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	<title>Association humaniste du Québec&#187; Michel Virard</title>
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	<description>Développer la pensée critique</description>
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		<title>Le video sur &#8220;Francine Poirier et son GPS&#8221; est en ligne</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jan 2012 01:52:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actions caritatives]]></category>
		<category><![CDATA[GPS Francine Poirier aveugle Mira]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Francine ne voit plus du tout depuis l&#8217;âge de 33 ans mais depuis son enfance elle était déjà légalement aveugle. Suite à un manque puis un excès d&#8217;oxygène peu après sa naissance, elle a des problèmes, de gros problèmes. Elle ne marche plus non plus, ses jambes sont maintenant paralysées. Ses chiens Mira ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Francine ne voit plus du tout depuis l&#8217;âge de 33 ans mais depuis son enfance elle était déjà légalement aveugle. Suite à un manque puis un excès d&#8217;oxygène peu après sa naissance, elle a des problèmes, de gros problèmes. Elle ne marche plus non plus, ses jambes sont maintenant paralysées. Ses chiens Mira ont été ses amours depuis des années. Son fauteuil motorisé électrique lui permet heureusement de sortir, d&#8217;ailleurs elle s&#8217;occupe beaucoup des fleurs en avant de l&#8217;immeuble qu&#8217;elle habite, rue Gatineau, mais avec un double handicap de cette nature, ça lui prend un GPS spécial, pour aveugles, juste pour faire un peu plus que le tour du bloc.</p>
<p>Toute une histoire, ces GPS. Il y a six ans, des GPS pour les aveugles sont apparus. Chers, 2 000$. Comme Francine ne travaille plus, elle n&#8217;est pas admissible à ce genre de dépense. Alors elle s&#8217;est mise à vendre des chocolats dans la rue. Au bout d&#8217;un an, elle a pu amasser assez de sous pour se payer enfin son GPS. Le bonheur, une sorte d&#8217;indépendance retrouvée et une peur en moins: celle de se perdre. Pas évident de se servir de cette première version　faite, il faut bien le dire, pour les aveugles qui sont capables de marcher　: les commandes étaient tactiles. Quand vous contrôlez le fauteuil avec la main droite et votre chien Mira de la main gauche, ça prend une troisième main. Francine s’est débrouillée avec et elle aurait bien continué avec son premier GPS sauf que…ça n&#8217;a pas duré. Cette année son GPS a rendu l&#8217;âme. Irréparable, car désormais désuet et, de toute façon la carte originale des sites importants est maintenant désuète elle aussi.</p>
<p dir="ltr">Il y a maintenant de nouveaux GPS pour les aveugles, 1 000$ et avec des cartes qu&#8217;on peut mettre à jour et surtout qui fonctionnent par commande vocale. Une bénédiction quand on a que deux mains. Seulement voilà, Francine n&#8217;a pas plus les moyens et elle n&#8217;est pas plus admissible à une aide gouvernementale pour un GPS qu&#8217;elle ne l&#8217;était il y a cinq ans. Ce n&#8217;est pas considéré comme une nécessité. Après tout, c&#8217;est vrai, nos programmes sociaux ont d&#8217;autres priorités, toutes plus urgentes qu&#8217;un GPS pour une aveugle en chaise roulante et c&#8217;est difficile de blâmer nos gouvernants. Francine ne s&#8217;en plaint pas.</p>
<p dir="ltr">Elle a décidé qu&#8217;elle aurait quand même son second GPS même si ça lui prend encore un an. Elle a fait faire des photos d&#8217;elle-même avec sa dernière chérie, sa nouvelle chienne Mira. C&#8217;est la photo que vous voyez ci-dessus. Elle a demandé à son voisin, M. Bigras, de l&#8217;Imprimerie Côte-des-Neiges de lui couper des feuilles de papier 4&#215;5,5. Il lui en a fait cadeau. Avec ses feuilles, ses photos, des cartons, de la colle, une bande adhésive elle a commencé à fabriquer des blocs-notes avec sa photo dessus. J&#8217;ai vu son &#8220;atelier&#8221;. C&#8217;est le coin de sa table. C&#8217;est là qu&#8217;elle produit des blocs-notes qu&#8217;elle vend ensuite dans la rue. Cinq dollars chaque. Les commerçants de Côte-des-Neiges la laisse s&#8217;installer. C&#8217;est là que ma conjointe Valérie l&#8217;a rencontrée. Valérie a le don de susciter les confidences et Francine lui a parlé. Au retour, Valérie m&#8217;a dit: &#8220;Toi et tes humanistes, vous pourriez pas faire quelque chose d&#8217;utile, non, pour une fois?&#8221; Valérie est comme cela. J&#8217;ai beau lui dire qu&#8217;à l&#8217;AHQ, on est une œuvre de charité, elle ne me croit pas vraiment, en tout cas, pas encore.</p>
<p dir="ltr">Alors j&#8217;ai dit: &#8220;OK, je vais m&#8217;en occuper　».</p>
<p dir="ltr">Ah oui, pourquoi elle dit &#8220;J&#8217;ai de la chance&#8221;? C&#8217;est bien simple: son jumeau est mort-né. Les autres bébés qui ont été intoxiqués par trop d&#8217;oxygène ont souvent des troubles pires, comme un retard mental. Francine, elle, a pu faire des études, jusqu&#8217;à l&#8217;université. Elle a ensuite travaillé, jusqu&#8217;à ce que ses jambes lâchent vraiment. C&#8217;était ça, sa &#8220;chance&#8221;.</p>
<p dir="ltr">Ce que vous ne savez pas non plus, c’est que Francine a beaucoup aidé des plus mal pris qu’elle: informaticienne, elle a démarré dans les années 90 la section informatique pour les handicapés visuels à l’Université de Montréal. Ils sont 400 inscrits cette année.</p>
<p dir="ltr"><strong><em>Vendredi 16 septembre, 14h. Grâce à un généreux donateur (le Dr Philippe Saint-Germain) nous avons maintenant atteint notre objectif de 1000$.</em></strong></p>
<p dir="ltr"><strong>Je vous avais dit que je vous parlerai de la suite et bien voici</strong><strong><em> le vidéo mis en ligne le 25 décembre 2011</em></strong></p>
<p dir="ltr"><strong><em><br />
</em></strong></p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/9Ph7kLwk8HE" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p>Michel Virard</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Occupons Montréal</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Nov 2011 02:48:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous y étions avec nos cameras le 22 octobre et notre porte-parole Lyne Jubinville a posé des questions aux &#8220;occupants&#8221;. Y a-t-il une relation entre les demandes des manifestants et plusieurs des principes humanistes qui nous sont chers? Nous avons constaté que ces manifestants, souvent ridiculisés dans les grands médias, sont en réalité beaucoup plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous y étions avec nos cameras le 22 octobre et notre porte-parole Lyne Jubinville a posé des questions aux &#8220;occupants&#8221;. Y a-t-il une relation entre les demandes des manifestants et plusieurs des principes humanistes qui nous sont chers? Nous avons constaté que ces manifestants, souvent ridiculisés dans les grands médias, sont en réalité beaucoup plus articulés et cohérents qu&#8217;on s&#8217;imagine. Voici un résumé vidéo des opinions émises par plusieurs des manifestants occupant la Place Victoria à Montréal.</p>
<p><iframe width="640" height="360" src="http://www.youtube.com/embed/aUwnXWltdYs" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>L’interculturalisme y est pour peu dans l’intégration &#8211; par Daniel Baril</title>
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		<pubDate>Sun, 29 May 2011 17:30:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
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		<description><![CDATA[La lettre suivante a été publiée en partie par le Devoir. En voici le texte original, avec permission de Tolerance.ca. Symposium international. L’interculturalisme y est pour peu dans l’intégration par Daniel Baril co-rédacteur de la Déclaration pour un Québec laïque et pluraliste 1. Inter et multiculturalisme Le Symposium international sur l’interculturalisme, une initiative lancée par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>La lettre suivante a été publiée en partie par le Devoir. En voici le texte original, avec permission de Tolerance.ca.</em></p>
<p><strong>Symposium international. L’interculturalisme y est pour peu dans l’intégration</strong><br />
 <a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2011/05/Baril_Daniel_32_M.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2443" title="Baril_Daniel_32_M" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2011/05/Baril_Daniel_32_M.jpg" alt="Baril_Daniel_32_M" width="85" height="92" /></a>par <strong>Daniel Baril</strong><br />
 co-rédacteur de la <strong>Déclaration pour un Québec laïque et pluraliste</strong></p>
<p><strong>1. Inter et multiculturalisme</strong></p>
<p><em>Le Symposium international sur l’interculturalisme, une initiative lancée par le sociologue Gérard Bouchard, se tient cette semaine à Montréal. L’évènement vise à faire ressortir la spécificité de l’interculturalisme comme modèle d’intégration.</em></p>
<p>Selon un texte(1) de Gérard Bouchard publié en marge de ce symposium, l’interculturalisme est différent du multiculturalisme tel que pratiqué au Canada et en Europe. Mais le professeur éprouve beaucoup de difficulté à établir une distinction nette entre les deux notions.<br />
 La principale différence serait que le multiculturalisme canadien ne tient pas compte de l&#8217;existence d&#8217;une culture majoritaire au Canada alors que l’interculturalisme québécois cherche à protéger le fait français au Québec.<br />
 Cette différence est conjoncturelle et non conceptuelle; elle est déterminée par la situation fortement majoritaire de l&#8217;anglais au Canada qui n’a pas besoin de protection particulière alors que le français au Québec nécessite des mesures protectionnistes.<br />
 Pour le reste, la gestion du pluralisme est la même. Gérard Bouchard reconnaît d’ailleurs que le multiculturalisme canadien a dû, à partir des années 1990, «faire plus de place aux notions d’interactions, d’échanges interculturels et de valeurs canadiennes» afin de développer une identité nationale. Pourtant, ce sont là des préoccupations proprement interculturalistes, soutient-il ailleurs. La confusion existant entre les deux notions serait due à son avis au fait que les gouvernements successifs à Québec «n’ont pas suffisamment aligné leurs politiques sur le modèle interculturaliste». En quoi ont-ils erré et qu’auraient-ils donc dû faire? L&#8217;auteur ne nous le dit pas.<br />
 Si le propre de l&#8217;interculturalisme est l&#8217;affirmation d&#8217;une culture majoritaire, on pourrait donc croire que c&#8217;est ce qui se pratique dans les pays pluralistes qui accordent les mêmes droits à tous tout en se souciant de préserver la culture majoritaire, comme le font les pays démocratiques et républicains. Gérard Bouchard se demande d&#8217;ailleurs s&#8217;il n&#8217;y a pas, dans l’interculturalisme, une influence républicaine française.<br />
 Mais il rejette l&#8217;approche républicaine. «L’interculturalisme, écrit-il, se distingue de certains régimes républicains qui, directement ou non, sous prétexte d’universalisme, octroient une préséance systématique, a priori, à ce que j’appelle la culture majoritaire ou fondatrice».<br />
 L&#8217;interculturalisme accepte donc la culture majoritaire mais à condition qu&#8217;elle ne s&#8217;exprime pas trop fortement. Les cultures qui s&#8217;imposent commettent à son avis un «abus de pouvoir»! Son interculturalisme est à ce point aseptisé qu&#8217;il ne fait qu&#8217;«inviter à reconnaître certains éléments de préséance ad hoc (ou contextuelle) à la culture majoritaire».</p>
<p><strong>1.2 Au Canada et ailleurs</strong><br />
 Si l’interculturalisme québécois se distingue du multiculturalisme canadien, comment est-il perçu dans le reste du Canada? Tout montre que les multiculturalistes canadiens n’on rien remarqué de particulier du côté de la «société distincte».<br />
 L’un des principaux théoriciens du multiculturalisme, Will Kymlicka, professeur à l’Université Queen’s à Kingston en Ontario, a dirigé, pour le compte du ministère canadien de l’Immigration et de la Citoyenneté, une vaste étude sur l&#8217;État actuel du multiculturalisme au Canada, 2008-2010. L’un des six rapports du groupe d’étude concernait le Québec mais on ne retrouve, dans le rapport synthèse, aucune trace du soi-disant caractère particulier de l’interculturalisme québécois; le mot n’y figure même pas !<br />
 Autrement dit, l’interculturalisme québécois est perçu, à l’extérieur du Québec, ni plus ni moins que comme du multiculturalisme.<br />
 Plusieurs multiculturalistes canadiens soutiennent par ailleurs que l&#8217;approche canadienne est différente du multiculturalisme tel que pratiqué en Angleterre, en Allemagne et aux Pays-Bas où le modèle a conduit à l’isolement culturel des communautés. Les pays européens seraient-il donc plus généreux culturellement à l’endroit des minorités que ne l’est le Canada? Rien ne semble le démontrer.<br />
 Dans une critique d’un ouvrage de Will Kymlicka (Multicultural Odysseys, 2007), l’ex-éditeur du magazine britannique d’actualité politique Prospect, David Goodhart, n’observe aucune différence entre la philosophie multiculturaliste canadienne et celle de l’Angleterre et reproche à toutes les deux de nier l&#8217;existence d&#8217;une culture politique dominante(2).<br />
 De l’extérieur du Canada, le multiculturalisme canadien est perçu comme du multiculturalisme tout court. Kymlicka lui-même reconnaît qu’il est impossible de démontrer que le multiculturalisme est une réussite dans les pays développés. L’un des problèmes est que cette approche, dans sa forme légère, se confond avec toute gestion démocratique du pluralisme. Pour démontrer l’amélioration du sort des immigrants au Canada, Kymlicka doit s’en remettre aux politiques de respect des droits humains, politiques qu’il semble voir comme un produit du multiculturalisme. Dans son rapport au ministère de l&#8217;Immigration, Kymlicka attribuent tous les cas positifs d’intégration au multiculturalisme et tous les exemples négatifs sont présentés comme des faits isolés qu’il faut éviter de généraliser. Or, souligne David Goodhart, aucun pays démocratique n’a attendu les réflexions postmodernistes des multiculturalistes pour accorder les mêmes droits à tous. Selon l’observateur britannique, la réussite du modèle canadien tient au fait que le Canada est plus sélectif dans sa politique d’immigration que ne l’est l’Angleterre et les Pays-Bas. Au Canada, les immigrants sont sélectionnés en fonction de leur capacité à intégrer le marché du travail alors que le flot migratoire en Europe est constitué d’une population plus désavantagée économiquement.<br />
 Le succès de l’intégration des immigrants aurait donc peu à voir avec la philosophie multiculturelle et aurait tout à voir avec les politiques d’immigration. L’inter et le multiculturalisme apparaissent comme des discours construits à postériori de la définition d&#8217;objectifs sociopolitiques à mettre en oeuvre et visant à présenter ces objectifs dans un langage politiquement acceptable à la société ambiante.<br />
 <strong></strong></p>
<p><strong>2. Accommodements religieux et intégration</strong></p>
<p><strong>2.1 Les liens symboliques</strong><br />
 L&#8217;inter et le multiculturalisme ont encore ceci en commun : l’une ou l’autre appellation conduit à rejeter la laïcité de l’État qui, aux yeux des multiculturalistes, est un obstacle à l’égalité des droits et à l’intégration des minorités. De cette idée tordue découle la notion de «laïcité ouverte» et son corolaire qui est la pratique des accommodements religieux.<br />
 Dans cette notion, ce n&#8217;est pas la laïcité qui est «ouverte« mais l&#8217;État qui s&#8217;ouvre à l&#8217;introduction du religieux dans son domaine. La «laïcité ouverte» laisse donc passer ce qu&#8217;elle est sensée tenir à l&#8217;écart de l&#8217;État; c&#8217;est une laïcité chimérique. Gérard Bouchard n&#8217;emploie pas l&#8217;expression mais épouse le concept. Le sociologue considère par ailleurs que la pratique des accommodements est différente au Québec de ce qu&#8217;elle est en contexte multiculturaliste. Il en donne comme exemple le port du hidjab en classe qui serait motivée, selon lui, par un souci d’intégration : en autorisant le hidjab, la jeune musulmane peut fréquenter l’école publique et ainsi «s’ouvrir plus aisément aux valeurs de la société québécoise».<br />
 Pourtant, un tel argument sociologique n’est jamais pris en compte par les tribunaux ni par la Commission des droits et libertés de la personne. La notion d’accommodement raisonnable est un concept purement juridique et les tribunaux refusent de discuter de cohésion sociale. L’idée que l’intégration est favorisée par ce genre d&#8217;accommodement est très discutable. Peut-on croire que l’autorisation du port du kirpan à l’école, en dépit des règlements de sécurité, a favorisé l’intégration des sikhs ? Peut-on croire que l’établissement d’un érouv à Outremont, en dépit des règles d’usage de l’espace public, a favorisé l’intégration des hassidim ? Peut-on penser que le port du hidjab, et la division des sexes qui vient avec lui, va faciliter l&#8217;intégration des musulmanes ?<br />
 Selon la définition qu&#8217;en donne Gérard Bouchard, l&#8217;intégration désigne «l’ensemble des mécanismes et processus d’articulation (ou d’insertion) grâce auxquels se constitue le lien social, cimenté par des fondements symboliques et fonctionnels». Comment parler de «lien social cimenté par des fondements symboliques et fonctionnels» lorsqu’on ne partage pas la même notion symbolique et fonctionnelle du lien entre l’État et la religion ?<br />
 Comment développer une société cohésive lorsque, pour une part importante de ses membres, c&#8217;est l&#8217;identité religieuse ou tribale qui prédomine en lieux et place d&#8217;identité nationale ? Dans ce contexte, tout accommodement religieux dérogeant aux règles communes ne peut que renforcer l&#8217;idée que la religion est au-dessus de tout et que cette appartenance est donc celle qui doit prédominer.</p>
<p><strong>2.2 Le port de symboles religieux</strong><br />
 Le port de signes religieux dans la fonction publique est une pratique particulièrement problématique de l&#8217;accommodement. Gérard Bouchard reconnaît que ces signes devraient être interdits aux «agents qui incarnent au premier chef la neutralité de l’État et son autonomie par rapport à la religion» et aux «agents dotés d’un pouvoir de coercition». Pourquoi uniquement à ceux-là ? Pourquoi aux juges et pas aux ministres? Pourquoi aux policiers et pas aux enseignants ?<br />
 La neutralité de l&#8217;État s&#8217;exprime par la neutralité de l&#8217;image donnée par ses représentants; c&#8217;est par eux que passe le message que tous les citoyens sont traités de la même façon quel que soit leur sexe, leur religion ou leur appartenance ethnique. Ceux qui choisissent d&#8217;être des agents de l&#8217;État choisissent d&#8217;accepter ce message et son exigence. L&#8217;autorisation du port de signes religieux ostensibles pour certaines religions favorise la visibilité et le prosélytisme implicite de ceux qui s&#8217;imposent ce genre d&#8217;ostentation; il en résulte un effet d&#8217;entraînement conduisant les autres à afficher leurs convictions de façon tout aussi ostensible. C&#8217;est exactement ce qui se produit dans le cas de la prière municipale à Saguenay: le maire de la ville, Jean Tremblay, justifie la récitation de sa prière par le fait que des accommodements ostentatoires sont consentis aux autres religions que la sienne.</p>
<p><strong>2.3 Intégration économique</strong><br />
 À un niveau plus pratique, l&#8217;intégration réfère à la capacité de s&#8217;insérer sur le marché du travail. Pour les défenseurs de la «laïcité ouverte», le droit de porter des signes religieux est essentiel à cet objectif. Non seulement cette idée reçue n&#8217;a jamais été ni chiffrée ni démontrée, mais une étude du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (3) tend à l&#8217;infirmer.<br />
 L&#8217;étude montre que le taux de chômage est plus du double chez les immigrants du Québec que chez les natifs d&#8217;ici alors qu&#8217;il n&#8217;est que de 1,8%de plus en Ontario et de 0,7% de plus en Colombie-Britannique. Le principal facteur explicatif, selon les auteurs, n&#8217;est ni la langue ni la diplômation: le taux d&#8217;emploi est en effet plus faible chez les francophones du Maghreb (64%) que chez les allophones provenant de l&#8217;Amérique latine (70%), de l&#8217;Asie du Sud-Est (74,5%) et du reste de l&#8217;Afrique (70%). L&#8217;explication serait dans des habitudes culturelles empreintes d&#8217;attentisme et de division traditionnelle des rôles chez une partie de l&#8217;immigration québécoise.<br />
 L&#8217;hypothèse culturelle est renforcée par le taux d&#8217;emploi chez les femmes immigrantes qui est de 64 %au Québec contre 71 %en Ontario et en Colombie-Britannique, une autre différence que les chercheurs attribuent potentiellement à des facteurs culturels et religieux incitant les femmes à demeurer à la maison.<br />
 Si cette hypothèse était confirmée, cela signifierait que la sélection d&#8217;une clientèle immigrante francophone n&#8217;est pas en soit un gage de meilleure intégration lorsque la culture ou la religion de ces nouveaux arrivants constitue un frein à leur accession au marché du travail. Dans un tel contexte, la concession d&#8217;accommodements religieux et culturels ne peut que contribuer à maintenir et même consolider ces facteurs d&#8217;exclusion.<br />
 Si l&#8217;on veut privilégier une immigration francophone, il faudra des mesures d&#8217;intégration plus fortes que la simple «invitation à reconnaître certains éléments de la culture majoritaire» que propose Gérard Bouchard. Il faudra oser ce qu&#8217;il appelle «un abus de pouvoir».</p>
<p>Au nom même de l&#8217;interculturalisme, on peut donc arriver à une position opposée à celle de Gérard Bouchard en matière de laïcité et d&#8217;accommodements religieux. C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce que démontre le récent avis du Conseil du statut de la femme – Affirmer la laïcité – qui, en se fondant sur l&#8217;interculturalisme, conclut à la nécessité d&#8217;interdire les signes religieux dans la fonction publique. Non seulement le CSF soutient que cette mesure ne freinerait pas l&#8217;insertion des immigrantes et des immigrants sur le marché du travail mais il estime qu&#8217;elle briserait l&#8217;exclusion sociale dont sont victimes certains nouveaux arrivants.<br />
 La séparation entre le religieux et l&#8217;État est l&#8217;un des grands acquis de la modernité qui doit être réaffirmé et consolidé face à ceux qui veulent subordonner l’État à la religion. La laïcité franche et sans compromis doit être un principe non négociable dans le processus d&#8217;intégration.<br />
 <strong></strong></p>
<p><strong>Notes</strong><br />
 1 «Qu’est-ce que l’interculturalisme?», Université McGill, Revue de droit, 56 (2) et site du symposium.<br />
 2 David Goodhart, «Has Multiculturalism Had Its Day?», Literary Review of Canada, avril 2008, p. 3-4.<br />
 3 «Immigration au Québec: politiques et intégration au marché du travail», Brahim Boudarbat et Maude Boulet, CIRANO, avril 2010. <br />
 27 mai 2011<br />
 © 2011 Tolerance.ca® Inc. Tous droits de reproduction réservés.</p>
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		<title>Entrevue Radio Ville-Marie</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Nov 2010 13:49:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Suite au congrès des Athées et Humanistes de début octobre 2010, j&#8217;ai été invité à une entrevue de Radio Ville-Marie. Vous pouvez l&#8217;écouter ici: radio ville-marie 5 octobre 2010 Michel Virard]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite au congrès des Athées et Humanistes de début octobre 2010, j&#8217;ai été invité à une entrevue de Radio Ville-Marie. Vous pouvez l&#8217;écouter ici:</p>
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<p>Michel Virard</p>
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		<title>CLQ &#8211; Conférence de Wassyla Tamzali à l&#8217;UdM</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Oct 2010 13:30:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD humanistes]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>

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		<description><![CDATA[Conférence de Wassyla Tamzali à l&#8217;Université de Montréal le 20 octobre 2010. Organisée par la Coalition Laïcité Québec Wassyla Tamzali est l&#8217;auteur de &#8220;Une femme en colère&#8221; [See post to watch Flash video] Le fil est très long (250MB)  et, dépendant du trafic,  il est possible que vous ne puissiez pas télécharger la totalité. La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Conférence de Wassyla Tamzali à l&#8217;Université de Montréal le 20 octobre 2010.</p>
<p>Organisée par la <a href="http://laicitequebec.wordpress.com/objectifs-de-la-clq/">Coalition Laïcité Québec</a></p>
<p>Wassyla Tamzali est l&#8217;auteur de &#8220;Une femme en colère&#8221;</p>
[See post to watch Flash video]
<p>Le fil est très long (250MB)  et, dépendant du trafic,  il est possible que vous ne puissiez pas télécharger la totalité.</p>
<p>La conférence existe aussi en DVD -<a href="http://assohum.org/en-vente/dvd/conference-de-wassyla-tamzali-a-ludm/">Voir dans la boutique de l&#8217;AHQ sur ce site</a>.</p>
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		<title>La Convention AAI-HC d’octobre 2010</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Oct 2010 02:44:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[activités]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai laissé passer une journée avant d’écrire ce billet sur la plus grande réunion d’athées jamais tenue à Montréal. Temps d’arrêt nécessaire pour laisser décanter un peu tout ce qui s’est dit pendant cette convention. Pas moins de 26 conférences en deux jours! Évidemment je n’ai pas pu assister à la totalité des conférences, « seulement » [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><br class="spacer_" /></p>
<p>J’ai laissé passer une journée avant d’écrire ce billet sur la plus grande réunion d’athées jamais tenue à Montréal. Temps d’arrêt nécessaire pour laisser décanter un peu tout ce qui s’est dit pendant cette convention. Pas moins de 26 conférences en deux jours! Évidemment je n’ai pas pu assister à la totalité des conférences, « seulement » à 14 d’entre-elles. Si on y pense bien c’est quand même deux fois ma dose annuelle habituelle injectée en moins de 48 heures. Du super concentré d’athéisme et d’humanisme qu’il va me falloir digérer au fur et à mesure que les copies vidéo deviendront disponibles.</p>
<p>Entre-temps, je voudrais vous faire part de quelques points saillants qui m’ont frappé, pour ce qu’ils représentent dans l’évolution de notre mouvement.</p>
<p><strong><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/10/Besson_Philippe.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-2099" title="Besson_Philippe" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/10/Besson_Philippe.jpg" alt="Besson_Philippe" width="108" height="130" /></a>Philippe Besson – De la Libre pensée française</strong></p>
<p>Un coup de semonce : l’échiquier politique des pays occidentaux, la France en particulier, mais au Canada aussi est chamboulé par l’arrivée de l’Islamisme. Les notions de droite et gauche sont remises en question par des alliances contre nature parce que des notions traditionnellement attribuées à la gauche se retrouvent récupérées par la droite. Besson mentionne le site web <em>ripostelaïque.com</em>, un site qu»’il associe à un courant xénophobe d’extrême droite et qui cependant se drape dans la défense des femmes. Inversement, la gauche se prend les pieds dans le multiculturalisme et se retrouve à défendre des positions antiféministes en voulant plaire à tout le monde. A rapprocher des tentatives des conservateurs canadiens qui courtisent avec succès la partie conservatrice des immigrants en s’appropriant un discours multiculturaliste antérieurement associé au Libéraux et au NPD. L’Islam radical a donc réussi ce coup de maître : enfoncer un coin au cœur des parlements occidentaux. J’ai l’impression qu’on en reparlera</p>
<p><strong>Daniel Dennett – What Should Replace Religion?</strong></p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/10/DennettD.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2100" title="DennettD" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/10/DennettD.jpg" alt="DennettD" width="116" height="155" /></a>Daniel Dennett, professeur de philosophie à l’Université Tufts, est un grand six pieds, chauve et barbu comme Charles Darwin. C’est une célébrité et tout le monde voulait se faire photographier avec lui. Je lui ai parlé après sa conférence et il a bien voulu nous donner une copie de sa présentation, y compris la partie vocale, ce qui  permettra à tous nos membres amateurs de chants typiques des églises noires d’apprécier des hymnes athées du même genre et interprétés par des artistes professionnels. Bien sûr, ce n’est pas la seule chose à retenir car Dennett nous propose de ne pas hésiter à emprunter les modes et styles qui ont pu être développés dans des cadres religieux pour combler les attentes émotionnelles des athées. Les humains ont des besoins qui dépassent, et de loin, la compréhension rationnelle du monde qui les entoure, il ne faut surtout pas négliger cet aspect de l’humanisme. C’est toujours réconfortant lorsqu’une personnalité comme Dennett endosse complètement une vision que nous tentons de développer depuis des années.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong>Guy Rocher – La déconfessionnalisation du système d’éducation de Québec</strong></p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/10/Rocher_Guy.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-2101" title="Rocher_Guy" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/10/Rocher_Guy.jpg" alt="Rocher_Guy" width="88" height="123" /></a>(Coauteur du rapport Parent et ancien professeur de sociologie à l’UdM). Fervent supporter de la laïcité au Québec et aussi défenseur de notre langue, Guy Rocher a pris tout le monde un peu par surprise avec une déclaration choc : « Je ne crois pas qu’une charte de la laïcité soit la bonne façon de faire, il faut plutôt modifier la charte québécoise des droits pour y inclure la laïcité », et d’expliquer que l’expérience de la loi 101, charcutée à plusieurs reprise, l’incite à préférer une solution pour laquelle il sera beaucoup plus difficile d’utiliser la charte des droits pour faire échec à la laïcité, car, n’en doutons pas, cette possible charte de la laïcité sera contestée. Monsieur Rocher nous en a dit trop ou pas assez, alors nous allons le talonner pour qu’il nous explique davantage sa vision, toujours passionnante, de la chose publique.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>Non, Monsieur Ratzinger, les nazis n&#8217;étaient pas athées, bien au contraire.</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Sep 2010 03:22:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Monsieur Ratzinger, pape de son état, ne manque pas de souffle. Il continue surtout une tradition bien établie depuis Saint Paul, celle de diffamer les athées. Reconnaissons lui une plus grande retenue que Saint Paul: il n&#8217;appelle plus au meurtre des athées, c&#8217;est tout de même un progrès, mais l&#8217;idée même que des êtres humains [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Monsieur Ratzinger, pape de son état, ne manque pas de souffle. Il continue surtout une tradition bien établie depuis Saint Paul, celle de diffamer les athées. Reconnaissons lui une plus grande retenue que Saint Paul: il n&#8217;appelle plus au meurtre des athées, c&#8217;est tout de même un progrès, mais l&#8217;idée même que des êtres humains puissent se passer de sa divinité préférée suffit à le pousser à des actes infâmes, comme celui qu&#8217;il vient de commettre en arrivant en Grande-Bretagne.   Depuis 1945, dans la conscience de l&#8217;Occident, le mal absolu est personnifié par l&#8217;idéologie nazie. Quoi de plus commode alors, lorsque l&#8217;on ne s&#8217;embarrasse pas de scrupules, que de traiter publiquement, devant des dizaines de millions de téléspectateurs,  ses adversaires du moment, les humanistes athées, avec l&#8217;arme absolue des calomniateurs: l&#8217;amalgame avec les nazis. C&#8217;est le pas qu&#8217;a franchi Benoît XVI, ex-membre des Jeunesses hitlériennes.  Impossible de plaider l&#8217;ignorance!</p>
<p><a href="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/09/SermentNazi.JPG"><img class="alignright size-full wp-image-2061" title="SermentNazi" src="http://assohum.org/wp-content/uploads/2010/09/SermentNazi.JPG" alt="SermentNazi" width="328" height="432" /></a>Pourtant, Hitler lui -même s&#8217;enorgueillissait d&#8217;avoir &#8220;écrasé l&#8217;athéisme&#8221;. Les preuves de la collusion entre les Nazis et les églises, principalement catholiques mais aussi protestantes, sont tout simplement trop abondantes pour prétendre le contraire. Mais le Vatican connaît la musique: plus c&#8217;est gros, plus ça passe. Même si on oublie les athées visés, quel mépris pour les propres fidèles de son église, réduits à être des contenants à mensonges éhontés!</p>
<p>Références:</p>
<p>Baynes, Norman Hepburn (1969). <em>The Speeches of Adolf Hitler</em>, April 1922-August 1939&#8242;. H. Fertig. pp. 378.</p>
<p>&#8220;Without pledging ourselves to any particular Confession, we have restored faith to its pre-requisites because we were convinced that the people needs [sic] and requires [sic] this faith. We have therefore undertaken the fight against the atheistic movement, and that not merely with a few theoretical declarations: we have stamped it out.&#8221;</p>
<p>D&#8217;autres preuves: <a href="http://www.nobeliefs.com/Hitler1.htm">http://www.nobeliefs.com/Hitler1.htm</a></p>
<p>Pour des photos qui disent tout: <a href="http://www.nobeliefs.com/nazis.htm">http://www.nobeliefs.com/nazis.htm</a></p>
<p>Les humanistes britanniques et écossais ont répondu à Ratzinger. Le Vatican essaie d&#8217;écraser l&#8217;affaire en prétendant, sourire en coin, que Ratzinger, étant Allemand, connaît très bien la chose.</p>
<p>On n&#8217;en doute pas.</p>
<p>Michel Virard</p>
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		<item>
		<title>Conférence La Bible immorale de Normand Rousseau</title>
		<link>http://assohum.org/2010/06/conference-la-bible-immorale-de-normand-rousseau/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 01:51:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[activités]]></category>
		<category><![CDATA[Textes de conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[Résumé de la conférence de Normand Rousseau, auteur de “ La Bible immorale », le 16 avril 2010 au Centre humaniste de Montréal A la différence du cardinal Marc Ouellet (voir article de mai 2010 sur assohum.org) et de bien d’autres membres du clergé, Normand Rousseau s’est donné la peine de lire et d’annoter la Bible en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Résumé de la conférence de Normand Rousseau, </strong></p>
<p><strong>auteur de “ La Bible immorale », le 16 avril 2010 au Centre humaniste de Montréal</strong></p>
<p>A la différence du cardinal Marc Ouellet (voir article de mai 2010 sur assohum.org) et de bien d’autres membres du clergé, Normand Rousseau s’est donné la peine de lire et d’annoter la Bible en entier et plusieurs fois. Il a obtenu une maitrise en Sciences religieuses et il a produit trois livres sur ce sujet dont “ La Bible immorale » publié en 2006 chez Louise Courteau, éditrice.</p>
<p>Normand Rousseau nous explique son cheminement personnel. Ayant côtoyé pendant treize ans les Frères des écoles chrétiennes, ayant lui-même été un frère de cet ordre, il connaît bien les arguments habituels avancés par le clergé catholique.  Cependant c’est seulement à l’université qu’il y a eu l’occasion d’approfondir la Bible en commençant par le livre de Josué. Or la conquête de la Terre Promise ne comprend pas moins de trente et un génocides, ce qui a commencé à ébranler sa foi. Il mentionne aussi comme source d’information la traduction moderne de la Bible de l’hébreu au français réalisée par André Chouraki (les Dix commandements de Dieu). Il a vécu au Maroc cinq ans et s’est donné comme devoir d’étudier aussi a fond le Coran et la “ Vie de Mahomet » texte où le prophète y est décrit, en fait, comme un brigand attaquant des caravanes. Il a essayé de publier un article décrivant Mahomet comme un criminel, mais il n’a jamais été publié par aucun journal.</p>
<p>C’est à partir de la Bible de Jérusalem qu’il entend démontrer l’immoralité de la Bible. La grille de lecture de N. Rousseau comprend quatre parties :</p>
<p>-        les sacrifices humains</p>
<p>-        l’esclavage</p>
<p>-        l’infériorisation de la femme</p>
<p>-        la violence (massacres, meurtres religieux)</p>
<p>Toutefois avant de continuer il convient d’éliminer les objections les plus communes avancées par les théistes pour désamorcer les critiques de la Bible :</p>
<ul>
<li><strong>La Bible n’est pas      l’enseignement de l’Église catholique!</strong> </li>
</ul>
<p>En effet, c’est le Catéchisme officiel qui contient l’enseignement de cette église. L’ennui c’est que ce même catéchisme affirme l’origine divine de la Bible. L’omniprésence du “ Saint-Esprit » et de “ Marie » dans le catéchisme n’est pas justifiée par aucune intervention de l’un ou de l’autre. Impossible de relier le Saint-Esprit à aucune inspiration moralement supérieure, comme par exemple, inspirer un concile pour arrêter l’Inquisition ou les Croisades. Pour la “ Vierge Marie », ses quelques 500 interventions répertoriées ont été à 99% pour se faire construire une église. De plus elle n’apparaît, curieusement, qu’aux seuls catholiques. Que d’occasions ratées de faire des conversions!</p>
<ul>
<li><strong>Le type de lecture</strong></li>
</ul>
<p>Il existe différentes lectures de la Bible : littérale, littérale sauf des petits bouts, symbolique. Cependant aucune lecture ne permet pas d’évacuer l’immoralité du texte, qu’il soit pris littéralement ou symboliquement. Selon le catéchisme officiel, il n’y a qu’une seule lecture, littérale – sauf pour des petits bouts ! L’arrêt du Soleil par Josué a créé un premier malaise lorsque l&#8217;on a mieux compris les conséquences de l’idée de Copernic et de Galilée. Mais là aussi N. Rousseau rappelle que c’est le texte de la Bible, tel qu’il a été écrit, qui a été canonisé.</p>
<ul>
<li><strong>Historicité ou      fiction ?</strong></li>
</ul>
<p>A partir du 19ème siècle, le récit Biblique cesse d’être considéré comme strictement historique. On pourrait croire que cela a de l’importance. Plus récemment “ La Bible dévoilée », fait par des archéologues professionnels, fait l’inventaire de ce que nous connaissons. De fait, l’archéologie moderne a réduit les prétentions historiques de la Bible à peu de choses et, quand bien même serait-elle entièrement une fiction, cela n’empêche pas l’Église de l’utiliser comme exemple édifiant puisqu’elle a canonisé la “ sainte Bible ». Mais pour N. Rousseau, qu’il y ait peu ou prou d’histoire véritable dans la Bible le laisse indifférent : l’immoralité du texte canonisé reste la même, indépendamment de son historicité. Fiction ou pas, l’immoralité de la Bible reste donc condamnable.</p>
<ul>
<li><strong>Le contexte      historique</strong></li>
</ul>
<p>Pour dédouaner la Bible les exégètes vont invoquer le “ contexte historique ». En effet, à l’époque de la rédaction des différents textes bibliques, on peut affirmer qu’à peu près toutes les civilisations acceptaient et pratiquaient l’esclavage sous une forme où une autre. Mais alors,  demande N. Rousseau. “ Où est la révélation ? »</p>
<p>Des quatre parties de son ouvrage, N. Rousseau va surtout nous parler de l’esclavage dans la Bible, qu’il paraphrase par un retentissant “ Et sur ces esclaves je bâtirai mon église ! »</p>
<p>C’est à Noé, désigné par Yahvé pour régénérer la totalité de l’espèce humaine, que revient le déshonneur d’avoir immédiatement “ remis en service » l’esclavage par sa condamnation à la servitude de son fils Cham (dont seront issus les Cananéens) et cela pour une peccadille. Cette partie de la Bible sera d’ailleurs utilisée par les esclavagistes chrétiens pour justifier l’esclavage des Noirs et qui prétendront, sans justification (la Bible n’est pas raciste) que Cham est l’ancêtre des Noirs.</p>
<p>Moïse libère son peuple de l’esclavage … mais s’empresse de mettre les autres en esclavage avec un régime différent pour les juifs et les gentils (non juifs) : l’esclave juif doit être libéré durant la septième année, sauf si c’est une fille vendue par son père! L’esclave gentil l’est pour toujours. Le 10ème commandement rappelle aussi que “ Tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin, ni ses serviteurs ni son bétail. » ce qui nous assure que les “ serviteurs » sont des “ biens » meubles qu’on peut “ voler » et non des employés libres.</p>
<p>Le Nouveau Testament ne met pas fin à l’esclavage. Jésus s’occupe de l’esclavage du péché mais pas du péché d’esclavage qu’il semble considérer comme allant de soi.  Saint Pierre et surtout saint Paul entérinent complètement l’esclavage qui, d’un rapport détestable entre humains se trouve à être promu par ses soins au niveau d’un rapport sacré entre Dieu et ses créatures! Tous les Pères de l’Église étaient esclavagistes sauf Grégoire de Nice. Saint Augustin en rajoutera : “ s’il y a des esclaves c’est à cause du péché originel ». Il faut savoir qu’il a existé des auteurs païens importants, avant et après Jésus-Christ pour défendre les esclaves. Aristote, quatre cent ans avant J.C. enjoint de bien traiter ses esclaves. De même, plus tard, Cicéron et Juvénal.</p>
<p>Les exégètes juifs et catholiques vont souvent défendre la Bible en affirmant que l’esclavage hébreu était “ doux » et faisait partie de la “ pédagogie divine ». De plus l’esclavage serait un concept moderne sans réellement d’équivalent dans l’Antiquité. Même si cela est vrai, il n’en demeure pas moins que le discours dominant de la Bible reste esclavagiste. N. Rousseau souligne l’ironie de la prestation de serment de Barak Obama, premier président Noir, qui a dû jurer sur une bible esclavagiste.</p>
<p>De fait, l’abolition de l’esclavage dans un empire colonial a été promulguée officiellement, pour la première fois de l&#8217;histoire, par les révolutionnaires français (<em>Note du rédacteur : 4 février 1794 – toutefois le Danemark avait proclamé l’abolition dès 1792</em>).</p>
<p>N. Rousseau s’insurge contre le passe-droit dont bénéficient les textes sacrés, dont la Bible, et qui constituent pour lui de la littérature haineuse. Pour bien nous convaincre il cite le Psaume 137, dernier vers : “ Heureux ceux qui saisiront tes enfants pour les écraser contre le rocher » (vengeance contre Babylone). Autrement dit la Bible érige l’infanticide en vertu sacrée!</p>
<p>La période de questions a vu l’intervention de plusieurs connaisseurs en matière de textes sacrés (dont Denis Hamel, un sceptique bien connus de plusieurs de nos lecteurs).</p>
<p>Le podcast de la conférence (mp3) est disponible <a href="http://assohum.org/Media/MP3/NormandRousseau_LaBibleImmorale.mp3">ici</a> (41MB)</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Michel Virard</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Commentaires sur l&#8217;allocution de Marc Ouellet, primat du Canada</title>
		<link>http://assohum.org/2010/05/commentaires-sur-lallocution-de-marc-ouellet-primat-du-canada/</link>
		<comments>http://assohum.org/2010/05/commentaires-sur-lallocution-de-marc-ouellet-primat-du-canada/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 16 May 2010 15:31:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Bioethique]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA["Marc Ouellet"]]></category>
		<category><![CDATA[avortement]]></category>
		<category><![CDATA[blastocyste]]></category>
		<category><![CDATA[Catholique]]></category>
		<category><![CDATA[euthanasie]]></category>
		<category><![CDATA[Ouellet]]></category>
		<category><![CDATA[primat]]></category>

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		<description><![CDATA[La réalité, fort simple, c’est qu’il n’existe pas de support physique à une prétendue « personnalité » de l’embryon. Les cellules indifférenciées du blastocyste n’ont pas plus de « personnalité », ou de « spiritualité » si on veut utiliser ce terme, que celles que l’individu perdra régulièrement au cours de sa vie et qui, elles aussi, auront exactement le même capital génétique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Commentaires sur l’<strong>allocution du Primat de l’Église canadienne aux médecins catholiques </strong>publiée le 5 mai 2010 sur le site « enlignetoi.com », portail catholique et œcuménique d’information.</p>
<p><a href="http://www.toujoursenligne.com/27337-allocution-du-primat-de-lEglise-canadienne-aux-medecins-catholiques">http://www.toujoursenligne.com/27337-allocution-du-primat-de-lEglise-canadienne-aux-medecins-catholiques</a></p>
<p>Marc Ouellet, cardinal, archevêque de Québec et Primat du Canada, est certainement autorisé à parler au nom de l’Église catholique. Son allocution est donc clairement un énoncé de position « officielle » sur, principalement, deux sujets de bioéthique. M. Ouellet reprend les positions connues de l’Église sur l’avortement et sur l’euthanasie.</p>
<p>Pour les humanistes athées dont je me réclame, le document présente surtout un échantillonnage intéressant des arguments utilisés par le haut clergé catholique pour justifier sa vision misogyne, morbide et infantilisante des humains. Les procédés utilisés ne sont pas à l’honneur d’une religion qui prétend être dépositaire du Bien et du Vrai. Je me contenterai de passer en revue les principaux sophismes de cette allocution en laissant de coté toute la rhétorique purement religieuse. Nous ne parlerons donc pas de Dieu, dont je ne sais objectivement rien, mais de ce que nous savons réellement des êtres humains aujourd’hui et non à l’époque de Saint Thomas d’Aquin (1224-1274).</p>
<p><strong>1) L&#8217;affirmation contraire aux faits connus (de tous ceux qui se donnent la peine de lire…).</strong></p>
<p>«<em> … la Bible interdit toute décision unilatérale du coté humain visant à supprimer la vie d’autrui, où à l’abréger, ou bien à porter atteinte à sa propre vie, car aucun être humain n’est l’arbitre ultime de la vie. </em>» Marc Ouellet.</p>
<p>Dommage, cher Monsieur Ouellet, mais il vous faudra repasser votre examen d’Histoire Sainte en collant d’un peu plus près au texte de la Bible. Vous devriez savoir que la Bible, c’est à dire l’Ancien Testament et le Nouveau Testament, regorge d’injonctions violentes et de massacres présentés comme des modèles de conduite. Normand Rousseau, Maître es Sciences religieuses, s’est donné la peine de relever les immoralités manifestes enseignées par la Bible et cela a donné un catalogue imposant : son livre, « La Bible immorale » pèse 564 pages. Parmi ces immoralités, ce ne sont pas les incitations au meurtre qui manquent. Juste un exemple parmi des dizaines : Moïse s’en prend aux Madianites « <em>Eh bien maintenant, tuez tous les garçons, de même que toutes les femmes qui ont été mariées. Mais vous pouvez garder pour vous toutes les filles encore vierges</em>. » (ref. Nb-31/17 &amp; 18). Si ça ce n’est pas <em>une décision unilatérale visant à supprimer la vie d’autrui</em>, et bien dites-nous ce que c’est, on est curieux de savoir.</p>
<p>Mais, soyons charitable, Monsieur Ouellet, trahi pas sa fougue épiscopale, a pu faire un lapsus et il aurait dit « Bible » en pensant seulement au « Nouveau Testament ». Cela suffirait-il à exonérer Monsieur Ouellet ?  Hélas, non!</p>
<p>S’il suffisait d’escamoter l’Ancien Testament pour se refaire une virginité, on peut présumer que l’Église romaine l’aurait fait depuis longtemps. Malheureusement, même si le personnage  de Jésus-Christ est une amélioration considérable sur ses prédécesseurs bibliques,  il reste encore beaucoup à faire avant que lui et ses acolytes soient des références pour des humains du XXIe siècle. Des exemples ? Saint Paul n’en est pas avare : « <em>Ils connaissent bien le jugement de Dieu : ceux qui se conduisent de cette manière méritent la mort.</em> » (Rom. 1/32). On appréciera en passant la « tolérance » de Saint Paul. « <em>Je vous l’ai dit et je le répète maintenant : si quelqu’un vous annonce une Bonne Nouvelle différente de celle que vous avez reçue, qu’il soit maudit </em>» (Gal. 1/9). Peut-être pensez-vous que « maudit » ce n’est pas si terrible. En fait il s’agit de la traduction française du mot grec anathèma. Or cet « anathèma » n’est pas une simple menace, dépendant du contexte, il peut s’agir bel et bien d’une injonction pour « détruire » ce qui est « maudit », tout comme les offrandes aux dieux qui devaient être détruites complètement, sans aucune possibilité de récupération. Or ce terme anathème figure 15 fois dans l’Ancien Testament et 5 fois dans le Nouveau<a href="#_edn1">[i]</a>. Sans aller plus loin, il est certain que la destruction d’une vie humaine en dehors de la tribu, pour l’Ancien Testament, ou en dehors du groupe des coreligionnaires, pour le Nouveau Testament, n’est nullement exclue. Le « Tu ne tueras point » reste éminemment sélectif et cela est confirmé par les interprétations qu’en ont fait les divers croisés et inquisiteurs au cours des âges qui ne se sont pas gênés pour massacrer au nom du livre saint.</p>
<p>Vouloir faire dire à la Bible le contraire de ce qu’elle dit trahit bien la faiblesse de la position de l&#8217;Église romaine aussi bien sur l’avortement que sur les diverses options relatives à l&#8217;euthanasie.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>2) la confusion érigée en principe</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>« <em>Le respect de la vie à toutes les phases de son développement apparaît comme le principe et le fondement de l’ordre moral de la société </em>» Marc Ouellet</p>
<p>A plusieurs endroits de son allocution, Marc Ouellet passe de la défense de la vie à la défense de la personne et vice-versa, les considérant apparemment comme une seule et même chose. Le respect de la vie du bacille de la peste n’inspirant pas une grande compassion chez la plupart des humains, je présume donc que Marc Ouellet veut dire respect de la vie humaine et non de toutes les formes du vivant.</p>
<p>Cependant, la personne et la vie humaine restent deux concepts suffisamment différents pour qu’on s’inquiète de cette imprécision aux conséquences potentiellement dramatiques. Tout d’abord, la notion de « dignité humaine » se conçoit en référence à la personne, pas nécessairement en référence à la vie humaine. Le débranchement de Terri Schiavo, en 2005, de son système artificiel de maintien en vie a illustré clairement cette différence. Un corps vivant mais où il n’y a manifestement plus « personne » ne peut prétendre à la dignité d’une personne, seulement à celle d’une enveloppe humaine vide, ce qui n’est pas du même ordre. Marc Ouellet entretient donc volontairement une confusion regrettable entre vie humaine et personne, ce qui obscurcit le débat.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>3) Le faux choix binaire (paralogisme du faux dilemme).</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Pour la dignité de la personne humaine, M. Ouellet ne distingue que deux possibilités de début d’existence, à la naissance ou à la conception. En reprenant la position vaticane de 1987, « <em>la dignité de la personne humaine est la même à toutes les phases de son développement </em>», il affirme donc haut et fort qu’un blastocyste (embryon à son tout début) fait de quelques cellules indifférenciées, sans capacité aucune de fonctionnement cérébral, devrait disposer de droits similaires à ceux d’un être humain vivant, conscient, pensant, souffrant et porteur d’un vécu. Pourtant, les législations occidentales sur l’avortement limitent généralement l’avortement sur simple demande aux seules 10 ou 12 premières semaines, alors que l’embryon n’a pas de capacité neuronale fonctionnelle. Or cet aspect des étapes intermédiaires du passage progressif de l’œuf fécondé au bébé viable est complètement évacué du discours de M. Ouellet qui, en forçant un choix binaire complètement artificiel, s’assure de faire oublier que, même au très libéral Québec, une interruption volontaire de grossesse (par opposition à une interruption médicale) n’est, en fait, pas disponible au troisième trimestre de grossesse.</p>
<p>M. Ouellet affirme sans sourciller que « <em>La réalité de l’être humain, tout au long de son existence, avant et après la naissance, ne permet d’affirmer ni un changement de nature ni une gradation de la valeur morale, car il possède une pleine qualification anthropologique et éthique. </em>». Plus loin il affirme « <em>Il est reconnu scientifiquement que l’être humain dispose <span style="text-decoration: underline;">dès sa conception d’un capital génétique unique et complet</span> qui va se développer dans une ligne de continuité et de croissance. La personne adulte qui a parcouru toutes les phases du développement humain est la même personne qui a commencé par être un organisme microscopique dans le sein maternel.</em> »</p>
<p>M. Ouellet entend jouer sur deux tableaux : celui de la permanence de la personne et sur celui de la continuité du capital génétique unique et complet, pour démontrer la valeur morale de l’embryon à t=0. Cependant ce raisonnement se heurte à des obstacles insurmontables.</p>
<p>D’abord, si la continuité du capital génétique est bien réelle, ce capital n’est pas forcément unique (cas des jumeaux identiques) et il n’est donc pas toujours possible de faire coïncider chaque personne avec un capital génétique unique. De plus cette continuité du capital génétique n&#8217;est pas garantie au tout début du développement (deux premières semaines). Deux blastocystes hétérozygotes, normalement destinés à produire des jumeaux fraternels (non identiques), peuvent fusionner et produire un seul embryon, tout à fait viable, qui sera de nature chimérique et possiblement avec un capital génétique issu de plus que de deux parents. Si la « personne » du blastocyste original est une réalité (M. Ouellet prend bien soin de ne pas parler « d’âme », ce qui est nouveau) on se demande bien ce qu’il advient de celle-ci au moment d’une division de blastocystes (cas des jumeaux identiques) ou au moment d’une fusion de deux blastocystes (cas de l’individu chimérique). Ces particularités de l&#8217;embryogenèse humaine excluent l’hypothèse d’une « personnalité » unique et inséparable de l&#8217;embryon dès la conception. La réalité, fort simple, c’est qu’il n’existe pas de support physique à une prétendue « personnalité » de l’embryon. Les cellules indifférenciées du blastocyste n’ont pas plus de « personnalité », ou de « spiritualité » si on veut utiliser ce terme, que celles que l’individu perdra régulièrement au cours de sa vie et qui, elles aussi, auront exactement le même capital génétique. Cette absence de support physique pour une « personne » se continue aussi à la période suivante du développement et c’est seulement après l’apparition de réseaux neuronaux fonctionnels qu’on pourrait parler d&#8217;une éventuelle personnalité pour un fœtus. C’est aussi pour cette raison que l’avortement sur demande les premiers trois mois d’une grossesse a fini par être considéré comme allant de soi dans la plupart des nations occidentales émancipées de leur église nationale. Un fœtus de moins de trois mois ne peut tout simplement pas être considéré comme une personne. Je concède que cela laisse les questions d’avortements tardifs en suspens et l’Église catholique aurait pu contribuer au débat sur les choix difficiles à faire dans ces cas réellement délicats si elle ne s’était pas d’abord totalement discréditée par une position intenable sur l’avortement en début de grossesse. La décision du Vatican de prohiber toute forme d’avortement volontaire ne peut pourtant pas s’appuyer sur aucun verset explicite dans tous les évangiles et cela malgré les prétentions des auteurs du site</p>
<p><a href="http://www.xn--vangile-9xa.com/versets-bibliques/avortement.html">http://www.xn--vangile-9xa.com/versets-bibliques/avortement.html</a></p>
<p>qui s’imaginent justifier cette prohibition avec des versets qui n’ont manifestement rien à voir avec l’avortement.</p>
<p><strong>4)  Imposer aux autres des souffrances inutiles</strong></p>
<p>« <em>Toutes ces considérations nous aident à comprendre l’exigence du respect de la vie à toutes les phases de son développement, de la conception à la sépulture. Elles justifient par conséquent qu’en fin de vie, on pratique des soins palliatifs de qualité au lieu d’éliminer les patients qui souffrent, <span style="text-decoration: underline;">car ils peuvent continuer à grandir jusque dans l’extrême faiblesse</span></em><em>.</em> » Marc Ouellet.</p>
<p>Il faut le voir écrit pour le croire. On se demande quel genre de croissance Marc Ouellet avait en tête lorsqu’il écrit la dernière phrase ci-dessus. La croissance des plaques amyloïdes des patients affligés de la maladie d’Alzheimer ? En phase terminale, ces patients cessent de répondre à tout stimulus : leur système nerveux a cessé de fonctionner. Y-a-t-il encore une « personne » à bord ? Difficile de répondre mais il existe une grande diversité de cas de figure en fin de vie et établir, a priori, que l’on ne doit jamais intervenir et cela dans tous les cas, c’est se condamner soi-même à une forme de  cruauté. Là aussi, on aurait pu espérer une position réellement basée sur la compassion et non sur un dogmatisme affolant. Bien sûr que les soins palliatifs doivent être de qualité. Personne, absolument personne n’a jamais demandé qu’ils soient revus à la baisse. Là où le suicide assisté est disponible, on a constaté qu’une infime minorité des patients en phase terminale s’en prévalait. On n’a pas constaté non plus une augmentation des crimes autour de ces cas non plus qu’une augmentation des suicides dans la population en général.</p>
<p>Si Marc Ouellet se retrouve jamais comme patient aux soins palliatifs, avec des douleurs abominables et incontrôlables, je ne lui souhaite pas de se faire soigner par des médecins catholiques strictement adeptes de sa théorie : je ne serai pas assez cruel pour lui demander s’il se sentira « grandi » par l’expérience. Si Marc Ouellet désire souffrir jusqu’au bout de son agonie, je lui en laisse volontiers le loisir mais qu’il ne vienne pas me dire qu’il m’interdit de demander à mon médecin d’abréger mes propres souffrances et cela au nom de ses croyances à lui. Cette arrogance est totalement inacceptable.</p>
<p><strong>5) L’argument visant un mannequin de paille plutôt que l’adversaire réel.</strong></p>
<p><em>« </em><em>Rappelons de nouveau l’anthropologie qui fonde les droits humains. C’est la qualité ontologique de la personne et son lien sacré avec Dieu qui proscrit toute violation de son droit à la vie, au respect, à une existence décente, à la liberté de conscience et de religion, etc.  Enlevez cette référence transcendante et cette inviolabilité ontologique et il ne reste plus que le pouvoir du plus fort pour imposer un ordre social qui sera alors à l’image du surhomme dans la vision de Nietzsche : insensible aux êtres les plus fragiles et à la misère des pauvres, ce pouvoir sera appâté finalement par l’argent et n’aura que mépris pour les vertus chrétiennes d’humilité et de compassion. »</em> Marc Ouellet.<em> </em></p>
<p>Laissons de coté l’humilité toute relative du cardinal et sa compassion douteuse pour les personnes en fin de vie et observons plutôt la méthode de son argumentation : quelles sont les sociétés occidentales actuelles qui se réclament de Nietzsche ? A ma connaissance, aucune. Bien au contraire, les démocraties occidentales ont renié toutes prétentions à promouvoir un quelconque surhomme. De tous les régimes qui se sont succédés sur la planète, ce sont ces démocraties qui ont intégré le plus le souci de protéger les êtres les plus fragiles. Ce sont, et de très loin, les régimes qui ont démontré le plus de compassion aussi bien envers leurs citoyens qu&#8217;envers les humains hors de leurs frontières. Alors Marc Ouellet parle de qui au juste ? Et bien il parle d’un homme de paille plus facile à vaincre que son adversaire réel. En présentant Nietzsche comme une sorte d’inspirateur des tenants de l’avortement et de l’arrêt des souffrances de fin de vie, il s’assure à bon compte un capital de sympathie chez tous ceux qui associent, et avec quelques raisons, Nietzsche aux régimes totalitaires. Seulement voilà, les démocraties qui ont mis en place des législations permettant l’avortement et celles, encore trop peu nombreuses, permettant d’abréger les souffrances de fin de vie, sont effectivement aux antipodes de la pensée nietzschéenne. De fait, Nietzsche les aurait certainement eu en parfait mépris : <em>« L’intérêt du gouvernement dans son rôle de tutelle et l’intérêt de la religion vont si bien la main dans la main que, dès le moment où cette dernière amorce son déclin, les fondements de l’état sont ébranlés du même coup. La croyance à un ordre divin des choses politiques, à un mystère dans l’existence de l’état, est d’origine religieuse : que la religion disparaisse, et l’État y perdra inévitablement son antique voile d’Isis, cessera d’inspirer la vénération. La souveraineté du peuple, vue de près, servira à dissiper aussi les derniers restes de magie et de superstition dans ce domaine de sentiments ; la démocratie moderne sera la forme historique <strong>de la décadence de l’état.</strong> » </em>Friedrich Nietzsche, <em>Humain, trop Humain I</em>, Section VIII, Paragraph 472</p>
<p>Nietzsche s’est royalement trompé sur l’avenir de la démocratie, laquelle est devenue, malgré son absence de « magie », non seulement le régime politique le plus désiré de la planète mais celui qui a réussit à imposer sa puissance face à tous les totalitarismes, anciens et nouveaux. Autrement dit, les états démocratiques sont tout le contraire de sa prédiction. La manœuvre de Marc Ouellet est donc fondamentalement malhonnête : Nietzsche n’avait rien à faire dans cette argumentation et il l’a utilisé simplement pour tenter de ternir ses adversaires.</p>
<p><strong>6) Prétendre que ce que l’on déteste n’existe pas.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em> « </em><em>On constate tristement l’absence d’une norme éthique claire, universellement admise et respectée, qui garantirait l’ordre social et donc un vivre ensemble dans l’égalité des droits et la liberté pour tous. »</em> Marc Ouellet<em> </em></p>
<p>Bien sûr qu’elle existe cette norme ! Mais elle déplait tellement à Marc Ouellet qu’il prétend qu’elle n’existe pas. Cette norme est évidemment l’ensemble des droits de la personne, en progrès constant depuis les Lumières, et qui ont le grave défaut, pour la puissante Église romaine, de s’être développés parfois à coté des normes religieuses mais souvent en opposition à ces normes. Ces droits sont <em>clairs, universellement admis et respectés et garantissent l’ordre social</em> dans les démocraties, lesquelles assurent mieux que tout autre régime, théocraties comprises,<em> l’égalité des droits et la liberté pour tous</em>.  Ces droits sont issus du travail de penseurs humanistes à qui nous devons infiniment plus qu’à tous les saints du calendrier. Marc Ouellet a bien de la chance de vivre dans une de ces démocraties qui lui laisse l’entière liberté de prêcher sa vision moyenâgeuse de la condition humaine.</p>
<p>Michel Virard</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr size="1" />
<p><a href="#_ednref1">[i]</a> (Nb. 21/1 ; Dt. 7/26, 13/17 ; Jos. 6/7 , 7/1, 11s ; Jg.1/17 , 16/23 ; Za. 14/11; Mal.4/6 ; Rom.9/2 ; I Cor.12/3, 16/26 ; Gal.1/8, 9.)</p>
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		<title>Laïcité #4 &#8211; Entrevue avec Me Jean-Claude Hébert</title>
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		<pubDate>Sat, 01 May 2010 22:48:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Virard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>

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		<description><![CDATA[La Laïcité et le DROIT[1] La Laïcité au Québec – entrevue #4 Entrevue réalisée par Jocelyn Parent Bonjour Jean-Claude Hébert. Me Jean-Claude Hébert pratique le droit pénal et le droit professionnel depuis plus de trente ans et il a reçu, pour sa contribution à l’avancement du droit et son exercice, la médaille du Barreau (2007). [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong>La Laïcité et le DROIT</strong><a href="#_ftn1">[1]</a><strong> </strong></p>
<p>La  Laïcité au Québec – entrevue #4</p>
<p>Entrevue réalisée par <strong>Jocelyn Parent</strong></p>
<p>Bonjour <strong>Jean-Claude Hébert</strong>.</p>
<p>Me Jean-Claude Hébert pratique le droit pénal et le droit professionnel depuis plus de trente ans et il a reçu, pour sa contribution à l’avancement du droit et son exercice, la médaille du Barreau (2007). Il est chroniqueur au <em>Journal du Barreau</em>, dans lequel il a rédigé plusieurs chroniques sur la question des accommodements raisonnables, la religion et la laïcité. Il enseigne à la maîtrise au Département des sciences juridiques à l’UQÀM, et il est l’un des nombreux signataires de la <em>Déclaration pour un Québec laïque et pluraliste</em> qui est parue à la mi-mars (<a href="http://www.quebeclaique.org/">http://www.quebeclaique.org/</a>).</p>
<p><strong>Pour bien protéger certains droits, telle l’égalité des sexes, serait-ce souhaitable de hiérarchiser les droits et d’en reléguer certains, telle la liberté religieuse, à un rang subalterne?</strong></p>
<p>La Cour suprême du Canada a clairement statué qu’il ne saurait y avoir une approche juridique fondée sur la hiérarchie des droits. Certes, le législateur québécois pourrait se risquer de faire l’exercice, mais il y a fort à parier que la plus haute cour du pays jugerait cette démarche inconstitutionnelle.</p>
<p>Mieux vaudrait modifier la Charte québécoise en modifiant l’article 50.1<a href="#_ftn2">[2]</a> pour indiquer que cet instrument juridique devrait être interprété de manière à tenir compte des « valeurs fondamentales de la nation québécoise ». De la sorte, le législateur contournerait le piège de la hiérarchisation des droits. En effet, une valeur transcende un droit et n’est pas une garantie juridique protégée comme un droit ou une liberté. C’est d’ailleurs le sentier choisi par le Parti québécois dans son Projet de loi no. 391.</p>
<p><strong>Expliquez-nous les différences qu’il y a entre une charte sur la laïcité et une loi constitutionnelle sur le même sujet? En quoi une charte serait-elle meilleure qu’une loi constitutionnelle, ou l’inverse? Pour que la laïcité soit véritablement pleine, efficace et qu’elle ait une portée tangible, à quel niveau serait-il mieux d’intervenir?</strong></p>
<p>Pour éviter de banaliser le concept de charte, il faut cesser de multiplier à tout vent ce concept. Nul besoin de rédiger une Charte de la laïcité. Le législateur peut fort bien définir à grands traits l’exigence de laïcité et son pendant la neutralité de l’État. Le mieux serait de le faire dans le préambule de la Charte québécoise.</p>
<p>La Charte québécoise est un instrument juridique quasi constitutionnel qui a prépondérance sur toutes les autres lois du Québec. S’agissant pour les tribunaux d’interpréter les lois québécoises (ce qui inclut les règlements), les juges doivent en tenir compte. La Charte québécoise s’applique dans les rapports entre le citoyen et l’État, puis entre les citoyens eux-mêmes. Au contraire, la Charte canadienne ne s’applique qu’à l’égard des litiges entre un citoyen et l’État.</p>
<p><strong>D’ailleurs, si le Québec se dotait d’une charte ou modifiait sa constitution interne pour y inclure la laïcité, comment réagirait la Cour suprême dès la première démarche en inconstitutionnalité intentée par un croyant?</strong></p>
<p>La Cour suprême conserve toujours une grande latitude dans l’interprétation des droits fondamentaux, notamment la liberté de religion. Par exemple, dans l’affaire <em>Anselem</em>, il s’agissait d’un litige entre copropriétaires. L’État n’avait rien à voir dans ce dossier. La Cour a statué en fonction de la notion de liberté de religion reconnue par la Charte québécoise. Bref, peu importe le contenant, la haute Cour peut toujours interpréter le contenu comme bon lui semble.</p>
<p><strong>À cet effet, la position des juges minoritaires dans l’affaire Amselem </strong><strong>[2004</strong><strong>] tient compte de l’intérêt général en cherchant un lien entre la demande du croyant, les préceptes de sa religion mais surtout avec les autres droits da la société. Pour le dire clairement, ces juges canadiens ont pris en considération la charte québécoise dans laquelle la demande devait s’insérer et respecter les valeurs communes. Cette position minoritaire est-elle toujours au second plan chez les juges de la Cour suprême?</strong></p>
<p>Bien malin est celui qui pourra deviner quelle orientation majoritaire prendra la Cour dans les prochains dossiers. Deux juges plutôt favorables à une interprétation forte en faveur de la liberté de religion (les juges Gonthier et Bastarache) ont quitté la Cour ces dernières années. Il faudra voir où vont se nicher les nouveaux juges sur cet épineux problème.</p>
<p><strong>Selon la constitution canadienne, le Québec peut se doter de sa propre constitution à l’intérieur du Canada, à moins qu’il ne tente de toucher à certains aspects du fédéralisme. Mais le Québec pourrait-il ajouter à sa constitution la laïcité sans qu’elle ne soit remise en cause par la Cour suprême? Pensons à la mention de la «suprématie de Dieu». Tant qu’elle y sera, la laïcité (canadienne et québécoise) ne pourra jamais être complète. Faudra-t-il toujours invoquer la clause dérogatoire (article 1 ou 33, selon)?</strong></p>
<p>Dans la mesure où le gouvernement québécois définit la laïcité de façon conforme à l’interprétation sur la liberté de religion retenue par la Cour suprême, il n’y aura pas de problème. Si, d’aventure, la définition de la laïcité privilégiée par le gouvernement québécois vient en contradiction avec l’interprétation que favorise la Cour suprême de la liberté de religion, la haute magistrature aura le dernier mot.</p>
<p><strong>Que veut dire la Cour suprême lorsqu’elle confirme que la notion d’accommodement raisonnable ne s’applique pas à <span style="text-decoration: underline;">l’action législative</span> de l’État?<a href="#_ftn3"><strong>[3]</strong></a> Est-ce à dire qu’un employé de l’État ne peut être interdit à porter de symboles religieux (visibles = ostentatoires) pendant l’exercice de ses fonctions?</strong></p>
<p>La Cour suprême dit qu’il faut suivre deux sentiers juridiques selon que le litige met en cause une loi ou un règlement de l’État (auquel cas une violation de la liberté de religion doit être évaluée en fonction de l’article 1 de la Charte canadienne) – et – une relation entre un employeur ou une institution et un citoyen qui demande un accommodement raisonnable. Dans le second cas, l’arbitrage se fait selon la définition de l’accommodement raisonnable que le gouvernement du Québec veut codifier dans son Projet de loi no.94.</p>
<p><strong>Vous reconnaissez, comme d’autres avocats, juges et juristes, que, bien qu’en vigueur et active, la laïcité n’est pas inscrite dans les textes de lois canadiens et québécois. Pensez-vous qu’un certain «activisme» judiciaire pourrait faire bouger les politiciens et qu’ils reconnaissent ce qu’il y a déjà dans la société québécoise, soit une laïcité, présente mais non mentionnée, défendue par les citoyens?</strong></p>
<p>Il ne faut pas trop compter sur l’activisme judiciaire pour définir le concept de laïcité, d’autant plus que cette question est porteuse de tension sociale. Les juges pratiquent habituellement une prudente retenue judiciaire et préfèrent interpréter des textes de loi. C’est vrai que dans le passé, on retrouve, ici et là, des commentaires (ex : Juge Lamer à la Cour suprême) disant que nous vivons dans une société qui reconnaît la séparation de l’État et de la religion. Mais, l’initiative doit venir du législateur. Plus que jamais, les juges vont se nouer la langue, à moins d’avoir à trancher un litige. Encore là, ils vont suivre la voie tracée par la Cour suprême.</p>
<p><strong>Au niveau juridique, qu’est-ce qui se dit sur la laïcité dans les autres provinces du Canada? Les juristes, avocats et juges y sont-ils intéressés? Ont-ils une conception différente de celle des Québécois?</strong></p>
<p>Dans les autres provinces, notamment en Ontario, il y a eu plusieurs causes portant sur le financement des écoles confessionnelles (un droit reconnu en Ontario par la Constitution de 1867 et qui fut modifié au Québec). Bref, des gens qui ne sont ni catholiques ni protestants ont plaidé la discrimination pour avoir les mêmes privilèges de financement des écoles et ont échoué. La question de la prière dans les écoles a également provoqué des litiges.</p>
<p>Pour le reste du Canada, c’est la philosophie du multiculturalisme qui domine.</p>
<p><strong>Vous avez mentionné dans le <em>Journal du Barreau du Québec</em>, en décembre 2009, que l’Article 20 de la Charte québécoise permettait de déroger à la récente égalité des sexes adoptée par Québec (mai 2008), suite à la Commission Bouchard-Taylor. Que voulez-vous dire par cette «dérogation»? Qu’elles en seraient les conséquences?</strong></p>
<p>Si vous lisez l’article 20<a href="#_ftn4">[4]</a> de la Charte québécoise, vous verrez que les institutions religieuses ne peuvent faire l’objet de poursuites pour discrimination. Autrement dit, une école religieuse peut discriminer ses employés et ceux-ci ne peuvent utiliser l’arsenal juridique de la Charte québécoise. Voilà pourquoi les femmes ne peuvent poursuivre l’Église catholique qui discrimine les femmes quant à la prêtrise.</p>
<p><strong>Que pensez-vous du récent projet de loi 94 du gouvernement Charest sur la laïcité «ouverte»? Est-ce suffisant pour la laïcité?</strong></p>
<p>Il y aurait beaucoup à dire sur le projet de loi 94, surtout sur ce qu’il ne dit pas. D’ailleurs, la ministre de la Justice en dit plus (que le projet de loi semble en dire) dans ses commentaires. Ce n’était pas très périlleux que de codifier la technique jurisprudentielle des accommodements raisonnables. Si le gouvernement avait voulu s’en éloigner, il aurait retrouvé la Cour suprême sur sa route. Pour le reste, il n’y a pas les fameuses balises pourtant promises. Bien que le projet de loi soit silencieux sur le sujet, la ministre Weil dit que son gouvernement a choisi la « laïcité ouverte », donc celle du rapport Bouchard-Taylor et des experts qui ont façonné cette nouvelle théorie socio-juridique.</p>
<p><strong>Quand les juges reconnaissent que l’État doit faire un accommodement religieux à un croyant qui en a fait la demande, contrainte excessive ou non, pourquoi les juges présument-ils automatiquement de la sincérité de la conviction religieuse –et d’orienter leur jugement par cet élément− plutôt que de dire ce qu’ils sont selon la loi, neutres, soit d’être incompétents/inaptes à juger de la sincérité ou non de la foi d’un croyant ? Ainsi, en ne jugeant pas le litige selon une plausibilité religieuse, ils jugeraient selon des faits tangibles…</strong></p>
<p>Pour éviter d’avoir à arbitrer les querelles et points de vue différents des différentes écoles de pensée à l’intérieur d’une religion, les juges ont choisi l’approche la plus large qui soit, soit le critère de la croyance subjective. Dans l’affaire <em>Bruker </em>c<em>.</em><em> Marcovitz</em>, 2007 CSC 54, la Cour suprême applique le principe de non-intervention dans les pratiques religieuses. Selon la Cour, c’est l’une des plus importantes considérations menant à l’adoption de la norme subjective de la croyance sincère. Ce principe est important en raison de multiples circonstances dans lesquelles les tribunaux pourraient être appelés à intervenir dans les conflits religieux. Le principe de non-intervention permet donc d’éviter que les tribunaux aient à trancher entre diverses normes religieuses ou entre les règles du droit laïque et les normes religieuses.</p>
<p>La Cour suprême justifie son approche par le fait que l’État laisse à chacun le soin de s’autoréglementer en matière religieuse. Il ne revient pas au gouvernement de faire la promotion d’une norme religieuse. Cela relève des autorités religieuses. Selon les juges de la haute cour, la réserve manifestée par les tribunaux civils canadiens à l’endroit des questions religieuses leur permet non seulement de limiter leur action aux règles qu’ils sont explicitement chargés d’appliquer, mais elle leur permet aussi de conserver une neutralité qui est indispensable dans une société pluraliste et multiculturelle. Elle permet aux tribunaux de s’attacher au respect de la norme civile, sans avoir à trancher entre diverses coutumes ou pratiques.</p>
<p><strong>N’est-ce pas donner une prépondérance aux convictions religieuses pour ceux qui en ont, par rapport à ceux qui n’ont pas de convictions religieuses, eux qui ne demandent pas d’accommodements sur la base de leurs (non-)convictions ?</strong></p>
<p>La liberté de religion est jouxtée à la liberté de conscience. Rien n’exclut la possibilité pour un athée de demander un accommodement raisonnable relativement à une obligation qui l’obligerait à renier sa liberté de conscience. Exemple : un soldat canadien en Afghanistan pourrait refuser de livrer un prisonnier aux forces locales, sachant que le détenu sera torturé.</p>
<p><strong>En créant l’obligation d’accommodement raisonnable en 1985, la Cour suprême a reconnu qu’il n’était valable que pour les personnes, non pour les groupes ; c’est donc un droit individuel. Aussi, il n’y a pas d’obligation d’accommodement dans les cas de coûts excessifs ; la Cour l’a reconnu. Mais si la religion est un droit individuel auquel un croyant a librement choisi d’adhérer, pourquoi les coûts (même non excessifs) liés à son accommodement sont-ils aux frais de l’État ou de l’entreprise, pas à lui ? N’est-ce pas lui qui a choisi de s’auto-discriminer en adhérant en toute liberté à une religion qui le contraint à un code particulier ? Convenons que l’adhésion à une religion n’est pas du même acabit qu’un handicap physique ou mental, auquel une personne ne consent généralement pas…</strong></p>
<p>Dans un arrêt de principe, <em>R.</em> c. <em>Big M Drug Mart Ltée<a href="#_ftn5"><strong>[5]</strong></a></em>, la Cour suprême a statué qu’une société vraiment libre peut accepter une grande diversité de croyances, de goûts, de visées, de coutumes et de normes de conduite. Une société libre vise à assurer à tous l’égalité quant à la jouissance des libertés fondamentales. Selon la Cour, le concept de la liberté de religion se définit essentiellement comme le droit de croire ce que l’on veut en matière religieuse, le droit de professer ouvertement des croyances religieuses sans crainte d’empêchement ou de représailles et le droit de manifester ses croyances religieuses par leur mise en pratique et par le culte ou par leur enseignement et leur propagation.</p>
<p>Et la plus haute cour du pays d’ajouter que la liberté au sens large comporte l’absence de coercition et de contrainte et le droit de manifester ses croyances et pratiques. La liberté signifie que, sous réserve des restrictions qui sont nécessaires pour préserver la sécurité, l’ordre, la santé ou les mœurs publiques ou les libertés et droits fondamentaux d&#8217;autrui, nul ne peut être forcé d’agir contrairement à ses croyances ou à sa conscience. Le juge Dickson, rédacteur du jugement, opina qu’une majorité religieuse, ou l’État à sa demande, ne peut, pour des motifs religieux, imposer sa propre conception de ce qui est bon et vrai aux citoyens qui ne partagent pas le même point de vue. La <em>Charte</em> protège les minorités religieuses contre la menace de «tyrannie de la majorité», de conclure la Cour.</p>
<p>Bien que la liberté de croyance puisse être vaste, la liberté d’agir suivant ces croyances est beaucoup plus restreinte. Cette proposition émane de la Cour suprême dans l’affaire <em>Université Trinity Western </em>c<em>. College of Teachers<a href="#_ftn6"><strong>[6]</strong></a></em>. C’est ici qu’entre en ligne de compte l’arbitrage des accommodements raisonnables.</p>
<p>Merci de cet entretien, Me Hébert.</p>
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<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> : Cette entrevue est parue dans le journal <em>Unité Ouvrière</em>, no.20, hiver/printemps 2010. Il s’agit de la version intégrale, non raccourcie pour les besoins du journal.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> : <em>Les droits et libertés énoncés dans la présente Charte sont garantis également aux femmes et aux hommes</em>.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> : <em>Alberta c. Hutterian Brethren Colony</em>, qui fut rendu en juillet 2009 (CSC 37).</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> : <em>Une distinction, exclusion ou préférence fondée sur les aptitudes ou qualités requises par un emploi, ou justifiée par le caractère charitable, philanthropique, religieux, politique ou éducatif d&#8217;une institution sans but lucratif ou qui est vouée exclusivement au bien-être d&#8217;un groupe ethnique est réputée non discriminatoire</em>.</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> : [1985] 1 R.C.S. 295.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> : [2001] 1 R.C.S. 772.</p>
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