Charles Taylor dévoile sa “posture de croyant”. Roger Léger s’en étonne.

Charles Taylor dévoile sa “posture de croyant”. Roger Léger s’en étonne.

CharlesTaylorJ’ai lu avec le plus grand plaisir mais aussi avec le plus grand étonnement les dernières réflexions de Charles Taylor dans ses Entretiens avec Jonathan Guilbault, que Novalis publiait sous le titre « Les avenues de la foi. » Un précieux et irremplaçable témoignage des cheminements de la pensée de Taylor vers sa « posture de croyant. » Avec le plus grand plaisir, parce que voilà un résumé, du moins une très valable introduction en un seul et accessible volume à sa pensée et philosophique et religieuse. Mais aussi avec un grand étonnement, car je ne puis y adhérer.

Charles Taylor déclare qu’il faut recourir à des intuitions non démontrables  pour se sortir du pétrin où nous sommes tous devant l’immense et mystérieux univers, que « pour rendre son usage vraiment efficace, c’est-à-dire vraiment humain, la raison doit accepter de sortir d’elle-même et de s’appuyer sur des intuitions indémontrables. » Le cœur a ses raisons … dit en d’autres mots. La Profession de foi du philosophe de McGill, qui ressemble fort à la Profession de foi du vicaire savoyard. Procéder ainsi ouvre la porte à toutes les dérives intellectuelles et religieuses. Chacun aura ses propres intuitions indémontrables. L’impasse subjectiviste. Voilà où toute sa philosophie le mène! « Quel sanctuaire pourrait donner asile à la personne qui a lésé la majesté de la raison ? » (Spinoza)

La raison n’a pas, il me semble, à sortir d’elle-même et à s’appuyer sur des intuitions indémontrables pour rendre son usage vraiment efficace et donc, dit étonnamment Taylor, vraiment humain. La défaite de la raison. Il faut raison garder. Nous avons en nous et cœur et raison. La sagesse consiste à savoir les utiliser avec mesure, à ne pas les opposer radicalement, à ne pas surestimer les pouvoirs de l’un ni sous-estimer les capacités de l’autre. Il faut raison et cœur garder dans de justes proportions et dans un heureux équilibre. Il faut avoir du cœur sans doute, mais il faut être raisonnable. Toute l’histoire humaine est pavée des dérapages du « cœur »,  des passions humaines, plutôt que des excès de la raison.  C’est seulement lorsque l’un s’appuie sur l’autre que l’on atteint les hauteurs. Rarement en est-il ainsi.

Le théologien Jean-Marie Roger Tillard o.p., comme Charles Taylor, nous exhortait, lui aussi, il y a peu, de continuer de « croire en dépit de tout », en dépit de toutes les raisons qu’il y a de ne pas « croire. » Avec une telle méthode tout est permis, n’importe quelle absurdité ou illusion est possible. Devant la mort, chez beaucoup, la raison et le cœur vacillent. Ils inventent des religions et des métaphysiques qui consolent, le chauffeur de taxi aussi bien que le théologien et le philosophe patenté. Le scepticisme et le doute seront toujours plus bénéfiques à la vérité que la croyance ou la foi. « Croyez ceux qui cherchent, mais doutez de ceux qui ont trouvé. » (André Gide) « La conviction est une bonne motivation, mais un mauvais juge. » (Albert Einstein) « Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges. (Nietzsche)

Est-il donc vrai que les hommes préfèreront toujours croire ce qu’ils souhaitent être vrai, comme le pensait jadis Francis Bacon? Et que certains philosophes-théologiens ne peuvent condescendre à des explications naturelles et accepter humblement la raison et ses lumières et ses limites? Est-il si inhumain d’accueillir le monde tel qu’il est, le monde que nous révèlent nos connaissances actuelles, et qui serait, pour les croyants, froid et désenchanté et inhumain, parce que sans un Dieu sauveur et sans un au-delà éternel ? Il y aura toujours plus d’honneur, pense Steven Weinberg, et de vérité, à faire face à sa condition humaine sans désespoir comme sans illusion, avec un certain sourire même, que d’inventer un monde enchanté, un Ciel accueillant et un Dieu bienveillant. « Seule une conception du monde, qui a accompli tout ce que le rationalisme a réalisé, a le droit de condamner le rationalisme, » affirmait bien hautement Albert Schweizer.

Déjà Horace nous avait recommandé « de ne pas faire intervenir de dieu, à moins que les circonstances ne soient dignes d’être dénouées que par un tel libérateur. » Occam nous enjoignait, de son côté, à ne pas multiplier indûment les principes ou les entités sans nécessité (nunquam ponenda est pluralitas sine necessitate). David Hume était d’avis que le sage devait proportionner ses croyances à la garantie qu’il en avait. Et Albert Einstein pensait, avec raison il me semble, que seule une vérification expérimentale décidait ultimement de la vérité d’une théorie. « Théologiens et philosophes ont encore a apprendre qu’un fait physique est aussi sacré qu’un principe moral » (J. Louis Agassiz, 1807-1873), qu’une affirmation métaphysique ou qu’une croyance religieuse.

Il faut raison garder, il me semble, et dire je ne sais pas quand on ne sait pas, et non pas se consoler avec des intuitions indémontrables parce qu’il serait prétendument inhumain de se laisser conduire par sa raison. Il faut aller là où notre raison nous conduit et ne pas croire qu’il soit inhumain de le faire. Recourir à des intuitions indémontrables est, à la fin, manquer non seulement d’honnêteté, de rigueur intellectuelle, de foi en la raison humaine, mais aussi de courage, quoiqu’on dise. Ou bien alors, si ce jugement vous semble trop dur et trop injuste, ne s’appliquant pas ici, recourir à des intuitions indémontrables pour fonder ses croyances religieuses est faire montre d’un aveuglement inacceptable, surtout lorsque l’on a quelque prétention au titre de philosophe.

Les Terriens trouvent difficile de vivre sans Dieu, sans un dieu qui les guiderait  dans cette vie et qui les accueillerait en son Paradis à leur mort. On a inventé sur ce petit globe perdu dans un coin reculé d’une belle mais ordinaire galaxie un Ciel accueillant pour les uns et un Nirvana mirifique pour les autres, la Résurrection et le Paradis en Occident, la Transmigration et la Réincarnation en Orient. Les Terriens se consolent comme ils peuvent! Leurs philosophes sensibles et leurs théologiens têtus inventent des lendemains heureux. Un jour, je crois, dans un futur lointain, ils atteindront l’âge de raison. Ils ne croiront plus au Père éternel ou au Christ Universel comme les enfants cessent de croire au Père Noel avant même l’âge de raison. Voilà qu’à mon tour je me console avec un lendemain heureux! Je crois, ici, sans preuve et sans l’ombre d’une évidence. Et c’est grand crime contre l’esprit que de croire sans l’ombre d’une évidence. J’ai autant horreur des crimes contre l’humanité que des crimes  contre le peu d’esprit que j’ai, que j’ai, de crimes que je m’infligerais à moi-même, que je commettrais à mon endroit.

On s’ébat et on se débat dans le mystère du monde, d’où l’art et la science, on se protège du néant, d’où les métaphysiques et les religions qui consolent. « C’est une tâche des plus éprouvantes que de changer ses vieilles croyances. L’amour-propre et la vanité regardent comme une faiblesse d’admettre comme fausse une croyance à laquelle nous avons jadis adhéré. Nous nous identifions si fortement à une idée qu’elle devient partie de nous-mêmes, et nous nous portons à sa défense spontanément, et nous fermons les yeux et nous nous bouchons les oreilles à tout ce qui lui est étranger. » (John Dewey)

Le néant et la mort sont insupportables, dites vous. Et vous cherchez un sens à votre existence. « Je ne sais pas pourquoi j’existe, disait Nietzsche, mais, pour moi, continuait-il, du moment que vis, je veux qu’en moi et autour de moi la vie soit la plus exubérante et la plus tropicale possible. » Sapere aude! Osez penser par vous-même, nous recommandaient les hommes et les femmes des Lumières et, bien avant eux, ce prince indien qu’on appelle Le Bouddha, qui affirmait : « n’acceptez pas une croyance seulement parce qu’une personne qu’on dit sage affirme qu’elle est vraie. N’acceptez pas une croyance seulement parce qu’elle est généralement acceptée. N’adhérez pas à une croyance seulement parce que c’est écrit dans de vieux livres. N’acceptez pas une croyance parce qu’on la dit d’origine divine. N’acceptez pas une croyance juste parce que quelqu’un d’autre y croit. Ne croyez que ce que vous-même avez examiné et jugé être la vérité. » Et il ajoutait : « Il n’y a que deux véritables erreurs que l’on peut faire sur le chemin de la vérité : ne jamais commencer et ne pas aller jusqu’au bout. »

« Le dieu des lacunes », perçu dans une intuition indémontrable qui expliquerait tout en général et rien en particulier, n’est pas un dieu, mais une grande chimère. Et je ne crois pas trop E. O. Wilson quand il affirme que nous allons trouver dans un éventuel avenir la preuve de l’existence d’une divinité lorsque nos connaissances de l’Univers auront jeté plus de lumières sur cet étrange Univers. Certains scientifiques, maints philosophes et tous les théologiens construisent sur du sable mouvant des châteaux enchantés aux créneaux desquels ils montent quand on leur demande de raison garder.

Il semble bien que toute la démarche intellectuelle de Charles Taylor, depuis sa tendre enfance et sa candide jeunesse, ait consisté à trouver une voie, une méthode, une épistémologie, une philosophie, une conception du monde et de l’homme, une philosophie de l’histoire qui confirma ses fortes croyances religieuses de départ. Il arrive très souvent que « certains ne veulent pas entendre la vérité parce qu’ils ne veulent pas voir leurs illusions détruites. » (Nietzche) Ils inventent alors des intuitions indémontrables. Ou bien, encore, construisent de superbes sophismes sans fondements qu’ils défendront bec et ongles durant toute leur carrière universitaire.

Certains philosophes et tous les théologiens rêvent et fabulent en leurs facultés, les petits maîtres sévissent en leurs départements, et les grands maîtres cherchent et trouvent quelques vérités dans leurs laboratoires ou dans leurs observations rigoureuses et ardues du « ciel étoilé » ; ils avancent ainsi graduellement vers une connaissance plus exacte de l’Univers, et vers une vérité qui se dérobe et qui ne se laisse jamais embrasser totalement, enchanteresse « vérité » que nous aimons poursuivre toujours. « Le monde est mystérieux, plus mystérieux que ce que le jour peut comprendre », pensait Nietzsche. Pas tout à fait, je pense. Ce qui étonnait le plus Einstein, ce n’était pas l’Univers, quelque étonnant et mystérieux qu’il soit, mais le fait que nous puissions le comprendre. Et nous n’avons pas besoin d’avoir recours à des intuitions indémontrables ou à des révélations divines pour s’en sortir, pour vivre moralement et pour comprendre et expliquer l’Univers qui est le nôtre; il suffit d’avoir foi aux lumières de la raison et aux activités de tous nos sens, de tout ce que nous sommes comme être vivant sur cette planète, de la raison humaine, du cerveau humain, étonnante merveille de l’univers connu.

Après ces quelques brèves considérations sur la posture croyante de Charles Taylor, et avant de revenir à ses Entretiens avec Jonathan Guilbault et aux auteurs et aux œuvres qui ont profondément influencé la quête existentielle de vérité et de sens du philosophe de McGill, attardons-nous quelques instants à cette fameuse notion d’intuition que des philosophes déforment, dont ils abusent et font leur planche de salut, prenant toujours leurs désirs pour la réalité, comme des enfants qui n’ont pas encore atteint l’âge de raison. Je m’attendais trouver Hegel, que Taylor a beaucoup étudié, parmi les penseurs qui l’ont formé; il y est absent, cela m’étonne, car toute sa pensée en est imprégnée. À suivre

Roger Léger

Né en 1928 au Nouveau-Brunswick, près de Moncton, Roger Léger, détenteur d’un B.A., d’un B.PH et d’une licence en philosophie (1948-1951) de l’Université Saint-Paul d’Ottawa, a terminé sa carrière dans l’enseignement au Collège militaire royal de Saint-Jean-sur-Richelieu, en 1986, où il réside toujours.

Durant sa carrière, il a fondé le mouvement Emmaüs de l’Abbé Pierre, à Hull (aujourd’hui Gatineau), en 1957, fut président, à sa fondation, de l’Association des Amis du Devoir Ottawa-Hull en 1958, a été l’un des initiateurs du Rassemblement pour l’Indépendance Nationale, le RIN, en 1959-1960 avec le groupe de Hull, où l’on retrouvait entre autres personnages son ami Marcel Chaput, puis a été candidat du RIN aux élections de 1966 dans le comté de Hull.

En 1972-1973, il produisait une série télévisée pour Télé-Québec sur l’histoire du Québec en 13 émissions d’une heure, Tam ti delam. Le livre « Classes sociales et pouvoir politique au Québec, perspective historique », publié chez Leméac en 1974, en collaboration avec l’historien Rosario Bilodeau, reprend trois émissions de la série consacrées aux structures sociales et politiques de la société québécoise des origines à 1867. Il a dirigé la revue Idées et pratiques alternatives, qu’il a fondée avec Jacques Lazure et Pierre Vallières (1983-1986). En 1989, avec la collaboration d’André Joyal, il publiait à sa maison d’édition, les Éditions du Fleuve, une anthologie des articles publiés dans la revue Idées et pratiques alternatives, sous le titre Alternatives d’ici et d’ailleurs.

Parallèlement à ce parcours professionnel, Roger Léger s’est beaucoup engagé politiquement et socialement. Il a publié le Rapport Brundtland (Notre avenir à tous) de la Commission mondiale des Nations unies pour l’environnement et le développement, en 1988, dont il détient les droits exclusifs pour l’édition française. Il a fondé la Fédération acadienne du Québec en 1987 et éditait plusieurs livres sur l’Acadie durant les années 1987 à 1992. Il a été le traducteur, avec Guy Thériault, et l’éditeur, en 2009, du livre Une Saga acadienne de Me Warren Perrin, président du Conseil pour le développement du français en Louisiane (1995-2010); il a siégé pendant une dizaine d’années au conseil d’administration de l’Alliance française du Vermont (1998-2008). Il préfaçait la réédition des Journaux du Marquis de Montcalm et du Chevalier de Lévis chez Michel Brûlé, en 2007 et 2008. Il a collaboré à la publication d’un livre sur l’Acadie mondiale, qui est paru à l’été 2014; il travaille actuellement à la réédition de l’œuvre d’un historien acadien oublié, le Frère Antoine Bernard, dont il compte faire paraître Histoire de la Louisiane, le Drame acadien, La Survivance acadienne, 1755-1935, et la Gaspésie au soleil, tous couronnés par l’Académie française.

À Saint-Jean-sur-Richelieu, il présidait à la fondation de la Maison des Jeunes Le Dôme, en 1982, et lançait la Coopérative de solidarité artistique et culturelle, en 2002, aujourd’hui connue sous le nom Arto. Il mettait sur pied, en janvier 1999, l’Alliance du Haut-Richelieu, organisme voué à la promotion de la fusion des cinq municipalités de l’agglomération de St-Jean-sur-Richelieu, qui s’est concrétisée en 2001. À l’automne 2014, il lançait un organisme pour sauvegarder le site patrimonial de L’Acadie, un trésor architectural unique au Québec.

Il a ses 87 ans assez verts et compte bien mourir centenaire.

9 Réponsesà “Charles Taylor dévoile sa “posture de croyant”. Roger Léger s’en étonne.”

  1. Michel Virard dit :

    Merci, Roger, les dommages, causés par ce qu’il faut bien appeler une pensée “molle”, sont considérables. Contrairement à ce qu’il imagine, les “intuitions” de Taylor n’ont pas pour résultat de faciliter la vie des gens. Au contraire, elles les anesthésient et les empêchent de rechercher des solutions réalistes à leurs problèmes. Tout le contraire de l’humanisme. Venant d’un intellectuel respecté, il s’agit là d’une trahison de première classe.

    Michel Virard, Prés. AHQ

  2. Andréa Richard dit :

    Merci Monsieur Léger pour cet article, je souhaite que ce soit publié largement. Vous écrivez: «Certains philosophes et tous les théologiens construisent sur du sable mouvant des châteaux enchantés aux créneaux desquels ils montent quand on leur demande de raison garder.» et dire que nous avons une -Faculté de théologie dans les Universités- n’est-ce pas une honte?

  3. Bonjour M. Léger!

    J’ai lu avec intérêt votre article. Effectivement les humains trouvent difficile d’admettre qu’il n’y a rien après la mort. J’ai dit et redit souvent à mon fils (âgé maintenant de 18 ans) de profiter de la vie pleinement car après… c’est une petite boîte de chaussures et un petit trou et ça s’arrête-là.

    La vie à un sens que si on la vit. J’ai déjà dit à mon médecin que je ne voyais pas mes journées. Il m’a répondu que vivre c’est ça!.
    Je m’affiche souvent comme une personne athée, n’ayant aucunement honte de le dire. J’espère que de plus en plus de personnes le feront.

    Merci de votre implication et une bonne continuation.
    Richard Gauthier
    Nb: Je suis membre de l’Association Humaniste du Québec, membre du Mouvement Laïque Québécois et finalement des Sceptiques du Québec.

  4. Jean-Maurice Demers dit :

    Le véritable courage est empreint d’humilité et de noblesse. Accepter l’intolérable vertige devant l’univers et ses questions sans réponse. L’être humain, amalgame de “poussières d’étoiles”, est quand même une maille dans le tissus universel de la vie. La conscsience de sois n’est plus ici nécessaire, il n’y a qu’à savoir qu’on est et qu’on aura été. Tout est là, sans besoin de paradis ni de finalité. L’Homme n’a aucune finalité, mais l’espèce humaine a elle une mission : se reproduire jusqu’à… Il n’y a pas de réponse. Charles Taylor, dont la réputation est surfaite, cherche en ses derniers jours le radeau salvateur de la Méduse à la foi

  5. Ouaknine Léon dit :

    Je me demande si Taylor n’établit pas un parallèle entre la nécessité d’intuitions indémontrables pour permettre à la raison de produire du vrai avec le théorème d’incomplétude de Godel. Face à l’impossibilité pour toute théorie mathématique de démontrer certains faits vrais, on est amenés à les accepter comme tels (équivalent d’une intuition indémontrable ?).
    Je trouve pathétique cet effort de Taylor de penser que pour éviter le pétrin auquel l’homme moderne serait confronté selon lui, il faudrait avoir recours à de l’indémontrable. Ici ça ressemble furieusement à la “révélation”.

  6. Gaetano Marsala dit :

    Si on veut vraiment aider les gens à faire face aux difficultés de la vie, qui, contrairement au bon dieu, sont bien réelles, il faut travailler à cultiver le courage de la vérité, pour soi et pour les autres, surtout lorsque la vérité est difficile à supporter ( Non, on ne survit pas à la mort…Non, on ne sera pas éternellement récompensé pour sa bonté, et les méchants ne seront pas punis pour l’éternité…).
    La foi religieuse ne sert qu’à boucher un trou en attendant; c’est une sorte de fast food spirituel. Seul le courage et la lucidité permettent de résister.

  7. Jean Delisle dit :

    Les théologiens et les philosophes croyants, comme Charles Taylor, débordent d’imagination : “des intuitions non démontrables pour nous sortir du pétrin”. C’est n’importe quoi! C’est Saint-Augustin qui invente le “péché originel”, tel autre qui imagine les “limbes”, tel autre qui décrit le paradis ou l’enfer en détail, sans y avoir jamais mis les pieds, tel autre qui transforme en saints des personnages de fiction, tel autre qui “excommunie” les hérétiques, etc. La liste de telles dérives de l’imagination croyante est infinie. On voit ce dont sont capables actuellement les islamistes qui appliquent aveuglément leurs “intuitions indémontrables”. L’histoire des religions se répète. Elle recoupe, hélas, l’histoire des guerres les plus sanglantes. On comprend dès lors pourquoi les croyants ont si peur de la pensée critique, de la science et de la raison, autant d’antidotes aux “intuitions non démontrables”.

  8. M. Taylor, en recourant à des « intuitions indémontrables » vous ouvrez la porte à toutes sortes d’affirmations plus loufoques les unes que les autres. Alors que si vous essayez d’être un peu plus « rationnel », vous allez découvrir tout le bagage de connaissances développé jusqu’à présent par l’humain. Et vous allez vous rendre compte qu’il est très riche et vous permettra de comprendre, entre autres, le véritable sens de la vie, sans qu’il soit nécessaire de recourir à toute croyance au divin et tout le folklore religieux qui l’accompagne. Alors, M. Taylor, faites un petit effort intellectuel pour migrer, avant de mourir, de la noirceur vers la lumière, de l’incompréhension à la plénitude. Ça vous permettra de mourir en toute sérénité. C’est ce que je vous souhaite de tout cœur.

  9. NESTOR TURCOTTE dit :

    Lire de François Varillon (JOIE DE CROIRE JOIE DE VIVRE) et VIVRE LE CHRISTIANISME.

    LES DEUX LIVRES SONT PUBLIÉS AUX ÉDITIONS CENTURION.