Allocution du président de l’AHQ à l’assemblée générale du groupe de Québec

Michel VirardMichel Virard est le président de l’Association humaniste du Québec, voici le texte de l’allocution qu’il a prononcé hier soir le 1er février, lors de l’assemblée générale du groupe humaniste de Québec

 

 

Chers amis humanistes

Merci d’être venu à cette Assemblée générale du groupe humaniste de la ville de Québec.

Vous vous en doutez, j’avais prévu de vous parler d’autres choses aujourd’hui. Cependant les événements de dimanche nous forcent à examiner nos actions à la lumière de ce que certains médias qui nous sont hostiles, ne manqueront pas de faire, c’est à dire de calomnier les valeurs qui nous sont chères, telle la laïcité, pour en faire de soi-disant causes du comportement violent d’un individu dont on connait encore mal les motifs. On ne connait pas non plus la trajectoire tragique de l’assassin, celle qui l’a amené à penser que tuer des musulmans innocents, dans une mosquée, était une solution à un problème.

Dans tous les cas de figure, soyez convaincus que ni la laïcité, ni la séparation des églises et de l’état, ne peuvent être considérées, de près ou de loin comme des causes même lointaines du racisme, de la xénophobie, du suprémacisme, ni même de l’animosité envers les religions. La laïcité est et sera toujours la base du vivre ensemble dans des sociétés comprenant diverses religions. C’est précisément l’absence de laïcité, avec des règles simples, comprises par tout le monde, qui mène à des frustrations telles que certains éléments de la société, fort minoritaires heureusement, voient dans la violence une solution à ce qu’ils perçoivent comme d’intolérables privilèges accordés à la religion des autres. En traitant toutes les religions et l’incroyance de la même façon, la laïcité évite ce premier écueil mais elle ne suffira pas à elle seule à assurer la sécurité de tous.

Il a toujours existé une culture marginale de la violence misogyne, raciste, xénophobe. Jusqu’à récemment elle vivotait dans des médias de second ordre, des magazines douteux, des films qui passaient plutôt inaperçus. Les abonnés à ce type de violence n’avaient pas forcément la possibilité de rencontrer facilement d’autres amateurs. Cela à changé complètement en l’espace des vingt dernières années. Les réseaux sociaux ont permis l’apparition et le développement d’extraordinaires mouvements pour le progrès de nos sociétés. Qu’on pense à Amnistie international, Avaaz ou même les associations humanistes de la planète. Ils ont aussi permis à la haine de l’autre de se développer impunément. Qu’on pense à la propagande anti-sémite d’Al Qaeda, de Daesh, et aux sites suprématistes, racistes, xénophobes ou conspirationnistes. Nous ne savons pas encore très bien comment contrer cet effet terriblement négatif sans porter atteinte à nos libertés les plus fondamentales. Nous savons que nous n’avons pas le choix, on ne peut pas baisser les bras. Nous n’avons pas une autre planète pour nous enfuir. Il nous faut confronter les causes profondes de ces haines.

Nous ne sommes pas complètement démunis, l’humanité a accumulé un savoir non négligeable sur la façon dont les humains se développent. Ce bagage servira, à n’en pas douter. Il devrait nous éviter de nous égarer dans des solutions simplistes que les démagogues ne manqueront pas de proposer.

Certains, même parmi les humanistes, pensent qu’il restera toujours un fond de violence inévitable dans nos sociétés. Je ne suis pas aussi pessimiste. Après tout, certains, même parmi les plus instruits, pensaient que l’éradication totale d’une maladie était une impossibilité. Ils ont eu tort. Plusieurs maladies n’existent plus que dans les fioles des laboratoires.

Les humanistes ont un rôle à jouer, et ils le jouent tous les jours, par leur seule présence sur la scène publique. Encore faut-il qu’ils aient une présence locale significative. Nos groupes de Trois-Rivières et de Québec sont encore jeunes mais ils sont vigoureux et sont prêts à voler de leur propres ailes. Je félicite en passant Michel Goulet et Frédéric Fortin pour leur inlassable dévouement à la croissance du groupe humaniste dans la ville de Québec. Aujourd’hui nous voyons que leurs efforts n’ont pas été vains. Au nom de tous nos membres de la province, je les en remercie aujourd’hui.

Je suis sûr que j’aurai l’occasion de vous rencontrer en personne dans les mois à venir. Comme on dit à Montréal: «stay tuned».

Michel Virard, président

Association humaniste du Québec.

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