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	<title>Association humaniste du Québec</title>
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	<description>Développer la pensée critique</description>
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		<title>Zéro pot de vin ?</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Feb 2010 20:55:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
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		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Dean Nelson à New Delhi 
 Traduit du www.telegraph.com, UK: 02 Feb 2010 
 Les militants de l&#8217;organisme de bienfaisance Cinquième Pilier, qui confrontent les fonctionnaires corrompus en utilisant la liberté d&#8217;information, ont émis des billets à l&#8217;effigie du Mahatma Gandhi, le dirigeant de la lutte de l&#8217;Inde pour sa liberté. Les billets sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/BilletZeroRoupie-seul-r.JPG"><img class="alignright size-medium wp-image-1840" title="BilletZeroRoupie-seul-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/BilletZeroRoupie-seul-r-300x150.jpg" alt="BilletZeroRoupie-seul-r" width="300" height="150" /></a>Par Dean Nelson à New Delhi <br />
 Traduit du www.telegraph.com, UK: 02 Feb 2010 <br />
 Les militants de l&#8217;organisme de bienfaisance Cinquième Pilier, qui confrontent les fonctionnaires corrompus en utilisant la liberté d&#8217;information, ont émis des billets à l&#8217;effigie du Mahatma Gandhi, le dirigeant de la lutte de l&#8217;Inde pour sa liberté. Les billets sont identiques aux billets indiens, mais portent le slogan «Éliminer la corruption à tous les niveaux» et l&#8217;engagement «Je promets de n&#8217; accepter ni de donner de pots de vin».  <br />
 Le groupe affirme que les billets ont très bien réussi à tester les inspecteurs de billets de train, les policiers et les fonctionnaires demandant des «backsheesh&#8221; pour l&#8217;exercice de leurs fonctions.  <br />
 La corruption est endémique en Inde, où le public est contraint de payer des pots de vin en espèces pour immatriculer les véhicules, pour se loger, pour obtenir Internet à haute vitesse, ou même dans de nombreux cas, pour demander les prestations du gouvernement.  <br />
 L&#8217;organisme de bienfaisance soutient que 6 milliards de dollars sont payés chaque année en pots de vin en Inde, mais les initiés crois que le chiffre est considérablement plus élevé, et que plusieurs dirigeants politiques sont devenus milliardaires grâce à la corruption. <br />
 Cinquième Pilier croit que le billet de zéro roupie est une façon discrète pour ceux qui se sentent impuissant de montrer leur opposition. « Ce billet est une façon pour tout être humain de dire non à la corruption sans craindre de faire face à des personnes en position d&#8217;autorité. »<br />
 « La prochaine fois que quelqu&#8217;un vous demande un pot de vin, prenez simplement votre billet de banque de zero roupie et remettez leur. Cette formule permettra à l&#8217;autre personne de savoir que vous refusez de donner de l&#8217;argent pour assurer des services requis par la loi ou encore de prendre de l&#8217;argent pour faire quelque chose d&#8217;illégal », a déclaré l&#8217;organisme de bienfaisance dans un communiqué.<br />
 &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br />
 Le magazine The Economist a aussi fait un article sur cette initiative et mentionne qu&#8217;un officiel du Tamil-Nadu fut tellement étonné de recevoir un tel billet qu&#8217;il décida de rendre touts les pots  de vin qu&#8217;il avait sollicités pour fournir l&#8217;électricité à un village. <br />
 Vijay Anand, le président de Cinquième Pilier pense que les billets de zéro roupie fonctionnent parce que les officiels corrompus ne rencontrent pratiquement jamais de résistance. Quand ils découvrent une résistance, ils ont la trouille parce qu&#8217;ils devinent qu&#8217;il y a derrière ce billet une organisation et non pas un simple individu. Pour la même raison, ceux qui se faisaient exploiter sans rien dire ont maintenant plus de confiance en eux puisque Cinquième Pilier est derrière eux.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p>Si vous désirez commenter je vous suggére de le faire sur le forum humaniste à:</p>
<p><a title="Les caves se rebiffent ?" href="http://forum.assohum.org/viewtopic.php?f=17&amp;t=300">http://forum.assohum.org/viewtopic.php?f=17&amp;t=300</a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>Souvenirs de Pierre Vadeboncoeur</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 21:36:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[essayiste]]></category>
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		<description><![CDATA[Souvenirs personnels de Pierre Vadeboncoeur
Comme vous l’avez sans doute appris par les journaux, Pierre Vadeboncoeur, pamphlétaire et essayiste connu du Québec, est décédé cette semaine, à 89 ans. Depuis 1966, je l’ai côtoyé à de nombreuses reprises puisqu’il faisait partie de la famille étendue de mon épouse Valérie Martin, son père, Gérald Martin, veuf, ayant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Souvenirs personnels de Pierre Vadeboncoeur</strong></p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/AutoPortrait-PVadeboncoeur-r.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1836" title="AutoPortrait-PVadeboncoeur-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/AutoPortrait-PVadeboncoeur-r-294x300.jpg" alt="AutoPortrait-PVadeboncoeur-r" width="294" height="300" /></a>Comme vous l’avez sans doute appris par les journaux, Pierre Vadeboncoeur, pamphlétaire et essayiste connu du Québec, est décédé cette semaine, à 89 ans. Depuis 1966, je l’ai côtoyé à de nombreuses reprises puisqu’il faisait partie de la famille étendue de mon épouse Valérie Martin, son père, Gérald Martin, veuf, ayant épousé une des sœurs de Pierre, Lucie, en secondes noces. Ce que les journaux n’ont pas rapporté, à ce que je sache, c’est que Pierre est décédé le même jour que sa sœur ainée Andrée Carmel (99 ans). Deux Vadeboncoeur à enterrer la même semaine, ça occupe.</p>
<p>Ces dernières années je ne voyais Pierre guère que pour les enterrements ou presque. La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, c’était dans le cimetière Côte-des-Neiges où il venait parfois marcher. Sa dernière parole avec moi : « Tous mes amis sont là » mais il ne paraissait pas triste pour autant, plutôt ennuyé que ses amis lui aient fait faux bond.</p>
<p>Dans les années soixante, je le rencontrais plus souvent. Sa mère, Antoinette Vadeboncoeur, née Harel, ayant été invitée pour une fin de semaine chez son gendre, Gérald Martin, avait trouvé la place à son goût et était restée à demeure chez sa fille Lucie, du moins c’est ce que racontait Gérald. Or Pierre Vadeboncoeur avait beaucoup d’affection pour sa mère et il la visitait très souvent, pratiquement chaque semaine. A l’époque je courtisais la fille de Gérald, Valérie, et nous nous croisions donc assez souvent chez  Gérald, qui était alors ingénieur et directeur général des ventes à la Dominion Bridge.</p>
<p>Gérald était si parfaitement à l’aise dans le milieu anglophone de Montréal (tout le monde l’appelait Gerry « Mârtine ») que plus d’un  anglophone le prenait pour un des leurs, avec parfois d’amusants quiproquos. Gérald invitait de temps à autre Pierre à prendre un verre et ironisait sur leur vues politiques respectives avec un « Est-ce que le socialiste prendra un cognac avec le capitaliste ? » sourire en coin. Il faut dire que Pierre était à contre pied du reste de sa fratrie, pratiquement libérale mur à mur. D’où une certaine ambiguïté dans les rapports : tout le monde était fier de la notoriété de Pierre mais en même temps on aurait sans doute préféré qu’il milite un peu moins à gauche. Et puis, des titres comme <em>Un génocide en douce</em>, ça fait un peu désordre, et la famille Vadeboncoeur ne se voyait certainement pas comme le boutefeu de l’indépendance du Québec. Ni son frère Jacques, juge et président des Grands Ballets canadiens, ni Guy, ex-pilote de chasse, marié à une anglophone et <em>Canadian </em>jusqu’au bout des ongles, ni Andrée, épouse d’un marguillier, ni encore moins l’épouse de Gérald, Lucie qui avait eu pour premier mari Genest Trudel, le secrétaire de Mackenzie King.  Lorsque Pierre-Elliott Trudeau s’est présenté pour la première fois aux élections fédérales, la famille Vadeboncoeur s’est ralliée tout naturellement à cet ami d’enfance de Pierre Vadeboncoeur, avec qui il avait travaillé à Cité Libre, alors que lui même prenait ses distances.</p>
<p>Pierre avait de multiples talents dont celui du dessin. Il faisait des caricatures y compris de lui-même, dont l’autoportrait en mortaise de cet article. Comme pamphlétaire, il était d’une virulence absolument dévastatrice, en complète contradiction avec l’homme doux et attentionné que je rencontrais. Des exemples, sur le premier gouvernement Bourassa : « Tout est à vendre. Tout ? Oui, sauf des ministres, c’est déjà fait ». Ceci au moment même où son neveu, Claude Trudel, était un rouage important du cabinet Bourassa.</p>
<p>Sur les dogmes de la gauche : « S’il y a un lieu où je ne puis souffrir la bêtise, c’est à gauche. ». Il était alors avocat de la CSN.</p>
<p>Comme philosophe, je ne sais pas, n’ayant jamais pu lire entièrement ses essais, de <em>La ligne du risque </em>à <em>Essai sur la croyance et l’incroyance</em> (2007). Anticlérical dans sa jeunesse, Pierre ne semble pas avoir été capable d’aller jusqu’au bout. Il considérait que de s’ouvrir à la foi était une forme de liberté dont se privaient les athées dogmatiques. Je soupçonne que son modèle d’athée étant fortement influencé par les marxistes de son entourage syndical mais je n’ai jamais osé débattre de cette question avec lui. En tout cas, ses funérailles se feront chez les dominicains.</p>
<p>En fouillant dans ma bibliothèque, entre <em>Option Québec</em> de René Lévesque et <em>Le Colonialisme au Québec</em> d’André d’Allemagne, j’ai retrouvé l’exemplaire de <em>Un génocide en douce</em>, celui que Pierre avait dédicacé à sa sœur Lucie et son beau-frère Gérald en 1974, l’année de la première loi linguistique du Québec, la loi 22. Sa dédicace pourrait certainement servir d’épitaphe :</p>
<p>« A Gerry et Lucie,</p>
<p>des méchancetés par-ci par-là, mais surtout une adhésion profonde à un peuple et au peuple.</p>
<p>Déc. 74</p>
<p>Pierre »</p>
<p>Difficile de résumer mieux et plus concisément un homme qui a marqué la pensée québécoise pendant plus de 60 ans.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p>12 février 2010,</p>
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		<title>Laïcité #2 &#8211; Entrevue de Michel Virard</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 17:07:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
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		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
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		<description><![CDATA[HUMANISME  et  LAICITÉ
La Laïcité au Québec – Seconde d’une série d&#8217;entrevues sur la laïcité parues dans le journal Unité ouvrière et réalisées par Jocelyn Parent
Bonjour Michel Virard.
 
 L’Association humaniste du Québec (AHQ) existe depuis 2005. Vous en êtes le président et l’avez fondé avec Bernard Cloutier et Normand Baillargeon. L’humanisme est, si nous pouvons [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong>HUMANISME  et  LAICITÉ</strong></p>
<p>La Laïcité au Québec – Seconde d’une série d&#8217;entrevues sur la laïcité parues dans le journal Unité ouvrière et réalisées par <strong>Jocelyn Parent</strong></p>
<p><strong>Bonjour Michel Virard.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> L’<em>Association humaniste du Québec </em>(AHQ) existe depuis 2005. Vous en êtes le président et l’avez fondé avec Bernard Cloutier et Normand Baillargeon. L’humanisme est, si nous pouvons dire, le terme d’usage positif pour désigner les athées, qui est perçu comme un terme négatif. Vous exercer aussi le métier de d’ingénieur conseil en Recherche et Développement. Avez-vous écrit des textes et livres que nous pourrions suggérer aux lecteurs?</strong></p>
<p>Je n’ai pas la prétention d’avoir inventé l’humanisme moderne et les textes que j’ai écrits sont souvent périphériques aux concepts centraux de l’humanisme athée que nous pratiquons. Pour la définition de l’humanisme moderne je préfère renvoyer vos lecteurs à deux textes importants pour nous. D’abord <span style="text-decoration: underline;">L’humanisme moderne, une définition</span> de Pat Duffy Hutcheon, paru en 1995. Il s’agit d’un texte court par une personne, sociologue de son état, qui fut <em>Humanist of the Year</em> au Canada en 2000. Ce texte est actuellement sur notre site web à : <a href="http://assohum.org/2008/11/lhumanisme-moderne-selon-pat-duffy-hutcheon/">http://assohum.org/2008/11/lhumanisme-moderne-selon-pat-duffy-hutcheon/</a></p>
<p>L’autre texte a été produit par Matt Cherry, un humaniste américain qui s’est donné la peine de produire une sorte de cours <em>Humaniste 101</em>, cours que nous avons entrepris de traduire. Mon collègue Michel Pion a fait la traduction des deux premiers chapitres et ceux-ci seront sur le site internet (<a href="http://www.assohum.org">www.assohum.org</a>) à partir de janvier 2010.</p>
<p>Pour ceux qui s’intéressent à l’aspect « spirituel » de l’humanisme, j’ai écrit un article qui a été publié par une revue catholique « Les cahiers de spiritualité ignacienne », en 2009. Il est maintenant en ligne ici :</p>
<p><a href="http://assohum.org/2009/12/que-signifie-la-spiritualite-pour-un-humaniste-athee/">http://assohum.org/2009/12/que-signifie-la-spiritualite-pour-un-humaniste-athee/</a></p>
<p><strong>L’humanisme est une éthique de la responsabilité liée à la socialité des humains. Pouvez-vous nous résumer ce que l’humanisme apporte au genre humain, tant d’un point de vue individuel que collectif?</strong></p>
<p>L’humanisme comprend effectivement une telle éthique. Il y a d’ailleurs plusieurs associations humanistes américaines qui se définissent d’abord comme « ethical » et aussi la fédération internationale à laquelle nous sommes associés : l’<em>International Humanist and Ethical Union</em> (IHEU), basée en Grande-Bretagne. Toutefois l’humanisme englobe non seulement une éthique mais aussi une cosmologie, ce qui, en passant, est le dénominateur commun des religions : elles ont toutes à la fois une « explication du monde », c’est-à-dire une narration sur le monde et une morale liée en tout ou en partie à cette cosmologie. On appelle cela une vision du monde (en anglais « worldview ») et la nôtre a ceci de particulier que cette vision du monde est définie par ce que nous appelons aujourd’hui la Science de la Nature et ne laisse aucune place à des croyances au surnaturel. Cela signifie qu’il n’y a pas de divinité ni de survie après la mort. Une autre conséquence est l’abandon de la dualité matière-esprit. Pour nous l’esprit, ou l’âme pour reprendre un terme religieux, est un processus complexe exécuté sur un organe matériel, le cerveau humain. Sans ce support matériel, le processus disparaît. Ce que nous appelons « conscience » est une propriété émergente des réseaux neuroniques complexes tels que notre cerveau.</p>
<p>Ce que je viens d’énoncer défini l’athéisme mais il ne définit par l’humanisme, lequel va plus loin en ce sens qu’il est une philosophie de l’action basée sur la conviction que notre situation humaine est unique dans le monde vivant et que nous serions bien fous de ne pas en tirer le meilleur parti, d’abord pour nous même et ceux qui nous sont chers, mais aussi pour tous les membres de notre espèce puisque c’est avec eux que nous devrons composer une société planétaire qui ne soit pas une menace ou un enfer pour qui que ce soit. Il s’agit moins de créer une société nouvelle que d’utiliser nos outils scientifiques et éthiques pour améliorer de façon continue les conditions de vie de tous et chacun. À partir des années 1940, les humanistes ont plus ou moins cessé de considérer l’action politique directe comme leur responsabilité première et les mouvements humanistes actuels, sauf peut-être en Inde, se démarquent généralement des partis politiques auxquels ils préfèrent donner de l’inspiration plutôt qu’un chèque en blanc. L’expérience nous a montré qu’aucun parti politique ne peut espérer représenter pleinement le courant humaniste, avec sa diversité d’intérêts et d’opinions.</p>
<p><strong>Au niveau du lien entre l’humanisme et la laïcité, comment l’AHQ articule-t-elle cette liberté individuelle dans la responsabilité sociale de ses membres à l’égard de la collectivité, tant de la ville jusqu’au niveau plus large qui est celui de la planète?</strong></p>
<p>L’AHQ est bien sûr un pilier fidèle de la laïcité des institutions et de l’espace public, cependant, pour des raisons stratégiques liées à notre statut d’œuvre de charité, nous préférons que cette action se fasse au travers d’autres organismes, en particulier le <em>Mouvement laïque québécois</em> (MLQ) que nous soutenons indirectement en achetant de la publicité dans sa revue, <span style="text-decoration: underline;">Cité laïque</span>. Nous encourageons systématiquement nos membres à devenir membres du MLQ. Plus récemment nous avons donné notre soutien au <em>Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité</em> (CCIEL) qui a un projet de charte de la laïcité pour le Québec.</p>
<p>Au-delà des frontières du Québec, nous soutenons l’humanisme par des campagnes de lettres aux autorités pour rappeler à l’ordre des États qui se prétendent plus ou moins laïques mais qui, par laxisme ou par opportunisme électoral, continuent de violer allègrement leur propre constitution. Ce fut le cas en Italie avec l’affaire Tosti où nous avons écrit, de concert avec des humanistes d’autres pays, au Conseil de la Magistrature pour les convaincre de laisser tomber leur<del datetime="2010-01-31T11:28" cite="mailto:Michel%20Virard">s</del> accusation contre le juge Tosti qui refusait de juger sous un crucifix. De même nous avons été très actifs durant la campagne contre la charia en Ontario. Nous sommes heureux que dans ces deux cas, la voix de la raison ait finalement prévalu.</p>
<p><strong>En quoi la laïcité est-elle si importante pour une société? Dit autrement, pourquoi la religion doit être une affaire personnelle, tant qu’elle n’enfreint pas les lois, cela dit?</strong></p>
<p>Le contraire de la laïcité c’est lorsque une ou un petit nombre de religions sont officiellement reconnues par l’État. Dès cet instant, l’État se trouve contraint à devoir définir ce qui constitue une religion et aussi les devoirs et obligations de chaque partie. Dès le départ, c’est un exercice périlleux si l’on veut maintenir un semblant d’égalité entre les différentes religions, or cette égalité est une exigence de la démocratie et est largement réclamée dans les pays occidentaux. C’est, par exemple, le cas de la Belgique et de la Grande-Bretagne, obligées à de remarquables contorsions constitutionnelles pour ménager la chèvre et le chou. Cela a conduit la Belgique à créer et payer pour des Maisons de la laïcité afin de ne pas paraître pénaliser les non-croyants par rapport aux cultes reconnus.</p>
<p>Si l’État a une population stable, cette reconnaissance des cultes semble acceptable à bien des citoyens qui y trouvent leur compte. Toutefois, s’il s’agit d’un État dont la population subit des changements importants de composition ethno-religieuse sur des périodes relativement courtes, comme une génération ou deux, alors survient une kyrielle de problèmes parce que, qu’il le veuille au non, l’État démocratique non laïque est forcé de s’occuper de religion. Il doit, par exemple, légiférer pour permettre aux administrations de distinguer ce qui constitue véritablement une religion d’une association sans mérite religieux. Cela peut conduire à d’étranges décisions. Par exemple, l’Église de scientologie est reconnue comme religion aux États-Unis mais pas en France, deux pays où la séparation des Églises et de l’État est pourtant inscrite dans la constitution, mais où les régimes fiscaux continuent d’accorder des privilèges indus aux églises reconnues. De fait, aussi bien les États-Unis que la France trahissent l’esprit et la lettre de leur constitution. Il est nécessaire de distinguer les œuvres de bienfaisances (charités) sous la tutelle des églises, des lieux de culte eux-mêmes. C’est-à-dire que, indépendamment de la présence où de l’absence d’œuvres de charité, les lieux de cultes sont exemptés des taxes normalement imposées sur des locaux et sur le personnel. Or ces lieux sont en fait similaires à ceux employés, par exemple, par des compagnies de croissance personnelle ou une bibliothèque, telle que c’est le cas avec la <em>Bibliothèque humaniste du Québec</em> (BHQ). Pour reprendre le jargon religieux, dans tous ces cas, l’organisme tente d’apporter une  aide aux « âmes de ses clients », cependant seules les églises reconnues bénéficient de cet avantage fiscal qui s’accumule évidemment d’année en année. On le voit très bien à Montréal! Il y est inscrit dans la pierre.</p>
<p>En pratique, aucun État actuel, même très démocratique, n’arrive à traiter équitablement les différentes religions pratiquées sur son territoire. Il en résulte de graves distorsions dans la répartition du fardeau fiscal et des aides. Toutefois, le pire se situe sur un autre plan. L’inégalité des religions se traduit aussi au plan politique et il suffit de voir la hargne avec laquelle les religions qui étaient religions d’État jusqu’à récemment s’accrochent à un pouvoir politique qui commencent à leur échapper aussi bien dans les institutions judiciaires (cas du Juge Tosti) que dans les institutions d’enseignement (cas de l’Ontario avec ses écoles publiques catholiques).</p>
<p>La conclusion sans équivoque de ces observations est que l’État est un bien mauvais juge de ce qui constitue une religion et si même cela fait partie de ses attributions. L’État conserve une fonction fondamentale d’arbitre. Si en plus l’État se veut démocratique, il ne peut faire autrement que de se déclarer arbitre incompétent en matière religieuse et donc il se doit de renvoyer toutes les religions à la sphère privée et de ne favoriser ni subventionner directement ou indirectement aucun culte.</p>
<p><strong>Au printemps 2009, il y a eu la campagne des autobus de la STCUM avec vos annonces « Dieu n’existe probablement pas. Alors cessez de vous inquiétez et profitez de la vie. » Comment les gens y ont réagi? Qu’en a-t-il résulté pour l’AHQ et les humanistes au Québec?</strong></p>
<p>La campagne des autobus athées avaient réellement deux buts distincts. D’abord affirmer publiquement que les athées, non seulement existent, mais qu’ils revendiquent leur droit à la parole. On peut dire qu’il s’agissait alors pour beaucoup d’athées d’une sortie de placard.</p>
<p>L’autre but était évidemment de rejoindre les athées, dont certains sont très isolés, et de leur dire : « Vous n’êtes pas seuls et non, vous n’êtes pas forcement anormaux ou immoraux parce que vous ne croyez pas en des divinités. »</p>
<p>Nous pensons avoir atteint nos deux buts : nous sommes passés de 170 membres à 290 dans les mois qui ont suivi la campagne et nous avons reçu des dons comme jamais dans les quatre années précédentes. De plus les médias savent maintenant que nous existons puisque nous avons fait beaucoup d’entrevues en mars à cause de cette campagne. Par exemple, nous sommes passés à <em>Second regard</em>, émission sur les religions, ce qui a, de fait, mis notre organisation sur un pied d’égalité avec les églises.</p>
<p><strong>Que pensez-vous du cours <em>Éthique et culture religieuse</em> (ECR)? Quels seraient les bienfaits pour la relève québécoise de lui enseigner l’humanisme?</strong></p>
<p>Dans sa forme actuelle, le cours d’ECR est une insulte aux humanistes athées pour deux raisons majeures. D’abord le cours ne fait pratiquement aucune mention des spiritualités non-religieuses, le ministère considérant le terme « athée » comme trop négatif. Il est cependant possible que les éducateurs et les auteurs de livres scolaires ne suivent pas le ministère sur ce terrain et réinsèrent les philosophies athées. Nous avons eu une requête en ce sens d’un éditeur québécois.</p>
<p>Ensuite, la volonté de mélanger Éthique et Religions dans un même cours lance un message pernicieux laissant croire qu’il ne saurait y avoir d’éthique en dehors d’un contexte religieux. Cela nous offense d’autant plus que l’éthique représente pour nous une alternative à la morale religieuse et non un de ses composants.</p>
<p>La mission très officielle de l’AHQ est le développement de la pensée critique dans la population, nous pensons donc qu’il est crucial pour l’avenir de notre société que les jeunes soit entraînés, dès qu’ils en ont l’âge, à la fois aux mécanismes indispensables de défense intellectuelle à un citoyen et aux raisonnements éthiques indispensables à la construction de son identité. De plus nous pensons qu’ils devraient être exposés aux valeurs humanistes, lesquelles sont, en pratique, largement partagées par une partie de plus en plus grande des populations occidentales, y compris par une large majorité de ceux qui se réclament d’une religion. Ce que nous appelons aujourd’hui « droits de la personnes » ont d’abord été des valeurs proposées par ceux que nous considérons comme nos précurseurs puisqu’ils s’occupaient en priorité d’humains et non de divinités. Je pense que cet héritage mérite d’être connu de nos jeunes au moins autant que les exploits de Vishnou, de Mahomet ou de St-François d’Assise.</p>
<p><strong>Donc, si l’athéisme et l’humanisme étaient enseignés aux jeunes, ils seraient plus en mesure d’avoir un jugement critique et seraient mieux outillés pour donner sens à leur existence sans le support religieux? Mais faut-il tout de même enseigner la religion, et surtout de quelle manière? En comprenant qu’enseigner n’est certes pas « endoctriner »…</strong></p>
<p>C’est la différence entre donner un sens à sa vie et se faire donner un sens à sa vie! Les humanistes préfèrent la première option mais ils acceptent que d’autres individus peuvent, après mure réflexion, choisir de se débarrasser de cette tâche difficile en s’en remettant à des personnes, des organismes en qui ils ont confiance. Nous pensons que cette confiance est souvent mal placée mais nous acceptons que chaque individu soit libre de décider en autant qu’on lui ait donné un minimum d’outils pour distinguer sinon le vrai du faux, du moins le probable de l’improbable. C’est cela la pensée critique. Donner un sens à sa vie c’est construire son identité, ce n’est jamais facile et jamais complété sinon le jour de sa mort.</p>
<p>Personnellement je pense que l’enseignement de la religion ne devrait se faire que dans l’optique de l’enseignement des courants de pensée et de l’histoire mais d’autres humanistes pourraient défendre d’autres idées sur cette question.</p>
<p>Il est peut-être présomptueux de ne vouloir jamais « endoctriner » des enfants. De fait, les plus jeunes sont forcément « endoctrinés » à ne pas taper sur leur voisin, à respecter leur parents, leurs professeurs, à faire leur devoirs et apprendre leurs leçons. Sans cette douce dictature des parents sur les enfants, il n’y aurait même pas de possibilité de passer à la phase suivante, qui est un passage de comportements imposés à des comportements autonomes socialement acceptables. C’est seulement à l’adolescence que les questions métaphysiques peuvent être abordées de façon intelligente et qu’alors le développement de la pensée critique prend tout son sens.</p>
<p><strong>Que pensez-vous de la position de la Fédération des Femmes du Québec, adoptée au printemps 2009, concernant le voile et l’intégration des femmes (immigrantes)?</strong></p>
<p>L’AHQ soutient la position la position du CCIEL qui s’oppose avec véhémence à ce que la FFQ accepte de bafouer deux principes qui nous sont chers, la laïcité des institutions et l’égalité des sexes, en vue de faciliter l’intégration des femmes immigrantes. De plus, nous pensons que les résultats seront exactement contraires aux objectifs déclarés.</p>
<p><strong>De part le monde, il existe divers modèles de laïcité dans les États ‒explicitement affirmés ou non. Pour s’en rendre compte, il y n’a qu’à regarder des pays comme les États-Unis, la France, la Turquie et le Canada. Quel serait le modèle qu’apprécierait voir au Québec l’AHQ?</strong></p>
<p>Il n’y a pas actuellement de modèle spécifique prôné par l’AHQ sinon qu’il devra rendre compte des spécificités du Québec et de sa situation de province dans une fédération officiellement déiste et dont le chef d’État, la Reine de Grande-Bretagne, est constitutionnellement chef de l’église anglicane.</p>
<p><strong>Cette laïcité, lorsqu’elle est encadrée par les droits philosophiques que sont ceux de nos chartes, permet une relation critique aux religions et aux traditions. De la sorte, l’État et ses institutions fournissent et remplissent des fonctions émancipatrices. Qu’y rajouteriez-vous?</strong></p>
<p>La laïcité de l’État ne garantie pas en soi que les citoyens vont acquérir automatiquement une forme de pensée critique, mais c’est vrai que le refus de l’État d’entériner une ou des religions a des conséquences sur la crédibilité des religions. La majesté de l’État, expression de la volonté populaire de l’ensemble des citoyens, ne peut plus être détournée au profit d’une religion pratiquée par une fraction de cette population. Il devient possible de critiquer une religion, même puissante, sans pour autant attenter à la sûreté de l’État, ce qui n’est pas un mince progrès. Et inversement, critiquer l’État cesse d’être blasphématoire, ce qui est une liberté nouvelle pour le citoyen.</p>
<p><strong>La laïcité qu’un État adopte, faut-il la réduire à la neutralité face à la religion, ou doit-elle être comprise comme une affirmation de la raison dans l’enseignement et dans l’espace public, notamment la sphère des institutions étatiques?</strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Comme je l’ai signalé plus haut, la laïcité de l’État est une déclaration d’incompétence en matière religieuse, il ne reste donc pour guider les actions de l’État, que ce soit en matière d’enseignement <del datetime="2010-01-31T11:35" cite="mailto:Michel%20Virard">‒</del><ins datetime="2010-01-31T11:35" cite="mailto:Michel%20Virard">(</ins>ou tout autre domaine de sa responsabilité<ins datetime="2010-01-31T11:35" cite="mailto:Michel%20Virard">)</ins><del datetime="2010-01-31T11:35" cite="mailto:Michel%20Virard">‒</del> que deux outils acceptables aux yeux d’une majorité de citoyens : la science, autrement dit une vision du monde fondée sur l’observation et la raison, et la philosophie éthique. Bien sûr, l’État doit toujours s’appuyer sur les meilleurs praticiens de ces deux domaines car il s’agit dans les deux cas d’aventures humaines. Bien sûr nous avons parlé de l’État et non du gouvernement, car ce dernier subit une contrainte supplémentaire : il ne peut ignorer l’opinion publique, mais lorsque cette dernière semble contredire la science ou l’éthique, le gouvernement a le devoir d’expliquer clairement et honnêtement pourquoi sa position est celle du vrai ou pourquoi elle est celle du bien. Un cas concret s’est présenté le mois dernier avec la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1).</p>
<p><strong>Le gouvernement du Québec finance-t-il des religions et la réfection de certains de leurs bâtiments? Qu’en pensez-vous?</strong></p>
<p>À dire vrai, le Québec est actuellement moins généreux vis-à-vis des religions que la très laïque France qui paye 100% des salaires des profs des établissements scolaires religieux qui enseignent le curriculum officiel. Bien sûr, ce n’est pas une excuse mais disons que cela relativise un peu nos doléances. Je ne connais pas de pays occidental qui ne subventionne pas en partie l’enseignement religieux, pas nécessairement parce qu’il est « religieux » mais surtout parce qu’il est « privé », une nuance importante. Lorsque le gouvernement socialiste majoritaire de la France a voulu couper les vivres aux écoles privées (écoles catholiques à 95%), il s’est fait rabrouer publiquement par deux millions de Français qui ont défilé à Paris ; la plus grande manifestation jamais organisée en France. Il y a de quoi y penser à deux fois. Pourquoi cette opposition farouche sachant que les Français ont un taux de pratique religieuse extrêmement bas? Les Français ont vu dans le geste du gouvernement une tentative de créer un nouveau monopole d’éducation, cette fois-ci en faveur de l’école publique laïque. Mais l’idéal démocratique s’accommode mal d’une source unique de sagesse en matière d’éducation et les Français, même athées, qui ont défilé en faveur des écoles privées ont pu considérer que l’aiguillon de la concurrence et la pluralité des méthodes étaient peut-être trop importants pour être abandonnés, même si cela faisait l’affaire d’un clergé qu’ils ne portent pas tous dans leur cœur.</p>
<p>Les humanistes sont d’ailleurs partagés sur cette question. Je crois personnellement qu’en distinguant bien le « privé » du « religieux » on y verra plus clair. Plutôt que d’assécher le privé,  il s’agit d’avantage de s’assurer que les deniers publics ne sont pas détournés au profit des enseignements véritablement religieux et encore moins au prosélytisme religieux. On peut discuter sans fin sur le taux  de subvention de l’État au privé, qui, rappelons-le quand même, évite une dépense substantielle à l’État. Le taux de couverture actuel de 60% des frais de scolarisation pour le curriculum commun à tous est peut-être un insupportable compromis pour les puristes des deux bords mais il est quand même très inférieur à ce qu’on voit ailleurs, à commencer par nos voisins de l’Ontario qui subventionnent totalement un réseau complet d’écoles catholiques publiques.</p>
<p>En résumé, l’État n’a évidemment pas à financer les religions et il doit être vigilant à ce que les subventions légitimes aux organismes qui le décharge d’une tâche légitime, telle que l’enseignement régulier, ne soit pas détournées à d’autre fins, dont le prosélytisme.</p>
<p><strong>Avec un État qui reconnaît le droit individuel d’adhésion à une religion chez l’individu, soit de pouvoir faire une place à la religion pour l’affirmation de son identité, y a-t-il un risque que l’État fasse en même temps une place à un renouveau religieux, dont les accommodements raisonnables pourraient en être la partie évidente?</strong></p>
<p>Je ne crois pas que l’État fasse actuellement consciemment une place à un renouveau religieux, ce serait prêter beaucoup de clairvoyance à nos politiciens. La sécularisation de l’État québécois n’a jamais été faite au grand jour comme une laïcisation voulue mais très souvent par petits bouts, par une succession de changements qui ont paru inévitable dans leur contexte d’époque. Le fil conducteur de ces changements n’a jamais été un désir de sécularisation comme tel mais un désir de plus de liberté, de plus d’autonomie, ce qui n’est pas exactement la même chose, même si un des effets de cette recherche de liberté a été de jeter à la poubelle le carcan imposé par le clergé catholique. Dans cette opération de rejet je suis persuadé que les acteurs qu’on y trouve comprennent certainement encore plus de catholiques tannés du clergé que de véritables mécréants. On peut donc difficilement parler d’un « retour en arrière » vu qu’on n’est jamais allé très loin en avant! Je parlerais plutôt de piétinement sur place. Après tout le crucifix à l’Assemblée Nationale était déjà là, personne ne l’a installé récemment. On n’a pas avancé, mais on n’a pas reculé non plus, sauf peut-être au niveau de l’enseignement religieux dans le réseau publique anglophone qui, avec le nouveau cours d’ECR, se retrouve maintenant avec un supplément d’enseignants de la religion, un domaine qu’il avait pratiquement abandonné il y a longtemps.</p>
<p>La nécessité d’accommodements religieux, puisque c’est de cela qu’il s’agit, et non pas des accommodements raisonnables qui couvrent bien d’autres choses, ne va pas disparaître par un coup de baguette magique. Ce qu’il nous manque c’est une façon juste et simple de régler ces cas. En l’absence d’un charte claire sur ce que devraient être les principes directeurs gérant la séparation des églises de l’État, la neutralité des institutions publiques et le partage des espaces publics, les décisions sont prises au coup par coup, sans garantie de cohérence. Il en résulte de nombreux cas d’appel puisque la jurisprudence est douteuse et laisse à chaque plaignant l’espoir que l’instance supérieure penchera de son coté. En faisant table rase de cette jurisprudence douteuse, une charte de la laïcité réduirait considérablement les cas litigieux, ce qui est certainement un avantage pour une société qui aspire à mieux vivre ensemble malgré les divergences religieuses.</p>
<p><strong>Pensez-vous qu’il soit pertinent et primordial que les élus et autres dirigeants de la société québécoise s’affirment et agissent sur des bases humanistes? Des mots pour les convaincre…</strong></p>
<p>Je doute que la majorité de nos élites soit consciente que les droits humains dont ils se gargarisent assez facilement sont très directement le produit d’idées proposées par des penseurs  qui ont tourné le dos aux religions, parce qu’ils étaient athées ou encore déistes, une position parfaitement défendable avant Darwin. C’est le résultat d’une formation biaisée de nos élites qui ont été privées pendant fort longtemps (et même encore aujourd’hui) du contact avec les penseurs humanistes des <em>Lumières</em> et des siècles suivants. Combien ont lu d’Holbach, Voltaire, Thomas Paine, Condorcet, Constant, Robert, Ingersoll, Bertrand Russell? La <em>Bibliothèque Humaniste du Québec </em>que la Fondation et l’<em>Association humaniste du Québec </em>ont mis en place tente de combler ce vide immense dont bien peu de Québécois sont conscients. J’invite nos dirigeants de la région de Montréal à s’inscrire à la BHQ. Les prêts sont gratuits!</p>
<p><strong>Les humanistes ont leurs moments de festivités laïques, les agapes humanistes, à chacun des solstices et équinoxes de l’année. Quels pourraient être les fêtes et/ou congés laïques dont pourraient bénéficier l’ensemble de la société?</strong></p>
<p>Nos collègues humanistes anglophones ont déjà proposé l’anniversaire de naissance de Charles Darwin, le 12 février, étant donné l’importance de son livre, <span style="text-decoration: underline;">L’Origine des espèces</span>, lequel nous a libéré du besoin d’avoir un Grand horloger pour expliquer la diversité du vivant, incluant l’homme. Comme nous ne sommes pas riches en congés légaux entre janvier et mars, pourquoi pas!</p>
<p><strong>À ce propos, il y a beaucoup de cérémonies et de rituels qu’il faudrait laïciser. Pensons à l’Ontario qui s’est doté d’</strong><strong>« officiants » et qui peut maintenant participer avec ses humanistes à des cérémonies remplies de sens tout en étant dégagées de dogmes et de liens avec le surnaturel…</strong></p>
<p>Oui, nous savons qu’une partie de la population non-croyante est intéressée par des cérémonies non religieuses mais plus attrayantes que les cérémonies civiles déjà disponibles. Nous y travaillons actuellement et il y aura des « célébrants » humanistes, puisque c’est comme cela que le Ministère de la justice les appelle, à partir du mois de mai 2010. Les célébrants humanistes seront licenciés par l’<em>Association humaniste du Québec </em>selon des modalités comparables à ce qui se fait actuellement en Ontario et pourrons faire des mariages.</p>
<p>Merci, Michel Virard. Ce fut un entretien intéressant qui nous parle des valeurs sociales et collectives dont notre société a pourtant bien besoin.</p>
<p>Merci Jocelyn, et au plaisir de la prochaine entrevue.</p>
<p><em>Avec la permission du <strong>Journal Unité Ouvrière</strong> en appui à la laïcité<br />
 Les Éditions Sociales<br />
 C.P. 65 064, Longueuil, Québec, J4K 5J4<br />
 uniteouvriere@hotmail.com</em></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>Laïcité #1 &#8211; Entrevue de Daniel Baril</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 16:52:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
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		<description><![CDATA[La laïcité au Québec.
Réalité et Enjeux des années 80 à 2000.
La Laïcité au Québec – Première d’une série d’entrevues parue dans le Journal Unité ouvrière et  réalisées par Jocelyn Parent
Bonjour M. Baril.
Vous êtes militant de longue date pour la laïcité au Québec et êtes membre du Mouvement laïque québécois (MLQ), fondé en 1981 et issu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong>La laïcité au Québec.</strong></p>
<p align="center"><strong>Réalité et Enjeux des années 80 à 2000.</strong></p>
<p>La Laïcité au Québec – Première d’une série d’entrevues parue dans le Journal Unité ouvrière et  réalisées par <strong>Jocelyn Parent</strong></p>
<p>Bonjour M. Baril.</p>
<p>Vous êtes militant de longue date pour la laïcité au Québec et êtes membre du <em>Mouvement laïque québécois</em> (MLQ), fondé en 1981 et issu de l’<em>Association québécoise pour l’application du droit à l’exemption de l’enseignement religieux </em>(AQADER). Par le passé, vous avez exercé diverses fonctions au sein du MLQ, dont celle de Président, et êtes maintenant conseiller national. Aussi, vous êtes l’auteur de quelques livres critiques des religions, pensons à <span style="text-decoration: underline;">La  Grande Illusion</span> (MultiMondes, 2006) et <span style="text-decoration: underline;">Les mensonges de l’école catholique</span> (VLB, 1995). Récemment, vous avez participé à la coréalisation de la parution <span style="text-decoration: underline;">Heureux</span><span style="text-decoration: underline;"> sans Dieu</span>, avec Normand Baillargeon. Vous allez nous parler des avancées de la laïcité québécoise depuis les années 1980…</p>
<p><strong>Depuis que </strong><strong>la Constitution</strong><strong> canadienne a été rapatriée en 1982, et de l’insertion par Pierre Elliott Trudeau du multiculturalisme dans celle-ci, quelles ont été les répercussions –négatives et positives− pour le vivre-ensemble québécois?</strong></p>
<p>De façon positive, nous pouvons souligner la clause dérogatoire de la Charte canadienne de 1982 qui doit être reconduite à tous les cinq ans alors. Comme la confessionnalité du système scolaire québécois était contraire à la charte, il fallait donc recourir à cette clause pour maintenir les dispositions confessionnelles. Sans la réévaluation périodique imposée par la charte canadienne, nous aurions sans doute été pris avec des écoles confessionnelles pendant de nombreuses années encore puisque la charte québécoise n’oblige pas à réévaluer la dérogation.</p>
<p>L’aspect négatif, c’en est le multiculturalisme qui est l’âme, si l’on peut dire, de la Charte fédérale des droits et libertés. Et le multiculturalisme conduit aux accommodements raisonnables et à l’intrusion de la religion dans la sphère de l’État. La Cour suprême peut donc faire fi des valeurs québécoises pour accommoder des groupes culturels particuliers. Le kirpan à l’école et le turban dans la GRC sont des exemples frappants.</p>
<p>Au Québec, on prétend appliquer l’interculturalisme, mais dans les faits c’est la même chose.</p>
<p><strong>Quels liens pouvons-nous effectuer entre la laïcité et la ghettoïsation?</strong></p>
<p>La ghettoïsation est le risque du multiculturalisme. Avec la laïcité, les lois sont les mêmes pour tout le monde, ce qui favorise l’intégration à la société d’accueil. Cela n’empêche pas une communauté de pratiquer sa religion dans la mesure où elle respecte ce qui, au Québec, est non négociable, comme la défense et la promotion du français, les droits fondamentaux dont l’égalité des sexes et la laïcité, bien qu’elle ne fasse pas encore l’objet d’une loi.</p>
<p><strong>Depuis </strong><strong>la <em>Révolution</em></strong><strong><em> tranquille</em> notamment, il y a eu des avancées pour la cause de la laïcité au Québec. Qu’est-ce qui a été fait? Pensons à la déconfessionnalisation du système public d’enseignement par l’abrogation de l’Article 93 de </strong><strong>la Constitution</strong><strong> canadienne (1867)…</strong></p>
<p>Il y a d’abord eu l’exemption à l’enseignement religieux accordée au début des années 70. Ceci fut remplacé par l’option entre l’enseignement moral ou religieux. Puis, suite à une résolution unanime du gouvernement québécois, en 1997, le Québec a été soustrait de l’Article 93 de la constitution canadienne de 1867 – l’AANB – qui protégeait les commissions scolaires confessionnelles, ce qui a permis d’instaurer des commissions scolaires linguistiques. Suite au rapport Proulx, on a aboli les statuts confessionnels des écoles ainsi que les comités confessionnels du Conseil supérieur de l’Éducation. L’enseignement religieux confessionnel a alors été remplacé par le cours Éthique et culture religieuse (ECR).</p>
<p>Il y a aussi eu l’instauration des cégeps à la fin des années 60, qui forment un réseau public et laïque, issus directement du rapport Parent.</p>
<p>Cependant, le gouvernement a créé le Comité aux affaires religieuses (CAR) qui est l’héritier des comités confessionnels et qui gère le cours ECR. Évidemment, si ce cours venait à être aboli, je pense que le CAR tomberait vite en désuétude…</p>
<p>Comme nous le savons, le cours ECR a été implanté à la grandeur du Québec. Bien que l’étiquette catholique et protestante ait été retirée de l’appellation officielle, ECR n’est rien de moins qu’une continuité de l’enseignement religieux élargi aux autres religions. Le gouvernement a donc opté pour la multiconfessionnalité, ce qui est une forme de multiculturalisme.</p>
<p>Auparavant, un élève pouvait se soustraire à l’enseignement religieux, ce qui n’est plus le cas avec ECR. Sans exception, dès le primaire, les élèves reçoivent la somme des mythologies de l’humanité. C’est un cours de glorification de l’appartenance religieuse. L’athéisme n’est abordé seulement qu’en secondaire 4 ; c’est donc neuf années de mythologies diverses avant le droit au raisonnement critique sur les religions.</p>
<p>En résumé, cela a pris quelques quarante années pour déconfessionnaliser le réseau d’enseignement public. Mais déconfessionnaliser, ce n’est pas encore de la laïcité, laquelle transporte un message beaucoup plus clair que « dé-confessionnalisation ».</p>
<p><strong>Toujours sur la laïcité, quels ont été les reculs que la société québécoise a essuyés?</strong></p>
<p>Reconnaissons que les avancées sur le sujet auraient été plus rapides si les groupes de pression conservateurs ne s’y étaient pas opposés. Ils ont retardé les progrès moraux et éthiques que notre société requiert aujourd’hui.</p>
<p>Comme autres vestiges de la société cléricale, il y a le crucifix à l’Assemblé nationale. Il est déplorable que les élus aient adopté à l’unanimité, et avec empressement, son maintient. C’était aller à l’encontre de l’une des recommandations les plus laïques du rapport Bouchard-Taylor.</p>
<p>Aussi, il y a encore des maires qui récitent des prières lors des assemblées publiques municipales. Pensons à Saguenay qui a refusé de se soumettre au jugement du Tribunal des droits de la personne condamnant cette pratique. Pensons aussi à l’immobilisme du gouvernement Charest qui refuse d’établir une loi sur la question de la laïcité afin de fournir des balises claires et cohérentes pour les divers ministères et organismes aux prises avec des demandes d’accommodements religieux.</p>
<p>Il y a aussi la procédure d’assermentation dans les tribunaux fédéraux où l’on est supposé donner le choix entre une affirmation solennelle et une assermentation sur la Bible ; que ce soit dans les tribunaux ou ailleurs, l’État ne devrait reconnaître que la procédure laïque consistant à jurer de dire la vérité. La même vaut pour l’assermentation des ministres.</p>
<p><strong>Dans les suites à donner à Bouchard-Taylor, y a-t-il eu des partis politiques qui ont appuyé la démarche d’établir une loi sur la laïcité? Qu’ont-ils dit à ce propos?</strong></p>
<p>Québec solidaire s’est montré récemment ouvert à un débat sur une charte de la laïcité, mais quelle forme cela prendrait, ça reste à voir. Plus récemment encore, dans le cadre du débat sur le projet de loi 16 sur la diversité culturelle, le PQ et l’ADQ ont ramené cette idée, mais le premier ministre Charest leur a fermé la porte au nez.</p>
<p>Le projet de loi 16 −qui pourrait conduire à faire prévaloir les principes religieux sur l’égalité des sexes − montre que le gouvernement Charest persiste dans la ligne des accommodements religieux et continue de procéder à la pièce plutôt que d’adopter des balises claires comme une charte de la laïcité.</p>
<p><strong>Que reste-t-il à faire à propos de la laïcité au Québec? Que faire des congés religieux par exemple?</strong></p>
<p>C’est sûr que la plupart de nos congés sont d’origine religieuse, mais cela ne me dérange pas trop. On pourrait toujours les remplacer par des congés saisonniers à date fixe et attribués à tout le monde. <em>La loi sur les normes du travail</em> pourrait aussi accorder un certains nombre de congés mobiles que chacun pourrait prendre à la date de son choix et pour le motif de son choix, ce qui permettrait à certaines communautés de célébrer leurs fêtes religieuses.</p>
<p><strong>Avec la cadre fédéral actuel et le multiculturalisme, quelles seraient les limites de l’établissement d’une charte québécoise de la laïcité?</strong></p>
<p>Nul doute que la charte fédérale continuerait d’avoir prépondérance sur une charte québécoise de la laïcité. Soulignons que le préambule de la Constitution de 1982 reconnait la suprématie de Dieu et que la procédure d’amendement de cette constitution est cadenassée.</p>
<p>Cependant, il est certain que l’adoption d’une charte sur la laïcité qui recevrait l’adhésion d’une vaste majorité de la population enverrait un message clair à Ottawa. Cela démontrerait que la société québécoise veut un autre système que le multiculturalisme. Par le même fait, cela démontrerait les limites et les contradictions du système canadien.</p>
<p>De plus, toute constitution québécoise devrait s’affranchir de la monarchie. L’autorité suprême du Canada reste reliée à la religion car la reine détient ce titre «par la grâce de Dieu» : <em>Dei Gratia Regina,</em> comme on peut le lire sur la monnaie canadienne. Et la reine du Canada est aussi la papesse des anglicans. Dans une république, les gouvernants sont redevables au peuple, non à Dieu, et leur serment d’allégeance est fait envers le peuple et non envers un monarque.</p>
<p>Ce que nous réclamons, c’est une république laïque où le peuple est souverain et où les lois n’ont plus à être entérinées par un monarque. C’est d’ailleurs l’essentiel des propos qui sont tenus dans le <span style="text-decoration: underline;">Manifeste pour une république laïque</span> (que l’on peut retrouver sur le site du MLQ).</p>
<p><strong>Y a-t-il des exemples d’États fondés sur la dignité humaine, comme par exemple l’humanisme?</strong></p>
<p>Oui et non. En fait, ce n’est pas si précis que cela. Prenons le cas de la France : c’est sous-jacent à sa devise, <em>Liberté, Égalité, Fraternité</em>. Mais cela demeure symbolique ; la France doit aussi faire face à des problèmes d’intégration de ses minorités.</p>
<p>Quant à la devise du Canada, elle est géographique et elle ne veut rien dire sur le plan humain. Ce qui est dommage, mais c’est tout de même mieux que celle des États-Unis, <em>In God we trust</em>. D’autant plus que l’assermentation de leur président inclut un appel à Dieu : <em>So help me God</em>.</p>
<p>Merci de cet entretien, M. Baril.</p>
<p><em>Avec la permission du <strong>Journal Unité Ouvrière</strong> en appui à la laïcité<br />
 Les Éditions Sociales<br />
 C.P. 65 064, Longueuil, Québec, J4K 5J4<br />
 uniteouvriere@hotmail.com</em></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>Texte de la conférence de Richard Rousseau du 22 janvier 2010</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 15:56:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[Textes de conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous trouverez le texte de la conférence en format pdf (7 pages)  à :
Humanisme_vision_par Richard_Rousseau
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous trouverez le texte de la conférence en format pdf (7 pages)  à :</p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Humanisme_vision_par-Richard_Rousseau.pdf">Humanisme_vision_par Richard_Rousseau</a></p>
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		<title>Les agapes du solstice d&#8217;hiver 2009</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 05:58:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Pion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agapes]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout d&#8217;abord, mes excuses à tous pour le retard à préparer cette page qui commémore nos agapes du solstice d&#8217;hiver 2009.
Pour ceux d&#8217;entre vous qui sont arrivés sur cette page au hasard de vos clics de souris et qui se demandent « c&#8217;est quoi des agapes ? » Le dictionnaire définie des agapes comme étant « une noce, repas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tout d&#8217;abord, mes excuses à tous pour le retard à préparer cette page qui commémore nos agapes du solstice d&#8217;hiver 2009.</p>
<p>Pour ceux d&#8217;entre vous qui sont arrivés sur cette page au hasard de vos clics de souris et qui se demandent « c&#8217;est quoi des agapes ? » Le dictionnaire définie des agapes comme étant « une noce, repas joyeux et plantureux ». Je vous rassure tout de suite, on n&#8217;y célèbre pas (encore) de mariage, mais la seconde partie de la description décrit assez bien ce que sont nos « party » (pardon, nos agapes).</p>
<p>Une des meilleures descriptions que j&#8217;ai lu de la signification des agapes provient de ce petit texte de M. Bernard Cloutier, membre fondateur de la Fondation humaniste, sans laquelle l&#8217;Association humaniste n&#8217;existerait pas. Par ailleurs c&#8217;est chez Bernard qu&#8217;ont lieu nos agapes, endroit que Bernard met fréquemment à la disposition de l&#8217;Association. Mais pour revenir au texte que je mentionnais plus haut, le voici&nbsp;:</p>
<p>« Notre espèce est au courant du phénomène des saisons depuis le début des temps et elle a identifié le passage de l&#8217;hiver à l&#8217;été et l&#8217;inverse (les équinoxes) ainsi que les jours les plus longs et les plus courts (les solstices), probablement bien avant d&#8217;apprendre à parler.</p>
<p>Mais un jour, des sorciers et chamans se sont accaparés de ces moments bien spéciaux de l&#8217;année pour leur attribuer une valeur mystérieuse à l&#8217;appui des diverses explications de l&#8217;univers avec lesquelles ils faisaient croire aux autres membres de leur clan aux pouvoirs spéciaux qu&#8217;ils prétendaient avoir.</p>
<p>Des millénaires se sont écoulés et l&#8217;emprise de ces parasites (chamans, gourous, prêtres, rabbins et mollahs), n&#8217;a fait que s&#8217;accroître jusqu&#8217;à ce que l&#8217;homme apprenne à se tourner vers l&#8217;observation et la raison pour chercher à comprendre son environnement. L&#8217;évolution se poursuit alors que le pouvoir de ces parasites est en déclin, mais la lutte entre la pensée scientifique et la pensée magique n&#8217;est pas encore terminée. À mon avis, l&#8217;issue en faveur de la raison est inévitable et elle se dessine à l&#8217;horizon à cette échelle de temps (j&#8217;admets toutefois être un incorrigible optimiste).</p>
<p>C&#8217;est dans ce contexte que la récupération des équinoxes et des solstices par les humanistes est un geste important qui devrait remplacer la panoplie de fêtes religieuses partout sur la planète. »</p>
<p>Je n&#8217;ai malheureusement pas l&#8217;éloquence, ni la plume de Bernard. Ceci étant dit, j&#8217;adore nos agapes. C&#8217;est l&#8217;occasion idéale de rencontrer d&#8217;autres humanistes athées (des gens de bonne compagnie, je vous assure), chacun amène une bonne bouteille, un petit quelque chose à grignoter et c&#8217;est parti pour une soirée de discussions passionnantes, mais aussi de rires, de plaisanteries et de bonne humeur</p>
<p>Si jamais le coeur vous en dit de venir y faire un tour, vous serez toujours le bienvenu, pas besoin d&#8217;être membre de l&#8217;Association ou de la Fondation pour s&#8217;y pointer. Vous n&#8217;avez qu&#8217;à en faire la demande en nous écrivant à cette adresse info@assohum.org et vous recevrez une invitation aux prochaines agapes. Ceci étant dit les photos ci-jointes vous donneront une petite idée de ce que sont nos agapes et vous donnerons j&#8217;espère l&#8217;envie d&#8217;y assister. Je me dois ici de remercier nos photographes en l&#8217;occurrence Bernard Cloutier et Octav Bibere qui ont eu la générosité de mettre leurs photos à notre disposition. Je les salue tout particulièrement.</p>

<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/human-ist-7/' title='Human ist 7'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Human-ist-7-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="Human ist 7" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/17154_379106785173_647505173_10382924_1413439_n/' title='17154_379106785173_647505173_10382924_1413439_n'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/17154_379106785173_647505173_10382924_1413439_n-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="17154_379106785173_647505173_10382924_1413439_n" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/agapesbc13/' title='AgapesBC13'><img src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/AgapesBC13.bmp" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="AgapesBC13" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/human-ist10/' title='Humanist10'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Human-ist10-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="Humanist10" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/agapesbc7/' title='AgapesBC7'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/AgapesBC7-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="AgapesBC7" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/agapesbc10/' title='AgapesBC10'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/AgapesBC10-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="AgapesBC10" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/human-ist13/' title='Humanist13'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Human-ist13-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="Humanist13" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/agapesbc11/' title='AgapesBC11'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/AgapesBC11-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes Hiver 2009" title="AgapesBC11" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/agapesbc4/' title='AgapesBC4'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/AgapesBC4-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="AgapesBC4" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/agapesbc2/' title='AgapesBC2'><img src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/AgapesBC2.bmp" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="AgapesBC2" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/agapesbc14/' title='AgapesBC14'><img src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/AgapesBC14.bmp" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="AgapesBC14" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/agapesbc8/' title='AgapesBC8'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/AgapesBC8-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes Hiver 2009" title="AgapesBC8" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/human-ist12/' title='Humanist12'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Human-ist12-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes Hiver 2009" title="Humanist12" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/human-ist-4/' title='Human ist 4'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Human-ist-4-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="Human ist 4" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/agapesbc4-2/' title='AgapesBC4'><img src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/AgapesBC4.bmp" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="AgapesBC4" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/17154_379106860173_647505173_10382932_1027641_n/' title='17154_379106860173_647505173_10382932_1027641_n'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/17154_379106860173_647505173_10382932_1027641_n-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="17154_379106860173_647505173_10382932_1027641_n" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/human-ist-3/' title='Human ist 3'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Human-ist-3-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="Human ist 3" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/human-ist-5/' title='Human ist 5'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Human-ist-5-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="Human ist 5" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/human-ist11/' title='Human ist11'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Human-ist11-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="Human ist11" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/agapesbc17/' title='AgapesBC17'><img src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/AgapesBC17.bmp" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="AgapesBC17" /></a>
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<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/human-ist-9/' title='Human ist 9'><img width="150" height="112" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Human-ist-9-150x112.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="Human ist 9" /></a>
<a href='http://assohum.org/2010/01/les-agapes-du-solstice-dhiver-2009/agapesbc15/' title='AgapesBC15'><img src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/AgapesBC15.bmp" class="attachment-thumbnail" alt="Agapes hiver 2009" title="AgapesBC15" /></a>

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		<title>Le dilemme de la laïcité québécoise</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 14:45:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
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		<description><![CDATA[(L&#8217;article suivant représente uniquement l&#8217;opinion de Michel Virard)
En référence à l’article du Devoir :
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/281707/la-laicite-est-dans-l-impasse
J&#8217;ai eu aussi accès aux notes abondantes de Jocelyn Parent, qui était à la conférence «Le Québec en quête de laïcité» (22 janvier 2010), et l&#8217;article du Devoir semble bien correspondre au débat: il y a effectivement une division de la gauche sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>(L&#8217;article suivant représente uniquement l&#8217;opinion de Michel Virard)</em></p>
<p>En référence à l’article du Devoir :</p>
<p><a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/281707/la-laicite-est-dans-l-impasse">http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/281707/la-laicite-est-dans-l-impasse</a></p>
<p>J&#8217;ai eu aussi accès aux notes abondantes de Jocelyn Parent, qui était à la conférence «Le Québec en quête de laïcité» (22 janvier 2010), et l&#8217;article du Devoir semble bien correspondre au débat: il y a effectivement une division de la gauche sur la nature de la laïcité souhaitable pour le Québec. Je retiens en outre que :</p>
<p>- L&#8217;option &#8220;laïcité ouverte&#8221; est contaminée par le désir trop apparent de plusieurs acteurs pro-religions (ex: Taylor) de limiter les dommages potentiels au christianisme-historique-du-Québec et conserver ainsi le haut du pavé, et les privilèges qui vont avec, pour &#8220;la seule vraie&#8221; religion.</p>
<p>- L&#8217;option &#8220;laïcité tout court&#8221; telle que celle du CCIEL est elle aussi contaminée par des éléments, j&#8217;en ai rencontrés, qui ont du mal à éviter les généralisations abusives (du genre: je me suis fait insultée par des musulmans donc tous les musulmans sont des o&#8230; de misogynes) et pour qui la laïcité mur à mur est le seul moyen restant pour faire barrage à ce qu&#8217;ils perçoivent comme une attaque directe sur la façon de vivre des Québécois.</p>
<p>Le constat de Françoise David est intéressant moins pour la réponse qu&#8217;elle propose, que pour la question qu&#8217;elle pose implicitement, à savoir que des deux maux il va falloir choisir le moindre, entre l&#8217;exclusion des femmes musulmanes intransigeantes de la fonction publique et l&#8217;atteinte à la neutralité de l&#8217;état. Au moins, Françoise David a le mérite de poser la question en termes d&#8217;éthique humaniste, à savoir l&#8217;évaluation des conséquences sur le plus grand nombre de personnes touchées par la décision et sur la plus grande étendue dans le temps, ce qui inclue évidemment les générations à venir.</p>
<p>Elle semble croire que le dommage causé par l&#8217;exclusion sera plus important que les dommages à venir issus de la non-neutralité apparente de l&#8217;état. Ce n&#8217;est pas impossible, mais j&#8217;en doute. Je pense que Françoise David est ici victime d&#8217;un syndrome connu: lorsque les victimes sont peu nombreuses mais identifiables, comme les femmes musulmanes, elles emportent facilement la sympathie vis-à-vis de victimes potentielles beaucoup plus nombreuses mais non clairement identifiables et dont le préjudice subit est diffus et, en toute honnêteté, la plupart du temps moindre, au niveau individuel, que celui subit par les premières.</p>
<p>Il m&#8217;apparait impossible de faire progresser le débat sans devoir d&#8217;abord tenter d&#8217;évaluer brièvement ce qu&#8217;on peut redouter lorsque l&#8217;intégrité de l&#8217;état est entamée. Sans une vision claire des enjeux nous serons toujours tentés de donner raison à la victime qui crie le plus fort ou qui est la plus proche de nous, physiquement ou culturellement.</p>
<p>Je postule ici qu&#8217;un état démocratique fonctionnel est, en soi, un bien qui mérite d&#8217;être défendu. Cette opinion fait consensus dans tous les pays occidentaux actuellement. Je postule également qu&#8217;un état démocratique fonctionnel est relativement fragile, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il peut être perverti pour le bénéfice d&#8217;un groupe voir même aboli sur une période de temps relativement courte (les exemples ne manquent pas). Les façons dont un état démocratique peut perdre son intégrité sont diverses mais j&#8217;en vois deux principales. La première est le classique coup d&#8217;état à l&#8217;aide d&#8217;une force militaire ou paramilitaire, s&#8217;appuyant sur la peur ou l&#8217;indifférence des populations. La seconde, qui nous intéresse plus, est le noyautage de l&#8217;intérieur. A l&#8217;intérieur même de l&#8217;état, des coteries s&#8217;emploient discrètement à divertir les ressources de l&#8217;état au profit d&#8217;un groupe privilégié dans l&#8217;état (exemple: l&#8217;armée en Indonésie) ou hors de l&#8217;état (le complexe militaro-industriel des États-Unis). La tentation existe dans tous les états et le nier c&#8217;est se fermer les yeux. Les états sains ont développé un système immunitaire et s&#8217;opposent à ces tendances en édictant des règles de séparation des pouvoirs, de contrôles des comptes par vérificateurs, etc. mais surtout par la vigilance des citoyens, présumés informés par une presse indépendante. S&#8217;il fonctionne tel que prévu, l&#8217;état joui du prestige considérable attribué à l&#8217;organisation intègre la plus puissante du territoire et l&#8217;état est alors respecté, c&#8217;est à dire que ses décisions, même controversées, sont acceptées par les citoyens comme à la fois légales (c&#8217;est la loi) et légitimes (elles respectent l&#8217;esprit du droit, de l&#8217;équité, de la morale humaine).</p>
<p>Toutefois pour que l’état jouisse de ce prestige, l&#8217;état se doit sinon, d&#8217;être totalement impartial, du moins d&#8217;avoir l&#8217;apparence de l&#8217;impartialité et surtout de montrer que l’impartialité est un paramètre critique de son fonctionnement. C&#8217;est pour cela que les employés de l&#8217;état ont un devoir de réserve plus contraignant que celui imposé par toute autre organisation. Ils participent très directement de la majesté de l&#8217;état et, à ce titre, ne peuvent refléter autre chose, dans leurs propos publics, leur attitude et leur présentation, que la position officielle définie par le gouvernement en exercice et les lois en usage. Une des méthodes éprouvées pour assurer, en partie, cette conformité est d&#8217;ailleurs l&#8217;usage systématique d&#8217;uniformes à usage restreints (militaires, corps de police, juges) pour tout représentant de l&#8217;état ayant un pouvoir direct de coercition.</p>
<p>Cependant les employés de l&#8217;état en position d&#8217;autorité ne sont pas tous astreints à un uniforme mais cela ne leur permet pas pour autant de s&#8217;afficher dans des tenues autres que neutres. Il y a toujours deux contraintes qui demeurent. D&#8217;abord l&#8217;exigence de décorum reste toujours valide dans tout ce qui a trait à la justice, ce qui exclu les tenues fantaisistes. Ensuite, la neutralité, expression de l&#8217;impartialité, est applicable à tout fonctionnaire, lequel, dans l&#8217;exercice de ses fonctions n&#8217;est pas autorisé à exprimer ses opinions personnelles, ou pire, les faire passer pour des positions de l&#8217;état. Le manquement à ce devoir envoie immédiatement un message clair vers les collègues et vers le public servi : dans l&#8217;ordre des priorités du fonctionnaire, l&#8217;opinion personnelle -religieuse, politique ou autre &#8211; a préséance sur le message prévu par la position du fonctionnaire. Autrement dit, le fonctionnaire ne remplit plus complètement la tâche qu&#8217;on lui a confiée parce que maintenir l&#8217;intégrité du message d&#8217;impartialité continue de faire partie de sa fonction.</p>
<p>Un état démocratique qui accepte que son message d&#8217;impartialité soit systématiquement obscurci court des risques. Au premier chef, il va courir le risque de dilution d&#8217;autorité. Au lieu d&#8217;apparaître comme un organisme intègre, soudé par un objectif commun, avec qui on ne badine pas, il va paraitre comme un organisme avec qui on peut composer, voir marchander. Après tout, si le fonctionnaire qui est devant moi a obtenu un passe-droit, pourquoi pas moi ? Ensuite, l&#8217;état &#8220;cool&#8221; va devoir faire face à des demandes similaires qui vont encore éroder son autorité. Et pas seulement de nature religieuse, j&#8217;imagine qu&#8217;un tenant du marxisme pur et dur pourrait fort bien demander la permission de représenter l&#8217;état devant le public portant un béret avec une faucille et un marteau plus un T-shirt de Che Guevara. Pourquoi pas ? De quel droit lui refuserait-on cette &#8220;dispense&#8221; ? Le dommage à l&#8217;état sera cumulatif et finira par faire paraitre l&#8217;état comme étant, intrinsèquement, une structure sans plus d&#8217;importance, et même moins, que les nombreuses sociétés de service du paysage économique.</p>
<p>Sauf que ce n&#8217;est pas vrai. L&#8217;état n&#8217;est pas juste un fournisseur de services. C&#8217;est l&#8217;ossature même d&#8217;une nation. Si vous voulez des exemples de pays ou l&#8217;état n&#8217;est pas respecté (parce que non respectable ou bien inexistant) il suffit de prendre la liste des pays classés par ordre d&#8217;indice de développement humain et de commencer par la fin. La corrélation absence d&#8217;état respectable &#8211; sous-développement est certainement l&#8217;une des mieux établie. Diminuer la respectabilité de l&#8217;état par des mesures bien intentionnées mais incohérentes avec les fonctions premières de l&#8217;état, c&#8217;est s&#8217;engager à faire baisser imperceptiblement le statut de l&#8217;état, son autorité et sa capacité à contrer les continuelles tentatives de détournement de ressources dont il fera toujours l&#8217;objet. Des &#8220;accidents&#8221; de démocratie qui étaient auparavant difficiles à imaginer, deviendront alors possibles, avec des conséquences néfastes et peut-être même tragiques. Lorsque l&#8217;autorité de l&#8217;état diminue, l&#8217;autorité des gangs, mafias, tribus, groupes de pression, etc. augmente en proportion directe au point de défier, voir de dominer, l&#8217;état comme on le voit dans plus d&#8217;un pays y compris certaines zones d’états occidentaux avancés.</p>
<p>Je crois que les conséquences à terme sont trop graves pour laisser l&#8217;état démocratique effilocher son autorité.</p>
<p>Reste à déterminer qui, réellement, parmi les fonctionnaires, est couvert par ce devoir de réserve et là, la décision peut être moins facile. Il y a par exemple, la question de savoir si tous les fonctionnaires sont assujettis ou seulement ceux qui font affaire au public. J&#8217;ai changé d&#8217;opinion la dessus et je pense maintenant que tous les fonctionnaires devraient être assujettis, même ceux qui ne sont pas en position d&#8217;autorité ou sans contact normal avec le public. L&#8217;état a besoin d&#8217;un esprit de corps et il y a déjà bien assez de divisions à l&#8217;intérieur de l&#8217;état pour permettre à un autre facteur de s&#8217;y ajouter. Mais j&#8217;admets que cette intégralité du devoir de réserve peut être discutée, du moins la partie habillement. Par contre je ne vois pas comment on pourrait en dispenser des fonctionnaires en situation d&#8217;autorité ou faisant affaire avec le public et cela inclus clairement les enseignants.</p>
<p>L’autre volet de la question est, évidemment, d’évaluer le dommage subit par les fonctionnaires touchés par ces restrictions. Nous savons bien que nous parlerons surtout de femmes musulmanes employées comme enseignantes. Entendons-nous d’abord que cela touchera seulement une petite partie des employées musulmanes. Nous savons par des enquêtes indépendantes que les immigrants issus de pays musulmans francophones sont légèrement moins pratiquants que les Québécois de souche. Mon expérience d’employeur de musulmans et de musulmanes, quoique purement anecdotique, confirme ce fait. Il est possible que les musulmanes effectivement pratiquantes soient surreprésentées dans l’enseignement (s’occuper des enfants est une activité acceptable pour la femme d’un couple très pratiquant tandis que d’autres activités le sont moins, surtout s’il y a contact avec des hommes). Malgré cela on ne saura jamais si un voile islamique est porté par conviction ou par soumission. Interdire les signes religieux ostensibles, c’est donc pénaliser celles qui sont pratiquantes par conviction. Mais autoriser ces mêmes signes c’est également pénaliser celles qui les portent par soumission sans qu’on puisse distinguer les unes et les autres.</p>
<p>Alors, du coté pile, on pénalise certainement un certain nombre de femmes qui devront soit accepter cette contrainte sur leur foi ou trouver un autre emploi hors de la fonction publique (cependant, le droit d’être fonctionnaire n’est toujours pas inscrit dans la constitution). Du coté face, la laïcité de l’état est déclarée et rendue visible, l’autorité de l’état face aux groupes avec des agendas particuliers est maintenue et la religion des fonctionnaires retourne à la sphère privée, qui doit demeurer son espace naturel.</p>
<p>Même si la loi sur le port des signes religieux  ostensibles par les élèves des écoles publiques a fait apparaître des divergences d’opinion en France, il faut savoir que le devoir de réserve imposé à tous les fonctionnaires, lui, par contre, a toujours fait l’unanimité en France et que ce n’est pas le seul territoire où cela va de soi. Depuis le début des années 2000, il en est de même dans plus de la moitié des länders allemands. Cette restriction à la liberté d’exprimer publiquement sa religion a été confirmée en cour suprême et on retrouve ces limites aussi au niveau d’écoles belges et suisses. L’opposition la plus sérieuse vient probablement de la HRW américaine (Human Rights Watch) qui considère les initiatives européennes en la matière comme des atteintes injustifiées à la liberté de conscience mais considère les atteintes à l’image de l’état comme de bien moindre importance. J’en conclu que la nature de l’état est vue différemment par des yeux américains et des yeux européens. Même avant les années Reagan, l’État avec un E majuscule, même démocratique, a toujours été considéré par une majorité d’Américains comme un mal nécessaire et rarement comme un bien en soi. Je ne suis donc pas surpris de la réaction de la HRW. Toutefois la Cour européenne des droits de l’homme ne semble pas être perturbée outre mesure par l’opinion des Américains.</p>
<p>Je crois qu’il est temps pour le Québec de montrer le courage politique si manifestement absent du gouvernement fédéral et décrète de son propre chef la fin de la récréation : l’état ne peut pas s’offrir le risque de paraître à moitié neutre.</p>
<p>Michel Virard</p>
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		<title>La critique de l’humanisme de Peter Sloterdijk &#8211; par Dominic Desroches</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Jan 2010 02:01:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Textes de conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[Conférence à l’AHQ – 22 février 2010 (19 heures 30)
Résumé 
L’humanisme classique est une conception qui place l’homme en son centre. Or qui est cet homme aujourd’hui ? Est-ce l’animal qui parle (Aristote) ? Est-ce celui qui élève ses enfants par la lecture et les bonnes manières (Érasme) ? Ou bien est-ce celui qui a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/DominicDesroches-r2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1824" title="DominicDesroches-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/DominicDesroches-r2.jpg" alt="DominicDesroches-r" width="150" height="186" /></a>Conférence à l’AHQ – 22 février 2010 (19 heures 30)</p>
<p><strong>Résumé </strong></p>
<p>L’humanisme classique est une conception qui place l’homme en son centre. Or qui est cet homme aujourd’hui ? Est-ce l’animal qui parle (Aristote) ? Est-ce celui qui élève ses enfants par la lecture et les bonnes manières (Érasme) ? Ou bien est-ce celui qui a inventé la technique, tout en y reconnaissant son destin (Heidegger) ? Une chose est claire : la puissance de la technique rend obsolète la question de savoir qui est cet homme, car celui-ci se fabrique lui-même dans son environnement – c’est l’anthropotechnique &#8211; et déjoue sa dépendance à la nature. L’homme a non seulement appris à survivre, à s’installer sur le globe, mais il est aussi parvenu à modifier et à dominer l’environnement, il en a fait son « parc à thème », au point de le détruire lentement lui-même.</p>
<p>L’écrivain allemand Peter Sloterdijk, auteur de la trilogie <em>Sphères</em>, répond à la crise de l’humanisme classique en interrogeant le lieu de l’homme, autrement dit comment l’homme s’installe dans les sphères. Dans sa réponse à Heidegger, il montre que l’humanisme traditionnel est limité, car il coupe l’homme de la technique qu’il invente. À l’ère des biotechnologies, s’opposer à la technique au nom de la morale (Jonas) n’a plus de sens. Si la tradition – forgée par la morale et la religion &#8211; a voulu voir en l’Homme un être libre de sa domestication par le média du livre, cela ne correspond plus à notre réalité. Pour Sloterdijk, et ce sera l’objet de sa conférence controversée intitulée <em>Règles pour le parc humain</em>,  l’avenir de la culture, de l’éducation et de la politique repose sur une vision qui ne refuse plus que l’homme soit un désigner d’atmosphère capable de modifier sa nature par la force de ses métaphores. La question n’est donc plus de savoir s’il se transforme, mais comment s’interdira-t-il d’avancer dans cette direction sans renier en même temps son potentiel anthropotechnique ?</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Sloterdijk, P., <em>Règles pour le parc humain</em>, Paris, Mille et une nuits, 1999.</p>
<p>_____, <em>La Domestication de l’Être</em>, Paris, Mille et une nuits, 2000.</p>
<p>_____, <em>Écumes. Sphères III</em>, Paris, Pauvert, 2005.</p>
<p><a href="http://vwww.collegeahuntsic.qc.ca/pagesdept/philosophie/dominic.html">Dominic Desroches, Ph. D. (Professeur de philosophie au Collège Ahuntsic) </a></p>
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		<title>Pas de religion, S.V.P.</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 18:40:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[PAS DE RELIGION S.V.P.
par Mohammed Wajihuddin (The Times of India, le 27 décembre 2009)
Mumbai: Dans un appartement clair et spacieux près d&#8217;un petit boisé à Versova, un poupon de 3 semaines dort dans son petit berceau. Aditi Shedde, la radieuse nouvelle maman, pétille ; elle volette d&#8217;une pièce à l&#8217;autre, demandant à la bonne d&#8217;enfant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>PAS DE RELIGION S.V.P.<br />
par Mohammed Wajihuddin (The Times of India, le 27 décembre 2009)</p>
<p>Mumbai: Dans un appartement clair et spacieux près d&#8217;un petit boisé à Versova, un poupon de 3 semaines dort dans son petit berceau. Aditi Shedde, la radieuse nouvelle maman, pétille ; elle volette d&#8217;une pièce à l&#8217;autre, demandant à la bonne d&#8217;enfant de changer la doudou du bébé et de le couvrir d&#8217;une serviette aseptisée. On garde le nourrisson à l&#8217;écart quand on lave les luxueux planchers de marbre et qu&#8217;on époussette les sofas plusieurs fois par jour.</p>
<p>Qu&#8217;y a-t-il de si différent chez ce nouveau-né qui se fait dorloter dans sa somptueuse maison ? Éh bien, il n&#8217;a pas de religion. Sa mère hindoue et son père musulman ont décidé de lui laisser le choix quand il grandira. En soi-même, ceci n&#8217;a rien de bien étonnant ; bien des parents offrent le même choix à leurs enfants.</p>
<p>La différence est qu&#8217;Aditi et son mari Aalif Surti ont choisi dès le début de confronter une bureaucratie retranchée sur ses positions en refusant de remplir la colonne Religion dans la demande de certificat de naissance pour leur fils.</p>
<p>Ce n&#8217;était pas une décision du moment. « Après quelques mois de grossesse, nous avons décidé que nous ne donnerions pas d&#8217;identité religieuse à notre enfant », dit Aditi. « Nous ne sommes pas contre la religion, mais qui sommes-nous pour choisir sa religion à sa place ? Nous l&#8217;exposerons aux valeurs des différentes croyances et cultures et il pourra librement choisir la foi de son choix – ou aucune d&#8217;elles si c&#8217;est ce qu&#8217;il désire. »</p>
<p>Bien entendu, obtenir le certificat de naissance n&#8217;a pas été de tout repos. Le premier obstacle s&#8217;est dressé à l&#8217;hôpital. Les responsables se sont inquiétés lorsque les jeunes parents ont annoncé qu&#8217;ils ne rempliraient pas la colonne Religion dans les formulaires.</p>
<p>Tous les hôpitaux doivent annoncer les nouvelles naissances à la Corporation municipale de Brihanmumbai (BMC) dans les 15 jours suivants la naissance, après quoi la BMC émet les certificats. « Vous devrez vous adresser à un directeur de la BMC », a dit un employé de l&#8217;hôpital au couple. « Puisque Aditi parle couramment Marathi, je lui ai demandé de persuader la ville », dit Aalif, directeur artistique dans une entreprise de production et de distribution de films. Puis, Aditi s&#8217;est rendue au bureau du district K (Andheri) de la BMC, prête à tout.</p>
<p>« Avez-vous honte d&#8217;être hindoue ? Pourquoi ne voulez-vous pas qu&#8217;on identifie votre enfant comme hindou ? » lui a brusquement demandé un directeur. Aditi a rétorqué que, bien que fière de ses racines hindoues, elle n&#8217;était pas pratiquante. « Pourquoi, dans un pays démocratique et séculier, un parent ne peut pas prendre la décision de ne pas donner de religion à son enfant ? » a-t-elle demandé au directeur.<br />
Sceptique, le directeur a soulevé un problème d&#8217;ordre plus technique : aujourd&#8217;hui, les certificats sont générés par des machines automatisées qui rejettent tout formulaire dont les colonnes ne sont pas toutes complétées. À force d&#8217;insistance, Aditi a été dirigée vers un superviseur. « Ce directeur m&#8217;a écouté patiemment et m&#8217;a dit qu&#8217;il comprenait mes sentiments, mais a de nouveau soulevé le même problème technique. Il a aussi ajouté qu&#8217;il n&#8217;avait jamais reçu une telle demande dans sa carrière, ce à quoi j&#8217;ai répondu qu&#8217;il y a une première à tout », se rappelle Aditi.</p>
<p>Le couple croyait être dans l&#8217;impasse. Le formulaire proposait quatre choix : hindou, musulman, chrétien et autres. Aditi dit qu&#8217;elle ne voulait aucun de ces choix pour son fils car, même pour le choix autres, il fallait nommer la secte ou la communauté en question. Elle a encore débattu avec le directeur pour finalement accepter de choisir autres mais sans aucune identification. « Le choix autres est simplement pour faciliter l&#8217;obtention du certificat. Nous savons que notre enfant n&#8217;a pas de religion », dit-elle.</p>
<p>Le couple attribue leur décision au fait d&#8217;avoir grandi dans un environnement ouvert et tolérant. Aditi a grandi au Koweït où elle avait plusieurs amies musulmanes à l&#8217;école et a même appris quelques versets du Coran. Aalif, fils de Abid Surti – un écrivain-bédéiste de renom qui compte  Osho Rajneesh, Atal Bihari Vajpayee et Amitabh Bachchan parmi ses fans – a grandi à Bandra quand l&#8217;endroit était un peu plus cosmopolite. « Je n&#8217;ai jamais voulu imposer une quelconque identité religieuse à mes deux fils, dit Abid, aujourd&#8217;hui âgé de 75 ans. Je n&#8217;ai pas réussi à obtenir leurs certificats sans mention de religion, mais je suis content que mon fils et ma belle-fille aient réussi là où j&#8217;ai échoué il y a plusieurs années. »</p>
<p>Aalif et Aditi ont peut-être gagné la première bataille, mais ce n&#8217;est que le début d&#8217;un long combat parsemé d&#8217;embûches – au moment de l&#8217;inscription à l&#8217;école ou d&#8217;obtenir un passeport pour l&#8217;enfant, par exemple. « Nous sommes prêts pour ces batailles aussi », assure Aditi. En attendant, le bébé joue dans sa poussette, heureux dans l&#8217;ignorance de l&#8217;identité unique que ses parents lui ont acquise.</p>
<p>(Traduction courtoisie d&#8217;Alexandre Leclerc)</p>
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		<title>Sciences, athéisme et humanisme</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Jan 2010 19:05:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>

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		<description><![CDATA[La conférence humaniste du 22 janvier 2010 aura pour sujet
Sciences, athéisme et humanisme
par Richard Rousseau
En écoutant la chanson « J’ai oublié de vivre » de Johnny Hallyday, je m’attriste à la pensée que certaines personnes, arrivées au crépuscule de leur vie, puissent se dire qu’ils ont oublié de vivre. Idéalement, chaque instant de notre existence devrait nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Photo-RR-912-r.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1684" title="Photo-RR-912-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Photo-RR-912-r-300x164.jpg" alt="Photo-RR-912-r" width="300" height="164" /></a>La conférence humaniste du 22 janvier 2010 aura pour sujet</p>
<p align="center"><strong>Sciences, athéisme et humanisme</strong></p>
<p align="center">par<strong> Richard Rousseau</strong></p>
<p>En écoutant la chanson « J’ai oublié de vivre » de Johnny Hallyday, je m’attriste à la pensée que certaines personnes, arrivées au crépuscule de leur vie, puissent se dire qu’ils ont oublié de vivre. Idéalement, chaque instant de notre existence devrait nous amener à un sentiment de sérénité qui nous laisse sans regret à l’heure de la mort. Cette quête du bonheur est très louable, elle est même nécessaire, mais ce bonheur tant désiré n’est pas facile à atteindre. Je vais donc vous présenter au cours des prochaines minutes des pistes, des directions, des chemins à suivre pour le trouver. À vous de choisir celles qui conviennent à vos personnalités.</p>
<p>Ayant reçu une formation de physicien, cela m’a permis d’étudier l’infiniment grand, l’univers, et l’infiniment petit, l’atome. J’y ai vu une grande beauté, une évolution extraordinaire depuis le Big Bang jusqu’à l’homme d’aujourd’hui, mais rien de divin. Tout n’est qu’évolution, tout s’explique, sauf que ça prend du temps, beaucoup de temps. En fait, 13,7 milliards d’années. Alors pourquoi l’être humain, depuis toujours, à toutes les époques, et à tous les endroits sur notre planète, a-t-il toujours cru au divin, ce magnifique conte de fées? Toute théorie pour expliquer l’origine du divin doit tenir compte de cette réalité.</p>
<p>Dans un premier temps, je vais expliquer l’origine de la croyance au divin et je vais mettre en évidence le fait que Dieu est une fiction, une création des hommes, une fabrication correspondant à un besoin essentiel.</p>
<p>Si Dieu est une fiction, une fable inventée de toutes pièces, cela a de nombreuses conséquences. Tout ce qui découle de la croyance au divin perd ainsi toute crédibilité. Par exemple, la foi n’est qu’un lavage de cerveau imposé à de jeunes enfants sans défense. Il y a aussi tous les écrits (Torah, Bible, Coran) qui deviennent pure spéculation. À la lumière de cette approche, je vais également analyser les faits et propos du plus célèbre personnage de la Bible : Jésus.</p>
<p>Une conséquence horrible de la croyance au divin est toute cette violence générée par les guerres de religion. Les religions ont toujours généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix. Décidément, la croyance au divin coûte cher, très cher à l’humanité. Je vais donc vous suggérer des moyens très simples d’application pour supprimer toute forme de violence.</p>
<p>Mais si on se débarrasse de toute croyance divine que devient alors la croyance de la vie après la mort? Il est facile de s’imaginer la vie après la vie terrestre. On n’a qu’à fermer les yeux, et voilà on peut s’imaginer tout ce que l’on veut, y compris le Père Noël ou Superman! La réalité est tout autre : Poussière d’Étoiles nous sommes, et Poussière d’Étoiles nous redeviendront. C’est ce que je vais essayer de vous démontrer.</p>
<p>Je remets donc en question la croyance à toute divinité. C&#8217;est pourquoi je fais la promotion de l’athéisme, cette conviction qui nous libère enfin des conséquences de toute servitude irrationnelle. Cependant, l’athéisme ne doit pas se limiter à nier l’existence d’un Dieu tout-puissant, mais doit déboucher sur une nouvelle éthique essentiellement laïque, proposer des règles de jeu, un code de conduite entre les hommes, une vision du monde purement humaniste, c.-à-d. basée uniquement sur des valeurs humaines qui ne comprennent pas d’éléments surnaturels ou mystiques. Évidemment, il reste beaucoup à faire. Tant que l’extrême pauvreté, la faim, la violence, les religions fondamentalistes seront présentes sur la planète, il est difficile de penser à une morale internationale.</p>
<p>L&#8217;humanisme vise à améliorer la qualité de vie des humains en ayant recours à des actions humaines plutôt que des interventions divines. Pour régler les problèmes de pauvreté, faim, maladies et besoins en énergie la science peut-être d’un grand secours. Cependant, l’application de la science et de la technologie doit être tempérée par des valeurs humaines, doit toujours être utilisée de façon créative et non destructrice. Je vais suggérer quelques moyens simples pour y arriver.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>En terminant, comme on disait dans un film célèbre et récent, « que la force soit avec vous », force créée par le cerveau humain, qui est au fond de tout individu, un véritable trésor. Il dépend de chacun de l’utiliser ou pas pour atteindre l’équilibre entre le rationnel et l’émotionnel, et finalement le bonheur ultime : aimer et être aimé. Dans ce cas, toute croyance divine devient <em>superflue</em>.</p>
<p><strong>Richard Rousseau</strong></p>
<p><a href="http://geoscan.ess.nrcan.gc.ca/cgi-bin/starfinder/0?path=geoscanf.fl&amp;id=fastlink&amp;pass=&amp;format=FLSHORTF&amp;search=dpsid%3d12908"> Ouvrages scientifiques publiés par le Dr Richard Rousseau</a></p>
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