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	<title>Association humaniste du Québec &#187; Réflexions &#8211; Association humaniste du Québec</title>
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	<description>Développer la pensée critique</description>
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		<title>Assez c&#8217;t&#039;athée !</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Oct 2011 03:19:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Pion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>

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		<description><![CDATA[  En cette ère de morosité idéologique, l’« opium du peuple » retrouve des adeptes. En effet, nous assistons actuellement à un regain significatif et planétaire de l’intégrisme religieux. Heureusement, il existe des brasseurs de consciences qui veillent au grain et ne tarissent pas d’ingéniosité pour sonner les cloches des néo-archaïstes. L’humour, c’est bien connu, aide à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe width="640" height="480" src="http://www.youtube.com/embed/rIBYp6E5x3Q" frameborder="0" allowfullscreen></iframe> </p>
<p>En cette ère de morosité idéologique, l’« opium du peuple » retrouve des adeptes. En effet, nous assistons actuellement à un regain significatif et planétaire de l’intégrisme religieux. Heureusement, il existe des brasseurs de consciences qui veillent au grain et ne tarissent pas d’ingéniosité pour sonner les cloches des <em>néo-archaïstes</em>.</p>
<p>L’humour, c’est bien connu, aide à la détente. Mais il constitue aussi un excellent excipient aux antidotes des poisons de l’esprit. Pour l’heure, qui est le génial apothicaire ? Télé-Québec, et sa nouvelle émission « Bar ouvert » animée par le très talentueux Christian Bégin !</p>
<p>Vendredi soir, le 16 septembre dernier, Christian Vanasse, membre du groupe Les Zapartistes et invité de l’émission, a proposé à l’assistance un quiz religieux fort simple : citer quelques « vérités éternelles » tirées de livres « sacrés » et demander quelle en était la source. Les quatre courts textes choisis – extrêmement misogynes – étaient tout sauf acceptables. Leurs sources : la Bible, le Coran, le Talmud et un livre bouddhiste. À la fin du quiz, il a été chaudement applaudi lorsqu’il a proposé de reléguer les religions à la « poubelle de l’Histoire ».</p>
<p>Par la suite, il s’est exclamé : « Assez c’t’athée » ! pour finir en soulignant que nous serons heureux quand, dans un Québec laïquement assumé, nous irons camper au camping Madeleine, danser au festival de Tite et, le 24 juin, fêter ensemble la Jean !</p>
<p>Encore bravo à Télé-Québec et à Christian Vanasse pour nous avoir fait entendre haut et fort le mot « athée » à la télévision publique.</p>
<p>Pour terminer, après cette émotion intense, nous savons qu’il reste beaucoup à faire pour que le Québec et le monde entier reconnaissent l’urgence d’instaurer la société laïque. Les croyances en des entités surnaturelles (incluant les dieux) doivent être remplacées par une volonté sociale et politique de miser sur l’Humain. Il faut que la vie morale et éthique sans dieu devienne une option valable dans la tête et le cœur d’un nombre grandissant de citoyens du monde.</p>
<p>Un Québec athée pour demain matin ? Ne rêvons pas en couleur ! Mais, soyons optimistes et fixons-nous un rendez-vous à ne pas manquer.</p>
<p>Que ce soit à Hyacinthe, à Félicien ou à Montréal, au coin de Laurent et Catherine !</p>
<p>Lyne Jubinville, porte-parole de l&#8217;AHQ <a href="http://www.youtube.com/watch?v=IFhOKJ4xfUM">(vidéo de la lecture de la lettre)</a></p>
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		<title>Les valeurs humanistes ont-elles comme origine les valeurs judéo-chrétiennes ?</title>
		<link>http://assohum.org/2011/07/les-valeurs-humanistes-ont-elles-comme-origine-les-valeurs-judeo-chretiennes/</link>
		<comments>http://assohum.org/2011/07/les-valeurs-humanistes-ont-elles-comme-origine-les-valeurs-judeo-chretiennes/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 22 Jul 2011 11:53:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Rousseau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>

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		<description><![CDATA[ Récemment, en 2010, M. Normand Rousseau, l’auteur de La Bible immorale, et moi avons proposé un projet de laïcité globale au Québec. Ce projet consiste à rendre l’État totalement neutre sur le plan religieux ; à respecter la pratique de toute croyance religieuse en privé ou dans les différents temples religieux, mais à l’interdire en public ; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> Récemment, en 2010, M. Normand Rousseau, l’auteur de <em>La Bible immorale</em>, et moi avons proposé un projet de laïcité globale au Québec. Ce projet consiste à rendre l’État totalement neutre sur le plan religieux ; à respecter la pratique de toute croyance religieuse en privé ou dans les différents temples religieux, mais à l’interdire en public ; à exclure l’enseignement de toute forme de religion dans les écoles publiques et privées, tant au primaire qu’au secondaire, se contentant d’enseigner tout au plus l’histoire des religions ; à offrir en contre partie, toujours dans les écoles publiques et privées, également au primaire et au secondaire, des cours sur l’athéisme, l’humanisme, la philosophie et la pensée critique.</p>
<p>      Lorsque l’on explique ce projet, l’un des arguments qui revient souvent dans la bouche de ceux qui s’y opposent est que les valeurs humanistes modernes ont leurs racines dans les valeurs judéo-chrétiennes et que par conséquent l’État doit continuer à supporter l’Église catholique au Québec. De plus, plusieurs croyants actuels prétendent que les valeurs modernes laïques, comme la démocratie, la liberté, l’égalité, la fraternité, l’universalisme, etc., prennent leurs racines et leurs origines dans les évangiles. Qu’en est-il de la véracité de toutes ces affirmations ? Sont-elles fondées ou pas ? C’est ce que nous allons vérifier dans le présent article.</p>
<p>      Dans un premier temps on peut se demander quelles sont ces valeurs judéo-chrétiennes qui plongent leurs racines dans le message de Jésus. Nous allons évaluer la crédibilité de ce message, mais également celle du messager, Jésus. On va s’apercevoir en découvrant la véritable personnalité de ce dernier qu’il ne mérite pas tout l’amour et le respect que les croyants lui portent. Tout ce qui sera rapporté sur Jésus sera recueilli dans les évangiles et les références seront données.</p>
<p>      Le message ultime de Jésus est l’obligation de croire en un Dieu (Mc 16, 16). Jésus demande également aux hommes d’aimer ce Dieu tout puissant qui veille sur nous (Mt 6, 25) de notre vivant et qui nous accueillera au royaume des cieux (Mt 6, 7, 9, 21) après notre mort, tout au moins ceux qui le méritent, « Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. » (Mt 22, 14). Pour Jésus, aimer Dieu, c’est avant tout faire sa volonté, donc obéir à ses commandements (Mt 5, 17-19). Il n’est pas question vraiment d’amour, mais d’obéissance (Jn 15, 14, 17). Tu aimes, donc tu obéis. C’est une obligation. Il faut obéir aux commandements de ce Dieu intransigeant. La foi comme l’obéissance est essentielle.</p>
<p>      Jésus nous demande d’aimer ce Dieu avant tout, mais jamais il n’affirme que ce Dieu lui aime les humains, ou au plutôt, oui il nous aime, mais à certaines conditions (Jn 15, 14). Ça, c’est de l’amour ! Dieu va aimer les hommes s’ils font sa volonté (Mt 7, 21). Toujours l’obéissance-amour. Ce qui est important, c’est que le règne de Dieu arrive et son règne arrivera quand tous les hommes lui obéiront (Mt 5, 20). On est davantage dans l’armée que dans une relation d’amour volontaire et libre. Si on n’obéit pas, c’est l’enfer (Mt 5, 22). Jésus dit que Dieu l’aime (Jn 3, 35), (Jn 5, 20), (Jn 10, 17), mais il ne dit pas qu’il aime les hommes.</p>
<p>      Le message primordial de Jésus repose avant tout sur la croyance au divin. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de démontrer que toute divinité relève de la fabulation. On n’a aucune preuve que les dieux existent, on n’en a jamais vus. Son message repose donc sur un mensonge qui ne peut mener qu’à la déception. En cas de besoin, la croyance à une aide divine «magique» se fera toujours attendre, ne sera jamais au rendez-vous, car l‘imploration divine n’est rien d’autre qu’une chimère, une fiction, une illusion, basée sur une superstition. C’est une distraction qui empêche d’avoir recours à de vraies solutions, comme le développement d’une véritable force intérieure.</p>
<p>      Jésus nous demande également d’aimer notre prochain comme nous-mêmes (Mt 22, 39), y compris nos ennemis (Lc 6, 27), afin de devenir fils de ce Père qui est aux cieux (Mt 5, 45). Jésus en fait un ordre : « Aimez-vous les uns les autres. » (Jn 13, 34). C’est beau et noble, mais je ne pense pas que ce sentiment soit humainement possible. Ça me semble utopique. L’amour christique n’est pas un sentiment naturel ni un sentiment partagé, mais plutôt un véritable commandement universel qui nous enjoint d’aimer tout être humain. Sauf que l’amour ne se commande pas, et ne saurait être un devoir. En effet, on n’aime jamais par injonction. On aime par désir ou par plaisir, par pulsion ou par choix, jamais parce qu’on nous le commande. L’amour tel que le définit Jésus est un « idéal » auquel il est très difficile de souscrire. Il suffit de regarder les deux derniers millénaires d’histoire de guerres interminables, même récentes, d’inquisitions, de meurtres, de croisades, de crimes de tous genres contre l&#8217;humanité pour se rendre compte que son message fut un total échec. Jésus lui-même a passé sa vie à se chamailler avec les pharisiens. Il les détestait, les insultait même (Mt 23, 27-28). Il aurait été plus réaliste de dire « Ne fais pas aux autres, ce que tu ne veux pas que les autres te fassent. », ou parler de compassion comme le bouddhisme, ou encore de solidarité. C’est déjà plus humain. Voilà pour le message.</p>
<p>      À propos du messager maintenant, Normand Rousseau, l’auteur de <em>La Bible immorale</em> et de <em>La Bible démasquée</em>, voit dans les évangiles deux Jésus. Il y a le Jésus noir que l’Église met en pratique et le Jésus blanc qu’elle prêche à ses fidèles. Le Jésus noir est un prophète violent (Mt 11, 12), (Lc 12, 45-48), (Jn 2, 15-21) comme tous les prophètes, qui n&#8217;est venu que pour sauver les juifs, qui approuve la violence (Mt 11, 12), qui accepte la peine de mort (Mt 18, 6), (Mc 9, 42), (Jn 8, 7), la torture (Mt 21, 33), l&#8217;esclavage (Mt 8, 10), (Mt 20, 27), (Lc 7, 1), (Jn 12, 26), la guerre (Lc 14, 31), (Mt 10, 34), (Lc 12, 51), qui justifie l’Inquisition en disant qu’il faut couper un arbre qui ne porte pas de fruit (Mt 3, 10) ou si un pécheur refuse d&#8217;écouter l&#8217;Église, qu’il soit considéré comme un païen (Mt 18, 17), (Lc 12, 49), qui fulmine des malédictions (Mt 23, 13-33), (Mt 12, 45), fait des profanations (Mt 7, 6), approuve les mutilations (Mt 18, 8-9), (Mc 2, 21), et même le vol (Lc 16, 6-7).</p>
<p>      Jésus ne condamne pas l’infériorisation de la femme dans l’Ancien Testament, n’affirme jamais l’égalité de l’homme et de la femme et exerce personnellement une véritable discrimination à l’endroit de la femme : par exemple, Jésus n’a choisi aucune femme comme apôtre ; aucune femme n’enseigne et ne prêche comme les apôtres ; aucune ne fait des miracles, même pas Marie ; aucune n&#8217;est présente à la dernière Cène, même pas sa mère, ce qui fait qu’aucune femme ne peut recevoir la prêtrise. Les conséquences de cette attitude sont énormes. Les chrétiens, de même que les musulmans un peu plus tard, ne respecteront pas la femme. Ils la considèrent au mieux comme une servante de l’homme, mais la plupart du temps elle est persécutée, bafouée, maltraitée, etc., bonne qu’à faire une seule et unique chose : des enfants! Rien de plus. L’Église n’est guère mieux. Au cours de son histoire, elle a obligé les filles mères à donner leur enfant, a traité avec mépris les prostituées, brûlé les prétendues sorcières et a interdit l’avortement. Peut-on aimer ce Jésus et croire en son Église lorsqu’ils ne respectent pas 52% de la population mondiale ?</p>
<p>      Jésus juge alors qu’il dit de ne pas juger (Mt 7, 1), est égocentrique (Lc 10, 16), (Jn 5, 39), (Jn 6, 65), (Mt 26, 6), un fieffé menteur (Mc 4, 12), (Jn 7, 8-10), (Jn 15, 37), un monstre d’orgueil (Mt 21, 9), (Mt 27, 11), (Jn 12, 23), (Jn 18, 11), un antisémite (Jn 10, 36), un xénophobe envers les païens et les Samaritains (Mt 15, 24), (Jn 4, 22), un rancunier (Mt 10, 33), un intolérant (Mt 7, 23), (Mc 16, 16), (Lc 13, 5), à la fois doux et colérique (Jn 2, 13), à la fois pacifique et violent (Jn 2, 13), un blasphémateur (Mc 2, 7).</p>
<p>      Jésus n’aime pas sa mère (Lc 2, 48-49), (Jn 2, 1-12), détruit la famille (Mt 10, 21), (Mt 10, 37), (Mt 19, 29), (Lc 12, 51), exige l&#8217;abandon de sa femme et de ses enfants (Lc 18, 29), aime et maltraite les enfants (Mt 2, 16), ne pratique pas la morale qu&#8217;il prêche (Jésus nous ordonne d’aimer nos ennemis, mais il déteste sa génération, les pharisiens, lancent des malédictions, etc.), déteste ses ennemis tout en prêchant de leur pardonner (Lc 6, 27). Jésus nie la liberté (Lc 10, 16), la démocratie et affirme le droit divin des rois (Jn 19, 11). Il y en a long à raconter sur ce Jésus noir, le vrai Jésus qui forme la base des évangiles. Il suffit de lire attentivement les évangiles, de façon critique, pour s’en rendre compte. Je doute que les croyants puissent aimer et respecter ce Jésus noir.</p>
<p>      Horrifié par ce Jésus noir, tout en mettant en pratique malgré tout ses enseignements fanatiques, l&#8217;Église a inventé un nouveau Jésus, le Jésus blanc, un Jésus doux et humble de cœur, qui prêche la paix, celui qui valorise ce qu&#8217;on appelle les valeurs humanistes, mais sans jamais mettre sa morale en pratique. L&#8217;Église a tout simplement trahi le Jésus blanc qu’elle prêche. Elle enseigne le Jésus blanc aux peuples chrétiens simplement pour les exploiter à loisir au nom de ce Jésus, pour qu’ils se résignent à leur ignorance et à leur pauvreté. Elle a prêché à ses fidèles l&#8217;obéissance. Il est très important d&#8217;obéir, ça évite de se poser trop de questions. Pendant ce temps, l&#8217;Église imitait le Jésus noir: esclavage, infériorisation de la femme, antisémitisme, chasse aux sorcières, croisades, inquisition, etc. L&#8217;Église ainsi est devenue une force fanatique et totalitaire que les peuples chrétiens rejettent peu à peu. Mais c&#8217;est dur et c&#8217;est long de rejeter un mensonge de deux mille ans.</p>
<p>      Pour confirmer ces dires sur le plan personnel, je me rappelle dans mon enfance que l’Église prêchait l’amour d’un Dieu imaginaire au lieu de l’amour entre hommes et femmes et celui de leurs enfants. Elle m’enseignait des dogmes invraisemblables, le catéchisme, la messe, la confession, le carême, la prière, refrain répétitif d’une chanson monotone et ennuyante, alors que mes parents m’enseignaient le goût du travail, l’importance de l’instruction, la responsabilité de mes gestes, le respect de mes frères et sœurs, l’honnêteté, la curiosité intellectuelle, etc. Sur le plan humain, quelle éducation, pensez-vous, est-il préférable de recevoir ?</p>
<p>      De plus, plusieurs croyants actuels prétendent que les valeurs modernes laïques, comme la démocratie, la liberté, l’égalité, la fraternité, l’universalisme, etc., prennent leurs racines et leurs origines dans le christianisme. Or, d’après Normand Rousseau, c’est tout le contraire. Vérifions ce qu’il en dit.</p>
<p>      La démocratie a été inventée par les Grecs alors que Jésus, devant Pilate, consacre le droit divin des rois (Jn 19, 11). Et son Église va très bien suivre sa leçon jusqu’à la Révolution française, anticléricale et athée, qui va affirmer le pouvoir du peuple en opposition avec le pouvoir divin des rois.</p>
<p>      La liberté est une valeur moderne totalement ignorée par Jésus et encore plus par le christianisme. Il n’y a pas de liberté dans les évangiles. Jésus a dit : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi. » (Mt 12, 30) Ce qui ne laisse aucune place à la liberté et est, au contraire, la source de tous les fanatismes et totalitarismes religieux, y compris celui du christianisme.</p>
<p>      L’égalité est une valeur révolutionnaire, pas chrétienne. Jésus a remplacé la pyramide sociale de son temps par sa propre pyramide : Dieu le Père en tête, puis le Fils et le Saint-Esprit (ce qui justifie le droit divin des rois), ensuite Pierre (pape), les apôtres et leurs douze trônes (les évêques et leur cathedra), ceux qui croient en lui, puis les juifs, les païens, les femmes. L’Église va s’empresser de reproduire cette pyramide, pape, évêques, etc. Le christianisme est très monarchique : Royaume de Dieu, le règne de Dieu, Christ-Roi, Marie-Reine, le Prince de ce monde et des trônes partout. Relisez l’évangile, Jésus est très monarchique « que votre règne arrive », etc. Les chrétiens considèrent les autres humains comme des sous-hommes (Hors de l’Église point de salut). Les autres classes sociales sont les hérétiques, les juifs, les athées et les adeptes des autres religions.</p>
<p>      En ce qui regarde la fraternité, Jésus demande à ses apôtres de s’aimer les uns les autres, mais pas nécessairement d’aimer tous les autres humains. La xénophobie de Jésus, son profond mépris des païens et sa haine envers ses ennemis (même s’il prêche l’amour des ennemis) en font foi. Il faisait partie d’une religion ethnique « Je suis venu pour sauver Israël » et non toute l’humanité. Ses déclarations adressées à toutes les nations ont été probablement ajoutées par les chrétiens hellénisants.</p>
<p>      Les croyants affirment que le christianisme et l’islam ont des vocations universelles. Pour moi, je n’y vois que l’ambition de politiciens, de rois, d’empereurs, de califes, de sultans qui ont imposé leur religion et leur civilisation barbares sur tous les continents par la violence, les massacres, l’esclavage, l’Inquisition, la chasse aux sorcières, les excommunications, etc., pour mieux établir leur domination politique et économique. Il n’y a aucun universalisme à combattre les autres peuples pour leur imposer sa religion et sa civilisation. Au contraire, ce sont des crimes, l’expression du fanatisme religieux. Les deux vagues de colonialisme européen, chrétien et criminel font partie également de cet ignoble « universalisme ». Le prétendu universalisme du christianisme a donc fait le malheur de l’humanité. L’universalisme des Droits de l’homme ne vient pas du christianisme, mais plutôt des Révolutionnaires français athées, agnostiques, déistes, etc.</p>
<p>      On s’aperçoit donc que les valeurs dites judéo-chrétiennes, celles qui pourraient enrichir l’être humain, comme les valeurs modernes, n’ont définitivement pas leur origine dans les évangiles, ou même dans la Bible, livres qui nous révèlent le fanatisme religieux d’une certaine époque, mais ces valeurs sont plutôt d’origine humaine.</p>
<p>      Les valeurs humanistes qui découlent du message d’amour du Jésus blanc, comme la paix, le partage, la générosité, la solidarité, n’eurent guère plus de succès. Il suffit de regarder l&#8217;histoire de l&#8217;humanité pour s&#8217;en convaincre. En effet, les trois grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam ont généré au cours des deux derniers millénaires plus de violence, de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix.</p>
<p>      À titre d&#8217;exemple, rappelons l&#8217;expansion de l&#8217;Islam au 7e siècle, les nombreuses guerres de religion en Europe, l&#8217;Inquisition et ses bûchers de sorcières, les croisades au moyen âge, les massacres, les meurtres religieux, l&#8217;esclavage, l&#8217;évangélisation forcée des indigènes durant l&#8217;époque coloniale, l&#8217;intolérance, etc., qui ont fait des millions de morts.</p>
<p>      Rappelons quelques guerres récentes de religion, où l&#8217;Église n&#8217;a rien fait pour calmer les esprits : la guerre entre les protestants et les catholiques en Irlande, le génocide du Rwanda et celui de Bosnie-Herzégovine dans l&#8217;ex-Yougoslavie, l&#8217;actuelle montée de l&#8217;islamisme radical partout sur la planète.</p>
<p>      Rappelons que l&#8217;Église a également soutenu des régimes fascistes comme ceux de Pinochet, de Franco, de Mussolini et d&#8217;Hitler qui ont été responsables de millions de morts. Et je ne parle pas du Darfour au Soudan, où l&#8217;Église encore une fois n&#8217;apporte aucune aide humanitaire.</p>
<p>      Rappelons qu’au XXe siècle, nous avons connu les guerres les plus meurtrières de l’Histoire, les génocides les plus horribles et les plus inimaginables. Le communisme à lui seul a exterminé 100 millions d’humains en 70 ans seulement. Pourtant, tout ça se passait pendant que la religion était bien établie partout sur la planète. Ça montre son incapacité à empêcher des conflits extrêmement meurtriers.</p>
<p>      Il faut donc admettre que toute cette violence a été et est encore puissamment encouragée par les grandes religions. Il ne faut pas perdre de vue que les monothéismes sont les religions les plus criminelles de l&#8217;histoire. En ce qui concerne le message de paix, les religions, et entre autres le christianisme, n’ont donc pas de leçon à nous donner. Aujourd&#8217;hui encore, il suffit de voir comment l&#8217;islamisme fait des ravages. C’est indubitable, de tout temps, les religions ont été utilisées comme instruments de servitude, de pouvoir et de manipulation ; elles ont été un frein à l’évolution de l’humanité, à la compréhension de l’univers, de l’être humain et de son bien-être.</p>
<p>      Mais ce n’est pas tout. En plus de toute cette violence dont le christianisme est responsable, cette religion, à l’image du Jésus noir, n’a jamais supporté la démocratie, la liberté, n’a jamais déclaré que l’esclavage était une infamie avant 1839, a toujours encouragé l’infériorisation de la femme, n’a jamais fait la promotion de l’égalité hommes femmes, n’a jamais combattu la peine de mort, la torture, n’a jamais condamné les guerres offensives, n’a jamais respecté les enfants en leur enseignant des concepts religieux trop abstraits pour leur jeune âge. Bref, je vais montrer que l’Église, en plus d’avoir encouragé la violence depuis deux mille ans, en plus d’avoir trahi l’utopique message d’amour de Jésus, n’a jamais rien fait pour promouvoir les véritables valeurs humanistes.</p>
<p>      À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l&#8217;homme occidental est effondré par toute cette violence et son incapacité à éviter de telle guerre aussi meurtrière. Il se fait mea culpa, sa culpabilité l&#8217;écrase. Pour ne plus jamais avoir à revivre une telle tragédie, il décide de créer une nouvelle institution, les Nations Unies, laquelle adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948. Cette initiative humanitaire très importante n’a pas été celle de la religion. Pourquoi ?</p>
<p>      Le premier article de cette Déclaration proclame que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. Au contraire, la Bible a toujours supporté l’esclavage jusqu’à tout récemment (1839). Laquelle de ces institutions voulez-vous supporter ? Les Nations Unies ou l’Église ?</p>
<p>      Les Nations Unies se sont engagées notamment à réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici 2015. Que fait l’Église à ce sujet ?</p>
<p>      Est-ce l’Église qui est responsable de la décolonisation, de la fin de l’apartheid, de la destruction de l’empire soviétique, de la chute du Mur de Berlin ?</p>
<p>      Plus récemment, est-ce que l’Église est responsable du renversement des régimes de dictateur en Tunisie, en Égypte, en Lybie et éventuellement en Syrie ?</p>
<p>      Est-ce que l’Église dénonce le terrorisme pour que la non-violence devienne l’objectif principal de tous ceux qui dans le monde sont les adversaires de l’oppression ?</p>
<p>      Est-ce que l’Église dénonce ce qui se passe à Gaza qui est une prison à ciel ouvert où un million et demi de Palestiniens doivent faire face à toutes les pénuries, une prison où les gens s’organisent tant bien que mal pour survivre ? Que fait l’Église pour lutter contre l’armée israélienne qui a bombardé la bande de Gaza pendant trois semaines en 2008, faisant 1400 morts – femmes, enfants, vieillards dans le camp palestinien, contre seulement cinquante blessés côté Israélien ; qui a commis des actes assimilables à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité en bombardant des hôpitaux et des écoles ?</p>
<p>      En 2008, pendant que l’armée israélienne massacrait des Palestiniens, avec comme fond de scène une guerre de religion, les Chinois nous offraient des jeux olympiques grandioses, où la fraternité internationale régnait en maître au nom du sport, en l’absence de toute religion. N’est-ce pas magnifique ?</p>
<p>      Que fait l’Église pour aider l’humanité à se nourrir, s’approvisionner en eau potable, se soigner, survivre, réduire la pauvreté, etc.?</p>
<p>      Est-ce que le message du pape Benoît XVI est capable de rivaliser avec le message d’espoir d’un Mandela et d’un Martin Luther King ?</p>
<p>      Que fait l’Église pour expliquer l’origine du mal, le pourquoi de la création, si les anges existent, ce qui nous attend après la mort ? Les quelques explications farfelues fournies par le catéchisme sont loin d’être satisfaisantes. Oh, bien sûr, on nous rappelle souvent que le Dieu d’amour et de miséricorde condamne ses propres créatures à un enfer éternel, si on ne croit pas en lui. Quelle belle façon de convaincre un croyant plus ou moins convaincu : par la peur !</p>
<p>      Tous les êtres humains aspirent à s’épanouir et à vivre libres et heureux ici et maintenant. Ils souhaitent vivre leurs rêves de leur vivant, alors que la religion les invite à rêver d’une vie après la mort, dont on n’a aucune preuve, d’un bonheur céleste qui serait la récompense d’une vie terrestre faite de sacrifices et de renoncements. Je trouve inadmissible cette promesse sans fondement.</p>
<p>      Je respecte sans réserve les croyants qui vouent leur vie au soulagement des maux qui affligent les êtres humains, mais je trouve inutile de faire accompagner ce dévouement admirable de dogmes absurdes; j´ai en sainte horreur les fables, les censures, les mensonges, les fabrications de faux, les inquisitions et les excommunications; et je n´ai que faire d´un dieu qui nous menace des feux de l´enfer tout en disant nous aimer.</p>
<p>      Toute religion est inexorablement une source de confrontation, car chacune proclame qu’elle est l’unique auquel il faut croire. De là à dénigrer la religion des autres et à provoquer des conflits, il n’y a qu’un petit pas à franchir.</p>
<p>      Toute conviction religieuse sincère et honnête mène la plupart du temps, pour ne pas dire toujours, à l’intolérance (dans le langage populaire, on dit que les gens sont bornés), au dogmatisme, au fanatisme, et à la violence.</p>
<p>      En ce début du XXI<sup>e</sup> siècle, nous assistons à un retour turbulent des religions. Par exemple, au nom du judaïsme le peuple israélien opprime violemment le peuple palestinien. Au nom de l’islam, des terrorismes détruisent les tours du World Trade Center à New York. Au nom du christianisme, l’Église combat l’avortement, l’utilisation des moyens contraceptifs, canonise le Frère André, prépare le processus de canonisation du pape Jean-Paul II, se contente de réciter une messe en plein air pour le peuple haïtien suite à un tremblement de terre ayant détruit le pays et fait plus de 233 000 morts, à une tornade dévastatrice et à une épidémie de choléra. Je pense qu’une aide humanitaire en matériel, nourriture et médicaments aurait été plus appropriée. Pourquoi l’Église ne le fait-elle pas ? Faut-il rester indifférent à toute cette violence ou faire la promotion de l’humanisme ?</p>
<p>      Claude Braun, l’auteur du livre <em>Québec athée</em> (2011), reconnaît que l’Église catholique au Québec, en dépit de son conservatisme a contribué à l’histoire du Québec en favorisant la natalité chez les Francophones et, en l’absence d’organismes publics, en prenant en charge de larges pans de l’éducation, de la santé et des services sociaux. Ce travail admirable de dévouement « accompli au service de Dieu » par les religieux aurait toutefois pu être réalisé au nom de valeurs strictement humaines; le résultat aurait été le même. Il n’empêche que si un certain nombre de Québécois éclairés et incroyants n’avaient pas osé relever la tête, exercer leur jugement critique et résister à cette Église omnipotente « nous vivrions encore aujourd’hui dans une société féodale arriérée, totalitaire, intolérante, obscurantiste et pauvre ». L’anticléricalisme a été une saine réaction à l’oppression religieuse et une lutte pour la liberté de pensée. Il est né du désir de bâtir un Québec moderne, libéral, ouvert, tolérant et plus humain.</p>
<p>      Au fil des siècles, il est frappant de constater à quel point le clergé a été un frein à l’évolution du Québec et a retardé son entrée dans la modernité. Depuis le xvii<sup>e</sup> siècle, l’Église d’ici a fait obstacle systématiquement aux idées libérales et progressistes. Cela ressort de façon éclatante au cours des moments forts de l’histoire du Québec. Claude Braun en fait la démonstration éclatante dans son livre. Par exemple, le clergé du Québec a dit NON à la publication des écrits de Voltaire et des autres grands écrivains du siècle des Lumières, NON à la publication de revues et de journaux à tendance libérale (certains journalistes ou intellectuels ont été emprisonnés ou forcés à l’exil), NON à des services sociaux universels et gratuits d’éducation et de santé, NON à un système scolaire laïque, NON à la séparation de l’Église et de l’État, comme le réclamait Louis-Joseph Papineau, NON à l’Institut canadien de Montréal fondé en 1844, qui mettait en circulation dans le grand public des livres à l’Index (le clergé réussit à faire fermer l’Institut en 1880), NON à un programme de vaccination obligatoire de la population lors d’une grave épidémie de petite vérole (1885), NON à la théorie de l’évolution de Charles Darwin, NON au programme de sir Wilfrid Laurier déclarant son gouvernement laïque et au service des « hommes aimant la justice, la liberté et la tolérance », NON à la création d’un ministère de l’Éducation évoquée dès 1897, NON au vote des femmes proposé en 1905 (les femmes l’obtiendront en 1919 au fédéral et en 1942 seulement au Québec), NON à la fondation de la première bibliothèque publique au Québec en 1903 (M<sup>gr</sup> Bruchési s’y oppose), NON au droit des femmes d’ouvrir un compte en banque, NON au syndicalisme international favorisant la lutte des classes, NON à l’école obligatoire, NON à une loi de la protection de l’enfance en 1944 (la Direction de la protection de la jeunesse [DPJ] sera créée en 1977 seulement),  NON au programme national d’assurance-chômage financé par les salariés, NON aux aspects laïcisants de la réforme de l’éducation en 1964, NON à la création du ministère de l’Éducation, NON au cinéma, NON à l’abolition du Bureau de censure (8500 films bannis entre 1913 et 1967), NON à la danse, NON au ballet télévisé, NON à la contraception, NON à l’avortement (1969), NON à l’abolition de la peine de mort au Canada (1976), NON à la représentation de la pièce <em>Les fées ont soif</em>, NON à la déconfessionnalisation du système scolaire québécois (1997), NON au projet de loi 32 modifiant la définition de conjoint afin d’inclure les couples homosexuels et de leur accorder le même statut, les mêmes droits et les mêmes obligations que les couples hétérosexuels (1999), NON à l’enseignement de la sexualité dans les écoles, NON à l’abrogation d’une entente accordant un tarif d’électricité avantageux aux fabriques (2005), NON au programme gouvernemental de reproduction assistée, NON à l’euthanasie, NON au suicide assisté, etc.</p>
<p>      On pourrait continuer à énumérer ainsi une longue liste des méfaits de la religion. Devant la démonstration écrasante des historiens, on ne peut plus nier les crimes de cette dernière, même le pape les a reconnus. On est donc obligé de conclure que l’Église est une source majeure de violence qui a toujours été néfaste à l’être humain, qu’elle a trahi l’utopique message d’amour de Jésus, que son message a sévèrement été bafoué et qu’elle n’a rien fait pour promouvoir les valeurs humanistes.</p>
<p>      Ce qui est vrai par contre est que l’être humain a toujours possédé de tout temps des valeurs intrinsèques qui ne comprennent pas d’éléments surnaturels ou mystiques. Ces valeurs humaines ne sont pas d’origine divine, ne descendent pas du ciel; elles sont purement et simplement d’origine terrestre et innées dès la naissance. Les hommes seuls n’ont pas besoin d’en appeler à une puissance divine pour se donner des règles de conduite pour vivre en société. Ce comportement social, ou humanisme, ne propose rien en dehors du concret. Il provient du gros bon sens, de critères pratiques et pragmatiques, pour que l’on puisse vivre dans notre monde réel en paix. Il propose simplement une éthique essentiellement laïque, des règles de jeu, un code de conduite entre les hommes, une vision du monde purement humaniste pour arriver à vivre en paix, heureux et épanoui en société. L&#8217;humanisme est l&#8217;aboutissement ultime d&#8217;une longue évolution de l’humanité, et cet aboutissement n’est pas dû aux religions, mais bel et bien malgré les religions.</p>
<p>      On s’entend que les valeurs humanistes sont celles de l&#8217;homme civilisé, mais elles ne sont surtout pas des valeurs judéo-chrétiennes. Par exemple, les révolutionnaires français ont aboli l’esclavage et Abraham Lincoln l’a également fait aux États-Unis (1863). Les suffragettes ont amorcé l’émancipation féminine. Les Conventions de Genève ont humanisé les guerres. Le marquis de Beccaria a fait abolir la peine de mort dans plusieurs pays. Henri Dunant a apporté plus d’humanité sur les champs de bataille. La fondation de l’ONU et la Déclaration des droits de la personne ont apporté de grands progrès sur le plan de la morale internationale. Des hommes comme Gandhi, Martin Luther King et Mandela ont préconisé la non-violence. Les syndicats ont défendu les droits des travailleurs. Le tribunal international peut maintenant juger les criminels de guerre, etc. Autant de progrès pour l’humanité sans impliquer la religion en aucune façon.</p>
<p>      Au Québec, la société québécoise est parvenue à neutraliser les forces conservatrices religieuses qui tendaient à la figer dans un état d’immobilisme. Depuis le début des années 60, le Québec a connu une Révolution tranquille. Cette révolution a apporté de grands changements, entre autres, dans le domaine de l&#8217;éducation. Les enseignants(es) religieux(ses) ont été remplacés(es) par des enseignants(es) laïcs(ques), les écoles ghettos de gars et de filles ont été remplacées par des écoles mixtes, l&#8217;enseignement du catéchisme à de jeunes enfants a été supprimé, les parents peuvent choisir pour leurs enfants entre les cours de religion ou de morale, etc. Cette période a également permis l&#8217;émancipation des femmes, pour le plus grand bien de notre société. Il y a peu d&#8217;endroits au monde où les femmes sont aussi émancipées qu&#8217;au Québec. Le Québec s&#8217;est aussi doté d&#8217;un service d&#8217;assurance maladie envié par tous. Également, les églises se sont vidées, le nombre de prêtres a diminué, l&#8217;indifférence face à la pratique religieuse s&#8217;est graduellement installée au Québec. Bref, l&#8217;oppression de la religion catholique a fortement diminué. Le Québec s&#8217;est laïcisé. Ces quatre composantes : l&#8217;éducation, l&#8217;émancipation des femmes, l&#8217;assurance maladie, et la laïcité ont fortement contribué à faire du Québec la société moderne et prospère d&#8217;aujourd&#8217;hui où il fait bon vivre. Ce n’est pas grâce à la religion.</p>
<p>      Je dénonce donc le fameux message d’amour de Jésus, qui n’en était pas un finalement, et je condamne la religion. Tous deux accusent un échec lamentable depuis deux mille ans. Le recul du catholicisme au Québec, en tant que religion pratiquée, semble inexorable. Il serait peut-être temps de commencer à penser à remplacer tout ça par autre chose de plus humain qui supprimerait toute croyance au divin. Ça s’appelle l’athéisme et l’humanisme. C’est ce que nous verrons dans un prochain article.</p>
<p>Richard Rousseau</p>
<p>Chercheur scientifique (en physique des rayons X) à la Commission géologique du Canada et membre à vie de l’Association humaniste du Québec.</p>
<p>28, rue de Montmagny</p>
<p>Cantley (Québec) J8V 3J1</p>
<p>Canada</p>
<p>T : 819-827-1692</p>
<p>E : <a href="mailto:xray.rousseau@videotron.ca">xray.rousseau@videotron.ca</a></p>
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		<title>Albert Einstein &#8211; New York Times magazine 9 novembre 1930</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Jul 2011 02:10:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rleger</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>

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		<description><![CDATA[Science et religion Albert Einstein New York Times Magazine, 9 novembre 1930 Tout ce que les êtres humains ont fait et pensé au cours de leur histoire a toujours consisté à rechercher une réponse à leurs besoins les plus profonds et un soulagement à leurs peines. On doit constamment avoir cela à l’esprit si l’on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.01 Transitional//EN"><br />
<html><br />
<body></p>
<h1><font color="blue"><center><b>Science et religion</b></center></font></h1>
<p><center>Albert Einstein</center></p>
<p><center>New York Times Magazine, 9 novembre 1930</center></p>
<p><img src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2011/06/dreamstime_l_16075281_Modifié.jpg" alt="Albert Einstein" width="300" height="400" style="float:left;margin:0 5px 0 0;" /><br />
Tout ce que les êtres humains ont  fait et pensé au cours de leur  histoire a<br />
toujours consisté à rechercher une réponse à leurs besoins les plus profonds  et<br />
un soulagement à leurs peines. On doit constamment avoir cela à l’esprit si l’on<br />
veut  comprendre  les  mouvements  spirituels  de  l’humanité  ainsi  que   leur<br />
développement. Les émotions et les désirs sont la force qui a inspiré toutes les<br />
réalisations et toutes les créations  humaines, sous quelques formes élevées  et<br />
nobles qu’elles puissent se présenter à nous. Quels sont donc ces sentiments  et<br />
ces besoins  qui ont  conduit les  êtres humains  à leurs  croyances et  à leurs<br />
pensées religieuses, dans le sens le plus fort du terme ?</p>
<p>
 Une réflexion sommaire suffira  à montrer que plusieurs  émotions différentes<br />
sont à la source de l’expérience et de la pensée religieuses. La peur était pour<br />
l’homme primitif à la  base de sa démarche  religieuse, la peur de  la faim, des<br />
bêtes sauvages, de la maladie, de la mort. Comme à cette époque la compréhension<br />
des liens de  causalité était peu  développée, l’esprit humain  créait des êtres<br />
fictifs plus ou  moins analogues à  lui-même, et dont  la volonté et  les gestes<br />
étaient sensés  être à  l’origine des  expériences douloureuses  de chacun.  Les<br />
hommes espéraient s’attirer les faveurs  de ces êtres imaginaires par  des rites<br />
et  des  offrandes  sacrificielles   qui,  selon  une  tradition   transmise  de<br />
générations en générations, devaient les apaiser ou les mieux disposer à l’égard<br />
d’un mortel. </p>
<p>C’est en ce sens que je parle  d’une religion de la peur. Celle-ci, bien  que<br />
non créée de toute pièce par elle,  a été à un degré important façonnée  par une<br />
caste de prêtres, qui  s’est érigée en médiatrice  entre le peuple et  les êtres<br />
qu’il craignait, et qui a assuré ainsi son hégémonie sur cette base. Souvent, un<br />
chef ou un dirigeant, ou une  classe privilégiée dont la position sociale  était<br />
assurée  par  d’autres  facteurs,  réunissaient  les  fonctions  religieuses  et<br />
l’autorité politique afin de rendre  cette dernière plus sûre; ou  bien, encore,<br />
les dirigeants politiques et la  caste des prêtres faisaient cause  commune pour<br />
la défense de leurs intérêts</p>
<p>.</p>
<p>Les forces sociales sont une  autre source de la cristallisation  religieuse.<br />
Les chefs de famille et les dirigeants de communautés plus grandes sont  mortels<br />
et faillibles. Le besoin de direction, d’amour et de support a poussé les hommes<br />
à développer une conception morale et  sociale de Dieu. C’est alors que  le Dieu<br />
Providence fait  son apparition,  un dieu  qui protège,  récompense et punit, un<br />
dieu qui, selon les limites de la vison du croyant, aime et chérit avant tout la<br />
vie de la tribu ou  de la race humaine, ou  même de la vie dans  sa totalité; un<br />
dieu consolateur des peines et  des aspirations insatisfaites; celui qui  reçoit<br />
les âmes des morts. C’est ainsi que s’est formée la conception sociale et morale<br />
de Dieu</p>
<p>.</p>
<p>Les écritures juives illustrent admirablement ce passage d’une religion basée<br />
sur  la peur  à une  religion basée  sur la  morale –  un développement  qui se<br />
continue dans le Nouveau Testament.  La religion de tous les  peuples civilisés,<br />
particulièrement  les  peuples d’Orient,  est  d’abord une  religion  morale. Le<br />
passage d’une religion  de la peur  à une religion  morale est un  pas important<br />
dans  la  vie des  peuples.  Mais que  les  religions primitives  soient  basées<br />
uniquement sur  la peur  et les  religions des  peuples civilisés  sur la  seule<br />
morale est  un préjugé  dont il  faut se  garder. La  vérité est  que toutes les<br />
religions  sont   un  amalgame   des  deux   types  de   religion,  avec   cette<br />
caractéristique cependant que la religion morale prédomine généralement au  plus<br />
haut niveau de la vie sociale.</p>
<p>Commun à tous ces types de religion est le caractère anthropomorphique de  la<br />
conception  de  Dieu.  En  général, seuls  des  individus  exceptionnels  et des<br />
communautés aux  senti- ments  nobles et  élevés se  hissent au-dessus  de cette<br />
conception. Il y a donc ainsi un troisième stade de l’expérience religieuse  qui<br />
appartient à toutes les religions,  quoiqu’on la trouve rarement dans  une forme<br />
pure : je l’appellerai le sentiment religieux cosmique. Il est très difficile de<br />
l’expliquer  à  quiconque  en  est  dépourvu,  ne  l’a  jamais  expérimenté,  en<br />
particulier parce qu’il  n’y a pas  de conception anthropomorphique  de Dieu qui<br />
lui est associée.</p>
<p>L’individu  ressent la  futilité des  désirs et  des buts  humains à  la vue  de<br />
l’ordre sublime et merveilleux qui se révèle à la fois dans la nature et dans le<br />
monde de la pensée. L’existence individuelle lui apparaît comme une prison et il<br />
désire voir et sentir l’univers  comme un tout. Les premières  manifestations du<br />
sentiment  religieux  cosmique  sont  apparues  tôt  dans  le  développement  du<br />
sentiment religieux, dans plusieurs des  psaumes de David, par exemple,  et chez<br />
quelques  prophètes d’Israël.  Le Bouddhisme,  comme on  peut le  voir dans  les<br />
écrits admirables de Schopenhauer, contient une description encore plus profonde<br />
et solide de cette vue des choses.</p>
<p>Les génies religieux de toutes les époques possèdent cet aspect du  sentiment<br />
religieux, qui ne connaît aucun dogme ni aucun dieu conçu à l’image de  l’homme;<br />
ce qui  revient à  dire qu’il  ne peut  y avoir  d’Église dont les enseignements<br />
autoritaires soient  basés sur  lui. C’est  donc chez  les hérétiques  de chaque<br />
époque que l’on trouve des êtres remplis de ce sentiment religieux élevé et  qui<br />
étaient  souvent  considérés  par  leurs  contemporains  comme  des  athées   et<br />
quelquefois comme des  saints. Vus sous  cet angle, des  hommes comme Démocrite,<br />
François d’Assise et Spinoza sont très près l’un de l’autre.</p>
<p>Comment  le  sentiment  religieux  cosmique  peut-il  être  communiqué  d’une<br />
personne à une autre, s’il ne peut  donner lieu à aucune notion bien précise  de<br />
Dieu ni à aucune théologie? Selon  moi, c’est la fonction la plus  importante de<br />
l’art et de la science de susciter ce sentiment et de le garder vivant chez ceux<br />
qui lui sont réceptifs.</p>
<p>Nous arrivons ainsi  à une conception  des relations de  la science et  de la<br />
religion  très  différente  de celle  communément  admise  aujourd’hui. Si  nous<br />
adoptons  une vue  historique en  cette matière,  on est  enclin à  regarder la<br />
science et la religion comme  d’irréconciliables antagonistes, et cela pour  une<br />
raison  bien  évidente.  Celui qui  est  totalement  convaincu de  l’universelle<br />
validité de la  loi de causalité  ne peut un  seul instant accepter  l’idée d’un<br />
être qui interfère dans le cours des  choses de ce monde – pourvu qu’il  prenne,<br />
bien  sûr, au  sérieux l’hypothèse  de la  causalité. Il  n’a que  faire de  la<br />
religion de la peur et  très peu  de la religion morale et sociale. Un  dieu qui<br />
punit  et récompense  lui est  incompréhensible pour  la simple  raison que  les<br />
actions  des hommes  sont déterminées  par la  nécessité à  la fois  externe et<br />
interne, de telle sorte  qu’aux yeux d’un dieu  ainsi conçu il ne  peut pas être<br />
tenu responsable,  pas plus  que des  objets inanimés  ne sont  responsables des<br />
mouvements  qu’ils subissent.  La science  a donc  été accusée  de détruire  la<br />
morale, mais  l’accusation est  injuste et  non fondée.  Le comportement éthique<br />
d’un homme devrait être efficacement basé sur la compassion, l’éducation et  sur<br />
les  liens et  les besoins  sociaux; aucune  base religieuse  n’est nécessaire.<br />
L’être humain  serait dans  une bien  piètre situation  s’il était obligé d’agir<br />
contraint  par la  peur d’une  punition ou  l’espoir d’une  récompense après  la<br />
mort.</p>
<p>Il est ainsi très facile de comprendre pourquoi les religions ont toujours combattu la science et persécuté ses défenseurs. Par contre, je maintiens qu’à la base de la recherche scientifique le sentiment religieux cosmique est la motivation la plus forte et la plus noble qui soit. Seuls ceux qui prennent conscience des efforts immenses nécessaires et, par dessus tout, de la dévotion profonde sans laquelle le travail accompli dans la recherche fondamentale en science théorique ne peut être fait sont capables de saisir la force de l’émotion par laquelle un tel travail, aussi éloigné qu’il soit des réalités immédiates de la vie, peut se faire et se poursuivre. Quelle profonde conviction de la rationalité de l’univers et quel désir de comprendre! Ne serait-ce que d’un mince reflet de l’intelligence se révélant dans ce monde Kepler et Newton ont dû avoir conscience qui leur permit de passer des années en un labeur solitaire afin de déchiffrer les principes de la mécanique céleste! Ceux dont la connaissance de la recherche scientifique provient uniquement de ses résultats pratiques développent facilement une conception totalement erronée de l’esprit des hommes qui, entourés d’un monde sceptique, ont montré la voie aux âmes sœurs éparpillées de par le monde et à travers les siècles. Seul celui qui a voué sa vie à des buts similaires peut avoir une vive conscience de ce qui a inspiré ces hommes et leur a donné la force de demeurer fidèles à leur mission malgré de nombreux échecs. C’est le sentiment religieux cosmique qui donne à l’homme une telle force. Un contemporain a dit, non sans raison, que dans cet âge matérialiste qui est le nôtre les vrais chercheurs scientifiques sont les seuls qui soient profondément religieux.</p>
<p>Traduction : Roger Léger</p>
<p>28 – 31 octobre 2007</p>
<p></body> </html></p>
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		<item>
		<title>Le crédo d&#8217;un athée</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jun 2011 21:56:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Denis Gingras</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[athéisme]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Un credo post religieux   Le credo d’un athée « Je crois que c’est notre devoir de chercher la vérité, et si nous ne la pouvons trouver, d’adhérer à celle qui nous semble la plus juste et la plus difficile à réfuter, et de s’y accrocher comme à un radeau sur les eaux agitées de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><center><br />
<h1>Un credo post religieux</h1>
<p> </p>
<p><em>Le credo d’un athée</em></p>
<p>« Je crois que c’est notre devoir de chercher la vérité, et si nous ne la pouvons trouver, d’adhérer à celle qui nous semble la plus juste et la plus difficile à réfuter, et de s’y accrocher comme à un radeau sur les eaux agitées de la vie. »</p>
<p><strong>Platon</strong> (428-348 av. n. e.)</p>
<p>« Le mot « Dieu » n&#8217;est pour moi rien de plus que l&#8217;expression et le produit de l’humaine faiblesse, et la Bible un recueil de légendes, certes honorables, mais primitives, et néanmoins très puériles. »  </p>
<p><strong>Albert Einstein</strong> (1879-1955)</p>
<p>« La recherche de la vérité est la plus noble occupation de l’homme; la diffuser est un devoir. »</p>
<p><strong>Anne Louise Germaine de Staël</strong> (1766-1817)</p>
<p>« Les masses n’ont jamais eut soif de la vérité. Quiconque peut leur apporter des illusions est facilement leur maître; quiconque tente de détruire leurs illusions est toujours leur victime. »</p>
<p><strong>Gustave Le Bon</strong> (1841-1931) La psychologie des foules (1895)</p>
<p>« Ce ne sont pas les rayons du soleil ni les traits lumineux du jour</p>
<p>qu’il faut pour dissiper cette terreur et ces ténèbres de l’âme,</p>
<p>mais l’étude de la nature et son explication raisonnée.</p>
<p>Le principe dont nous nous servirons comme point de départ,</p>
<p>c’est que rien ne peut être engendré de rien</p>
<p>par une intervention divine.</p>
<p>Si la crainte subjugue tous les mortels,</p>
<p>c’est que sur la terre et dans le ciel ils voient beaucoup de choses</p>
<p>dont ils ne peuvent en aucune façon apercevoir les causes</p>
<p>et ils pensent que cela arrive par une puissance divine.</p>
<p>C’est pourquoi, quand nous aurons vu que rien ne naît de rien,</p>
<p>alors nous verrons plus facilement ce que nous cherchons :</p>
<p>d’où provient chaque chose et comment toutes choses se forment,</p>
<p>sans l’aide des dieux. »</p>
<p>Lucrèce, De rerum natura, I, 146-158</p>
<p>Mes croyances ne sont pas absolues, mais relatives et évolutives;</p>
<p>on peut les étudier, les remettre en question et les changer.</p>
<p>Ce que je crois n’est pas basé sur des textes dits révélés,</p>
<p>sur la fantaisie, le rêve ou une vaine espérance,</p>
<p> mais sur la réalité,</p>
<p>quelque obscure et problématique elle puisse être,</p>
<p>une réalité que nous devons étudier, connaître et accepter,</p>
<p>quelles que soient les conclusions auxquelles nous arrivons</p>
<p>et quel que soit l’Univers qui nous est ainsi révélé.</p>
<p> Je ne peux pas prouver tout ce que je crois,</p>
<p>mais du plus profond de mon être</p>
<p>je ne peux pas croire autrement.</p>
<p>Je crois qu’il est souhaitable et possible</p>
<p>de connaître les « lois » (1) simples</p>
<p>qui gouvernent l’ensemble de l’univers</p>
<p>et qui président à son évolution inexorable ;</p>
<p>que ces « lois », ces régularités observées,</p>
<p>sont éternelles comme lui, objectives, extérieures à nous, « invariables », universelles, et vérifiables.</p>
<p>Je crois que ces « lois » de l’Univers</p>
<p>sont progressivement connues des humains,</p>
<p>qu’elles ne sont pas de pures inventions de leur cerveau, (2)</p>
<p>et qu’elles ne sont pas la propriété de l’un ou de l’autre sexe,</p>
<p>ou de quelques cultures particulières. (3)</p>
<p>Je crois que tous les humains peuvent y avoir accès (4) et que,</p>
<p>si d’aventure il y a d’autres roseaux pensants dans l’univers,</p>
<p>ils découvriront les mêmes « lois de la nature » que nous,</p>
<p>et expliqueront de la même manière</p>
<p>la naissance et la mort des étoiles,</p>
<p>l’explosion des supernovas,</p>
<p>la formation des trous que l’on dit noirs,</p>
<p>et la structure des protons, des atomes ou de l’ADN.</p>
<p>Je crois que notre destin est de ce monde (5),</p>
<p>où nous pourrions être seuls (6),</p>
<p>et où nous avons fait irruption par la plus grande des chances</p>
<p>et le plus incroyable des hasards. (7)</p>
<p>Je pense comme Aristote que « ce qui est engendré par hasard</p>
<p>n’est pas engendré en vue d’un but » ; (8)</p>
<p>je crois comme Leucippe que « rien n’arrive pour rien</p>
<p>mais tout pour une raison et par nécessité ; »</p>
<p>qu’il ne faut pas pour autant croire à la stricte et universelle nécessité;</p>
<p>car je considère comme Stephen Jay Gould</p>
<p>que les humains sur cette planète ne sont que de simples possibles</p>
<p>et non pas le but recherché et nécessaire de l’Univers,</p>
<p>semblables en cela aux abeilles, aux dinosaures,</p>
<p>aux roses et aux nénuphars,</p>
<p>aussi bien, hélas, qu’aux rats, à la mouche tsé-tsé,</p>
<p>à la peste, à la variole et aux plantes vénéneuses.</p>
<p>Je crois comme Héraclite et le Bouddha,</p>
<p>Parménide et Épicure, Aristote et Lucrèce,</p>
<p>que l’Univers est incréé et éternel,</p>
<p>j’opine comme Martin Rees, Andrei Linde et Lisa Randall</p>
<p>qu’un Multivers est possible, (9)</p>
<p>et je conclus comme Bertrand Russell</p>
<p>qu’il est sans compagnon divin inutile.</p>
<p>Je crois comme Lao-Tseu, Aristote et Newton qu’il y a un infini (10)</p>
<p>et que nous ignorerons toujours la raison d’être de son existence ;</p>
<p>je crois qu’il n’y a pas de début absolu à l’Univers,</p>
<p>que le Big Bang dont on parle n’est qu’un moment,</p>
<p>qu’un épisode dans l’infini déploiement des choses,</p>
<p>dans l’éternité du monde ;</p>
<p>et je crois comme la Bible qu’il ne faut pas</p>
<p>invoquer le nom de dieu en vain ;</p>
<p>je veux dire, ici, qu’il est, en effet, vain et inutile</p>
<p>de se référer à un dieu pour expliquer le monde.</p>
<p>Je crois que la planète Terre et la vie qu’elle abrite</p>
<p>sont pour nous ce qu’il y a de plus précieux dans l’Univers,</p>
<p>que notre lot, notre devoir, notre souci, ou même notre mission,</p>
<p>est de prêter vie, notre vie, si l’on peut, à cet Univers</p>
<p>pour le temps qu’il durera dans le Multivers ;</p>
<p>que c’est là la plus sacrée de nos tâches de Terriens,</p>
<p>notre joie, notre passion et notre dramatique aventure.</p>
<p>Je crois que ce qui subsistera de nous après notre mort</p>
<p>seront les descendants et les souvenirs</p>
<p>que nous laisserons après nous,</p>
<p>et les atomes dont nous étions faits</p>
<p>et qui seront recyclés dans l’Univers ;</p>
<p>je crois que nous serons éternellement anéantis,</p>
<p>quoi qu’en pensait Pascal et espérait Socrate, (11)</p>
<p>et, comme Chouang-Tseu, Épictète et Marc-Aurèle, je crois</p>
<p>qu’il faut accepter notre destin sans se plaindre … comme Job,</p>
<p>et sans trop gémir comme Cioran. (12)</p>
<p>Je suis d’avis que nous devons nous reconnaître</p>
<p>pour ce que nous sommes, des êtres finis et mortels</p>
<p>qui participons tous de l’infirmité commune :</p>
<p>jamais rien ne pourra totalement nous satisfaire,</p>
<p>et nous serons probablement toujours irrémédiablement ignorants</p>
<p>du secret ultime des choses.</p>
<p>Nobliau ou grand seigneur de l’Univers,</p>
<p>« notre destin est fait de joies et de peines terrestres passagères,</p>
<p>et de connaissances limitées. Évitons les peines, si l’on peut,</p>
<p>et combattons notre ignorance. » (Voltaire)</p>
<p>Sachons nous contenter de notre condition ;</p>
<p>sortis de l’Univers, connaissons l’Univers.</p>
<p>Là est notre tâche et notre destin,</p>
<p>là est la sagesse humaine, là, le bonheur des Terriens.</p>
<p>Je crois que nous ne savons pas pourquoi il en est ainsi.</p>
<p>Mais je crois qu’il en est ainsi.</p>
<p>Voilà mon credo.</p>
<p>Je ne crois pas en un dieu qui aurait créé le Ciel et la Terre ; (13)</p>
<p>on sait assez comment la Terre a été formée</p>
<p>et les cieux étoilés ont été allumés au-dessus de nos têtes.</p>
<p>Et nous n’avons pas besoin de “cette hypothèse”</p>
<p>pour expliquer le Big Bang. (14)</p>
<p>Je crois qu’il faut résolument écarter de nos esprits</p>
<p>tous les dieux de la terre</p>
<p>et ne plier jamais genoux devant de fictive divinité</p>
<p>ni devant aucune humaine autorité.</p>
<p>Je ne crois pas à la fable du dénommé Jésus-Christ,</p>
<p>fils unique de ce que l’on appelle le Père Éternel,  </p>
<p>qu’il ait été conçu d’un Saint-Esprit,</p>
<p>et soit né d’une vierge de Palestine, il y a 2000 ans,</p>
<p>pour le salut du genre humain. (15)</p>
<p>Je peux admettre, à la rigueur, qu’un Galiléen</p>
<p>ait souffert sous Ponce-Pilate, ou sous un autre,</p>
<p>qu’il ait été crucifié, qu’il soit mort et ait été enseveli ;</p>
<p>ce sont là des choses que l’on peut vérifier,</p>
<p>qui peuvent donc être vraies ou fausses,</p>
<p>et qui arrivent lorsque l’on n’est pas raisonnable</p>
<p>et que l’on se prend pour le fils de Dieu et le Roi des Juifs.</p>
<p>Il est absurde de dire que ce crucifié soit descendu aux enfers,</p>
<p>qu’il soit ressuscité, et qu’il ait monté au ciel. (16)</p>
<p>Il est extravagant d’affirmer qu’un faux prophète (17) de Palestine soit assis à la droite d’un Être éternel,</p>
<p>et qu’il viendra juger les vivants et les morts. (18)</p>
<p>Il est inutile et également absurde de croire en un Saint-Esprit, troisième personne d’un dieu trin. (19)</p>
<p>Il est indigne de proposer à la croyance des Terriens</p>
<p>cette histoire d’un dieu qui, courroucé</p>
<p>par une prétendue faute originelle</p>
<p>d’un supposé premier couple d’humains,</p>
<p>damne l’humanité entière aux feux éternels d’un enfer absurde ;</p>
<p>et il est risible de penser que cette humanité</p>
<p>ne puisse être sauvée de la damnation éternelle,</p>
<p>édictée par un Être Suprême,</p>
<p>que par l’envoi sur terre de son fils unique,</p>
<p>qui devra expier par sa mort sur une croix</p>
<p>la faute autrement irréparable.</p>
<p>Je n’estime guère l’Église catholique</p>
<p>qui se qualifie elle-même de sainte,</p>
<p>et je lis son histoire avec tristesse, horreur, colère et indignation.</p>
<p>J’admire sans réserve les croyants en une divinité</p>
<p>qui vouent leur vie au soulagement des maux</p>
<p>qui affligent les Terriens,</p>
<p>mais il me semble tout à fait inutile de faire accompagner</p>
<p>ce dévouement admirable de dogmes absurdes ;</p>
<p>j’ai en sainte horreur les fables, les censures, les mensonges,</p>
<p>les fabrications de faux, les inquisitions et les excommunications ;</p>
<p>et je n’ai que faire d’un dieu</p>
<p>qui nous menace des feux de l’enfer (voir les Évangiles)</p>
<p>tout en disant nous aimer. (20)</p>
<p>Je trouve inutile de croire en la communion des saints</p>
<p>mais absolument nécessaire de promouvoir</p>
<p>la solidarité de tous les humains sur Terre ;</p>
<p><em>« de reconnaître les bienfaits par des bienfaits,</em></p>
<p><em>et ne se venger jamais des injures ;</em></p>
<p>de faire aux autres comme à soi-même, » (Confucius)</p>
<p>comme le recommandent tous les codes moraux de la terre.</p>
<p>Quant à la rémission des péchés, nous avons les tribunaux pour les crimes contre l´humanité, les vols, les viols  et les évasions fiscales; nous invitons les humains à se corriger de leurs défauts et à se repentir de leurs fautes ; nous faisons ce que nous pouvons pour faire progresser l´humanité et lui enlever de l´esprit de fausses et d´inutiles croyances, et nous travaillons avec acharnement et quelque succès à neutraliser les papes qui déraisonnent au Vatican,  les cardinaux, les archevêques, les évêques et les prêtres qui pontifient et qui fabulent dans les églises et les cathédrales, les rabbins qui font de même dans les synagogues, les bonzes qui marmonnent dans les pagodes, et les imans et les mollahs qui prient et crient dans les mosquées.</p>
<p>Il est inadmissible, me semble-t-il, d’affirmer sans preuve</p>
<p> que l’individu survit à la mort de son corps,</p>
<p>qu’il y ait une vie éternelle, (21)</p>
<p>et je crois comme Chouang-Tseu et Albert Einstein</p>
<p>« qu’il n’y a que des âmes faibles qui entretiennent une telle pensée</p>
<p>par peur ou par un égotisme ridicule. » (22)</p>
<p>Enfin, je crois que notre vie serait plus belle et plus riche,</p>
<p>plus vite nous réaliserions que la mort est un terme,</p>
<p>une fin, et non un commencement,</p>
<p>que « le ciel est sous nos pas et non au-dessus de nos têtes,</p>
<p>que le seul Dieu que nous devons vénérer</p>
<p>est notre frère et sœur en humanité » ; (Vivekananda) (23)</p>
<p>qu’il n’y a pas de Providence qui nous guide et nous protège,</p>
<p>pas de Christ qui nous aime et qui nous sauve,</p>
<p>pas de résurrection des corps ni de transmigration des âmes,</p>
<p>qu’il n’y aura pas de Paradis pour nous accueillir</p>
<p>et nous procurer un bonheur éternel,</p>
<p>(ni d’enfer pour nous rôtir éternellement),</p>
<p>que la vie que nous vivons est la seule qui nous sera donnée.</p>
<p>Dura lex, sed lex.</p>
<p>Dures vérités, mais vérités tout de même.</p>
<p>Abandonnons ces mysticismes débilitants</p>
<p>qui troublent les cœurs et qui égarent les esprits,</p>
<p>ces dogmes et ces dévotions inutiles</p>
<p>qui distraient les humains de la vérité la plus haute :</p>
<p>l’Univers est comme un temple et la vie est sacrée ;</p>
<p>il n’y a pas d’autre dieu à chercher ;</p>
<p>seul est véritablement religieux</p>
<p>qui étudie les mystères du monde</p>
<p>et qui sert, qui respecte et qui sauve les vivants.</p>
<p>Je ne vois pas ce que l’affirmation gratuite</p>
<p>d’un dieu caché, silencieux, muet et sourd,</p>
<p>donc à toutes fins utiles inexistant,</p>
<p>vient ajouter de lumières à ce monde ténébrescent</p>
<p>que nous devons illuminer,</p>
<p>ombres noctiluques que nous sommes,</p>
<p>de nos désirs et de nos amours,</p>
<p>de nos rêves et de nos chants,</p>
<p>de nos connaissances et de nos créations.</p>
<p>Allons, du courage,</p>
<p>la vérité nous libérera,</p>
<p>de dogmes extravagants,</p>
<p>de craintes inutiles</p>
<p>et de vaines espérances.</p>
<p>Il nous revient de chérir et de célébrer la vie,</p>
<p>De prendre soin de la terre,</p>
<p> De compatir aux souffrances de nos semblables,</p>
<p>de s’étonner du Silence cosmique,</p>
<p>de l’inexistence d’un dieu,</p>
<p>de s’extasier devant l’infinie puissance</p>
<p>et créativité de l’Univers,</p>
<p>et, réparateurs obscurs des lacunes de Dieu (V. Hugo),</p>
<p>de palier à ses manques,</p>
<p>d’exalter la présence de l’Homme,</p>
<p>de chanter malgré tout les beautés éphémères du monde</p>
<p>pendant le peu de temps qu’on y passe.</p>
<p>Voilà nos seules jubilations,</p>
<p>nos seules obligations,</p>
<p> nos seules adorations,</p>
<p>voilà nos seules prières.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Notes</span></strong></p>
<ol>
<p align="justify">;1. J’ai mis le mot « lois » entre parenthèse pour indiquer l’ambiguïté du mot dans l’expression  « lois de la nature », et le problème qui est soulevé quand on parle des lois de la nature, car immédiatement on pense à un législateur suprême; Voltaire ne savait trop que répondre à l’objection de l’existence des êtres organisés et des lois qui gouvernent le mouvement des étoiles et des planètes: « je ne puis concevoir une horloge sans un horloger » ; une meilleure compréhension de la mécanique céleste que Laplace a mise au point en 1796, la théorie de l’évolution de Darwin publiée en 1859 et la physique moderne vont lever définitivement l’impasse dans laquelle se trouvait Voltaire qui a combattu l’athéisme toute sa vie; voir entre beaucoup d’autres textes : L’histoire de Jenni ou le sage et l’athée, ainsi que sa Première Homélie sur l’athéisme et le chapitre un des Éléments de la philosophie de Newton ; le Baron d’Holbach, le prince des athées, avait pourtant publié son Système de la nature en 1770 &#8230; J’emploi l’expression « régularités observées » immédiatement après l’expression « lois de la nature. » Ces régularités observées sont certainement objectives, extérieures à nous, universelles, mais sont-elles invariables, et éternelles? Voir J. Webb <span style="text-decoration: underline;">« Are the Laws of Nature Changing with Time?</span> » in Physics World, Vol.16, Part 4, pages 33-38, avril 2003; aussi Scientific American, juillet 2005, l’article <span style="text-decoration: underline;">« Inconstant Constants »;</span> aussi <span style="text-decoration: underline;">« Dreams of a Final Theory, the Search for the Fundamental Laws of Nature »</span>, du prix Nobel de Physique, Steven Weinberg, Pantheon Books, 1993; encore, de Roger Penrose <span style="text-decoration: underline;">« The Road to Reality, a Complete Guide to the Laws of the Universe »,</span> Alfred A. Knopf, 2005 (2004); encore, du prix Nobel de physique Richard Feynman <span style="text-decoration: underline;">« La nature de la physique »</span>, Seuil, sciences, 1980; voir l’incontournable <span style="text-decoration: underline;">The Comprehensible Cosmos, Where Do the Laws of Physics Come From</span>, de Victor J. Stenger, Promotheus Books, 2007, toute son œuvre est à lire ; le dernier livre de Paul Davies <span style="text-decoration: underline;">The Cosmic Jackpot, why our Universe is just right for life</span><span style="text-decoration: underline;">,</span> chez Houghton Mifflin, (2007)donne un point de vue tout à fait opposé à celui de Stenger. C’est le Grand Débat… Enfin, lire The Grand Design de Stephen Hawking et Leonard Mlodinow, Bantam Books, 2010.</p>
</ol>
<p> </p>
<ol>
<p align="justify">2…comme l’affirment certains tenants du postmodernisme : « Les lois de la gravitation n’existaient pas avant Newton »! disent certains philosophes des sciences. Bien évidemment qu’elles n’existaient pas telles que formulées par Newton, mais la gravitation existait belle et bien. Nos connaissances scientifiques, qui s’expriment dans des théories et des lois, ne reflètent que partiellement et progressivement la réalité;  certains postmodernes disent qu’elles ne la reflètent pas du tout, qu’elles ne sont que de pures créations de nos cerveaux.</p>
</ol>
<p> </p>
<ol>
<p align="justify">3. Elles ne seraient que de mythologiques narrations de mâles blancs d’Occident, prétend tout un mouvement de pensée qui sévit principalement sur les campus américains et qui réunit des féministes et des philosophes postmodernes; la science, pour eux et elles, est une narration comme une autre, un mythe parmi d’autres mythes qui jalonnent l’histoire des mythes et des religions. C’est l’extrême où est tombé le postmodernisme; livres à lire : <span style="text-decoration: underline;">« Impostures intellectuelles »,</span> des professeurs Jean Bricmont et Alan Sokal, chez Odile Jacob, 1997, et <span style="text-decoration: underline;">« Higher Superstition, the Academc Left and its Quarrels with Science »</span> des professeurs Paul R. Gross et Norman Levitt, Johns Hopkins UP, 1998 (1994). On peut consulter l’œuvre abondante du philosophe de McGill, Mario Bunge, pour une critique dévastatrice des thèses postmodernistes : <span style="text-decoration: underline;">Social Science under Debate</span>, University of Toronto Press, 1998, <span style="text-decoration: underline;">Finding Philosophy in Social Science,</span> Yale University Press, 1996, et <span style="text-decoration: underline;">The Sociology-Philosophy Connection,</span> (1999) Transactions Publishers, USA.</p>
</ol>
<p> </p>
<ol>
<p align="justify">4. Quelque difficiles que soient devenues les sciences à la fin de ce millénaire, et particulièrement difficiles d’accès au commun des mortels, je pose qu’en théorie tous les humains peuvent y avoir accès, si on y met les efforts et le temps voulus, contrairement aux dogmes des religions qui nous seront à jamais incompréhensibles, et inutiles dans notre tâche d’expliquer le monde.
</p>
</ol>
<p> </p>
<ol>
<p align="justify">5. Il n’y a pas d’autre monde, de paradis ou d’enfer; si l’enfer n’est plus de mise aujourd’hui, il doit en être de même du paradis; nous sommes un merveilleux et étonnant épiphénomène temporaire de l’univers.</p>
</ol>
<p> </p>
<ol>
<p align="justify">6. Le livre à lire est <span style="text-decoration: underline;">« Rare Earth »,</span> Copernicus (1999), des professeurs Peter D. Ward et Donald Brownlee, sur la probable rareté sinon la probable unicité de l’espèce humaine dans l’univers; c’est un grand débat scientifique; seule l’observation déterminera l’exactitude de la thèse ici rappelée; les faits semblent nous diriger vers cette conclusion, malgré les découvertes récentes de nombreuses planètes dans d’autres systèmes solaires; il faut cependant attendre la fin de l’histoire, c’est-à-dire des recherches en cours; à lire aussi : <span style="text-decoration: underline;">Destiny or Chance, our solar system and its place in the cosmos,</span> du grand astronome australien Stuart Ross Taylor, (1998) Cambridge University Press; à lire aussi <span style="text-decoration: underline;">« A Glorious Accident, Understanding Our Place in the Cosmic Puzzle »</span> (1997) sous la direction de Wim Kayser; une série d’entretiens avec Oliver Sacks, S. J. Gould, Stephen Toulmin, Freeman Dyson, Daniel C. Dennett et l’impayable et désolant Rupert Sheldrake.</p>
</ol>
<p> </p>
<ol>
<p align="justify">7. « Le hasard est le chemin que Dieu emprunte quand il veut voyager incognito, » disait Einstein. Or, comme le mot dieu pour Einstein est un autre mot pour Univers… Il n’y a pas de dieu personnel pour Einstein. Consulter <span style="text-decoration: underline;">« Destiny or Chance, our solar system and its place in the Cosmos »</span> de l’astronome australien, spécialiste des planètes, Stuart Ross Taylor, paru chez CUP en 1998; l’histoire du système solaire (la position de la terre par rapport au soleil, l’existence accidentelle de la lune, sa grosseur et le moment de son impact, l’existence de Jupiter, etc.), et de la vie sur terre (la disparition accidentelle des dinosaures grâce à un météorite il y a 65 millions d’années) sont des preuves suffisantes du caractère hasardeux de l’existence de l’espèce humaine sur terre et dans l’Univers; nous aurions pu ne pas être; nous ne sommes pas une nécessité, encore moins le but de l’univers. C’est ce que semble nous indiquer nos connaissances actuelles ; donc jusqu’à nouvel ordre, je crois que nous sommes autorisés à conclure que l’humanité n’est qu’un simple possible, comme tous les autres êtres vivants qui existent, qui ont existé ou qui existeront un jour sur terre. Il n’y a pas pur hasard ni entière nécessité. Tout est le fruit étonnant du hasard (si on définit hasard : la rencontre de deux lignes causales indépendantes) et de la nécessité.
</ol>
</p>
<p> </p>
<ol>
<p align="justify">8. Finalisme, thèse qui veut que l’univers existe en vue d’un but; dans l’opuscule <span style="text-decoration: underline;">« Invitation à la philosophie »</span>, Éditions mille et une nuits, 1998, page 14, Aristote a cette petite phrase : « or aucune chose engendrée par hasard n’est engendrée en vue d’un but, et il n’y a pas pour elle d’accomplissement. » Darwin disait que Cuvier et Linné étaient des nains à côté d’Aristote. Une apparente finalité, la téléonomie, existe  dans les formes vivantes. Mais la grande question est de savoir si l’être humain est le but de la vie sur terre, le but de l’évolution des formes vivantes sur cette planète, et si Dieu est le but de l’univers dans son ensemble. Livres à lire : <span style="text-decoration: underline;">l’Origine des espèces</span> de Darwin (1859), <span style="text-decoration: underline;">Évolution, the triumph of an idea</span>, (2001) sous la direction de Carl Zimmer, HarperCollin; aussi : <span style="text-decoration: underline;">« Book of Life »</span> sous la direction de Stephen J. Gould, W.W. Norton &amp; Company, 2001.  <span style="text-decoration: underline;">« The Fith Miracle, the Search for the Origin and Meaning of Life, »</span> Simon &amp; Schuster (1999) de Paul Davies défend âprement la thèse de la finalité de toutes choses, de la vie et de l’intelligence réflexive, de la conscience humaine, inévitable résultat des lois de la nature ; de Jean Staune, <span style="text-decoration: underline;">Notre existence a-t-elle un sens, une enquête scientifique et philosophique,</span> préface de Trinh Xuan Thuan (2007) Presses de la Renaissance, Paris, 538 pages; dans la veine de Paul Davies; l’auteur répond par l’affirmative : l’univers nous indique qu’il y a un sens; il interprète les données de la science moderne dans un sens spiritualiste. Une somme impressionnante, mais à mon sens fautive. Lire plutôt <span style="text-decoration: underline;">Challenging Nature, The Clash of Science and Spirituality at the frontiers of life</span> (2006), Lee M. Silver, HarperCollins Publishers, 444 pages; voir aussi: <span style="text-decoration: underline;">Human, the science behind what makes us unique,</span> (2008), Michael S. Gazzaniga, Ecco, HarperCollins Publishers, ou encore <span style="text-decoration: underline;">The Structure of Evolutionary Theory,</span> Stephen Jay Gould (2002) Belknap Press of Harvard University Press (en 1433 petites pages!). Je recommande la lecture du livre riche et dense de Robert Bernier L’Enfant, le lion, le chameau, une pensée pour l’homme sans Dieu, 2010, chez l’auteur.</p>
</ol>
<p> </p>
<ol>
	<
<p align="justify">9. Voir Andrei Linde, <span style="text-decoration: underline;">« An Eternally Inflationary Self-Replicating Universe »,</span> Scientific American, 1999; et de Martin Rees <span style="text-decoration: underline;">« Our Cosmic Habitat »,</span> Princeton University Press, 2001, et <span style="text-decoration: underline;">Just Six Numbers, the deep forces that shape the Universe</span>, Basic Books, 2000 (1999), et surtout <span style="text-decoration: underline;">Before the Beginning, Our Universe and Others,</span> (1997), AddisonWesley, Foreword by Stephen Hawking ; aussi de Lisa Randall, <span style="text-decoration: underline;">Warped passages: unravelling the mysteries of the universe’s hidden dimensions</span> (2006) Ecco HarperCollins, New-York, 499 pages.
</ol>
<p> </p>
<p align="justify">10. Certains pourront m’accuser ici de contradiction flagrante : si on admet   un infini, on admet un Être distinct du monde, etc., on admet alors Dieu, le Dieu des théologiens et des philosophes spiritualistes. J’ai   volontairement employé le mot infini pour illustrer l’infini mystère des origines, qui ne nous indique pas pour autant l’existence d’un Dieu personnel, créateur de l’Univers; nous ne savons pas! Ce que nous savons de l’Univers, par contre, ne nous indique aucunement l’existence d’un dieu personnel. On ne doit pas invoquer le nom de Dieu en vain! Et je ne peux accepter le dieu inutile de Spinoza et d’Einstein. Il y a l’Univers. Natura!</p>
<p>11. Platon, le <span style="text-decoration: underline;">Phédon. </span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>12. Cioran, <span style="text-decoration: underline;">Œuvres</span>, Quarto, Gallimard, Paris, 1995, 1818 pages.</p>
<p>13. Je suis ici le credo officiel de l’Église contenu dans le <span style="text-decoration: underline;">Compendium du   catéchisme de l’Église catholique</span>, (2005) et je le nie point par point.</p>
<p>14. <span style="text-decoration: underline;">The first Three Minutes of the Universe</span>, Steven Weinberg, 1977.</p>
<p>15. Alvar Ellegard, <span style="text-decoration: underline;">Jesus, One Hundred Years Before Christ, A Study in </span> <span style="text-decoration: underline;">Creative mythology,</span> 1999, The Overlook Press, Woodstock, New-York ; la conclusion de son étude se démarque totalement de toutes les autres sur le sujet, il conclut que a) Jésus n’a pas existé physiquement tel que rapporté dans les Évangiles, ses disciples et ses prétendus contemporains</p>
<p>          ne l’ont jamais vu que dans des visions; c’est de toute évidence le cas de</p>
<p>          Paul, des disciples d’Emmaüs et des Apôtres réunis après « sa mort et sa</p>
<p>         résurrection » et sur qui tombaient des langues de feu ; b) le Jésus des</p>
<p>         Évangiles est une invention du 2<sup>e</sup> siècle de notre ère, comme solution à</p>
<p>         des conflits internes d’une Église en rapide expansion ; c) le Jésus réel a</p>
<p>         existé en 100 av. J.C. et il a été le fondateur du mouvement réformateur</p>
<p>         des Esséniens.</p>
<p>16. Les Chrétiens ont emprunté cette croyance aux croyances « païennes »  </p>
<p>     de l’Antiquité gréco-romaine : « descendre dans l’Hadès ».</p>
<p>17. Les prophéties affirmées par le Jésus des Évangiles et qui sont       manifestement fausses.</p>
<p>18. Il en est de même du jugement dernier, présent dans toutes les mythologies du bassin méditerranéen.</p>
<p>19. Hans Küng, <span style="text-decoration: underline;">Dieu existe-t-il?</span> Seuil, 1980, p. 808.</p>
<p>20. Il est amusant de voir les théologiens en particulier et les croyants en   général minimiser les passages franchement extravagants, scandaleux ou carrément absurdes des Évangiles, du Nouveau et de l’Ancien  Testament, qui sont censés avoir été inspirés par Dieu et écrits sous sa  dictée. L’excuse qu’ils donnent est aussi extravagante que leurs croyances : Dieu devait se conformer à l’esprit des hommes auxquels Il parlait. L’absurde n’a jamais fait reculer les croyants, bien au contraire. Ils  croient ce qui est absurde et, pour certains, parce que c’est absurde.  S’abaisser à des explications naturelles n’est pas leur fait. Douter? Vous n’y pensez pas! Se servir de sa raison? Quelle absurdité!</p>
<p>21. La croyance en la vie éternelle est à la base des grandes religions, et il   semble bien qu’une grande partie de l’humanité ne puisse se passer de cette croyance. Gibbon en fait l’une des cinq causes de la victoire finale de la religion chrétienne sur ses concurrentes, le mithraïsme et le gnosticisme entre autres, … quoique le glaive de Constantin et de bien d’autres empereurs chrétiens aient eu quelque part à cette victoire …; voir son <span style="text-decoration: underline;">The History of the Decline</span> <span style="text-decoration: underline;">and Fall of the Roman</span> <span style="text-decoration: underline;">Empire</span>, chapter XV.</p>
<p>22. <span style="text-decoration: underline;">Living Philosophies, a series of intimate credos,</span> World Publishing Company, chapter one : Albert Einstein, p. 6, 1943 (1930).</p>
<p>23. Will Durant, <span style="text-decoration: underline;">Story of Civilization,</span> Simon &amp; Schuster, <span style="text-decoration: underline;">vol. 1</span>, <span style="text-decoration: underline;">Our Oriental</span> <span style="text-decoration: underline;">Heritage,</span> 1963, (1935), chapter 22, and p. 618. &lt;<br />
</center"<br />
<em>Roger Léger</em></p>
<p><em>2003-2011</em></p>
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		<title>L’interculturalisme y est pour peu dans l’intégration &#8211; par Daniel Baril</title>
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		<pubDate>Sun, 29 May 2011 17:30:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[neutralité]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[sécularisme]]></category>
		<category><![CDATA[tolérance]]></category>

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		<description><![CDATA[La lettre suivante a été publiée en partie par le Devoir. En voici le texte original, avec permission de Tolerance.ca. Symposium international. L’interculturalisme y est pour peu dans l’intégration par Daniel Baril co-rédacteur de la Déclaration pour un Québec laïque et pluraliste 1. Inter et multiculturalisme Le Symposium international sur l’interculturalisme, une initiative lancée par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>La lettre suivante a été publiée en partie par le Devoir. En voici le texte original, avec permission de Tolerance.ca.</em></p>
<p><strong>Symposium international. L’interculturalisme y est pour peu dans l’intégration</strong><br />
 <a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2011/05/Baril_Daniel_32_M.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2443" title="Baril_Daniel_32_M" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2011/05/Baril_Daniel_32_M.jpg" alt="Baril_Daniel_32_M" width="85" height="92" /></a>par <strong>Daniel Baril</strong><br />
 co-rédacteur de la <strong>Déclaration pour un Québec laïque et pluraliste</strong></p>
<p><strong>1. Inter et multiculturalisme</strong></p>
<p><em>Le Symposium international sur l’interculturalisme, une initiative lancée par le sociologue Gérard Bouchard, se tient cette semaine à Montréal. L’évènement vise à faire ressortir la spécificité de l’interculturalisme comme modèle d’intégration.</em></p>
<p>Selon un texte(1) de Gérard Bouchard publié en marge de ce symposium, l’interculturalisme est différent du multiculturalisme tel que pratiqué au Canada et en Europe. Mais le professeur éprouve beaucoup de difficulté à établir une distinction nette entre les deux notions.<br />
 La principale différence serait que le multiculturalisme canadien ne tient pas compte de l&#8217;existence d&#8217;une culture majoritaire au Canada alors que l’interculturalisme québécois cherche à protéger le fait français au Québec.<br />
 Cette différence est conjoncturelle et non conceptuelle; elle est déterminée par la situation fortement majoritaire de l&#8217;anglais au Canada qui n’a pas besoin de protection particulière alors que le français au Québec nécessite des mesures protectionnistes.<br />
 Pour le reste, la gestion du pluralisme est la même. Gérard Bouchard reconnaît d’ailleurs que le multiculturalisme canadien a dû, à partir des années 1990, «faire plus de place aux notions d’interactions, d’échanges interculturels et de valeurs canadiennes» afin de développer une identité nationale. Pourtant, ce sont là des préoccupations proprement interculturalistes, soutient-il ailleurs. La confusion existant entre les deux notions serait due à son avis au fait que les gouvernements successifs à Québec «n’ont pas suffisamment aligné leurs politiques sur le modèle interculturaliste». En quoi ont-ils erré et qu’auraient-ils donc dû faire? L&#8217;auteur ne nous le dit pas.<br />
 Si le propre de l&#8217;interculturalisme est l&#8217;affirmation d&#8217;une culture majoritaire, on pourrait donc croire que c&#8217;est ce qui se pratique dans les pays pluralistes qui accordent les mêmes droits à tous tout en se souciant de préserver la culture majoritaire, comme le font les pays démocratiques et républicains. Gérard Bouchard se demande d&#8217;ailleurs s&#8217;il n&#8217;y a pas, dans l’interculturalisme, une influence républicaine française.<br />
 Mais il rejette l&#8217;approche républicaine. «L’interculturalisme, écrit-il, se distingue de certains régimes républicains qui, directement ou non, sous prétexte d’universalisme, octroient une préséance systématique, a priori, à ce que j’appelle la culture majoritaire ou fondatrice».<br />
 L&#8217;interculturalisme accepte donc la culture majoritaire mais à condition qu&#8217;elle ne s&#8217;exprime pas trop fortement. Les cultures qui s&#8217;imposent commettent à son avis un «abus de pouvoir»! Son interculturalisme est à ce point aseptisé qu&#8217;il ne fait qu&#8217;«inviter à reconnaître certains éléments de préséance ad hoc (ou contextuelle) à la culture majoritaire».</p>
<p><strong>1.2 Au Canada et ailleurs</strong><br />
 Si l’interculturalisme québécois se distingue du multiculturalisme canadien, comment est-il perçu dans le reste du Canada? Tout montre que les multiculturalistes canadiens n’on rien remarqué de particulier du côté de la «société distincte».<br />
 L’un des principaux théoriciens du multiculturalisme, Will Kymlicka, professeur à l’Université Queen’s à Kingston en Ontario, a dirigé, pour le compte du ministère canadien de l’Immigration et de la Citoyenneté, une vaste étude sur l&#8217;État actuel du multiculturalisme au Canada, 2008-2010. L’un des six rapports du groupe d’étude concernait le Québec mais on ne retrouve, dans le rapport synthèse, aucune trace du soi-disant caractère particulier de l’interculturalisme québécois; le mot n’y figure même pas !<br />
 Autrement dit, l’interculturalisme québécois est perçu, à l’extérieur du Québec, ni plus ni moins que comme du multiculturalisme.<br />
 Plusieurs multiculturalistes canadiens soutiennent par ailleurs que l&#8217;approche canadienne est différente du multiculturalisme tel que pratiqué en Angleterre, en Allemagne et aux Pays-Bas où le modèle a conduit à l’isolement culturel des communautés. Les pays européens seraient-il donc plus généreux culturellement à l’endroit des minorités que ne l’est le Canada? Rien ne semble le démontrer.<br />
 Dans une critique d’un ouvrage de Will Kymlicka (Multicultural Odysseys, 2007), l’ex-éditeur du magazine britannique d’actualité politique Prospect, David Goodhart, n’observe aucune différence entre la philosophie multiculturaliste canadienne et celle de l’Angleterre et reproche à toutes les deux de nier l&#8217;existence d&#8217;une culture politique dominante(2).<br />
 De l’extérieur du Canada, le multiculturalisme canadien est perçu comme du multiculturalisme tout court. Kymlicka lui-même reconnaît qu’il est impossible de démontrer que le multiculturalisme est une réussite dans les pays développés. L’un des problèmes est que cette approche, dans sa forme légère, se confond avec toute gestion démocratique du pluralisme. Pour démontrer l’amélioration du sort des immigrants au Canada, Kymlicka doit s’en remettre aux politiques de respect des droits humains, politiques qu’il semble voir comme un produit du multiculturalisme. Dans son rapport au ministère de l&#8217;Immigration, Kymlicka attribuent tous les cas positifs d’intégration au multiculturalisme et tous les exemples négatifs sont présentés comme des faits isolés qu’il faut éviter de généraliser. Or, souligne David Goodhart, aucun pays démocratique n’a attendu les réflexions postmodernistes des multiculturalistes pour accorder les mêmes droits à tous. Selon l’observateur britannique, la réussite du modèle canadien tient au fait que le Canada est plus sélectif dans sa politique d’immigration que ne l’est l’Angleterre et les Pays-Bas. Au Canada, les immigrants sont sélectionnés en fonction de leur capacité à intégrer le marché du travail alors que le flot migratoire en Europe est constitué d’une population plus désavantagée économiquement.<br />
 Le succès de l’intégration des immigrants aurait donc peu à voir avec la philosophie multiculturelle et aurait tout à voir avec les politiques d’immigration. L’inter et le multiculturalisme apparaissent comme des discours construits à postériori de la définition d&#8217;objectifs sociopolitiques à mettre en oeuvre et visant à présenter ces objectifs dans un langage politiquement acceptable à la société ambiante.<br />
 <strong></strong></p>
<p><strong>2. Accommodements religieux et intégration</strong></p>
<p><strong>2.1 Les liens symboliques</strong><br />
 L&#8217;inter et le multiculturalisme ont encore ceci en commun : l’une ou l’autre appellation conduit à rejeter la laïcité de l’État qui, aux yeux des multiculturalistes, est un obstacle à l’égalité des droits et à l’intégration des minorités. De cette idée tordue découle la notion de «laïcité ouverte» et son corolaire qui est la pratique des accommodements religieux.<br />
 Dans cette notion, ce n&#8217;est pas la laïcité qui est «ouverte« mais l&#8217;État qui s&#8217;ouvre à l&#8217;introduction du religieux dans son domaine. La «laïcité ouverte» laisse donc passer ce qu&#8217;elle est sensée tenir à l&#8217;écart de l&#8217;État; c&#8217;est une laïcité chimérique. Gérard Bouchard n&#8217;emploie pas l&#8217;expression mais épouse le concept. Le sociologue considère par ailleurs que la pratique des accommodements est différente au Québec de ce qu&#8217;elle est en contexte multiculturaliste. Il en donne comme exemple le port du hidjab en classe qui serait motivée, selon lui, par un souci d’intégration : en autorisant le hidjab, la jeune musulmane peut fréquenter l’école publique et ainsi «s’ouvrir plus aisément aux valeurs de la société québécoise».<br />
 Pourtant, un tel argument sociologique n’est jamais pris en compte par les tribunaux ni par la Commission des droits et libertés de la personne. La notion d’accommodement raisonnable est un concept purement juridique et les tribunaux refusent de discuter de cohésion sociale. L’idée que l’intégration est favorisée par ce genre d&#8217;accommodement est très discutable. Peut-on croire que l’autorisation du port du kirpan à l’école, en dépit des règlements de sécurité, a favorisé l’intégration des sikhs ? Peut-on croire que l’établissement d’un érouv à Outremont, en dépit des règles d’usage de l’espace public, a favorisé l’intégration des hassidim ? Peut-on penser que le port du hidjab, et la division des sexes qui vient avec lui, va faciliter l&#8217;intégration des musulmanes ?<br />
 Selon la définition qu&#8217;en donne Gérard Bouchard, l&#8217;intégration désigne «l’ensemble des mécanismes et processus d’articulation (ou d’insertion) grâce auxquels se constitue le lien social, cimenté par des fondements symboliques et fonctionnels». Comment parler de «lien social cimenté par des fondements symboliques et fonctionnels» lorsqu’on ne partage pas la même notion symbolique et fonctionnelle du lien entre l’État et la religion ?<br />
 Comment développer une société cohésive lorsque, pour une part importante de ses membres, c&#8217;est l&#8217;identité religieuse ou tribale qui prédomine en lieux et place d&#8217;identité nationale ? Dans ce contexte, tout accommodement religieux dérogeant aux règles communes ne peut que renforcer l&#8217;idée que la religion est au-dessus de tout et que cette appartenance est donc celle qui doit prédominer.</p>
<p><strong>2.2 Le port de symboles religieux</strong><br />
 Le port de signes religieux dans la fonction publique est une pratique particulièrement problématique de l&#8217;accommodement. Gérard Bouchard reconnaît que ces signes devraient être interdits aux «agents qui incarnent au premier chef la neutralité de l’État et son autonomie par rapport à la religion» et aux «agents dotés d’un pouvoir de coercition». Pourquoi uniquement à ceux-là ? Pourquoi aux juges et pas aux ministres? Pourquoi aux policiers et pas aux enseignants ?<br />
 La neutralité de l&#8217;État s&#8217;exprime par la neutralité de l&#8217;image donnée par ses représentants; c&#8217;est par eux que passe le message que tous les citoyens sont traités de la même façon quel que soit leur sexe, leur religion ou leur appartenance ethnique. Ceux qui choisissent d&#8217;être des agents de l&#8217;État choisissent d&#8217;accepter ce message et son exigence. L&#8217;autorisation du port de signes religieux ostensibles pour certaines religions favorise la visibilité et le prosélytisme implicite de ceux qui s&#8217;imposent ce genre d&#8217;ostentation; il en résulte un effet d&#8217;entraînement conduisant les autres à afficher leurs convictions de façon tout aussi ostensible. C&#8217;est exactement ce qui se produit dans le cas de la prière municipale à Saguenay: le maire de la ville, Jean Tremblay, justifie la récitation de sa prière par le fait que des accommodements ostentatoires sont consentis aux autres religions que la sienne.</p>
<p><strong>2.3 Intégration économique</strong><br />
 À un niveau plus pratique, l&#8217;intégration réfère à la capacité de s&#8217;insérer sur le marché du travail. Pour les défenseurs de la «laïcité ouverte», le droit de porter des signes religieux est essentiel à cet objectif. Non seulement cette idée reçue n&#8217;a jamais été ni chiffrée ni démontrée, mais une étude du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (3) tend à l&#8217;infirmer.<br />
 L&#8217;étude montre que le taux de chômage est plus du double chez les immigrants du Québec que chez les natifs d&#8217;ici alors qu&#8217;il n&#8217;est que de 1,8%de plus en Ontario et de 0,7% de plus en Colombie-Britannique. Le principal facteur explicatif, selon les auteurs, n&#8217;est ni la langue ni la diplômation: le taux d&#8217;emploi est en effet plus faible chez les francophones du Maghreb (64%) que chez les allophones provenant de l&#8217;Amérique latine (70%), de l&#8217;Asie du Sud-Est (74,5%) et du reste de l&#8217;Afrique (70%). L&#8217;explication serait dans des habitudes culturelles empreintes d&#8217;attentisme et de division traditionnelle des rôles chez une partie de l&#8217;immigration québécoise.<br />
 L&#8217;hypothèse culturelle est renforcée par le taux d&#8217;emploi chez les femmes immigrantes qui est de 64 %au Québec contre 71 %en Ontario et en Colombie-Britannique, une autre différence que les chercheurs attribuent potentiellement à des facteurs culturels et religieux incitant les femmes à demeurer à la maison.<br />
 Si cette hypothèse était confirmée, cela signifierait que la sélection d&#8217;une clientèle immigrante francophone n&#8217;est pas en soit un gage de meilleure intégration lorsque la culture ou la religion de ces nouveaux arrivants constitue un frein à leur accession au marché du travail. Dans un tel contexte, la concession d&#8217;accommodements religieux et culturels ne peut que contribuer à maintenir et même consolider ces facteurs d&#8217;exclusion.<br />
 Si l&#8217;on veut privilégier une immigration francophone, il faudra des mesures d&#8217;intégration plus fortes que la simple «invitation à reconnaître certains éléments de la culture majoritaire» que propose Gérard Bouchard. Il faudra oser ce qu&#8217;il appelle «un abus de pouvoir».</p>
<p>Au nom même de l&#8217;interculturalisme, on peut donc arriver à une position opposée à celle de Gérard Bouchard en matière de laïcité et d&#8217;accommodements religieux. C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce que démontre le récent avis du Conseil du statut de la femme – Affirmer la laïcité – qui, en se fondant sur l&#8217;interculturalisme, conclut à la nécessité d&#8217;interdire les signes religieux dans la fonction publique. Non seulement le CSF soutient que cette mesure ne freinerait pas l&#8217;insertion des immigrantes et des immigrants sur le marché du travail mais il estime qu&#8217;elle briserait l&#8217;exclusion sociale dont sont victimes certains nouveaux arrivants.<br />
 La séparation entre le religieux et l&#8217;État est l&#8217;un des grands acquis de la modernité qui doit être réaffirmé et consolidé face à ceux qui veulent subordonner l’État à la religion. La laïcité franche et sans compromis doit être un principe non négociable dans le processus d&#8217;intégration.<br />
 <strong></strong></p>
<p><strong>Notes</strong><br />
 1 «Qu’est-ce que l’interculturalisme?», Université McGill, Revue de droit, 56 (2) et site du symposium.<br />
 2 David Goodhart, «Has Multiculturalism Had Its Day?», Literary Review of Canada, avril 2008, p. 3-4.<br />
 3 «Immigration au Québec: politiques et intégration au marché du travail», Brahim Boudarbat et Maude Boulet, CIRANO, avril 2010. <br />
 27 mai 2011<br />
 © 2011 Tolerance.ca® Inc. Tous droits de reproduction réservés.</p>
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		<title>Conférence de Daniel Baril &#8211; Religion: adaptation ou épiphénomène?</title>
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		<pubDate>Tue, 10 May 2011 03:44:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Pion</dc:creator>
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		<title>Texte de M. Robert Senet à la Commission du Québec sur le droit de mourir dans la dignité</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Feb 2011 03:06:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Pion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>

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		<description><![CDATA[LA LIBERTÉ ET LE DROIT DE MOURIR. A quoi ça sert de vivre? Quelle est la raison d’être, comme dit la chanson? Peut-on imposer à quelqu’un de continuer à vivre malgré une souffrance intolérable pour lui ou elle? Voilà ,selon moi, les questions de fond que suscite la démarche de votre commission. Quel est le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1>LA LIBERTÉ ET LE DROIT DE MOURIR.</h1>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong>A quoi ça sert de vivre?</strong> Quelle est la raison d’être, comme dit la chanson? Peut-on imposer<strong> </strong>à quelqu’un de continuer à vivre malgré une <strong>souffrance intolérable</strong> pour lui ou elle? Voilà ,selon moi, les questions de fond que suscite la démarche de votre commission.</p>
<p><strong>Quel est le sens de la vie, l ère question</strong>. Dans une perspective humaniste, athée, perspective qui est la mienne, il n’y a pas d’autre vie ou forme d’existence après la mort. Il n’y a pas d’au-delà, d’après, de réincarnation. Il faut donc que la vie, son prolongement sinon son étirement dans le temps trouve un sens sur cette terre. Qu’elle trouve un sens pour l’individu, pour cette personne unique qui s’approche de la mort après son passage sur terre. Individu qui peut certes avoir plusieurs attaches à la vie : des amours, des passions, des hobbys, des divertissements, des moments de plaisir, de bonheur. Mais individu que la mort peut attirer parce qu’elle signifie la fin de la souffrance.</p>
<p>Il faut donc rechercher <strong>l’intention profonde de la personne</strong> et respecter son autonomie lorsqu’elle formule une intention de mourir réfléchie,  ferme et durable.  Je suis pour ma part pour une conception large de l’expression « douleur intolérable ». C’est la personne elle-même qui est la mieux placée pour savoir ce qu’elle peut endurer.</p>
<p>Il n’y a <strong>rien qui se tranche au couteau dans cette perspective</strong>. Je ne veux pas non plus minimiser ou ne pas voir les difficultés d’application que va poser la recherche de la volonté de mourir ou pas dans le cas de personnes souffrant de maladies importantes et incapacitantes, de personnes déficientes. Mais cela n’est pas une raison pour ne pas poser le bon principe à la base de notre philosophie en cette matière.</p>
<p><strong>La priorité est accordée à la volonté individuelle</strong>, ce qui va à l’encontre du  diktat quasi-religieux du caractère sacré de la vie. Conception qui, j’en ai bien peur, est encore prédominante dans notre société. Et pourtant,  la vie n’est pas un absolu, la vie à tout prix , non merci. Si l’expression « caractère sacré » signifie que l’on ne peut pas toucher à la vie, alors je dis non, je dis que la vie n’est pas sur un piédestal, sur un autel, ce n’est pas un veau d’or que l’on adore laïquement.</p>
<p>Je soutiens que l’on ne doit pas maintenir quelqu’un en vie , contre son gré, contre sa volonté ferme et réfléchie. Dans les 2 exemples de Mme Johnson et de M. Leclerc proposés dans le document de consultation de cette commission, il faudrait donner suite à leur volonté de mourir et que le médecin prescrive une dose létale quelconque pour en finir avec la souffrance.</p>
<p><strong>Quand la douleur l’emporte sur le plaisir</strong>, il n’y a pas en principe de raison de continuer. Sinon, quel est le sens que la personne peut trouver dans cette souffrance? En quoi peut-il être bon de souffrir? Je n’arrive pas à trouver une seule bonne raison sinon un sentiment de fatalité, d’impuissance qui évoque une motivation masochiste qui trouverait du plaisir à souffrir.</p>
<p>Contre cette vision humaniste de la liberté et du droit de mourir, <strong>se dressent</strong> <strong>bien sûr les différentes religions  qui ont créé un « au-delà ».</strong> Bien sûr, à partir de cette base, la perspective sur le maintien de la vie change complètement. Parce que, à partir du moment où il y a un Dieu, une divinité quelconque, ce n’est plus l’individu qui décide de sa vie, mais c’est Dieu qui donne et retire la vie. De plus, la vie sur terre est souvent considérée comme l’antichambre du ciel, une vallée de larmes qu’il faut traverser pour arriver à la Terre promise. Donc, on reste en vie, parce que l’on subit la volonté de Dieu. On ne se rebelle pas.</p>
<p><strong>Souffre, mon boy! Tu es en train d’acheter ton ciel</strong>.</p>
<p>Il va sans dire que je préfère vivre et mourir suivant ma philosophie, qui est à mon sens plus à l’écoute des désirs profonds de l’individu et plus compatissante.</p>
<p><strong>Sur le choix des moyens et la participation de tierces personnes</strong>, je ne pense qu’il y ait lieu de faire une différence dans les principes de base, suivant qu’une tierce personne joue un rôle plus ou moins actif. Cette tierce personne aurait le droit de poser un geste pour aider quelqu’un à mourir, en autant que cette tierce personne, médecin ou autre, s’est assurée du caractère ferme, réfléchie et durable de la décision de la personne qui veut en finir.</p>
<p>J’ajouterai en terminant que la vie n’est pas une partie de plaisir pour bien des gens. Pour beaucoup, ça demande du courage  de vivre, de continuer, de trouver un sens à ce très court passage sur terre.  Il y en a qui ont mal physiquement . Pour d’autres, c’est moral : déprime sinon dépression , solitude, ennui, pertes de fonctions diverses sur le plan mental etc. La vie n’a plus de goût à un moment donné, plus de saveur. La personne se lève le matin et se dit : dis-moi pas que je suis encore vivant.</p>
<p><strong>En résumé</strong>, je souhaite que la commission adopte une conception large du droit de mourir en présence d’une douleur intolérable , conception qui ferait droit à cette volonté d’une partie importante de la population québécoise qui est athée. L’affirmation de ce principe de la liberté de mourir  n’empêcherait nullement les religieux de maintenir la vie suivant leurs croyances . Tous, athées et religieux seraient respectés et confortables.</p>
<p>ROBERT SENET        </p>
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		<title>Mémoire de M. Max Bauchet à la Commission sur le droit de mourir dans la dignité</title>
		<link>http://assohum.org/2011/02/memoire-de-max-bauchet-a-la-commission-sur-la-question-de-mourir-dans-la-dignite/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Feb 2011 02:52:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Pion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>

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		<description><![CDATA[Si vous préféerz écouter l&#8217;audio de la présentation du mémoire de M. Bauchet, vous pouvez le faire en suiavnt ce lien: http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/AudioVideo-34581.html MÉMOIRE  DE  MAX  BAUCHET  À  LA  COMMISSION  SUR  LA  QUESTION  DE  MOURIR  DANS  LA  DIGNITÉ Mesdames, messieurs,  Mon nom est Max Bauchet, retraité et résident de Deux-Montagnes. J’ai 80 ans, et le sujet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous préféerz écouter l&#8217;audio de la présentation du mémoire de M. Bauchet, vous pouvez le faire en suiavnt ce lien:</p>
<p><a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/AudioVideo-34581.html">http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/AudioVideo-34581.html</a></p>
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<p align="center"><strong>MÉMOIRE  DE  MAX  BAUCHET  À  LA  COMMISSION  SUR  LA  QUESTION  DE  MOURIR  DANS  LA  DIGNITÉ</strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Mesdames, messieurs,</p>
<p> Mon nom est Max Bauchet, retraité et résident de Deux-Montagnes. J’ai 80 ans, et le sujet débattu par la commission risque bien sûr de me concerner, à plus ou moins court terme.</p>
<p>    J’ai suivi occasionnellement les débats de cette commission, et j’en suis arrivé à la conclusion que tous les arguments pour et contre un changement à la législation actuelle ont été largement exposés ; c&#8217;est pourquoi j’avais un temps envisagé d’abandonner mon idée de venir témoigner.</p>
<p>    Cependant, parmi les divers points de ce débat, il m’est apparu que l’un d’entre eux avait été, non pas ignoré, mais insuffisamment traité, peut-être par crainte que ce ne soit pas jugé politiquement correct,<strong> </strong>alors que c&#8217;est celui qui me paraît être présentement au cœur du débat actuel.</p>
<p>     Il s&#8217;agit des motivations réelles du refus, plus ou moins explicite, par ceux qui ont choisi de remettre leur vie, et leur mort, entre les mains d’un dogme religieux, de reconnaître à ceux qui ne partagent pas leurs croyances le droit de faire un choix différent, à partir d’autres critères. J’ai donc choisi de limiter mon intervention à ce point, d’autant plus qu’il s’agit à mon sens du principal et véritable obstacle à une reconnaissance du droit de mourir dans la dignité, à tout le moins au Québec.</p>
<p>     À titre d’humaniste, je suis en faveur de laisser à chaque citoyen lucide le droit de choisir de quelle manière il veut mourir, à tout le moins parmi les choix qui s’offrent médicalement à lui. Quelqu’un a dit qu&#8217;il était très difficile de trouver le bonheur en soi, mais de toute manière impossible de le trouver ailleurs ; il me semble que c&#8217;est tout aussi vrai pour la mort : personne ne peut prétendre savoir mieux que chaque individu ce qu&#8217;il souffre, ce qu’il pense, et quelles sont les valeurs auxquelles il veut se référer pour déterminer ses choix de mort, comme auparavant ses choix de vie.</p>
<p>     Je commencerai par bien préciser que je reconnais, et de bonne grâce, à ceux qui en font le choix, le droit de mourir selon les préceptes d’une religion, de leur religion. Et je crois pouvoir affirmer que tous ceux qui comme moi militent en faveur d’un libre choix face à la mort font preuve de la même tolérance envers les autres.</p>
<p>     Par contre, ce qui me surprend le plus, c’est de constater que ceux qui s’opposent au libre choix face à la mort ne font ainsi pas preuve de la même tolérance envers les autres. Et force m’est de constater qu&#8217;il s&#8217;agit presque toujours des mêmes qui se sont naguère opposés aux diverses évolutions sociales de nos sociétés occidentales, tels l&#8217;égalité homme-femme, le droit au divorce, la contraception, les interruptions de grossesses non désirées, et la laïcité des institutions. Et que c’est presque toujours pour des raisons religieuses, même lorsqu&#8217;elles sont diluées dans d&#8217;autres arguments, d&#8217;autres prétextes.</p>
<p>     Cette intolérance est d’autant moins compréhensible<em> </em>que dans le débat qui nous occupe il n’est nullement question de<em> </em>remplacer un choix par un autre, mais tout simplement d’ajouter quelque chose à ce qui existe déjà, de donner un choix à ceux que les pratiques actuelles ne satisfont pas, sans enlever quoi que ce soit aux choix existants.</p>
<p>     Bien sûr, libre à qui le veut de croire qu’un dieu supposément infiniment bon puisse exiger de ses propres créatures qu’elles finissent leur vie ici bas dans la déchéance physique et mentale et/ou dans des souffrances parfois atroces, tant pour elles-mêmes que pour leurs proches. Mais  pourquoi vouloir imposer cette croyance aux autres ?</p>
<p>     Il paraît que c’est au nom d’un commandement : «Tu ne tueras point». Il est bien dommage que cet admirable commandement se soit révélé si peu sacré pendant les croisades, pendant les innombrables guerres de religion, et qu’il n’ait pas davantage inspiré la très sainte inquisition, au cours desquelles incidemment la charité chrétienne ne s’est pas révélée plus charitable que celle des autres… mais il faut croire que c’était pour une bonne cause, et qu’une mort décente n’en est pas une…</p>
<p>     Au nom de quel principe les adeptes des diverses religions prétendent-ils refuser aux autres une liberté de choix qu’ils exigent pour eux ? Que diraient les croyants, puisque ce sont eux qui s&#8217;opposent avec le plus de vigueur à toute évolution dans le débat qui nous occupe, si une société laïque leur enlevait le droit de mourir selon les dogmes de leur religions ?</p>
<p>     En fait, je soupçonne qu’une partie de l’explication est que les croyants n’acceptent pas que d’autres puissent bénéficier d’avantages qui leur seraient interdits, au nom d’une justice dont ils sont les seuls à voir la logique. À moins que ce soit pour le salut de nos âmes, auquel cas je suggérerai à chacun de ces opposants de se consacrer exclusivement au salut de sa seule âme, ce qui est déjà tout un programme, et pour lequel chacun d’entre nous n’a pas trop de toutes ses compétences et capacités.</p>
<p>     De plus, je déplore que les opposants en question n&#8217;ai souvent pas le courage de combattre à visage découvert, de revendiquer qu&#8217;il s&#8217;opposent à tout ce qui leur paraît contraire à la lettre des dogmes de leur religion. Pour eux, il est préférable de mourir pitoyablement mais selon le dogme que de mourir dans la dignité contre le dogme, un peu comme le pitoyable docteur Diafoirus du Malade imaginaire de Molière, qui affirmait que «Il vaut mieux mourir selon les règles que guérir contre les règles».</p>
<p>     Comment ne pas comprendre que le droit de mourir dans la dignité inclut nécessairement le droit de ne plus être contraint de mourir dans l’indignité, c’est-à-dire dans la souffrance et la déchéance physique, voire mentale, surtout lorsque d’autres choix sont disponibles ?</p>
<p>     Nous avons de multiples exemples où une mort cruelle peut effacer la satisfaction d’avoir eu une vie globalement réussie. Dès les débuts de la philosophie, il y a quelque 25 siècles, Solon l’avait déjà compris, comme en témoigne ce qu’il répondit à Crésus qui lui demandait «Quel est l&#8217;homme le plus heureux que vous ayez connu ?» Il lui répondit, je cite : «L&#8217;homme qui connaît une belle mort est l&#8217;homme que vous cherchez. Les biens sur cette terre sont aussi éphémères que la vie elle-même. Le critère ultime d&#8217;une vie heureuse, c&#8217;est la qualité de la mort qu&#8217;elle soit glorieuse au combat ou sereine après une longue vie». Fin de la citation.</p>
<p>     Il y a plus de vingt siècles, un penseur célèbre, Cicéron, avait déjà tout compris de ce dont nous débattons encore en ce début du XXIe siècle ; je le cite : « Si les douleurs sont supportables, endurons-les ; sinon quittons la vie, si elle nous déplaît, comme en un théâtre. » Et il y a vingt-quatre siècles, Diogène répondit à un grabataire qui, se déplaçant sur une civière, le saluait : «Point de salut à toi, qui accepte de vivre en cet état», et qui s&#8217;enleva la vie peu après. </p>
<p>  Parmi bien d’autres avis compétents et témoignages, je pourrais citer l’ancien secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjold : « Je crois que nous devons mourir avec décence, afin qu’au moins la décence survive. » décence étant pris ici clairement pris au sens de dignité ; le professeur Jean Lhermitte : « Il nous faut accepter la mort. Tout homme a le droit de mourir en paix et à son heure. Le respect de la vie passe d’abord par le respect de la mort. » ; ou encore le philosophe Nietzsche : « Mourir fièrement lorsqu’il n’est plus possible de vivre fièrement. »</p>
<p>     Nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre que lorsque la vie dans la dignité n’est plus possible, le moins mauvais choix est au moins une mort dans le plus de dignité possible, c’est-à-dire en évitant autant que possible les déchéances physiques et mentales, et la douleur, tant pour nous-même que pour nos proches.</p>
<p>     Quant à moi, quand je serai comme on dit à l’article de la mort, et tant que je serai lucide, je ne reconnaîtrai à personne, et pas plus aujourd’hui aux médecins que naguère aux curés, le droit de décider à ma place de quelle manière je vais terminer ma vie. Ceux qui comme moi se sont affranchis du magistère des curés n’ont pas l’intention de le remplacer par un magistère des médecins. Le médecin doit se borner à informer le patient sur son état, ainsi que sur les choix médicaux qui s’offrent à lui.</p>
<p>     Et pour le cas où je perdrais mes facultés mentales, c’est à moi seul de choisir auparavant la personne que je juge la plus compétente pour en décider pour moi, à partir de la volonté que je lui aurais exprimée, par écrit si possible, et des valeurs qu’elle me connaît ; ce que j’ai déjà fait il y a longtemps. Aucune loi ne changera rien à ma décision ; mais selon la loi, ma décision y sera conforme ou non.</p>
<p>     Ces diverses considérations m’ont amené à me demander jusqu’à quel point la société pluraliste, vers laquelle nous évoluons lentement mais irrésistiblement, devra nécessairement continuer d’accepter les idéologies intolérantes, dont nous savons qu’elles n’hésitent pas à imposer leurs dogmes aux autres citoyens dès qu’elles en ont la capacité. Inversement, les croyants devraient s’interroger, pendant qu’il en est encore temps, sur le danger que leur intolérance finisse par lasser la tolérance des autres.</p>
<p>   Mesdames, messieurs, je vous remercie de m’avoir écouté.</p>
<p>                                <em>MAX  BAUCHET    </em>       <a href="mailto:max_bauchet@hotmail.com">max_bauchet@hotmail.com</a> </p>
<p align="center"> </p>
<p align="center">PARTIE  LUE  DEVANT  LA  COMMISSION, </p>
<p align="center">À  SAINT-JÉRÔME,  LE  MARDI  15  FÉVRIER  2011</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Mesdames, messieurs. </p>
<p>     Mon nom est max bauchet, québécois d&#8217;adoption depuis quelque 58 ans, retraité, et résident de  deux-montagnes. J’ai 80 ans, et le sujet débattu par la commission risque donc de me concerner, à plus ou moins court terme.</p>
<p>    Comme j&#8217;ai appris trop tard que je devais envoyer mon court mémoire avant la  mi-juillet 2010, je ne peux en lire ici qu&#8217;environ la moitié pour respecter le temps qui m&#8217;est accordé. Mais j&#8217;aimerais remettre une copie de mon texte complet à tous les membres de la commission ; j&#8217;ai remis pour cela suffisamment de copies à madame Laplante.</p>
<p>    J’ai suivi occasionnellement les débats de cette commission, et j’en suis arrivé à la conclusion que tous les arguments pour et contre un changement à la législation actuelle ont été largement exposés ; c&#8217;est pourquoi j’avais un temps envisagé d’abandonner mon idée de venir  émoigner.</p>
<p>     Cependant, parmi les divers points de ce débat, il m’est apparu que l’un d’entre eux avait été, non pas ignoré, mais insuffisamment traité, peut-être par crainte que ce ne soit pas jugé politiquement correct, alors que c&#8217;est le point qui me paraît être présentement au cœur du débat actuel, le principal et véritable obstacle à une reconnaissance du droit de mourir dans la dignité, à  tout le moins au Québec. J’ai donc choisi de limiter mon intervention à ce point.</p>
<p>     Il s&#8217;agit des motivations réelles du refus, par ceux qui ont choisi de remettre leur vie, et leur mort, entre les mains d’un dogme religieux, de reconnaître à ceux qui ne partagent pas leurs croyances le droit de faire un choix différent, à partir d’autres valeurs, en l&#8217;occurrence les valeurs humanistes. </p>
<p>     Il n’est que trop évident de constater que nombre des opposants à tout changement sont de la même mouvance que ceux qui naguère se sont opposés aux diverses autres évolutions sociales, tels l&#8217;égalité homme-femme, le droit au divorce, la contraception, les interruptions de grossesses non désirées, et la laïcité des institutions. Et que c’est presque toujours pour des raisons religieuses, lors même qu&#8217;elles sont diluées dans d&#8217;autres arguments, d’autres prétextes.</p>
<p>     Bien sûr, libre à qui le veut de croire qu’un dieu supposément infiniment bon puisse trouver satisfaction à voir ses prétendues propres créatures finir leur vie ici bas dans la déchéance physique et mentale et dans des souffrances parfois atroces, tant pour elles-mêmes que pour leurs  proches. Mais  pourquoi vouloir imposer cette croyance aux autres ?</p>
<p>     Comment ne pas comprendre que le droit de mourir dans la dignité inclut nécessairement le droit de ne plus être contraint de vivre lorsque l&#8217;existence ne devient plus digne d&#8217;être vécue, dès lors que d’autres choix sont disponibles ?</p>
<p>     Il paraît que c’est au nom d’un commandement prétendument divin : «Tu ne tueras point». Il est bien dommage que cet admirable commandement se soit révélé si peu sacré pendant les croisades, pendant les innombrables guerres de religion, et qu’il n’ait pas davantage inspiré la très sainte inquisition. Mais il  faut croire que c’était pour une bonne cause, et qu’aujourd&#8217;hui une mort décente n’en est pas une…</p>
<p>     Cette intolérance est d’autant moins compréhensible que dans ce débat il n’est nullement question de<em> </em>remplacer un choix par un autre, mais tout simplement d’ajouter quelque chose à ce qui existe déjà, de donner un choix à ceux que les pratiques actuelles ne satisfont pas, sans enlever quoi que ce soit aux choix existants.</p>
<p>     En fait, je soupçonne qu’une partie de l’explication est que les opposants dont je parle n’acceptent pas, plus ou moins inconsciemment, que d’autres puissent bénéficier d’avantages qui  leur seraient interdits, au nom d’une justice dont ils sont assurément les seuls à voir la logique.</p>
<p>     Mesdames et messieurs, je vous remercie de m’avoir écouté.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>CLQ &#8211; Conférence de Wassyla Tamzali à l&#8217;UdM</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Oct 2010 13:30:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD humanistes]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
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		<description><![CDATA[Conférence de Wassyla Tamzali à l&#8217;Université de Montréal le 20 octobre 2010. Organisée par la Coalition Laïcité Québec Wassyla Tamzali est l&#8217;auteur de &#8220;Une femme en colère&#8221; [See post to watch Flash video] Le fil est très long (250MB)  et, dépendant du trafic,  il est possible que vous ne puissiez pas télécharger la totalité. La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Conférence de Wassyla Tamzali à l&#8217;Université de Montréal le 20 octobre 2010.</p>
<p>Organisée par la <a href="http://laicitequebec.wordpress.com/objectifs-de-la-clq/">Coalition Laïcité Québec</a></p>
<p>Wassyla Tamzali est l&#8217;auteur de &#8220;Une femme en colère&#8221;</p>
[See post to watch Flash video]
<p>Le fil est très long (250MB)  et, dépendant du trafic,  il est possible que vous ne puissiez pas télécharger la totalité.</p>
<p>La conférence existe aussi en DVD -<a href="http://assohum.org/en-vente/dvd/conference-de-wassyla-tamzali-a-ludm/">Voir dans la boutique de l&#8217;AHQ sur ce site</a>.</p>
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		<title>Commentaires sur l&#8217;allocution de Marc Ouellet, primat du Canada</title>
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		<pubDate>Sun, 16 May 2010 15:31:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Bioethique]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA["Marc Ouellet"]]></category>
		<category><![CDATA[avortement]]></category>
		<category><![CDATA[blastocyste]]></category>
		<category><![CDATA[Catholique]]></category>
		<category><![CDATA[euthanasie]]></category>
		<category><![CDATA[Ouellet]]></category>
		<category><![CDATA[primat]]></category>

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		<description><![CDATA[La réalité, fort simple, c’est qu’il n’existe pas de support physique à une prétendue « personnalité » de l’embryon. Les cellules indifférenciées du blastocyste n’ont pas plus de « personnalité », ou de « spiritualité » si on veut utiliser ce terme, que celles que l’individu perdra régulièrement au cours de sa vie et qui, elles aussi, auront exactement le même capital génétique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Commentaires sur l’<strong>allocution du Primat de l’Église canadienne aux médecins catholiques </strong>publiée le 5 mai 2010 sur le site « enlignetoi.com », portail catholique et œcuménique d’information.</p>
<p><a href="http://www.toujoursenligne.com/27337-allocution-du-primat-de-lEglise-canadienne-aux-medecins-catholiques">http://www.toujoursenligne.com/27337-allocution-du-primat-de-lEglise-canadienne-aux-medecins-catholiques</a></p>
<p>Marc Ouellet, cardinal, archevêque de Québec et Primat du Canada, est certainement autorisé à parler au nom de l’Église catholique. Son allocution est donc clairement un énoncé de position « officielle » sur, principalement, deux sujets de bioéthique. M. Ouellet reprend les positions connues de l’Église sur l’avortement et sur l’euthanasie.</p>
<p>Pour les humanistes athées dont je me réclame, le document présente surtout un échantillonnage intéressant des arguments utilisés par le haut clergé catholique pour justifier sa vision misogyne, morbide et infantilisante des humains. Les procédés utilisés ne sont pas à l’honneur d’une religion qui prétend être dépositaire du Bien et du Vrai. Je me contenterai de passer en revue les principaux sophismes de cette allocution en laissant de coté toute la rhétorique purement religieuse. Nous ne parlerons donc pas de Dieu, dont je ne sais objectivement rien, mais de ce que nous savons réellement des êtres humains aujourd’hui et non à l’époque de Saint Thomas d’Aquin (1224-1274).</p>
<p><strong>1) L&#8217;affirmation contraire aux faits connus (de tous ceux qui se donnent la peine de lire…).</strong></p>
<p>«<em> … la Bible interdit toute décision unilatérale du coté humain visant à supprimer la vie d’autrui, où à l’abréger, ou bien à porter atteinte à sa propre vie, car aucun être humain n’est l’arbitre ultime de la vie. </em>» Marc Ouellet.</p>
<p>Dommage, cher Monsieur Ouellet, mais il vous faudra repasser votre examen d’Histoire Sainte en collant d’un peu plus près au texte de la Bible. Vous devriez savoir que la Bible, c’est à dire l’Ancien Testament et le Nouveau Testament, regorge d’injonctions violentes et de massacres présentés comme des modèles de conduite. Normand Rousseau, Maître es Sciences religieuses, s’est donné la peine de relever les immoralités manifestes enseignées par la Bible et cela a donné un catalogue imposant : son livre, « La Bible immorale » pèse 564 pages. Parmi ces immoralités, ce ne sont pas les incitations au meurtre qui manquent. Juste un exemple parmi des dizaines : Moïse s’en prend aux Madianites « <em>Eh bien maintenant, tuez tous les garçons, de même que toutes les femmes qui ont été mariées. Mais vous pouvez garder pour vous toutes les filles encore vierges</em>. » (ref. Nb-31/17 &amp; 18). Si ça ce n’est pas <em>une décision unilatérale visant à supprimer la vie d’autrui</em>, et bien dites-nous ce que c’est, on est curieux de savoir.</p>
<p>Mais, soyons charitable, Monsieur Ouellet, trahi pas sa fougue épiscopale, a pu faire un lapsus et il aurait dit « Bible » en pensant seulement au « Nouveau Testament ». Cela suffirait-il à exonérer Monsieur Ouellet ?  Hélas, non!</p>
<p>S’il suffisait d’escamoter l’Ancien Testament pour se refaire une virginité, on peut présumer que l’Église romaine l’aurait fait depuis longtemps. Malheureusement, même si le personnage  de Jésus-Christ est une amélioration considérable sur ses prédécesseurs bibliques,  il reste encore beaucoup à faire avant que lui et ses acolytes soient des références pour des humains du XXIe siècle. Des exemples ? Saint Paul n’en est pas avare : « <em>Ils connaissent bien le jugement de Dieu : ceux qui se conduisent de cette manière méritent la mort.</em> » (Rom. 1/32). On appréciera en passant la « tolérance » de Saint Paul. « <em>Je vous l’ai dit et je le répète maintenant : si quelqu’un vous annonce une Bonne Nouvelle différente de celle que vous avez reçue, qu’il soit maudit </em>» (Gal. 1/9). Peut-être pensez-vous que « maudit » ce n’est pas si terrible. En fait il s’agit de la traduction française du mot grec anathèma. Or cet « anathèma » n’est pas une simple menace, dépendant du contexte, il peut s’agir bel et bien d’une injonction pour « détruire » ce qui est « maudit », tout comme les offrandes aux dieux qui devaient être détruites complètement, sans aucune possibilité de récupération. Or ce terme anathème figure 15 fois dans l’Ancien Testament et 5 fois dans le Nouveau<a href="#_edn1">[i]</a>. Sans aller plus loin, il est certain que la destruction d’une vie humaine en dehors de la tribu, pour l’Ancien Testament, ou en dehors du groupe des coreligionnaires, pour le Nouveau Testament, n’est nullement exclue. Le « Tu ne tueras point » reste éminemment sélectif et cela est confirmé par les interprétations qu’en ont fait les divers croisés et inquisiteurs au cours des âges qui ne se sont pas gênés pour massacrer au nom du livre saint.</p>
<p>Vouloir faire dire à la Bible le contraire de ce qu’elle dit trahit bien la faiblesse de la position de l&#8217;Église romaine aussi bien sur l’avortement que sur les diverses options relatives à l&#8217;euthanasie.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>2) la confusion érigée en principe</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>« <em>Le respect de la vie à toutes les phases de son développement apparaît comme le principe et le fondement de l’ordre moral de la société </em>» Marc Ouellet</p>
<p>A plusieurs endroits de son allocution, Marc Ouellet passe de la défense de la vie à la défense de la personne et vice-versa, les considérant apparemment comme une seule et même chose. Le respect de la vie du bacille de la peste n’inspirant pas une grande compassion chez la plupart des humains, je présume donc que Marc Ouellet veut dire respect de la vie humaine et non de toutes les formes du vivant.</p>
<p>Cependant, la personne et la vie humaine restent deux concepts suffisamment différents pour qu’on s’inquiète de cette imprécision aux conséquences potentiellement dramatiques. Tout d’abord, la notion de « dignité humaine » se conçoit en référence à la personne, pas nécessairement en référence à la vie humaine. Le débranchement de Terri Schiavo, en 2005, de son système artificiel de maintien en vie a illustré clairement cette différence. Un corps vivant mais où il n’y a manifestement plus « personne » ne peut prétendre à la dignité d’une personne, seulement à celle d’une enveloppe humaine vide, ce qui n’est pas du même ordre. Marc Ouellet entretient donc volontairement une confusion regrettable entre vie humaine et personne, ce qui obscurcit le débat.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>3) Le faux choix binaire (paralogisme du faux dilemme).</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Pour la dignité de la personne humaine, M. Ouellet ne distingue que deux possibilités de début d’existence, à la naissance ou à la conception. En reprenant la position vaticane de 1987, « <em>la dignité de la personne humaine est la même à toutes les phases de son développement </em>», il affirme donc haut et fort qu’un blastocyste (embryon à son tout début) fait de quelques cellules indifférenciées, sans capacité aucune de fonctionnement cérébral, devrait disposer de droits similaires à ceux d’un être humain vivant, conscient, pensant, souffrant et porteur d’un vécu. Pourtant, les législations occidentales sur l’avortement limitent généralement l’avortement sur simple demande aux seules 10 ou 12 premières semaines, alors que l’embryon n’a pas de capacité neuronale fonctionnelle. Or cet aspect des étapes intermédiaires du passage progressif de l’œuf fécondé au bébé viable est complètement évacué du discours de M. Ouellet qui, en forçant un choix binaire complètement artificiel, s’assure de faire oublier que, même au très libéral Québec, une interruption volontaire de grossesse (par opposition à une interruption médicale) n’est, en fait, pas disponible au troisième trimestre de grossesse.</p>
<p>M. Ouellet affirme sans sourciller que « <em>La réalité de l’être humain, tout au long de son existence, avant et après la naissance, ne permet d’affirmer ni un changement de nature ni une gradation de la valeur morale, car il possède une pleine qualification anthropologique et éthique. </em>». Plus loin il affirme « <em>Il est reconnu scientifiquement que l’être humain dispose <span style="text-decoration: underline;">dès sa conception d’un capital génétique unique et complet</span> qui va se développer dans une ligne de continuité et de croissance. La personne adulte qui a parcouru toutes les phases du développement humain est la même personne qui a commencé par être un organisme microscopique dans le sein maternel.</em> »</p>
<p>M. Ouellet entend jouer sur deux tableaux : celui de la permanence de la personne et sur celui de la continuité du capital génétique unique et complet, pour démontrer la valeur morale de l’embryon à t=0. Cependant ce raisonnement se heurte à des obstacles insurmontables.</p>
<p>D’abord, si la continuité du capital génétique est bien réelle, ce capital n’est pas forcément unique (cas des jumeaux identiques) et il n’est donc pas toujours possible de faire coïncider chaque personne avec un capital génétique unique. De plus cette continuité du capital génétique n&#8217;est pas garantie au tout début du développement (deux premières semaines). Deux blastocystes hétérozygotes, normalement destinés à produire des jumeaux fraternels (non identiques), peuvent fusionner et produire un seul embryon, tout à fait viable, qui sera de nature chimérique et possiblement avec un capital génétique issu de plus que de deux parents. Si la « personne » du blastocyste original est une réalité (M. Ouellet prend bien soin de ne pas parler « d’âme », ce qui est nouveau) on se demande bien ce qu’il advient de celle-ci au moment d’une division de blastocystes (cas des jumeaux identiques) ou au moment d’une fusion de deux blastocystes (cas de l’individu chimérique). Ces particularités de l&#8217;embryogenèse humaine excluent l’hypothèse d’une « personnalité » unique et inséparable de l&#8217;embryon dès la conception. La réalité, fort simple, c’est qu’il n’existe pas de support physique à une prétendue « personnalité » de l’embryon. Les cellules indifférenciées du blastocyste n’ont pas plus de « personnalité », ou de « spiritualité » si on veut utiliser ce terme, que celles que l’individu perdra régulièrement au cours de sa vie et qui, elles aussi, auront exactement le même capital génétique. Cette absence de support physique pour une « personne » se continue aussi à la période suivante du développement et c’est seulement après l’apparition de réseaux neuronaux fonctionnels qu’on pourrait parler d&#8217;une éventuelle personnalité pour un fœtus. C’est aussi pour cette raison que l’avortement sur demande les premiers trois mois d’une grossesse a fini par être considéré comme allant de soi dans la plupart des nations occidentales émancipées de leur église nationale. Un fœtus de moins de trois mois ne peut tout simplement pas être considéré comme une personne. Je concède que cela laisse les questions d’avortements tardifs en suspens et l’Église catholique aurait pu contribuer au débat sur les choix difficiles à faire dans ces cas réellement délicats si elle ne s’était pas d’abord totalement discréditée par une position intenable sur l’avortement en début de grossesse. La décision du Vatican de prohiber toute forme d’avortement volontaire ne peut pourtant pas s’appuyer sur aucun verset explicite dans tous les évangiles et cela malgré les prétentions des auteurs du site</p>
<p><a href="http://www.xn--vangile-9xa.com/versets-bibliques/avortement.html">http://www.xn--vangile-9xa.com/versets-bibliques/avortement.html</a></p>
<p>qui s’imaginent justifier cette prohibition avec des versets qui n’ont manifestement rien à voir avec l’avortement.</p>
<p><strong>4)  Imposer aux autres des souffrances inutiles</strong></p>
<p>« <em>Toutes ces considérations nous aident à comprendre l’exigence du respect de la vie à toutes les phases de son développement, de la conception à la sépulture. Elles justifient par conséquent qu’en fin de vie, on pratique des soins palliatifs de qualité au lieu d’éliminer les patients qui souffrent, <span style="text-decoration: underline;">car ils peuvent continuer à grandir jusque dans l’extrême faiblesse</span></em><em>.</em> » Marc Ouellet.</p>
<p>Il faut le voir écrit pour le croire. On se demande quel genre de croissance Marc Ouellet avait en tête lorsqu’il écrit la dernière phrase ci-dessus. La croissance des plaques amyloïdes des patients affligés de la maladie d’Alzheimer ? En phase terminale, ces patients cessent de répondre à tout stimulus : leur système nerveux a cessé de fonctionner. Y-a-t-il encore une « personne » à bord ? Difficile de répondre mais il existe une grande diversité de cas de figure en fin de vie et établir, a priori, que l’on ne doit jamais intervenir et cela dans tous les cas, c’est se condamner soi-même à une forme de  cruauté. Là aussi, on aurait pu espérer une position réellement basée sur la compassion et non sur un dogmatisme affolant. Bien sûr que les soins palliatifs doivent être de qualité. Personne, absolument personne n’a jamais demandé qu’ils soient revus à la baisse. Là où le suicide assisté est disponible, on a constaté qu’une infime minorité des patients en phase terminale s’en prévalait. On n’a pas constaté non plus une augmentation des crimes autour de ces cas non plus qu’une augmentation des suicides dans la population en général.</p>
<p>Si Marc Ouellet se retrouve jamais comme patient aux soins palliatifs, avec des douleurs abominables et incontrôlables, je ne lui souhaite pas de se faire soigner par des médecins catholiques strictement adeptes de sa théorie : je ne serai pas assez cruel pour lui demander s’il se sentira « grandi » par l’expérience. Si Marc Ouellet désire souffrir jusqu’au bout de son agonie, je lui en laisse volontiers le loisir mais qu’il ne vienne pas me dire qu’il m’interdit de demander à mon médecin d’abréger mes propres souffrances et cela au nom de ses croyances à lui. Cette arrogance est totalement inacceptable.</p>
<p><strong>5) L’argument visant un mannequin de paille plutôt que l’adversaire réel.</strong></p>
<p><em>« </em><em>Rappelons de nouveau l’anthropologie qui fonde les droits humains. C’est la qualité ontologique de la personne et son lien sacré avec Dieu qui proscrit toute violation de son droit à la vie, au respect, à une existence décente, à la liberté de conscience et de religion, etc.  Enlevez cette référence transcendante et cette inviolabilité ontologique et il ne reste plus que le pouvoir du plus fort pour imposer un ordre social qui sera alors à l’image du surhomme dans la vision de Nietzsche : insensible aux êtres les plus fragiles et à la misère des pauvres, ce pouvoir sera appâté finalement par l’argent et n’aura que mépris pour les vertus chrétiennes d’humilité et de compassion. »</em> Marc Ouellet.<em> </em></p>
<p>Laissons de coté l’humilité toute relative du cardinal et sa compassion douteuse pour les personnes en fin de vie et observons plutôt la méthode de son argumentation : quelles sont les sociétés occidentales actuelles qui se réclament de Nietzsche ? A ma connaissance, aucune. Bien au contraire, les démocraties occidentales ont renié toutes prétentions à promouvoir un quelconque surhomme. De tous les régimes qui se sont succédés sur la planète, ce sont ces démocraties qui ont intégré le plus le souci de protéger les êtres les plus fragiles. Ce sont, et de très loin, les régimes qui ont démontré le plus de compassion aussi bien envers leurs citoyens qu&#8217;envers les humains hors de leurs frontières. Alors Marc Ouellet parle de qui au juste ? Et bien il parle d’un homme de paille plus facile à vaincre que son adversaire réel. En présentant Nietzsche comme une sorte d’inspirateur des tenants de l’avortement et de l’arrêt des souffrances de fin de vie, il s’assure à bon compte un capital de sympathie chez tous ceux qui associent, et avec quelques raisons, Nietzsche aux régimes totalitaires. Seulement voilà, les démocraties qui ont mis en place des législations permettant l’avortement et celles, encore trop peu nombreuses, permettant d’abréger les souffrances de fin de vie, sont effectivement aux antipodes de la pensée nietzschéenne. De fait, Nietzsche les aurait certainement eu en parfait mépris : <em>« L’intérêt du gouvernement dans son rôle de tutelle et l’intérêt de la religion vont si bien la main dans la main que, dès le moment où cette dernière amorce son déclin, les fondements de l’état sont ébranlés du même coup. La croyance à un ordre divin des choses politiques, à un mystère dans l’existence de l’état, est d’origine religieuse : que la religion disparaisse, et l’État y perdra inévitablement son antique voile d’Isis, cessera d’inspirer la vénération. La souveraineté du peuple, vue de près, servira à dissiper aussi les derniers restes de magie et de superstition dans ce domaine de sentiments ; la démocratie moderne sera la forme historique <strong>de la décadence de l’état.</strong> » </em>Friedrich Nietzsche, <em>Humain, trop Humain I</em>, Section VIII, Paragraph 472</p>
<p>Nietzsche s’est royalement trompé sur l’avenir de la démocratie, laquelle est devenue, malgré son absence de « magie », non seulement le régime politique le plus désiré de la planète mais celui qui a réussit à imposer sa puissance face à tous les totalitarismes, anciens et nouveaux. Autrement dit, les états démocratiques sont tout le contraire de sa prédiction. La manœuvre de Marc Ouellet est donc fondamentalement malhonnête : Nietzsche n’avait rien à faire dans cette argumentation et il l’a utilisé simplement pour tenter de ternir ses adversaires.</p>
<p><strong>6) Prétendre que ce que l’on déteste n’existe pas.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em> « </em><em>On constate tristement l’absence d’une norme éthique claire, universellement admise et respectée, qui garantirait l’ordre social et donc un vivre ensemble dans l’égalité des droits et la liberté pour tous. »</em> Marc Ouellet<em> </em></p>
<p>Bien sûr qu’elle existe cette norme ! Mais elle déplait tellement à Marc Ouellet qu’il prétend qu’elle n’existe pas. Cette norme est évidemment l’ensemble des droits de la personne, en progrès constant depuis les Lumières, et qui ont le grave défaut, pour la puissante Église romaine, de s’être développés parfois à coté des normes religieuses mais souvent en opposition à ces normes. Ces droits sont <em>clairs, universellement admis et respectés et garantissent l’ordre social</em> dans les démocraties, lesquelles assurent mieux que tout autre régime, théocraties comprises,<em> l’égalité des droits et la liberté pour tous</em>.  Ces droits sont issus du travail de penseurs humanistes à qui nous devons infiniment plus qu’à tous les saints du calendrier. Marc Ouellet a bien de la chance de vivre dans une de ces démocraties qui lui laisse l’entière liberté de prêcher sa vision moyenâgeuse de la condition humaine.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr size="1" />
<p><a href="#_ednref1">[i]</a> (Nb. 21/1 ; Dt. 7/26, 13/17 ; Jos. 6/7 , 7/1, 11s ; Jg.1/17 , 16/23 ; Za. 14/11; Mal.4/6 ; Rom.9/2 ; I Cor.12/3, 16/26 ; Gal.1/8, 9.)</p>
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