Sur la pression sociale exercée par le catholicisme au Québec

Vous avez sans doute remarqué que les lettres et commentaires négatifs publiés par la presse écrite font souvent référence à “l’inutilité de notre campagne” vu que, n’est-ce pas, au Québec, être athée ne dérange plus personne…

Ah oui ?

J’ai des nouvelles, fraîches, pour ceux et celles qui conservent ce point de vue très “jovialiste”. A la conférence de l’AQDMD (voir autre article) j’ai repris contact avec Max Beauchet, un de nos pionniers et humaniste de la première heure. Voici sa dernière surprise:

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Rebonsoir Michel,

Avant que j’oublie… tu m’as demandé de te mettre par écrit le récit que je t’ai fait de funérailles récentes.

DONNER LE BON DIEU SANS CONFESSION !

C’est l’expression qui me vient à l’esprit au souvenir d’une messe funéraire récente. Comme il s’agissait d’un ancien compagnon de camping, j’ai trouvé normal d’y assister, en me levant avec les autres, mais sans aucun signe de croix ou autre manifestation religieuse de ma part.

Il y avait un peu plus d’une cinquantaine de personnes. Au moment de la communion, j’ai assisté à un bien curieux manège : quelques personnes se sont d’emblée dirigées vers l’autel, puis d’autres, chaque fois avec un temps de flottement ; et plus il y en avait, plus les autres se sentaient visiblement contraintes d’y aller, avec pour résultat qu’environ les quatre cinquièmes de l’assistance ont communié. Compte tenu d’une part de la manière dont les gens se sont progressivement joints aux autres, d’autre part du taux de pratique au Québec, je n’ai pu m’empêcher d’avoir de forts doutes tant sur la sincérité de certains de ces communiants, que sur la confession qu’ils étaient sensés avoir faite auparavant.

Décidément, si les Québécois ont plutôt mieux qu’ailleurs réussi à se défaire de la théocratie de fait qui les dirigeait, un certain nombre ont encore de la difficulté à l’afficher ouvertement.

Incidemment, j’ai donné à la quête, après quoi j’ai dit à voix basse et en souriant à ma voisine, que je connaissais, que je savais pratiquante, qui me savait mécréant, et qui avait vu une lettre de moi “pas très catholique” dans La Presse : “J’espère que cela me vaudra quelque indulgence pour ma lettre”.

Max Beauchet


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