Ciné-club: Hannah Arendt

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Date / Heure
Date(s) - 01/11/2018
17 h 00 min

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«En politique l’obéissance a le même sens que le mot soutien»

En 1961, la philosophe juive allemande Hannah Arendt est envoyée à Jérusalem par le journal The New-Yorker pour couvrir le procès d’Adolf Eichmann, responsable de la déportation de millions de Juifs. De retour à New-York, elle publie une série de cinq articles qui formeront un rapport publié en 1963: Eichman à Jérusalem, où la banalité du mal. Son rapport contredit de front la notion largement partagée à l’époque que le mal ne peut être que l’oeuvre d’individus particulièrement maléfiques. Elle montre qu’il n’en est rien et qu’il suffit «d’arrêter de penser aux conséquences» pour que des individus simplement médiocres, bons pères de famille, deviennent des bourreaux d’une violence stupéfiante.

« L’expression banalité du mal ne peut se comprendre que comme une façon de décrire les routines par lesquelles ceux qui recourent à la violence, comme ceux qui en sont témoins, mettent en suspens leurs convictions morales et renoncent à l’examen de leur engagement pratique personnel. » 

Arendt devra donc affronter une presse largement hostile, un establishment académique déboussolé, des amis pris entre deux feux et surtout un milieu juif qui lui reproche de trahir les juifs, rien de moins. Il faut dire qu’Arendt a incidemment dénoncé les conseils juifs créés pour servir d’interface entre le «peuple juif» et les nazis, ce qui a le don de déclencher les foudres de nombreux Juifs, outrés qu’on puisse ainsi imputer une responsabilité partielle à des Juifs dans la Shoa.

La dramatisation de cet épisode de la vie de Arendt a été réalisée par Margarethe von Trotta, réalisatrice allemande de renom. Ce film de 2012 dure 1h53m et sera projeté en français. Outre Adolf Eichman en personne (documents d’archives), vous y croiserez le philosophe controversé Martin Heidegger, amant de Hannah dans ses années étudiantes.

La soirée sera animée par Michel Pion et, si vous êtes présent, demandez lui de projeter aussi le supplément («bonus») #2. c’est Alain Finkielkraut qui y fait une critique intelligente du film (17m).

Comme d’habitude, le film sera suivi par une discussion.

Où: au Centre humaniste à Montréal (carte), 1225 boulevard St-Joseph Est (coin de la Roche)

Quand: le jeudi 1 novembre à 19h,

Entrée 10$ (5$ pour membres en règle), réservation requise à reservation@assohum.org

Michel Virard

Coordinateur cinéclub et conférences

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