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	<title>Association humaniste du Québec&#187; Michel Virard</title>
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	<description>Développer la pensée critique</description>
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		<title>Conférence La Bible immorale de Normand Rousseau</title>
		<link>http://assohum.org/2010/06/conference-la-bible-immorale-de-normand-rousseau/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 01:51:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes de conférences]]></category>
		<category><![CDATA[activités]]></category>

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		<description><![CDATA[Résumé de la conférence de Normand Rousseau, 
auteur de “ La Bible immorale », le 16 avril 2010 au Centre humaniste de Montréal
A la différence du cardinal Marc Ouellet (voir article de mai 2010 sur assohum.org) et de bien d’autres membres du clergé, Normand Rousseau s’est donné la peine de lire et d’annoter la Bible en entier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Résumé de la conférence de Normand Rousseau, </strong></p>
<p><strong>auteur de “ La Bible immorale », le 16 avril 2010 au Centre humaniste de Montréal</strong></p>
<p>A la différence du cardinal Marc Ouellet (voir article de mai 2010 sur assohum.org) et de bien d’autres membres du clergé, Normand Rousseau s’est donné la peine de lire et d’annoter la Bible en entier et plusieurs fois. Il a obtenu une maitrise en Sciences religieuses et il a produit trois livres sur ce sujet dont “ La Bible immorale » publié en 2006 chez Louise Courteau, éditrice.</p>
<p>Normand Rousseau nous explique son cheminement personnel. Ayant côtoyé pendant treize ans les Frères des écoles chrétiennes, ayant lui-même été un frère de cet ordre, il connaît bien les arguments habituels avancés par le clergé catholique.  Cependant c’est seulement à l’université qu’il y a eu l’occasion d’approfondir la Bible en commençant par le livre de Josué. Or la conquête de la Terre Promise ne comprend pas moins de trente et un génocides, ce qui a commencé à ébranler sa foi. Il mentionne aussi comme source d’information la traduction moderne de la Bible de l’hébreu au français réalisée par André Chouraki (les Dix commandements de Dieu). Il a vécu au Maroc cinq ans et s’est donné comme devoir d’étudier aussi a fond le Coran et la “ Vie de Mahomet » texte où le prophète y est décrit, en fait, comme un brigand attaquant des caravanes. Il a essayé de publier un article décrivant Mahomet comme un criminel, mais il n’a jamais été publié par aucun journal.</p>
<p>C’est à partir de la Bible de Jérusalem qu’il entend démontrer l’immoralité de la Bible. La grille de lecture de N. Rousseau comprend quatre parties :</p>
<p>-        les sacrifices humains</p>
<p>-        l’esclavage</p>
<p>-        l’infériorisation de la femme</p>
<p>-        la violence (massacres, meurtres religieux)</p>
<p>Toutefois avant de continuer il convient d’éliminer les objections les plus communes avancées par les théistes pour désamorcer les critiques de la Bible :</p>
<ul>
<li><strong>La Bible n’est pas      l’enseignement de l’Église catholique!</strong> </li>
</ul>
<p>En effet, c’est le Catéchisme officiel qui contient l’enseignement de cette église. L’ennui c’est que ce même catéchisme affirme l’origine divine de la Bible. L’omniprésence du “ Saint-Esprit » et de “ Marie » dans le catéchisme n’est pas justifiée par aucune intervention de l’un ou de l’autre. Impossible de relier le Saint-Esprit à aucune inspiration moralement supérieure, comme par exemple, inspirer un concile pour arrêter l’Inquisition ou les Croisades. Pour la “ Vierge Marie », ses quelques 500 interventions répertoriées ont été à 99% pour se faire construire une église. De plus elle n’apparaît, curieusement, qu’aux seuls catholiques. Que d’occasions ratées de faire des conversions!</p>
<ul>
<li><strong>Le type de lecture</strong></li>
</ul>
<p>Il existe différentes lectures de la Bible : littérale, littérale sauf des petits bouts, symbolique. Cependant aucune lecture ne permet pas d’évacuer l’immoralité du texte, qu’il soit pris littéralement ou symboliquement. Selon le catéchisme officiel, il n’y a qu’une seule lecture, littérale – sauf pour des petits bouts ! L’arrêt du Soleil par Josué a créé un premier malaise lorsque l&#8217;on a mieux compris les conséquences de l’idée de Copernic et de Galilée. Mais là aussi N. Rousseau rappelle que c’est le texte de la Bible, tel qu’il a été écrit, qui a été canonisé.</p>
<ul>
<li><strong>Historicité ou      fiction ?</strong></li>
</ul>
<p>A partir du 19ème siècle, le récit Biblique cesse d’être considéré comme strictement historique. On pourrait croire que cela a de l’importance. Plus récemment “ La Bible dévoilée », fait par des archéologues professionnels, fait l’inventaire de ce que nous connaissons. De fait, l’archéologie moderne a réduit les prétentions historiques de la Bible à peu de choses et, quand bien même serait-elle entièrement une fiction, cela n’empêche pas l’Église de l’utiliser comme exemple édifiant puisqu’elle a canonisé la “ sainte Bible ». Mais pour N. Rousseau, qu’il y ait peu ou prou d’histoire véritable dans la Bible le laisse indifférent : l’immoralité du texte canonisé reste la même, indépendamment de son historicité. Fiction ou pas, l’immoralité de la Bible reste donc condamnable.</p>
<ul>
<li><strong>Le contexte      historique</strong></li>
</ul>
<p>Pour dédouaner la Bible les exégètes vont invoquer le “ contexte historique ». En effet, à l’époque de la rédaction des différents textes bibliques, on peut affirmer qu’à peu près toutes les civilisations acceptaient et pratiquaient l’esclavage sous une forme où une autre. Mais alors,  demande N. Rousseau. “ Où est la révélation ? »</p>
<p>Des quatre parties de son ouvrage, N. Rousseau va surtout nous parler de l’esclavage dans la Bible, qu’il paraphrase par un retentissant “ Et sur ces esclaves je bâtirai mon église ! »</p>
<p>C’est à Noé, désigné par Yahvé pour régénérer la totalité de l’espèce humaine, que revient le déshonneur d’avoir immédiatement “ remis en service » l’esclavage par sa condamnation à la servitude de son fils Cham (dont seront issus les Cananéens) et cela pour une peccadille. Cette partie de la Bible sera d’ailleurs utilisée par les esclavagistes chrétiens pour justifier l’esclavage des Noirs et qui prétendront, sans justification (la Bible n’est pas raciste) que Cham est l’ancêtre des Noirs.</p>
<p>Moïse libère son peuple de l’esclavage … mais s’empresse de mettre les autres en esclavage avec un régime différent pour les juifs et les gentils (non juifs) : l’esclave juif doit être libéré durant la septième année, sauf si c’est une fille vendue par son père! L’esclave gentil l’est pour toujours. Le 10ème commandement rappelle aussi que “ Tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin, ni ses serviteurs ni son bétail. » ce qui nous assure que les “ serviteurs » sont des “ biens » meubles qu’on peut “ voler » et non des employés libres.</p>
<p>Le Nouveau Testament ne met pas fin à l’esclavage. Jésus s’occupe de l’esclavage du péché mais pas du péché d’esclavage qu’il semble considérer comme allant de soi.  Saint Pierre et surtout saint Paul entérinent complètement l’esclavage qui, d’un rapport détestable entre humains se trouve à être promu par ses soins au niveau d’un rapport sacré entre Dieu et ses créatures! Tous les Pères de l’Église étaient esclavagistes sauf Grégoire de Nice. Saint Augustin en rajoutera : “ s’il y a des esclaves c’est à cause du péché originel ». Il faut savoir qu’il a existé des auteurs païens importants, avant et après Jésus-Christ pour défendre les esclaves. Aristote, quatre cent ans avant J.C. enjoint de bien traiter ses esclaves. De même, plus tard, Cicéron et Juvénal.</p>
<p>Les exégètes juifs et catholiques vont souvent défendre la Bible en affirmant que l’esclavage hébreu était “ doux » et faisait partie de la “ pédagogie divine ». De plus l’esclavage serait un concept moderne sans réellement d’équivalent dans l’Antiquité. Même si cela est vrai, il n’en demeure pas moins que le discours dominant de la Bible reste esclavagiste. N. Rousseau souligne l’ironie de la prestation de serment de Barak Obama, premier président Noir, qui a dû jurer sur une bible esclavagiste.</p>
<p>De fait, l’abolition de l’esclavage dans un empire colonial a été promulguée officiellement, pour la première fois de l&#8217;histoire, par les révolutionnaires français (<em>Note du rédacteur : 4 février 1794 – toutefois le Danemark avait proclamé l’abolition dès 1792</em>).</p>
<p>N. Rousseau s’insurge contre le passe-droit dont bénéficient les textes sacrés, dont la Bible, et qui constituent pour lui de la littérature haineuse. Pour bien nous convaincre il cite le Psaume 137, dernier vers : “ Heureux ceux qui saisiront tes enfants pour les écraser contre le rocher » (vengeance contre Babylone). Autrement dit la Bible érige l’infanticide en vertu sacrée!</p>
<p>La période de questions a vu l’intervention de plusieurs connaisseurs en matière de textes sacrés (dont Denis Hamel, un sceptique bien connus de plusieurs de nos lecteurs).</p>
<p>Le podcast de la conférence (mp3) est disponible <a href="http://assohum.org/Media/MP3/NormandRousseau_LaBibleImmorale.mp3">ici</a> (41MB)</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Michel Virard</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>Commentaires sur l&#8217;allocution de Marc Ouellet, primat du Canada</title>
		<link>http://assohum.org/2010/05/commentaires-sur-lallocution-de-marc-ouellet-primat-du-canada/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/05/commentaires-sur-lallocution-de-marc-ouellet-primat-du-canada/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 16 May 2010 15:31:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Bioethique]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA["Marc Ouellet"]]></category>
		<category><![CDATA[avortement]]></category>
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		<category><![CDATA[euthanasie]]></category>
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		<description><![CDATA[La réalité, fort simple, c’est qu’il n’existe pas de support physique à une prétendue « personnalité » de l’embryon. Les cellules indifférenciées du blastocyste n’ont pas plus de « personnalité », ou de « spiritualité » si on veut utiliser ce terme, que celles que l’individu perdra régulièrement au cours de sa vie et qui, elles aussi, auront exactement le même capital génétique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Commentaires sur l’<strong>allocution du Primat de l’Église canadienne aux médecins catholiques </strong>publiée le 5 mai 2010 sur le site « enlignetoi.com », portail catholique et œcuménique d’information.</p>
<p><a href="http://www.toujoursenligne.com/27337-allocution-du-primat-de-lEglise-canadienne-aux-medecins-catholiques">http://www.toujoursenligne.com/27337-allocution-du-primat-de-lEglise-canadienne-aux-medecins-catholiques</a></p>
<p>Marc Ouellet, cardinal, archevêque de Québec et Primat du Canada, est certainement autorisé à parler au nom de l’Église catholique. Son allocution est donc clairement un énoncé de position « officielle » sur, principalement, deux sujets de bioéthique. M. Ouellet reprend les positions connues de l’Église sur l’avortement et sur l’euthanasie.</p>
<p>Pour les humanistes athées dont je me réclame, le document présente surtout un échantillonnage intéressant des arguments utilisés par le haut clergé catholique pour justifier sa vision misogyne, morbide et infantilisante des humains. Les procédés utilisés ne sont pas à l’honneur d’une religion qui prétend être dépositaire du Bien et du Vrai. Je me contenterai de passer en revue les principaux sophismes de cette allocution en laissant de coté toute la rhétorique purement religieuse. Nous ne parlerons donc pas de Dieu, dont je ne sais objectivement rien, mais de ce que nous savons réellement des êtres humains aujourd’hui et non à l’époque de Saint Thomas d’Aquin (1224-1274).</p>
<p><strong>1) L&#8217;affirmation contraire aux faits connus (de tous ceux qui se donnent la peine de lire…).</strong></p>
<p>«<em> … la Bible interdit toute décision unilatérale du coté humain visant à supprimer la vie d’autrui, où à l’abréger, ou bien à porter atteinte à sa propre vie, car aucun être humain n’est l’arbitre ultime de la vie. </em>» Marc Ouellet.</p>
<p>Dommage, cher Monsieur Ouellet, mais il vous faudra repasser votre examen d’Histoire Sainte en collant d’un peu plus près au texte de la Bible. Vous devriez savoir que la Bible, c’est à dire l’Ancien Testament et le Nouveau Testament, regorge d’injonctions violentes et de massacres présentés comme des modèles de conduite. Normand Rousseau, Maître es Sciences religieuses, s’est donné la peine de relever les immoralités manifestes enseignées par la Bible et cela a donné un catalogue imposant : son livre, « La Bible immorale » pèse 564 pages. Parmi ces immoralités, ce ne sont pas les incitations au meurtre qui manquent. Juste un exemple parmi des dizaines : Moïse s’en prend aux Madianites « <em>Eh bien maintenant, tuez tous les garçons, de même que toutes les femmes qui ont été mariées. Mais vous pouvez garder pour vous toutes les filles encore vierges</em>. » (ref. Nb-31/17 &amp; 18). Si ça ce n’est pas <em>une décision unilatérale visant à supprimer la vie d’autrui</em>, et bien dites-nous ce que c’est, on est curieux de savoir.</p>
<p>Mais, soyons charitable, Monsieur Ouellet, trahi pas sa fougue épiscopale, a pu faire un lapsus et il aurait dit « Bible » en pensant seulement au « Nouveau Testament ». Cela suffirait-il à exonérer Monsieur Ouellet ?  Hélas, non!</p>
<p>S’il suffisait d’escamoter l’Ancien Testament pour se refaire une virginité, on peut présumer que l’Église romaine l’aurait fait depuis longtemps. Malheureusement, même si le personnage  de Jésus-Christ est une amélioration considérable sur ses prédécesseurs bibliques,  il reste encore beaucoup à faire avant que lui et ses acolytes soient des références pour des humains du XXIe siècle. Des exemples ? Saint Paul n’en est pas avare : « <em>Ils connaissent bien le jugement de Dieu : ceux qui se conduisent de cette manière méritent la mort.</em> » (Rom. 1/32). On appréciera en passant la « tolérance » de Saint Paul. « <em>Je vous l’ai dit et je le répète maintenant : si quelqu’un vous annonce une Bonne Nouvelle différente de celle que vous avez reçue, qu’il soit maudit </em>» (Gal. 1/9). Peut-être pensez-vous que « maudit » ce n’est pas si terrible. En fait il s’agit de la traduction française du mot grec anathèma. Or cet « anathèma » n’est pas une simple menace, dépendant du contexte, il peut s’agir bel et bien d’une injonction pour « détruire » ce qui est « maudit », tout comme les offrandes aux dieux qui devaient être détruites complètement, sans aucune possibilité de récupération. Or ce terme anathème figure 15 fois dans l’Ancien Testament et 5 fois dans le Nouveau<a href="#_edn1">[i]</a>. Sans aller plus loin, il est certain que la destruction d’une vie humaine en dehors de la tribu, pour l’Ancien Testament, ou en dehors du groupe des coreligionnaires, pour le Nouveau Testament, n’est nullement exclue. Le « Tu ne tueras point » reste éminemment sélectif et cela est confirmé par les interprétations qu’en ont fait les divers croisés et inquisiteurs au cours des âges qui ne se sont pas gênés pour massacrer au nom du livre saint.</p>
<p>Vouloir faire dire à la Bible le contraire de ce qu’elle dit trahit bien la faiblesse de la position de l&#8217;Église romaine aussi bien sur l’avortement que sur les diverses options relatives à l&#8217;euthanasie.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>2) la confusion érigée en principe</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>« <em>Le respect de la vie à toutes les phases de son développement apparaît comme le principe et le fondement de l’ordre moral de la société </em>» Marc Ouellet</p>
<p>A plusieurs endroits de son allocution, Marc Ouellet passe de la défense de la vie à la défense de la personne et vice-versa, les considérant apparemment comme une seule et même chose. Le respect de la vie du bacille de la peste n’inspirant pas une grande compassion chez la plupart des humains, je présume donc que Marc Ouellet veut dire respect de la vie humaine et non de toutes les formes du vivant.</p>
<p>Cependant, la personne et la vie humaine restent deux concepts suffisamment différents pour qu’on s’inquiète de cette imprécision aux conséquences potentiellement dramatiques. Tout d’abord, la notion de « dignité humaine » se conçoit en référence à la personne, pas nécessairement en référence à la vie humaine. Le débranchement de Terri Schiavo, en 2005, de son système artificiel de maintien en vie a illustré clairement cette différence. Un corps vivant mais où il n’y a manifestement plus « personne » ne peut prétendre à la dignité d’une personne, seulement à celle d’une enveloppe humaine vide, ce qui n’est pas du même ordre. Marc Ouellet entretient donc volontairement une confusion regrettable entre vie humaine et personne, ce qui obscurcit le débat.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>3) Le faux choix binaire (paralogisme du faux dilemme).</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Pour la dignité de la personne humaine, M. Ouellet ne distingue que deux possibilités de début d’existence, à la naissance ou à la conception. En reprenant la position vaticane de 1987, « <em>la dignité de la personne humaine est la même à toutes les phases de son développement </em>», il affirme donc haut et fort qu’un blastocyste (embryon à son tout début) fait de quelques cellules indifférenciées, sans capacité aucune de fonctionnement cérébral, devrait disposer de droits similaires à ceux d’un être humain vivant, conscient, pensant, souffrant et porteur d’un vécu. Pourtant, les législations occidentales sur l’avortement limitent généralement l’avortement sur simple demande aux seules 10 ou 12 premières semaines, alors que l’embryon n’a pas de capacité neuronale fonctionnelle. Or cet aspect des étapes intermédiaires du passage progressif de l’œuf fécondé au bébé viable est complètement évacué du discours de M. Ouellet qui, en forçant un choix binaire complètement artificiel, s’assure de faire oublier que, même au très libéral Québec, une interruption volontaire de grossesse (par opposition à une interruption médicale) n’est, en fait, pas disponible au troisième trimestre de grossesse.</p>
<p>M. Ouellet affirme sans sourciller que « <em>La réalité de l’être humain, tout au long de son existence, avant et après la naissance, ne permet d’affirmer ni un changement de nature ni une gradation de la valeur morale, car il possède une pleine qualification anthropologique et éthique. </em>». Plus loin il affirme « <em>Il est reconnu scientifiquement que l’être humain dispose <span style="text-decoration: underline;">dès sa conception d’un capital génétique unique et complet</span> qui va se développer dans une ligne de continuité et de croissance. La personne adulte qui a parcouru toutes les phases du développement humain est la même personne qui a commencé par être un organisme microscopique dans le sein maternel.</em> »</p>
<p>M. Ouellet entend jouer sur deux tableaux : celui de la permanence de la personne et sur celui de la continuité du capital génétique unique et complet, pour démontrer la valeur morale de l’embryon à t=0. Cependant ce raisonnement se heurte à des obstacles insurmontables.</p>
<p>D’abord, si la continuité du capital génétique est bien réelle, ce capital n’est pas forcément unique (cas des jumeaux identiques) et il n’est donc pas toujours possible de faire coïncider chaque personne avec un capital génétique unique. De plus cette continuité du capital génétique n&#8217;est pas garantie au tout début du développement (deux premières semaines). Deux blastocystes hétérozygotes, normalement destinés à produire des jumeaux fraternels (non identiques), peuvent fusionner et produire un seul embryon, tout à fait viable, qui sera de nature chimérique et possiblement avec un capital génétique issu de plus que de deux parents. Si la « personne » du blastocyste original est une réalité (M. Ouellet prend bien soin de ne pas parler « d’âme », ce qui est nouveau) on se demande bien ce qu’il advient de celle-ci au moment d’une division de blastocystes (cas des jumeaux identiques) ou au moment d’une fusion de deux blastocystes (cas de l’individu chimérique). Ces particularités de l&#8217;embryogenèse humaine excluent l’hypothèse d’une « personnalité » unique et inséparable de l&#8217;embryon dès la conception. La réalité, fort simple, c’est qu’il n’existe pas de support physique à une prétendue « personnalité » de l’embryon. Les cellules indifférenciées du blastocyste n’ont pas plus de « personnalité », ou de « spiritualité » si on veut utiliser ce terme, que celles que l’individu perdra régulièrement au cours de sa vie et qui, elles aussi, auront exactement le même capital génétique. Cette absence de support physique pour une « personne » se continue aussi à la période suivante du développement et c’est seulement après l’apparition de réseaux neuronaux fonctionnels qu’on pourrait parler d&#8217;une éventuelle personnalité pour un fœtus. C’est aussi pour cette raison que l’avortement sur demande les premiers trois mois d’une grossesse a fini par être considéré comme allant de soi dans la plupart des nations occidentales émancipées de leur église nationale. Un fœtus de moins de trois mois ne peut tout simplement pas être considéré comme une personne. Je concède que cela laisse les questions d’avortements tardifs en suspens et l’Église catholique aurait pu contribuer au débat sur les choix difficiles à faire dans ces cas réellement délicats si elle ne s’était pas d’abord totalement discréditée par une position intenable sur l’avortement en début de grossesse. La décision du Vatican de prohiber toute forme d’avortement volontaire ne peut pourtant pas s’appuyer sur aucun verset explicite dans tous les évangiles et cela malgré les prétentions des auteurs du site</p>
<p><a href="http://www.xn--vangile-9xa.com/versets-bibliques/avortement.html">http://www.xn--vangile-9xa.com/versets-bibliques/avortement.html</a></p>
<p>qui s’imaginent justifier cette prohibition avec des versets qui n’ont manifestement rien à voir avec l’avortement.</p>
<p><strong>4)  Imposer aux autres des souffrances inutiles</strong></p>
<p>« <em>Toutes ces considérations nous aident à comprendre l’exigence du respect de la vie à toutes les phases de son développement, de la conception à la sépulture. Elles justifient par conséquent qu’en fin de vie, on pratique des soins palliatifs de qualité au lieu d’éliminer les patients qui souffrent, <span style="text-decoration: underline;">car ils peuvent continuer à grandir jusque dans l’extrême faiblesse</span></em><em>.</em> » Marc Ouellet.</p>
<p>Il faut le voir écrit pour le croire. On se demande quel genre de croissance Marc Ouellet avait en tête lorsqu’il écrit la dernière phrase ci-dessus. La croissance des plaques amyloïdes des patients affligés de la maladie d’Alzheimer ? En phase terminale, ces patients cessent de répondre à tout stimulus : leur système nerveux a cessé de fonctionner. Y-a-t-il encore une « personne » à bord ? Difficile de répondre mais il existe une grande diversité de cas de figure en fin de vie et établir, a priori, que l’on ne doit jamais intervenir et cela dans tous les cas, c’est se condamner soi-même à une forme de  cruauté. Là aussi, on aurait pu espérer une position réellement basée sur la compassion et non sur un dogmatisme affolant. Bien sûr que les soins palliatifs doivent être de qualité. Personne, absolument personne n’a jamais demandé qu’ils soient revus à la baisse. Là où le suicide assisté est disponible, on a constaté qu’une infime minorité des patients en phase terminale s’en prévalait. On n’a pas constaté non plus une augmentation des crimes autour de ces cas non plus qu’une augmentation des suicides dans la population en général.</p>
<p>Si Marc Ouellet se retrouve jamais comme patient aux soins palliatifs, avec des douleurs abominables et incontrôlables, je ne lui souhaite pas de se faire soigner par des médecins catholiques strictement adeptes de sa théorie : je ne serai pas assez cruel pour lui demander s’il se sentira « grandi » par l’expérience. Si Marc Ouellet désire souffrir jusqu’au bout de son agonie, je lui en laisse volontiers le loisir mais qu’il ne vienne pas me dire qu’il m’interdit de demander à mon médecin d’abréger mes propres souffrances et cela au nom de ses croyances à lui. Cette arrogance est totalement inacceptable.</p>
<p><strong>5) L’argument visant un mannequin de paille plutôt que l’adversaire réel.</strong></p>
<p><em>« </em><em>Rappelons de nouveau l’anthropologie qui fonde les droits humains. C’est la qualité ontologique de la personne et son lien sacré avec Dieu qui proscrit toute violation de son droit à la vie, au respect, à une existence décente, à la liberté de conscience et de religion, etc.  Enlevez cette référence transcendante et cette inviolabilité ontologique et il ne reste plus que le pouvoir du plus fort pour imposer un ordre social qui sera alors à l’image du surhomme dans la vision de Nietzsche : insensible aux êtres les plus fragiles et à la misère des pauvres, ce pouvoir sera appâté finalement par l’argent et n’aura que mépris pour les vertus chrétiennes d’humilité et de compassion. »</em> Marc Ouellet.<em> </em></p>
<p>Laissons de coté l’humilité toute relative du cardinal et sa compassion douteuse pour les personnes en fin de vie et observons plutôt la méthode de son argumentation : quelles sont les sociétés occidentales actuelles qui se réclament de Nietzsche ? A ma connaissance, aucune. Bien au contraire, les démocraties occidentales ont renié toutes prétentions à promouvoir un quelconque surhomme. De tous les régimes qui se sont succédés sur la planète, ce sont ces démocraties qui ont intégré le plus le souci de protéger les êtres les plus fragiles. Ce sont, et de très loin, les régimes qui démontré le plus de compassion aussi bien envers leurs citoyens qu&#8217;envers les humains hors de leurs frontières. Alors Marc Ouellet parle de qui au juste ? Et bien il parle d’un homme de paille plus facile à vaincre que son adversaire réel. En présentant Nietzsche comme une sorte d’inspirateur des tenants de l’avortement et de l’arrêt des souffrances de fin de vie, il s’assure à bon compte un capital de sympathie chez tous ceux qui associent, et avec quelques raisons, Nietzsche aux régimes totalitaires. Seulement voilà, les démocraties qui ont mis en place des législations permettant l’avortement et celles, encore trop peu nombreuses, permettant d’abréger les souffrances de fin de vie, sont effectivement aux antipodes de la pensée nietzschéenne. De fait, Nietzsche les aurait certainement eu en parfait mépris : <em>« L’intérêt du gouvernement dans son rôle de tutelle et l’intérêt de la religion vont si bien la main dans la main que, dès le moment où cette dernière amorce son déclin, les fondements de l’état sont ébranlés du même coup. La croyance à un ordre divin des choses politiques, à un mystère dans l’existence de l’état, est d’origine religieuse : que la religion disparaisse, et l’État y perdra inévitablement son antique voile d’Isis, cessera d’inspirer la vénération. La souveraineté du peuple, vue de près, servira à dissiper aussi les derniers restes de magie et de superstition dans ce domaine de sentiments ; la démocratie moderne sera la forme historique <strong>de la décadence de l’état.</strong> » </em>Friedrich Nietzsche, <em>Humain, trop Humain I</em>, Section VIII, Paragraph 472</p>
<p>Nietzsche s’est royalement trompé sur l’avenir de la démocratie, laquelle est devenue, malgré son absence de « magie », non seulement le régime politique le plus désiré de la planète mais celui qui a réussit à imposer sa puissance face à tous les totalitarismes, anciens et nouveaux. Autrement dit, les états démocratiques sont tout le contraire de sa prédiction. La manœuvre de Marc Ouellet est donc fondamentalement malhonnête : Nietzsche n’avait rien à faire dans cette argumentation et il l’a utilisé simplement pour tenter de ternir ses adversaires.</p>
<p><strong>6) Prétendre que ce que l’on déteste n’existe pas.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em> « </em><em>On constate tristement l’absence d’une norme éthique claire, universellement admise et respectée, qui garantirait l’ordre social et donc un vivre ensemble dans l’égalité des droits et la liberté pour tous. »</em> Marc Ouellet<em> </em></p>
<p>Bien sûr qu’elle existe cette norme ! Mais elle déplait tellement à Marc Ouellet qu’il prétend qu’elle n’existe pas. Cette norme est évidemment l’ensemble des droits de la personne, en progrès constant depuis les Lumières, et qui ont le grave défaut, pour la puissante Église romaine, de s’être développés parfois à coté des normes religieuses mais souvent en opposition à ces normes. Ces droits sont <em>clairs, universellement admis et respectés et garantissent l’ordre social</em> dans les démocraties, lesquelles assurent mieux que tout autre régime, théocraties comprises,<em> l’égalité des droits et la liberté pour tous</em>.  Ces droits sont issus du travail de penseurs humanistes à qui nous devons infiniment plus qu’à tous les saints du calendrier. Marc Ouellet a bien de la chance de vivre dans une de ces démocraties qui lui laisse l’entière liberté de prêcher sa vision moyenâgeuse de la condition humaine.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr size="1" />
<p><a href="#_ednref1">[i]</a> (Nb. 21/1 ; Dt. 7/26, 13/17 ; Jos. 6/7 , 7/1, 11s ; Jg.1/17 , 16/23 ; Za. 14/11; Mal.4/6 ; Rom.9/2 ; I Cor.12/3, 16/26 ; Gal.1/8, 9.)</p>
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		<title>Laïcité #4 &#8211; Entrevue avec Me Jean-Claude Hébert</title>
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		<pubDate>Sat, 01 May 2010 22:48:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>

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		<description><![CDATA[La Laïcité et le DROIT[1] 
La  Laïcité au Québec – entrevue #4
Entrevue réalisée par Jocelyn Parent
Bonjour Jean-Claude Hébert.
Me Jean-Claude Hébert pratique le droit pénal et le droit professionnel depuis plus de trente ans et il a reçu, pour sa contribution à l’avancement du droit et son exercice, la médaille du Barreau (2007). Il est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong>La Laïcité et le DROIT</strong><a href="#_ftn1">[1]</a><strong> </strong></p>
<p>La  Laïcité au Québec – entrevue #4</p>
<p>Entrevue réalisée par <strong>Jocelyn Parent</strong></p>
<p>Bonjour <strong>Jean-Claude Hébert</strong>.</p>
<p>Me Jean-Claude Hébert pratique le droit pénal et le droit professionnel depuis plus de trente ans et il a reçu, pour sa contribution à l’avancement du droit et son exercice, la médaille du Barreau (2007). Il est chroniqueur au <em>Journal du Barreau</em>, dans lequel il a rédigé plusieurs chroniques sur la question des accommodements raisonnables, la religion et la laïcité. Il enseigne à la maîtrise au Département des sciences juridiques à l’UQÀM, et il est l’un des nombreux signataires de la <em>Déclaration pour un Québec laïque et pluraliste</em> qui est parue à la mi-mars (<a href="http://www.quebeclaique.org/">http://www.quebeclaique.org/</a>).</p>
<p><strong>Pour bien protéger certains droits, telle l’égalité des sexes, serait-ce souhaitable de hiérarchiser les droits et d’en reléguer certains, telle la liberté religieuse, à un rang subalterne?</strong></p>
<p>La Cour suprême du Canada a clairement statué qu’il ne saurait y avoir une approche juridique fondée sur la hiérarchie des droits. Certes, le législateur québécois pourrait se risquer de faire l’exercice, mais il y a fort à parier que la plus haute cour du pays jugerait cette démarche inconstitutionnelle.</p>
<p>Mieux vaudrait modifier la Charte québécoise en modifiant l’article 50.1<a href="#_ftn2">[2]</a> pour indiquer que cet instrument juridique devrait être interprété de manière à tenir compte des « valeurs fondamentales de la nation québécoise ». De la sorte, le législateur contournerait le piège de la hiérarchisation des droits. En effet, une valeur transcende un droit et n’est pas une garantie juridique protégée comme un droit ou une liberté. C’est d’ailleurs le sentier choisi par le Parti québécois dans son Projet de loi no. 391.</p>
<p><strong>Expliquez-nous les différences qu’il y a entre une charte sur la laïcité et une loi constitutionnelle sur le même sujet? En quoi une charte serait-elle meilleure qu’une loi constitutionnelle, ou l’inverse? Pour que la laïcité soit véritablement pleine, efficace et qu’elle ait une portée tangible, à quel niveau serait-il mieux d’intervenir?</strong></p>
<p>Pour éviter de banaliser le concept de charte, il faut cesser de multiplier à tout vent ce concept. Nul besoin de rédiger une Charte de la laïcité. Le législateur peut fort bien définir à grands traits l’exigence de laïcité et son pendant la neutralité de l’État. Le mieux serait de le faire dans le préambule de la Charte québécoise.</p>
<p>La Charte québécoise est un instrument juridique quasi constitutionnel qui a prépondérance sur toutes les autres lois du Québec. S’agissant pour les tribunaux d’interpréter les lois québécoises (ce qui inclut les règlements), les juges doivent en tenir compte. La Charte québécoise s’applique dans les rapports entre le citoyen et l’État, puis entre les citoyens eux-mêmes. Au contraire, la Charte canadienne ne s’applique qu’à l’égard des litiges entre un citoyen et l’État.</p>
<p><strong>D’ailleurs, si le Québec se dotait d’une charte ou modifiait sa constitution interne pour y inclure la laïcité, comment réagirait la Cour suprême dès la première démarche en inconstitutionnalité intentée par un croyant?</strong></p>
<p>La Cour suprême conserve toujours une grande latitude dans l’interprétation des droits fondamentaux, notamment la liberté de religion. Par exemple, dans l’affaire <em>Anselem</em>, il s’agissait d’un litige entre copropriétaires. L’État n’avait rien à voir dans ce dossier. La Cour a statué en fonction de la notion de liberté de religion reconnue par la Charte québécoise. Bref, peu importe le contenant, la haute Cour peut toujours interpréter le contenu comme bon lui semble.</p>
<p><strong>À cet effet, la position des juges minoritaires dans l’affaire Amselem </strong><strong>[2004</strong><strong>] tient compte de l’intérêt général en cherchant un lien entre la demande du croyant, les préceptes de sa religion mais surtout avec les autres droits da la société. Pour le dire clairement, ces juges canadiens ont pris en considération la charte québécoise dans laquelle la demande devait s’insérer et respecter les valeurs communes. Cette position minoritaire est-elle toujours au second plan chez les juges de la Cour suprême?</strong></p>
<p>Bien malin est celui qui pourra deviner quelle orientation majoritaire prendra la Cour dans les prochains dossiers. Deux juges plutôt favorables à une interprétation forte en faveur de la liberté de religion (les juges Gonthier et Bastarache) ont quitté la Cour ces dernières années. Il faudra voir où vont se nicher les nouveaux juges sur cet épineux problème.</p>
<p><strong>Selon la constitution canadienne, le Québec peut se doter de sa propre constitution à l’intérieur du Canada, à moins qu’il ne tente de toucher à certains aspects du fédéralisme. Mais le Québec pourrait-il ajouter à sa constitution la laïcité sans qu’elle ne soit remise en cause par la Cour suprême? Pensons à la mention de la «suprématie de Dieu». Tant qu’elle y sera, la laïcité (canadienne et québécoise) ne pourra jamais être complète. Faudra-t-il toujours invoquer la clause dérogatoire (article 1 ou 33, selon)?</strong></p>
<p>Dans la mesure où le gouvernement québécois définit la laïcité de façon conforme à l’interprétation sur la liberté de religion retenue par la Cour suprême, il n’y aura pas de problème. Si, d’aventure, la définition de la laïcité privilégiée par le gouvernement québécois vient en contradiction avec l’interprétation que favorise la Cour suprême de la liberté de religion, la haute magistrature aura le dernier mot.</p>
<p><strong>Que veut dire la Cour suprême lorsqu’elle confirme que la notion d’accommodement raisonnable ne s’applique pas à <span style="text-decoration: underline;">l’action législative</span> de l’État?<a href="#_ftn3"><strong>[3]</strong></a> Est-ce à dire qu’un employé de l’État ne peut être interdit à porter de symboles religieux (visibles = ostentatoires) pendant l’exercice de ses fonctions?</strong></p>
<p>La Cour suprême dit qu’il faut suivre deux sentiers juridiques selon que le litige met en cause une loi ou un règlement de l’État (auquel cas une violation de la liberté de religion doit être évaluée en fonction de l’article 1 de la Charte canadienne) – et – une relation entre un employeur ou une institution et un citoyen qui demande un accommodement raisonnable. Dans le second cas, l’arbitrage se fait selon la définition de l’accommodement raisonnable que le gouvernement du Québec veut codifier dans son Projet de loi no.94.</p>
<p><strong>Vous reconnaissez, comme d’autres avocats, juges et juristes, que, bien qu’en vigueur et active, la laïcité n’est pas inscrite dans les textes de lois canadiens et québécois. Pensez-vous qu’un certain «activisme» judiciaire pourrait faire bouger les politiciens et qu’ils reconnaissent ce qu’il y a déjà dans la société québécoise, soit une laïcité, présente mais non mentionnée, défendue par les citoyens?</strong></p>
<p>Il ne faut pas trop compter sur l’activisme judiciaire pour définir le concept de laïcité, d’autant plus que cette question est porteuse de tension sociale. Les juges pratiquent habituellement une prudente retenue judiciaire et préfèrent interpréter des textes de loi. C’est vrai que dans le passé, on retrouve, ici et là, des commentaires (ex : Juge Lamer à la Cour suprême) disant que nous vivons dans une société qui reconnaît la séparation de l’État et de la religion. Mais, l’initiative doit venir du législateur. Plus que jamais, les juges vont se nouer la langue, à moins d’avoir à trancher un litige. Encore là, ils vont suivre la voie tracée par la Cour suprême.</p>
<p><strong>Au niveau juridique, qu’est-ce qui se dit sur la laïcité dans les autres provinces du Canada? Les juristes, avocats et juges y sont-ils intéressés? Ont-ils une conception différente de celle des Québécois?</strong></p>
<p>Dans les autres provinces, notamment en Ontario, il y a eu plusieurs causes portant sur le financement des écoles confessionnelles (un droit reconnu en Ontario par la Constitution de 1867 et qui fut modifié au Québec). Bref, des gens qui ne sont ni catholiques ni protestants ont plaidé la discrimination pour avoir les mêmes privilèges de financement des écoles et ont échoué. La question de la prière dans les écoles a également provoqué des litiges.</p>
<p>Pour le reste du Canada, c’est la philosophie du multiculturalisme qui domine.</p>
<p><strong>Vous avez mentionné dans le <em>Journal du Barreau du Québec</em>, en décembre 2009, que l’Article 20 de la Charte québécoise permettait de déroger à la récente égalité des sexes adoptée par Québec (mai 2008), suite à la Commission Bouchard-Taylor. Que voulez-vous dire par cette «dérogation»? Qu’elles en seraient les conséquences?</strong></p>
<p>Si vous lisez l’article 20<a href="#_ftn4">[4]</a> de la Charte québécoise, vous verrez que les institutions religieuses ne peuvent faire l’objet de poursuites pour discrimination. Autrement dit, une école religieuse peut discriminer ses employés et ceux-ci ne peuvent utiliser l’arsenal juridique de la Charte québécoise. Voilà pourquoi les femmes ne peuvent poursuivre l’Église catholique qui discrimine les femmes quant à la prêtrise.</p>
<p><strong>Que pensez-vous du récent projet de loi 94 du gouvernement Charest sur la laïcité «ouverte»? Est-ce suffisant pour la laïcité?</strong></p>
<p>Il y aurait beaucoup à dire sur le projet de loi 94, surtout sur ce qu’il ne dit pas. D’ailleurs, la ministre de la Justice en dit plus (que le projet de loi semble en dire) dans ses commentaires. Ce n’était pas très périlleux que de codifier la technique jurisprudentielle des accommodements raisonnables. Si le gouvernement avait voulu s’en éloigner, il aurait retrouvé la Cour suprême sur sa route. Pour le reste, il n’y a pas les fameuses balises pourtant promises. Bien que le projet de loi soit silencieux sur le sujet, la ministre Weil dit que son gouvernement a choisi la « laïcité ouverte », donc celle du rapport Bouchard-Taylor et des experts qui ont façonné cette nouvelle théorie socio-juridique.</p>
<p><strong>Quand les juges reconnaissent que l’État doit faire un accommodement religieux à un croyant qui en a fait la demande, contrainte excessive ou non, pourquoi les juges présument-ils automatiquement de la sincérité de la conviction religieuse –et d’orienter leur jugement par cet élément− plutôt que de dire ce qu’ils sont selon la loi, neutres, soit d’être incompétents/inaptes à juger de la sincérité ou non de la foi d’un croyant ? Ainsi, en ne jugeant pas le litige selon une plausibilité religieuse, ils jugeraient selon des faits tangibles…</strong></p>
<p>Pour éviter d’avoir à arbitrer les querelles et points de vue différents des différentes écoles de pensée à l’intérieur d’une religion, les juges ont choisi l’approche la plus large qui soit, soit le critère de la croyance subjective. Dans l’affaire <em>Bruker </em>c<em>.</em><em> Marcovitz</em>, 2007 CSC 54, la Cour suprême applique le principe de non-intervention dans les pratiques religieuses. Selon la Cour, c’est l’une des plus importantes considérations menant à l’adoption de la norme subjective de la croyance sincère. Ce principe est important en raison de multiples circonstances dans lesquelles les tribunaux pourraient être appelés à intervenir dans les conflits religieux. Le principe de non-intervention permet donc d’éviter que les tribunaux aient à trancher entre diverses normes religieuses ou entre les règles du droit laïque et les normes religieuses.</p>
<p>La Cour suprême justifie son approche par le fait que l’État laisse à chacun le soin de s’autoréglementer en matière religieuse. Il ne revient pas au gouvernement de faire la promotion d’une norme religieuse. Cela relève des autorités religieuses. Selon les juges de la haute cour, la réserve manifestée par les tribunaux civils canadiens à l’endroit des questions religieuses leur permet non seulement de limiter leur action aux règles qu’ils sont explicitement chargés d’appliquer, mais elle leur permet aussi de conserver une neutralité qui est indispensable dans une société pluraliste et multiculturelle. Elle permet aux tribunaux de s’attacher au respect de la norme civile, sans avoir à trancher entre diverses coutumes ou pratiques.</p>
<p><strong>N’est-ce pas donner une prépondérance aux convictions religieuses pour ceux qui en ont, par rapport à ceux qui n’ont pas de convictions religieuses, eux qui ne demandent pas d’accommodements sur la base de leurs (non-)convictions ?</strong></p>
<p>La liberté de religion est jouxtée à la liberté de conscience. Rien n’exclut la possibilité pour un athée de demander un accommodement raisonnable relativement à une obligation qui l’obligerait à renier sa liberté de conscience. Exemple : un soldat canadien en Afghanistan pourrait refuser de livrer un prisonnier aux forces locales, sachant que le détenu sera torturé.</p>
<p><strong>En créant l’obligation d’accommodement raisonnable en 1985, la Cour suprême a reconnu qu’il n’était valable que pour les personnes, non pour les groupes ; c’est donc un droit individuel. Aussi, il n’y a pas d’obligation d’accommodement dans les cas de coûts excessifs ; la Cour l’a reconnu. Mais si la religion est un droit individuel auquel un croyant a librement choisi d’adhérer, pourquoi les coûts (même non excessifs) liés à son accommodement sont-ils aux frais de l’État ou de l’entreprise, pas à lui ? N’est-ce pas lui qui a choisi de s’auto-discriminer en adhérant en toute liberté à une religion qui le contraint à un code particulier ? Convenons que l’adhésion à une religion n’est pas du même acabit qu’un handicap physique ou mental, auquel une personne ne consent généralement pas…</strong></p>
<p>Dans un arrêt de principe, <em>R.</em> c. <em>Big M Drug Mart Ltée<a href="#_ftn5"><strong>[5]</strong></a></em>, la Cour suprême a statué qu’une société vraiment libre peut accepter une grande diversité de croyances, de goûts, de visées, de coutumes et de normes de conduite. Une société libre vise à assurer à tous l’égalité quant à la jouissance des libertés fondamentales. Selon la Cour, le concept de la liberté de religion se définit essentiellement comme le droit de croire ce que l’on veut en matière religieuse, le droit de professer ouvertement des croyances religieuses sans crainte d’empêchement ou de représailles et le droit de manifester ses croyances religieuses par leur mise en pratique et par le culte ou par leur enseignement et leur propagation.</p>
<p>Et la plus haute cour du pays d’ajouter que la liberté au sens large comporte l’absence de coercition et de contrainte et le droit de manifester ses croyances et pratiques. La liberté signifie que, sous réserve des restrictions qui sont nécessaires pour préserver la sécurité, l’ordre, la santé ou les mœurs publiques ou les libertés et droits fondamentaux d&#8217;autrui, nul ne peut être forcé d’agir contrairement à ses croyances ou à sa conscience. Le juge Dickson, rédacteur du jugement, opina qu’une majorité religieuse, ou l’État à sa demande, ne peut, pour des motifs religieux, imposer sa propre conception de ce qui est bon et vrai aux citoyens qui ne partagent pas le même point de vue. La <em>Charte</em> protège les minorités religieuses contre la menace de «tyrannie de la majorité», de conclure la Cour.</p>
<p>Bien que la liberté de croyance puisse être vaste, la liberté d’agir suivant ces croyances est beaucoup plus restreinte. Cette proposition émane de la Cour suprême dans l’affaire <em>Université Trinity Western </em>c<em>. College of Teachers<a href="#_ftn6"><strong>[6]</strong></a></em>. C’est ici qu’entre en ligne de compte l’arbitrage des accommodements raisonnables.</p>
<p>Merci de cet entretien, Me Hébert.</p>
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<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> : Cette entrevue est parue dans le journal <em>Unité Ouvrière</em>, no.20, hiver/printemps 2010. Il s’agit de la version intégrale, non raccourcie pour les besoins du journal.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> : <em>Les droits et libertés énoncés dans la présente Charte sont garantis également aux femmes et aux hommes</em>.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> : <em>Alberta c. Hutterian Brethren Colony</em>, qui fut rendu en juillet 2009 (CSC 37).</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> : <em>Une distinction, exclusion ou préférence fondée sur les aptitudes ou qualités requises par un emploi, ou justifiée par le caractère charitable, philanthropique, religieux, politique ou éducatif d&#8217;une institution sans but lucratif ou qui est vouée exclusivement au bien-être d&#8217;un groupe ethnique est réputée non discriminatoire</em>.</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> : [1985] 1 R.C.S. 295.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> : [2001] 1 R.C.S. 772.</p>
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		<title>Zéro pot de vin ?</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Feb 2010 20:55:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
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 Traduit du www.telegraph.com, UK: 02 Feb 2010 
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/BilletZeroRoupie-seul-r.JPG"><img class="alignright size-medium wp-image-1840" title="BilletZeroRoupie-seul-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/BilletZeroRoupie-seul-r-300x150.jpg" alt="BilletZeroRoupie-seul-r" width="300" height="150" /></a>Par Dean Nelson à New Delhi <br />
 Traduit du www.telegraph.com, UK: 02 Feb 2010 <br />
 Les militants de l&#8217;organisme de bienfaisance Cinquième Pilier, qui confrontent les fonctionnaires corrompus en utilisant la liberté d&#8217;information, ont émis des billets à l&#8217;effigie du Mahatma Gandhi, le dirigeant de la lutte de l&#8217;Inde pour sa liberté. Les billets sont identiques aux billets indiens, mais portent le slogan «Éliminer la corruption à tous les niveaux» et l&#8217;engagement «Je promets de n&#8217; accepter ni de donner de pots de vin».  <br />
 Le groupe affirme que les billets ont très bien réussi à tester les inspecteurs de billets de train, les policiers et les fonctionnaires demandant des «backsheesh&#8221; pour l&#8217;exercice de leurs fonctions.  <br />
 La corruption est endémique en Inde, où le public est contraint de payer des pots de vin en espèces pour immatriculer les véhicules, pour se loger, pour obtenir Internet à haute vitesse, ou même dans de nombreux cas, pour demander les prestations du gouvernement.  <br />
 L&#8217;organisme de bienfaisance soutient que 6 milliards de dollars sont payés chaque année en pots de vin en Inde, mais les initiés crois que le chiffre est considérablement plus élevé, et que plusieurs dirigeants politiques sont devenus milliardaires grâce à la corruption. <br />
 Cinquième Pilier croit que le billet de zéro roupie est une façon discrète pour ceux qui se sentent impuissant de montrer leur opposition. « Ce billet est une façon pour tout être humain de dire non à la corruption sans craindre de faire face à des personnes en position d&#8217;autorité. »<br />
 « La prochaine fois que quelqu&#8217;un vous demande un pot de vin, prenez simplement votre billet de banque de zero roupie et remettez leur. Cette formule permettra à l&#8217;autre personne de savoir que vous refusez de donner de l&#8217;argent pour assurer des services requis par la loi ou encore de prendre de l&#8217;argent pour faire quelque chose d&#8217;illégal », a déclaré l&#8217;organisme de bienfaisance dans un communiqué.<br />
 &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br />
 Le magazine The Economist a aussi fait un article sur cette initiative et mentionne qu&#8217;un officiel du Tamil-Nadu fut tellement étonné de recevoir un tel billet qu&#8217;il décida de rendre tous les pots  de vin qu&#8217;il avait sollicités pour fournir l&#8217;électricité à un village. <br />
 Vijay Anand, le président de Cinquième Pilier pense que les billets de zéro roupie fonctionnent parce que les officiels corrompus ne rencontrent pratiquement jamais de résistance. Quand ils découvrent une résistance, ils ont la trouille parce qu&#8217;ils devinent qu&#8217;il y a derrière ce billet une organisation et non pas un simple individu. Pour la même raison, ceux qui se faisaient exploiter sans rien dire ont maintenant plus de confiance en eux puisque Cinquième Pilier est derrière eux.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p>Si vous désirez commenter je vous suggére de le faire sur le forum humaniste à:</p>
<p><a title="Les caves se rebiffent ?" href="http://forum.assohum.org/viewtopic.php?f=17&amp;t=300">http://forum.assohum.org/viewtopic.php?f=17&amp;t=300</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Souvenirs de Pierre Vadeboncoeur</title>
		<link>http://assohum.org/2010/02/souvenirs-de-pierre-vadeboncoeur/</link>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 21:36:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Souvenirs personnels de Pierre Vadeboncoeur
Comme vous l’avez sans doute appris par les journaux, Pierre Vadeboncoeur, pamphlétaire et essayiste connu du Québec, est décédé cette semaine, à 89 ans. Depuis 1966, je l’ai côtoyé à de nombreuses reprises puisqu’il faisait partie de la famille étendue de mon épouse Valérie Martin, son père, Gérald Martin, veuf, ayant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Souvenirs personnels de Pierre Vadeboncoeur</strong></p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/AutoPortrait-PVadeboncoeur-r.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1836" title="AutoPortrait-PVadeboncoeur-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/02/AutoPortrait-PVadeboncoeur-r-294x300.jpg" alt="AutoPortrait-PVadeboncoeur-r" width="294" height="300" /></a>Comme vous l’avez sans doute appris par les journaux, Pierre Vadeboncoeur, pamphlétaire et essayiste connu du Québec, est décédé cette semaine, à 89 ans. Depuis 1966, je l’ai côtoyé à de nombreuses reprises puisqu’il faisait partie de la famille étendue de mon épouse Valérie Martin, son père, Gérald Martin, veuf, ayant épousé une des sœurs de Pierre, Lucie, en secondes noces. Ce que les journaux n’ont pas rapporté, à ce que je sache, c’est que Pierre est décédé le même jour que sa sœur ainée Andrée Carmel (99 ans). Deux Vadeboncoeur à enterrer la même semaine, ça occupe.</p>
<p>Ces dernières années je ne voyais Pierre guère que pour les enterrements ou presque. La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, c’était dans le cimetière Côte-des-Neiges où il venait parfois marcher. Sa dernière parole avec moi : « Tous mes amis sont là » mais il ne paraissait pas triste pour autant, plutôt ennuyé que ses amis lui aient fait faux bond.</p>
<p>Dans les années soixante, je le rencontrais plus souvent. Sa mère, Antoinette Vadeboncoeur, née Harel, ayant été invitée pour une fin de semaine chez son gendre, Gérald Martin, avait trouvé la place à son goût et était restée à demeure chez sa fille Lucie, du moins c’est ce que racontait Gérald. Or Pierre Vadeboncoeur avait beaucoup d’affection pour sa mère et il la visitait très souvent, pratiquement chaque semaine. A l’époque je courtisais la fille de Gérald, Valérie, et nous nous croisions donc assez souvent chez  Gérald, qui était alors ingénieur et directeur général des ventes à la Dominion Bridge.</p>
<p>Gérald était si parfaitement à l’aise dans le milieu anglophone de Montréal (tout le monde l’appelait Gerry « Mârtine ») que plus d’un  anglophone le prenait pour un des leurs, avec parfois d’amusants quiproquos. Gérald invitait de temps à autre Pierre à prendre un verre et ironisait sur leur vues politiques respectives avec un « Est-ce que le socialiste prendra un cognac avec le capitaliste ? » sourire en coin. Il faut dire que Pierre était à contre pied du reste de sa fratrie, pratiquement libérale mur à mur. D’où une certaine ambiguïté dans les rapports : tout le monde était fier de la notoriété de Pierre mais en même temps on aurait sans doute préféré qu’il milite un peu moins à gauche. Et puis, des titres comme <em>Un génocide en douce</em>, ça fait un peu désordre, et la famille Vadeboncoeur ne se voyait certainement pas comme le boutefeu de l’indépendance du Québec. Ni son frère Jacques, juge et président des Grands Ballets canadiens, ni Guy, ex-pilote de chasse, marié à une anglophone et <em>Canadian </em>jusqu’au bout des ongles, ni Andrée, épouse d’un marguillier, ni encore moins l’épouse de Gérald, Lucie qui avait eu pour premier mari Genest Trudel, le secrétaire de Mackenzie King.  Lorsque Pierre-Elliott Trudeau s’est présenté pour la première fois aux élections fédérales, la famille Vadeboncoeur s’est ralliée tout naturellement à cet ami d’enfance de Pierre Vadeboncoeur, avec qui il avait travaillé à Cité Libre, alors que lui même prenait ses distances.</p>
<p>Pierre avait de multiples talents dont celui du dessin. Il faisait des caricatures y compris de lui-même, dont l’autoportrait en mortaise de cet article. Comme pamphlétaire, il était d’une virulence absolument dévastatrice, en complète contradiction avec l’homme doux et attentionné que je rencontrais. Des exemples, sur le premier gouvernement Bourassa : « Tout est à vendre. Tout ? Oui, sauf des ministres, c’est déjà fait ». Ceci au moment même où son neveu, Claude Trudel, était un rouage important du cabinet Bourassa.</p>
<p>Sur les dogmes de la gauche : « S’il y a un lieu où je ne puis souffrir la bêtise, c’est à gauche. ». Il était alors avocat de la CSN.</p>
<p>Comme philosophe, je ne sais pas, n’ayant jamais pu lire entièrement ses essais, de <em>La ligne du risque </em>à <em>Essai sur la croyance et l’incroyance</em> (2007). Anticlérical dans sa jeunesse, Pierre ne semble pas avoir été capable d’aller jusqu’au bout. Il considérait que de s’ouvrir à la foi était une forme de liberté dont se privaient les athées dogmatiques. Je soupçonne que son modèle d’athée étant fortement influencé par les marxistes de son entourage syndical mais je n’ai jamais osé débattre de cette question avec lui. En tout cas, ses funérailles se feront chez les dominicains.</p>
<p>En fouillant dans ma bibliothèque, entre <em>Option Québec</em> de René Lévesque et <em>Le Colonialisme au Québec</em> d’André d’Allemagne, j’ai retrouvé l’exemplaire de <em>Un génocide en douce</em>, celui que Pierre avait dédicacé à sa sœur Lucie et son beau-frère Gérald en 1974, l’année de la première loi linguistique du Québec, la loi 22. Sa dédicace pourrait certainement servir d’épitaphe :</p>
<p>« A Gerry et Lucie,</p>
<p>des méchancetés par-ci par-là, mais surtout une adhésion profonde à un peuple et au peuple.</p>
<p>Déc. 74</p>
<p>Pierre »</p>
<p>Difficile de résumer mieux et plus concisément un homme qui a marqué la pensée québécoise pendant plus de 60 ans.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p>12 février 2010,</p>
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		<title>Texte de la conférence de Richard Rousseau du 22 janvier 2010</title>
		<link>http://assohum.org/2010/01/texte-de-la-conference-de-richard-rousseau-du-22-janvier-2010/</link>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 15:56:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[Textes de conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous trouverez le texte de la conférence en format pdf (7 pages)  à :
Humanisme_vision_par Richard_Rousseau
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous trouverez le texte de la conférence en format pdf (7 pages)  à :</p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Humanisme_vision_par-Richard_Rousseau.pdf">Humanisme_vision_par Richard_Rousseau</a></p>
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		<title>Le dilemme de la laïcité québécoise</title>
		<link>http://assohum.org/2010/01/le-dilemme-de-la-laicite-quebecoise/</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 14:45:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[mlq]]></category>
		<category><![CDATA[neutralité]]></category>
		<category><![CDATA[principes]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[sécularisme]]></category>

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		<description><![CDATA[(L&#8217;article suivant représente uniquement l&#8217;opinion de Michel Virard)
En référence à l’article du Devoir :
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/281707/la-laicite-est-dans-l-impasse
J&#8217;ai eu aussi accès aux notes abondantes de Jocelyn Parent, qui était à la conférence «Le Québec en quête de laïcité» (22 janvier 2010), et l&#8217;article du Devoir semble bien correspondre au débat: il y a effectivement une division de la gauche sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>(L&#8217;article suivant représente uniquement l&#8217;opinion de Michel Virard)</em></p>
<p>En référence à l’article du Devoir :</p>
<p><a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/281707/la-laicite-est-dans-l-impasse">http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/281707/la-laicite-est-dans-l-impasse</a></p>
<p>J&#8217;ai eu aussi accès aux notes abondantes de Jocelyn Parent, qui était à la conférence «Le Québec en quête de laïcité» (22 janvier 2010), et l&#8217;article du Devoir semble bien correspondre au débat: il y a effectivement une division de la gauche sur la nature de la laïcité souhaitable pour le Québec. Je retiens en outre que :</p>
<p>- L&#8217;option &#8220;laïcité ouverte&#8221; est contaminée par le désir trop apparent de plusieurs acteurs pro-religions (ex: Taylor) de limiter les dommages potentiels au christianisme-historique-du-Québec et conserver ainsi le haut du pavé, et les privilèges qui vont avec, pour &#8220;la seule vraie&#8221; religion.</p>
<p>- L&#8217;option &#8220;laïcité tout court&#8221; telle que celle du CCIEL est elle aussi contaminée par des éléments, j&#8217;en ai rencontrés, qui ont du mal à éviter les généralisations abusives (du genre: je me suis fait insultée par des musulmans donc tous les musulmans sont des o&#8230; de misogynes) et pour qui la laïcité mur à mur est le seul moyen restant pour faire barrage à ce qu&#8217;ils perçoivent comme une attaque directe sur la façon de vivre des Québécois.</p>
<p>Le constat de Françoise David est intéressant moins pour la réponse qu&#8217;elle propose, que pour la question qu&#8217;elle pose implicitement, à savoir que des deux maux il va falloir choisir le moindre, entre l&#8217;exclusion des femmes musulmanes intransigeantes de la fonction publique et l&#8217;atteinte à la neutralité de l&#8217;état. Au moins, Françoise David a le mérite de poser la question en termes d&#8217;éthique humaniste, à savoir l&#8217;évaluation des conséquences sur le plus grand nombre de personnes touchées par la décision et sur la plus grande étendue dans le temps, ce qui inclue évidemment les générations à venir.</p>
<p>Elle semble croire que le dommage causé par l&#8217;exclusion sera plus important que les dommages à venir issus de la non-neutralité apparente de l&#8217;état. Ce n&#8217;est pas impossible, mais j&#8217;en doute. Je pense que Françoise David est ici victime d&#8217;un syndrome connu: lorsque les victimes sont peu nombreuses mais identifiables, comme les femmes musulmanes, elles emportent facilement la sympathie vis-à-vis de victimes potentielles beaucoup plus nombreuses mais non clairement identifiables et dont le préjudice subit est diffus et, en toute honnêteté, la plupart du temps moindre, au niveau individuel, que celui subit par les premières.</p>
<p>Il m&#8217;apparait impossible de faire progresser le débat sans devoir d&#8217;abord tenter d&#8217;évaluer brièvement ce qu&#8217;on peut redouter lorsque l&#8217;intégrité de l&#8217;état est entamée. Sans une vision claire des enjeux nous serons toujours tentés de donner raison à la victime qui crie le plus fort ou qui est la plus proche de nous, physiquement ou culturellement.</p>
<p>Je postule ici qu&#8217;un état démocratique fonctionnel est, en soi, un bien qui mérite d&#8217;être défendu. Cette opinion fait consensus dans tous les pays occidentaux actuellement. Je postule également qu&#8217;un état démocratique fonctionnel est relativement fragile, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il peut être perverti pour le bénéfice d&#8217;un groupe voir même aboli sur une période de temps relativement courte (les exemples ne manquent pas). Les façons dont un état démocratique peut perdre son intégrité sont diverses mais j&#8217;en vois deux principales. La première est le classique coup d&#8217;état à l&#8217;aide d&#8217;une force militaire ou paramilitaire, s&#8217;appuyant sur la peur ou l&#8217;indifférence des populations. La seconde, qui nous intéresse plus, est le noyautage de l&#8217;intérieur. A l&#8217;intérieur même de l&#8217;état, des coteries s&#8217;emploient discrètement à divertir les ressources de l&#8217;état au profit d&#8217;un groupe privilégié dans l&#8217;état (exemple: l&#8217;armée en Indonésie) ou hors de l&#8217;état (le complexe militaro-industriel des États-Unis). La tentation existe dans tous les états et le nier c&#8217;est se fermer les yeux. Les états sains ont développé un système immunitaire et s&#8217;opposent à ces tendances en édictant des règles de séparation des pouvoirs, de contrôles des comptes par vérificateurs, etc. mais surtout par la vigilance des citoyens, présumés informés par une presse indépendante. S&#8217;il fonctionne tel que prévu, l&#8217;état joui du prestige considérable attribué à l&#8217;organisation intègre la plus puissante du territoire et l&#8217;état est alors respecté, c&#8217;est à dire que ses décisions, même controversées, sont acceptées par les citoyens comme à la fois légales (c&#8217;est la loi) et légitimes (elles respectent l&#8217;esprit du droit, de l&#8217;équité, de la morale humaine).</p>
<p>Toutefois pour que l’état jouisse de ce prestige, l&#8217;état se doit sinon, d&#8217;être totalement impartial, du moins d&#8217;avoir l&#8217;apparence de l&#8217;impartialité et surtout de montrer que l’impartialité est un paramètre critique de son fonctionnement. C&#8217;est pour cela que les employés de l&#8217;état ont un devoir de réserve plus contraignant que celui imposé par toute autre organisation. Ils participent très directement de la majesté de l&#8217;état et, à ce titre, ne peuvent refléter autre chose, dans leurs propos publics, leur attitude et leur présentation, que la position officielle définie par le gouvernement en exercice et les lois en usage. Une des méthodes éprouvées pour assurer, en partie, cette conformité est d&#8217;ailleurs l&#8217;usage systématique d&#8217;uniformes à usage restreints (militaires, corps de police, juges) pour tout représentant de l&#8217;état ayant un pouvoir direct de coercition.</p>
<p>Cependant les employés de l&#8217;état en position d&#8217;autorité ne sont pas tous astreints à un uniforme mais cela ne leur permet pas pour autant de s&#8217;afficher dans des tenues autres que neutres. Il y a toujours deux contraintes qui demeurent. D&#8217;abord l&#8217;exigence de décorum reste toujours valide dans tout ce qui a trait à la justice, ce qui exclu les tenues fantaisistes. Ensuite, la neutralité, expression de l&#8217;impartialité, est applicable à tout fonctionnaire, lequel, dans l&#8217;exercice de ses fonctions n&#8217;est pas autorisé à exprimer ses opinions personnelles, ou pire, les faire passer pour des positions de l&#8217;état. Le manquement à ce devoir envoie immédiatement un message clair vers les collègues et vers le public servi : dans l&#8217;ordre des priorités du fonctionnaire, l&#8217;opinion personnelle -religieuse, politique ou autre &#8211; a préséance sur le message prévu par la position du fonctionnaire. Autrement dit, le fonctionnaire ne remplit plus complètement la tâche qu&#8217;on lui a confiée parce que maintenir l&#8217;intégrité du message d&#8217;impartialité continue de faire partie de sa fonction.</p>
<p>Un état démocratique qui accepte que son message d&#8217;impartialité soit systématiquement obscurci court des risques. Au premier chef, il va courir le risque de dilution d&#8217;autorité. Au lieu d&#8217;apparaître comme un organisme intègre, soudé par un objectif commun, avec qui on ne badine pas, il va paraitre comme un organisme avec qui on peut composer, voir marchander. Après tout, si le fonctionnaire qui est devant moi a obtenu un passe-droit, pourquoi pas moi ? Ensuite, l&#8217;état &#8220;cool&#8221; va devoir faire face à des demandes similaires qui vont encore éroder son autorité. Et pas seulement de nature religieuse, j&#8217;imagine qu&#8217;un tenant du marxisme pur et dur pourrait fort bien demander la permission de représenter l&#8217;état devant le public portant un béret avec une faucille et un marteau plus un T-shirt de Che Guevara. Pourquoi pas ? De quel droit lui refuserait-on cette &#8220;dispense&#8221; ? Le dommage à l&#8217;état sera cumulatif et finira par faire paraitre l&#8217;état comme étant, intrinsèquement, une structure sans plus d&#8217;importance, et même moins, que les nombreuses sociétés de service du paysage économique.</p>
<p>Sauf que ce n&#8217;est pas vrai. L&#8217;état n&#8217;est pas juste un fournisseur de services. C&#8217;est l&#8217;ossature même d&#8217;une nation. Si vous voulez des exemples de pays ou l&#8217;état n&#8217;est pas respecté (parce que non respectable ou bien inexistant) il suffit de prendre la liste des pays classés par ordre d&#8217;indice de développement humain et de commencer par la fin. La corrélation absence d&#8217;état respectable &#8211; sous-développement est certainement l&#8217;une des mieux établie. Diminuer la respectabilité de l&#8217;état par des mesures bien intentionnées mais incohérentes avec les fonctions premières de l&#8217;état, c&#8217;est s&#8217;engager à faire baisser imperceptiblement le statut de l&#8217;état, son autorité et sa capacité à contrer les continuelles tentatives de détournement de ressources dont il fera toujours l&#8217;objet. Des &#8220;accidents&#8221; de démocratie qui étaient auparavant difficiles à imaginer, deviendront alors possibles, avec des conséquences néfastes et peut-être même tragiques. Lorsque l&#8217;autorité de l&#8217;état diminue, l&#8217;autorité des gangs, mafias, tribus, groupes de pression, etc. augmente en proportion directe au point de défier, voir de dominer, l&#8217;état comme on le voit dans plus d&#8217;un pays y compris certaines zones d’états occidentaux avancés.</p>
<p>Je crois que les conséquences à terme sont trop graves pour laisser l&#8217;état démocratique effilocher son autorité.</p>
<p>Reste à déterminer qui, réellement, parmi les fonctionnaires, est couvert par ce devoir de réserve et là, la décision peut être moins facile. Il y a par exemple, la question de savoir si tous les fonctionnaires sont assujettis ou seulement ceux qui font affaire au public. J&#8217;ai changé d&#8217;opinion la dessus et je pense maintenant que tous les fonctionnaires devraient être assujettis, même ceux qui ne sont pas en position d&#8217;autorité ou sans contact normal avec le public. L&#8217;état a besoin d&#8217;un esprit de corps et il y a déjà bien assez de divisions à l&#8217;intérieur de l&#8217;état pour permettre à un autre facteur de s&#8217;y ajouter. Mais j&#8217;admets que cette intégralité du devoir de réserve peut être discutée, du moins la partie habillement. Par contre je ne vois pas comment on pourrait en dispenser des fonctionnaires en situation d&#8217;autorité ou faisant affaire avec le public et cela inclus clairement les enseignants.</p>
<p>L’autre volet de la question est, évidemment, d’évaluer le dommage subit par les fonctionnaires touchés par ces restrictions. Nous savons bien que nous parlerons surtout de femmes musulmanes employées comme enseignantes. Entendons-nous d’abord que cela touchera seulement une petite partie des employées musulmanes. Nous savons par des enquêtes indépendantes que les immigrants issus de pays musulmans francophones sont légèrement moins pratiquants que les Québécois de souche. Mon expérience d’employeur de musulmans et de musulmanes, quoique purement anecdotique, confirme ce fait. Il est possible que les musulmanes effectivement pratiquantes soient surreprésentées dans l’enseignement (s’occuper des enfants est une activité acceptable pour la femme d’un couple très pratiquant tandis que d’autres activités le sont moins, surtout s’il y a contact avec des hommes). Malgré cela on ne saura jamais si un voile islamique est porté par conviction ou par soumission. Interdire les signes religieux ostensibles, c’est donc pénaliser celles qui sont pratiquantes par conviction. Mais autoriser ces mêmes signes c’est également pénaliser celles qui les portent par soumission sans qu’on puisse distinguer les unes et les autres.</p>
<p>Alors, du coté pile, on pénalise certainement un certain nombre de femmes qui devront soit accepter cette contrainte sur leur foi ou trouver un autre emploi hors de la fonction publique (cependant, le droit d’être fonctionnaire n’est toujours pas inscrit dans la constitution). Du coté face, la laïcité de l’état est déclarée et rendue visible, l’autorité de l’état face aux groupes avec des agendas particuliers est maintenue et la religion des fonctionnaires retourne à la sphère privée, qui doit demeurer son espace naturel.</p>
<p>Même si la loi sur le port des signes religieux  ostensibles par les élèves des écoles publiques a fait apparaître des divergences d’opinion en France, il faut savoir que le devoir de réserve imposé à tous les fonctionnaires, lui, par contre, a toujours fait l’unanimité en France et que ce n’est pas le seul territoire où cela va de soi. Depuis le début des années 2000, il en est de même dans plus de la moitié des länders allemands. Cette restriction à la liberté d’exprimer publiquement sa religion a été confirmée en cour suprême et on retrouve ces limites aussi au niveau d’écoles belges et suisses. L’opposition la plus sérieuse vient probablement de la HRW américaine (Human Rights Watch) qui considère les initiatives européennes en la matière comme des atteintes injustifiées à la liberté de conscience mais considère les atteintes à l’image de l’état comme de bien moindre importance. J’en conclu que la nature de l’état est vue différemment par des yeux américains et des yeux européens. Même avant les années Reagan, l’État avec un E majuscule, même démocratique, a toujours été considéré par une majorité d’Américains comme un mal nécessaire et rarement comme un bien en soi. Je ne suis donc pas surpris de la réaction de la HRW. Toutefois la Cour européenne des droits de l’homme ne semble pas être perturbée outre mesure par l’opinion des Américains.</p>
<p>Je crois qu’il est temps pour le Québec de montrer le courage politique si manifestement absent du gouvernement fédéral et décrète de son propre chef la fin de la récréation : l’état ne peut pas s’offrir le risque de paraître à moitié neutre.</p>
<p>Michel Virard</p>
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		<title>La critique de l’humanisme de Peter Sloterdijk &#8211; par Dominic Desroches</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Jan 2010 02:01:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Textes de conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[Conférence à l’AHQ – 22 février 2010 (19 heures 30)
Résumé 
L’humanisme classique est une conception qui place l’homme en son centre. Or qui est cet homme aujourd’hui ? Est-ce l’animal qui parle (Aristote) ? Est-ce celui qui élève ses enfants par la lecture et les bonnes manières (Érasme) ? Ou bien est-ce celui qui a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/DominicDesroches-r2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1824" title="DominicDesroches-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/DominicDesroches-r2.jpg" alt="DominicDesroches-r" width="150" height="186" /></a>Conférence à l’AHQ – 22 février 2010 (19 heures 30)</p>
<p><strong>Résumé </strong></p>
<p>L’humanisme classique est une conception qui place l’homme en son centre. Or qui est cet homme aujourd’hui ? Est-ce l’animal qui parle (Aristote) ? Est-ce celui qui élève ses enfants par la lecture et les bonnes manières (Érasme) ? Ou bien est-ce celui qui a inventé la technique, tout en y reconnaissant son destin (Heidegger) ? Une chose est claire : la puissance de la technique rend obsolète la question de savoir qui est cet homme, car celui-ci se fabrique lui-même dans son environnement – c’est l’anthropotechnique &#8211; et déjoue sa dépendance à la nature. L’homme a non seulement appris à survivre, à s’installer sur le globe, mais il est aussi parvenu à modifier et à dominer l’environnement, il en a fait son « parc à thème », au point de le détruire lentement lui-même.</p>
<p>L’écrivain allemand Peter Sloterdijk, auteur de la trilogie <em>Sphères</em>, répond à la crise de l’humanisme classique en interrogeant le lieu de l’homme, autrement dit comment l’homme s’installe dans les sphères. Dans sa réponse à Heidegger, il montre que l’humanisme traditionnel est limité, car il coupe l’homme de la technique qu’il invente. À l’ère des biotechnologies, s’opposer à la technique au nom de la morale (Jonas) n’a plus de sens. Si la tradition – forgée par la morale et la religion &#8211; a voulu voir en l’Homme un être libre de sa domestication par le média du livre, cela ne correspond plus à notre réalité. Pour Sloterdijk, et ce sera l’objet de sa conférence controversée intitulée <em>Règles pour le parc humain</em>,  l’avenir de la culture, de l’éducation et de la politique repose sur une vision qui ne refuse plus que l’homme soit un désigner d’atmosphère capable de modifier sa nature par la force de ses métaphores. La question n’est donc plus de savoir s’il se transforme, mais comment s’interdira-t-il d’avancer dans cette direction sans renier en même temps son potentiel anthropotechnique ?</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Sloterdijk, P., <em>Règles pour le parc humain</em>, Paris, Mille et une nuits, 1999.</p>
<p>_____, <em>La Domestication de l’Être</em>, Paris, Mille et une nuits, 2000.</p>
<p>_____, <em>Écumes. Sphères III</em>, Paris, Pauvert, 2005.</p>
<p><a href="http://vwww.collegeahuntsic.qc.ca/pagesdept/philosophie/dominic.html">Dominic Desroches, Ph. D. (Professeur de philosophie au Collège Ahuntsic) </a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Pas de religion, S.V.P.</title>
		<link>http://assohum.org/2010/01/pas-de-religion-s-v-p/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/01/pas-de-religion-s-v-p/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 18:40:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[PAS DE RELIGION S.V.P.
par Mohammed Wajihuddin (The Times of India, le 27 décembre 2009)
Mumbai: Dans un appartement clair et spacieux près d&#8217;un petit boisé à Versova, un poupon de 3 semaines dort dans son petit berceau. Aditi Shedde, la radieuse nouvelle maman, pétille ; elle volette d&#8217;une pièce à l&#8217;autre, demandant à la bonne d&#8217;enfant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>PAS DE RELIGION S.V.P.<br />
par Mohammed Wajihuddin (The Times of India, le 27 décembre 2009)</p>
<p>Mumbai: Dans un appartement clair et spacieux près d&#8217;un petit boisé à Versova, un poupon de 3 semaines dort dans son petit berceau. Aditi Shedde, la radieuse nouvelle maman, pétille ; elle volette d&#8217;une pièce à l&#8217;autre, demandant à la bonne d&#8217;enfant de changer la doudou du bébé et de le couvrir d&#8217;une serviette aseptisée. On garde le nourrisson à l&#8217;écart quand on lave les luxueux planchers de marbre et qu&#8217;on époussette les sofas plusieurs fois par jour.</p>
<p>Qu&#8217;y a-t-il de si différent chez ce nouveau-né qui se fait dorloter dans sa somptueuse maison ? Éh bien, il n&#8217;a pas de religion. Sa mère hindoue et son père musulman ont décidé de lui laisser le choix quand il grandira. En soi-même, ceci n&#8217;a rien de bien étonnant ; bien des parents offrent le même choix à leurs enfants.</p>
<p>La différence est qu&#8217;Aditi et son mari Aalif Surti ont choisi dès le début de confronter une bureaucratie retranchée sur ses positions en refusant de remplir la colonne Religion dans la demande de certificat de naissance pour leur fils.</p>
<p>Ce n&#8217;était pas une décision du moment. « Après quelques mois de grossesse, nous avons décidé que nous ne donnerions pas d&#8217;identité religieuse à notre enfant », dit Aditi. « Nous ne sommes pas contre la religion, mais qui sommes-nous pour choisir sa religion à sa place ? Nous l&#8217;exposerons aux valeurs des différentes croyances et cultures et il pourra librement choisir la foi de son choix – ou aucune d&#8217;elles si c&#8217;est ce qu&#8217;il désire. »</p>
<p>Bien entendu, obtenir le certificat de naissance n&#8217;a pas été de tout repos. Le premier obstacle s&#8217;est dressé à l&#8217;hôpital. Les responsables se sont inquiétés lorsque les jeunes parents ont annoncé qu&#8217;ils ne rempliraient pas la colonne Religion dans les formulaires.</p>
<p>Tous les hôpitaux doivent annoncer les nouvelles naissances à la Corporation municipale de Brihanmumbai (BMC) dans les 15 jours suivants la naissance, après quoi la BMC émet les certificats. « Vous devrez vous adresser à un directeur de la BMC », a dit un employé de l&#8217;hôpital au couple. « Puisque Aditi parle couramment Marathi, je lui ai demandé de persuader la ville », dit Aalif, directeur artistique dans une entreprise de production et de distribution de films. Puis, Aditi s&#8217;est rendue au bureau du district K (Andheri) de la BMC, prête à tout.</p>
<p>« Avez-vous honte d&#8217;être hindoue ? Pourquoi ne voulez-vous pas qu&#8217;on identifie votre enfant comme hindou ? » lui a brusquement demandé un directeur. Aditi a rétorqué que, bien que fière de ses racines hindoues, elle n&#8217;était pas pratiquante. « Pourquoi, dans un pays démocratique et séculier, un parent ne peut pas prendre la décision de ne pas donner de religion à son enfant ? » a-t-elle demandé au directeur.<br />
Sceptique, le directeur a soulevé un problème d&#8217;ordre plus technique : aujourd&#8217;hui, les certificats sont générés par des machines automatisées qui rejettent tout formulaire dont les colonnes ne sont pas toutes complétées. À force d&#8217;insistance, Aditi a été dirigée vers un superviseur. « Ce directeur m&#8217;a écouté patiemment et m&#8217;a dit qu&#8217;il comprenait mes sentiments, mais a de nouveau soulevé le même problème technique. Il a aussi ajouté qu&#8217;il n&#8217;avait jamais reçu une telle demande dans sa carrière, ce à quoi j&#8217;ai répondu qu&#8217;il y a une première à tout », se rappelle Aditi.</p>
<p>Le couple croyait être dans l&#8217;impasse. Le formulaire proposait quatre choix : hindou, musulman, chrétien et autres. Aditi dit qu&#8217;elle ne voulait aucun de ces choix pour son fils car, même pour le choix autres, il fallait nommer la secte ou la communauté en question. Elle a encore débattu avec le directeur pour finalement accepter de choisir autres mais sans aucune identification. « Le choix autres est simplement pour faciliter l&#8217;obtention du certificat. Nous savons que notre enfant n&#8217;a pas de religion », dit-elle.</p>
<p>Le couple attribue leur décision au fait d&#8217;avoir grandi dans un environnement ouvert et tolérant. Aditi a grandi au Koweït où elle avait plusieurs amies musulmanes à l&#8217;école et a même appris quelques versets du Coran. Aalif, fils de Abid Surti – un écrivain-bédéiste de renom qui compte  Osho Rajneesh, Atal Bihari Vajpayee et Amitabh Bachchan parmi ses fans – a grandi à Bandra quand l&#8217;endroit était un peu plus cosmopolite. « Je n&#8217;ai jamais voulu imposer une quelconque identité religieuse à mes deux fils, dit Abid, aujourd&#8217;hui âgé de 75 ans. Je n&#8217;ai pas réussi à obtenir leurs certificats sans mention de religion, mais je suis content que mon fils et ma belle-fille aient réussi là où j&#8217;ai échoué il y a plusieurs années. »</p>
<p>Aalif et Aditi ont peut-être gagné la première bataille, mais ce n&#8217;est que le début d&#8217;un long combat parsemé d&#8217;embûches – au moment de l&#8217;inscription à l&#8217;école ou d&#8217;obtenir un passeport pour l&#8217;enfant, par exemple. « Nous sommes prêts pour ces batailles aussi », assure Aditi. En attendant, le bébé joue dans sa poussette, heureux dans l&#8217;ignorance de l&#8217;identité unique que ses parents lui ont acquise.</p>
<p>(Traduction courtoisie d&#8217;Alexandre Leclerc)</p>
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		<title>Sciences, athéisme et humanisme</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Jan 2010 19:05:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>

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		<description><![CDATA[La conférence humaniste du 22 janvier 2010 aura pour sujet
Sciences, athéisme et humanisme
par Richard Rousseau
En écoutant la chanson « J’ai oublié de vivre » de Johnny Hallyday, je m’attriste à la pensée que certaines personnes, arrivées au crépuscule de leur vie, puissent se dire qu’ils ont oublié de vivre. Idéalement, chaque instant de notre existence devrait nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Photo-RR-912-r.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1684" title="Photo-RR-912-r" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/01/Photo-RR-912-r-300x164.jpg" alt="Photo-RR-912-r" width="300" height="164" /></a>La conférence humaniste du 22 janvier 2010 aura pour sujet</p>
<p align="center"><strong>Sciences, athéisme et humanisme</strong></p>
<p align="center">par<strong> Richard Rousseau</strong></p>
<p>En écoutant la chanson « J’ai oublié de vivre » de Johnny Hallyday, je m’attriste à la pensée que certaines personnes, arrivées au crépuscule de leur vie, puissent se dire qu’ils ont oublié de vivre. Idéalement, chaque instant de notre existence devrait nous amener à un sentiment de sérénité qui nous laisse sans regret à l’heure de la mort. Cette quête du bonheur est très louable, elle est même nécessaire, mais ce bonheur tant désiré n’est pas facile à atteindre. Je vais donc vous présenter au cours des prochaines minutes des pistes, des directions, des chemins à suivre pour le trouver. À vous de choisir celles qui conviennent à vos personnalités.</p>
<p>Ayant reçu une formation de physicien, cela m’a permis d’étudier l’infiniment grand, l’univers, et l’infiniment petit, l’atome. J’y ai vu une grande beauté, une évolution extraordinaire depuis le Big Bang jusqu’à l’homme d’aujourd’hui, mais rien de divin. Tout n’est qu’évolution, tout s’explique, sauf que ça prend du temps, beaucoup de temps. En fait, 13,7 milliards d’années. Alors pourquoi l’être humain, depuis toujours, à toutes les époques, et à tous les endroits sur notre planète, a-t-il toujours cru au divin, ce magnifique conte de fées? Toute théorie pour expliquer l’origine du divin doit tenir compte de cette réalité.</p>
<p>Dans un premier temps, je vais expliquer l’origine de la croyance au divin et je vais mettre en évidence le fait que Dieu est une fiction, une création des hommes, une fabrication correspondant à un besoin essentiel.</p>
<p>Si Dieu est une fiction, une fable inventée de toutes pièces, cela a de nombreuses conséquences. Tout ce qui découle de la croyance au divin perd ainsi toute crédibilité. Par exemple, la foi n’est qu’un lavage de cerveau imposé à de jeunes enfants sans défense. Il y a aussi tous les écrits (Torah, Bible, Coran) qui deviennent pure spéculation. À la lumière de cette approche, je vais également analyser les faits et propos du plus célèbre personnage de la Bible : Jésus.</p>
<p>Une conséquence horrible de la croyance au divin est toute cette violence générée par les guerres de religion. Les religions ont toujours généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix. Décidément, la croyance au divin coûte cher, très cher à l’humanité. Je vais donc vous suggérer des moyens très simples d’application pour supprimer toute forme de violence.</p>
<p>Mais si on se débarrasse de toute croyance divine que devient alors la croyance de la vie après la mort? Il est facile de s’imaginer la vie après la vie terrestre. On n’a qu’à fermer les yeux, et voilà on peut s’imaginer tout ce que l’on veut, y compris le Père Noël ou Superman! La réalité est tout autre : Poussière d’Étoiles nous sommes, et Poussière d’Étoiles nous redeviendront. C’est ce que je vais essayer de vous démontrer.</p>
<p>Je remets donc en question la croyance à toute divinité. C&#8217;est pourquoi je fais la promotion de l’athéisme, cette conviction qui nous libère enfin des conséquences de toute servitude irrationnelle. Cependant, l’athéisme ne doit pas se limiter à nier l’existence d’un Dieu tout-puissant, mais doit déboucher sur une nouvelle éthique essentiellement laïque, proposer des règles de jeu, un code de conduite entre les hommes, une vision du monde purement humaniste, c.-à-d. basée uniquement sur des valeurs humaines qui ne comprennent pas d’éléments surnaturels ou mystiques. Évidemment, il reste beaucoup à faire. Tant que l’extrême pauvreté, la faim, la violence, les religions fondamentalistes seront présentes sur la planète, il est difficile de penser à une morale internationale.</p>
<p>L&#8217;humanisme vise à améliorer la qualité de vie des humains en ayant recours à des actions humaines plutôt que des interventions divines. Pour régler les problèmes de pauvreté, faim, maladies et besoins en énergie la science peut-être d’un grand secours. Cependant, l’application de la science et de la technologie doit être tempérée par des valeurs humaines, doit toujours être utilisée de façon créative et non destructrice. Je vais suggérer quelques moyens simples pour y arriver.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>En terminant, comme on disait dans un film célèbre et récent, « que la force soit avec vous », force créée par le cerveau humain, qui est au fond de tout individu, un véritable trésor. Il dépend de chacun de l’utiliser ou pas pour atteindre l’équilibre entre le rationnel et l’émotionnel, et finalement le bonheur ultime : aimer et être aimé. Dans ce cas, toute croyance divine devient <em>superflue</em>.</p>
<p><strong>Richard Rousseau</strong></p>
<p><a href="http://geoscan.ess.nrcan.gc.ca/cgi-bin/starfinder/0?path=geoscanf.fl&amp;id=fastlink&amp;pass=&amp;format=FLSHORTF&amp;search=dpsid%3d12908"> Ouvrages scientifiques publiés par le Dr Richard Rousseau</a></p>
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