L’athéisme expliqué aux croyants

Par: Richard Rousseau

Cette période trouble causée par l’organisation armée extrémiste « État islamique » ramène dans l’actualité toute la violence prônée par certaines religions [1, 2, 3]. Ce mouvement islamique particulièrement violent est accusé par l’ONU d’être une organisation terroriste responsable de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l’humanité. C’est peu dire. Cependant, ce n’est pas nouveau. Certaines religions ont toujours prôné la violence pour faire valoir leur point de vue. Comme je ne souhaite pas faire vivre cette violence à mes enfants et petits-enfants, que dois-je faire pour leur éviter ça? Ma proposition pour éviter la violence des religions est l’athéisme associé à l’humanisme. Cet article se veut donc une réflexion sur une alternative aux religions violentes, une alternative qui soit riche en valeurs humaines et surtout dépourvue de toute violence, soit en l’occurrence l’athéisme-humanisme.

 Origine des religions

Il existe un nombre incalculable de religions, d’athéismes et de philosophies de tout acabit [4]. Les croyances religieuses et philosophiques vont dans toutes les directions. Où se trouve la vérité dans tout cela? Dans la Bible évidemment, comme le prétendent les croyants! On aurait pu utiliser tout autre livre que les croyants considèrent comme étant saint et d’inspiration divine, par exemple le Coran ou la Torah, mais comme la Bible est le livre religieux le plus connu au Québec, c’est celui que nous utiliserons pour démontrer notre point de vue.

Pour les croyants, les signes donnés dans la Bible indiquent que le vrai Dieu interviendra dans un proche avenir. Avant l’intervention divine, les Écritures annoncent une succession d’événements dont certains sont actuellement à l’œuvre. Puis, Il mettra une fin définitive aux conditions lamentables et à la méchanceté très répandue. La bonne nouvelle, les conditions sur la terre vont changer de façon radicale en faveur de ceux et celles qui sont humbles de cœur et qui Lui obéissent.

Cela suscitera sans doute, de la part d’athées pratiquant le darwinisme, de fortes réactions. Le croyant affirme que par sa nature même, l’athéisme n’apporte aucun espoir. L’athée existe pour une courte durée de temps, dans des conditions plus ou moins difficiles, puis vient la mort. Contrairement à l’athée, il est plus logique pour l’individu qui n’a rien à perdre et tout à gagner, de prendre le temps de chercher l’autre alternative, celle de l’espoir de l’homme consigné dans la Bible.

Évidemment, la Bible rédigée par un peuple fanatiquement religieux, barbare, belliqueux et ignorant, le peuple hébreu, livre écrit sous une soi-disant inspiration divine et remit en main propre à ce peuple élu choisi par Dieu lui-même, ne peut que dire la vérité, toujours selon les croyants. Lorsqu’on affirme comme point de départ que c’est la Bible qui dit la vérité, il va de soi que toute autre prétendue « vérité » ne peut qu’être fausse. Regardons de plus près le contenu de ce fameux livre. Considérons les propos d’un expert objectif dans le domaine, monsieur Normand Rousseau, auteur d’une trilogie sur le sujet [5, 6, 7]. Il écrit :

« La Bible est très immorale. La profonde immoralité des soi-disant saintes Écritures repose sur deux volets : la doctrine et les actions meurtrières des personnages bibliques.

La loi de Moïse impose la peine de mort aux homosexuels, aux adultères, aux incestueux, aux jeunes filles qui perdent leur virginité. Pourtant le Décalogue est clair : Tu ne tueras pas!

On pourrait toujours prétendre que la Bible n’est pas responsable de la conduite immorale de ses grands personnages, mais il est difficile de justifier leurs crimes, surtout qu’ils prétendent tous agir au nom de Yahvé, leur dieu.

Par exemple, ce livre nous apprend que Moïse et Élie sont de grands criminels; que Jésus s’est fait transfigurer entre ces deux meurtriers; que, sous la direction de Yahvé, le peuple hébreu a conquis la Terre promise par l’extermination des peuples cananéens, en massacrant « hommes, femmes, enfants et nourrissons », selon l’expression génocidaire de la Bible; que Josué a arrêté le soleil pour faire durer le massacre; que Pierre et Paul enseignaient que l’esclavage est la volonté de Dieu.

L’Église affirme que toute la Bible est la révélation de Dieu. Si on trouve une seule phrase immorale, la révélation divine n’existe donc pas, car il est impossible que le vrai Dieu révèle la moindre notion immorale.

L’auteur fait la démonstration que la Bible est bourrée d’erreurs, de contradictions et d’incohérences ce qui signifie qu’elle n’est précisément pas la révélation de Dieu.

Ces erreurs, ces contradictions et ces incohérences ne sont pas mineures, au contraire : elles frappent les plus grandes notions et principes de la Bible comme le monothéisme, le péché originel, la peine de mort, l’homophobie, la xénophobie, les fausses prophéties, l’au-delà, les commandements de Moïse et le prétendu pardon de Yahvé.

La Bible est même blasphématoire, puisqu’elle nous révèle un dieu qui se conduit comme les dieux païens de l’Antiquité, et parfois pire.

L’auteur répond surtout à la grande question : « Est-ce que la Bible nous révèle quelque chose? »

L’auteur fait la preuve que le Nouveau Testament est tout aussi immoral que l’Ancien en nous révélant l’esclavage, la misogynie et l’intolérance religieuse.

Il démontre également que cette immoralité s’est prolongée dans le christianisme avec les croisades, l’Inquisition et la chasse aux sorcières.

L’auteur relate tout le côté humain de la Bible qui est malheureusement la base de notre civilisation occidentale et chrétienne, un livre qui doit être dénoncé comme responsable de toute la violence, de tous les crimes commis au nom du christianisme à travers les siècles.

La Bible, ce livre immoral, bourré de contradictions et d’incohérence, ce livre que l’on prétend être la révélation de Dieu, a réussi à traverser les siècles grâce à une armée de défenseurs qui ont justifié son message par des astuces que l’on peut qualifier, aujourd’hui, de falsifications et de supercheries.

Il faut donc cesser d’établir nos valeurs sur un livre immoral, un livre qui justifie tous les fanatismes, tous les crimes commis au nom de Dieu et de la religion. Une fois libérée de cette entrave, l’humanité pourra construire sa propre morale qui sera bien supérieure à celle de la Bible.

Bref, la Bible nous révèle les génocides, l’esclavage, la misogynie et les sacrifices humains, mais laissez-moi répondre plus spécifiquement aux arguments de certains croyants très convaincus comme les évangélistes.

D’abord, ces croyants admettent que le communisme était un culte, donc une idéologie qui s’est conduite comme une religion. Ils admettent que les religions sont aussi fanatiques que le communisme, et avec raison, mais elles sont tout de même fanatiques. Ils admettent aussi que les religions ont commis des crimes contre l’humanité comme le communisme. Donc ils mettent les religions sur le même pied que le communisme athée. Mais l’humanisme athée n’a jamais commis de crimes.

Ces croyants affirment que la vantardise était pratique courante chez les païens, mais pas dans la Bible. Au contraire, Yahvé se vante d’être le seul Dieu qui écrase toutes les nations. Surtout dans les Psaumes. Les Hébreux écrasent les peuples madians et cananéens sans aucune compassion, avec une insensibilité remarquable. Lire le livre de Josué surtout.

Ces croyants affirment que les crimes commis par les grands personnages de la Bible sont étalés avec franchise, mais ce n’en sont pas moins des crimes, donc la Bible est immorale. Ils disent que Moïse, Aaron et David sont réprimandés, mais ils ne sont pas châtiés pour leurs innombrables crimes alors que des innocents comme la femme de Loth et le prêtre qui touche à l’arche sont foudroyés sans pitié. Et puis Dieu ne « réprimande » pas les grands criminels Josué, Gédéon, Élie, Élisée, Jephté et les Maccabées.

La « moralité » de la Bible est d’une immoralité sans nom. La loi de Moïse ordonne de tuer les adultères, les homosexuels, les incestueux, les apostats, les blasphémateurs, et ceux qui ne respectent pas le sabbat. Cette loi est tellement immorale que le judaïsme et le christianisme ne mettent plus à mort pour ces raisons. Seul l’Islam le fait encore. Si on respectait la loi de Moïse, on se retrouverait en prison rapidement.

Ces croyants affirment qu’il y a des milliers d’années, la loi biblique imposait des règles d’hygiène très strictes pour se protéger de la contamination bactérienne au contact par exemple de cadavres, du sang, de maladies infectieuses comme la lèpre, etc. Ils ajoutent que si la Bible imposait toutes ces protections sanitaires il y a des milliers d’années, comment Moïse pouvait-il savoir tout cela, alors que l’existence des microbes était totalement inconnue? Selon ces croyants, il a bien fallu une inspiration divine.

Ici, les croyants détournent le sujet. Il ne s’agit pas de nier que des maladies soient transmissibles par le manque d’hygiène, mais prétendre que Dieu leur a dicté des règles d’hygiène via la Bible est complètement farfelu. Les Romains avec leurs thermes pratiquaient une plus grande hygiène que les Juifs et sans révélation divine. Sous l’influence des Barbares, les chrétiens vont abandonner l’hygiène romaine parce que se laver occasionnerait des péchés de la chair.

Par contre, il existe dans la Bible de nombreuses erreurs scientifiques démontrant hors de tout doute que la Bible n’a pas été rédigée sous l’inspiration divine. En voici quelques-unes.

Les croyants prétendent que Dieu est source de vie. C’est une erreur scientifique. Nous savons aujourd’hui que la vie humaine apparaît lors de la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule dans les trompes de Fallope de la femme. Si cette rencontre n’a pas lieu, la personne à naître ne verra jamais le jour, peu importe que des règles sanitaires soient respectées ou pas. Également, les croyants sont contre l’avortement pour les mêmes raisons, pour protéger l’œuvre de Dieu. Ici encore, je le répète, Dieu n’est pas l’auteur de la vie. Les croyants devraient donc cesser de dénoncer l’avortement par respect pour la femme et le permettre lorsque c’est absolument nécessaire (cas d’incestes, de viols, mères trop jeunes, familles trop nombreuses, situations économiques difficiles, etc.).

La Bible interdit la consommation du sang, soit humain, soit animal, sous peine de mort (Lv 17, 14), parce qu’Elle prétend que la vie réside dans le sang. C’est une erreur scientifique. Nous savons aujourd’hui que la vie réside dans le fonctionnement du cerveau. Si le cerveau cesse de fonctionner, faute d’alimentation en oxygène par le sang, la personne meurt. Cette fausse croyance en plus d’avoir mérité la mort à quelques personnes a encore des conséquences aujourd’hui. Par exemple, les Témoins de Jéhovah refusent les transfusions de sang et les Juifs continuent d’imposer la nourriture cachère. Encore là, la Bible enseigne une erreur.

Dans la Genèse, la Bible enseigne une autre erreur scientifique : Dieu créa l’univers en six jours et tout ce qui s’y trouve, entre autres la Terre et son contenu. L’homme est créé le sixième jour. On sait aujourd’hui que l’univers est apparu suite à ce qui ressemble à un Big Bang qui s’est produit il y a 13,7 milliards d’années. Pour ce qui est de l’homo sapiens sapiens, c’est le résultat d’une longue évolution par sélection naturelle de 4,55 milliards d’années. Encore là, la Bible enseigne une erreur.

Également, dans le livre de Josué, la Bible enseigne encore une autre erreur scientifique : le géocentrisme d’Aristote et Ptolémée [8]. S’il y avait eu révélation divine, elle aurait enseigné l’héliocentrisme de Nicola Copernic [9]. Quant à la forme de la terre, des Grecs, sans révélation divine, l’ont trouvé bien avant les Hébreux.

La preuve qu’il n’y a donc pas eu de révélation divine, c’est que la Bible enseigne ces erreurs, lesquelles sont également partagées par plusieurs peuples de l’Antiquité. Au contraire, une révélation divine aurait enseigné qu’il ne fallait pas croire ces erreurs.

Enfin Dieu ne respecte pas le libre arbitre de l’homme dans la Bible. À chaque faux pas, au contraire, il le châtie férocement : Adam chassé du paradis terrestre, le déluge, Sodome et Gomorrhe, Babel, etc. »

Donc, les croyants qui fondent leurs croyances sur la Bible, un livre profondément immoral ne peuvent qu’être dans l’erreur. Tout leur baratin pour justifier ce livre n’est que de la poudre aux yeux. D’ailleurs, ce n’est pas surprenant. Croire en un Dieu infiniment bon qui nous aime tous et nous protège, alors que la réalité nous démontre tout le contraire, ça ne tient pas la route. Croire en un être suprême invisible, qui ne se manifeste jamais, qui ne nous aide jamais, qui ignore l’humanité peu importe les circonstances, qui est donc un éternel absent, ne peut pas avoir écrit un livre, via la main de l’homme, pour propager son message. C’est de l’hommerie dans sa plus belle expression.

 Origine de l’athéisme

Les motifs pour lesquels on devient athée sont sans doute divers. Pour une large part, c’est à cause de l’absence de preuves véritables de l’existence d’un Dieu tout puissant créateur de l’univers. Depuis 3 000 ans, les croyants essaient de nous convaincre de l’existence d’un seul vrai Dieu tout puissant qui vieille sur nous, mais en vain. C’est peine perdue. Dieu est toujours absent. Par exemple, à la Deuxième Guerre mondiale, il n’a pas envoyé de Moïse contre Hitler, n’a pas déclenché les dix plaies d’Allemagne pour libérer son peuple des camps de concentration. Tout n’est qu’affirmation gratuite, sans fondement. En désespoir de cause, les croyants s’en remettent à la foi. Tu n’as qu’à croire pour que tout devienne vrai. C’est peu convaincant. C’est comme si quelqu’un affirmait qu’il peut soulever un rocher de 1000 lb à main nue sans en faire la démonstration. Vous n’avez qu’à y croire pour que ça devienne vrai. Quel syllogisme absurde!

Dans une moindre mesure, il existe d’autres raisons pour devenir athée comme tous les crimes commis au nom de Dieu, ou encore devant l’état lamentable où se trouve actuellement l’humanité, devant tant de souffrances et de violence, la non-intervention de Dieu prouvant sa non-existence.

De plus, connaissant les capacités exceptionnelles de l’homme à fabuler, à inventer des histoires plus invraisemblables les unes que les autres, il est facile d’imaginer un être fictif capable de combler son immense besoin de protection et d’espoir de vie après la mort. Le personnage Dieu est donc inventé de toutes pièces pour satisfaire des besoins humains bien élémentaires.

L’athéisme peut se définir comme étant l’absence de croyances en une ou plusieurs divinités. L’athéisme ne consiste pas à croire que « Dieu » n’existe pas, mais à nier l’existence de quelque divinité que ce soit. La nuance entre ces deux affirmations est que nous les athées nous n’avons pas à prouver que Dieu n’existe pas, nous disons simplement que nous n’y croyons pas. Par contre, c’est aux croyants que revient le fardeau de la preuve de leur affirmation. Dits autrement, les croyants ont beau affirmer que Dieu existe, nous les athées nous ne les croyons pas. La croyance au divin repose sur des affirmations gratuites sans fondement, alors que la pensée athée est fondée sur le rationnel. Ceci dit, essayons de trouver quelques arguments démontrant que cette croyance au divin n’est que pure fiction ne menant nulle part, sauf peut-être à la peur de l’enfer, alors que l’athéisme couplé à l’humanisme est la meilleure façon de vivre une vie épanouie pleine et entière lors de notre court passage sur cette petite planète appelée la Terre, sans espoir d’une vie éternelle dans un au-delà hypothétique après la mort.

Que l’on veuille l’admettre ou pas, les humains peuvent se passer de spiritualité, mais ont tous besoin d’humanisme. L’entraide humanitaire en cas de cataclysmes naturels, guerres ou maladies contagieuses est là pour le prouver. Des organisations mondiales, comme la Croix-Rouge, viennent en aide à l’humanité dans des cas de catastrophes, peu importe les croyances divines ou religieuses des gens éprouvés. C’est du pur humanisme sans motivation divine ou religieuse d’aucune sorte et c’est très bien ainsi.

Par contre, il existe également des criminels ayant commis des crimes contre l’humanité au nom d’idéologies criminelles, comme le communisme et le nazisme. Des criminels comme Lénine, Staline, Mao, Hitler, Pol Pot, etc., ont implanté des idéologies causant la mort de millions de personnes, sans faire appelle à aucune croyance divine ou religieuse. Ce sont de telles idéologies qui sont responsables de la mort de millions d’individus, non l’athéisme. L’athéisme n’est pas une religion et il n’est pas nécessaire d’être communiste pour être athée. L’athéisme n’a pas de livre sacré, pas de dogmes, par conséquent un athée humaniste ne peut être tenu responsable des crimes du communisme tout comme un chrétien ne peut être tenu responsable des crimes de l’islam. Mais un croyant chrétien peut être tenu responsable des crimes de la Bible et du christianisme parce qu’il y adhère pleinement. Prière de faire la part des choses s.v.p. Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu.

Dans l’ensemble, l’humain est capable de faire le bien aussi bien que le mal sur une très grande échelle sans impliquer aucune croyance divine ou religieuse. Par contre, l’histoire le démontre, les religions en position de pouvoir combattent les libertés individuelles, font peu de place aux droits de la personne, encouragent les guerres de toute sorte, sont fortement misogynes, supportent l’esclavage, encouragent l’ignorance, etc. La liste des crimes passés comme présents commis par des religions au nom de Dieu est très longue. Bref, les religions n’ont aucun respect de la vie humaine. Ce n’est pas le cas de l’athéisme qui la plupart du temps, pour ne pas dire tout le temps, est associé à l’humanisme. Au contraire des religions, l’athéisme-humanisme a un profond respect de la vie humaine et des droits de la personne.

 Conclusion

Quelle est l’alternative à la violence des religions? L’athéisme et l’humanisme, bien sûr, qui sont des valeurs sûres, bien concrètes qui n’impliquent aucune croyance à des divinités imaginaires. Nous allons reprendre ici quelques thèmes qui ont bien été développés dans un autre article [10].

Au préalable, rappelons les principes de la pensée humaniste [11]. Cette nouvelle spiritualité affirme la valeur, l’égalité, la dignité et l’autonomie des individus et le droit de chaque être humain à la plus grande liberté possible qui soit compatible avec les droits des autres. Elle met l’humain au-dessus de toute idéologie politique ou croyance irrationnelle. Elle est basée uniquement sur des valeurs humaines qui reposent avant tout sur les droits de la personne, le respect de la femme, des enfants et de la famille, la non-violence, la justice et l’entraide humanitaire. Elle fait la promotion de la connaissance véritable et évolutive que nous fournissent les sciences exactes de la nature, pour assurer une meilleure qualité de vie à l’humain. En plus de promouvoir les valeurs humaines, cette nouvelle spiritualité respecte toute forme de vie sur cette planète (les animaux, les forêts, les plantes, etc.) et l’environnement (l’humaniste se préoccupe du réchauffement climatique, de l’effet de serre, de la couche d’ozone, de la pollution, des réserves d’eau potable, etc.). Évidemment, cette nouvelle spiritualité exclut la croyance à un monde surnaturel imaginaire. Cette croyance est devenue anachronique. On peut donc parler d’une véritable spiritualité créant un lien spirituel entre les humains, une indispensable solidarité entre chacun. Cette spiritualité humaniste athée porte sur la « vie de l’esprit », celle qui unit les êtres humains entre eux, et non pas celle qui les unit à une entité divine hypothétique.

Il va de soi que la spiritualité humaniste n’est pas tournée vers le divin, mais exclusivement vers l’humain, donc vers l’athéisme. Dans un premier temps, elle est centrée sur les besoins fondamentaux de l’individu. Tout être humain a besoin de travail, de pain, d’affection. Il a besoin de se sentir utile et de vivre sa solidarité. La manière de combler ces besoins peut varier en fonction des cultures et des civilisations, mais ces besoins sont partout les mêmes. Cette spiritualité est tournée également vers l’autre, vers celui ou celle avec qui l’individu partage son humanité, où la raison, la science et la solidarité nous aident à mieux vivre notre destinée d’humain. L’humaniste ne fait pas de l’homme un dieu, mais sa principale préoccupation, celui qui peut donner un sens à sa vie en dehors de toute croyance au divin. Il n’y pas de place pour le surnaturel dans une vision véritablement humaniste.

Certains diront qu’il n’est pas nécessaire de passer par l’athéisme pour atteindre un véritable épanouissement personnel, pour que l’être humain soit heureux lors de son court passage sur cette petite planète nommée la Terre. Le croyant revendiquera qu’il partage les mêmes valeurs humanistes d’entraide, de solidarité, etc., que le divin et l’humanisme vont de pair. Je pense que c’est faux. L’erreur est d’imaginer des êtres surnaturels pouvant lui venir en aide n’importe quand, tout comme ses parents, lorsqu’il était un jeune enfant. Lorsqu’on s’adresse à des personnages imaginaires ou irréels, les risques de dérapage sont très grands, pour ne pas dire certains. Pour ce qui est des religions, elles ne font qu’encourager, promouvoir et supporter toutes ces croyances irrationnelles, ce qui n’améliore pas la situation. Il existe une meilleure façon de supprimer toutes ses peurs : peur de l’inconnu, peur de la souffrance, peur de la mort. Il y a la connaissance. La connaissance de la médecine pour soigner le corps, la connaissance de l’univers pour que l’humain puisse comprendre dans quel monde il vit et la connaissance de sa psychologie pour qu’il puisse comprendre son comportement. La connaissance rassure. Plus besoin de divinités protectrices. Alors, tout simplement, je les rejette en souscrivant à l’athéisme.

Aujourd’hui, je n’arrive plus à concilier foi aveugle et réflexion. Toutes croyances divines et religieuses sont en conflit avec mon rationnel et m’empêchent de vivre en harmonie avec moi-même et mon environnement. Je le répète, ce lointain héritage du passé, reposant sur l’ignorance, entre en conflit avec toutes les connaissances actuelles (origine de l’univers, origine de la Terre, origine de la vie, origine de l’homo sapiens sapiens). C’est insulter mon intelligence que de me proposer de croire à des croyances aussi irrationnelles. Par exemple, je me demande comment les croyants arriveront à concilier leurs croyances divines bien terrestres avec la découverte d’exoplanètes (planètes orbitant autour d’une étoile autre que le Soleil) de plus en plus nombreuses où la vie serait possible [12]. Alors, vivement l’athéisme, s.v.p.

Lorsque le bébé vient au monde, il a les poings fermés, prêt à combattre, pour affronter tous les problèmes auxquels il aura à faire face pendant sa vie. Puis, lorsqu’il meurt, il a les mains ouvertes, car pendant toute sa vie durant, il aura appris à tendre la main pour recevoir et donner de l’aide à son prochain, ce qui est, tout simplement, l’humanisme. Voilà le secret d’une vie heureuse, ici-bas sur Terre, sans espoir d’une vie éternelle dans l’au-delà. Ce n’est plus nécessaire.

Références

[1] La Bible, (Ps 137, 9), (I R 18, 40), (II R 2, 24), etc.

[2] Le Coran, (Sourate 9, verset no 05, 28, 29, 30, 31, 123), etc.

[3] La Torah, (Dt, 22, 20), (Lv 26, 29), (Lv 120, 13), etc.

[4] Russell Re Manning, Religions en 30 secondes, Les 50 plus grandes croyances religieuses, expliquées en moins d’une minute, Hurtubise, 2012.

[5] Normand Rousseau, La Bible immorale, éditrice Louise Courteau, 2006.

[6] Normand Rousseau, La Bible démasquée, Incohérences et contradictions, éditrice Louise Courteau, 2010.

[7] Normand Rousseau, Le procès de la Bible, défenseurs et dénonciateurs, éditrice Louise Courteau, 2012.

[8] Wikipédia, Géocentrisme, http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9ocentrisme

[9] Wikipédia, Héliocentrisme, http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9liocentrisme

[10] Richard Rousseau, L’athéisme et l’humanisme, quel bonheur!, publié sur le site web de l’AHQ à l’adresse suivante : http://assohum.org/2014/06/atheisme-et-humanisme-quel-bonheur/

[11] Association humaniste du Québec, Nos principes, http://assohum.org/qui-sommes-nous-2/

[12] Nous ne sommes pas seuls!, Science & Vie, No 1139, p. 50, août 2012.

 Richard Rousseau : chercheur scientifique spécialisé en physique des rayons X, à la retraite, ayant travaillé plus de 36 ans au laboratoire d’analyse par fluorescence des rayons X (FRX) de la Commission géologique du Canada, à Ottawa. Il y a développé une méthode d’analyse FRX et un logiciel d’application. Il est membre à vie de l’Association humaniste du Québec.

 

 

 

 

3 Réponsesà “L’athéisme expliqué aux croyants”

  1. Th.C. dit :

    Un athée sincère et sérieux est désespéré. Sur quel fondement repose ce tiède prêchi-prêcha qualifié de “pensée humaniste” ? Pourquoi sélectionner les “valeurs” d’entraide, de solidarité, alors que l’on pourrait aussi bien, au nom de la “science”, prôner, par exemple un eugénisme radical ? Le rejet des croyances religieuses laisse l’homme absolument seul. Cette “pensée humaniste” qui sert d’écran au tragique de notre condition est encore plus naïve, à bien y réfléchir, que les antiques religions.

    • Michel Virard dit :

      Affirmation gratuite par excellence: «Un athée sincère et sérieux est désespéré». Sur quoi vous basez-vous ? Quelles enquêtes sérieuses soutiennent ce jugement sans appel ? Les humanistes séculiers dont nous faisons partie savent très bien d’où vient le lavage de cerveau produisant ce genre de jugement: les clergés, particulièrement le catholique romain, n’ont jamais cessé de ressasser cette bien étrange diffamation. Nous pensons au contraire que ce qui effraie tant ces clergés, c’est précisément que les athées «sincères et sérieux» jouissent pleinement de leur vie et que, s’ils sont désespérés, c’est uniquement en constatant l’invraisemblable crédulité d’une grand partie de l’humanité. Ça, c’est vraiment désespérant.
      Vous pensez que le rejet des croyances religieuses laisse l’homme absolument seul? Sans aucun doute, mais les croyances religieuses laissent également l’homme seul. La seule différence étant l’illusion que ce qui a été produit par des hommes, les religions, puisse être d’origine surnaturelle.
      Quand à la «naïveté” de la pensée humaniste, je vous fais grâce de la «naïveté» des convictions religieuses les plus répandues.
      Si vous aviez lu les manifestes humanistes, vous auriez constaté que si la science est définitivement l’outil par lequel les humanistes abordent toutes les questions, ce n’est nullement le déterminant de nos positions éthiques. Pour cela la philosophie éthique reste sensiblement plus convaincante que les dix commandements. Les notions de bien et de mal préexistent aux religions, ce sont des choses connues à ceux qui ont lu autre chose que des livres sacrés. Enfin, du haut de votre suffisance, vous pouvez toujours mépriser notre «prêchi-prêcha» mais si ce dernier continue de rendre nos membres heureux, soyez-assuré que nous allons continuer.

  2. Michel Virard dit :

    Remarque générale: nous publions sur ce site aussi bien les positions officielles de l’AHQ que des textes d’opinion de nos membres (ou même de non membres). Ces derniers sont libres, dans une large mesure, de vivre leur humanisme à leur façon et de l’exprimer en des termes qui leurs sont propres.