Réclamons une commission internationale d’enquête pour que justice soit rendue aux victimes des crimes de l’Eglise catholique !

Réclamons une commission internationale d’enquête pour que justice soit rendue aux victimes des crimes de l’Eglise catholique !

Nous reproduisons ici un communiqué de nos amis libre-penseurs français concernant la découverte  de 796 cadavres d’enfants près d’un couvent catholique en Irlande.  L’Association humaniste du Québec souhaite joindre sa voix à ceux qui réclament une commission d’enquête internationale afin que soit mis en lumière les pratiques de l’Église catholique en Irlande et ailleurs et que les victimes avérées puissent s’exprimer et aient enfin droit à une juste réparation.

Bureau Européen de Coordination de la Libre Pensée

10/12, rue des Fossés Saint-Jacques 75005 Paris (France)

 

Commission internationale d’enquête

pour que justice soit rendue aux victimes des crimes

de l’Eglise catholique !

 En République d’Irlande, comme partout,

 il est temps de «séparer les Eglises de l’Etat» !

 

images_Magdelene_CouventLe monde entier a appris que des squelettes d’enfants et de nouveau-nés ont été découverts dans une cuve en béton, à côté d’un ancien couvent catholique de la ville de Tuam, dans le comté de Galway, en Irlande. Entre 1925 et 1961, ce lieu a accueilli des jeunes mères célibataires tombées enceintes hors mariage. L’historienne Catherine Corless, en réalisant des recherches sur les archives d’un ancien couvent de Tuam – aujourd’hui reconverti en lotissement – a découvert que 796 enfants avaient été enterrés sans cercueil ni pierre tombale, secrètement par les sœurs du couvent de Bon-Secours.

images_Magdelene2Cette découverte rappelle un autre scandale impliquant également des mères célibataires. Entre 1922 et 1996, plus de 10.000 jeunes filles et femmes avaient travaillé gratuitement dans des blanchisseries exploitées commercialement par des religieuses catholiques en Irlande. Les pensionnaires, surnommées les «Magdalene Sisters», étaient des filles tombées enceintes hors mariage ou qui avaient un comportement jugé immoral dans ce pays régi par la Doctrine sociale de l’Eglise catholique et son principe de subsidiarité, notamment depuis la Constitution de 1937, rédigée par le Taoiseach Eamon De Valera (Fianna Fàil) sous les auspices de Mgr John Charles McQuaid, futur archevêque de Dublin.

Malnutrition, pneumonie, tuberculose et sans doute maltraitance, les raisons de leur mort ne manquent pas. Un rapport des services de santé, datant de 1944, retrouvé par Catherine Corless, évoque un taux de mortalité infantile quatre à cinq fois plus élevé dans le couvent de Tuam, où ont été retrouvés les squelettes, que dans la population. Le document évoque aussi des enfants décharnés.

70 ans plus tard, un citoyen, William Joseph Dolan, proche d’un enfant ayant vécu dans cette institution, a déposé une plainte afin de comprendre ce qui s’est passé à l’époque.

Et les enfants de Tuam ne seraient pas les seuls à avoir disparu dans les couvents irlandais. The Irish News rappelle que diverses associations militent depuiimages_Magdelene3s plusieurs années pour qu’une enquête soit ouverte à ce sujet. Au total, 4 000 enfants auraient été enterrés à la hâte dans des fosses communes aux abords des dix couvents qui ont accueilli environ 35 000 femmes jusque dans les années 1960 en Irlande.

«Ces révélations sont choquantes et rappellent à l’Irlande une période sombre de son histoire», a réagi Charlie Flanagan, ministre chargé de l’enfance et de la jeunesse du gouvernement de coalition Fine Gael-Labour à Dublin, qui réclame l’ouverture d’une enquête à laquelle l’Eglise se dit «prête à participer».

L’Eglise n’a pas changé : ériger un mémorial, travailler la compassion et le «détail» pour minimiser l’ensemble et protéger ses prébendes.

D’ailleurs,Mgr Michael Neary, archevêque catholique de Tuam, a d’ores déjà déclaré que «l’Eglise ne savait rien de ce qui se passait dans ces couvents»…

Le quotidien mancunien The Guardian, en date du 4 juin 2014, conclut en interrogeant : «Les pratiques des sœurs du couvent de Tuam étaient-elles isolées ? Sinon, combien de morts dans chacun des couvents irlandais ? Quels étaient leurs noms ? Où sont les tombes ?»

Le Bureau Européen de Coordination de la Libre Pensée tient à rappeler les faits suivants :

- Le 9 novembre 2005, Liz O’Donnell, députée Progressive Democrats de la circonscription de Dublin-South, prenait la parole au Dáil Éireann (parlement) au sujet du rapport sur les événements survenus dans le diocèse de Ferns, dans le comté de Wexford. Une commission d’enquête indépendante ayant dénoncé les abus sexuels commis par des prêtres entre 1960 et 1980, dans un rapport réalisé par trois juges : «Les victimes ont subi non seulement la forme la plus abjecte d’abus sexuels, physiques et psychologiques de la part de membres du clergé, mais aussi du silence de la trahison, de l’inertie de la part de l’Eglise qui a placé la protection des plus faibles en deçà de ses propres priorités : se protéger eux mêmes, protéger l’Eglise, la protection des enfants venant loin après. (…)

Cependant, ce rapport est une référence dans un autre domaine. Il changera pour toujours la relation spéciale qui a existé, des décennies durant, entre l’Eglise et l’Etat.  (…) Ce nouveau départ ne peut avoir lieu sans que les vieilles relations cessent. La déférence tenace et attendue qui était la base des relations entre l’Etat et l’Eglise catholique avec une extrême influence en termes de résultats doit cesser absolument. Et seulement alors l’Etat pourra légiférer comme il se doit.»

 - Le 18 juillet 2010, Ivana Bacik, sénateur du Labour Party irlandais, déclarait à son tour : «Le moment est venu d’une campagne pour une constitution laïque qui représentait le caractère pluraliste de la société»

- Le 20 juillet 2011, devant le Dáil Éireann, le Taoiseach Enda Kenny, Premier ministre de la République d’Irlande et dirigeant du parti Fine Gael, fondé en 1933 et historiquement lié à la doctrine sociale de l’Eglise, prononçait un discours après un rapport accablant sur le diocèse catholique de Cloyne (comté de Cork) mené par une Commission d’investigation : «Heureusement pour nous, nous ne sommes pas à Rome. Ni dans l’Irlande des centres d’apprentissage ou des blanchisseries de Magdalene, où le bruissement d’une soutane suffisait à étouffer la conscience et l’humanité et l’oscillation de l’encensoir dirigeait le monde Irlando-catholique. Nous sommes dans la République d’Irlande de 2011. Une République de droit… de droits et de devoirs, avec son ordre public propre…où la délinquance et l’arrogance d’une certaine version… d’une certaine sorte de «moralité» ne sera plus tolérée ou ignorée à l’avenir.»

Le Bureau Européen de Coordination de la Libre Pensée, quirassemble des associations se situant dans un cadre large d’activités se référant à la Libre Pensée et à l’athéisme (lutte pour la séparation des Églises et de l’État, refus des dogmes, émancipation intégrale de l’Humanité, pacifisme, etc….),  est indépendant de toute structure institutionnelle, étatique ou supranationale.

Il porte à la connaissance de l’opinion laïque que lors du IVème congrès mondial de l’Association Internationale de la Libre Pensée (AILP) qui se tiendra à Londres (Conway Hall), le lundi 11 aout 2014, Keith Porteus Wood, l’un des porte parole de l’AILP, et Directeur exécutif de la NSS de Grande-Bretagne rapportera sur ces questions, pour une

Commission internationale d’enquête pour que justice soit rendue aux victimes des crimes de l’Eglise catholique !

En République d’Irlande, comme partout, il est temps de 

«séparer les Eglises de l’Etat» !

 

Paris, Londres, le 28/04/2014

 

4 réponsesà “Réclamons une commission internationale d’enquête pour que justice soit rendue aux victimes des crimes de l’Eglise catholique !”

  1. Andréa Richard dit :

    Au Québec aussi, il y aurait peut-être une enquête à faire…« A cette époque, les filles mères étaient ici aussi, au Québec, appelées – les Madeleines-; elles étaient reçues chez les Religieuses du Bon Pasteur, à Québec. Là elles devaient être soumises à des règlements sévères, pour expier leurs péchés! avoir mis au monde un enfant appelée illégitime et ensuite un bâtard qui sera montré du doigt, et par sa famille, oncles et tantes, cachés en autant qu’on le pouvait. Je me souviens d’une fille mère qui gardait son enfant dans sa famille; chaque fois que celle-ci recevait de la visite, elle devait monter avec l’enfant, se cacher au grenier de la maison.

  2. Andréa Richard dit :

    -
    PRIÈRE DE L’INDIGNE – À LIRE PAR LES FILLES-MÈRES

    XXXX, adoptée
    Cette prière qui devait être lue par les filles-mères à tous les jours, au centre de naissance de la Miséricorde de Montréal.

    Source : Les Chroniques de la Crèche Québec 1943 page 65 Victorin Germain prêtre.

    Prière de l’indigne,
    Seigneur, je ne suis pas digne d’être mère. J’ai contrefait et blasphémé le mariage. J’ai transgressé vos commandements. J’ai méprisé vos grâces. J’ai fait la sourde oreille à vos inspirations comme à vos conseils. Dans ma folie, je vous ai bravé, et voilà que vous m’imposez le redoutable fardeau d’une maternité.

    Seigneur, je suis indigne…Indigne et sans moyens, abandonnée que je suis par le père, le père sans entrailles de mon enfant. Mon abjection et mon déshonneur m’ouvrent enfin les yeux. Que ferai-je si vous n’avez pitié de ma double misère ? Ah ! Secourez-moi, Seigneur. Je sais « qu’il n’est pas bon de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens »

    Mais je vous répète avec la Chananéenne : « Les petits chiens mangent sous la table de leur maître les miettes que laissent tomber les enfants. » Mendiante, moi aussi, j’implore quelques-unes des grâces que vous prodiguez aux mamans selon votre cœur.

    Vous fûtes si bon, si miséricordieux, si divinement humain pour les femmes repenties, pour la débauchée de Samarie, pour l’adultère de Jérusalem, pour l’impudique de Magdala. Pitié, Seigneur, pour une autre pécheresse ! Pitié, pour une mère indigne ! Pitié surtout pour un pauvre petit enfant ! » Laissez-le venir à vous et laissez que je l’accompagne.

    Faites, je vous en supplie, Seigneur, au nom de Marie, votre mère et la mienne, que malgré l’inconduite de ses parents, notre enfant soit de bonne conformation, attrayant et sain, qu’il soit de bon naturel, intelligent, docile et courageux, qu’il vous aime et que jamais il n’ait le malheur de vous offenser gravement comme nous avons fait.

    Je supplie votre Majesté de l’admettre à la vie nouvelle du Saint Baptême et à l’incorporation de la Sainte Église ;
    Je supplie votre Providence de lui préparer, parmi les miens ou parmi les étrangers, de charitables parents adoptifs;
    Et surtout, je supplie votre Miséricorde de l’enlever tout jeune de la terre, s’il doit porter en lui le triste héritage des passions qui nous ont perdus.

    Réparez, Dieu tout-puissant, les conséquences de nos erreurs.
    Pitié pour l’innocente victime de si tristes péchés!
    J’accepte de souffrir, j’accepte de mourir pour que mon enfant soit marqué du sceau indélébile des enfants de Dieu.
    Autant qu’il soit en mon pouvoir, je vous et consacre de tout mon cœur « à l’amour de votre service et au service de votre amour » le fruit d’un amour qui méritait votre haine.

    Gardez-moi constante, malgré ma légèreté, mes sentiments de mère ;
    Gardez-moi, pour ma pénitence, mes inquiétudes, mes angoisses maternelles et le souvenir de ma déchéance ;
    Gardez-moi, pour ma purification, l’attachement aux sacrifices généreusement acceptés et plus amoureusement recherchés ;
    Gardez-moi pour ma réhabilitation, la vue continuelle de mes responsabilités cachés ;
    Gardez-moi, pour ma persévérance, le dégoût des personnes, des lieux et des choses de perdition ;
    Gardez-moi pour ma sanctification et celle de mon enfant, la fidélité dans l’intercession et l’assiduité aux sacrements régénérateurs.

    Mettez dans mon cœur, le trésor de la reconnaissance pour tous ceux qui m’ont secourue, éclairée, sanctifiée.
    Et préservez-moi à jamais, préservez aussi, je vous en conjure, Seigneur , tous ceux que j’aime, des égarements qui aboutissent au déshonneur et au
    péché.

    Quant à moi, pour mes infidélités passées, pardon, Seigneur ! Pour mes complicités, pour mes scandales, pour mes mauvais exemples, pour le tort causé à tous les membres de ma famille, pour les larmes de ma mère, pour l’intime chagrin de mon père, pour la contristassion de votre Cœur adorable, pardon, Seigneur mille fois pardon !

    O Vierge Marie, soyez touchée de ma profonde misère et, par votre si puissante médiation, obtenez, pour la mère indigne, pour le père égoïste et pour leur malheureux enfant, à la miraculeuse, la transformante bénédiction de notre adorable Fils, Jésus-Christ, Notre Seigneur, ainsi-soit-il.
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  3. François dit :

    Il faut aussi savoir que vos « amis libre-penseurs français » sont quasiment muets sur la dangerosité de l’islam ! Bref, ce sont des islamogauchistes comme on dit. Leur conception de la résistance aux religions ne s’applique qu’à l’Eglise catholique.

    • Gilles dit :

      Il faut aussi savoir qu’en France, ceux qui traitent les libres-penseurs d’«islamogauchistes» et stigmatisent constamment les musulmans sont en général proches du Front National, de « résistance-républicaine » et de toute cette mouvance d’extrême droite raciste et islamophobe (anti-roms aussi), très à la mode en ce moment, notamment dans les médias complaisants.

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