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	<title>Association humaniste du Québec&#187; Réflexions &#8211; Association humaniste du Québec</title>
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	<description>Développer la pensée critique</description>
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		<title>Commentaires sur l&#8217;allocution de Marc Ouellet, primat du Canada</title>
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		<pubDate>Sun, 16 May 2010 15:31:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Bioethique]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA["Marc Ouellet"]]></category>
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		<description><![CDATA[La réalité, fort simple, c’est qu’il n’existe pas de support physique à une prétendue « personnalité » de l’embryon. Les cellules indifférenciées du blastocyste n’ont pas plus de « personnalité », ou de « spiritualité » si on veut utiliser ce terme, que celles que l’individu perdra régulièrement au cours de sa vie et qui, elles aussi, auront exactement le même capital génétique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Commentaires sur l’<strong>allocution du Primat de l’Église canadienne aux médecins catholiques </strong>publiée le 5 mai 2010 sur le site « enlignetoi.com », portail catholique et œcuménique d’information.</p>
<p><a href="http://www.toujoursenligne.com/27337-allocution-du-primat-de-lEglise-canadienne-aux-medecins-catholiques">http://www.toujoursenligne.com/27337-allocution-du-primat-de-lEglise-canadienne-aux-medecins-catholiques</a></p>
<p>Marc Ouellet, cardinal, archevêque de Québec et Primat du Canada, est certainement autorisé à parler au nom de l’Église catholique. Son allocution est donc clairement un énoncé de position « officielle » sur, principalement, deux sujets de bioéthique. M. Ouellet reprend les positions connues de l’Église sur l’avortement et sur l’euthanasie.</p>
<p>Pour les humanistes athées dont je me réclame, le document présente surtout un échantillonnage intéressant des arguments utilisés par le haut clergé catholique pour justifier sa vision misogyne, morbide et infantilisante des humains. Les procédés utilisés ne sont pas à l’honneur d’une religion qui prétend être dépositaire du Bien et du Vrai. Je me contenterai de passer en revue les principaux sophismes de cette allocution en laissant de coté toute la rhétorique purement religieuse. Nous ne parlerons donc pas de Dieu, dont je ne sais objectivement rien, mais de ce que nous savons réellement des êtres humains aujourd’hui et non à l’époque de Saint Thomas d’Aquin (1224-1274).</p>
<p><strong>1) L&#8217;affirmation contraire aux faits connus (de tous ceux qui se donnent la peine de lire…).</strong></p>
<p>«<em> … la Bible interdit toute décision unilatérale du coté humain visant à supprimer la vie d’autrui, où à l’abréger, ou bien à porter atteinte à sa propre vie, car aucun être humain n’est l’arbitre ultime de la vie. </em>» Marc Ouellet.</p>
<p>Dommage, cher Monsieur Ouellet, mais il vous faudra repasser votre examen d’Histoire Sainte en collant d’un peu plus près au texte de la Bible. Vous devriez savoir que la Bible, c’est à dire l’Ancien Testament et le Nouveau Testament, regorge d’injonctions violentes et de massacres présentés comme des modèles de conduite. Normand Rousseau, Maître es Sciences religieuses, s’est donné la peine de relever les immoralités manifestes enseignées par la Bible et cela a donné un catalogue imposant : son livre, « La Bible immorale » pèse 564 pages. Parmi ces immoralités, ce ne sont pas les incitations au meurtre qui manquent. Juste un exemple parmi des dizaines : Moïse s’en prend aux Madianites « <em>Eh bien maintenant, tuez tous les garçons, de même que toutes les femmes qui ont été mariées. Mais vous pouvez garder pour vous toutes les filles encore vierges</em>. » (ref. Nb-31/17 &amp; 18). Si ça ce n’est pas <em>une décision unilatérale visant à supprimer la vie d’autrui</em>, et bien dites-nous ce que c’est, on est curieux de savoir.</p>
<p>Mais, soyons charitable, Monsieur Ouellet, trahi pas sa fougue épiscopale, a pu faire un lapsus et il aurait dit « Bible » en pensant seulement au « Nouveau Testament ». Cela suffirait-il à exonérer Monsieur Ouellet ?  Hélas, non!</p>
<p>S’il suffisait d’escamoter l’Ancien Testament pour se refaire une virginité, on peut présumer que l’Église romaine l’aurait fait depuis longtemps. Malheureusement, même si le personnage  de Jésus-Christ est une amélioration considérable sur ses prédécesseurs bibliques,  il reste encore beaucoup à faire avant que lui et ses acolytes soient des références pour des humains du XXIe siècle. Des exemples ? Saint Paul n’en est pas avare : « <em>Ils connaissent bien le jugement de Dieu : ceux qui se conduisent de cette manière méritent la mort.</em> » (Rom. 1/32). On appréciera en passant la « tolérance » de Saint Paul. « <em>Je vous l’ai dit et je le répète maintenant : si quelqu’un vous annonce une Bonne Nouvelle différente de celle que vous avez reçue, qu’il soit maudit </em>» (Gal. 1/9). Peut-être pensez-vous que « maudit » ce n’est pas si terrible. En fait il s’agit de la traduction française du mot grec anathèma. Or cet « anathèma » n’est pas une simple menace, dépendant du contexte, il peut s’agir bel et bien d’une injonction pour « détruire » ce qui est « maudit », tout comme les offrandes aux dieux qui devaient être détruites complètement, sans aucune possibilité de récupération. Or ce terme anathème figure 15 fois dans l’Ancien Testament et 5 fois dans le Nouveau<a href="#_edn1">[i]</a>. Sans aller plus loin, il est certain que la destruction d’une vie humaine en dehors de la tribu, pour l’Ancien Testament, ou en dehors du groupe des coreligionnaires, pour le Nouveau Testament, n’est nullement exclue. Le « Tu ne tueras point » reste éminemment sélectif et cela est confirmé par les interprétations qu’en ont fait les divers croisés et inquisiteurs au cours des âges qui ne se sont pas gênés pour massacrer au nom du livre saint.</p>
<p>Vouloir faire dire à la Bible le contraire de ce qu’elle dit trahit bien la faiblesse de la position de l&#8217;Église romaine aussi bien sur l’avortement que sur les diverses options relatives à l&#8217;euthanasie.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>2) la confusion érigée en principe</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>« <em>Le respect de la vie à toutes les phases de son développement apparaît comme le principe et le fondement de l’ordre moral de la société </em>» Marc Ouellet</p>
<p>A plusieurs endroits de son allocution, Marc Ouellet passe de la défense de la vie à la défense de la personne et vice-versa, les considérant apparemment comme une seule et même chose. Le respect de la vie du bacille de la peste n’inspirant pas une grande compassion chez la plupart des humains, je présume donc que Marc Ouellet veut dire respect de la vie humaine et non de toutes les formes du vivant.</p>
<p>Cependant, la personne et la vie humaine restent deux concepts suffisamment différents pour qu’on s’inquiète de cette imprécision aux conséquences potentiellement dramatiques. Tout d’abord, la notion de « dignité humaine » se conçoit en référence à la personne, pas nécessairement en référence à la vie humaine. Le débranchement de Terri Schiavo, en 2005, de son système artificiel de maintien en vie a illustré clairement cette différence. Un corps vivant mais où il n’y a manifestement plus « personne » ne peut prétendre à la dignité d’une personne, seulement à celle d’une enveloppe humaine vide, ce qui n’est pas du même ordre. Marc Ouellet entretient donc volontairement une confusion regrettable entre vie humaine et personne, ce qui obscurcit le débat.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>3) Le faux choix binaire (paralogisme du faux dilemme).</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Pour la dignité de la personne humaine, M. Ouellet ne distingue que deux possibilités de début d’existence, à la naissance ou à la conception. En reprenant la position vaticane de 1987, « <em>la dignité de la personne humaine est la même à toutes les phases de son développement </em>», il affirme donc haut et fort qu’un blastocyste (embryon à son tout début) fait de quelques cellules indifférenciées, sans capacité aucune de fonctionnement cérébral, devrait disposer de droits similaires à ceux d’un être humain vivant, conscient, pensant, souffrant et porteur d’un vécu. Pourtant, les législations occidentales sur l’avortement limitent généralement l’avortement sur simple demande aux seules 10 ou 12 premières semaines, alors que l’embryon n’a pas de capacité neuronale fonctionnelle. Or cet aspect des étapes intermédiaires du passage progressif de l’œuf fécondé au bébé viable est complètement évacué du discours de M. Ouellet qui, en forçant un choix binaire complètement artificiel, s’assure de faire oublier que, même au très libéral Québec, une interruption volontaire de grossesse (par opposition à une interruption médicale) n’est, en fait, pas disponible au troisième trimestre de grossesse.</p>
<p>M. Ouellet affirme sans sourciller que « <em>La réalité de l’être humain, tout au long de son existence, avant et après la naissance, ne permet d’affirmer ni un changement de nature ni une gradation de la valeur morale, car il possède une pleine qualification anthropologique et éthique. </em>». Plus loin il affirme « <em>Il est reconnu scientifiquement que l’être humain dispose <span style="text-decoration: underline;">dès sa conception d’un capital génétique unique et complet</span> qui va se développer dans une ligne de continuité et de croissance. La personne adulte qui a parcouru toutes les phases du développement humain est la même personne qui a commencé par être un organisme microscopique dans le sein maternel.</em> »</p>
<p>M. Ouellet entend jouer sur deux tableaux : celui de la permanence de la personne et sur celui de la continuité du capital génétique unique et complet, pour démontrer la valeur morale de l’embryon à t=0. Cependant ce raisonnement se heurte à des obstacles insurmontables.</p>
<p>D’abord, si la continuité du capital génétique est bien réelle, ce capital n’est pas forcément unique (cas des jumeaux identiques) et il n’est donc pas toujours possible de faire coïncider chaque personne avec un capital génétique unique. De plus cette continuité du capital génétique n&#8217;est pas garantie au tout début du développement (deux premières semaines). Deux blastocystes hétérozygotes, normalement destinés à produire des jumeaux fraternels (non identiques), peuvent fusionner et produire un seul embryon, tout à fait viable, qui sera de nature chimérique et possiblement avec un capital génétique issu de plus que de deux parents. Si la « personne » du blastocyste original est une réalité (M. Ouellet prend bien soin de ne pas parler « d’âme », ce qui est nouveau) on se demande bien ce qu’il advient de celle-ci au moment d’une division de blastocystes (cas des jumeaux identiques) ou au moment d’une fusion de deux blastocystes (cas de l’individu chimérique). Ces particularités de l&#8217;embryogenèse humaine excluent l’hypothèse d’une « personnalité » unique et inséparable de l&#8217;embryon dès la conception. La réalité, fort simple, c’est qu’il n’existe pas de support physique à une prétendue « personnalité » de l’embryon. Les cellules indifférenciées du blastocyste n’ont pas plus de « personnalité », ou de « spiritualité » si on veut utiliser ce terme, que celles que l’individu perdra régulièrement au cours de sa vie et qui, elles aussi, auront exactement le même capital génétique. Cette absence de support physique pour une « personne » se continue aussi à la période suivante du développement et c’est seulement après l’apparition de réseaux neuronaux fonctionnels qu’on pourrait parler d&#8217;une éventuelle personnalité pour un fœtus. C’est aussi pour cette raison que l’avortement sur demande les premiers trois mois d’une grossesse a fini par être considéré comme allant de soi dans la plupart des nations occidentales émancipées de leur église nationale. Un fœtus de moins de trois mois ne peut tout simplement pas être considéré comme une personne. Je concède que cela laisse les questions d’avortements tardifs en suspens et l’Église catholique aurait pu contribuer au débat sur les choix difficiles à faire dans ces cas réellement délicats si elle ne s’était pas d’abord totalement discréditée par une position intenable sur l’avortement en début de grossesse. La décision du Vatican de prohiber toute forme d’avortement volontaire ne peut pourtant pas s’appuyer sur aucun verset explicite dans tous les évangiles et cela malgré les prétentions des auteurs du site</p>
<p><a href="http://www.xn--vangile-9xa.com/versets-bibliques/avortement.html">http://www.xn--vangile-9xa.com/versets-bibliques/avortement.html</a></p>
<p>qui s’imaginent justifier cette prohibition avec des versets qui n’ont manifestement rien à voir avec l’avortement.</p>
<p><strong>4)  Imposer aux autres des souffrances inutiles</strong></p>
<p>« <em>Toutes ces considérations nous aident à comprendre l’exigence du respect de la vie à toutes les phases de son développement, de la conception à la sépulture. Elles justifient par conséquent qu’en fin de vie, on pratique des soins palliatifs de qualité au lieu d’éliminer les patients qui souffrent, <span style="text-decoration: underline;">car ils peuvent continuer à grandir jusque dans l’extrême faiblesse</span></em><em>.</em> » Marc Ouellet.</p>
<p>Il faut le voir écrit pour le croire. On se demande quel genre de croissance Marc Ouellet avait en tête lorsqu’il écrit la dernière phrase ci-dessus. La croissance des plaques amyloïdes des patients affligés de la maladie d’Alzheimer ? En phase terminale, ces patients cessent de répondre à tout stimulus : leur système nerveux a cessé de fonctionner. Y-a-t-il encore une « personne » à bord ? Difficile de répondre mais il existe une grande diversité de cas de figure en fin de vie et établir, a priori, que l’on ne doit jamais intervenir et cela dans tous les cas, c’est se condamner soi-même à une forme de  cruauté. Là aussi, on aurait pu espérer une position réellement basée sur la compassion et non sur un dogmatisme affolant. Bien sûr que les soins palliatifs doivent être de qualité. Personne, absolument personne n’a jamais demandé qu’ils soient revus à la baisse. Là où le suicide assisté est disponible, on a constaté qu’une infime minorité des patients en phase terminale s’en prévalait. On n’a pas constaté non plus une augmentation des crimes autour de ces cas non plus qu’une augmentation des suicides dans la population en général.</p>
<p>Si Marc Ouellet se retrouve jamais comme patient aux soins palliatifs, avec des douleurs abominables et incontrôlables, je ne lui souhaite pas de se faire soigner par des médecins catholiques strictement adeptes de sa théorie : je ne serai pas assez cruel pour lui demander s’il se sentira « grandi » par l’expérience. Si Marc Ouellet désire souffrir jusqu’au bout de son agonie, je lui en laisse volontiers le loisir mais qu’il ne vienne pas me dire qu’il m’interdit de demander à mon médecin d’abréger mes propres souffrances et cela au nom de ses croyances à lui. Cette arrogance est totalement inacceptable.</p>
<p><strong>5) L’argument visant un mannequin de paille plutôt que l’adversaire réel.</strong></p>
<p><em>« </em><em>Rappelons de nouveau l’anthropologie qui fonde les droits humains. C’est la qualité ontologique de la personne et son lien sacré avec Dieu qui proscrit toute violation de son droit à la vie, au respect, à une existence décente, à la liberté de conscience et de religion, etc.  Enlevez cette référence transcendante et cette inviolabilité ontologique et il ne reste plus que le pouvoir du plus fort pour imposer un ordre social qui sera alors à l’image du surhomme dans la vision de Nietzsche : insensible aux êtres les plus fragiles et à la misère des pauvres, ce pouvoir sera appâté finalement par l’argent et n’aura que mépris pour les vertus chrétiennes d’humilité et de compassion. »</em> Marc Ouellet.<em> </em></p>
<p>Laissons de coté l’humilité toute relative du cardinal et sa compassion douteuse pour les personnes en fin de vie et observons plutôt la méthode de son argumentation : quelles sont les sociétés occidentales actuelles qui se réclament de Nietzsche ? A ma connaissance, aucune. Bien au contraire, les démocraties occidentales ont renié toutes prétentions à promouvoir un quelconque surhomme. De tous les régimes qui se sont succédés sur la planète, ce sont ces démocraties qui ont intégré le plus le souci de protéger les êtres les plus fragiles. Ce sont, et de très loin, les régimes qui démontré le plus de compassion aussi bien envers leurs citoyens qu&#8217;envers les humains hors de leurs frontières. Alors Marc Ouellet parle de qui au juste ? Et bien il parle d’un homme de paille plus facile à vaincre que son adversaire réel. En présentant Nietzsche comme une sorte d’inspirateur des tenants de l’avortement et de l’arrêt des souffrances de fin de vie, il s’assure à bon compte un capital de sympathie chez tous ceux qui associent, et avec quelques raisons, Nietzsche aux régimes totalitaires. Seulement voilà, les démocraties qui ont mis en place des législations permettant l’avortement et celles, encore trop peu nombreuses, permettant d’abréger les souffrances de fin de vie, sont effectivement aux antipodes de la pensée nietzschéenne. De fait, Nietzsche les aurait certainement eu en parfait mépris : <em>« L’intérêt du gouvernement dans son rôle de tutelle et l’intérêt de la religion vont si bien la main dans la main que, dès le moment où cette dernière amorce son déclin, les fondements de l’état sont ébranlés du même coup. La croyance à un ordre divin des choses politiques, à un mystère dans l’existence de l’état, est d’origine religieuse : que la religion disparaisse, et l’État y perdra inévitablement son antique voile d’Isis, cessera d’inspirer la vénération. La souveraineté du peuple, vue de près, servira à dissiper aussi les derniers restes de magie et de superstition dans ce domaine de sentiments ; la démocratie moderne sera la forme historique <strong>de la décadence de l’état.</strong> » </em>Friedrich Nietzsche, <em>Humain, trop Humain I</em>, Section VIII, Paragraph 472</p>
<p>Nietzsche s’est royalement trompé sur l’avenir de la démocratie, laquelle est devenue, malgré son absence de « magie », non seulement le régime politique le plus désiré de la planète mais celui qui a réussit à imposer sa puissance face à tous les totalitarismes, anciens et nouveaux. Autrement dit, les états démocratiques sont tout le contraire de sa prédiction. La manœuvre de Marc Ouellet est donc fondamentalement malhonnête : Nietzsche n’avait rien à faire dans cette argumentation et il l’a utilisé simplement pour tenter de ternir ses adversaires.</p>
<p><strong>6) Prétendre que ce que l’on déteste n’existe pas.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em> « </em><em>On constate tristement l’absence d’une norme éthique claire, universellement admise et respectée, qui garantirait l’ordre social et donc un vivre ensemble dans l’égalité des droits et la liberté pour tous. »</em> Marc Ouellet<em> </em></p>
<p>Bien sûr qu’elle existe cette norme ! Mais elle déplait tellement à Marc Ouellet qu’il prétend qu’elle n’existe pas. Cette norme est évidemment l’ensemble des droits de la personne, en progrès constant depuis les Lumières, et qui ont le grave défaut, pour la puissante Église romaine, de s’être développés parfois à coté des normes religieuses mais souvent en opposition à ces normes. Ces droits sont <em>clairs, universellement admis et respectés et garantissent l’ordre social</em> dans les démocraties, lesquelles assurent mieux que tout autre régime, théocraties comprises,<em> l’égalité des droits et la liberté pour tous</em>.  Ces droits sont issus du travail de penseurs humanistes à qui nous devons infiniment plus qu’à tous les saints du calendrier. Marc Ouellet a bien de la chance de vivre dans une de ces démocraties qui lui laisse l’entière liberté de prêcher sa vision moyenâgeuse de la condition humaine.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr size="1" />
<p><a href="#_ednref1">[i]</a> (Nb. 21/1 ; Dt. 7/26, 13/17 ; Jos. 6/7 , 7/1, 11s ; Jg.1/17 , 16/23 ; Za. 14/11; Mal.4/6 ; Rom.9/2 ; I Cor.12/3, 16/26 ; Gal.1/8, 9.)</p>
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		<title>Vidéo du lancement de Québec Athée</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Apr 2010 03:44:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Pion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>

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		<title>Souvenirs de Pierre Vadeboncoeur</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 21:36:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
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		<category><![CDATA[essayiste]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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		<description><![CDATA[Souvenirs personnels de Pierre Vadeboncoeur
Comme vous l’avez sans doute appris par les journaux, Pierre Vadeboncoeur, pamphlétaire et essayiste connu du Québec, est décédé cette semaine, à 89 ans. Depuis 1966, je l’ai côtoyé à de nombreuses reprises puisqu’il faisait partie de la famille étendue de mon épouse Valérie Martin, son père, Gérald Martin, veuf, ayant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Souvenirs personnels de Pierre Vadeboncoeur</strong></p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/AutoPortrait-PVadeboncoeur-r.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1836" title="AutoPortrait-PVadeboncoeur-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/AutoPortrait-PVadeboncoeur-r-294x300.jpg" alt="AutoPortrait-PVadeboncoeur-r" width="294" height="300" /></a>Comme vous l’avez sans doute appris par les journaux, Pierre Vadeboncoeur, pamphlétaire et essayiste connu du Québec, est décédé cette semaine, à 89 ans. Depuis 1966, je l’ai côtoyé à de nombreuses reprises puisqu’il faisait partie de la famille étendue de mon épouse Valérie Martin, son père, Gérald Martin, veuf, ayant épousé une des sœurs de Pierre, Lucie, en secondes noces. Ce que les journaux n’ont pas rapporté, à ce que je sache, c’est que Pierre est décédé le même jour que sa sœur ainée Andrée Carmel (99 ans). Deux Vadeboncoeur à enterrer la même semaine, ça occupe.</p>
<p>Ces dernières années je ne voyais Pierre guère que pour les enterrements ou presque. La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, c’était dans le cimetière Côte-des-Neiges où il venait parfois marcher. Sa dernière parole avec moi : « Tous mes amis sont là » mais il ne paraissait pas triste pour autant, plutôt ennuyé que ses amis lui aient fait faux bond.</p>
<p>Dans les années soixante, je le rencontrais plus souvent. Sa mère, Antoinette Vadeboncoeur, née Harel, ayant été invitée pour une fin de semaine chez son gendre, Gérald Martin, avait trouvé la place à son goût et était restée à demeure chez sa fille Lucie, du moins c’est ce que racontait Gérald. Or Pierre Vadeboncoeur avait beaucoup d’affection pour sa mère et il la visitait très souvent, pratiquement chaque semaine. A l’époque je courtisais la fille de Gérald, Valérie, et nous nous croisions donc assez souvent chez  Gérald, qui était alors ingénieur et directeur général des ventes à la Dominion Bridge.</p>
<p>Gérald était si parfaitement à l’aise dans le milieu anglophone de Montréal (tout le monde l’appelait Gerry « Mârtine ») que plus d’un  anglophone le prenait pour un des leurs, avec parfois d’amusants quiproquos. Gérald invitait de temps à autre Pierre à prendre un verre et ironisait sur leur vues politiques respectives avec un « Est-ce que le socialiste prendra un cognac avec le capitaliste ? » sourire en coin. Il faut dire que Pierre était à contre pied du reste de sa fratrie, pratiquement libérale mur à mur. D’où une certaine ambiguïté dans les rapports : tout le monde était fier de la notoriété de Pierre mais en même temps on aurait sans doute préféré qu’il milite un peu moins à gauche. Et puis, des titres comme <em>Un génocide en douce</em>, ça fait un peu désordre, et la famille Vadeboncoeur ne se voyait certainement pas comme le boutefeu de l’indépendance du Québec. Ni son frère Jacques, juge et président des Grands Ballets canadiens, ni Guy, ex-pilote de chasse, marié à une anglophone et <em>Canadian </em>jusqu’au bout des ongles, ni Andrée, épouse d’un marguillier, ni encore moins l’épouse de Gérald, Lucie qui avait eu pour premier mari Genest Trudel, le secrétaire de Mackenzie King.  Lorsque Pierre-Elliott Trudeau s’est présenté pour la première fois aux élections fédérales, la famille Vadeboncoeur s’est ralliée tout naturellement à cet ami d’enfance de Pierre Vadeboncoeur, avec qui il avait travaillé à Cité Libre, alors que lui même prenait ses distances.</p>
<p>Pierre avait de multiples talents dont celui du dessin. Il faisait des caricatures y compris de lui-même, dont l’autoportrait en mortaise de cet article. Comme pamphlétaire, il était d’une virulence absolument dévastatrice, en complète contradiction avec l’homme doux et attentionné que je rencontrais. Des exemples, sur le premier gouvernement Bourassa : « Tout est à vendre. Tout ? Oui, sauf des ministres, c’est déjà fait ». Ceci au moment même où son neveu, Claude Trudel, était un rouage important du cabinet Bourassa.</p>
<p>Sur les dogmes de la gauche : « S’il y a un lieu où je ne puis souffrir la bêtise, c’est à gauche. ». Il était alors avocat de la CSN.</p>
<p>Comme philosophe, je ne sais pas, n’ayant jamais pu lire entièrement ses essais, de <em>La ligne du risque </em>à <em>Essai sur la croyance et l’incroyance</em> (2007). Anticlérical dans sa jeunesse, Pierre ne semble pas avoir été capable d’aller jusqu’au bout. Il considérait que de s’ouvrir à la foi était une forme de liberté dont se privaient les athées dogmatiques. Je soupçonne que son modèle d’athée étant fortement influencé par les marxistes de son entourage syndical mais je n’ai jamais osé débattre de cette question avec lui. En tout cas, ses funérailles se feront chez les dominicains.</p>
<p>En fouillant dans ma bibliothèque, entre <em>Option Québec</em> de René Lévesque et <em>Le Colonialisme au Québec</em> d’André d’Allemagne, j’ai retrouvé l’exemplaire de <em>Un génocide en douce</em>, celui que Pierre avait dédicacé à sa sœur Lucie et son beau-frère Gérald en 1974, l’année de la première loi linguistique du Québec, la loi 22. Sa dédicace pourrait certainement servir d’épitaphe :</p>
<p>« A Gerry et Lucie,</p>
<p>des méchancetés par-ci par-là, mais surtout une adhésion profonde à un peuple et au peuple.</p>
<p>Déc. 74</p>
<p>Pierre »</p>
<p>Difficile de résumer mieux et plus concisément un homme qui a marqué la pensée québécoise pendant plus de 60 ans.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p>12 février 2010,</p>
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		<title>Laïcité #2 &#8211; Entrevue de Michel Virard</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 17:07:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Autres</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
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		<description><![CDATA[HUMANISME  et  LAICITÉ
La Laïcité au Québec – Seconde d’une série d&#8217;entrevues sur la laïcité parues dans le journal Unité ouvrière et réalisées par Jocelyn Parent
Bonjour Michel Virard.
 
 L’Association humaniste du Québec (AHQ) existe depuis 2005. Vous en êtes le président et l’avez fondé avec Bernard Cloutier et Normand Baillargeon. L’humanisme est, si nous pouvons [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong>HUMANISME  et  LAICITÉ</strong></p>
<p>La Laïcité au Québec – Seconde d’une série d&#8217;entrevues sur la laïcité parues dans le journal Unité ouvrière et réalisées par <strong>Jocelyn Parent</strong></p>
<p><strong>Bonjour Michel Virard.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> L’<em>Association humaniste du Québec </em>(AHQ) existe depuis 2005. Vous en êtes le président et l’avez fondé avec Bernard Cloutier et Normand Baillargeon. L’humanisme est, si nous pouvons dire, le terme d’usage positif pour désigner les athées, qui est perçu comme un terme négatif. Vous exercer aussi le métier de d’ingénieur conseil en Recherche et Développement. Avez-vous écrit des textes et livres que nous pourrions suggérer aux lecteurs?</strong></p>
<p>Je n’ai pas la prétention d’avoir inventé l’humanisme moderne et les textes que j’ai écrits sont souvent périphériques aux concepts centraux de l’humanisme athée que nous pratiquons. Pour la définition de l’humanisme moderne je préfère renvoyer vos lecteurs à deux textes importants pour nous. D’abord <span style="text-decoration: underline;">L’humanisme moderne, une définition</span> de Pat Duffy Hutcheon, paru en 1995. Il s’agit d’un texte court par une personne, sociologue de son état, qui fut <em>Humanist of the Year</em> au Canada en 2000. Ce texte est actuellement sur notre site web à : <a href="http://assohum.org/2008/11/lhumanisme-moderne-selon-pat-duffy-hutcheon/">http://assohum.org/2008/11/lhumanisme-moderne-selon-pat-duffy-hutcheon/</a></p>
<p>L’autre texte a été produit par Matt Cherry, un humaniste américain qui s’est donné la peine de produire une sorte de cours <em>Humaniste 101</em>, cours que nous avons entrepris de traduire. Mon collègue Michel Pion a fait la traduction des deux premiers chapitres et ceux-ci seront sur le site internet (<a href="http://www.assohum.org">www.assohum.org</a>) à partir de janvier 2010.</p>
<p>Pour ceux qui s’intéressent à l’aspect « spirituel » de l’humanisme, j’ai écrit un article qui a été publié par une revue catholique « Les cahiers de spiritualité ignacienne », en 2009. Il est maintenant en ligne ici :</p>
<p><a href="http://assohum.org/2009/12/que-signifie-la-spiritualite-pour-un-humaniste-athee/">http://assohum.org/2009/12/que-signifie-la-spiritualite-pour-un-humaniste-athee/</a></p>
<p><strong>L’humanisme est une éthique de la responsabilité liée à la socialité des humains. Pouvez-vous nous résumer ce que l’humanisme apporte au genre humain, tant d’un point de vue individuel que collectif?</strong></p>
<p>L’humanisme comprend effectivement une telle éthique. Il y a d’ailleurs plusieurs associations humanistes américaines qui se définissent d’abord comme « ethical » et aussi la fédération internationale à laquelle nous sommes associés : l’<em>International Humanist and Ethical Union</em> (IHEU), basée en Grande-Bretagne. Toutefois l’humanisme englobe non seulement une éthique mais aussi une cosmologie, ce qui, en passant, est le dénominateur commun des religions : elles ont toutes à la fois une « explication du monde », c’est-à-dire une narration sur le monde et une morale liée en tout ou en partie à cette cosmologie. On appelle cela une vision du monde (en anglais « worldview ») et la nôtre a ceci de particulier que cette vision du monde est définie par ce que nous appelons aujourd’hui la Science de la Nature et ne laisse aucune place à des croyances au surnaturel. Cela signifie qu’il n’y a pas de divinité ni de survie après la mort. Une autre conséquence est l’abandon de la dualité matière-esprit. Pour nous l’esprit, ou l’âme pour reprendre un terme religieux, est un processus complexe exécuté sur un organe matériel, le cerveau humain. Sans ce support matériel, le processus disparaît. Ce que nous appelons « conscience » est une propriété émergente des réseaux neuroniques complexes tels que notre cerveau.</p>
<p>Ce que je viens d’énoncer défini l’athéisme mais il ne définit par l’humanisme, lequel va plus loin en ce sens qu’il est une philosophie de l’action basée sur la conviction que notre situation humaine est unique dans le monde vivant et que nous serions bien fous de ne pas en tirer le meilleur parti, d’abord pour nous même et ceux qui nous sont chers, mais aussi pour tous les membres de notre espèce puisque c’est avec eux que nous devrons composer une société planétaire qui ne soit pas une menace ou un enfer pour qui que ce soit. Il s’agit moins de créer une société nouvelle que d’utiliser nos outils scientifiques et éthiques pour améliorer de façon continue les conditions de vie de tous et chacun. À partir des années 1940, les humanistes ont plus ou moins cessé de considérer l’action politique directe comme leur responsabilité première et les mouvements humanistes actuels, sauf peut-être en Inde, se démarquent généralement des partis politiques auxquels ils préfèrent donner de l’inspiration plutôt qu’un chèque en blanc. L’expérience nous a montré qu’aucun parti politique ne peut espérer représenter pleinement le courant humaniste, avec sa diversité d’intérêts et d’opinions.</p>
<p><strong>Au niveau du lien entre l’humanisme et la laïcité, comment l’AHQ articule-t-elle cette liberté individuelle dans la responsabilité sociale de ses membres à l’égard de la collectivité, tant de la ville jusqu’au niveau plus large qui est celui de la planète?</strong></p>
<p>L’AHQ est bien sûr un pilier fidèle de la laïcité des institutions et de l’espace public, cependant, pour des raisons stratégiques liées à notre statut d’œuvre de charité, nous préférons que cette action se fasse au travers d’autres organismes, en particulier le <em>Mouvement laïque québécois</em> (MLQ) que nous soutenons indirectement en achetant de la publicité dans sa revue, <span style="text-decoration: underline;">Cité laïque</span>. Nous encourageons systématiquement nos membres à devenir membres du MLQ. Plus récemment nous avons donné notre soutien au <em>Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité</em> (CCIEL) qui a un projet de charte de la laïcité pour le Québec.</p>
<p>Au-delà des frontières du Québec, nous soutenons l’humanisme par des campagnes de lettres aux autorités pour rappeler à l’ordre des États qui se prétendent plus ou moins laïques mais qui, par laxisme ou par opportunisme électoral, continuent de violer allègrement leur propre constitution. Ce fut le cas en Italie avec l’affaire Tosti où nous avons écrit, de concert avec des humanistes d’autres pays, au Conseil de la Magistrature pour les convaincre de laisser tomber leur<del datetime="2010-01-31T11:28" cite="mailto:Michel%20Virard">s</del> accusation contre le juge Tosti qui refusait de juger sous un crucifix. De même nous avons été très actifs durant la campagne contre la charia en Ontario. Nous sommes heureux que dans ces deux cas, la voix de la raison ait finalement prévalu.</p>
<p><strong>En quoi la laïcité est-elle si importante pour une société? Dit autrement, pourquoi la religion doit être une affaire personnelle, tant qu’elle n’enfreint pas les lois, cela dit?</strong></p>
<p>Le contraire de la laïcité c’est lorsque une ou un petit nombre de religions sont officiellement reconnues par l’État. Dès cet instant, l’État se trouve contraint à devoir définir ce qui constitue une religion et aussi les devoirs et obligations de chaque partie. Dès le départ, c’est un exercice périlleux si l’on veut maintenir un semblant d’égalité entre les différentes religions, or cette égalité est une exigence de la démocratie et est largement réclamée dans les pays occidentaux. C’est, par exemple, le cas de la Belgique et de la Grande-Bretagne, obligées à de remarquables contorsions constitutionnelles pour ménager la chèvre et le chou. Cela a conduit la Belgique à créer et payer pour des Maisons de la laïcité afin de ne pas paraître pénaliser les non-croyants par rapport aux cultes reconnus.</p>
<p>Si l’État a une population stable, cette reconnaissance des cultes semble acceptable à bien des citoyens qui y trouvent leur compte. Toutefois, s’il s’agit d’un État dont la population subit des changements importants de composition ethno-religieuse sur des périodes relativement courtes, comme une génération ou deux, alors survient une kyrielle de problèmes parce que, qu’il le veuille au non, l’État démocratique non laïque est forcé de s’occuper de religion. Il doit, par exemple, légiférer pour permettre aux administrations de distinguer ce qui constitue véritablement une religion d’une association sans mérite religieux. Cela peut conduire à d’étranges décisions. Par exemple, l’Église de scientologie est reconnue comme religion aux États-Unis mais pas en France, deux pays où la séparation des Églises et de l’État est pourtant inscrite dans la constitution, mais où les régimes fiscaux continuent d’accorder des privilèges indus aux églises reconnues. De fait, aussi bien les États-Unis que la France trahissent l’esprit et la lettre de leur constitution. Il est nécessaire de distinguer les œuvres de bienfaisances (charités) sous la tutelle des églises, des lieux de culte eux-mêmes. C’est-à-dire que, indépendamment de la présence où de l’absence d’œuvres de charité, les lieux de cultes sont exemptés des taxes normalement imposées sur des locaux et sur le personnel. Or ces lieux sont en fait similaires à ceux employés, par exemple, par des compagnies de croissance personnelle ou une bibliothèque, telle que c’est le cas avec la <em>Bibliothèque humaniste du Québec</em> (BHQ). Pour reprendre le jargon religieux, dans tous ces cas, l’organisme tente d’apporter une  aide aux « âmes de ses clients », cependant seules les églises reconnues bénéficient de cet avantage fiscal qui s’accumule évidemment d’année en année. On le voit très bien à Montréal! Il y est inscrit dans la pierre.</p>
<p>En pratique, aucun État actuel, même très démocratique, n’arrive à traiter équitablement les différentes religions pratiquées sur son territoire. Il en résulte de graves distorsions dans la répartition du fardeau fiscal et des aides. Toutefois, le pire se situe sur un autre plan. L’inégalité des religions se traduit aussi au plan politique et il suffit de voir la hargne avec laquelle les religions qui étaient religions d’État jusqu’à récemment s’accrochent à un pouvoir politique qui commencent à leur échapper aussi bien dans les institutions judiciaires (cas du Juge Tosti) que dans les institutions d’enseignement (cas de l’Ontario avec ses écoles publiques catholiques).</p>
<p>La conclusion sans équivoque de ces observations est que l’État est un bien mauvais juge de ce qui constitue une religion et si même cela fait partie de ses attributions. L’État conserve une fonction fondamentale d’arbitre. Si en plus l’État se veut démocratique, il ne peut faire autrement que de se déclarer arbitre incompétent en matière religieuse et donc il se doit de renvoyer toutes les religions à la sphère privée et de ne favoriser ni subventionner directement ou indirectement aucun culte.</p>
<p><strong>Au printemps 2009, il y a eu la campagne des autobus de la STCUM avec vos annonces « Dieu n’existe probablement pas. Alors cessez de vous inquiétez et profitez de la vie. » Comment les gens y ont réagi? Qu’en a-t-il résulté pour l’AHQ et les humanistes au Québec?</strong></p>
<p>La campagne des autobus athées avaient réellement deux buts distincts. D’abord affirmer publiquement que les athées, non seulement existent, mais qu’ils revendiquent leur droit à la parole. On peut dire qu’il s’agissait alors pour beaucoup d’athées d’une sortie de placard.</p>
<p>L’autre but était évidemment de rejoindre les athées, dont certains sont très isolés, et de leur dire : « Vous n’êtes pas seuls et non, vous n’êtes pas forcement anormaux ou immoraux parce que vous ne croyez pas en des divinités. »</p>
<p>Nous pensons avoir atteint nos deux buts : nous sommes passés de 170 membres à 290 dans les mois qui ont suivi la campagne et nous avons reçu des dons comme jamais dans les quatre années précédentes. De plus les médias savent maintenant que nous existons puisque nous avons fait beaucoup d’entrevues en mars à cause de cette campagne. Par exemple, nous sommes passés à <em>Second regard</em>, émission sur les religions, ce qui a, de fait, mis notre organisation sur un pied d’égalité avec les églises.</p>
<p><strong>Que pensez-vous du cours <em>Éthique et culture religieuse</em> (ECR)? Quels seraient les bienfaits pour la relève québécoise de lui enseigner l’humanisme?</strong></p>
<p>Dans sa forme actuelle, le cours d’ECR est une insulte aux humanistes athées pour deux raisons majeures. D’abord le cours ne fait pratiquement aucune mention des spiritualités non-religieuses, le ministère considérant le terme « athée » comme trop négatif. Il est cependant possible que les éducateurs et les auteurs de livres scolaires ne suivent pas le ministère sur ce terrain et réinsèrent les philosophies athées. Nous avons eu une requête en ce sens d’un éditeur québécois.</p>
<p>Ensuite, la volonté de mélanger Éthique et Religions dans un même cours lance un message pernicieux laissant croire qu’il ne saurait y avoir d’éthique en dehors d’un contexte religieux. Cela nous offense d’autant plus que l’éthique représente pour nous une alternative à la morale religieuse et non un de ses composants.</p>
<p>La mission très officielle de l’AHQ est le développement de la pensée critique dans la population, nous pensons donc qu’il est crucial pour l’avenir de notre société que les jeunes soit entraînés, dès qu’ils en ont l’âge, à la fois aux mécanismes indispensables de défense intellectuelle à un citoyen et aux raisonnements éthiques indispensables à la construction de son identité. De plus nous pensons qu’ils devraient être exposés aux valeurs humanistes, lesquelles sont, en pratique, largement partagées par une partie de plus en plus grande des populations occidentales, y compris par une large majorité de ceux qui se réclament d’une religion. Ce que nous appelons aujourd’hui « droits de la personnes » ont d’abord été des valeurs proposées par ceux que nous considérons comme nos précurseurs puisqu’ils s’occupaient en priorité d’humains et non de divinités. Je pense que cet héritage mérite d’être connu de nos jeunes au moins autant que les exploits de Vishnou, de Mahomet ou de St-François d’Assise.</p>
<p><strong>Donc, si l’athéisme et l’humanisme étaient enseignés aux jeunes, ils seraient plus en mesure d’avoir un jugement critique et seraient mieux outillés pour donner sens à leur existence sans le support religieux? Mais faut-il tout de même enseigner la religion, et surtout de quelle manière? En comprenant qu’enseigner n’est certes pas « endoctriner »…</strong></p>
<p>C’est la différence entre donner un sens à sa vie et se faire donner un sens à sa vie! Les humanistes préfèrent la première option mais ils acceptent que d’autres individus peuvent, après mure réflexion, choisir de se débarrasser de cette tâche difficile en s’en remettant à des personnes, des organismes en qui ils ont confiance. Nous pensons que cette confiance est souvent mal placée mais nous acceptons que chaque individu soit libre de décider en autant qu’on lui ait donné un minimum d’outils pour distinguer sinon le vrai du faux, du moins le probable de l’improbable. C’est cela la pensée critique. Donner un sens à sa vie c’est construire son identité, ce n’est jamais facile et jamais complété sinon le jour de sa mort.</p>
<p>Personnellement je pense que l’enseignement de la religion ne devrait se faire que dans l’optique de l’enseignement des courants de pensée et de l’histoire mais d’autres humanistes pourraient défendre d’autres idées sur cette question.</p>
<p>Il est peut-être présomptueux de ne vouloir jamais « endoctriner » des enfants. De fait, les plus jeunes sont forcément « endoctrinés » à ne pas taper sur leur voisin, à respecter leur parents, leurs professeurs, à faire leur devoirs et apprendre leurs leçons. Sans cette douce dictature des parents sur les enfants, il n’y aurait même pas de possibilité de passer à la phase suivante, qui est un passage de comportements imposés à des comportements autonomes socialement acceptables. C’est seulement à l’adolescence que les questions métaphysiques peuvent être abordées de façon intelligente et qu’alors le développement de la pensée critique prend tout son sens.</p>
<p><strong>Que pensez-vous de la position de la Fédération des Femmes du Québec, adoptée au printemps 2009, concernant le voile et l’intégration des femmes (immigrantes)?</strong></p>
<p>L’AHQ soutient la position la position du CCIEL qui s’oppose avec véhémence à ce que la FFQ accepte de bafouer deux principes qui nous sont chers, la laïcité des institutions et l’égalité des sexes, en vue de faciliter l’intégration des femmes immigrantes. De plus, nous pensons que les résultats seront exactement contraires aux objectifs déclarés.</p>
<p><strong>De part le monde, il existe divers modèles de laïcité dans les États ‒explicitement affirmés ou non. Pour s’en rendre compte, il y n’a qu’à regarder des pays comme les États-Unis, la France, la Turquie et le Canada. Quel serait le modèle qu’apprécierait voir au Québec l’AHQ?</strong></p>
<p>Il n’y a pas actuellement de modèle spécifique prôné par l’AHQ sinon qu’il devra rendre compte des spécificités du Québec et de sa situation de province dans une fédération officiellement déiste et dont le chef d’État, la Reine de Grande-Bretagne, est constitutionnellement chef de l’église anglicane.</p>
<p><strong>Cette laïcité, lorsqu’elle est encadrée par les droits philosophiques que sont ceux de nos chartes, permet une relation critique aux religions et aux traditions. De la sorte, l’État et ses institutions fournissent et remplissent des fonctions émancipatrices. Qu’y rajouteriez-vous?</strong></p>
<p>La laïcité de l’État ne garantie pas en soi que les citoyens vont acquérir automatiquement une forme de pensée critique, mais c’est vrai que le refus de l’État d’entériner une ou des religions a des conséquences sur la crédibilité des religions. La majesté de l’État, expression de la volonté populaire de l’ensemble des citoyens, ne peut plus être détournée au profit d’une religion pratiquée par une fraction de cette population. Il devient possible de critiquer une religion, même puissante, sans pour autant attenter à la sûreté de l’État, ce qui n’est pas un mince progrès. Et inversement, critiquer l’État cesse d’être blasphématoire, ce qui est une liberté nouvelle pour le citoyen.</p>
<p><strong>La laïcité qu’un État adopte, faut-il la réduire à la neutralité face à la religion, ou doit-elle être comprise comme une affirmation de la raison dans l’enseignement et dans l’espace public, notamment la sphère des institutions étatiques?</strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Comme je l’ai signalé plus haut, la laïcité de l’État est une déclaration d’incompétence en matière religieuse, il ne reste donc pour guider les actions de l’État, que ce soit en matière d’enseignement <del datetime="2010-01-31T11:35" cite="mailto:Michel%20Virard">‒</del><ins datetime="2010-01-31T11:35" cite="mailto:Michel%20Virard">(</ins>ou tout autre domaine de sa responsabilité<ins datetime="2010-01-31T11:35" cite="mailto:Michel%20Virard">)</ins><del datetime="2010-01-31T11:35" cite="mailto:Michel%20Virard">‒</del> que deux outils acceptables aux yeux d’une majorité de citoyens : la science, autrement dit une vision du monde fondée sur l’observation et la raison, et la philosophie éthique. Bien sûr, l’État doit toujours s’appuyer sur les meilleurs praticiens de ces deux domaines car il s’agit dans les deux cas d’aventures humaines. Bien sûr nous avons parlé de l’État et non du gouvernement, car ce dernier subit une contrainte supplémentaire : il ne peut ignorer l’opinion publique, mais lorsque cette dernière semble contredire la science ou l’éthique, le gouvernement a le devoir d’expliquer clairement et honnêtement pourquoi sa position est celle du vrai ou pourquoi elle est celle du bien. Un cas concret s’est présenté le mois dernier avec la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1).</p>
<p><strong>Le gouvernement du Québec finance-t-il des religions et la réfection de certains de leurs bâtiments? Qu’en pensez-vous?</strong></p>
<p>À dire vrai, le Québec est actuellement moins généreux vis-à-vis des religions que la très laïque France qui paye 100% des salaires des profs des établissements scolaires religieux qui enseignent le curriculum officiel. Bien sûr, ce n’est pas une excuse mais disons que cela relativise un peu nos doléances. Je ne connais pas de pays occidental qui ne subventionne pas en partie l’enseignement religieux, pas nécessairement parce qu’il est « religieux » mais surtout parce qu’il est « privé », une nuance importante. Lorsque le gouvernement socialiste majoritaire de la France a voulu couper les vivres aux écoles privées (écoles catholiques à 95%), il s’est fait rabrouer publiquement par deux millions de Français qui ont défilé à Paris ; la plus grande manifestation jamais organisée en France. Il y a de quoi y penser à deux fois. Pourquoi cette opposition farouche sachant que les Français ont un taux de pratique religieuse extrêmement bas? Les Français ont vu dans le geste du gouvernement une tentative de créer un nouveau monopole d’éducation, cette fois-ci en faveur de l’école publique laïque. Mais l’idéal démocratique s’accommode mal d’une source unique de sagesse en matière d’éducation et les Français, même athées, qui ont défilé en faveur des écoles privées ont pu considérer que l’aiguillon de la concurrence et la pluralité des méthodes étaient peut-être trop importants pour être abandonnés, même si cela faisait l’affaire d’un clergé qu’ils ne portent pas tous dans leur cœur.</p>
<p>Les humanistes sont d’ailleurs partagés sur cette question. Je crois personnellement qu’en distinguant bien le « privé » du « religieux » on y verra plus clair. Plutôt que d’assécher le privé,  il s’agit d’avantage de s’assurer que les deniers publics ne sont pas détournés au profit des enseignements véritablement religieux et encore moins au prosélytisme religieux. On peut discuter sans fin sur le taux  de subvention de l’État au privé, qui, rappelons-le quand même, évite une dépense substantielle à l’État. Le taux de couverture actuel de 60% des frais de scolarisation pour le curriculum commun à tous est peut-être un insupportable compromis pour les puristes des deux bords mais il est quand même très inférieur à ce qu’on voit ailleurs, à commencer par nos voisins de l’Ontario qui subventionnent totalement un réseau complet d’écoles catholiques publiques.</p>
<p>En résumé, l’État n’a évidemment pas à financer les religions et il doit être vigilant à ce que les subventions légitimes aux organismes qui le décharge d’une tâche légitime, telle que l’enseignement régulier, ne soit pas détournées à d’autre fins, dont le prosélytisme.</p>
<p><strong>Avec un État qui reconnaît le droit individuel d’adhésion à une religion chez l’individu, soit de pouvoir faire une place à la religion pour l’affirmation de son identité, y a-t-il un risque que l’État fasse en même temps une place à un renouveau religieux, dont les accommodements raisonnables pourraient en être la partie évidente?</strong></p>
<p>Je ne crois pas que l’État fasse actuellement consciemment une place à un renouveau religieux, ce serait prêter beaucoup de clairvoyance à nos politiciens. La sécularisation de l’État québécois n’a jamais été faite au grand jour comme une laïcisation voulue mais très souvent par petits bouts, par une succession de changements qui ont paru inévitable dans leur contexte d’époque. Le fil conducteur de ces changements n’a jamais été un désir de sécularisation comme tel mais un désir de plus de liberté, de plus d’autonomie, ce qui n’est pas exactement la même chose, même si un des effets de cette recherche de liberté a été de jeter à la poubelle le carcan imposé par le clergé catholique. Dans cette opération de rejet je suis persuadé que les acteurs qu’on y trouve comprennent certainement encore plus de catholiques tannés du clergé que de véritables mécréants. On peut donc difficilement parler d’un « retour en arrière » vu qu’on n’est jamais allé très loin en avant! Je parlerais plutôt de piétinement sur place. Après tout le crucifix à l’Assemblée Nationale était déjà là, personne ne l’a installé récemment. On n’a pas avancé, mais on n’a pas reculé non plus, sauf peut-être au niveau de l’enseignement religieux dans le réseau publique anglophone qui, avec le nouveau cours d’ECR, se retrouve maintenant avec un supplément d’enseignants de la religion, un domaine qu’il avait pratiquement abandonné il y a longtemps.</p>
<p>La nécessité d’accommodements religieux, puisque c’est de cela qu’il s’agit, et non pas des accommodements raisonnables qui couvrent bien d’autres choses, ne va pas disparaître par un coup de baguette magique. Ce qu’il nous manque c’est une façon juste et simple de régler ces cas. En l’absence d’un charte claire sur ce que devraient être les principes directeurs gérant la séparation des églises de l’État, la neutralité des institutions publiques et le partage des espaces publics, les décisions sont prises au coup par coup, sans garantie de cohérence. Il en résulte de nombreux cas d’appel puisque la jurisprudence est douteuse et laisse à chaque plaignant l’espoir que l’instance supérieure penchera de son coté. En faisant table rase de cette jurisprudence douteuse, une charte de la laïcité réduirait considérablement les cas litigieux, ce qui est certainement un avantage pour une société qui aspire à mieux vivre ensemble malgré les divergences religieuses.</p>
<p><strong>Pensez-vous qu’il soit pertinent et primordial que les élus et autres dirigeants de la société québécoise s’affirment et agissent sur des bases humanistes? Des mots pour les convaincre…</strong></p>
<p>Je doute que la majorité de nos élites soit consciente que les droits humains dont ils se gargarisent assez facilement sont très directement le produit d’idées proposées par des penseurs  qui ont tourné le dos aux religions, parce qu’ils étaient athées ou encore déistes, une position parfaitement défendable avant Darwin. C’est le résultat d’une formation biaisée de nos élites qui ont été privées pendant fort longtemps (et même encore aujourd’hui) du contact avec les penseurs humanistes des <em>Lumières</em> et des siècles suivants. Combien ont lu d’Holbach, Voltaire, Thomas Paine, Condorcet, Constant, Robert, Ingersoll, Bertrand Russell? La <em>Bibliothèque Humaniste du Québec </em>que la Fondation et l’<em>Association humaniste du Québec </em>ont mis en place tente de combler ce vide immense dont bien peu de Québécois sont conscients. J’invite nos dirigeants de la région de Montréal à s’inscrire à la BHQ. Les prêts sont gratuits!</p>
<p><strong>Les humanistes ont leurs moments de festivités laïques, les agapes humanistes, à chacun des solstices et équinoxes de l’année. Quels pourraient être les fêtes et/ou congés laïques dont pourraient bénéficier l’ensemble de la société?</strong></p>
<p>Nos collègues humanistes anglophones ont déjà proposé l’anniversaire de naissance de Charles Darwin, le 12 février, étant donné l’importance de son livre, <span style="text-decoration: underline;">L’Origine des espèces</span>, lequel nous a libéré du besoin d’avoir un Grand horloger pour expliquer la diversité du vivant, incluant l’homme. Comme nous ne sommes pas riches en congés légaux entre janvier et mars, pourquoi pas!</p>
<p><strong>À ce propos, il y a beaucoup de cérémonies et de rituels qu’il faudrait laïciser. Pensons à l’Ontario qui s’est doté d’</strong><strong>« officiants » et qui peut maintenant participer avec ses humanistes à des cérémonies remplies de sens tout en étant dégagées de dogmes et de liens avec le surnaturel…</strong></p>
<p>Oui, nous savons qu’une partie de la population non-croyante est intéressée par des cérémonies non religieuses mais plus attrayantes que les cérémonies civiles déjà disponibles. Nous y travaillons actuellement et il y aura des « célébrants » humanistes, puisque c’est comme cela que le Ministère de la justice les appelle, à partir du mois de mai 2010. Les célébrants humanistes seront licenciés par l’<em>Association humaniste du Québec </em>selon des modalités comparables à ce qui se fait actuellement en Ontario et pourrons faire des mariages.</p>
<p>Merci, Michel Virard. Ce fut un entretien intéressant qui nous parle des valeurs sociales et collectives dont notre société a pourtant bien besoin.</p>
<p>Merci Jocelyn, et au plaisir de la prochaine entrevue.</p>
<p><em>Avec la permission du <strong>Journal Unité Ouvrière</strong> en appui à la laïcité<br />
 Les Éditions Sociales<br />
 C.P. 65 064, Longueuil, Québec, J4K 5J4<br />
 uniteouvriere@hotmail.com</em></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>Laïcité #1 &#8211; Entrevue de Daniel Baril</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 16:52:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Autres</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La laïcité au Québec.
Réalité et Enjeux des années 80 à 2000.
La Laïcité au Québec – Première d’une série d’entrevues parue dans le Journal Unité ouvrière et  réalisées par Jocelyn Parent
Bonjour M. Baril.
Vous êtes militant de longue date pour la laïcité au Québec et êtes membre du Mouvement laïque québécois (MLQ), fondé en 1981 et issu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong>La laïcité au Québec.</strong></p>
<p align="center"><strong>Réalité et Enjeux des années 80 à 2000.</strong></p>
<p>La Laïcité au Québec – Première d’une série d’entrevues parue dans le Journal Unité ouvrière et  réalisées par <strong>Jocelyn Parent</strong></p>
<p>Bonjour M. Baril.</p>
<p>Vous êtes militant de longue date pour la laïcité au Québec et êtes membre du <em>Mouvement laïque québécois</em> (MLQ), fondé en 1981 et issu de l’<em>Association québécoise pour l’application du droit à l’exemption de l’enseignement religieux </em>(AQADER). Par le passé, vous avez exercé diverses fonctions au sein du MLQ, dont celle de Président, et êtes maintenant conseiller national. Aussi, vous êtes l’auteur de quelques livres critiques des religions, pensons à <span style="text-decoration: underline;">La  Grande Illusion</span> (MultiMondes, 2006) et <span style="text-decoration: underline;">Les mensonges de l’école catholique</span> (VLB, 1995). Récemment, vous avez participé à la coréalisation de la parution <span style="text-decoration: underline;">Heureux</span><span style="text-decoration: underline;"> sans Dieu</span>, avec Normand Baillargeon. Vous allez nous parler des avancées de la laïcité québécoise depuis les années 1980…</p>
<p><strong>Depuis que </strong><strong>la Constitution</strong><strong> canadienne a été rapatriée en 1982, et de l’insertion par Pierre Elliott Trudeau du multiculturalisme dans celle-ci, quelles ont été les répercussions –négatives et positives− pour le vivre-ensemble québécois?</strong></p>
<p>De façon positive, nous pouvons souligner la clause dérogatoire de la Charte canadienne de 1982 qui doit être reconduite à tous les cinq ans alors. Comme la confessionnalité du système scolaire québécois était contraire à la charte, il fallait donc recourir à cette clause pour maintenir les dispositions confessionnelles. Sans la réévaluation périodique imposée par la charte canadienne, nous aurions sans doute été pris avec des écoles confessionnelles pendant de nombreuses années encore puisque la charte québécoise n’oblige pas à réévaluer la dérogation.</p>
<p>L’aspect négatif, c’en est le multiculturalisme qui est l’âme, si l’on peut dire, de la Charte fédérale des droits et libertés. Et le multiculturalisme conduit aux accommodements raisonnables et à l’intrusion de la religion dans la sphère de l’État. La Cour suprême peut donc faire fi des valeurs québécoises pour accommoder des groupes culturels particuliers. Le kirpan à l’école et le turban dans la GRC sont des exemples frappants.</p>
<p>Au Québec, on prétend appliquer l’interculturalisme, mais dans les faits c’est la même chose.</p>
<p><strong>Quels liens pouvons-nous effectuer entre la laïcité et la ghettoïsation?</strong></p>
<p>La ghettoïsation est le risque du multiculturalisme. Avec la laïcité, les lois sont les mêmes pour tout le monde, ce qui favorise l’intégration à la société d’accueil. Cela n’empêche pas une communauté de pratiquer sa religion dans la mesure où elle respecte ce qui, au Québec, est non négociable, comme la défense et la promotion du français, les droits fondamentaux dont l’égalité des sexes et la laïcité, bien qu’elle ne fasse pas encore l’objet d’une loi.</p>
<p><strong>Depuis </strong><strong>la <em>Révolution</em></strong><strong><em> tranquille</em> notamment, il y a eu des avancées pour la cause de la laïcité au Québec. Qu’est-ce qui a été fait? Pensons à la déconfessionnalisation du système public d’enseignement par l’abrogation de l’Article 93 de </strong><strong>la Constitution</strong><strong> canadienne (1867)…</strong></p>
<p>Il y a d’abord eu l’exemption à l’enseignement religieux accordée au début des années 70. Ceci fut remplacé par l’option entre l’enseignement moral ou religieux. Puis, suite à une résolution unanime du gouvernement québécois, en 1997, le Québec a été soustrait de l’Article 93 de la constitution canadienne de 1867 – l’AANB – qui protégeait les commissions scolaires confessionnelles, ce qui a permis d’instaurer des commissions scolaires linguistiques. Suite au rapport Proulx, on a aboli les statuts confessionnels des écoles ainsi que les comités confessionnels du Conseil supérieur de l’Éducation. L’enseignement religieux confessionnel a alors été remplacé par le cours Éthique et culture religieuse (ECR).</p>
<p>Il y a aussi eu l’instauration des cégeps à la fin des années 60, qui forment un réseau public et laïque, issus directement du rapport Parent.</p>
<p>Cependant, le gouvernement a créé le Comité aux affaires religieuses (CAR) qui est l’héritier des comités confessionnels et qui gère le cours ECR. Évidemment, si ce cours venait à être aboli, je pense que le CAR tomberait vite en désuétude…</p>
<p>Comme nous le savons, le cours ECR a été implanté à la grandeur du Québec. Bien que l’étiquette catholique et protestante ait été retirée de l’appellation officielle, ECR n’est rien de moins qu’une continuité de l’enseignement religieux élargi aux autres religions. Le gouvernement a donc opté pour la multiconfessionnalité, ce qui est une forme de multiculturalisme.</p>
<p>Auparavant, un élève pouvait se soustraire à l’enseignement religieux, ce qui n’est plus le cas avec ECR. Sans exception, dès le primaire, les élèves reçoivent la somme des mythologies de l’humanité. C’est un cours de glorification de l’appartenance religieuse. L’athéisme n’est abordé seulement qu’en secondaire 4 ; c’est donc neuf années de mythologies diverses avant le droit au raisonnement critique sur les religions.</p>
<p>En résumé, cela a pris quelques quarante années pour déconfessionnaliser le réseau d’enseignement public. Mais déconfessionnaliser, ce n’est pas encore de la laïcité, laquelle transporte un message beaucoup plus clair que « dé-confessionnalisation ».</p>
<p><strong>Toujours sur la laïcité, quels ont été les reculs que la société québécoise a essuyés?</strong></p>
<p>Reconnaissons que les avancées sur le sujet auraient été plus rapides si les groupes de pression conservateurs ne s’y étaient pas opposés. Ils ont retardé les progrès moraux et éthiques que notre société requiert aujourd’hui.</p>
<p>Comme autres vestiges de la société cléricale, il y a le crucifix à l’Assemblé nationale. Il est déplorable que les élus aient adopté à l’unanimité, et avec empressement, son maintient. C’était aller à l’encontre de l’une des recommandations les plus laïques du rapport Bouchard-Taylor.</p>
<p>Aussi, il y a encore des maires qui récitent des prières lors des assemblées publiques municipales. Pensons à Saguenay qui a refusé de se soumettre au jugement du Tribunal des droits de la personne condamnant cette pratique. Pensons aussi à l’immobilisme du gouvernement Charest qui refuse d’établir une loi sur la question de la laïcité afin de fournir des balises claires et cohérentes pour les divers ministères et organismes aux prises avec des demandes d’accommodements religieux.</p>
<p>Il y a aussi la procédure d’assermentation dans les tribunaux fédéraux où l’on est supposé donner le choix entre une affirmation solennelle et une assermentation sur la Bible ; que ce soit dans les tribunaux ou ailleurs, l’État ne devrait reconnaître que la procédure laïque consistant à jurer de dire la vérité. La même vaut pour l’assermentation des ministres.</p>
<p><strong>Dans les suites à donner à Bouchard-Taylor, y a-t-il eu des partis politiques qui ont appuyé la démarche d’établir une loi sur la laïcité? Qu’ont-ils dit à ce propos?</strong></p>
<p>Québec solidaire s’est montré récemment ouvert à un débat sur une charte de la laïcité, mais quelle forme cela prendrait, ça reste à voir. Plus récemment encore, dans le cadre du débat sur le projet de loi 16 sur la diversité culturelle, le PQ et l’ADQ ont ramené cette idée, mais le premier ministre Charest leur a fermé la porte au nez.</p>
<p>Le projet de loi 16 −qui pourrait conduire à faire prévaloir les principes religieux sur l’égalité des sexes − montre que le gouvernement Charest persiste dans la ligne des accommodements religieux et continue de procéder à la pièce plutôt que d’adopter des balises claires comme une charte de la laïcité.</p>
<p><strong>Que reste-t-il à faire à propos de la laïcité au Québec? Que faire des congés religieux par exemple?</strong></p>
<p>C’est sûr que la plupart de nos congés sont d’origine religieuse, mais cela ne me dérange pas trop. On pourrait toujours les remplacer par des congés saisonniers à date fixe et attribués à tout le monde. <em>La loi sur les normes du travail</em> pourrait aussi accorder un certains nombre de congés mobiles que chacun pourrait prendre à la date de son choix et pour le motif de son choix, ce qui permettrait à certaines communautés de célébrer leurs fêtes religieuses.</p>
<p><strong>Avec la cadre fédéral actuel et le multiculturalisme, quelles seraient les limites de l’établissement d’une charte québécoise de la laïcité?</strong></p>
<p>Nul doute que la charte fédérale continuerait d’avoir prépondérance sur une charte québécoise de la laïcité. Soulignons que le préambule de la Constitution de 1982 reconnait la suprématie de Dieu et que la procédure d’amendement de cette constitution est cadenassée.</p>
<p>Cependant, il est certain que l’adoption d’une charte sur la laïcité qui recevrait l’adhésion d’une vaste majorité de la population enverrait un message clair à Ottawa. Cela démontrerait que la société québécoise veut un autre système que le multiculturalisme. Par le même fait, cela démontrerait les limites et les contradictions du système canadien.</p>
<p>De plus, toute constitution québécoise devrait s’affranchir de la monarchie. L’autorité suprême du Canada reste reliée à la religion car la reine détient ce titre «par la grâce de Dieu» : <em>Dei Gratia Regina,</em> comme on peut le lire sur la monnaie canadienne. Et la reine du Canada est aussi la papesse des anglicans. Dans une république, les gouvernants sont redevables au peuple, non à Dieu, et leur serment d’allégeance est fait envers le peuple et non envers un monarque.</p>
<p>Ce que nous réclamons, c’est une république laïque où le peuple est souverain et où les lois n’ont plus à être entérinées par un monarque. C’est d’ailleurs l’essentiel des propos qui sont tenus dans le <span style="text-decoration: underline;">Manifeste pour une république laïque</span> (que l’on peut retrouver sur le site du MLQ).</p>
<p><strong>Y a-t-il des exemples d’États fondés sur la dignité humaine, comme par exemple l’humanisme?</strong></p>
<p>Oui et non. En fait, ce n’est pas si précis que cela. Prenons le cas de la France : c’est sous-jacent à sa devise, <em>Liberté, Égalité, Fraternité</em>. Mais cela demeure symbolique ; la France doit aussi faire face à des problèmes d’intégration de ses minorités.</p>
<p>Quant à la devise du Canada, elle est géographique et elle ne veut rien dire sur le plan humain. Ce qui est dommage, mais c’est tout de même mieux que celle des États-Unis, <em>In God we trust</em>. D’autant plus que l’assermentation de leur président inclut un appel à Dieu : <em>So help me God</em>.</p>
<p>Merci de cet entretien, M. Baril.</p>
<p><em>Avec la permission du <strong>Journal Unité Ouvrière</strong> en appui à la laïcité<br />
 Les Éditions Sociales<br />
 C.P. 65 064, Longueuil, Québec, J4K 5J4<br />
 uniteouvriere@hotmail.com</em></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>Texte de la conférence de Richard Rousseau du 22 janvier 2010</title>
		<link>http://assohum.org/2010/01/texte-de-la-conference-de-richard-rousseau-du-22-janvier-2010/</link>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 15:56:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[Textes de conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous trouverez le texte de la conférence en format pdf (7 pages)  à :
Humanisme_vision_par Richard_Rousseau
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous trouverez le texte de la conférence en format pdf (7 pages)  à :</p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Humanisme_vision_par-Richard_Rousseau.pdf">Humanisme_vision_par Richard_Rousseau</a></p>
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		<title>Le dilemme de la laïcité québécoise</title>
		<link>http://assohum.org/2010/01/le-dilemme-de-la-laicite-quebecoise/</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 14:45:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
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		<category><![CDATA[principes]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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		<description><![CDATA[(L&#8217;article suivant représente uniquement l&#8217;opinion de Michel Virard)
En référence à l’article du Devoir :
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/281707/la-laicite-est-dans-l-impasse
J&#8217;ai eu aussi accès aux notes abondantes de Jocelyn Parent, qui était à la conférence «Le Québec en quête de laïcité» (22 janvier 2010), et l&#8217;article du Devoir semble bien correspondre au débat: il y a effectivement une division de la gauche sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>(L&#8217;article suivant représente uniquement l&#8217;opinion de Michel Virard)</em></p>
<p>En référence à l’article du Devoir :</p>
<p><a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/281707/la-laicite-est-dans-l-impasse">http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/281707/la-laicite-est-dans-l-impasse</a></p>
<p>J&#8217;ai eu aussi accès aux notes abondantes de Jocelyn Parent, qui était à la conférence «Le Québec en quête de laïcité» (22 janvier 2010), et l&#8217;article du Devoir semble bien correspondre au débat: il y a effectivement une division de la gauche sur la nature de la laïcité souhaitable pour le Québec. Je retiens en outre que :</p>
<p>- L&#8217;option &#8220;laïcité ouverte&#8221; est contaminée par le désir trop apparent de plusieurs acteurs pro-religions (ex: Taylor) de limiter les dommages potentiels au christianisme-historique-du-Québec et conserver ainsi le haut du pavé, et les privilèges qui vont avec, pour &#8220;la seule vraie&#8221; religion.</p>
<p>- L&#8217;option &#8220;laïcité tout court&#8221; telle que celle du CCIEL est elle aussi contaminée par des éléments, j&#8217;en ai rencontrés, qui ont du mal à éviter les généralisations abusives (du genre: je me suis fait insultée par des musulmans donc tous les musulmans sont des o&#8230; de misogynes) et pour qui la laïcité mur à mur est le seul moyen restant pour faire barrage à ce qu&#8217;ils perçoivent comme une attaque directe sur la façon de vivre des Québécois.</p>
<p>Le constat de Françoise David est intéressant moins pour la réponse qu&#8217;elle propose, que pour la question qu&#8217;elle pose implicitement, à savoir que des deux maux il va falloir choisir le moindre, entre l&#8217;exclusion des femmes musulmanes intransigeantes de la fonction publique et l&#8217;atteinte à la neutralité de l&#8217;état. Au moins, Françoise David a le mérite de poser la question en termes d&#8217;éthique humaniste, à savoir l&#8217;évaluation des conséquences sur le plus grand nombre de personnes touchées par la décision et sur la plus grande étendue dans le temps, ce qui inclue évidemment les générations à venir.</p>
<p>Elle semble croire que le dommage causé par l&#8217;exclusion sera plus important que les dommages à venir issus de la non-neutralité apparente de l&#8217;état. Ce n&#8217;est pas impossible, mais j&#8217;en doute. Je pense que Françoise David est ici victime d&#8217;un syndrome connu: lorsque les victimes sont peu nombreuses mais identifiables, comme les femmes musulmanes, elles emportent facilement la sympathie vis-à-vis de victimes potentielles beaucoup plus nombreuses mais non clairement identifiables et dont le préjudice subit est diffus et, en toute honnêteté, la plupart du temps moindre, au niveau individuel, que celui subit par les premières.</p>
<p>Il m&#8217;apparait impossible de faire progresser le débat sans devoir d&#8217;abord tenter d&#8217;évaluer brièvement ce qu&#8217;on peut redouter lorsque l&#8217;intégrité de l&#8217;état est entamée. Sans une vision claire des enjeux nous serons toujours tentés de donner raison à la victime qui crie le plus fort ou qui est la plus proche de nous, physiquement ou culturellement.</p>
<p>Je postule ici qu&#8217;un état démocratique fonctionnel est, en soi, un bien qui mérite d&#8217;être défendu. Cette opinion fait consensus dans tous les pays occidentaux actuellement. Je postule également qu&#8217;un état démocratique fonctionnel est relativement fragile, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il peut être perverti pour le bénéfice d&#8217;un groupe voir même aboli sur une période de temps relativement courte (les exemples ne manquent pas). Les façons dont un état démocratique peut perdre son intégrité sont diverses mais j&#8217;en vois deux principales. La première est le classique coup d&#8217;état à l&#8217;aide d&#8217;une force militaire ou paramilitaire, s&#8217;appuyant sur la peur ou l&#8217;indifférence des populations. La seconde, qui nous intéresse plus, est le noyautage de l&#8217;intérieur. A l&#8217;intérieur même de l&#8217;état, des coteries s&#8217;emploient discrètement à divertir les ressources de l&#8217;état au profit d&#8217;un groupe privilégié dans l&#8217;état (exemple: l&#8217;armée en Indonésie) ou hors de l&#8217;état (le complexe militaro-industriel des États-Unis). La tentation existe dans tous les états et le nier c&#8217;est se fermer les yeux. Les états sains ont développé un système immunitaire et s&#8217;opposent à ces tendances en édictant des règles de séparation des pouvoirs, de contrôles des comptes par vérificateurs, etc. mais surtout par la vigilance des citoyens, présumés informés par une presse indépendante. S&#8217;il fonctionne tel que prévu, l&#8217;état joui du prestige considérable attribué à l&#8217;organisation intègre la plus puissante du territoire et l&#8217;état est alors respecté, c&#8217;est à dire que ses décisions, même controversées, sont acceptées par les citoyens comme à la fois légales (c&#8217;est la loi) et légitimes (elles respectent l&#8217;esprit du droit, de l&#8217;équité, de la morale humaine).</p>
<p>Toutefois pour que l’état jouisse de ce prestige, l&#8217;état se doit sinon, d&#8217;être totalement impartial, du moins d&#8217;avoir l&#8217;apparence de l&#8217;impartialité et surtout de montrer que l’impartialité est un paramètre critique de son fonctionnement. C&#8217;est pour cela que les employés de l&#8217;état ont un devoir de réserve plus contraignant que celui imposé par toute autre organisation. Ils participent très directement de la majesté de l&#8217;état et, à ce titre, ne peuvent refléter autre chose, dans leurs propos publics, leur attitude et leur présentation, que la position officielle définie par le gouvernement en exercice et les lois en usage. Une des méthodes éprouvées pour assurer, en partie, cette conformité est d&#8217;ailleurs l&#8217;usage systématique d&#8217;uniformes à usage restreints (militaires, corps de police, juges) pour tout représentant de l&#8217;état ayant un pouvoir direct de coercition.</p>
<p>Cependant les employés de l&#8217;état en position d&#8217;autorité ne sont pas tous astreints à un uniforme mais cela ne leur permet pas pour autant de s&#8217;afficher dans des tenues autres que neutres. Il y a toujours deux contraintes qui demeurent. D&#8217;abord l&#8217;exigence de décorum reste toujours valide dans tout ce qui a trait à la justice, ce qui exclu les tenues fantaisistes. Ensuite, la neutralité, expression de l&#8217;impartialité, est applicable à tout fonctionnaire, lequel, dans l&#8217;exercice de ses fonctions n&#8217;est pas autorisé à exprimer ses opinions personnelles, ou pire, les faire passer pour des positions de l&#8217;état. Le manquement à ce devoir envoie immédiatement un message clair vers les collègues et vers le public servi : dans l&#8217;ordre des priorités du fonctionnaire, l&#8217;opinion personnelle -religieuse, politique ou autre &#8211; a préséance sur le message prévu par la position du fonctionnaire. Autrement dit, le fonctionnaire ne remplit plus complètement la tâche qu&#8217;on lui a confiée parce que maintenir l&#8217;intégrité du message d&#8217;impartialité continue de faire partie de sa fonction.</p>
<p>Un état démocratique qui accepte que son message d&#8217;impartialité soit systématiquement obscurci court des risques. Au premier chef, il va courir le risque de dilution d&#8217;autorité. Au lieu d&#8217;apparaître comme un organisme intègre, soudé par un objectif commun, avec qui on ne badine pas, il va paraitre comme un organisme avec qui on peut composer, voir marchander. Après tout, si le fonctionnaire qui est devant moi a obtenu un passe-droit, pourquoi pas moi ? Ensuite, l&#8217;état &#8220;cool&#8221; va devoir faire face à des demandes similaires qui vont encore éroder son autorité. Et pas seulement de nature religieuse, j&#8217;imagine qu&#8217;un tenant du marxisme pur et dur pourrait fort bien demander la permission de représenter l&#8217;état devant le public portant un béret avec une faucille et un marteau plus un T-shirt de Che Guevara. Pourquoi pas ? De quel droit lui refuserait-on cette &#8220;dispense&#8221; ? Le dommage à l&#8217;état sera cumulatif et finira par faire paraitre l&#8217;état comme étant, intrinsèquement, une structure sans plus d&#8217;importance, et même moins, que les nombreuses sociétés de service du paysage économique.</p>
<p>Sauf que ce n&#8217;est pas vrai. L&#8217;état n&#8217;est pas juste un fournisseur de services. C&#8217;est l&#8217;ossature même d&#8217;une nation. Si vous voulez des exemples de pays ou l&#8217;état n&#8217;est pas respecté (parce que non respectable ou bien inexistant) il suffit de prendre la liste des pays classés par ordre d&#8217;indice de développement humain et de commencer par la fin. La corrélation absence d&#8217;état respectable &#8211; sous-développement est certainement l&#8217;une des mieux établie. Diminuer la respectabilité de l&#8217;état par des mesures bien intentionnées mais incohérentes avec les fonctions premières de l&#8217;état, c&#8217;est s&#8217;engager à faire baisser imperceptiblement le statut de l&#8217;état, son autorité et sa capacité à contrer les continuelles tentatives de détournement de ressources dont il fera toujours l&#8217;objet. Des &#8220;accidents&#8221; de démocratie qui étaient auparavant difficiles à imaginer, deviendront alors possibles, avec des conséquences néfastes et peut-être même tragiques. Lorsque l&#8217;autorité de l&#8217;état diminue, l&#8217;autorité des gangs, mafias, tribus, groupes de pression, etc. augmente en proportion directe au point de défier, voir de dominer, l&#8217;état comme on le voit dans plus d&#8217;un pays y compris certaines zones d’états occidentaux avancés.</p>
<p>Je crois que les conséquences à terme sont trop graves pour laisser l&#8217;état démocratique effilocher son autorité.</p>
<p>Reste à déterminer qui, réellement, parmi les fonctionnaires, est couvert par ce devoir de réserve et là, la décision peut être moins facile. Il y a par exemple, la question de savoir si tous les fonctionnaires sont assujettis ou seulement ceux qui font affaire au public. J&#8217;ai changé d&#8217;opinion la dessus et je pense maintenant que tous les fonctionnaires devraient être assujettis, même ceux qui ne sont pas en position d&#8217;autorité ou sans contact normal avec le public. L&#8217;état a besoin d&#8217;un esprit de corps et il y a déjà bien assez de divisions à l&#8217;intérieur de l&#8217;état pour permettre à un autre facteur de s&#8217;y ajouter. Mais j&#8217;admets que cette intégralité du devoir de réserve peut être discutée, du moins la partie habillement. Par contre je ne vois pas comment on pourrait en dispenser des fonctionnaires en situation d&#8217;autorité ou faisant affaire avec le public et cela inclus clairement les enseignants.</p>
<p>L’autre volet de la question est, évidemment, d’évaluer le dommage subit par les fonctionnaires touchés par ces restrictions. Nous savons bien que nous parlerons surtout de femmes musulmanes employées comme enseignantes. Entendons-nous d’abord que cela touchera seulement une petite partie des employées musulmanes. Nous savons par des enquêtes indépendantes que les immigrants issus de pays musulmans francophones sont légèrement moins pratiquants que les Québécois de souche. Mon expérience d’employeur de musulmans et de musulmanes, quoique purement anecdotique, confirme ce fait. Il est possible que les musulmanes effectivement pratiquantes soient surreprésentées dans l’enseignement (s’occuper des enfants est une activité acceptable pour la femme d’un couple très pratiquant tandis que d’autres activités le sont moins, surtout s’il y a contact avec des hommes). Malgré cela on ne saura jamais si un voile islamique est porté par conviction ou par soumission. Interdire les signes religieux ostensibles, c’est donc pénaliser celles qui sont pratiquantes par conviction. Mais autoriser ces mêmes signes c’est également pénaliser celles qui les portent par soumission sans qu’on puisse distinguer les unes et les autres.</p>
<p>Alors, du coté pile, on pénalise certainement un certain nombre de femmes qui devront soit accepter cette contrainte sur leur foi ou trouver un autre emploi hors de la fonction publique (cependant, le droit d’être fonctionnaire n’est toujours pas inscrit dans la constitution). Du coté face, la laïcité de l’état est déclarée et rendue visible, l’autorité de l’état face aux groupes avec des agendas particuliers est maintenue et la religion des fonctionnaires retourne à la sphère privée, qui doit demeurer son espace naturel.</p>
<p>Même si la loi sur le port des signes religieux  ostensibles par les élèves des écoles publiques a fait apparaître des divergences d’opinion en France, il faut savoir que le devoir de réserve imposé à tous les fonctionnaires, lui, par contre, a toujours fait l’unanimité en France et que ce n’est pas le seul territoire où cela va de soi. Depuis le début des années 2000, il en est de même dans plus de la moitié des länders allemands. Cette restriction à la liberté d’exprimer publiquement sa religion a été confirmée en cour suprême et on retrouve ces limites aussi au niveau d’écoles belges et suisses. L’opposition la plus sérieuse vient probablement de la HRW américaine (Human Rights Watch) qui considère les initiatives européennes en la matière comme des atteintes injustifiées à la liberté de conscience mais considère les atteintes à l’image de l’état comme de bien moindre importance. J’en conclu que la nature de l’état est vue différemment par des yeux américains et des yeux européens. Même avant les années Reagan, l’État avec un E majuscule, même démocratique, a toujours été considéré par une majorité d’Américains comme un mal nécessaire et rarement comme un bien en soi. Je ne suis donc pas surpris de la réaction de la HRW. Toutefois la Cour européenne des droits de l’homme ne semble pas être perturbée outre mesure par l’opinion des Américains.</p>
<p>Je crois qu’il est temps pour le Québec de montrer le courage politique si manifestement absent du gouvernement fédéral et décrète de son propre chef la fin de la récréation : l’état ne peut pas s’offrir le risque de paraître à moitié neutre.</p>
<p>Michel Virard</p>
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		<title>Sciences, athéisme et humanisme</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Jan 2010 19:05:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>

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		<description><![CDATA[La conférence humaniste du 22 janvier 2010 aura pour sujet
Sciences, athéisme et humanisme
par Richard Rousseau
En écoutant la chanson « J’ai oublié de vivre » de Johnny Hallyday, je m’attriste à la pensée que certaines personnes, arrivées au crépuscule de leur vie, puissent se dire qu’ils ont oublié de vivre. Idéalement, chaque instant de notre existence devrait nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Photo-RR-912-r.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1684" title="Photo-RR-912-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Photo-RR-912-r-300x164.jpg" alt="Photo-RR-912-r" width="300" height="164" /></a>La conférence humaniste du 22 janvier 2010 aura pour sujet</p>
<p align="center"><strong>Sciences, athéisme et humanisme</strong></p>
<p align="center">par<strong> Richard Rousseau</strong></p>
<p>En écoutant la chanson « J’ai oublié de vivre » de Johnny Hallyday, je m’attriste à la pensée que certaines personnes, arrivées au crépuscule de leur vie, puissent se dire qu’ils ont oublié de vivre. Idéalement, chaque instant de notre existence devrait nous amener à un sentiment de sérénité qui nous laisse sans regret à l’heure de la mort. Cette quête du bonheur est très louable, elle est même nécessaire, mais ce bonheur tant désiré n’est pas facile à atteindre. Je vais donc vous présenter au cours des prochaines minutes des pistes, des directions, des chemins à suivre pour le trouver. À vous de choisir celles qui conviennent à vos personnalités.</p>
<p>Ayant reçu une formation de physicien, cela m’a permis d’étudier l’infiniment grand, l’univers, et l’infiniment petit, l’atome. J’y ai vu une grande beauté, une évolution extraordinaire depuis le Big Bang jusqu’à l’homme d’aujourd’hui, mais rien de divin. Tout n’est qu’évolution, tout s’explique, sauf que ça prend du temps, beaucoup de temps. En fait, 13,7 milliards d’années. Alors pourquoi l’être humain, depuis toujours, à toutes les époques, et à tous les endroits sur notre planète, a-t-il toujours cru au divin, ce magnifique conte de fées? Toute théorie pour expliquer l’origine du divin doit tenir compte de cette réalité.</p>
<p>Dans un premier temps, je vais expliquer l’origine de la croyance au divin et je vais mettre en évidence le fait que Dieu est une fiction, une création des hommes, une fabrication correspondant à un besoin essentiel.</p>
<p>Si Dieu est une fiction, une fable inventée de toutes pièces, cela a de nombreuses conséquences. Tout ce qui découle de la croyance au divin perd ainsi toute crédibilité. Par exemple, la foi n’est qu’un lavage de cerveau imposé à de jeunes enfants sans défense. Il y a aussi tous les écrits (Torah, Bible, Coran) qui deviennent pure spéculation. À la lumière de cette approche, je vais également analyser les faits et propos du plus célèbre personnage de la Bible : Jésus.</p>
<p>Une conséquence horrible de la croyance au divin est toute cette violence générée par les guerres de religion. Les religions ont toujours généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix. Décidément, la croyance au divin coûte cher, très cher à l’humanité. Je vais donc vous suggérer des moyens très simples d’application pour supprimer toute forme de violence.</p>
<p>Mais si on se débarrasse de toute croyance divine que devient alors la croyance de la vie après la mort? Il est facile de s’imaginer la vie après la vie terrestre. On n’a qu’à fermer les yeux, et voilà on peut s’imaginer tout ce que l’on veut, y compris le Père Noël ou Superman! La réalité est tout autre : Poussière d’Étoiles nous sommes, et Poussière d’Étoiles nous redeviendront. C’est ce que je vais essayer de vous démontrer.</p>
<p>Je remets donc en question la croyance à toute divinité. C&#8217;est pourquoi je fais la promotion de l’athéisme, cette conviction qui nous libère enfin des conséquences de toute servitude irrationnelle. Cependant, l’athéisme ne doit pas se limiter à nier l’existence d’un Dieu tout-puissant, mais doit déboucher sur une nouvelle éthique essentiellement laïque, proposer des règles de jeu, un code de conduite entre les hommes, une vision du monde purement humaniste, c.-à-d. basée uniquement sur des valeurs humaines qui ne comprennent pas d’éléments surnaturels ou mystiques. Évidemment, il reste beaucoup à faire. Tant que l’extrême pauvreté, la faim, la violence, les religions fondamentalistes seront présentes sur la planète, il est difficile de penser à une morale internationale.</p>
<p>L&#8217;humanisme vise à améliorer la qualité de vie des humains en ayant recours à des actions humaines plutôt que des interventions divines. Pour régler les problèmes de pauvreté, faim, maladies et besoins en énergie la science peut-être d’un grand secours. Cependant, l’application de la science et de la technologie doit être tempérée par des valeurs humaines, doit toujours être utilisée de façon créative et non destructrice. Je vais suggérer quelques moyens simples pour y arriver.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>En terminant, comme on disait dans un film célèbre et récent, « que la force soit avec vous », force créée par le cerveau humain, qui est au fond de tout individu, un véritable trésor. Il dépend de chacun de l’utiliser ou pas pour atteindre l’équilibre entre le rationnel et l’émotionnel, et finalement le bonheur ultime : aimer et être aimé. Dans ce cas, toute croyance divine devient <em>superflue</em>.</p>
<p><strong>Richard Rousseau</strong></p>
<p><a href="http://geoscan.ess.nrcan.gc.ca/cgi-bin/starfinder/0?path=geoscanf.fl&amp;id=fastlink&amp;pass=&amp;format=FLSHORTF&amp;search=dpsid%3d12908"> Ouvrages scientifiques publiés par le Dr Richard Rousseau</a></p>
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		<title>L&#8217;arbre de la connaissance</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Dec 2009 04:56:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Pion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>

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		<description><![CDATA[
La vidéo ci-dessous a été produite par M. Gregory Walsh, qui a gracieusement accepté de nous fournir une copie pour que nous puissions y ajouter des sous-titres français.
Vous pouvez voir l&#8217;original sur le site de Gregory ici
[See post to watch Flash video]
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><br class="spacer_" /></p>
<p>La vidéo ci-dessous a été produite par M. Gregory Walsh, qui a gracieusement accepté de nous fournir une copie pour que nous puissions y ajouter des sous-titres français.</p>
<p><a href="http://www.gregorywalsh.net/doc.html">Vous pouvez voir l&#8217;original sur le site de Gregory ici</a></p>
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		<title>Que signifie la spiritualité pour un humaniste athée ?</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 17:06:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[athéisme]]></category>
		<category><![CDATA[empathie]]></category>
		<category><![CDATA[éthique]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>
		<category><![CDATA[naturalisme]]></category>
		<category><![CDATA[tolérance]]></category>

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		<description><![CDATA[(Le texte suivant est paru dans &#8220;Les cahiers de spiritualité ignacienne&#8221; du printemps 2009) 
 
S&#8217;il existe de nombreuses façons de vivre sa foi dans le surnaturel, il existe également de nombreuses façons de vivre sans référence au surnaturel. Je m’identifie moi-même comme humaniste athée après un long parcours qui commença par une foi en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>(Le texte suivant est paru dans &#8220;Les cahiers de spiritualité ignacienne&#8221; du printemps 2009) <strong><span style="font-size: 14pt; line-height: 200%;" lang="FR-CA"><br />
 </span></strong></em></p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2009/12/MichelVirard-r.JPG"><img class="alignleft size-medium wp-image-1690" title="MichelVirard-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2009/12/MichelVirard-r-237x300.jpg" alt="MichelVirard-r" width="209" height="264" /></a>S&#8217;il existe de nombreuses façons de vivre sa foi dans le surnaturel, il existe également de nombreuses façons de vivre sans référence au surnaturel. Je m’identifie moi-même comme humaniste athée après un long parcours qui commença par une foi en un Dieu personnel instillée par une éducation catholique classique (de 1947 à 1954). J’ajouterai aussi que je n’ai jamais eu à souffrir de quelconques abus ou mauvais traitements de la part du clergé ou des croyants  assignés à mon éducation. La perte de la foi ne fut pas particulièrement douloureuse et se situe vers l’âge de quatorze ans. Ce fut un processus entièrement dicté par la découverte progressive de contradictions (réelles ou perçues comme telles) à la fois entre les différentes parties du discours chrétien, et aussi entre ce discours et ma connaissance progressive des faits scientifiques établis. A aucun moment je n’ai eu l’impression de « choisir » l’athéisme : il s’est imposé à moi avec une clarté de plus en plus évidente. J’ai continué et je continue d’approfondir ce sujet auprès des meilleurs auteurs scientifiques et même religieux et cette conviction s’est renforcées au cours des années : l’idée d&#8217;un Dieu à la fois personnel et omnipotent a, pour moi, complètement disparu des « possibles » envisageables, n’en déplaise à Blaise Pascal.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Pendant longtemps, j’ai cependant dû composer avec une famille officiellement catholique et avec les relations significatives de mes parents avec les milieux catholiques de la petite ville où j’étais né. J’ai donc accepté le mariage catholique, accepté le baptême catholique de mes enfants, tout cela au nom de la paix sociale. J’ai attendu le décès de mes parents avant de prendre publiquement le parti d’aider d’autres malheureux agnostiques et athées pris dans ce genre de contradiction. C’est donc seulement à partir de 2004 que j’ai décidé de co-fonder plusieurs organismes humanistes athées : je n’aurais pas eu le courage de le faire du vivant de mes parents.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;"><strong>Vous avez dit spiritualité ?</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Le terme <em>spiritualité</em> renvoie à plusieurs définitions qui, de façon générale, font explicitement référence à une distinction tranchée entre matériel et spirituel. J&#8217;entends montrer que, pour les humanistes athées, ce que nous appelons habituellement le domaine spirituel ne requière pas forcément une explication surnaturelle ni un lien avec une divinité, mais est une propriété émergente de la forme d&#8217;intelligence que l&#8217;évolution nous a donné. Or cette spiritualité est elle-même issue de notre matérialité et qu&#8217;il est donc possible de parler de spiritualité même chez les humanistes athées. Je précise que ce que couple matériel-spirituel ne coïncide pas avec celui de réel-imaginaire car, pour nous, l&#8217;activité cérébrale constituant la spiritualité chez les humains n&#8217;est pas moins réelle que les autres activités biologiques.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Le cerveau humain est doté d&#8217;une faculté remarquable de simulation. Pour des raisons d&#8217;efficacité dans sa lutte pour sa propre survie, notre espèce s&#8217;est trouvée à bénéficier d&#8217;un cerveau capable de représentation symbolique, de langage, de sentiments sophistiqués, etc. Un des effets de ce développement a été cette capacité surprenante que nous avons à imaginer ce que les autres agents de notre environnement pensent, qu&#8217;ils soient de nature animale ou humaine. Notre capacité à deviner les intentions des prédateurs, des proies et surtout des autres humains avec qui nous sommes constamment en contact s&#8217;est révélée une clé du succès d&#8217;<em>homo sapiens sapiens </em> en tant qu&#8217;espèce dominante sur notre planète. Cette activité de simulation chez l’être humain est réalisée par des réseaux à double usage: ces réseaux peuvent fonctionner selon un mode d&#8217;action réelle, lorsque nous exécutons nous-mêmes une action ou que nous ressentons quelque chose, ou bien suivant ce mode de simulation. Avec ce dernier mode nous sommes capable, par exemple, de répéter dans notre tête un mouvement tel l&#8217;exécution sur un instrument d&#8217;une pièce musicale sans pour autant bouger un doigt. De la même façon, nous sommes capables d&#8217;empathie vis-à-vis un tiers ressentant une douleur; les mêmes circuits neuronaux réagissant dans une douleur en une personne sont mis à contribution en une autre, pour lui permettre de ressentir la douleur d&#8217;autrui. Cette faculté de simulation opère à des degrés variables d’un individu à l’autre de sorte que l&#8217;empathie, comme les muscles, a besoin d&#8217;exercice pour se développer. Dans un premier temps, cette faculté d&#8217;empathie exige la stimulation directe des sens : la douleur de l&#8217;autre doit être perçue avant de pouvoir être partagée. Sans cette perception directe, généralement par la vue et l&#8217;ouïe, il demeure difficile, pour beaucoup, de faire preuve d&#8217;empathie. Tous les organismes de bienfaisance le savent. Toutefois, par l&#8217;éducation et aussi par l&#8217;effet de la maturité, il devient possible d&#8217;avoir de l&#8217;empathie simplement avec le souvenir de la douleur de l&#8217;autre : nos circuits neuronaux ont appris à souffrir juste avec l&#8217;idée de la souffrance de l&#8217;autre. Cela n&#8217;est pas sans conséquence.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Comme beaucoup d&#8217;autres avancées dans l&#8217;évolution des espèces, cette capacité de simulation a elle-même créé des opportunités de stratégies nouvelles, complètement inédites. À partir du moment où je suis capable de me représenter – même approximativement – ce qui se passe mentalement dans le cerveau d&#8217;un autre humain, je peux me poser une question dont les conséquences sont extraordinairement raffinées : que pense-t-il de moi ? Mais encore, par un jeu de miroirs fascinant: que croit-il que je pense de lui ? Ma conception de la spiritualité est d’abord et avant tout liée à cette « intelligence sociale » qu’on mesure à la capacité plus ou moins grande de deviner, avec précision, les états mentaux des personnes côtoyées. Toutes nos relations sociales sont basées sur cette faculté de simulation grâce à laquelle nous  pensons  connaître l’autre un tant soit peu.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Revenons à ce jeu de miroirs. Une partie des simulations dont nous sommes mentalement le lieu se réalisent à travers des dialogues intérieurs. Très tôt après l&#8217;acquisition du langage parlé, les enfants parlent, ouvertement ou dans leur tête, à des personnages imaginaires. Ils s&#8217;entraînent à imaginer ce que l&#8217;autre pense et se conditionnent à simuler les autres. Toute cette activité est cruciale pour leur avenir social et, à moins d&#8217;accident cérébral ou de maladie grave, cette capacité ne disparaît jamais. Qui n&#8217;a jamais parlé « dans sa tête » à une personne qui lui est chère, à un être disparu ou à quelqu&#8217;un qu’il compte convaincre. Le fil de notre conscience est bien souvent constitué d&#8217;étranges monologues dans lesquels nous jouons forcément deux rôles: celui qui énonce et celui qui écoute. Nous pouvons très bien nous mettre nous-mêmes en scène dans nos dialogues intérieurs et devenir notre propre interlocuteur, c’est-à-dire à la fois celui qui énonce et celui qui répond.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Beaucoup d&#8217;humanistes athées pensent que cette capacité à dialoguer non seulement avec des personnes réelles mais avec des personnages construits par notre imagination est un phénomène clé dans l&#8217;émergence des religions. Sans cette capacité au dialogue intérieur, on imagine mal les révélations dont l’histoire humaine est tissée; on imagine mal la facilité avec laquelle un enfant pense s&#8217;adresser à Dieu. Ayant élevé dans une famille catholique, je me souviens encore très bien de ma (défunte) conviction selon laquelle il est possible de parler à Dieu en y pensant fortement. Mon interprétation personnelle, aujourd&#8217;hui, à la lumière de ce je sais maintenant, est plutôt que je faisais usage de cette imagination, si utile dans d&#8217;autres circonstances, pour construire un personnage fictif, une figure paternelle, conforme à l&#8217;image projetée par mes éducateurs.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Toutes ces activités de dialogue ou de monologues intérieurs constituent, pour moi, une « spiritualité » de base. Y correspond une activité cérébrale dont les effets – ces dialogues intérieurs et, par le fait même, ces simulations – sont habituellement invisibles des autres agents (ceci est en train de changer : il est maintenant possible de détecter, non pas des dialogues internes, mais au moins certaines « intentions » du sujet grâce aux techniques d&#8217;imagerie médicale). Les athées ne sont donc pas dépourvus de ce type de « spiritualité » puisque eux aussi peuvent vivre d&#8217;intenses dialogues intérieurs; toutefois, ces dialogues ne font pas intervenir d&#8217;entités surnaturelles car c’est l’activité cérébrale qui génère, qui est à l’origine de ces simulations à caractère psychospirituel.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;"><strong>La tension spirituelle</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Le terme <em>spiritualité</em> a d&#8217;autres dimensions. Il peut désigner une élévation qualitative par rapport à ce qui est considéré comme du domaine de la matière, présumé inférieur. Cette perception du « matériel » a une longue histoire et elle est indissociable de nos conditions de vie primitive. Plusieurs facteurs peuvent avoir contribué à construire cette perception de la matérialité comme fondamentalement inférieure. J&#8217;en vois principalement quatre: les fonctions d&#8217;excrétions du corps humain, les pulsions sexuelles, la dégradation des corps due au vieillissement et, enfin, la décomposition même du corps humain à la mort.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Chacun de ces facteurs a longtemps été perçu comme une sorte de malédiction liée à la « matérialité » du corps humain, par opposition à la perfection du monde interne, subjectif, que représente la vie spirituelle vécue. Dans l&#8217;imaginaire d&#8217;un enfant, l&#8217;empreinte de l&#8217;image de la mère reste gravée jusqu&#8217;à la mort. Or il s&#8217;agit nécessairement de l&#8217;image d&#8217;une femme en âge de procréer et donc généralement jeune et en santé. La comparaison entre cette image et celle, des années plus tard, de la vielle femme ou du corps inerte de cette mère décédée ne peut jamais être à l&#8217;avantage du « matériel » sur le «spirituel ». On tend ainsi à associer la notion du bien à cette présumée perfection du « spirituel » plutôt qu’aux aléas du monde matériel.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Puisque la notion de perfection est issue de notre vie interne et qu’elle demeure généralement inaccessible dans le monde objectif ou matériel, il n&#8217;est pas surprenant que le « spirituel » ait fini par bénéficier d&#8217;une suprématie quasi-totale – jusqu&#8217;à l&#8217;ère moderne du moins. Les cultures humaines ont ceci en commun qu&#8217;elles proposent un univers spirituel comprenant généralement des formes parfaites. Les tensions générées entre un tel univers spirituel trop parfait et un monde matériel trop médiocre sont à l&#8217;origine de bien de choses : que l&#8217;on pense au Parthénon, aux cathédrales, à la perfection mathématique de certaines lois physiques, aux tentatives pour obtenir des croyants parfaits, une race parfaite, un homme nouveau, etc. Or, tout cela a d&#8217;abord pris forme en tant qu&#8217;idée (au sens de Platon) avant d&#8217;être un succès, ou une catastrophe, dans le monde matériel. Il faut croire que, quel qu&#8217;en soit le résultat, la perfection nous fascine.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">La dichotomie matériel-spirituel n’a plus rien d’une évidence avec l’âge moderne. À la lumière des connaissances scientifiques modernes et, essentiellement, des découvertes sur le fonctionnement du cerveau, les humanistes athées estiment que le spirituel a cessé d&#8217;appartenir à un autre ordre et est constitué par une activité cérébrale qui le rend semblable à d&#8217;autres activités biologiques. Un changement de paradigme s&#8217;est produit, qui permet de considérer le spirituel comme le résultat de l&#8217;activité bien matérielle du cerveau humain, et la fonction ou la raison d’être du « spirituel » doit alors être cherchée du côté d’une contribution à la survie de notre espèce. C’est pourquoi on ne peut plus parler d&#8217;une rivalité, d&#8217;une lutte à finir, entre deux domaines bien tranchés, le « matériel » et le « spirituel », mais plutôt d&#8217;un continuum de fonctions allant de mécanismes élémentaires partagés par de nombreux êtres vivants à des ensembles symboliques extrêmement sophistiqués, et propres aux seuls êtres humains. Il est vrai que l&#8217;évolution nous ainsi fait un cadeau sublime, que nous pouvons choisir d&#8217;apprécier ou non. Cette capacité symbolique, clef de notre succès en tant qu&#8217;espèce, nous a donné entre autres l&#8217;éthique et la politique, mais a aussi ouvert un espace fascinant sur des activités que nous apprécions indépendamment de tout autre bénéfice : l&#8217;émotion esthétique, le plaisir de connaître, l&#8217;extase de la découverte. En ce sens, la spiritualité, même intégrée à ce continuum matériel-spirituel, reste ce qui nous distingue clairement de nos plus proches cousins du monde animal. Les humanistes athées ne sont pas moins susceptibles que les croyants de contribuer à l&#8217;édification de la cathédrale sémantique que nous partageons tous et de ressentir les émotions profondes qui donnent un sens à la vie. Cependant, pour André Comte-Sponville, penseur athée notoire, il existe des différences importantes entre spiritualité athée et spiritualité théiste : il conçoit la spiritualité des athées comme une spiritualité de la fidélité plutôt que de la foi, de l&#8217;action plutôt que l&#8217;espérance et enfin de l&#8217;amour plutôt que la crainte et la soumission<a name="_ftnref1" href="#_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[1]</span></span><!--[endif]--></span></a>. Pour Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins sans frontière, « être athée représente aussi un fardeau : il y a d&#8217;avantage d&#8217;obligations de résultat chez ceux qui ne croient pas que chez ceux qui croient »<a name="_ftnref2" href="#_ftn2"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[2]</span></span><!--[endif]--></span></a> ce qui rejoint Compte-Sponville sur l&#8217;importance de l&#8217;action. Le même Kouchner ressent vivement la trahison et déclare « j&#8217;aime les gens fidèles à leurs principes, à leurs amitiés, à leur morale. »<a name="_ftnref3" href="#_ftn3"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[3]</span></span><!--[endif]--></span></a></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;"><strong>L&#8217;expérience dite mystique</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">L&#8217;expérience mystique, a longtemps été une source d&#8217;étonnement pour les athées. Non pas que la réalité physique de l&#8217;expérience mystique ait été mise en doute par les athées mais, en l&#8217;absence d&#8217;un mécanisme plausible pour l&#8217;expliquer, la croyance à quelque chose de surnaturel, même chez des gens sans affiliation religieuse précise, est demeurée très forte jusqu&#8217;à récemment.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Toutefois, les expériences contrôlées et réalisées en laboratoire dans les dernières décennies permettent maintenant d&#8217;avoir une idée plus précise de ces phénomènes dits « mystiques ». Contrairement à ce que l&#8217;on pourrait penser, les athées n’y échappent pas, mais ils interprètent différemment ce genre d’expériences. Je préfère utiliser le terme « d&#8217;état modifié de la conscience » (<em>altered state of consciousness</em>) qui est désormais l&#8217;expression consacrée. Le Dr Michael Persinger, professeur de neuropsychologie à l&#8217;université Laurentienne<a name="_ftnref4" href="#_ftn4"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[4]</span></span><!--[endif]--></span></a>, a conduit des expériences d&#8217;excitation du lobe temporal grâce à un champ magnétique focalisé et obtenu des « expériences mystiques » en créant les conditions d&#8217;une épilepsie (TLE, <em>Temporal Lobe Epilepsy</em>) chez plusieurs sujets participants à ses investigations. Ceux-ci ont parlé d’un « sentiment de ne pas être seul ». L&#8217;usage de drogues psychotropes a donné également des résultats similaires. De plus, toujours d&#8217;après Persinger, plusieurs drogues donnent des « expériences religieuses » chez un grand nombre de sujets. Même si ce sentiment n&#8217;est pas généralisable à tous les individus, il s&#8217;agit d&#8217;expériences répétables. Enfin, ces états modifiés de conscience semblent bien apparaître également, spontanément, chez un petit nombre d&#8217;individus et dans certaines circonstances, indépendamment de leurs croyances. La réalité objective de ces états modifiés de conscience est donc un fait bien établi. Toutefois cela ne nous renseigne que partiellement sur l&#8217;expérience vue du sujet. Nous savons que les sujets croyants décrivent généralement leurs expériences en termes se rapportant à leurs croyances particulières. Mais qu&#8217;en est-il des athées ?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Michel Hulin<a name="_ftnref5" href="#_ftn5"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[5]</span></span><!--[endif]--></span></a> , professeur de philosophie indienne à la Sorbonne, a bien décrit la perplexité de Sigmund Freud lorsque Romain Rolland lui a décrit la « sensation océanique », de fusion avec un grand tout, qu&#8217;il éprouvait assez souvent. Il précise aussi que cette « sensation religieuse » n&#8217;était liée à aucun espoir de survie et qu&#8217;il n&#8217;espérait pas autre chose après la mort que le repos éternel<a name="_ftnref6" href="#_ftn6"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[6]</span></span><!--[endif]--></span></a>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">André Comte-Sponville relate, dans <em>L&#8217;esprit de l&#8217;athéisme,</em> comment il a lui-même eu une expérience quasi-mystique, du type « sentiment océanique »; il admet « n&#8217;avoir jamais vécu depuis rien de plus fort, ni de plus délectable, ni de plus bouleversant, ni de plus apaisant<a name="_ftnref7" href="#_ftn7"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[7]</span></span><!--[endif]--></span></a> ».</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">J&#8217;en conclu que, même si je n&#8217;ai pas moi-même vécu cette forme de spiritualité, les athées n&#8217;en sont pas exclus, quelque soit la signification qu&#8217;on voudra donner à ce phénomène.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;"><strong>Le rapport à autrui</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">« Si Dieu n’existait pas, alors tout serait permis<a name="_ftnref8" href="#_ftn8"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[8]</span></span><!--[endif]--></span></a>. » Cette phrase célèbre a fait plus de mal aux humanistes athées que toute autre calomnie à leur endroit. Pourtant, rien ne permet d&#8217;affirmer que les athées soient plus susceptibles que d’autres de « sauter sur leur voisin » pour en abuser. Ce serait plutôt le contraire car, selon l&#8217;étude de Paul Gregory, les sociétés occidentales modernes caractérisées par une moindre religiosité ont généralement moins de problèmes sociaux graves que les sociétés ayant un degré de religiosité plus élevé<a name="_ftnref9" href="#_ftn9"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[9]</span></span><!--[endif]--></span></a>. Quoiqu’il en soit, la plupart des athées ne se conduisent pas comme des êtres égoïstes et éhontés, comme beaucoup on craint qu&#8217;ils doivent théoriquement être. Pourquoi ?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Dans <em>Passions Within Reason, </em>l&#8217;économiste Robert H. Frank propose une explication de l&#8217;altruisme « irrationnel », qui va donc au-delà de l&#8217;altruisme réciproque et de l&#8217;altruisme de parentèle<a name="_ftnref10" href="#_ftn10"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[10]</span></span><!--[endif]--></span></a>. Dans les sociétés saines (où les profiteurs restent une minorité), la pratique des valeurs altruistes procurent des avantages (de survie et de reproduction) qui dépassent le coût des efforts encourus. Il y a certes un avantage à construire une réputation d&#8217;intégrité, de générosité, de respect de la parole donnée. Frank démontre, en outre, que de tels avantages sont maximisés par l&#8217;intériorisation complète de ces valeurs. Ainsi, la personne qui est devenue « inconsciente » de sa générosité, de son empathie (etc.) n&#8217;a pas à se préoccuper de sa réputation. Il est exact que cette explication vaut aussi bien pour les croyants que pour les athées mais elle contredit Dostoïevski: pour vivre une bonne vie, en société, mieux vaut ne pas s&#8217;imaginer que tout est permis.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Dans un tout autre genre, Tzvetan Todorov, un historien des idées, commence son ouvrage <em>Le</em> <em>Jardin imparfait</em> avec une fable. Le Diable proposa à l&#8217;Homme de la Renaissance un pacte faustien mais avec la variante que voici: « Cette fois-ci, ce que le diable offrit, ce n&#8217;était plus le pouvoir, ni le savoir mais le vouloir. L&#8217;Homme moderne aurait la possibilité de vouloir librement, d&#8217;acquérir la maîtrise de sa propre volonté, et de mener sa vie à sa guise<a name="_ftnref11" href="#_ftn11"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><em><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><strong><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[11]</span></strong></span><!--[endif]--></em></span></a>. » Le Diable décida par ailleurs de cacher le plus longtemps possible le prix à payer pour cette situation afin que l&#8217;Homme prenne goût à cette liberté nouvelle et qu&#8217;il se retrouve effectivement dans l&#8217;obligation de payer sa dette. Plus tard, à la fin des Lumières, le Diable commença à réclamer son dû: l&#8217;homme devra se séparer de son Dieu, puis de son prochain, puis de lui-même.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Todorov se sert de cette fable pour constater que les réponses possibles à ce genre de pacte permettent de définir quatre courants de pensée majeurs dans l’histoire de la pensée occidentale. En premier lieu, la réponse des conservateurs s’énonce comme suit: si le prix à payer est Dieu, la société et le moi, alors ce prix est trop élevé et il vaut mieux renoncer à la liberté. Par contre, les scientistes, les individualistes et les humanistes acceptent le marché du Diable mais y réagissent fort différemment. Ainsi les scientistes pensent que le Diable repartira les mains vides car ils sont persuadés de n&#8217;avoir rien à perdre; la seule liberté est celle du savoir et ce que les hommes prennent pour la liberté et ses conditions est simplement le fruit de leur ignorance. Pour les individualistes, on se porte fort bien sans Dieu, sans valeurs communes, sans moi stable et cohérent de sorte que le prix à payer est finalement dérisoire; il n’y a pas de perte mais plutôt une libération supplémentaire de l’être humain. Enfin, les humanistes pensent que la liberté existe et qu&#8217;elle est précieuse, mais ils apprécient aussi les valeurs partagées avec d&#8217;autres humains et postulent un moi responsable de ses actes; ils veulent la liberté sans avoir à en payer le prix et prétendent qu’aucun pacte n&#8217;a jamais été signé!</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Todorov évalue ensuite les résultats tangibles de ces différents pactes. Pour lui, les scientistes ont fait le lit aux totalitarismes<a name="_ftnref12" href="#_ftn12"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[12]</span></span><!--[endif]--></span></a>; on reconnaît donc maintenant qu&#8217;il y avait bien un prix à payer pour l’existence humaine, comme quoi le Diable n&#8217;est pas reparti les mains vides. De leur côté, les individualistes forcenés &#8211; pensons à Sade<a name="_ftnref13" href="#_ftn13"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[13]</span></span><!--[endif]--></span></a> &#8211; n&#8217;ont pas produit des foules de descendants mais notre société de consommation est tout de même traversée et marquée par l’hédonisme ; en ce qui concerne le prix à payer pour une existence purement centrée sur soi-même, il n&#8217;a pas été aussi dérisoire que prévu puisque nier continuellement la nature profondément sociale de son être conduit à une solitude pénible tandis que laisser son moi en friche ne mène nulle part. Reste les humanistes. Prétendre que le pacte n&#8217;a jamais été signé oblige à une vigilance de tous les instants: le Diable n&#8217;est jamais très loin pour réclamer son dû et la méfiance est de rigueur.  L’établissement de valeurs communes, sans guide divin, demande un effort considérable et continu, tout autant que le développement de son moi d’ailleurs.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Les quatre courants identifiés par Todorov continuent d&#8217;irriguer nos sociétés modernes. Chacun a contribué, avec des fortunes variables, à ce que nous sommes aujourd&#8217;hui. Si le courant humaniste est ancien, l&#8217;humanisme véritablement athée est relativement récent et, n&#8217;étant ni dogmatique ni dissolu, reste une oeuvre dont chaque élément, quel qu&#8217;il soit, est susceptible d&#8217;être remise en cause en tout temps par les humanistes eux-mêmes. Les humanistes n&#8217;ont pas toujours toutes les réponses et se posent des questions, en particulier sur le devenir de notre espèce. Ils acceptent cependant de vivre sans certitudes absolues même si cela n&#8217;est pas très populaire. J&#8217;avoue pencher pour l&#8217;attitude de Bernard Kouchner dans le chapitre « L&#8217;amour n&#8217;est pas aimé » du livre cité précédemment :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">« Je crois le mal absolu, permanent, constant, ce qui me permet d&#8217;aménager des plages de soleil de temps en temps à l&#8217;intérieur de cette noirceur. Une éclaircie, la bonté, ce que nous recherchons. Je m&#8217;attends au pire. Ainsi je suis sûr de ne pas être déçu&#8230;Ce pessimisme actif est indispensable à ma survie. Sinon je serais mort d&#8217;infarctus depuis longtemps. Je ne compte pas sur la rencontre du bien. Si je le trouve sur ma route, tant mieux, je suis heureux. Mais je vis et agis sans certitude. »<a name="_ftnref14" href="#_ftn14"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[14]</span></span><!--[endif]--></span></a></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;"> </p>
<table class="MsoNormalTable" style="margin-left: -1pt; border-collapse: collapse;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr style="height: 27.95pt;">
<td style="border: 1pt solid black; padding: 0in 5.4pt; width: 514pt; height: 27.95pt;" width="685" valign="top">
<p class="MsoNormal">Michel Virard</p>
<p class="MsoNormal">©2009 Version   5,  Déc. 2009</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 14.15pt;">Michel Virard est ingénieur de formation (électronique &amp;   cybernétique). Sa première implication communautaire a été la création d’un   centre de la petite enfance sans but lucratif dans les années 80. Il fut   administrateur des Sceptiques du Québec dans les années 90 et a co-fondé la   Fondation humaniste du Québec en 2004 et l’Association humaniste du Québec en   2005.</p>
</td>
<td style="border: medium none; height: 27.95pt;" width="0" height="37"></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<div>
<hr size="1" />
<!--[endif]--></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<div id="ftn1">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn1" href="#_ftnref1"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[1]</span></span><!--[endif]--></span></a> André Comte-Sponville, <em>L’esprit de l’athéisme : introduction à une spiritualité sans dieu</em>, Paris, Albin Michel, 2006, p. 152</p>
</div>
<div id="ftn2">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn2" href="#_ftnref2"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[2]</span></span><!--[endif]--></span></a> Abbé Pierre et Bernard Kouchner &#8211; <em>Dieu et les hommes</em>, Paris, Robert Laffont 1993, p. 18</p>
</div>
<div id="ftn3">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn3" href="#_ftnref3"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[3]</span></span><!--[endif]--></span></a> Idem – p. 145-146</p>
</div>
<div id="ftn4">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn4" href="#_ftnref4"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[4]</span></span><!--[endif]--></span></a> Micheal Persinger : <em>Neuropsychological Base of God Beliefs</em> (1987) et une conférence remarquable visible à http://video.google.com/videoplay?docid=4292093832329014323</p>
</div>
<div id="ftn5">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn5" href="#_ftnref5"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[5]</span></span><!--[endif]--></span></a> Michel Hulin,<em> La mystique sauvage : aux antipodes de l&#8217;esprit,</em> Quadrige PUF, édition de 2008, pages 29 à 44</p>
</div>
<div id="ftn6">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn6" href="#_ftnref6"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[6]</span></span><!--[endif]--></span></a> Idem – p. 35</p>
</div>
<div id="ftn7">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn7" href="#_ftnref7"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[7]</span></span><!--[endif]--></span></a> André Comte-Sponville, <em>L’esprit de l’athéisme : introduction à une spiritualité sans dieu</em>, Paris, Albin Michel, 2006, p. 166</p>
</div>
<div id="ftn8">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn8" href="#_ftnref8"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[8]</span></span><!--[endif]--></span></a><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:05" cite="mailto:Proprietaire"> </ins></span><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:07" cite="mailto:Proprietaire">Fyodor </ins></span><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:05" cite="mailto:Proprietaire">Dosto</ins></span>ï<span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:05" cite="mailto:Proprietaire">evski, <em>Les frères Karamazov</em></ins></span><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:07" cite="mailto:Proprietaire">, </ins></span>Gallimard 1952 &#8211; NRF de la Pléiade<span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:08" cite="mailto:Proprietaire">.</ins></span> En fait, d<span style="font-family: Palatino;" lang="FR-CA">ans cette édition (p. 88), le texte est : &#8216; Pas d&#8217;immortalité de l&#8217;âme, donc pas de vertu, ce qui veut dire que tout est permis. &#8217; Le thème revient tout au long du livre (p. 67, 73-74, 88, 144, 249, 339, 431, 617, 621, 633, 653, 661, 679, 723-726).</span></p>
</div>
<div id="ftn9">
<p class="MsoNormal"><a name="_ftn9" href="#_ftnref9"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[9]</span></span><!--[endif]--></span></a><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:26" cite="mailto:Proprietaire"> </ins></span><span style="font-size: 10pt;" lang="FR-CA"><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:26" cite="mailto:Proprietaire">Paul S. Gregory, <em>Cross-National Correlations of Quantifiable Societal Health with Popular Religiosity and Secularism in the Prosperous Democracies</em>,</ins></span> 10ème article dans le Volume 7 (2005) du <em>Journal of Religion and Society</em> &#8211; ISSN: 1522-5658 &#8211; http://moses.creighton.edu/JRS/toc/2005.html</span></p>
</div>
<div id="ftn10">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn10" href="#_ftnref10"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[10]</span></span><!--[endif]--></span></a><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:43" cite="mailto:Proprietaire"> Robert H. Frank, <em>Passions within reason. The </em></ins></span><em>S<span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:43" cite="mailto:Proprietaire">trategic </ins></span>R<span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:43" cite="mailto:Proprietaire">ole </ins></span><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:44" cite="mailto:Proprietaire">of the </ins></span>E<span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:44" cite="mailto:Proprietaire">motions</ins></span></em><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:44" cite="mailto:Proprietaire">, </ins></span><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:46" cite="mailto:Proprietaire">New York, </ins></span><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:45" cite="mailto:Proprietaire">W. W. </ins></span><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:44" cite="mailto:Proprietaire">Norton </ins></span><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:45" cite="mailto:Proprietaire">&amp; Company Inc, </ins></span>1988<span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:45" cite="mailto:Proprietaire">.</ins></span> &#8211; Chapitres 3 et 4.</p>
</div>
<div id="ftn11">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn11" href="#_ftnref11"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[11]</span></span><!--[endif]--></span></a><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:57" cite="mailto:Proprietaire"> Tzvetan Todorov, <em>Le jardin imparfait : la pensée humaniste en France</em>, Paris, G. Grasset, </ins></span><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:58" cite="mailto:Proprietaire">1998</ins></span><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T14:59" cite="mailto:Proprietaire">, page </ins></span>8<span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T15:00" cite="mailto:Proprietaire">.</ins></span></p>
</div>
<div id="ftn12">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn12" href="#_ftnref12"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[12]</span></span><!--[endif]--></span></a> Lire <span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T15:43" cite="mailto:Proprietaire">Ernest Renan</ins></span><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T15:44" cite="mailto:Proprietaire">,</ins></span> <em>Dialogues philosophiques – Œuvres complètes </em>– p.622-624 – 3ème dialogue.</p>
</div>
<div id="ftn13">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn13" href="#_ftnref13"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[13]</span></span><!--[endif]--></span></a><span class="msoIns"><ins datetime="2009-01-12T15:48" cite="mailto:Proprietaire"> </ins></span>Sade – <em>La philosophie dans le boudoir </em>III p.57, 61,66,68, 77 et 123, V p173 et 178.</p>
</div>
<div id="ftn14">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn14" href="#_ftnref14"><span class="Caractresdenotedebasdepage"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="Caractresdenotedebasdepage"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" lang="FR-CA">[14]</span></span><!--[endif]--></span></a> Abbé Pierre et Bernard Kouchner &#8211; <em>Dieu et les hommes</em>, Paris, Robert Laffont 1993, p. 41</p>
</div>
</div>
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