Pour certains la vérité est un blasphème

Pour certains la vérité est un blasphème

Il y a quelques semaines, Sanal Edamaruku, président de l’Association rationaliste indienne, a eu l’audace de révéler à la presse qu’une croix “pleureuse” n’était pas en fait un miracle, mais était causé simplement par un drain qui fuyait. Lorsqu’il a refusé de se rétracter, l’Eglise catholique locale a déposé une plainte contre lui pour blasphème et Sanal a maintenant plusieurs mandats d’arrêts contre lui.

En mars, à la demande d’une chaine de télé locale, Sanal Edamaruku a été mandaté pour enquêter sur un prétendu miracle à Mumbai. Ce n’est pas la première fois que Sanal fait ce genre d’enquête, il y a quelques années il a lancé un défi à un gourou de le tuer en direct à la télévision (inutile de dire qu’il est toujours vivant!).

On a demandé à Sanal d’enquêter sur un crucifix en face de l’église Notre-Dame de Velankanni. Le crucifix suintait des gouttes d’eau à partir des pieds de la statue depuis plusieurs jours. Toutes sortes de rumeurs couraient au sujet de cette eau qui avait prétendument des pouvoirs thérapeutiques pour ceux qui en buvaient et la renommée de ce crucifix commençait à prendre de l’ampleur. Lors de son enquête Sanal Edamaruku a rapidement identifié la source de cette eau. Il s’agissait simplement d’un drain défectueux d’une salle de bain à proximité et il a pu ainsi expliquer facilement la raison, naturelle, de l’écoulement des pieds de Jésus.

En présentant ses conclusions à la télévision en direct, il a également accusé les prêtres de l’église de profiter du “miracle” pour se faire de la publicité. Les chefs des églises locales n’ont pas apprécié et ont rapidement déposé une plainte contre Edamaruku, l’accusant de blasphème, ce qui est illégal en vertu de la section 295A du Code pénal indien.

Bien qu’il n’ait pas encore été arrêté, les rationalistes indiens craignent que cela pourrait arriver à tout moment. Dans chaque district où une requête est déposée contre lui. Il pourrait être contraint de comparaître en personne pour y répondre. Si sa réponse n’est pas jugée satisfaisante, il pourrait être arrêté. Il pourrait donc être obligé de se battre contre une multitude de plaintes criminelles dans plusieurs endroits différents. Ce n’est pas seulement une question de temps et d’argent. Étant donné le fanatisme de certains croyants catholiques, sa vie pourrait être en danger.

Si vous êtes intéressés à contribuer au fond de défense de Sanal Edamaruku, vous pouvez faire un don ici.





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