Les religions, qu’ossa donne?

Les religions, qu’ossa donne?

Les religions, qu’ossa donne?1

Richard Rousseau*

 Richard Rousseau : chercheur scientifique spécialisé en physique des rayons X, à la retraite, ayant travaillé plus de 36 ans au laboratoire d’analyse par fluorescence des rayons X (FRX) de la Commission géologique du Canada, à Ottawa. Il y a développé une méthode d’analyse FRX et un logiciel d’application. Il est membre à vie de l’Association humaniste du Québec.

Non, mais c’est vrai, quand tu y penses bien, les religions, qu’ossa donne? Est-ce vraiment utile? Serions-nous capables de nous en passer? Non, mais c’est vrai, pensez-y-bien : le principal objectif de toute religion est d’essayer de nous convaincre qu’une divinité toute puissante a créé l’univers, y compris notre planète Terre et tout ce qui y vit : plantes, animaux, et finalement, nous les humains, et que cette divinité prend soin de nous à tout moment, qu’elle nous protège, qu’elle est tout amour pour nous, les humains. Mais qu’on ne se laisse pas berner. On constate, peu importe que l’on fasse bien ou mal, que cette divinité sent le besoin de nous punir, de nous torturer, jamais de nous récompenser, pour nous rappeler constamment que nous ne sommes pas libres de faire ce que l’on veut. C’est alors que certaines personnes en profitent pour se proclamer prophètes de cette divinité dans le but d’intercéder au nom de l’humanité pour adoucir notre sort, mais à quel prix. Tous les sacrifices sont demandés, une multitude de prières doivent sans cesse être récitées. Mais rien n’y fait, cette divinité continue à nous torturer malgré tout, toujours encore et encore. Le seul espoir est qu’au moment de notre mort nous aurons suffisamment souffert, accumulé assez d’indulgences plénières, pour nous retrouver dans un paradis céleste à côté de ce monstre dont le seul objectif était de nous faire souffrir de notre vivant. Quelle belle histoire de conte de fées! Alors les religions, ça sert à quoi? Les religions ont-elles contribué à améliorer le sort humain, à développer la civilisation, ont-elles apporté quelque chose à l’humanité comme améliorer la nature humaine ou réduire la violence dans le monde? Serions-nous plus heureux sans elles? Voyons voir.

Historique2

Avant de nous demander si les religions sont utiles ou pas à quelque chose, demandons-nous comment ont-elles pu apparaître? Comment l’humain est-il venu à croire à toute cette panoplie de divinités imaginaires et à les honorer par des pratiques religieuses? Essayons de récapituler l’origine et l’histoire des religions.

L’histoire des religions est longue et très diversifiée selon l’époque et le lieu géographique. Commençons par le début. Il y a entre 70 000 et 80 000 ans, l’espèce humaine Homo sapiens commença à migrer, à partir de l’Afrique, vers l’Europe à l’ouest, vers l’Asie à l’est lointain, et éventuellement, il y a environs 20 000 ans, vers les Amériques. Pendant toutes ces dizaines de milliers d’années, l’humain a appris à fabriquer des outils de pierre, des armes pour se protéger, chasser et pêcher, inventé l’arc, domestiqué le chien, à se vêtir, à construire des abris transportables, et surtout à maîtriser le feu. Pendant tout ce temps, il faut souligner que l’humain n’a pas imaginé de forces supérieures, qu’il a donc vécu une longue période d’athéisme.

Cette espèce fit un grand saut intellectuellement, il y a environ 35 000 ans, en développant la parole et le langage, la peinture sur des murs de roche, la sculpture de figurines, etc. Des fouilles archéologiques révèlent que nos ancêtres croyaient d’une certaine façon au surnaturel, démontré entre autres par les restes des sépultures humaines. Les écrits, us et coutumes des sépultures égyptiennes confirmèrent ce fait. La croyance ou l’espoir de la continuité de la vie après la mort, sous une autre forme, dans un au-delà imaginaire, commence donc très tôt dans l’histoire de l’humanité. Cet espoir d’une nouvelle vie après la mort constituera la cause première de la fondation de toute religion partout à travers le monde et à toutes les époques.

L’archéologie nous apprend que le culte de la Déesse Mère apparut voici 27 000 ans ce qui nous permet de dire que le premier Dieu fut d’abord une femme. Les mystères des menstruations et de la naissance furent à l’origine de ce culte. Mais l’élevage révéla le rôle de l’homme lors de la procréation et donna naissance au conflit entre la Déesse Mère et le Dieu Père. Beaucoup plus tard, le rôle de Zoroastre, d’Akhénaton et de Moïse donna naissance au monothéisme patriarcal qui assassina la Déesse Mère.

La naissance de l’agriculture et de l’élevage, vers 8 000 ans avant J.-C., a généré une vie communautaire sédentaire. Les rites, mythes et symboles des premiers agriculteurs étaient issus des relations étroites qu’ils entretenaient avec la nature, rythmées par les récoltes et les saisons. La Terre-Mère qu’ils cultivaient, les divinités apparentées qu’ils vénéraient, comme la Déesse Mère qui représente la fertilité et la fécondité, la religion qui en résulta, tous ces cultes furent intégrés à la vie de tous les jours. À cette époque, il n’y avait ni officiants ni lieux dédiés au sacré.

Vers 3 500 ans avant J.-C., cette sédentarisation favorisa la naissance de cités. L’invention de la charrue, l’art de l’irrigation, les voyages maritimes, la métallurgie et, par-dessus tout, la naissance de l’écriture eurent un rôle important dans le développement des cités. Comme les fermiers pouvaient obtenir des récoltes capables de nourrir la cité tout entière, les habitants de la ville purent élargir leurs activités et se spécialiser dans l’artisanat, le commerce et la religion. Des temples, prêtres, mythes, dogmes, rites et festivités spécifiques apparurent en même temps que des textes et théologies écrits, transmissibles autrement que par l’oral. Des réponses religieuses autour de la souffrance, du sens de la vie, de la mort et de l’au-delà devinrent une réalité bien concrète.

Aux VIe et Ve siècles avant J.-C., de grands leaders religieux apparurent dans quatre régions du monde, et leur action allait donner naissance à certaines des grandes religions du globe. En Grèce, les philosophes développèrent la pensée gréco-romaine; ce fut le règne de la raison et le rôle de la philosophie dans la religion. Au Moyen-Orient, des Hébreux tels qu’Isaïe et Jérémie ouvrirent la voie au prophétisme, ce qui fut déterminant dans l’éthique monothéiste. En Inde, le Bouddha enseigna que le salut résidait dans une série de réincarnations plutôt qu’en une seule vie. En Chine, le philosophe Confucius créa un humanisme éthique. Les graines des religions hellénistique, judaïque, bouddhiste et chinoise étaient ainsi semées. D’autre part, les juifs ont ouvert la voie aux religions chrétienne et musulmane, initiées par Jésus de Nazareth pour la première puis, au VIIe siècle, par Mahomet pour la seconde. Ces deux dernières religions ancrèrent dans la pensée humaine la croyance en une révélation divine. Notons en passant qu’il suffit de lire les soi-disant livres sacrés de ces religions pour en constater la profonde immoralité, les contradictions et les incohérences. Toute révélation divine et toute loi divine sont donc impossibles.

Désormais, les religions seraient plus universelles, surtout celles ayant une tradition missionnaire : bouddhiste, chrétienne et musulmane. Leur finalité est au-delà de ce monde, dans un hypothétique Paradis ou nirvana. Paradoxalement, leur succès en ce monde est dû à l’espoir qu’elles mettent dans l’autre monde. Ce fut la cause première des grandes civilisations religieuses partout sur le globe. La foi chrétienne prévalut en Europe. L’islam s’étendit à travers l’Afrique du Nord et vers l’Est, jusqu’en Inde. L’hindouisme traditionnel fleurit en Inde aux côtés des bouddhistes, chrétiens, juifs, et, plus tard, des sikhs et des musulmans. En Chine, on assista à la fusion du confucianisme, du taoïsme et du bouddhisme.

Ailleurs, les religions primitives se répandirent : en Amérique, Australie, Océanie, Afrique du Sud et Arctique. Des tribus barbares eurasiennes furent absorbées par la force par les grandes religions qui s’étaient développées en Europe, au Moyen-Orient, en Inde et en Chine. Des religions plus anciennes – gréco-romaine, proche-orientale, égyptienne, hellénistique et zoroastrienne – disparurent plus ou moins totalement, alors que le shinto naissait au Japon.

Celles qui restèrent développèrent leurs propres communautés religieuses, rituels, systèmes éthiques, écrits, doctrines, trésors esthétiques et spiritualité. Les cinq grandes religions se définirent par la transcendance, quoique différemment : Dieu dans le Christ, Allah à travers le Coran, Yahvé dans la Torah, Brahma dans une des divinités hindoues et le nirvana à travers Bouddha. Les quatre grandes zones géographiques (Europe, Moyen-Orient, Inde et Chine) et leurs religions avaient prospéré à peu près en même temps, de façon égale et indépendante.

Tout changea vers l’année 1500, quand l’Europe chrétienne sortit de l’isolement du Moyen Âge. Les grands navigateurs débarquèrent en Amérique et en Asie, puis en Océanie et en Australie. Avec cette poussée occidentale, le christianisme s’imposa dans les terres nouvellement découvertes et anéantit en partie les religions locales. L’Occident contraignait ainsi le reste du monde à adopter sa science, ses langues, son éducation, sa démocratie, sa religion et ses conflits. Cette partie du monde prit de l’importance par son activisme lié à l’apparition d’une religion en langue vulgaire, et l’appui sur les laïques dans la Réforme protestante, l’islam chiite, l’hindouisme et la nouvelle tradition sikh. Le monde commença à devenir plus petit lorsque se rapprochèrent les civilisations et les religions.

À partir de 1917, l’athéisme hors-la-loi jusqu’alors devint religion d’État en Russie, en Chine, à Cuba, en Corée du Nord, en Europe de l’Est. Pour la première fois, les religions affrontaient un adversaire de taille. C’était une sorte de retour aux sources, soit l’athéisme de l’homme primitif.

Puis, la mondialisation s’est accélérée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. Avec l’augmentation des moyens de communication et de la population, toutes les principales religions se sont répandues. La fin des vieux empires européens a vu l’ascension et le déclin du marxisme et l’apparition de nouveaux États-nations, engagés dans la renaissance de leurs religions ancestrales. Les croyances primitives ont décliné, mais n’ont pas disparu, et des milliers de nouvelles religions sont apparues. Les religions, tout en défendant leurs particularités, ont engagé des échanges interconfessionnels, localement ou universellement, dans un même but : résoudre les problèmes communs de l’humanité. D’autre part, l’humanisme laïc, celui basé sur le rejet de la croyance au divin, au surnaturel, au mystique ou à tout dogme religieux, s’est également développé, affirmant l’importance de la recherche d’un nouveau dialogue et d’une vision universelle essentiellement basée sur la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU, alors que les droits de l’homme furent toujours ignorés par les religions.

Il semble donc que la raison d’être première de toute religion soit l’espoir d’une autre forme de vie après la mort. Ceci est vrai partout à travers le monde et à toutes les époques. Certains y verront là une preuve qu’il existe vraiment quelque chose après la mort puisque cette finalité est la même pour tous les êtres humains. Il n’y a rien de plus faux. Si tous les êtres humains arrivent à croire à la même finalité après la mort, et à croire également au surnaturel, c’est que l’architecture du cerveau est la même pour tous. Nous sommes tous construits de la même façon, peu importe l’époque et notre lieu de naissance. C’est donc normal que nous réagissions tous de la même façon.

Regardons maintenant de plus près cette fameuse architecture du cerveau et examinons ses prodigieuses capacités.

L’origine de nos croyances religieuses : un cerveau trop développé!

Avant notre naissance, les atomes qui composent notre corps faisaient partie du vaste ensemble des 92 éléments chimiques qui constituent notre planète Terre, le résidu de l’explosion d’une lointaine étoile, il y a des milliards d’années, perdue quelque part dans l’immensité de l’univers. Puis, après plus de quatre milliards d’années d’évolution, les hominidés réussissent à combiner dans une structure biologique très complexe quelques-uns de ces éléments chimiques (H, C, O, N, P, K, Ca, etc.) pour donner naissance aux êtres humains que nous sommes. Le résultat : « Nos cellules enferment une parcelle de l’océan primitif, nos gènes sont, en majorité, communs à ceux de nos voisins primates, notre cerveau a subi une prodigieuse évolution vers l’intelligence, et quand le fœtus se forme dans le ventre maternel, il refait, en accéléré, le parcours de l’évolution animale. » [3] Nous ne sommes qu’un assemblage très complexe d’atomes, qui nous rend très fragiles, ce qui fait que notre organisme a une durée de vie très éphémère. À notre mort, ces atomes se réorganiseront à nouveau sous une autre forme, soit minérale, soit biologique, qui sait, sans se détruire et retourneront au vaste ensemble des éléments de l’univers. « Poussière d’étoiles nous sommes, poussière d’étoiles nous redeviendrons. » [3], il ne faut jamais l’oublier.

L’évolution a fait en sorte que tout organisme vivant, y compris l’être humain, soit constitué de cellules. Chez l’être humain, le noyau de chacune de ces cellules renferme une série de vingt-trois paires de chromosomes qui contiennent les gènes, porteurs des caractères héréditaires légués par nos parents. Ces chromosomes sont composés de molécules ADN (acide désoxyribonucléique). La structure de l’ADN est une double hélice droite, composée de deux brins complémentaires, entre lesquels on retrouve un enchaînement de nucléotides (formés par un groupe phosphate, un sucre, le désoxyribose, et une base azotée), un peu comme les barreaux d’une échelle. Il existe quatre sortes différentes de nucléotides: A (l’adénine), G (la guanine), C (la cytosine) et T (la thymine). L’ordre dans lequel s’enchaînent ces quatre nucléotides constitue l’information génétique propre à tout organisme vivant. On peut définir un gène comme étant une séquence de molécules ADN avec son ordre bien spécifique de nucléotides. L’ensemble des gènes d’une espèce constitue son génome. Il est comme un livre, un plan architectural du vivant, qui dicte la construction cellulaire d’une espèce [4].

L’évolution de l’être humain a donné un résultat très surprenant. Lorsqu’on y regarde de près, 98,8 % de nos gènes sont communs avec ceux du chimpanzé [5]. Ces anthropoïdes d’Afrique équatoriale sont les animaux les plus proches de l’humain physiquement et génétiquement. Cet animal partage avec l’être humain des similitudes tout à fait remarquables comme des traits physiques, affectifs, mentaux, de même que des comportements relationnels et sociaux, voir même moraux et spirituels. Par exemple, il existe entre les femelles et leur progéniture de solides liens maternels qui se prolongent jusque dans la vie adulte. Les femelles peuvent s’accoupler avec tous les mâles d’une communauté. Les membres d’une bande coopèrent, notamment pour chasser, partager leur nourriture et se toiletter mutuellement. Ils peuvent communiquer entre eux en ululant, grognant, rugissant ou criant selon leur humeur. Ils communiquent aussi entre eux par des expressions faciales, la posture, le toucher et les mouvements. Leurs mimiques peuvent exprimer toute une gamme d’émotions. Ils peuvent utiliser des outils simples tels que de petites branches ou des pierres pour s’aider à se nourrir.

Pourtant, ils ne semblent pas préoccupés par des croyances au surnaturel. Leurs seules préoccupations sont de manger, dormir et se reproduire. Malgré tout, ils semblent heureux. Ce qui nous différencie véritablement du chimpanzé est le volume de notre cerveau. Celui du chimpanzé a un volume de 360 à 380 cm3 alors que celui de l’humain est entre trois et quatre fois plus volumineux. Tous ces milliards de neurones et interconnexions supplémentaires ont permis de nous distinguer du chimpanzé par le langage, l’écriture, l’utilisation d’outils et l’agriculture; ont permis à l’humain de prendre conscience de son existence, de se poser toutes les questions existentielles des philosophes et d’être doté d’une très grande capacité à fabuler.

Si nous les humains croyons à une autre forme de vie après la mort, ce n’est donc pas à cause de la compréhension de nos origines, ce n’est donc pas que nous avons des preuves irréfutables que la vie continue dans l’au-delà, mais uniquement à cause des capacités phénoménales de notre cerveau à imaginer toutes sortes de stratagèmes pour perpétuer la vie au-delà de la mort, cette vie que l’on aime tant, que l’on voudrait éternelle, mais qui est malheureusement très fragile et très éphémère, tout au plus une centaine d’années. Quel dommage! On ne peut donc pas dire que l’origine des religions repose sur de profondes certitudes transcendantales. Tout n’est que le fruit de notre imagination. C’est de la pure fiction. Il n’y a pas de quoi à pavoiser.

Cette croyance de la vie après la mort s’accompagne d’une autre croyance tout aussi fictive qui est la croyance au surnaturel. Vérifions comment l’être humain en arrive à croire à de telles fabulations absolument invérifiables.

Origine de la croyance au divin

Puisque les religions servent avant tout à honorer les dieux, demandons-nous dans un premier temps d’où provient cette croyance aux dieux? Comment se fait-il que tous les humains, peu importe l’époque et l’endroit sur Terre, croient en un être surnaturel? C’est qu’ils doivent tous avoir quelque chose en commun. Mais quoi? Ce quelque chose en commun est tout simplement la façon dont nous naissons. Voici une explication toute simple, mais très plausible. Lorsque l’enfant vient au monde, il est très démuni. Si ses parents sont des parents responsables et bien intentionnés, ils savent satisfaire les trois besoins fondamentaux du bébé, à savoir l’amour, la nourriture et la chaleur. Si l’un de ces besoins vient à manquer, aussitôt l’enfant se met à pleurer, crier, hurler même. Qui vient à sa rescousse dans ces moments tellement pénibles pour l’enfant? Ses parents, des géants aux yeux de l’enfant. L’enfant emmagasine donc dans son subconscient ce souvenir très puissant, à savoir qu’à chaque fois qu’il a un besoin fondamental à combler, un géant, père ou mère, vient à sa rescousse pour soulager sa douleur.

Une fois adulte, l’enfant réalise que ses parents ne sont pas des géants capables de satisfaire ses moindres besoins et désires, mais des personnes bien ordinaires douées d’aucun pouvoir extraordinaire, mais il a toujours ce besoin de bons géants pour régler tous ses problèmes personnels, pour le protéger comme le faisait si bien ses parents dans sa jeune enfance. À ce moment, pour pallier à ce besoin de géants doués de capacités exceptionnelles, souvenir fortement imprégné dans son subconscient, le jeune adulte invente de toute pièce des personnages fictifs très puissants capables de le protéger et de l’aider à traverser toutes les épreuves, qui sont très nombreuses, de la vie. Ces géants qui portent des noms très différents, comme Dieu, Allah, Yahvé, Brahma, etc., sont tous les mêmes : doués de pouvoirs divins capables d’intervenir en tout temps, en tout lieu, pour régler tout problème humain.

Cette explication de bons géants permet de comprendre comment l’être humain en est venu à croire au divin. Les nombreuses statues géantes éparpillées un peu partout à travers le monde en sont la preuve. Puis graduellement, l’ensemble des êtres humains en sont venu à croire aux divinités, puisque ça correspond à un besoin fondamental chez eux, et à inventer des rituels assez invraisemblables pour pouvoir les honorer : les religions. Pas facile d’honorer adéquatement des êtres fictifs. Ça prend beaucoup d’imagination! Finalement, ces êtres humains lorsqu’ils deviennent parents s’empressent, la plupart du temps et malheureusement, d’enseigner à leurs enfants leurs propres croyances et religions, alors que ces enfants sont trop jeunes pour comprendre toutes ces croyances très abstraites. Rappelons que nous naissons incroyants, ne parlons aucune langue, n’avons aucune habitude de vie. Tout n’est qu’apprentissage. Je répète : tout n’est qu’apprentissage. On apprend à croire au divin comme on apprend une langue et une culture. La plupart du temps, la foi est le résultat d’un lavage de cerveau que l’on fait subir à de jeunes enfants qui gobent tout, trop jeunes pour comprendre les idées abstraites qu’on leur enseigne.

À titre d’exemple, je me rappelle dans mon enfance d’avoir été forcé d’apprendre par cœur 992 questions et réponses du petit catéchisme. Puis, après 6 ans de ce lavage de cerveau, on te forçait à faire une communion solennelle en chantant « Je m’engage aujourd’hui librement ». Quelle belle liberté imposée! Puis est venue successivement l’obligation d’assister à la messe tous les dimanches ponctuée par des sermons brandissant la menace du Ciel et l’Enfer, des sermons où l’on essayait de te convaincre que tu es sur Terre pour souffrir et que le paradis c’est seulement après la mort, tout en te forçant à t’agenouiller devant le spectacle barbare d’un homme cloué sur une croix, à te confesser, à communier, où grâce à une sorte de miracle incroyable, le pain et le vin devenaient le corps et le sang du Christ. On te forçait également à réciter le chapelet diffusé à la radio, tous les soirs, à genou, pour t’abrutir et t’humilier encore davantage. Heureusement, pendant l’adolescence, j’ai remis en question tout ce baratin religieux et réalisé que ce n’était qu’un tissu de mensonges. J’ai vite remplacé tout ça alors par un athéisme humaniste où les valeurs familiales avaient priorité.

Certains diront que j’ai « jeté le bébé avec l’eau du bain ». Tout en rejetant certains rituels religieux absurdes, j’aurais dû tout au moins faire la part des choses et aller chercher une certaine spiritualité de l’Infini et de l’Absolu dans cet enseignement religieux excessif. Je ne pense pas que ce soit possible. Si l’humain est capable d’inventer une pratique religieuse aussi dogmatique dépourvue de tout fondement, de toute rationalité, il est aussi capable de verser dans le délire ésotérique. Ses propos et dires n’ont plus aucune crédibilité. Il faut tout remettre en question, et ce faisant, vous lirez mes conclusions dans la suite de ce texte. Vous constaterez que j’avais raison d’agir ainsi, c.-à-d. de « jeter le bébé avec l’eau du bain »… Après avoir été initié de force aux croyances religieuses, j’ai eu en les rejetant la sensation physique et psychique de revivre librement, de me débarrasser d’un boulet, comme le plongeur sous l’eau qui, à bout de souffle, refait surface aussi vite qu’il le peut.

Toujours est-il que si nous les humains sommes capables de croire au surnaturel, c’est encore dû une fois de plus aux capacités exceptionnelles de notre cerveau à imaginer des personnages fictifs très puissants pour nous protéger. Ce besoin de protection que l’on cherche à combler par des divinités fictives provient de notre ignorance à comprendre le monde physique qui nous entoure et de toutes nos peurs qui nous hantent depuis notre naissance, entre autres, la peur de l’inconnu, de la souffrance et de la mort.

Ces deux besoins, besoin de perpétuer la vie après la mort et besoin de protection expliquent l’origine de la croyance aux divinités et des religions qui en découlent et expliquent l’évolution de ces dernières jusqu’à aujourd’hui. Maintenant, est-ce que la solution religieuse a réussi à combler toutes les attentes de l’humanité? Je ne pense pas. Voici quelques faits pour confirmer cette opinion.

Contributions des religions à l’humanité?

De tout temps, et encore une fois partout sur la planète, l’humanité a toujours vécu des guerres très meurtrières. Est-ce que les religions ont réussi à apaiser l’instinct guerrier de l’être humain? Pas du tout! Au contraire, elles en ont été souvent la cause, sinon elles les ont souvent supportées et encouragées, ou tout au moins tolérées. Il suffit de rappeler que la Seconde Guerre mondiale, qui a fait 50 millions de morts, s’est entièrement déroulée en pays chrétiens. Comment de bons chrétiens peuvent-ils arriver à s’entretuer à ce point? C’est un bel exemple de l’inutilité des religions.

Il importe donc de bien réaliser que toute religion, qui est la conséquence directe de la croyance au divin, a généré au cours des siècles passés de nombreuses guerres plus cruelles les unes que les autres qui ont fait des millions de morts. Elles ont toujours généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix et que toute cette violence a été et est encore puissamment encouragée par ces « saintes » organisations. Il suffit de penser, entre autres, au terrorisme international actuel. En fait, les religions sont les organisations les plus criminelles de l’histoire. Il suffit de regarder l’histoire de l’humanité pour s’en convaincre. Au cours des siècles passés, rappelons l’expansion de l’Islam au 7e siècle, les croisades au moyen âge, les nombreuses guerres de religion en Europe, les nombreuses guerres « saintes », les massacres, l’Inquisition et ses bûchers de sorcières, l’évangélisation forcée des indigènes durant l’époque coloniale, les meurtres religieux, l’esclavage, l’intolérance, etc., qui ont fait environ 100 millions de morts pendant un millénaire (de l’an 700 environ à 1700) [6].

De nos jours, ce n’est guère mieux. Il suffit de rappeler, à titre d’exemple, quelques guerres récentes, où l’Église n’a rien fait pour calmer les esprits : la guerre entre les protestants et les catholiques d’Irlande, le génocide du Rwanda et celui de Bosnie-Herzégovine dans l’ex-Yougoslavie, le conflit israélo-palestinien. Et que dire du massacre des orthodoxes serbes par les Croates catholiques en 1941? Les génocides commis par les Anglo-Saxons en Australie, en Tasmanie, aux États-Unis et au Canada? Le génocide des Congolais par les Belges entre 1890 et 1910. Des massacres en Colombie et en Argentine, terres chrétiennes. L’Église a également soutenu des régimes fascistes comme ceux de Pinochet, de Franco, de Mussolini et d’Hitler qui ont été responsables de millions de morts. Il y a aussi l’actuelle montée de l’islamisme radical partout sur la planète. Et je ne parle pas du Darfour au Soudan, où l’Église encore une fois n’apporte aucune aide humanitaire. C’est une vraie honte.

L’humanité est constituée d’un peu plus de 50 % de femmes. Or, les religions ont toujours prôné l’infériorisation de la femme. Comment peut-on respecter un organisme qui ne respecte pas 50 % de la population mondiale? À titre d’exemple, citons les paroles de Paul dans la première épître à Timothée, chap. 2, versets 9 à 15 : « Pareillement, je veux que les femmes portent des toilettes décentes, pudiques et modestes. Que leur parure ne soit point faite de tresses, d’or, de bijoux, ni d’habits somptueux ; mais bien de bonnes œuvres, comme il sied à des femmes qui font profession de piété. Que la femme écoute l’instruction en silencFe, en esprit de soumission. Je ne l’autorise pas à enseigner ni à commander à l’homme : qu’elle demeure dans le silence. Adam fut en effet formé le premier, Ève ensuite. Ce n’est pas Adam qui a été séduit; c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. Néanmoins, elle aura le salut en devenant mère, pourvu qu’elle persévère avec modestie, dans la foi, la charité et la sainteté. »

On retrouve de telles phrases, et de nombreuses autres similaires dans les livres soi-disant sacrées des trois monothéismes, mais également dans ceux de l’ensemble des autres grandes religions. Toutes enseignent l’infériorisation de la femme, ce qui eut des conséquences très graves au cours des siècles. Elles ont a été responsables de milliers de victimes. Toutes ces femmes lapidées par les juifs et les musulmans. Toutes ces sorcières brûlées vives par le christianisme. Sans compter les souffrances morales dont il est impossible d’évaluer la portée, causées par la diffamation de la femme, l’œuvre la mieux réussie des grandes religions. Que de femmes battues, méprisées, à qui ont imposait des grossesses répétées, sans recours éventuellement à l’avortement, tout en les maintenant dans la culpabilité ; toutes ces femmes à qui ont refusait le droit de s’instruire, de voter, d’administrer leurs biens et de divorcer ; tous les contrôles imposés en ce qui concerne sa sexualité, son corps et sa façon de se vêtir. Tout cela au nom des dieux et des religions. Ces religions devraient demander pardon solennellement aux femmes qui ont vécu au cours des trois derniers millénaires. Comme pour la guerre, les religions ont lamentablement échoué dans la promotion de l’égalité de la femme et de l’homme.

De plus, le Dieu de la Bible, animé par une pulsion de mort, n’a aucune compassion pour l’humanité et impose une série de mépris des valeurs humaines : haine de la raison et de l’intelligence; haine de la connaissance; haine de la liberté; haine de tous les livres au nom d’un seul; haine de la vie; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir; haine du féminin; haine du corps, des désirs, des pulsions. En lieu et place de tout cela, Il réclame la foi aveugle et la croyance, l’obéissance et la soumission, le goût de la mort et la passion de l’au-delà, qui est supposé être habité par des divinités majestueuses, des anges et des esprits célestes et par l’âme des défunts. Autant dire une vie de privations sur Terre avec la promesse de goûter éternellement aux délices du Paradis après la mort.

Une autre infamie que les religions favorisèrent et qu’elles n’ont pas réussi à enrayer est l’esclavage. La réduction de son semblable en esclave est une indignité, un affront à l’être humain. On ne peut ignorer que le christianisme a justifié et pratiqué l’esclavage pendant vingt siècles. Même à notre époque, il y a encore malheureusement trop d’esclavage dans le monde, soit environ 250 millions d’esclaves dont la plupart se trouvent dans des pays chrétiens, surtout l’Afrique et l’Amérique du Sud. Que font les religions pour régler ce problème? Rien, toujours rien.

Bref, l’influence néfaste des religions sur l’humanité est incontestable, à preuve, en plus de tous les crimes déjà mentionnés, on peut rajouter : les excommunications qui excluaient toute personne de la société la condamnant au rejet et à la souffrance, l’antisémitisme, la complicité avec la noblesse et les classes dirigeantes dans l’exploitation des pauvres, le commerce des reliques et des indulgences, la richesse éhontée des Églises, etc., etc. La liste des crimes commis par les religions est longue, trop longue. Et le contexte historique n’est pas une excuse. Les dieux, s’ils existent, sont bien au-dessus de tout ça. La soi-disant révélation de Dieu ne doit pas tenir compte des aléas de l’histoire. Elle doit être éternelle, intemporelle. Donc, pour tous ces crimes, les religions devraient être condamnées par la Cour pénale internationale de l’ONU pour crimes contre l’humanité.

Finalement, certains diront que croire en un dieu quelconque peut apporter du réconfort dans les moments difficiles. Je ne crois pas. Dans les moments difficiles, la croyance à une aide divine « magique » risque d’en décevoir plus d’un. L’aide demandée se fera toujours attendre, ne sera jamais au rendez-vous, car l‘imploration divine n’est rien d’autre qu’une chimère, une fiction, une illusion, basée sur une superstition. C’est une distraction qui empêche d’avoir recours à de vraies solutions. Par exemple, un bon médecin est beaucoup plus efficace pour guérir un cancer, lorsque c’est possible, que la prière. Ou encore, si un athlète olympique désire véritablement gagner une médaille d’or, il est préférable qu’il s’entraîne au lieu de se mettre à prier… La véritable force vient de l’intérieur et non de l’extérieur, ne repose pas sur la croyance en un être surnaturel fictif. La force intérieure de chacun est beaucoup plus efficace, car après un certain entraînement de méditation, elle est toujours là, prête à nous aider instantanément. En plus de cette force intérieure, on peut avoir recours à la médecine pour régler des problèmes de santé, à la famille, à l’amour et à l’amitié qui peuvent apporter tellement de réconfort dans les moments difficiles, au lieu d’implorer l’aide de personnages fictifs, comme Dieu, les saints et saintes de tout acabit, les anges, l’âme des défunts, les esprits, et au point où nous en sommes, pourquoi pas tout autre personnage tout aussi imaginaire comme Superman, Batman, Spiderman, Ironman, et qui sait encore, le Père Noël peut-être, ce qui ne mène nulle part.

À propos de la morale des trois monothéismes

Dans cette section, nous allons démontrer que la morale des livres sacrés des trois grands monothéismes est complètement… immorale. Plusieurs personnes tombent dans le piège facile qui consiste à affirmer que les valeurs modernes laïques, comme la démocratie, la liberté, l’égalité, la fraternité, l’universalisme, prennent leur origine dans les religions, entre autres, le christianisme. Or, d’après moi, c’est tout le contraire. Mon ami Normand Rousseau, auteur de La Bible immorale [6]F et de La Bible démasquée [7] en fait une démonstration fort éloquente dans une lettre personnelle.

 « La démocratie a été inventée par les Grecs alors que Jésus, devant Pilate, consacre le droit divin des rois. Et son Église va très bien suivre sa leçon jusqu’à la Révolution française, anticléricale et athée, qui va affirmer le pouvoir du peuple en opposition avec le pouvoir divin des rois.

Il n’y a pas de liberté dans les évangiles. La liberté est une valeur moderne totalement ignorée par Jésus et encore plus par le christianisme. Jésus a dit : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi. » Ce qui ne laisse aucune place à la liberté et est, au contraire, le germe de tous les fanatismes et totalitarismes religieux. De plus, Jésus ne condamne pas la profonde immoralité de l’Ancien Testament (AT). Voir la référence [6] pour en apprendre davantage sur le sujet.

L’égalité non plus n’existe pas dans les évangiles puisque toutes les religions et surtout la chrétienne établissent des classes de sous-hommes, entre autres les non croyants, les fidèles des autres religions, ceux qui ne sont pas chrétiens (hors de l’Église point de salut). Jésus est antisémite en reprochant aux juifs d’avoir Satan pour père et il est xénophobe en condamnant les païens. Le judaïsme et l’islam considèrent également que tous les hommes qui ne font pas partie de leur religion sont des sous-hommes. Les musulmans sont même prêts à les éliminer par la guerre sainte comme les chrétiens avaient également leurs croisades et leurs guerres saintes pour tuer tous ceux qui n’adhéraient pas au christianisme. Et je ne parle même pas des soi-disant guerres saintes des Hébreux, de véritables génocides commis envers les Cananéens, sous la direction de Josué. Ce n’est pas Hitler ou Nietzsche qui ont inventé les sous-hommes; ils existent depuis les toutes premières religions importantes de l’Histoire.

L’égalité est une valeur révolutionnaire, pas chrétienne. Jésus refuse les hiérarchies sociales et politiques, mais il élimine la pyramide sociale de son temps pour la remplacer par la sienne : Dieu le Père en tête, puis le Fils Jésus et le Saint-Esprit (ce qui justifie le droit divin des rois). Vienne ensuite Pierre (pape), les apôtres et leurs douze trônes (les évêques et leur cathedra), ceux qui croient en lui, puis les juifs, les païens et les femmes. L’Église va s’empresser de reproduire cette pyramide : pape, évêques, prêtres, religieux, etc. Le christianisme est également très monarchique : Royaume de Dieu, le règne de Dieu, Christ-Roi, Marie-Reine, le Prince de ce monde et des trônes partout. Relisez les évangiles : Jésus est très monarchique en clamant « que votre règne arrive ».

La fraternité est la valeur qui a le plus de chance d’être d’origine chrétienne. Jésus demande à ses apôtres de s’aimer les uns les autres, mais non d’aimer tous les autres humains. Jésus faisait partie d’une religion ethnique « Je suis venu pour sauver Israël ». Ses déclarations adressées à toutes les nations ont été probablement ajoutées par les chrétiens hellénisants. Sinon, nous avons, en plein cœur des évangiles, une contradiction énorme : voulait-il racheter seulement Israël ou l’humanité? Un dieu pourrait-il se contredire à ce point? La xénophobie de Jésus, son mépris des païens et sa haine envers ses ennemis, comme les pharisiens et Juda, (même s’il prêche l’amour des ennemis) en font foi. Jésus justifie l’Inquisition en disant qu’il faut couper un arbre qui ne porte pas de fruit et le jeter au feu. Il nie toute liberté en affirmant qu’il reniera devant son Père ceux qui l’auront renié devant les hommes. De la vengeance pure et simple! La démonstration serait trop longue à faire ici; voir plutôt la référence [7].

 

L’universalisme enfin du christianisme et de l’islam ont fait le malheur de l’humanité. Ces deux religions sont loin d’avoir des vocations universelles. Normand Rousseau n’y voit que l’ambition de politiciens, de papes, de rois, d’empereurs, de califes, de sultans qui ont répandu leur religion par la violence, les massacres, l’esclavage, l’Inquisition, pour mieux établir leur domination politique et économique. Il n’y a aucun universalisme à combattre les autres peuples pour leur imposer sa religion et sa civilisation. Au contraire, ce sont des crimes. C’est parce que Jésus a donné l’ordre de prêcher à toutes les nations (peut-être un simple ajout puisque Jésus dit exactement le contraire en affirmant qu’il n’est venu que pour Israël) que le christianisme est allé imposer sa religion et sa civilisation barbares sur tous les continents en massacrant, en réduisant en esclavage, en imposant l’Inquisition, la chasse aux sorcières, les excommunications, etc. Ceci implique les deux vagues de colonialisme européen, chrétien et criminel où le sabre et le goupillon assuraient cet ignoble « universalisme » immoral et criminel. L’universalisme des Droits de l’homme ne vient pas du christianisme, mais des Révolutionnaires français athées, agnostiques, déistes, etc.

 

À propos de l’infériorisation de la femme dans l’AT, jamais Jésus ne la condamne. En fait, il exerce personnellement une véritable discrimination : aucune femme apôtre, aucune femme n’enseigne et ne prêche comme les apôtres, aucune ne fait des miracles, même pas Marie, aucune ne reçoit la prêtrise à la dernière Cène ce qui justifie l’Église de faire de la prêtrise des femmes un « crime grave » aujourd’hui. Mais Jésus vit aux crochets des saintes femmes. Il n’affirme jamais l’égalité de l’homme et de la femme. Et si vous me dites que c’était un homme de son temps, je vous répondrai qu’il n’était pourtant pas de son temps non plus en affirmant le monothéisme et l’amour des ennemis et s’il était Dieu, il n’avait pas à être de son temps.

 

À propos de l’esclavage, Jésus lui-même ne le condamne pas, il l’approuve même. Il affirme avoir traité ses apôtres de serviteurs, donc d’esclaves, mais il change d’idée juste avant son arrestation et les traite comme des amis. Jésus va même guérir le serviteur, donc l’esclave, du centurion sans jamais réclamer sa libération. Au contraire, il loue la foi de cet esclavagiste.

 

Jésus ne rejette pas complètement le talion. Il accepte la peine de mort, la torture (parabole des vignerons) et l’esclavage. Jésus a fait des réformettes sur les règles du sabbat, a rejeté les institutions comme tout réformateur (Luther, Calvin), mais n’a rien changé au judaïsme, la preuve c’est que ses propres disciples vont se disputer pendant longtemps sur l’ancienne et la nouvelle alliance. »

Par ailleurs, les religions sont censées prêcher l’honnêteté, la générosité et l’amour du prochain. Partout à travers le monde, on observe  tout le contraire. À titre d’exemple, considérons les hauts lieux des trois grands monothéismes. D’abord, Rome, en Italie, est la capitale du christianisme. C’est également le pays de la mafia qui vole, terrorise, exploite et tue les pauvres gens. Dans plusieurs pays du monde, même au Québec, la mafia favorise la collusion et la corruption du milieu politique, ce qui coûte des millions de dollars aux résidents de ces pays. On pourrait citer de nombreux autres exemples qui démontrent une seule et unique chose : partout où la religion catholique a été présente à travers le monde, et malgré que cette présence ait été la plupart du temps dominatrice, contrôlante et oppressante, l’Église catholique n’a pas réussi à supprimer, ou tout au moins à réduire, le crime, l’escroquerie et la cupidité chez l’être humain, n’a pas réussi à améliorer la nature humaine; au contraire, le christianisme fut une source d’immoralité. Les chrétiens se sont révélés les plus barbares de l’histoire. Actuellement, les États-Unis, un pays très chrétien, sont la société la plus violente au monde. Quelle désolation! Son enseignement est un total échec.

 

De plus, la religion catholique impose le célibat à ses prêtres, ce qui favorise la pédophilie chez ses officiants. Et cette réalité est généralisée partout à travers le monde. Ce n’est guère surprenant. Il suffit de supprimer un besoin fondamental chez l’être humain, à savoir le désir de faire l’amour, pour que la conséquence de cette suppression se manifeste sous la forme d’une déviation sexuelle. Comment peut-on faire confiance alors à un organisme qui encourage les mauvais penchants de ses prêtres en les forçant au célibat?

 

Puis, Jérusalem, en Israël, est la capitale du judaïsme. Cette ville soi-disant sainte a été un nœud de vipères où les trois monothéismes se sont pris à la gorge pendant des siècles. Aujourd’hui, les Palestiniens et les Israéliens s’entretuent à qui mieux mieux depuis 1949. Ici encore, la religion n’a rien fait pour améliorer la situation. Au contraire, elle est la source qui alimente le conflit. C’est à nouveau un total échec.

 

La Mecque, en Arabie Saoudite, est la capitale de l’islam. Ce pays est un refuge pour camp de terrorismes. Une fois de plus, la religion au lieu de contribuer à réduire la violence, elle l’encourage!

 

Souvent, pour ne pas dire la plupart du temps, les véritables croyants se caractérisent par la haine, la méchanceté et l’intolérance. Ils sont membres de religions intégristes reposant sur des croyances dogmatiques implacables, sévères et intransigeantes, causant beaucoup de confrontations, de divisions et de cruauté dans le monde. Comme exemple, je pense à la période de l’Inquisition et ses tortures, où des millions de femmes ont été torturées et brûlées comme sorcière et à toutes les horreurs dont la religion fut le prétexte. Je pense aux talibans qui ont gouverné l’Afghanistan de 1996 à 2002, tuant et torturant des milliers de personnes sous prétexte qu’elles ne respectaient pas leur religion extrêmement sévère et intolérante.

 

Encore une fois, on constate que les religions ne servent absolument à rien pour améliorer la nature humaine et réduire la violence dans le monde. En trois mille ans d’existence, je me répète, les religions n’ont pas réussi à supprimer, ou tout au moins à réduire « le taux de criminalité, la corruption politique, les cupidités de toute sorte, les fraudes et crises économiques, les abus sexuels chez les organisations religieuses, le fondamentalisme religieux, les inégalités sociales, l’intolérance envers les droits et libertés individuels, les nombreuses guerres d’agression, le terrorisme international, les problèmes environnementaux, etc. » [8] alors qu’à peine deux cents ans d’évolution des connaissances scientifiques ont réussi à améliorer le sort humain (agriculture, alimentation en eau, soins médicaux, logement, transport, communication, etc.). Alors, je repose la question : les religions, qu’ossa donne?

 

Conclusion

Pour répondre à un besoin fondamental, celui de croire à une divinité quelconque qui nous protège en tout temps, les humains ont inventé les religions, et ce, partout à travers le monde et à toutes les époques. Cependant, toute religion n’est rien d’autre qu’un ensemble de croyances dogmatiques invraisemblables qui reposent avant tout sur la foi, mais qui sont globalement fausses et impossibles à croire si on conserve un minimum de rationalité. La foi nous permet de croire à n’importe quoi. C’est pratique. Pas besoin d’être logique et rationnel. Par exemple, la croyance à un être suprême ayant créé d’un coup de baguette magique l’univers et l’humanité est purement hypothétique. La science démontre aujourd’hui la fausseté d’une telle croyance. Le fait d’adhérer à de telles croyances, tous plus invraisemblables les uns que les autres, ne peut qu’amener de nombreux excès néfastes à l’humanité.

 

Cependant, dénoncer toutes ces religions maléfiques, c’est bien, mais ça ne suffit pas. Il ne faut pas non plus essayer de les supprimer, ça ne donne rien, mais essayer plutôt de les remplacer. Mais par quoi? Par la science? Pour certains, ça peut être angoissant avec ses manipulations génétiques, ses clones et ses armes fatales… Par le matérialisme? Ça peut en effrayer certains parce que cela propose uniquement le néant après la mort… Par une société de consommation? Ça laisse souvent un goût amer dans la bouche… En consacrant toutes ses énergies à l’accumulation d’une fortune et de pouvoir? Ça mène à la déception, à l’insatisfaction… On n’en a jamais assez. La vie est trop courte. Alors, on remplace les religions par quoi? Tout simplement, par des valeurs essentiellement humaines capables d’apporter à l’être humain davantage de réconfort, de satisfaction et de raisons d’être comparée à la croyance à un dieu fictif, qui en fin de compte, ne nous répond jamais, ne nous réconforte jamais, ne se manifeste jamais, ne nous aide jamais, n’est jamais là lorsque l’on en a besoin. C’est un éternel absent. En lieu et place, je propose des valeurs essentiellement humaines, favorisant l’épanouissement personnel, l’équité, la paix et le partage. C’est accessible à tous et très efficace.

Les religions se proclament championnes de la morale. Pourtant les grandes avancées de l’humanité comme la démocratie, les droits de l’homme, l’abolition de l’esclavage, l’égalité de l’homme et de la femme, on les doit à des anticléricaux, des agnostiques, des athées comme les philosophes des Lumières et les Révolutionnaires français. Les religions sont mal placées pour nous donner des leçons de morale. Grâce à l’humanisme, l’humanité peut se donner une morale d’une grande valeur, non pas une morale descendue d’un dieu hypothétique qui bénit l’infériorisation de la femme, l’esclavage, les génocides, la peine de mort, mais une morale perfectible que la société peut mettre au point petit à petit selon sa propre évolution.

 

Malgré tout, certains ont besoin pour se sentir bien dans leur peau, d’une spiritualité de l’Infini et de l’Absolu. Ils soutiennent que le corps n’est pas composé uniquement d’atomes, mais aussi d’un esprit. Ce sujet fera l’objet d’un prochain article. Nous partirons à la recherche de ce dont l’esprit a besoin pour être comblé.

 

Références

[1]. Le titre est inspiré d’un monologue d’Yvon Deschamps, « Les unions, qu’ossa donne? », 1968.

[2]. L’historique des religions provient de mes nombreuses lectures sur le sujet, mais surtout de l’Atlas des religions dans le monde, Ninian Smart, Könemann, 2000.

[3] Hubert Reeves, Joël de Rosnay, Yves Coppens et Dominique Simonnet, La plus belle histoire du monde, Éditions du Seuil, 194 p., 1996.

[4]. L’information sur l’acide désoxyribonucléique (ADN) provient de l’encyclopédie Wikipedia que l’on peut retrouver à l’adresse suivante : http://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_d%C3%A9soxyribonucl%C3%A9ique

[5]. L’information sur le chimpanzé provient de l’encyclopédie Wikipedia que l’on peut retrouver à l’adresse suivante : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chimpanz%C3%A9

[6]. Normand Rousseau, La Bible immorale, Éd. Louise Courteau, 568 p., 2006.

[7]. Normand Rousseau, La Bible démasquée, Éd. Louise Courteau, 594 p., 2010.

[8] Rodrigue Tremblay, “L’Homo digitalis” ou “Pourquoi nous vivons encore dans un monde à demi-civilisé”, conférence au Congrès IHEU, Montréal, 4 août 2012. Un résumé de sa conférence est donné dans la revue Québec humaniste, Vol. 7, No 3, p. 6, 2012.

 

 

 

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