaner la Bible les exégètes vont invoquer le “ contexte historique ». En effet, à l’époque de la rédaction des différents textes bibliques, on peut affirmer qu’à peu près toutes les civilisations acceptaient et pratiquaient l’esclavage sous une forme où une autre. Mais alors,  demande N. Rousseau. “ Où est la révélation ? »</p>
<p>Des quatre parties de son ouvrage, N. Rousseau va surtout nous parler de l’esclavage dans la Bible, qu’il paraphrase par un retentissant “ Et sur ces esclaves je bâtirai mon église ! »</p>
<p>C’est à Noé, désigné par Yahvé pour régénérer la totalité de l’espèce humaine, que revient le déshonneur d’avoir immédiatement “ remis en service » l’esclavage par sa condamnation à la servitude de son fils Cham (dont seront issus les Cananéens) et cela pour une peccadille. Cette partie de la Bible sera d’ailleurs utilisée par les esclavagistes chrétiens pour justifier l’esclavage des Noirs et qui prétendront, sans justification (la Bible n’est pas raciste) que Cham est l’ancêtre des Noirs.</p>
<p>Moïse libère son peuple de l’esclavage … mais s’empresse de mettre les autres en esclavage avec un régime différent pour les juifs et les gentils (non juifs) : l’esclave juif doit être libéré durant la septième année, sauf si c’est une fille vendue par son père! L’esclave gentil l’est pour toujours. Le 10ème commandement rappelle aussi que “ Tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin, ni ses serviteurs ni son bétail. » ce qui nous assure que les “ serviteurs » sont des “ biens » meubles qu’on peut “ voler » et non des employés libres.</p>
<p>Le Nouveau Testament ne met pas fin à l’esclavage. Jésus s’occupe de l’esclavage du péché mais pas du péché d’esclavage qu’il semble considérer comme allant de soi.  Saint Pierre et surtout saint Paul entérinent complètement l’esclavage qui, d’un rapport détestable entre humains se trouve à être promu par ses soins au niveau d’un rapport sacré entre Dieu et ses créatures! Tous les Pères de l’Église étaient esclavagistes sauf Grégoire de Nice. Saint Augustin en rajoutera : “ s’il y a des esclaves c’est à cause du péché originel ». Il faut savoir qu’il a existé des auteurs païens importants, avant et après Jésus-Christ pour défendre les esclaves. Aristote, quatre cent ans avant J.C. enjoint de bien traiter ses esclaves. De même, plus tard, Cicéron et Juvénal.</p>
<p>Les exégètes juifs et catholiques vont souvent défendre la Bible en affirmant que l’esclavage hébreu était “ doux » et faisait partie de la “ pédagogie divine ». De plus l’esclavage serait un concept moderne sans réellement d’équivalent dans l’Antiquité. Même si cela est vrai, il n’en demeure pas moins que le discours dominant de la Bible reste esclavagiste. N. Rousseau souligne l’ironie de la prestation de serment de Barak Obama, premier président Noir, qui a dû jurer sur une bible esclavagiste.</p>
<p>De fait, l’abolition de l’esclavage dans un empire colonial a été promulguée officiellement, pour la première fois de l&#8217;histoire, par les révolutionnaires français (<em>Note du rédacteur : 4 février 1794 – toutefois le Danemark avait proclamé l’abolition dès 1792</em>).</p>
<p>N. Rousseau s’insurge contre le passe-droit dont bénéficient les textes sacrés, dont la Bible, et qui constituent pour lui de la littérature haineuse. Pour bien nous convaincre il cite le Psaume 137, dernier vers : “ Heureux ceux qui saisiront tes enfants pour les écraser contre le rocher » (vengeance contre Babylone). Autrement dit la Bible érige l’infanticide en vertu sacrée!</p>
<p>La période de questions a vu l’intervention de plusieurs connaisseurs en matière de textes sacrés (dont Denis Hamel, un sceptique bien connus de plusieurs de nos lecteurs).</p>
<p>Le podcast de la conférence (mp3) est disponible <a href="http://assohum.org/Media/MP3/NormandRousseau_LaBibleImmorale.mp3">ici</a> (41MB)</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Michel Virard</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://assohum.org/2010/06/conference-la-bible-immorale-de-normand-rousseau/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
<enclosure url="http://assohum.org/Media/MP3/NormandRousseau_LaBibleImmorale.mp3" length="42446967" type="audio/mpeg" />
		</item>
		<item>
		<title>Commentaires sur l&#8217;allocution de Marc Ouellet, primat du Canada</title>
		<link>http://assohum.org/2010/05/commentaires-sur-lallocution-de-marc-ouellet-primat-du-canada/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/05/commentaires-sur-lallocution-de-marc-ouellet-primat-du-canada/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 16 May 2010 15:31:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Bioethique]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA["Marc Ouellet"]]></category>
		<category><![CDATA[avortement]]></category>
		<category><![CDATA[blastocyste]]></category>
		<category><![CDATA[Catholique]]></category>
		<category><![CDATA[euthanasie]]></category>
		<category><![CDATA[Ouellet]]></category>
		<category><![CDATA[primat]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://assohum.org/?p=1927</guid>
		<description><![CDATA[La réalité, fort simple, c’est qu’il n’existe pas de support physique à une prétendue « personnalité » de l’embryon. Les cellules indifférenciées du blastocyste n’ont pas plus de « personnalité », ou de « spiritualité » si on veut utiliser ce terme, que celles que l’individu perdra régulièrement au cours de sa vie et qui, elles aussi, auront exactement le même capital génétique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Commentaires sur l’<strong>allocution du Primat de l’Église canadienne aux médecins catholiques </strong>publiée le 5 mai 2010 sur le site « enlignetoi.com », portail catholique et œcuménique d’information.</p>
<p><a href="http://www.toujoursenligne.com/27337-allocution-du-primat-de-lEglise-canadienne-aux-medecins-catholiques">http://www.toujoursenligne.com/27337-allocution-du-primat-de-lEglise-canadienne-aux-medecins-catholiques</a></p>
<p>Marc Ouellet, cardinal, archevêque de Québec et Primat du Canada, est certainement autorisé à parler au nom de l’Église catholique. Son allocution est donc clairement un énoncé de position « officielle » sur, principalement, deux sujets de bioéthique. M. Ouellet reprend les positions connues de l’Église sur l’avortement et sur l’euthanasie.</p>
<p>Pour les humanistes athées dont je me réclame, le document présente surtout un échantillonnage intéressant des arguments utilisés par le haut clergé catholique pour justifier sa vision misogyne, morbide et infantilisante des humains. Les procédés utilisés ne sont pas à l’honneur d’une religion qui prétend être dépositaire du Bien et du Vrai. Je me contenterai de passer en revue les principaux sophismes de cette allocution en laissant de coté toute la rhétorique purement religieuse. Nous ne parlerons donc pas de Dieu, dont je ne sais objectivement rien, mais de ce que nous savons réellement des êtres humains aujourd’hui et non à l’époque de Saint Thomas d’Aquin (1224-1274).</p>
<p><strong>1) L&#8217;affirmation contraire aux faits connus (de tous ceux qui se donnent la peine de lire…).</strong></p>
<p>«<em> … la Bible interdit toute décision unilatérale du coté humain visant à supprimer la vie d’autrui, où à l’abréger, ou bien à porter atteinte à sa propre vie, car aucun être humain n’est l’arbitre ultime de la vie. </em>» Marc Ouellet.</p>
<p>Dommage, cher Monsieur Ouellet, mais il vous faudra repasser votre examen d’Histoire Sainte en collant d’un peu plus près au texte de la Bible. Vous devriez savoir que la Bible, c’est à dire l’Ancien Testament et le Nouveau Testament, regorge d’injonctions violentes et de massacres présentés comme des modèles de conduite. Normand Rousseau, Maître es Sciences religieuses, s’est donné la peine de relever les immoralités manifestes enseignées par la Bible et cela a donné un catalogue imposant : son livre, « La Bible immorale » pèse 564 pages. Parmi ces immoralités, ce ne sont pas les incitations au meurtre qui manquent. Juste un exemple parmi des dizaines : Moïse s’en prend aux Madianites « <em>Eh bien maintenant, tuez tous les garçons, de même que toutes les femmes qui ont été mariées. Mais vous pouvez garder pour vous toutes les filles encore vierges</em>. » (ref. Nb-31/17 &amp; 18). Si ça ce n’est pas <em>une décision unilatérale visant à supprimer la vie d’autrui</em>, et bien dites-nous ce que c’est, on est curieux de savoir.</p>
<p>Mais, soyons charitable, Monsieur Ouellet, trahi pas sa fougue épiscopale, a pu faire un lapsus et il aurait dit « Bible » en pensant seulement au « Nouveau Testament ». Cela suffirait-il à exonérer Monsieur Ouellet ?  Hélas, non!</p>
<p>S’il suffisait d’escamoter l’Ancien Testament pour se refaire une virginité, on peut présumer que l’Église romaine l’aurait fait depuis longtemps. Malheureusement, même si le personnage  de Jésus-Christ est une amélioration considérable sur ses prédécesseurs bibliques,  il reste encore beaucoup à faire avant que lui et ses acolytes soient des références pour des humains du XXIe siècle. Des exemples ? Saint Paul n’en est pas avare : « <em>Ils connaissent bien le jugement de Dieu : ceux qui se conduisent de cette manière méritent la mort.</em> » (Rom. 1/32). On appréciera en passant la « tolérance » de Saint Paul. « <em>Je vous l’ai dit et je le répète maintenant : si quelqu’un vous annonce une Bonne Nouvelle différente de celle que vous avez reçue, qu’il soit maudit </em>» (Gal. 1/9). Peut-être pensez-vous que « maudit » ce n’est pas si terrible. En fait il s’agit de la traduction française du mot grec anathèma. Or cet « anathèma » n’est pas une simple menace, dépendant du contexte, il peut s’agir bel et bien d’une injonction pour « détruire » ce qui est « maudit », tout comme les offrandes aux dieux qui devaient être détruites complètement, sans aucune possibilité de récupération. Or ce terme anathème figure 15 fois dans l’Ancien Testament et 5 fois dans le Nouveau<a href="#_edn1">[i]</a>. Sans aller plus loin, il est certain que la destruction d’une vie humaine en dehors de la tribu, pour l’Ancien Testament, ou en dehors du groupe des coreligionnaires, pour le Nouveau Testament, n’est nullement exclue. Le « Tu ne tueras point » reste éminemment sélectif et cela est confirmé par les interprétations qu’en ont fait les divers croisés et inquisiteurs au cours des âges qui ne se sont pas gênés pour massacrer au nom du livre saint.</p>
<p>Vouloir faire dire à la Bible le contraire de ce qu’elle dit trahit bien la faiblesse de la position de l&#8217;Église romaine aussi bien sur l’avortement que sur les diverses options relatives à l&#8217;euthanasie.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>2) la confusion érigée en principe</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>« <em>Le respect de la vie à toutes les phases de son développement apparaît comme le principe et le fondement de l’ordre moral de la société </em>» Marc Ouellet</p>
<p>A plusieurs endroits de son allocution, Marc Ouellet passe de la défense de la vie à la défense de la personne et vice-versa, les considérant apparemment comme une seule et même chose. Le respect de la vie du bacille de la peste n’inspirant pas une grande compassion chez la plupart des humains, je présume donc que Marc Ouellet veut dire respect de la vie humaine et non de toutes les formes du vivant.</p>
<p>Cependant, la personne et la vie humaine restent deux concepts suffisamment différents pour qu’on s’inquiète de cette imprécision aux conséquences potentiellement dramatiques. Tout d’abord, la notion de « dignité humaine » se conçoit en référence à la personne, pas nécessairement en référence à la vie humaine. Le débranchement de Terri Schiavo, en 2005, de son système artificiel de maintien en vie a illustré clairement cette différence. Un corps vivant mais où il n’y a manifestement plus « personne » ne peut prétendre à la dignité d’une personne, seulement à celle d’une enveloppe humaine vide, ce qui n’est pas du même ordre. Marc Ouellet entretient donc volontairement une confusion regrettable entre vie humaine et personne, ce qui obscurcit le débat.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>3) Le faux choix binaire (paralogisme du faux dilemme).</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Pour la dignité de la personne humaine, M. Ouellet ne distingue que deux possibilités de début d’existence, à la naissance ou à la conception. En reprenant la position vaticane de 1987, « <em>la dignité de la personne humaine est la même à toutes les phases de son développement </em>», il affirme donc haut et fort qu’un blastocyste (embryon à son tout début) fait de quelques cellules indifférenciées, sans capacité aucune de fonctionnement cérébral, devrait disposer de droits similaires à ceux d’un être humain vivant, conscient, pensant, souffrant et porteur d’un vécu. Pourtant, les législations occidentales sur l’avortement limitent généralement l’avortement sur simple demande aux seules 10 ou 12 premières semaines, alors que l’embryon n’a pas de capacité neuronale fonctionnelle. Or cet aspect des étapes intermédiaires du passage progressif de l’œuf fécondé au bébé viable est complètement évacué du discours de M. Ouellet qui, en forçant un choix binaire complètement artificiel, s’assure de faire oublier que, même au très libéral Québec, une interruption volontaire de grossesse (par opposition à une interruption médicale) n’est, en fait, pas disponible au troisième trimestre de grossesse.</p>
<p>M. Ouellet affirme sans sourciller que « <em>La réalité de l’être humain, tout au long de son existence, avant et après la naissance, ne permet d’affirmer ni un changement de nature ni une gradation de la valeur morale, car il possède une pleine qualification anthropologique et éthique. </em>». Plus loin il affirme « <em>Il est reconnu scientifiquement que l’être humain dispose <span style="text-decoration: underline;">dès sa conception d’un capital génétique unique et complet</span> qui va se développer dans une ligne de continuité et de croissance. La personne adulte qui a parcouru toutes les phases du développement humain est la même personne qui a commencé par être un organisme microscopique dans le sein maternel.</em> »</p>
<p>M. Ouellet entend jouer sur deux tableaux : celui de la permanence de la personne et sur celui de la continuité du capital génétique unique et complet, pour démontrer la valeur morale de l’embryon à t=0. Cependant ce raisonnement se heurte à des obstacles insurmontables.</p>
<p>D’abord, si la continuité du capital génétique est bien réelle, ce capital n’est pas forcément unique (cas des jumeaux identiques) et il n’est donc pas toujours possible de faire coïncider chaque personne avec un capital génétique unique. De plus cette continuité du capital génétique n&#8217;est pas garantie au tout début du développement (deux premières semaines). Deux blastocystes hétérozygotes, normalement destinés à produire des jumeaux fraternels (non identiques), peuvent fusionner et produire un seul embryon, tout à fait viable, qui sera de nature chimérique et possiblement avec un capital génétique issu de plus que de deux parents. Si la « personne » du blastocyste original est une réalité (M. Ouellet prend bien soin de ne pas parler « d’âme », ce qui est nouveau) on se demande bien ce qu’il advient de celle-ci au moment d’une division de blastocystes (cas des jumeaux identiques) ou au moment d’une fusion de deux blastocystes (cas de l’individu chimérique). Ces particularités de l&#8217;embryogenèse humaine excluent l’hypothèse d’une « personnalité » unique et inséparable de l&#8217;embryon dès la conception. La réalité, fort simple, c’est qu’il n’existe pas de support physique à une prétendue « personnalité » de l’embryon. Les cellules indifférenciées du blastocyste n’ont pas plus de « personnalité », ou de « spiritualité » si on veut utiliser ce terme, que celles que l’individu perdra régulièrement au cours de sa vie et qui, elles aussi, auront exactement le même capital génétique. Cette absence de support physique pour une « personne » se continue aussi à la période suivante du développement et c’est seulement après l’apparition de réseaux neuronaux fonctionnels qu’on pourrait parler d&#8217;une éventuelle personnalité pour un fœtus. C’est aussi pour cette raison que l’avortement sur demande les premiers trois mois d’une grossesse a fini par être considéré comme allant de soi dans la plupart des nations occidentales émancipées de leur église nationale. Un fœtus de moins de trois mois ne peut tout simplement pas être considéré comme une personne. Je concède que cela laisse les questions d’avortements tardifs en suspens et l’Église catholique aurait pu contribuer au débat sur les choix difficiles à faire dans ces cas réellement délicats si elle ne s’était pas d’abord totalement discréditée par une position intenable sur l’avortement en début de grossesse. La décision du Vatican de prohiber toute forme d’avortement volontaire ne peut pourtant pas s’appuyer sur aucun verset explicite dans tous les évangiles et cela malgré les prétentions des auteurs du site</p>
<p><a href="http://www.xn--vangile-9xa.com/versets-bibliques/avortement.html">http://www.xn--vangile-9xa.com/versets-bibliques/avortement.html</a></p>
<p>qui s’imaginent justifier cette prohibition avec des versets qui n’ont manifestement rien à voir avec l’avortement.</p>
<p><strong>4)  Imposer aux autres des souffrances inutiles</strong></p>
<p>« <em>Toutes ces considérations nous aident à comprendre l’exigence du respect de la vie à toutes les phases de son développement, de la conception à la sépulture. Elles justifient par conséquent qu’en fin de vie, on pratique des soins palliatifs de qualité au lieu d’éliminer les patients qui souffrent, <span style="text-decoration: underline;">car ils peuvent continuer à grandir jusque dans l’extrême faiblesse</span></em><em>.</em> » Marc Ouellet.</p>
<p>Il faut le voir écrit pour le croire. On se demande quel genre de croissance Marc Ouellet avait en tête lorsqu’il écrit la dernière phrase ci-dessus. La croissance des plaques amyloïdes des patients affligés de la maladie d’Alzheimer ? En phase terminale, ces patients cessent de répondre à tout stimulus : leur système nerveux a cessé de fonctionner. Y-a-t-il encore une « personne » à bord ? Difficile de répondre mais il existe une grande diversité de cas de figure en fin de vie et établir, a priori, que l’on ne doit jamais intervenir et cela dans tous les cas, c’est se condamner soi-même à une forme de  cruauté. Là aussi, on aurait pu espérer une position réellement basée sur la compassion et non sur un dogmatisme affolant. Bien sûr que les soins palliatifs doivent être de qualité. Personne, absolument personne n’a jamais demandé qu’ils soient revus à la baisse. Là où le suicide assisté est disponible, on a constaté qu’une infime minorité des patients en phase terminale s’en prévalait. On n’a pas constaté non plus une augmentation des crimes autour de ces cas non plus qu’une augmentation des suicides dans la population en général.</p>
<p>Si Marc Ouellet se retrouve jamais comme patient aux soins palliatifs, avec des douleurs abominables et incontrôlables, je ne lui souhaite pas de se faire soigner par des médecins catholiques strictement adeptes de sa théorie : je ne serai pas assez cruel pour lui demander s’il se sentira « grandi » par l’expérience. Si Marc Ouellet désire souffrir jusqu’au bout de son agonie, je lui en laisse volontiers le loisir mais qu’il ne vienne pas me dire qu’il m’interdit de demander à mon médecin d’abréger mes propres souffrances et cela au nom de ses croyances à lui. Cette arrogance est totalement inacceptable.</p>
<p><strong>5) L’argument visant un mannequin de paille plutôt que l’adversaire réel.</strong></p>
<p><em>« </em><em>Rappelons de nouveau l’anthropologie qui fonde les droits humains. C’est la qualité ontologique de la personne et son lien sacré avec Dieu qui proscrit toute violation de son droit à la vie, au respect, à une existence décente, à la liberté de conscience et de religion, etc.  Enlevez cette référence transcendante et cette inviolabilité ontologique et il ne reste plus que le pouvoir du plus fort pour imposer un ordre social qui sera alors à l’image du surhomme dans la vision de Nietzsche : insensible aux êtres les plus fragiles et à la misère des pauvres, ce pouvoir sera appâté finalement par l’argent et n’aura que mépris pour les vertus chrétiennes d’humilité et de compassion. »</em> Marc Ouellet.<em> </em></p>
<p>Laissons de coté l’humilité toute relative du cardinal et sa compassion douteuse pour les personnes en fin de vie et observons plutôt la méthode de son argumentation : quelles sont les sociétés occidentales actuelles qui se réclament de Nietzsche ? A ma connaissance, aucune. Bien au contraire, les démocraties occidentales ont renié toutes prétentions à promouvoir un quelconque surhomme. De tous les régimes qui se sont succédés sur la planète, ce sont ces démocraties qui ont intégré le plus le souci de protéger les êtres les plus fragiles. Ce sont, et de très loin, les régimes qui démontré le plus de compassion aussi bien envers leurs citoyens qu&#8217;envers les humains hors de leurs frontières. Alors Marc Ouellet parle de qui au juste ? Et bien il parle d’un homme de paille plus facile à vaincre que son adversaire réel. En présentant Nietzsche comme une sorte d’inspirateur des tenants de l’avortement et de l’arrêt des souffrances de fin de vie, il s’assure à bon compte un capital de sympathie chez tous ceux qui associent, et avec quelques raisons, Nietzsche aux régimes totalitaires. Seulement voilà, les démocraties qui ont mis en place des législations permettant l’avortement et celles, encore trop peu nombreuses, permettant d’abréger les souffrances de fin de vie, sont effectivement aux antipodes de la pensée nietzschéenne. De fait, Nietzsche les aurait certainement eu en parfait mépris : <em>« L’intérêt du gouvernement dans son rôle de tutelle et l’intérêt de la religion vont si bien la main dans la main que, dès le moment où cette dernière amorce son déclin, les fondements de l’état sont ébranlés du même coup. La croyance à un ordre divin des choses politiques, à un mystère dans l’existence de l’état, est d’origine religieuse : que la religion disparaisse, et l’État y perdra inévitablement son antique voile d’Isis, cessera d’inspirer la vénération. La souveraineté du peuple, vue de près, servira à dissiper aussi les derniers restes de magie et de superstition dans ce domaine de sentiments ; la démocratie moderne sera la forme historique <strong>de la décadence de l’état.</strong> » </em>Friedrich Nietzsche, <em>Humain, trop Humain I</em>, Section VIII, Paragraph 472</p>
<p>Nietzsche s’est royalement trompé sur l’avenir de la démocratie, laquelle est devenue, malgré son absence de « magie », non seulement le régime politique le plus désiré de la planète mais celui qui a réussit à imposer sa puissance face à tous les totalitarismes, anciens et nouveaux. Autrement dit, les états démocratiques sont tout le contraire de sa prédiction. La manœuvre de Marc Ouellet est donc fondamentalement malhonnête : Nietzsche n’avait rien à faire dans cette argumentation et il l’a utilisé simplement pour tenter de ternir ses adversaires.</p>
<p><strong>6) Prétendre que ce que l’on déteste n’existe pas.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em> « </em><em>On constate tristement l’absence d’une norme éthique claire, universellement admise et respectée, qui garantirait l’ordre social et donc un vivre ensemble dans l’égalité des droits et la liberté pour tous. »</em> Marc Ouellet<em> </em></p>
<p>Bien sûr qu’elle existe cette norme ! Mais elle déplait tellement à Marc Ouellet qu’il prétend qu’elle n’existe pas. Cette norme est évidemment l’ensemble des droits de la personne, en progrès constant depuis les Lumières, et qui ont le grave défaut, pour la puissante Église romaine, de s’être développés parfois à coté des normes religieuses mais souvent en opposition à ces normes. Ces droits sont <em>clairs, universellement admis et respectés et garantissent l’ordre social</em> dans les démocraties, lesquelles assurent mieux que tout autre régime, théocraties comprises,<em> l’égalité des droits et la liberté pour tous</em>.  Ces droits sont issus du travail de penseurs humanistes à qui nous devons infiniment plus qu’à tous les saints du calendrier. Marc Ouellet a bien de la chance de vivre dans une de ces démocraties qui lui laisse l’entière liberté de prêcher sa vision moyenâgeuse de la condition humaine.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr size="1" />
<p><a href="#_ednref1">[i]</a> (Nb. 21/1 ; Dt. 7/26, 13/17 ; Jos. 6/7 , 7/1, 11s ; Jg.1/17 , 16/23 ; Za. 14/11; Mal.4/6 ; Rom.9/2 ; I Cor.12/3, 16/26 ; Gal.1/8, 9.)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://assohum.org/2010/05/commentaires-sur-lallocution-de-marc-ouellet-primat-du-canada/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Vidéos du grand rassemblement pour la laïcité</title>
		<link>http://assohum.org/2010/05/videos-du-grand-rassemblement-pour-la-laicite/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/05/videos-du-grand-rassemblement-pour-la-laicite/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 14 May 2010 04:21:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Pion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://assohum.org/?p=1914</guid>
		<description><![CDATA[
Le 28 avril dernier avait lieu, à l&#8217;auditorium de la grande bibliothèque, le grand rassemblement pour la laïcité. Plus de 300 personnes étaient présentes pour entendre les personnalités suivantes réclamé une charte de la laïcité pour le Québec.

Guy Rocher, sociologue émérite et l’un des pères de la  Révolution tranquille
Djemila Benhabib, auteure de Ma vie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><center><img src="http://laicitequebec.files.wordpress.com/2010/03/v3a_logo_clq.jpg?w=300&#038;h=152" alt="Coalition laïcité" /></center></p>
<p>Le 28 avril dernier avait lieu, à l&#8217;auditorium de la grande bibliothèque, le grand rassemblement pour la laïcité. Plus de 300 personnes étaient présentes pour entendre les personnalités suivantes réclamé une charte de la laïcité pour le Québec.</p>
<p><b></p>
<p>Guy Rocher, sociologue émérite et l’un des pères de la  Révolution tranquille</p>
<p>Djemila Benhabib, auteure de Ma vie à contre Coran</p>
<p>2Fik, artiste franco-canadien d’origine marocaine</p>
<p>Julie Latour, avocate et ancienne bâtonnière du Barreau de Montréal.</p>
<p>Me Jean-Claude Hébert a généreusement accepté d’animer la soirée.</p>
<p> En prime le slammestre Frank Poule nous a servi un cocktail syntaxique jouissif! </p>
<p></b></p>
<p>L&#8217;Association humaniste du Québec était la avec la caméra de la Fondation humaniste pour immortaliser l&#8217;évènement.</p>
<p><object width="640" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/Fb9K18V0L0M&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/Fb9K18V0L0M&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="640" height="385"></embed></object></p>
<p><object width="640" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/CET2pa8uyXg&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/CET2pa8uyXg&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="640" height="385"></embed></object></p>
<p><object width="640" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/GOSsc4WhPFk&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/GOSsc4WhPFk&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="640" height="385"></embed></object></p>
<p><object width="640" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/APQowLnMEnE&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/APQowLnMEnE&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="640" height="385"></embed></object></p>
<p><object width="640" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/-FB4G8rovlQ&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/-FB4G8rovlQ&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="640" height="385"></embed></object><br />
<object width="640" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/3ZO6kvcrQxs&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;color1=0x2b405b&#038;color2=0x6b8ab6"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/3ZO6kvcrQxs&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;color1=0x2b405b&#038;color2=0x6b8ab6" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="640" height="385"></embed></object><br />
<object width="480" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/M1KcR-799eE&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;color1=0x2b405b&#038;color2=0x6b8ab6"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/M1KcR-799eE&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;color1=0x2b405b&#038;color2=0x6b8ab6" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"></embed></object><br />
<object width="480" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/W2KQxf66Aow&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;color1=0x2b405b&#038;color2=0x6b8ab6"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/W2KQxf66Aow&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;color1=0x2b405b&#038;color2=0x6b8ab6" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"></embed></object><br />
<object width="640" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/ocUpeWQdtJ4&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;color1=0x2b405b&#038;color2=0x6b8ab6"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/ocUpeWQdtJ4&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;color1=0x2b405b&#038;color2=0x6b8ab6" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="640" height="385"></embed></object></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://assohum.org/2010/05/videos-du-grand-rassemblement-pour-la-laicite/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Laïcité #4 &#8211; Entrevue avec Me Jean-Claude Hébert</title>
		<link>http://assohum.org/2010/05/laicite-4-entrevue-avec-me-jean-claude-hebert/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/05/laicite-4-entrevue-avec-me-jean-claude-hebert/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 01 May 2010 22:48:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://assohum.org/?p=1907</guid>
		<description><![CDATA[La Laïcité et le DROIT[1] 
La  Laïcité au Québec – entrevue #4
Entrevue réalisée par Jocelyn Parent
Bonjour Jean-Claude Hébert.
Me Jean-Claude Hébert pratique le droit pénal et le droit professionnel depuis plus de trente ans et il a reçu, pour sa contribution à l’avancement du droit et son exercice, la médaille du Barreau (2007). Il est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong>La Laïcité et le DROIT</strong><a href="#_ftn1">[1]</a><strong> </strong></p>
<p>La  Laïcité au Québec – entrevue #4</p>
<p>Entrevue réalisée par <strong>Jocelyn Parent</strong></p>
<p>Bonjour <strong>Jean-Claude Hébert</strong>.</p>
<p>Me Jean-Claude Hébert pratique le droit pénal et le droit professionnel depuis plus de trente ans et il a reçu, pour sa contribution à l’avancement du droit et son exercice, la médaille du Barreau (2007). Il est chroniqueur au <em>Journal du Barreau</em>, dans lequel il a rédigé plusieurs chroniques sur la question des accommodements raisonnables, la religion et la laïcité. Il enseigne à la maîtrise au Département des sciences juridiques à l’UQÀM, et il est l’un des nombreux signataires de la <em>Déclaration pour un Québec laïque et pluraliste</em> qui est parue à la mi-mars (<a href="http://www.quebeclaique.org/">http://www.quebeclaique.org/</a>).</p>
<p><strong>Pour bien protéger certains droits, telle l’égalité des sexes, serait-ce souhaitable de hiérarchiser les droits et d’en reléguer certains, telle la liberté religieuse, à un rang subalterne?</strong></p>
<p>La Cour suprême du Canada a clairement statué qu’il ne saurait y avoir une approche juridique fondée sur la hiérarchie des droits. Certes, le législateur québécois pourrait se risquer de faire l’exercice, mais il y a fort à parier que la plus haute cour du pays jugerait cette démarche inconstitutionnelle.</p>
<p>Mieux vaudrait modifier la Charte québécoise en modifiant l’article 50.1<a href="#_ftn2">[2]</a> pour indiquer que cet instrument juridique devrait être interprété de manière à tenir compte des « valeurs fondamentales de la nation québécoise ». De la sorte, le législateur contournerait le piège de la hiérarchisation des droits. En effet, une valeur transcende un droit et n’est pas une garantie juridique protégée comme un droit ou une liberté. C’est d’ailleurs le sentier choisi par le Parti québécois dans son Projet de loi no. 391.</p>
<p><strong>Expliquez-nous les différences qu’il y a entre une charte sur la laïcité et une loi constitutionnelle sur le même sujet? En quoi une charte serait-elle meilleure qu’une loi constitutionnelle, ou l’inverse? Pour que la laïcité soit véritablement pleine, efficace et qu’elle ait une portée tangible, à quel niveau serait-il mieux d’intervenir?</strong></p>
<p>Pour éviter de banaliser le concept de charte, il faut cesser de multiplier à tout vent ce concept. Nul besoin de rédiger une Charte de la laïcité. Le législateur peut fort bien définir à grands traits l’exigence de laïcité et son pendant la neutralité de l’État. Le mieux serait de le faire dans le préambule de la Charte québécoise.</p>
<p>La Charte québécoise est un instrument juridique quasi constitutionnel qui a prépondérance sur toutes les autres lois du Québec. S’agissant pour les tribunaux d’interpréter les lois québécoises (ce qui inclut les règlements), les juges doivent en tenir compte. La Charte québécoise s’applique dans les rapports entre le citoyen et l’État, puis entre les citoyens eux-mêmes. Au contraire, la Charte canadienne ne s’applique qu’à l’égard des litiges entre un citoyen et l’État.</p>
<p><strong>D’ailleurs, si le Québec se dotait d’une charte ou modifiait sa constitution interne pour y inclure la laïcité, comment réagirait la Cour suprême dès la première démarche en inconstitutionnalité intentée par un croyant?</strong></p>
<p>La Cour suprême conserve toujours une grande latitude dans l’interprétation des droits fondamentaux, notamment la liberté de religion. Par exemple, dans l’affaire <em>Anselem</em>, il s’agissait d’un litige entre copropriétaires. L’État n’avait rien à voir dans ce dossier. La Cour a statué en fonction de la notion de liberté de religion reconnue par la Charte québécoise. Bref, peu importe le contenant, la haute Cour peut toujours interpréter le contenu comme bon lui semble.</p>
<p><strong>À cet effet, la position des juges minoritaires dans l’affaire Amselem </strong><strong>[2004</strong><strong>] tient compte de l’intérêt général en cherchant un lien entre la demande du croyant, les préceptes de sa religion mais surtout avec les autres droits da la société. Pour le dire clairement, ces juges canadiens ont pris en considération la charte québécoise dans laquelle la demande devait s’insérer et respecter les valeurs communes. Cette position minoritaire est-elle toujours au second plan chez les juges de la Cour suprême?</strong></p>
<p>Bien malin est celui qui pourra deviner quelle orientation majoritaire prendra la Cour dans les prochains dossiers. Deux juges plutôt favorables à une interprétation forte en faveur de la liberté de religion (les juges Gonthier et Bastarache) ont quitté la Cour ces dernières années. Il faudra voir où vont se nicher les nouveaux juges sur cet épineux problème.</p>
<p><strong>Selon la constitution canadienne, le Québec peut se doter de sa propre constitution à l’intérieur du Canada, à moins qu’il ne tente de toucher à certains aspects du fédéralisme. Mais le Québec pourrait-il ajouter à sa constitution la laïcité sans qu’elle ne soit remise en cause par la Cour suprême? Pensons à la mention de la «suprématie de Dieu». Tant qu’elle y sera, la laïcité (canadienne et québécoise) ne pourra jamais être complète. Faudra-t-il toujours invoquer la clause dérogatoire (article 1 ou 33, selon)?</strong></p>
<p>Dans la mesure où le gouvernement québécois définit la laïcité de façon conforme à l’interprétation sur la liberté de religion retenue par la Cour suprême, il n’y aura pas de problème. Si, d’aventure, la définition de la laïcité privilégiée par le gouvernement québécois vient en contradiction avec l’interprétation que favorise la Cour suprême de la liberté de religion, la haute magistrature aura le dernier mot.</p>
<p><strong>Que veut dire la Cour suprême lorsqu’elle confirme que la notion d’accommodement raisonnable ne s’applique pas à <span style="text-decoration: underline;">l’action législative</span> de l’État?<a href="#_ftn3"><strong>[3]</strong></a> Est-ce à dire qu’un employé de l’État ne peut être interdit à porter de symboles religieux (visibles = ostentatoires) pendant l’exercice de ses fonctions?</strong></p>
<p>La Cour suprême dit qu’il faut suivre deux sentiers juridiques selon que le litige met en cause une loi ou un règlement de l’État (auquel cas une violation de la liberté de religion doit être évaluée en fonction de l’article 1 de la Charte canadienne) – et – une relation entre un employeur ou une institution et un citoyen qui demande un accommodement raisonnable. Dans le second cas, l’arbitrage se fait selon la définition de l’accommodement raisonnable que le gouvernement du Québec veut codifier dans son Projet de loi no.94.</p>
<p><strong>Vous reconnaissez, comme d’autres avocats, juges et juristes, que, bien qu’en vigueur et active, la laïcité n’est pas inscrite dans les textes de lois canadiens et québécois. Pensez-vous qu’un certain «activisme» judiciaire pourrait faire bouger les politiciens et qu’ils reconnaissent ce qu’il y a déjà dans la société québécoise, soit une laïcité, présente mais non mentionnée, défendue par les citoyens?</strong></p>
<p>Il ne faut pas trop compter sur l’activisme judiciaire pour définir le concept de laïcité, d’autant plus que cette question est porteuse de tension sociale. Les juges pratiquent habituellement une prudente retenue judiciaire et préfèrent interpréter des textes de loi. C’est vrai que dans le passé, on retrouve, ici et là, des commentaires (ex : Juge Lamer à la Cour suprême) disant que nous vivons dans une société qui reconnaît la séparation de l’État et de la religion. Mais, l’initiative doit venir du législateur. Plus que jamais, les juges vont se nouer la langue, à moins d’avoir à trancher un litige. Encore là, ils vont suivre la voie tracée par la Cour suprême.</p>
<p><strong>Au niveau juridique, qu’est-ce qui se dit sur la laïcité dans les autres provinces du Canada? Les juristes, avocats et juges y sont-ils intéressés? Ont-ils une conception différente de celle des Québécois?</strong></p>
<p>Dans les autres provinces, notamment en Ontario, il y a eu plusieurs causes portant sur le financement des écoles confessionnelles (un droit reconnu en Ontario par la Constitution de 1867 et qui fut modifié au Québec). Bref, des gens qui ne sont ni catholiques ni protestants ont plaidé la discrimination pour avoir les mêmes privilèges de financement des écoles et ont échoué. La question de la prière dans les écoles a également provoqué des litiges.</p>
<p>Pour le reste du Canada, c’est la philosophie du multiculturalisme qui domine.</p>
<p><strong>Vous avez mentionné dans le <em>Journal du Barreau du Québec</em>, en décembre 2009, que l’Article 20 de la Charte québécoise permettait de déroger à la récente égalité des sexes adoptée par Québec (mai 2008), suite à la Commission Bouchard-Taylor. Que voulez-vous dire par cette «dérogation»? Qu’elles en seraient les conséquences?</strong></p>
<p>Si vous lisez l’article 20<a href="#_ftn4">[4]</a> de la Charte québécoise, vous verrez que les institutions religieuses ne peuvent faire l’objet de poursuites pour discrimination. Autrement dit, une école religieuse peut discriminer ses employés et ceux-ci ne peuvent utiliser l’arsenal juridique de la Charte québécoise. Voilà pourquoi les femmes ne peuvent poursuivre l’Église catholique qui discrimine les femmes quant à la prêtrise.</p>
<p><strong>Que pensez-vous du récent projet de loi 94 du gouvernement Charest sur la laïcité «ouverte»? Est-ce suffisant pour la laïcité?</strong></p>
<p>Il y aurait beaucoup à dire sur le projet de loi 94, surtout sur ce qu’il ne dit pas. D’ailleurs, la ministre de la Justice en dit plus (que le projet de loi semble en dire) dans ses commentaires. Ce n’était pas très périlleux que de codifier la technique jurisprudentielle des accommodements raisonnables. Si le gouvernement avait voulu s’en éloigner, il aurait retrouvé la Cour suprême sur sa route. Pour le reste, il n’y a pas les fameuses balises pourtant promises. Bien que le projet de loi soit silencieux sur le sujet, la ministre Weil dit que son gouvernement a choisi la « laïcité ouverte », donc celle du rapport Bouchard-Taylor et des experts qui ont façonné cette nouvelle théorie socio-juridique.</p>
<p><strong>Quand les juges reconnaissent que l’État doit faire un accommodement religieux à un croyant qui en a fait la demande, contrainte excessive ou non, pourquoi les juges présument-ils automatiquement de la sincérité de la conviction religieuse –et d’orienter leur jugement par cet élément− plutôt que de dire ce qu’ils sont selon la loi, neutres, soit d’être incompétents/inaptes à juger de la sincérité ou non de la foi d’un croyant ? Ainsi, en ne jugeant pas le litige selon une plausibilité religieuse, ils jugeraient selon des faits tangibles…</strong></p>
<p>Pour éviter d’avoir à arbitrer les querelles et points de vue différents des différentes écoles de pensée à l’intérieur d’une religion, les juges ont choisi l’approche la plus large qui soit, soit le critère de la croyance subjective. Dans l’affaire <em>Bruker </em>c<em>.</em><em> Marcovitz</em>, 2007 CSC 54, la Cour suprême applique le principe de non-intervention dans les pratiques religieuses. Selon la Cour, c’est l’une des plus importantes considérations menant à l’adoption de la norme subjective de la croyance sincère. Ce principe est important en raison de multiples circonstances dans lesquelles les tribunaux pourraient être appelés à intervenir dans les conflits religieux. Le principe de non-intervention permet donc d’éviter que les tribunaux aient à trancher entre diverses normes religieuses ou entre les règles du droit laïque et les normes religieuses.</p>
<p>La Cour suprême justifie son approche par le fait que l’État laisse à chacun le soin de s’autoréglementer en matière religieuse. Il ne revient pas au gouvernement de faire la promotion d’une norme religieuse. Cela relève des autorités religieuses. Selon les juges de la haute cour, la réserve manifestée par les tribunaux civils canadiens à l’endroit des questions religieuses leur permet non seulement de limiter leur action aux règles qu’ils sont explicitement chargés d’appliquer, mais elle leur permet aussi de conserver une neutralité qui est indispensable dans une société pluraliste et multiculturelle. Elle permet aux tribunaux de s’attacher au respect de la norme civile, sans avoir à trancher entre diverses coutumes ou pratiques.</p>
<p><strong>N’est-ce pas donner une prépondérance aux convictions religieuses pour ceux qui en ont, par rapport à ceux qui n’ont pas de convictions religieuses, eux qui ne demandent pas d’accommodements sur la base de leurs (non-)convictions ?</strong></p>
<p>La liberté de religion est jouxtée à la liberté de conscience. Rien n’exclut la possibilité pour un athée de demander un accommodement raisonnable relativement à une obligation qui l’obligerait à renier sa liberté de conscience. Exemple : un soldat canadien en Afghanistan pourrait refuser de livrer un prisonnier aux forces locales, sachant que le détenu sera torturé.</p>
<p><strong>En créant l’obligation d’accommodement raisonnable en 1985, la Cour suprême a reconnu qu’il n’était valable que pour les personnes, non pour les groupes ; c’est donc un droit individuel. Aussi, il n’y a pas d’obligation d’accommodement dans les cas de coûts excessifs ; la Cour l’a reconnu. Mais si la religion est un droit individuel auquel un croyant a librement choisi d’adhérer, pourquoi les coûts (même non excessifs) liés à son accommodement sont-ils aux frais de l’État ou de l’entreprise, pas à lui ? N’est-ce pas lui qui a choisi de s’auto-discriminer en adhérant en toute liberté à une religion qui le contraint à un code particulier ? Convenons que l’adhésion à une religion n’est pas du même acabit qu’un handicap physique ou mental, auquel une personne ne consent généralement pas…</strong></p>
<p>Dans un arrêt de principe, <em>R.</em> c. <em>Big M Drug Mart Ltée<a href="#_ftn5"><strong>[5]</strong></a></em>, la Cour suprême a statué qu’une société vraiment libre peut accepter une grande diversité de croyances, de goûts, de visées, de coutumes et de normes de conduite. Une société libre vise à assurer à tous l’égalité quant à la jouissance des libertés fondamentales. Selon la Cour, le concept de la liberté de religion se définit essentiellement comme le droit de croire ce que l’on veut en matière religieuse, le droit de professer ouvertement des croyances religieuses sans crainte d’empêchement ou de représailles et le droit de manifester ses croyances religieuses par leur mise en pratique et par le culte ou par leur enseignement et leur propagation.</p>
<p>Et la plus haute cour du pays d’ajouter que la liberté au sens large comporte l’absence de coercition et de contrainte et le droit de manifester ses croyances et pratiques. La liberté signifie que, sous réserve des restrictions qui sont nécessaires pour préserver la sécurité, l’ordre, la santé ou les mœurs publiques ou les libertés et droits fondamentaux d&#8217;autrui, nul ne peut être forcé d’agir contrairement à ses croyances ou à sa conscience. Le juge Dickson, rédacteur du jugement, opina qu’une majorité religieuse, ou l’État à sa demande, ne peut, pour des motifs religieux, imposer sa propre conception de ce qui est bon et vrai aux citoyens qui ne partagent pas le même point de vue. La <em>Charte</em> protège les minorités religieuses contre la menace de «tyrannie de la majorité», de conclure la Cour.</p>
<p>Bien que la liberté de croyance puisse être vaste, la liberté d’agir suivant ces croyances est beaucoup plus restreinte. Cette proposition émane de la Cour suprême dans l’affaire <em>Université Trinity Western </em>c<em>. College of Teachers<a href="#_ftn6"><strong>[6]</strong></a></em>. C’est ici qu’entre en ligne de compte l’arbitrage des accommodements raisonnables.</p>
<p>Merci de cet entretien, Me Hébert.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr size="1" />
<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> : Cette entrevue est parue dans le journal <em>Unité Ouvrière</em>, no.20, hiver/printemps 2010. Il s’agit de la version intégrale, non raccourcie pour les besoins du journal.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> : <em>Les droits et libertés énoncés dans la présente Charte sont garantis également aux femmes et aux hommes</em>.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> : <em>Alberta c. Hutterian Brethren Colony</em>, qui fut rendu en juillet 2009 (CSC 37).</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> : <em>Une distinction, exclusion ou préférence fondée sur les aptitudes ou qualités requises par un emploi, ou justifiée par le caractère charitable, philanthropique, religieux, politique ou éducatif d&#8217;une institution sans but lucratif ou qui est vouée exclusivement au bien-être d&#8217;un groupe ethnique est réputée non discriminatoire</em>.</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> : [1985] 1 R.C.S. 295.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> : [2001] 1 R.C.S. 772.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://assohum.org/2010/05/laicite-4-entrevue-avec-me-jean-claude-hebert/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Laïcité #3 &#8211; Entrevue avec Louise Mailloux</title>
		<link>http://assohum.org/2010/04/laicite-3-entrevue-avec-louise-mailloux/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/04/laicite-3-entrevue-avec-louise-mailloux/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 21:56:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Autres</dc:creator>
				<category><![CDATA[laïcité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://assohum.org/?p=1893</guid>
		<description><![CDATA[Laïcité et égalité des sexes
La Laïcité au Québec – suite d’une série d’entrevues
Entrevue réalisée par Jocelyn Parent
 Bonjour madame Louise Mailloux.
 Vous êtes professeure de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal et êtes aussi collaboratrice à L’Aut’journal où vous écrivez régulièrement. En mai 2009, avec Hafida Oussedik et Djemila Benhabib, suite à la position de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Laïcité et égalité des sexes</strong></p>
<p><strong>La Laïcité au Québec – suite d’une série d’entrevues</strong></p>
<p>Entrevue réalisée par <strong>Jocelyn Parent</strong></p>
<p> Bonjour madame Louise Mailloux.</p>
<p> Vous êtes professeure de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal et êtes aussi collaboratrice à L’Aut’journal où vous écrivez régulièrement. En mai 2009, avec Hafida Oussedik et Djemila Benhabib, suite à la position de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) en faveur du port de symboles religieux chez le personnel de l’État, vous avez fondé le Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité (Cciel), qui est d’ailleurs en pleine effervescence.</p>
<p><strong>Au niveau de la promotion de la laïcité, qu’est-ce qui distingue le Cciel du Mouvement laïque québécois (MLQ)? Pourquoi l’avoir fondé?</strong><br />
 Nous avons une orientation franchement féministe qui fait que le principe d’égalité entre les femmes et les hommes est au centre de nos préoccupations. La raison en est bien simple : si nous avons les religions à l’œil, c’est parce qu’elles sont toutes misogynes et sexistes et bafouent constamment les droits des femmes. D’ailleurs, l’histoire en témoigne, à chaque fois que les religions gagnent du terrain dans l’espace public et se rapprochent du politique, les droits des femmes régressent. C’est immanquable! D’où l’importance de se battre pour la laïcité, qui suppose la séparation de la religion d’avec l’État et renvoie à la sphère privée tout ce qui relève du religieux. Cette lutte pour la laïcité nous apparaît donc comme le meilleur moyen pour empêcher les religions de remettre en question les acquis encore bien fragiles de la révolution féministe des dernières décennies. Voilà pourquoi nous considérons comme intimement liées l’égalité des sexes à la question de la laïcité, d’où le nom de notre Collectif. D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à faire cette équation puisque la grande majorité des Québécois se méfient des religions justement parce qu’elles menacent l’égalité des femmes et des hommes, qui est une valeur non-négociable au Québec. C’est d’ailleurs toujours sur ce point précis que les protestations les plus vives concernant les accommodements religieux se font entendre.<br />
 Le second élément qui distingue notre Collectif du MLQ est une vigilance toute spéciale accordée à l’intégrisme, particulièrement l’intégrisme musulman, parce que ce sont dans les pays musulmans où les droits et la vie des femmes sont les plus niés et les plus bafoués, et que cet intégrisme est présent ici même au Québec, qu’il est financé et organisé et qu’il regroupe un certain nombre de militants politiques qui sont actifs dans certains groupes ou partis politiques. Les intégristes musulmans sont aussi actifs dans leur communauté d’immigration où ils suppléent aux carences de l’État en matière de soutien aux immigrants qu’ils aident et qu’ils dépannent. C’est ainsi qu’ils tissent des liens avec les nouveaux arrivants pour les couper de leur pays d’accueil, exigeant en retour la fréquentation de la mosquée et le port du voile. Ainsi des femmes qui ne portaient pas le voile en arrivant au Québec se sont mises à le porter quelque temps après.<br />
 Dans les religions, il y a toujours une frange conservatrice parmi les croyants qui n’acceptera jamais la laïcité et le fait que celle-ci les maintient à l’écart du politique pour les empêcher d’imposer à l’ensemble de la société leur morale et leurs règles de vie. Ces croyants chercheront donc de mille et une façons à contester le caractère laïque de nos institutions d’État en tentant d’y introduire à nouveau des signes ou des pratiques religieuses. Cette bataille n’a rien de spirituel, croyez-moi. Elle est essentiellement politique parce que le pouvoir religieux n’est rien d’autre qu’un pouvoir temporel et que la religion est une autre façon de faire de la politique.<br />
 L’intégrisme religieux réagit fortement à la libération des femmes que l’on veut renvoyer au foyer, pour qu’elles fassent des enfants et qu’elles soient soumises à leur mari. Il ne faut surtout pas perdre de vue que, pour les religions, on naît femme.<br />
 Voilà les deux axes principaux qui définissent et orientent le travail de notre Collectif pour qui le principe d’égalité des sexes est une valeur de premier plan.</p>
<p><strong>Est-ce que les Québécois sont des gens fermés, réfractaires à l’immigration? Je pose cette question parce que, à avoir entendu les commissaires Taylor et Bouchard et la ministre James (projet de loi 16), j’ai l’impression du contraire… Peut-être est-ce plutôt qu’il y a des immigrants qui refusent de s’ouvrir aux valeurs de la société d’accueil…</strong><br />
 Les demandes d’accommodements ont choqué les Québécois non parce qu’elles venaient d’un groupe ethnique particulier mais parce que trop souvent elles remettaient en question le statut des femmes pour des motifs religieux. De vouloir défendre l’égalité des sexes et la laïcité, ce n’est pas être fermé à l’immigration, pas plus que c’est du racisme ou de la xénophobie. Ce à quoi les Québécois sont fermés, ce n’est pas aux immigrants mais aux demandes d’accommodements religieux.<br />
 Du point de vue de la laïcité, depuis quelques décennies, les services sociaux, les hôpitaux et finalement l’éducation ont été laïcisés. Et les Québécois ne veulent surtout pas retourner en arrière. Ils ont raison de se méfier des religions qui nient les valeurs communes et démocratiques. Ce sont les lois civiles qui doivent nous gérer, non les lois religieuses. C’est pourquoi les Québécois souhaitent que la religion reste une affaire privée. D’ailleurs, beaucoup d’immigrants très scolarisés ne veulent rien savoir de la religion et encore moins des intégristes qu’ils détestent. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs fui les régimes totalitaires de leur pays d’origine pour venir s’établir ici justement parce qu’ils partagent nos valeurs de démocratie et laïcité.</p>
<p>Québec solidaire (QS) et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) font fausse route en appuyant la «laïcité ouverte» et en étant en faveur de symboles religieux dans la fonction publique. En quoi cette position est-elle dommageable pour l’égalité des sexes?<br />
 Cette position est dommageable car le port de symboles religieux dans les institutions publiques, particulièrement celui du voile islamique, en plus de constituer une entorse à la neutralité de l’État, permettrait aux agentes de l’État d’arborer un symbole à la fois politique, celui de l’islamisme, et sexiste. Ce qui est carrément inacceptable de la part d’un agent de l’État qui doit être soumis à un devoir de réserve. Les symboles racistes ou homophobes ne sont pas, et avec raison, permis dans nos institutions, alors pourquoi le voile devrait-il l’être? Parce qu’il ne faut pas oublier que ce n’est qu’aux femmes à qui l’on demande de cacher leur corps et leurs cheveux. En étant contre l’interdiction du voile dans les institutions publiques, QS et la FFQ défendent non seulement les intégristes qui instrumentalisent le corps des femmes pour propager l’islam dans nos institutions démocratiques mais ils défendent aussi une position sexiste et anti-laïque. Pour des gens qui se prétendent progressistes et féministes, on se rapproche du ridicule!</p>
<p><strong>Dire non à certaines pratiques religieuses, ce n’est pas du racisme ni de la xénophobie, nous sommes d’accord. Alors pourquoi QS et la FFQ associent-ils le refus aux accommodements religieux à de tels propos qui ne se retrouvent pas chez la majorité des Québécois?</strong><br />
 Les Québécois sont en faveur de la laïcité. Ils ne souhaitent donc pas que la religion réapparaisse dans la sphère publique. Il faudra bien que QS et la FFQ nous explique, un bon jour en quoi cela est du racisme ou de la xénophobie. Vous savez, si demain matin, Mgr Ouellet demandaient aux femmes du Québec de se voiler, je suis persuadée que QS et la FFQ dénonceraient vivement une pareille initiative. Mais pourquoi laissez faire lorsque ce sont des musulmanes? Pourquoi accepter pour les femmes et les jeunes filles musulmanes, ce que nous n’accepterions absolument pas pour nous? Pour moi, il est là le véritable racisme. D’interdire le port du voile dans les institutions publiques, c’est de permettre à toutes les Québécoises quelle que soit leur origine d’être considérées de la même façon que toutes les autres québécoises, c’est-à-dire comme des femmes libres qui n’arborent pas un symbole qui stigmatise leur sexe. C’est du racisme, cela? Allons donc!<br />
 Taxez les gens de racistes ou de xénophobes a pour effet de faire taire ceux qui ne pensent pas comme nous mais vous devez convenir que cela ne fait pas tellement avancer le débat sur la laïcité.</p>
<p><strong>Considérez-vous que la hiérarchisation des droits et libertés soit un principe bon et sain pour parler des valeurs sociales et en faire la promotion?</strong><br />
 L’égalité des sexes devrait assurément primer sur la liberté religieuse mais cette position demeure insatisfaisante du point de vue de la laïcité parce qu’il y a des accommodements religieux qui ne sont pas acceptables, et qui n’ont aucun rapport avec l’égalité des sexes. Par exemple, les lieux de culte en milieu de travail concernent aussi la laïcité, mais pas l’égalité des sexes. La laïcité est une valeur plus large et plus inclusive. Une charte de la laïcité, comme nous le demandons, devrait donc donner des balises claires pour tout ce qui touche la religion dans les institutions publiques. Et forcément, elle donnerait aussi des indications précises concernant des accommodements religieux sexistes.</p>
<p><strong>Les jugements de la Cour suprême (CS) s’appuient sur une interprétation subjective de la religion, ne questionnant pas la religion et les croyances du croyant. Pour que les jugements aient une interprétation objective, que devraient prendre en considération ces juges?</strong><br />
 Cette question pose la limite de la liberté religieuse. La société a-t-elle à s’accommoder des croyances que les gens s’imposent eux-mêmes? La CS privilégie une vision subjective où il suffit au croyant d’affirmer qu’il a absolument besoin, par exemple, de son kirpan à l’école pour pratiquer sa religion. C’est avoir ici une vision essentialiste concernant les symboles religieux, laissant croire que ces symboles sont «essentiels» à la pratique de sa religion. En revanche, une interprétation objective devrait prendre en compte l’ensemble des pratiques de tous les croyants et considérer que bon nombre d’entre elles ne sont ni obligatoires, ni indispensables à leur foi puisque bon nombre de croyants n’observent pas les prescriptions de leur religion et vivent très bien leur foi sans pour autant la manifester d’une manière ostensible par des symboles.</p>
<p><strong>La neutralité de l’État face à la religion laisse non questionné l’au-delà des croyants, le paradis (et l’enfer). Au 21e siècle, est-ce qu’il serait temps que l’État s’affirme autrement en la matière, disons sur une base rationnelle, de sorte à inciter les croyants de tout horizon (incluant les créationnistes) à faire la preuve des croyances et dogmes auxquels ils se rattachent en tant qu’individu? Comprenons-nous bien : ce n’est pas l’État qui s’affirmerait athée mais il adopterait une attitude critique face à la religion, de sa portée politique (cachée dans sa prétention universaliste) et des convictions des croyants… Il serait temps que la religion soit questionnée publiquement par l’État pour que les <em>Lumières </em>soient vraiment allumées?</strong><br />
 Le rôle d’un État laïque n’est pas de critiquer les religions mais plutôt de préserver la neutralité de ses institutions de toute emprise religieuse, de n’en privilégier aucune, garantissant ainsi la liberté de conscience et l’égalité de tous les citoyens, quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions. C’est à cela que se résume le rôle d’un État laïque. Cependant, l’école publique laïque a une fonction importante dans ce que vous soulevez puisqu’elle doit transmettre un savoir et développer l’esprit critique des élèves. De ce point de vue, les religions comme objet d’étude ne devraient pas échapper à la critique.<br />
 C’est pourquoi le Cciel est contre le cours Éthique et culture religieuse (ECR), parce qu’il fait l’apologie des religions au lieu d’en présenter une vision critique. Une approche historico-critique est nécessaire pour bien comprendre les religions et ce cours n’y répond pas. Ce qui fait que les élèves, sous prétexte de s’ouvrir à «l’autre», apprendront plutôt à devenir insignifiants et complaisants à l’égard des religions, ce qui les disposera favorablement à nombre d’accommodements religieux qui profiteront bien entendu aux intégristes. </p>
<p><strong>Parlez-nous des dangers des symboles religieux ostentatoires, notamment de ceux (burqa, etc.) qui infériorisent un sexe, nommément les femmes?</strong><br />
 Les religions sont basées sur le patriarcat qui veut contrôler le corps des femmes ; elles sont donc sexistes à la base. Par des règles religieuses spécifiques, les religions visent à limiter la sexualité des femmes pour contrôler leur fertilité et s’assurer de la légitimité des enfants. Parce qu’il ne faut pas oublier que pour l’homme, la paternité est toujours suspecte. D’où pour les femmes, l’exigence de virginité avant le mariage, celle de la fidélité durant le mariage alors que la polygamie est parfois permise pour les hommes, une punition plus sévère de l’adultère féminin qui va jusqu’à la lapidation dans certains pays musulmans, etc.. Bref, ce contrôle suppose aussi la non-mixité qui empêche les rapports entre les sexes et conduit jusqu’à l’étroite surveillance des femmes par les hommes de la famille lorsqu’elles sortent en dehors de la maison. Voilà pourquoi les femmes doivent cacher leur corps lorsqu’elles sont en public, d’où le port du hidjab, du tchador, du niqab ou de la burqa. Parce que sur elles, et sur elles seules, reposent toute l’honneur de la famille.<br />
 Le message qui est véhiculé ici, c’est que les femmes appartiennent aux hommes et que l’espace public n’est réservé qu’à ces derniers, même lorsqu’une femme voilée fréquente l’université. Elle pourra faire son doctorat, certes mais en devant toujours cacher son corps. De plus, une musulmane ne peut marier un non-musulman, à moins qu’il ne se convertisse à l’islam. C’est une autre façon de contrôler le corps des femmes, leur fertilité, leur progéniture, leur vie affective et sexuelle. Comment imaginer une femme libre dans de pareilles conditions?</p>
<p><strong>À propos des juifs hassidiques, eux qui se considèrent le «peuple élu», qu’y a-t-il à faire avec eux au Québec? Ils ne se sentent pas faire partie du «nous». Leur retirer des droits? Après tout, les droits et libertés modernes sont issus des Lumières, alors que les hassidiques et les musulmans pro-charia se réclament d’un passé révolu et qu’ils se moquent de la modernité par leur mode de vie mais surtout leurs idées rétrogrades. Il n’y avait pas de charte de droits à l’occidental, alors pourquoi faire bénéficier de nos avancées de modernes à des intégristes et des orthodoxes, qui ne veulent pas s’intégrer aux valeurs d’ici?</strong><br />
 Il est évident qu’ils ne souhaitent pas s’intégrer. D’ailleurs, ils font tout pour ne pas l’être mais nous ne pouvons soustraire une catégorie de citoyens des droits qui sont accordés à tous. Dans une démocratie, tous les citoyens sont égaux. Agir ainsi avec les juifs hassidiques reviendrait à faire de la discrimination en fonction de leur religion. Cependant, lorsque des demandes religieuses sont faites par eux, ces gens veulent que les lois divines priment sur les lois civiles. Et c’est là, où nous devons être fermes et refuser la préséance des lois divines sur les lois civiles parce que nous vivons dans une démocratie, non dans une théocratie.</p>
<p><strong>Que pensez-vous de la décision de la Commission des droits de la personne (CDPDJ), qui appuie la SAAQ et la RAMQ dans l’acceptation du voile islamique tout en refusant à un citoyen de se faire servir de façon neutre (i.e. sans religion affichée) par une employée de l’État?</strong><br />
 Cela montre que la CDPDJ donne préséance à la liberté religieuse sur la laïcité qui suppose la neutralité de l’État. Et que la religion jouit encore et toujours d’une grande immunité.</p>
<p><strong>Que pensez-vous des musulmans intégristes canadiens qui avaient demandé d’établir une banque islamique conforme à la charia?</strong><br />
 De telles demandes démontrent une autre façon de grignoter et fragiliser la laïcité de nos institutions en faisant primer dans le domaine économique les lois religieuses et donc d’avoir des droits différents parce que l’on se considère musulman. Les gens qui ont initié ce projet ne sont pas très loquaces parce qu’ils savent que cela déplaira à bon nombre de citoyens, car ce qu’on cherche à instaurer, c’est un droit différencié en fonction de la religion.</p>
<p><strong>Pour éviter la prolifération de l’intégrisme religieux, soit ce qui renie les valeurs des démocraties occidentales, faudrait-il confiner à la sphère privée –au sens stricte de l’expression− la religion, sous tous ses aspects? Par exemple, en interdisant le port de symboles religieux portant atteinte à l’égalité des sexes comme le voile islamique (et ses variantes, burqa et autres) chez les citoyens. Cela sera-t-il suffisamment pour se prémunir contre l’intégrisme religieux?</strong><br />
 La conception de la laïcité n’interdit pas les signes religieux dans l’espace public. On pourrait même dire que la laïcité permet le port de signes religieux dans la vie en générale. En France, à l’automne dernier, il y a eu une commission qui s’est penchée sur le port de la burqa. Et l’on n’a pu invoquer la laïcité pour interdire celle-ci dans les lieux publics puisque la laïcité concerne strictement ce qui relève de l’État.<br />
 Certes, la laïcité actuelle a ses limites, mais c’est un modèle encore pertinent qui permet de préserver les acquis féministes et demeure compatible avec les valeurs démocratiques. La laïcité, c’est le maximum d’ouverture que l’on puisse avoir quant à la liberté de conscience. Car il faut savoir qu’à chaque fois qu’une religion a été au pouvoir, il y a toujours eu une discrimination à l’égard de ceux qui ne partageait pas la religion d’État. Rien qu’ici, au Québec, avant 1970, il fallait être catholique pour être engagé et enseigner dans les écoles catholiques. Mettez une religion au pouvoir et c’est la perte de l’égalité entre les individus, l’infériorisation des femmes et le recul des valeurs démocratiques. Les laïques ne peuvent donc pas être taxés d’intolérance pas plus que de parler de laïcité fermée n’a de sens. Il y a la laïcité, point! Qui est déjà la position d’ouverture maximale. Mais est-ce ce qu’il y a de mieux pour contenir l’intégrisme? Probablement pas, mais c’est ce que nous avons trouvé de mieux jusqu’ici.</p>
<p><strong>Les confessions religieuses (catholique, juive, musulmane, etc.) bénéficient-elles des traitements particuliers face à la fiscalité de l’État du Québec/Canada? Une charte de la laïcité devrait-elle légiférer sur cet aspect, de sorte que les religions ne se distinguent pas des citoyens aux yeux de l’impôt à payer?</strong><br />
 Actuellement, les aumôniers sont payés par l’État, que ce soit dans l’armée, les écoles, les hôpitaux et les prisons. De mettre fin à ces salaires, oui, ce serait des éléments à intégrer dans une charte de la laïcité.<br />
 Quant aux bâtiments religieux, il faut aussi se pencher sur le financement que leur accorde l’État du Québec. Par contre, il faut prendre bien soin de distinguer ce qui relève du patrimoine culturel et du patrimoine religieux.<br />
 Concernant les écoles, le Cciel demande l’abolition des subventions d’État aux écoles privées confessionnelles, toutes religions confondues. </p>
<p><strong>En rapport avec les crimes d’honneur, rappelons-nous d’Aqsa Parvez (Ontario, 2007) et Zainab, Shar et Geeti Shafia et Roma Amir Mohammed (Québec, 2009). Qu’y aurait-il à faire pour prévenir de tels crimes?</strong><br />
 Ces femmes ont été assassinées car elles voulaient vivre comme nous, sans symboles religieux qui les stigmatisaient en fonction de leur sexe. Il faut arrêter de banaliser ces actes en pensant que cela relève de «leur» culture. Un crime d’honneur est un crime qui est commis généralement vis-à-vis les femmes avec la complicité de la famille parce qu’on juge que leur comportement a sali l’honneur de la famille. La justice canadienne ne tolère pas de tels actes. Mais pour les prévenir, les intervenants sociaux devraient être plus attentifs aux difficultés qu’éprouvent ces femmes dans leur famille simplement parce qu’elles veulent vivre comme nous.<br />
 Étrangement, la FFQ, qui dit être contre l’obligation du port du voile, n’a jamais protesté contre les crimes d’honneur que vous avez mentionnés. Mais concrètement, que propose la FFQ pour offrir une protection à ces femmes qui ne veulent pas porter le voile? Absolument rien!</p>
<p><strong>La laïcité doit-elle s’appliquer à tous, des religions minoritaires à celle de la majorité? Ou faut-il plutôt considérer qu’il y a des droits acquis à la religion de la majorité, ici catholique?</strong><br />
 La laïcité ne privilégie aucune religion, pas même celle de la majorité. D’ailleurs, le retrait récent des cours d’enseignement confessionnel catholique et protestant dans nos écoles publiques témoigne d’une volonté de laïciser l’éducation en mettant fin aux privilèges qu’avaient ces deux confessions. Avec la laïcité, toutes les religions sont sur le même pied et l’histoire n’est pas un gage de privilège. </p>
<p><strong>Que pensez-vous de l’instauration de congés laïques et politiques pour remplacer les congés catholiques?</strong><br />
 C’est une bonne idée. À l’heure actuelle, des employés peuvent demander un congé pour leur fête religieuse tout en bénéficiant aussi des mêmes congés que ceux qui sont prévus dans l’année. Cela crée une injustice et certaines frustrations en milieu de travail. Dans notre charte, nous proposons donc une banque de congés civils, le même nombre de jours pour tous, dont les gens pourraient se prévaloir à leur guise.</p>
<p><strong>Dans le préambule de la charte de la laïcité du Cciel, vous reconnaissez les limites que pourra avoir la laïcité québécoise à cause de la Cour suprême du Canada. À court terme, voyez-vous dans cette instance un changement de mentalité? Et dans le cas contraire, le Cciel voit-il sa charte dans un lien avec l’indépendance du Québec?</strong><br />
 C’est évident que dans un Québec indépendant, cela faciliterait les choses. Nous n’aurions pas sur le dos les jugements de la Cour Suprême qui ont préséance sur ceux des cours provinciales. La vision multiculturelle des Canadiens diffère de la vision républicaine des Québécois, laquelle favorise la protection des droits collectifs sur les droits individuels reconnus par les Chartes. Cette conception juridique a permis au Québec de se doter, par exemple, d’une Charte de la langue française qui protège les droits collectifs des francophones plutôt que d’accorder la primauté aux droits individuels en matière linguistique. Il en va de la survie de notre langue et de notre culture comme peuple francophone en Amérique. Nous croyons qu’une Charte québécoise de la laïcité pourrait offrir une protection semblable des valeurs qui définissent notre identité.</p>
<p><strong>Que penseriez-vous de l’idée que l’État créerait un organisme public permanent, tel un observatoire ou un ministère, qui analyserait au quotidien les usages politiques que font les religions, et qu’il partage ses analyses avec la population?</strong><br />
 C’est une question qui mérite réflexion mais le gouvernement se méfie trop peu des religions pour même penser à mettre en place un tel type d’organisme.</p>
<p><strong>Que dire à propos de la nourriture halal (cacher), issue de l’abattage rituel d’animaux?</strong><br />
 C’est sur un autre front, dans ce cas-ci l’alimentaire, une façon de contester la laïcité et d’avoir un traitement différencié en fonction de sa religion. C’est ni plus ni moins qu’une contestation de la modernité dans laquelle on veut réinjecter du religieux. Et c’est aussi une façon de se distinguer de la société d’accueil en disant que nous ne mangeons pas comme vous. Et les intégristes ne se privent pas pour faire des demandes en ce sens. Mais les compagnies ne sont pas sensibles à ces considérations politiques et ne voient malheureusement dans ces demandes qu’un marché à développer pour faire davantage de profits.</p>
<p> Merci de cet entretien, madame Louise Mailloux.</p>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 1706px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">Laïcité et Égalité des sexes3<br />
La Laïcité au Québec – début d’une série d’entrevues<br />
Entrevue réalisée par Jocelyn Parent<br />
Bonjour madame Louise Mailloux.<br />
Vous êtes professeure de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal et êtes aussi collaboratrice à L’Aut’journal où vous écrivez régulièrement. En mai 2009, avec Hafida Oussedik et Djemila Benhabib, suite à la position de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) en faveur du port de symboles religieux chez le personnel de l’État, vous avez fondé le Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité (Cciel), qui est d’ailleurs en pleine effervescence.<br />
Au niveau de la promotion de la laïcité, qu’est-ce qui distingue le Cciel du Mouvement laïque québécois (MLQ)? Pourquoi l’avoir fondé?<br />
Nous avons une orientation franchement féministe qui fait que le principe d’égalité entre les femmes et les hommes est au centre de nos préoccupations. La raison en est bien simple : si nous avons les religions à l’oeil, c’est parce qu’elles sont toutes misogynes et sexistes et bafouent constamment les droits des femmes. D’ailleurs, l’histoire en témoigne, à chaque fois que les religions gagnent du terrain dans l’espace public et se rapprochent du politique, les droits des femmes régressent. C’est immanquable! D’où l’importance de se battre pour la laïcité, qui suppose la séparation de la religion d’avec l’État et renvoie à la sphère privée tout ce qui relève du religieux. Cette lutte pour la laïcité nous apparaît donc comme le meilleur moyen pour empêcher les religions de remettre en question les acquis encore bien fragiles de la révolution féministe des dernières décennies. Voilà pourquoi nous considérons comme intimement liées l’égalité des sexes à la question de la laïcité, d’où le nom de notre Collectif. D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à faire cette équation puisque la grande majorité des Québécois se méfient des religions justement parce qu’elles menacent l’égalité des femmes et des hommes, qui est une valeur non-négociable au Québec. C’est d’ailleurs toujours sur ce point précis que les protestations les plus vives concernant les accommodements religieux se font entendre.<br />
Le second élément qui distingue notre Collectif du MLQ est une vigilance toute spéciale accordée à l’intégrisme, particulièrement l’intégrisme musulman, parce que ce sont dans les pays musulmans où les droits et la vie des femmes sont les plus niés et les plus bafoués, et que cet intégrisme est présent ici même au Québec, qu’il est financé et organisé et qu’il regroupe un certain nombre de militants politiques qui sont actifs dans certains groupes ou partis politiques. Les intégristes musulmans sont aussi actifs dans leur communauté d’immigration où ils suppléent aux carences de l’État en matière de soutien aux immigrants qu’ils aident et qu’ils dépannent. C’est ainsi qu’ils tissent des liens avec les nouveaux arrivants pour les couper de leur pays d’accueil, exigeant en retour la fréquentation de la mosquée et le port du voile. Ainsi des femmes qui ne portaient pas le voile en arrivant au Québec se sont mises à le porter quelque temps après.<br />
Dans les religions, il y a toujours une frange conservatrice parmi les croyants qui n’acceptera jamais la laïcité et le fait que celle-ci les maintient à l’écart du politique pour les empêcher d’imposer à l’ensemble de la société leur morale et leurs règles de vie. Ces croyants chercheront donc de mille et une façons à contester le caractère laïque de nos institutions d’État en tentant d’y introduire à nouveau des signes ou des pratiques religieuses. Cette bataille n’a rien de spirituel, croyez-moi. Elle est essentiellement politique parce que le pouvoir religieux n’est rien d’autre qu’un pouvoir temporel et que la religion est une autre façon de faire de la politique.<br />
3 : Cette entrevue est parue dans le journal Unité Ouvrière, no.19, hiver 2010. Il s’agit de la version intégrale, non raccourcie pour les besoins du journal.<br />
15<br />
L’intégrisme religieux réagit fortement à la libération des femmes que l’on veut renvoyer au foyer, pour qu’elles fassent des enfants et qu’elles soient soumises à leur mari. Il ne faut surtout pas perdre de vue que, pour les religions, on naît femme.<br />
Voilà les deux axes principaux qui définissent et orientent le travail de notre Collectif pour qui le principe d’égalité des sexes est une valeur de premier plan.<br />
Est-ce que les Québécois sont des gens fermés, réfractaires à l’immigration? Je pose cette question parce que, à avoir entendu les commissaires Taylor et Bouchard et la ministre James (projet de loi 16), j’ai l’impression du contraire… Peut-être est-ce plutôt qu’il y a des immigrants qui refusent de s’ouvrir aux valeurs de la société d’accueil…<br />
Les demandes d’accommodements ont choqué les Québécois non parce qu’elles venaient d’un groupe ethnique particulier mais parce que trop souvent elles remettaient en question le statut des femmes pour des motifs religieux. De vouloir défendre l’égalité des sexes et la laïcité, ce n’est pas être fermé à l’immigration, pas plus que c’est du racisme ou de la xénophobie. Ce à quoi les Québécois sont fermés, ce n’est pas aux immigrants mais aux demandes d’accommodements religieux.<br />
Du point de vue de la laïcité, depuis quelques décennies, les services sociaux, les hôpitaux et finalement l’éducation ont été laïcisés. Et les Québécois ne veulent surtout pas retourner en arrière. Ils ont raison de se méfier des religions qui nient les valeurs communes et démocratiques. Ce sont les lois civiles qui doivent nous gérer, non les lois religieuses. C’est pourquoi les Québécois souhaitent que la religion reste une affaire privée. D’ailleurs, beaucoup d’immigrants très scolarisés ne veulent rien savoir de la religion et encore moins des intégristes qu’ils détestent. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs fui les régimes totalitaires de leur pays d’origine pour venir s’établir ici justement parce qu’ils partagent nos valeurs de démocratie et laïcité.<br />
Québec solidaire (QS) et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) font fausse route en appuyant la «laïcité ouverte» et en étant en faveur de symboles religieux dans la fonction publique. En quoi cette position est-elle dommageable pour l’égalité des sexes?<br />
Cette position est dommageable car le port de symboles religieux dans les institutions publiques, particulièrement celui du voile islamique, en plus de constituer une entorse à la neutralité de l’État, permettrait aux agentes de l’État d’arborer un symbole à la fois politique, celui de l’islamisme, et sexiste. Ce qui est carrément inacceptable de la part d’un agent de l’État qui doit être soumis à un devoir de réserve. Les symboles racistes ou homophobes ne sont pas, et avec raison, permis dans nos institutions, alors pourquoi le voile devrait-il l’être? Parce qu’il ne faut pas oublier que ce n’est qu’aux femmes à qui l’on demande de cacher leur corps et leurs cheveux. En étant contre l’interdiction du voile dans les institutions publiques, QS et la FFQ défendent non seulement les intégristes qui instrumentalisent le corps des femmes pour propager l’islam dans nos institutions démocratiques mais ils défendent aussi une position sexiste et anti-laïque. Pour des gens qui se prétendent progressistes et féministes, on se rapproche du ridicule!<br />
Dire non à certaines pratiques religieuses, ce n’est pas du racisme ni de la xénophobie, nous sommes d’accord. Alors pourquoi QS et la FFQ associent-ils le refus aux accommodements religieux à de tels propos qui ne se retrouvent pas chez la majorité des Québécois?<br />
Les Québécois sont en faveur de la laïcité. Ils ne souhaitent donc pas que la religion réapparaisse dans la sphère publique. Il faudra bien que QS et la FFQ nous explique, un bon jour en quoi cela est du racisme ou de la xénophobie. Vous savez, si demain matin, Mgr Ouellet demandaient aux femmes du Québec de se voiler, je suis persuadée que QS et la FFQ dénonceraient vivement une pareille initiative. Mais pourquoi laissez faire lorsque ce sont des musulmanes? Pourquoi accepter pour les femmes et les jeunes filles musulmanes, ce que nous n’accepterions absolument pas pour nous? Pour moi, il est là le véritable racisme. D’interdire le port du voile dans les institutions publiques, c’est de permettre à toutes les Québécoises quelle que soit leur origine d’être considérées de la même façon que toutes les autres Québécoises, c’est-à-dire comme des femmes libres qui n’arborent pas un symbole qui stigmatise leur sexe. C’est du racisme, cela? Allons donc!<br />
16<br />
Taxez les gens de racistes ou de xénophobes a pour effet de faire taire ceux qui ne pensent pas comme nous mais vous devez convenir que cela ne fait pas tellement avancer le débat sur la laïcité.<br />
Considérez-vous que la hiérarchisation des droits et libertés soit un principe bon et sain pour parler des valeurs sociales et en faire la promotion?<br />
L’égalité des sexes devrait assurément primer sur la liberté religieuse mais cette position demeure insatisfaisante du point de vue de la laïcité parce qu’il y a des accommodements religieux qui ne sont pas acceptables, et qui n’ont aucun rapport avec l’égalité des sexes. Par exemple, les lieux de culte en milieu de travail concernent aussi la laïcité, mais pas l’égalité des sexes. La laïcité est une valeur plus large et plus inclusive. Une charte de la laïcité, comme nous le demandons, devrait donc donner des balises claires pour tout ce qui touche la religion dans les institutions publiques. Et forcément, elle donnerait aussi des indications précises concernant des accommodements religieux sexistes.<br />
Les jugements de la Cour suprême (CS) s’appuient sur une interprétation subjective de la religion, ne questionnant pas la religion et les croyances du croyant. Pour que les jugements aient une interprétation objective, que devraient prendre en considération ces juges?<br />
Cette question pose la limite de la liberté religieuse. La société a-t-elle à s’accommoder des croyances que les gens s’imposent eux-mêmes? La CS privilégie une vision subjective où il suffit au croyant d’affirmer qu’il a absolument besoin, par exemple, de son kirpan à l’école pour pratiquer sa religion. C’est avoir ici une vision essentialiste concernant les symboles religieux, laissant croire que ces symboles sont «essentiels» à la pratique de sa religion. En revanche, une interprétation objective devrait prendre en compte l’ensemble des pratiques de tous les croyants et considérer que bon nombre d’entre elles ne sont ni obligatoires, ni indispensables à leur foi puisque bon nombre de croyants n’observent pas les prescriptions de leur religion et vivent très bien leur foi sans pour autant la manifester d’une manière ostensible par des symboles.<br />
La neutralité de l’État face à la religion laisse non questionné l’au-delà des croyants, le paradis (et l’enfer). Au 21e siècle, est-ce qu’il serait temps que l’État s’affirme autrement en la matière, disons sur une base rationnelle, de sorte à inciter les croyants de tout horizon (incluant les créationnistes) à faire la preuve des croyances et dogmes auxquels ils se rattachent en tant qu’individu? Comprenons-nous bien : ce n’est pas l’État qui s’affirmerait athée mais il adopterait une attitude critique face à la religion, de sa portée politique (cachée dans sa prétention universaliste) et des convictions des croyants… Il serait temps que la religion soit questionnée publiquement par l’État pour que les Lumières soient vraiment allumées?<br />
Le rôle d’un État laïque n’est pas de critiquer les religions mais plutôt de préserver la neutralité de ses institutions de toute emprise religieuse, de n’en privilégier aucune, garantissant ainsi la liberté de conscience et l’égalité de tous les citoyens, quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions. C’est à cela que se résume le rôle d’un État laïque. Cependant, l’école publique laïque a une fonction importante dans ce que vous soulevez puisqu’elle doit transmettre un savoir et développer l’esprit critique des élèves. De ce point de vue, les religions comme objet d’étude ne devraient pas échapper à la critique.<br />
C’est pourquoi le Cciel est contre le cours Éthique et culture religieuse (ECR), parce qu’il fait l’apologie des religions au lieu d’en présenter une vision critique. Une approche historico-critique est nécessaire pour bien comprendre les religions et ce cours n’y répond pas. Ce qui fait que les élèves, sous prétexte de s’ouvrir à «l’autre», apprendront plutôt à devenir insignifiants et complaisants à l’égard des religions, ce qui les disposera favorablement à nombre d’accommodements religieux qui profiteront bien entendu aux intégristes.<br />
Parlez-nous des dangers des symboles religieux ostentatoires, notamment de ceux (burqa, etc.) qui infériorisent un sexe, nommément les femmes?<br />
Les religions sont basées sur le patriarcat qui veut contrôler le corps des femmes ; elles sont donc sexistes à la base. Par des règles religieuses spécifiques, les religions visent à limiter la sexualité des femmes pour contrôler leur fertilité et s’assurer de la légitimité des enfants. Parce qu’il ne faut pas oublier<br />
17<br />
que pour l’homme, la paternité est toujours suspecte. D’où pour les femmes, l’exigence de virginité avant le mariage, celle de la fidélité durant le mariage alors que la polygamie est parfois permise pour les hommes, une punition plus sévère de l’adultère féminin qui va jusqu’à la lapidation dans certains pays musulmans, etc.. Bref, ce contrôle suppose aussi la non-mixité qui empêche les rapports entre les sexes et conduit jusqu’à l’étroite surveillance des femmes par les hommes de la famille lorsqu’elles sortent en dehors de la maison. Voilà pourquoi les femmes doivent cacher leur corps lorsqu’elles sont en public, d’où le port du hidjab, du tchador, du niqab ou de la burqa. Parce que sur elles, et sur elles seules, reposent toute l’honneur de la famille.<br />
Le message qui est véhiculé ici, c’est que les femmes appartiennent aux hommes et que l’espace public n’est réservé qu’à ces derniers, même lorsqu’une femme voilée fréquente l’université. Elle pourra faire son doctorat, certes mais en devant toujours cacher son corps. De plus, une musulmane ne peut marier un non-musulman, à moins qu’il ne se convertisse à l’islam. C’est une autre façon de contrôler le corps des femmes, leur fertilité, leur progéniture, leur vie affective et sexuelle. Comment imaginer une femme libre dans de pareilles conditions?<br />
À propos des juifs hassidiques, eux qui se considèrent le «peuple élu», qu’y a-t-il à faire avec eux au Québec? Ils ne se sentent pas faire partie du «nous». Leur retirer des droits? Après tout, les droits et libertés modernes sont issus des Lumières, alors que les hassidiques et les musulmans pro-charia se réclament d’un passé révolu et qu’ils se moquent de la modernité par leur mode de vie mais surtout leurs idées rétrogrades. Il n’y avait pas de charte de droits à l’occidental, alors pourquoi faire bénéficier de nos avancées de modernes à des intégristes et des orthodoxes, qui ne veulent pas s’intégrer aux valeurs d’ici?<br />
Il est évident qu’ils ne souhaitent pas s’intégrer. D’ailleurs, ils font tout pour ne pas l’être mais nous ne pouvons soustraire une catégorie de citoyens des droits qui sont accordés à tous. Dans une démocratie, tous les citoyens sont égaux. Agir ainsi avec les juifs hassidiques reviendrait à faire de la discrimination en fonction de leur religion. Cependant, lorsque des demandes religieuses sont faites par eux, ces gens veulent que les lois divines priment sur les lois civiles. Et c’est là, où nous devons être fermes et refuser la préséance des lois divines sur les lois civiles parce que nous vivons dans une démocratie, non dans une théocratie.<br />
Que pensez-vous de la décision de la Commission des droits de la personne (CDPDJ), qui appuie la SAAQ et la RAMQ dans l’acceptation du voile islamique tout en refusant à un citoyen de se faire servir de façon neutre (i.e. sans religion affichée) par une employée de l’État?<br />
Cela montre que la CDPDJ donne préséance à la liberté religieuse sur la laïcité qui suppose la neutralité de l’État. Et que la religion jouit encore et toujours d’une grande immunité.<br />
Que pensez-vous des musulmans intégristes canadiens qui avaient demandé d’établir une banque islamique conforme à la charia?<br />
De telles demandes démontrent une autre façon de grignoter et fragiliser la laïcité de nos institutions en faisant primer dans le domaine économique les lois religieuses et donc d’avoir des droits différents parce que l’on se considère musulman. Les gens qui ont initié ce projet ne sont pas très loquaces parce qu’ils savent que cela déplaira à bon nombre de citoyens, car ce qu’on cherche à instaurer, c’est un droit différencié en fonction de la religion.<br />
Pour éviter la prolifération de l’intégrisme religieux, soit ce qui renie les valeurs des démocraties occidentales, faudrait-il confiner à la sphère privée –au sens stricte de l’expression− la religion, sous tous ses aspects? Par exemple, en interdisant le port de symboles religieux portant atteinte à l’égalité des sexes comme le voile islamique (et ses variantes, burqa et autres) chez les citoyens. Cela sera-t-il suffisamment pour se prémunir contre l’intégrisme religieux?<br />
La conception de la laïcité n’interdit pas les signes religieux dans l’espace public. On pourrait même dire que la laïcité permet le port de signes religieux dans la vie en générale. En France, à l’automne dernier, il y a eu une commission qui s’est penchée sur le port de la burqa. Et l’on n’a pu invoquer la<br />
18<br />
laïcité pour interdire celle-ci dans les lieux publics puisque la laïcité concerne strictement ce qui relève de l’État.<br />
Certes, la laïcité actuelle a ses limites, mais c’est un modèle encore pertinent qui permet de préserver les acquis féministes et demeure compatible avec les valeurs démocratiques. La laïcité, c’est le maximum d’ouverture que l’on puisse avoir quant à la liberté de conscience. Car il faut savoir qu’à chaque fois qu’une religion a été au pouvoir, il y a toujours eu une discrimination à l’égard de ceux qui ne partageait pas la religion d’État. Rien qu’ici, au Québec, avant 1970, il fallait être catholique pour être engagé et enseigner dans les écoles catholiques. Mettez une religion au pouvoir et c’est la perte de l’égalité entre les individus, l’infériorisation des femmes et le recul des valeurs démocratiques. Les laïques ne peuvent donc pas être taxés d’intolérance pas plus que de parler de laïcité fermée n’a de sens. Il y a la laïcité, point! Qui est déjà la position d’ouverture maximale. Mais est-ce ce qu’il y a de mieux pour contenir l’intégrisme? Probablement pas, mais c’est ce que nous avons trouvé de mieux jusqu’ici.<br />
Les confessions religieuses (catholique, juive, musulmane, etc.) bénéficient-elles des traitements particuliers face à la fiscalité de l’État du Québec/Canada? Une charte de la laïcité devrait-elle légiférer sur cet aspect, de sorte que les religions ne se distinguent pas des citoyens aux yeux de l’impôt à payer?<br />
Actuellement, les aumôniers sont payés par l’État, que ce soit dans l’armée, les écoles, les hôpitaux et les prisons. De mettre fin à ces salaires, oui, ce serait des éléments à intégrer dans une charte de la laïcité.<br />
Quant aux bâtiments religieux, il faut aussi se pencher sur le financement que leur accorde l’État du Québec. Par contre, il faut prendre bien soin de distinguer ce qui relève du patrimoine culturel et du patrimoine religieux.<br />
Concernant les écoles, le Cciel demande l’abolition des subventions d’État aux écoles privées confessionnelles, toutes religions confondues.<br />
En rapport avec les crimes d’honneur, rappelons-nous d’Aqsa Parvez (Ontario, 2007) et Zainab, Shar et Geeti Shafia et Roma Amir Mohammed (Québec, 2009). Qu’y aurait-il à faire pour prévenir de tels crimes?<br />
Ces femmes ont été assassinées car elles voulaient vivre comme nous, sans symboles religieux qui les stigmatisaient en fonction de leur sexe. Il faut arrêter de banaliser ces actes en pensant que cela relève de «leur» culture. Un crime d’honneur est un crime qui est commis généralement vis-à-vis les femmes avec la complicité de la famille parce qu’on juge que leur comportement a sali l’honneur de la famille. La justice canadienne ne tolère pas de tels actes. Mais pour les prévenir, les intervenants sociaux devraient être plus attentifs aux difficultés qu’éprouvent ces femmes dans leur famille simplement parce qu’elles veulent vivre comme nous.<br />
Étrangement, la FFQ, qui dit être contre l’obligation du port du voile, n’a jamais protesté contre les crimes d’honneur que vous avez mentionnés. Mais concrètement, que propose la FFQ pour offrir une protection à ces femmes qui ne veulent pas porter le voile? Absolument rien!<br />
La laïcité doit-elle s’appliquer à tous, des religions minoritaires à celle de la majorité? Ou faut-il plutôt considérer qu’il y a des droits acquis à la religion de la majorité, ici catholique?<br />
La laïcité ne privilégie aucune religion, pas même celle de la majorité. D’ailleurs, le retrait récent des cours d’enseignement confessionnel catholique et protestant dans nos écoles publiques témoigne d’une volonté de laïciser l’éducation en mettant fin aux privilèges qu’avaient ces deux confessions. Avec la laïcité, toutes les religions sont sur le même pied et l’histoire n’est pas un gage de privilège.<br />
Que pensez-vous de l’instauration de congés laïques et politiques pour remplacer les congés catholiques?<br />
C’est une bonne idée. À l’heure actuelle, des employés peuvent demander un congé pour leur fête religieuse tout en bénéficiant aussi des mêmes congés que ceux qui sont prévus dans l’année. Cela crée une injustice et certaines frustrations en milieu de travail. Dans notre charte, nous proposons donc une<br />
19<br />
banque de congés civils, le même nombre de jours pour tous, dont les gens pourraient se prévaloir à leur guise.<br />
Dans le préambule de la charte de la laïcité du Cciel, vous reconnaissez les limites que pourra avoir la laïcité québécoise à cause de la Cour suprême du Canada. À court terme, voyez-vous dans cette instance un changement de mentalité? Et dans le cas contraire, le Cciel voit-il sa charte dans un lien avec l’indépendance du Québec?<br />
C’est évident que dans un Québec indépendant, cela faciliterait les choses. Nous n’aurions pas sur le dos les jugements de la Cour suprême qui ont préséance sur ceux des cours provinciales. La vision multiculturelle des Canadiens diffère de la vision républicaine des Québécois, laquelle favorise la protection des droits collectifs sur les droits individuels reconnus par les Chartes. Cette conception juridique a permis au Québec de se doter, par exemple, d’une Charte de la langue française qui protège les droits collectifs des francophones plutôt que d’accorder la primauté aux droits individuels en matière linguistique. Il en va de la survie de notre langue et de notre culture comme peuple francophone en Amérique. Nous croyons qu’une Charte québécoise de la laïcité pourrait offrir une protection semblable des valeurs qui définissent notre identité.<br />
Que penseriez-vous de l’idée que l’État créerait un organisme public permanent, tel un observatoire ou un ministère, qui analyserait au quotidien les usages politiques que font les religions, et qu’il partage ses analyses avec la population?<br />
C’est une question qui mérite réflexion mais le gouvernement se méfie trop peu des religions pour même penser à mettre en place un tel type d’organisme.<br />
Que dire à propos de la nourriture halal (cacher), issue de l’abattage rituel d’animaux?<br />
C’est sur un autre front, dans ce cas-ci l’alimentaire, une façon de contester la laïcité et d’avoir un traitement différencié en fonction de sa religion. C’est ni plus ni moins qu’une contestation de la modernité dans laquelle on veut réinjecter du religieux. Et c’est aussi une façon de se distinguer de la société d’accueil en disant que nous ne mangeons pas comme vous. Et les intégristes ne se privent pas pour faire des demandes en ce sens. Mais les compagnies ne sont pas sensibles à ces considérations politiques et ne voient malheureusement dans ces demandes qu’un marché à développer pour faire davantage de profits.<br />
Merci de cet entretien, madame Louise Mailloux.<br />
20<br />
Louise Mailloux</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://assohum.org/2010/04/laicite-3-entrevue-avec-louise-mailloux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Vidéo du lancement de Québec Athée</title>
		<link>http://assohum.org/2010/04/video-du-lancement-de-quebec-athee/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/04/video-du-lancement-de-quebec-athee/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 04 Apr 2010 03:44:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Pion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://assohum.org/?p=1885</guid>
		<description><![CDATA[[See post to watch Flash video]

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[[See post to watch Flash video]
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://assohum.org/2010/04/video-du-lancement-de-quebec-athee/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
<enclosure url="http://assohum.org/Media/videos/QuebecAthee.flv" length="145702209" type="video/x-flv" />
		</item>
		<item>
		<title>Signer la déclaration pour un Québec laïque</title>
		<link>http://assohum.org/2010/03/signer-la-declaration-pour-un-quebec-laique/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/03/signer-la-declaration-pour-un-quebec-laique/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 03:15:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Pion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://assohum.org/?p=1870</guid>
		<description><![CDATA[Le devoir a publié le 16 mars la déclaration  préparée par Daniel Baril et Guy Rocher en réponse au Manifeste des pluralistes. Il y a déjà plus de 1000 signatures d&#8217;apposé au texte parmi lesquelles de gros noms comme Jean-Claude Hébert, Christiane Pelchat, Jacques Godbout, Paul Bégin, Henri Brun, Bernard  Landry, Marc Angenot, Yvan Lamonde, Camille Limoges, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le devoir a publié le 16 mars la déclaration  préparée par Daniel Baril et Guy Rocher en réponse au Manifeste des pluralistes. Il y a déjà plus de 1000 signatures d&#8217;apposé au texte parmi lesquelles de gros noms comme Jean-Claude Hébert, Christiane Pelchat, Jacques Godbout, Paul Bégin, Henri Brun, Bernard  Landry, Marc Angenot, Yvan Lamonde, Camille Limoges, etc.</p>
<p>Voici l&#8217;adresse internet avec le texte et les signatures : <a title="blocked::http://www.quebeclaique.org/" href="http://www.quebeclaique.org/" target="_blank">http://www.quebeclaique.org/</a> Tous peuvent dès maintenant ajouter leur nom. Je vous invite à le faire et à  faire circuler largement cette adresse.  Merci, </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://assohum.org/2010/03/signer-la-declaration-pour-un-quebec-laique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Zéro pot de vin ?</title>
		<link>http://assohum.org/2010/02/zero-pot-de-vin/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/02/zero-pot-de-vin/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 13 Feb 2010 20:55:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[éthique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://assohum.org/?p=1841</guid>
		<description><![CDATA[Par Dean Nelson à New Delhi 
 Traduit du www.telegraph.com, UK: 02 Feb 2010 
 Les militants de l&#8217;organisme de bienfaisance Cinquième Pilier, qui confrontent les fonctionnaires corrompus en utilisant la liberté d&#8217;information, ont émis des billets à l&#8217;effigie du Mahatma Gandhi, le dirigeant de la lutte de l&#8217;Inde pour sa liberté. Les billets sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/BilletZeroRoupie-seul-r.JPG"><img class="alignright size-medium wp-image-1840" title="BilletZeroRoupie-seul-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/BilletZeroRoupie-seul-r-300x150.jpg" alt="BilletZeroRoupie-seul-r" width="300" height="150" /></a>Par Dean Nelson à New Delhi <br />
 Traduit du www.telegraph.com, UK: 02 Feb 2010 <br />
 Les militants de l&#8217;organisme de bienfaisance Cinquième Pilier, qui confrontent les fonctionnaires corrompus en utilisant la liberté d&#8217;information, ont émis des billets à l&#8217;effigie du Mahatma Gandhi, le dirigeant de la lutte de l&#8217;Inde pour sa liberté. Les billets sont identiques aux billets indiens, mais portent le slogan «Éliminer la corruption à tous les niveaux» et l&#8217;engagement «Je promets de n&#8217; accepter ni de donner de pots de vin».  <br />
 Le groupe affirme que les billets ont très bien réussi à tester les inspecteurs de billets de train, les policiers et les fonctionnaires demandant des «backsheesh&#8221; pour l&#8217;exercice de leurs fonctions.  <br />
 La corruption est endémique en Inde, où le public est contraint de payer des pots de vin en espèces pour immatriculer les véhicules, pour se loger, pour obtenir Internet à haute vitesse, ou même dans de nombreux cas, pour demander les prestations du gouvernement.  <br />
 L&#8217;organisme de bienfaisance soutient que 6 milliards de dollars sont payés chaque année en pots de vin en Inde, mais les initiés crois que le chiffre est considérablement plus élevé, et que plusieurs dirigeants politiques sont devenus milliardaires grâce à la corruption. <br />
 Cinquième Pilier croit que le billet de zéro roupie est une façon discrète pour ceux qui se sentent impuissant de montrer leur opposition. « Ce billet est une façon pour tout être humain de dire non à la corruption sans craindre de faire face à des personnes en position d&#8217;autorité. »<br />
 « La prochaine fois que quelqu&#8217;un vous demande un pot de vin, prenez simplement votre billet de banque de zero roupie et remettez leur. Cette formule permettra à l&#8217;autre personne de savoir que vous refusez de donner de l&#8217;argent pour assurer des services requis par la loi ou encore de prendre de l&#8217;argent pour faire quelque chose d&#8217;illégal », a déclaré l&#8217;organisme de bienfaisance dans un communiqué.<br />
 &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br />
 Le magazine The Economist a aussi fait un article sur cette initiative et mentionne qu&#8217;un officiel du Tamil-Nadu fut tellement étonné de recevoir un tel billet qu&#8217;il décida de rendre tous les pots  de vin qu&#8217;il avait sollicités pour fournir l&#8217;électricité à un village. <br />
 Vijay Anand, le président de Cinquième Pilier pense que les billets de zéro roupie fonctionnent parce que les officiels corrompus ne rencontrent pratiquement jamais de résistance. Quand ils découvrent une résistance, ils ont la trouille parce qu&#8217;ils devinent qu&#8217;il y a derrière ce billet une organisation et non pas un simple individu. Pour la même raison, ceux qui se faisaient exploiter sans rien dire ont maintenant plus de confiance en eux puisque Cinquième Pilier est derrière eux.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p>Si vous désirez commenter je vous suggére de le faire sur le forum humaniste à:</p>
<p><a title="Les caves se rebiffent ?" href="http://forum.assohum.org/viewtopic.php?f=17&amp;t=300">http://forum.assohum.org/viewtopic.php?f=17&amp;t=300</a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://assohum.org/2010/02/zero-pot-de-vin/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Souvenirs de Pierre Vadeboncoeur</title>
		<link>http://assohum.org/2010/02/souvenirs-de-pierre-vadeboncoeur/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/02/souvenirs-de-pierre-vadeboncoeur/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 21:36:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[essayiste]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Vadeboncoeur]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://assohum.org/?p=1835</guid>
		<description><![CDATA[Souvenirs personnels de Pierre Vadeboncoeur
Comme vous l’avez sans doute appris par les journaux, Pierre Vadeboncoeur, pamphlétaire et essayiste connu du Québec, est décédé cette semaine, à 89 ans. Depuis 1966, je l’ai côtoyé à de nombreuses reprises puisqu’il faisait partie de la famille étendue de mon épouse Valérie Martin, son père, Gérald Martin, veuf, ayant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Souvenirs personnels de Pierre Vadeboncoeur</strong></p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/AutoPortrait-PVadeboncoeur-r.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1836" title="AutoPortrait-PVadeboncoeur-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/AutoPortrait-PVadeboncoeur-r-294x300.jpg" alt="AutoPortrait-PVadeboncoeur-r" width="294" height="300" /></a>Comme vous l’avez sans doute appris par les journaux, Pierre Vadeboncoeur, pamphlétaire et essayiste connu du Québec, est décédé cette semaine, à 89 ans. Depuis 1966, je l’ai côtoyé à de nombreuses reprises puisqu’il faisait partie de la famille étendue de mon épouse Valérie Martin, son père, Gérald Martin, veuf, ayant épousé une des sœurs de Pierre, Lucie, en secondes noces. Ce que les journaux n’ont pas rapporté, à ce que je sache, c’est que Pierre est décédé le même jour que sa sœur ainée Andrée Carmel (99 ans). Deux Vadeboncoeur à enterrer la même semaine, ça occupe.</p>
<p>Ces dernières années je ne voyais Pierre guère que pour les enterrements ou presque. La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, c’était dans le cimetière Côte-des-Neiges où il venait parfois marcher. Sa dernière parole avec moi : « Tous mes amis sont là » mais il ne paraissait pas triste pour autant, plutôt ennuyé que ses amis lui aient fait faux bond.</p>
<p>Dans les années soixante, je le rencontrais plus souvent. Sa mère, Antoinette Vadeboncoeur, née Harel, ayant été invitée pour une fin de semaine chez son gendre, Gérald Martin, avait trouvé la place à son goût et était restée à demeure chez sa fille Lucie, du moins c’est ce que racontait Gérald. Or Pierre Vadeboncoeur avait beaucoup d’affection pour sa mère et il la visitait très souvent, pratiquement chaque semaine. A l’époque je courtisais la fille de Gérald, Valérie, et nous nous croisions donc assez souvent chez  Gérald, qui était alors ingénieur et directeur général des ventes à la Dominion Bridge.</p>
<p>Gérald était si parfaitement à l’aise dans le milieu anglophone de Montréal (tout le monde l’appelait Gerry « Mârtine ») que plus d’un  anglophone le prenait pour un des leurs, avec parfois d’amusants quiproquos. Gérald invitait de temps à autre Pierre à prendre un verre et ironisait sur leur vues politiques respectives avec un « Est-ce que le socialiste prendra un cognac avec le capitaliste ? » sourire en coin. Il faut dire que Pierre était à contre pied du reste de sa fratrie, pratiquement libérale mur à mur. D’où une certaine ambiguïté dans les rapports : tout le monde était fier de la notoriété de Pierre mais en même temps on aurait sans doute préféré qu’il milite un peu moins à gauche. Et puis, des titres comme <em>Un génocide en douce</em>, ça fait un peu désordre, et la famille Vadeboncoeur ne se voyait certainement pas comme le boutefeu de l’indépendance du Québec. Ni son frère Jacques, juge et président des Grands Ballets canadiens, ni Guy, ex-pilote de chasse, marié à une anglophone et <em>Canadian </em>jusqu’au bout des ongles, ni Andrée, épouse d’un marguillier, ni encore moins l’épouse de Gérald, Lucie qui avait eu pour premier mari Genest Trudel, le secrétaire de Mackenzie King.  Lorsque Pierre-Elliott Trudeau s’est présenté pour la première fois aux élections fédérales, la famille Vadeboncoeur s’est ralliée tout naturellement à cet ami d’enfance de Pierre Vadeboncoeur, avec qui il avait travaillé à Cité Libre, alors que lui même prenait ses distances.</p>
<p>Pierre avait de multiples talents dont celui du dessin. Il faisait des caricatures y compris de lui-même, dont l’autoportrait en mortaise de cet article. Comme pamphlétaire, il était d’une virulence absolument dévastatrice, en complète contradiction avec l’homme doux et attentionné que je rencontrais. Des exemples, sur le premier gouvernement Bourassa : « Tout est à vendre. Tout ? Oui, sauf des ministres, c’est déjà fait ». Ceci au moment même où son neveu, Claude Trudel, était un rouage important du cabinet Bourassa.</p>
<p>Sur les dogmes de la gauche : « S’il y a un lieu où je ne puis souffrir la bêtise, c’est à gauche. ». Il était alors avocat de la CSN.</p>
<p>Comme philosophe, je ne sais pas, n’ayant jamais pu lire entièrement ses essais, de <em>La ligne du risque </em>à <em>Essai sur la croyance et l’incroyance</em> (2007). Anticlérical dans sa jeunesse, Pierre ne semble pas avoir été capable d’aller jusqu’au bout. Il considérait que de s’ouvrir à la foi était une forme de liberté dont se privaient les athées dogmatiques. Je soupçonne que son modèle d’athée étant fortement influencé par les marxistes de son entourage syndical mais je n’ai jamais osé débattre de cette question avec lui. En tout cas, ses funérailles se feront chez les dominicains.</p>
<p>En fouillant dans ma bibliothèque, entre <em>Option Québec</em> de René Lévesque et <em>Le Colonialisme au Québec</em> d’André d’Allemagne, j’ai retrouvé l’exemplaire de <em>Un génocide en douce</em>, celui que Pierre avait dédicacé à sa sœur Lucie et son beau-frère Gérald en 1974, l’année de la première loi linguistique du Québec, la loi 22. Sa dédicace pourrait certainement servir d’épitaphe :</p>
<p>« A Gerry et Lucie,</p>
<p>des méchancetés par-ci par-là, mais surtout une adhésion profonde à un peuple et au peuple.</p>
<p>Déc. 74</p>
<p>Pierre »</p>
<p>Difficile de résumer mieux et plus concisément un homme qui a marqué la pensée québécoise pendant plus de 60 ans.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p>12 février 2010,</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://assohum.org/2010/02/souvenirs-de-pierre-vadeboncoeur/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
